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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur</title>
   <pubDate>Sat, 12 Feb 2022 06:47:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Ce Festival n'est jamais si fantastique… que lorsqu'il ose le risque artistique. Ainsi de "De la Sainte Face à la Tête Viande", un duo incongru, pétri de qualités comme l'argile qu'il malaxe, succédant sous le chapiteau de Bègles au trop lisse "Derviche" qui, malgré son titre, ne nous a pas tourneboulé… Quant à "Love me tomorrow", présenté lui à la BAG (Bakery Art Gallery), il tend lentement à émerger des brumes qui l'ont vu naître.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45187992.jpg?v=1644606683" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Love me tomorrow"</strong></span>, de la chorégraphe et interprète <b>Sophie Dalès</b>, se présente comme une recherche de la féminité retrouvée sous les pelures des assignations collant à la peau comme une camisole contraignante. Émergeant peu à peu des brumes qui la recouvraient, le brouhaha invasif ayant cessé, une créature encapuchonnée d'une ample parka bleue dissimulant ses formes avance pas à pas, une lampe frontale cyclopéenne perçant la nuit dans laquelle elle était plongée. Son corps se déplie, explore le sol et l'espace jusqu'à ce que ses deux yeux, lumineux, lui soient enfin rendus.       <br />
              <br />
       Au rythme d'une musique répétitive scandant ses efforts réitérés, le corps se cambre, les bras se déploient, jusqu'à se débarrasser lentement de la camisole bleue qui l'étreignait. Toute de blanc vêtue, elle éprouve "organiquement" son nouveau "moi-peau", claquant en tous sens l'étendue d'un corps - le sien - qui lui avait été ravi. Non sans un sentiment d'ivresse, juste sortie de sa chrysalide, la danseuse semble avoir découvert la sérénité d'être…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45188223.jpg?v=1644608526" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Derviche"</strong></span> réunit trois instrumentistes, dont deux Syriens - <b>Khaled Aljaramani et Mohanad Aljaramani</b> - à la voix envoûtante, et un circassien jouant avec dextérité des cerceaux que, tel un dompteur en cage, il fait virevolter au gré de ses fantaisies. Aux sons contemporains des clarinettes et clavier électronique de <b>Raphaël Vuillard</b>, mêlés aux notes mélodieuses s'échappant des ouds, ces luths orientaux et tambourins des deux musiciens syriens, le circassien - <b>Sylvain Julien</b> - joue de ses cerceaux au milieu desquels il se glisse.       <br />
              <br />
       Après la cérémonie d'ouverture qui voit défiler les quatre artistes en robe de bure s'inclinant face à nous, chacun prend sagement sa place derrière son instrument, Sylvain Julien occupant quant à lui le centre de la piste, la place de choix réservée traditionnellement dans le monde oriental au derviche tourneur… Mais de transe, point. L'émotion attendue n'est visiblement pas au rendez-vous.       <br />
              <br />
       Même si les mélopées libèrent un charme aux parfums enivrants, les mouvements de toupie du circassien sur lui-même n'évoquent en rien la fantasmagorie des derviches tourneurs. Si experts soient-ils, ils ne sont pas de nature à nous faire chavirer… Si le désir d'alliance de l'Orient et de l'Occident, réunis ici grâce à la médiation du plateau, ne peut être que chaleureusement salué, leur hybridation, elle, "tourne à vide".
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45194049.jpg?v=1644690028" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"De la Sainte Face à la Tête Viande"</strong></span>… Lorsque deux géniaux trublions de l'art hybride - l'un, Olivier de Sagazan, peintre et sculpteur, l'autre, Arnaud Nano Méthivier, acrobate de l'accordéon poussant à l'occasion des sons gutturaux, tous les deux performeurs décomplexés - s'associent à l'arrache pour créer une performance inédite… cela donne naissance à matière délirante. Et l'enthousiasme de la création artistique in vivo étant porteur sain d'un virus contagieux, il "éclabousse" littéralement le public blasé en quête de lâcher prise salutaire…       <br />
              <br />
       Si l'on veut bien concéder qu'"éclabousser" est ici d'un emploi quelque peu abusif - un écran translucide protégeant le public des salves de matières terreuses projetées -, l'on ne retirera rien quant à l'onde de choc se propageant dans les travées comme une trainée de poil à gratter l'imaginaire. Imaginez…       <br />
              <br />
       Assoupi dans un fauteuil Voltaire, un vieillard cacochyme coiffé d'une mitre d'évêque - à moins que ce ne soit la tiare d'un pape sur le retour -, le corps emmitouflé dans une robe de dentelle ancienne recouverte d'une couette ayant passablement vécu, s'extirpe de son sommeil pour se triturer les mains, les bras, ouvrir grand la bouche afin de, dans une grande excitation faisant branler sa débile constitution, vociférer un tonitruant <span style="font-style:italic">"Silence ! Du silence ! Il va arriver quelque chose…"</span>. Mais Dieu Tout-puissant, de quelle nouvelle Annonciation peut-il s'agir ? Quel enfant pourrait naître de ce corps au teint terreux ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45194050.jpg?v=1644690065" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
     </div>
     <div>
      Après un rapide signe de croix, pris de transes, il malaxe les pains d'argile trempés dans l'eau du vase de nuit gisant à ses pieds et, au rythme déluré de l'accordéon en folie d'un apôtre placé derrière lui, entreprend de couvrir son visage de couches et de couches de terre promise. Jamais satisfait de ses créations, il détruit, modèle et remodèle à l'envi son visage se métamorphosant tour à tour en oiseau à long bec, en porc au groin proéminent et autres créatures sorties d'une arche de Noé improbable. Pour parfaire son esthétique faciale, deux de ses doigts s'enfoncent profondément dans la glaise pour y creuser deux orbites peintes aussitôt de noir, tandis qu'une balafre profonde figure deux lèvres sanguinolentes, une étoupe de chanvre faisant, elle, figure de chevelure.       <br />
              <br />
       Les métamorphoses d'un pape prométhéen &quot;enflammé&quot; (sic), accouchant in fine d'un… Non, là je me débranche… Tout ce qui vient d'être écrit plus haut n'est que pures élucubrations hallucinatoires provoquées par le matériau de l'art(gile) modelé par deux compères fusionnant les notes endiablées (lire diaboliques) d'un accordéon débridé et les manigances corporelles d'un plasticien performeur habité par Lyssa, personnification de la folie furieuse chez les anciens Grecs. Victime ô combien consentante de cette effusion d'émotions plastiques et musicales, le spectateur, transfiguré à son tour, &quot;dé-lire&quot; à sa guise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45194147.jpg?v=1644690885" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
     </div>
     <div>
      Et c'est là, dans cette folie orchestrée de main de maître, donnant à voir et à entendre ce que chacun veut bien y projeter (certains y verront peut-être des clowns et jokers terrifiants…), que réside l'essence même d'une &quot;entrée en matière&quot; réussie. Une performance à consommer sans réserve, garantie cent pour cent Trente-Trente…       <br />
              <br />
       <b>Ces trois spectacles ont été vus dans le cadre du Festival Trente Trente de Bordeaux-Métropole-Boulazac. Le premier le mercredi 26 janvier à 21 h 45 à la Bakery Art Gallery (BAG) de Bordeaux, les deuxième et troisième le mardi 1er février, à 20 h puis à 21 h 15, au Chapitô à Bègles.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45194155.jpg?v=1644690931" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Love me tomorrow"</strong></span>       <br />
       Création - Danse - Nouvelle-Aquitaine (Bordeaux).       <br />
       Chorégraphe : Sophie Dalès.       <br />
       Interprète : Sophie Dalès.       <br />
       Conception objet lumineux : Lucien Valle.       <br />
       Construction : Utile Atelier - Arnaud Lacoste.       <br />
       Costume : Léa Deligne.       <br />
       Œil complice : Louis Richard, Corinne Hadjadj.       <br />
       Régie : Géraldine Georgen.       <br />
       Durée : 25 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45194160.jpg?v=1644690972" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Derviche"</strong></span>       <br />
       Musique - Cirque - France/Syrie.       <br />
       Danse, cerceaux : Sylvain Julien.       <br />
       Musique : Bab Assalam.       <br />
       Oud, chant : Khaled Aljaramani.       <br />
       Percussions, oud, chant : Mohanad Aljaramani.       <br />
       Clarinettes, live electronic : Raphaël Vuillard.       <br />
       Collaborateur artistique et technique : Emmanuel Sauldubois.       <br />
       Regards extérieurs : Jean Lacornerie, Heinzi Lorenzen.       <br />
       Regard danse : Annette Labry.       <br />
       Lumières : Dominique Ryo.       <br />
       Costumes : Céline Pigeot.       <br />
       Durée : 40 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45194161.jpg?v=1644691008" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"De la Sainte Face à la Tête viande"</strong></span>       <br />
       Création - Performance - Musique - Saint-Nazaire/Orléans.       <br />
       Conception : Olivier de Sagazan et Arnaud Nano Méthivier.       <br />
       Interprétation : Olivier de Sagazan et Arnaud Nano Méthivier.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente,       <br />
       19e Rencontres de la forme courte dans les arts vivants.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 janvier au 10 février 2022.</span>       <br />
       Billetterie : 05 56 17 03 83 et info@trentetrente.com.       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/62279104-45194049.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide</title>
   <pubDate>Fri, 23 Mar 2018 10:40:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Un prologue d'une dizaine de minutes, porté par une des comédiennes, qui situe la pièce dans notre temps, raconte en partie la genèse du projet : une idée née d'un travail au plateau avec une classe du conservatoire national. S'ensuit une partie d'une quarantaine de minutes : les dix-huit comédiens regroupés au centre du plateau disent les mots d'une jeunesse qui s'adresse à ceux qui leur laissent ce monde chaotique et rapace en héritage.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21068072-24262705.jpg?v=1521799866" alt=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" title=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" />
     </div>
     <div>
      Les dix-huit jeunes comédiens, pour la plupart issus d'écoles supérieures de formation artistique, psalmodient à l'unisson un long échantillonnage de revendications, et des perditions, des influences qu'ils subissent. Ils sont comme une mécanique à trois demi-douzaines de bouches, bizarrement déshumanisé. Ils sont la voix de la jeunesse qui égrène tout un échantillonnage de griefs et de questionnements tout en en parcourant en tous sens l'histoire du XXe siècle et quelques.       <br />
              <br />
       Ce panorama finit par ressembler à un kaléidoscope vaguement fourre-tout où les thèmes et les références brillent une seconde. Bref, un bric-à-brac  qui ramasse très large : l'Europe, l'Algérie, le nazisme, le génocide arménien, mai 68, le génocide rwandais, la pub, internet, Nutella, le sexe etc.       <br />
              <br />
       Cela se veut revendicatif et sonne aigre. L'adolescence sans obsolescence. L'irresponsabilité comme mode d'existence. Parce que l'héritage est trop lourd, trop loin, trop peu ancré, dénaturé et violent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21068072-24262752.jpg?v=1521799907" alt=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" title=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" />
     </div>
     <div>
      La deuxième partie commence l'action centrale : un groupe de comédiens en formation est frappé de plein fouet par la mort par suicide de l'une des leurs. Autour d'une table aux verres vides, lendemain d'une fête mère de migraine, réunis là à la demande de la police pour regrouper les indices des dernières heures de la disparue. Ce sera une longue scène réaliste de choc, de reproches, de querelles qui ressortent, rancunes, dévoilement. Une scène sans véritable forme ni force.       <br />
              <br />
       Vient ensuite une troisième partie plus à la pâte de Wajdi Mouawad : on y retrouve l'écriture onirique riche, sensée où il excelle, et sa quête irrépressible de réconciliation, de mysticisme et d'espoir. Mais l'ensemble de la pièce, écrite en partie à base de matériaux réels, laisse un goût d'inachevé, de décousu. Même si une sorte de construction en actes charpente le tout, le souffle manque, le jeu est inégal, la confusion volontaire entre acteurs et personnages rend ces derniers parfois peu crédibles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Notre innocence"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21068072-24262777.jpg?v=1521799994" alt=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" title=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" />
     </div>
     <div>
      Inspiré du texte &quot;Victoires&quot;, paru en janvier 2017 aux éditions Leméac/Actes Sud-Papiers.       <br />
       Texte et mise en scène : Wajdi Mouawad.       <br />
       Assistanat à la mise en scène : Vanessa Bonnet.       <br />
       Avec : Emmanuel Besnault, Maxence Bod, Mohamed Bouadla, Sarah Brannens, Théodora Breux, Hayet Darwich, Lucie Digout, Jade Fortineau, Julie Julien, Maxime Le Gac‑Olanié, Hatice Özer, Lisa Perrio, Simon Rembado, Charles Segard‑Noirclère, Paul Toucang, Étienne Lou, Mounia Zahzam, Yuriy Zavalnyouk et Inès Combier, Aimée Mouawad, Céleste Segard (en alternance).       <br />
       Musique originale : Pascal Sangla.       <br />
       Scénographie : Clémentine Dercq.       <br />
       Lumières : Gilles Thomain.       <br />
       Costumes : Isabelle Flosi.       <br />
       Son : Émile Bernard, Sylvère Caton.       <br />
       Régie : Laurie Barrère.       <br />
       Durée : 2 h 10.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21068072-24262788.jpg?v=1521799995" alt=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" title=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 14 mars au 11 avril 2018.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       Théâtre National de La Colline, Grand Théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="http://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21068072-24262801.jpg?v=1521800023" alt=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" title=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/21068072-24262705.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Notre-Innocence-Plateau-nu-et-dix-neuf-comediens-pour-clamer-une-parole-qui-tourne-a-vide_a2077.html</link>
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   <title>"Notre innocence"… Tous coupables ?</title>
   <pubDate>Fri, 23 Mar 2018 09:22:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le dramaturge et metteur en scène Wajdi Mouawad, directeur du théâtre national de La Colline, immisce, dans "Notre innocence", son théâtre dans les méandres d'une violence sociale, psychologique et physique. Il contextualise son œuvre à partir des attentats de Paris de novembre 2015 et, de façon plus personnelle, dans un drame qu'il a vécu dans une troupe.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24261778.jpg?v=1521794846" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
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      <span style="font-style:italic">&quot;Des viandes dans des blocs de béton&quot;</span>… Les mots qu'a Wajdi Mouawad sur les HLM, appelés aussi pompeusement &quot;Grands ensembles&quot; lors de leur création, sont cruels pour ceux qui peuvent y habiter bien qu'ils visent l'architecture.       <br />
              <br />
       Étrange ce mot qui résonne plus d'une fois. Il n'est pas anodin, surtout venu de la plume alerte et acérée de Mouawad. &quot;Viande&quot; comme ce corps retrouvé sans vie, celui de Camille lors d'une période de répétitions, élève de ce groupe de théâtre qui joue la pièce ? &quot;Viandes&quot;, ces corps allongés après les attentats du 13 novembre 2015 au moment où Mouawad travaillait avec ses élèves . Une viande est un corps sans âme et sans conscience.       <br />
              <br />
       Tout tourne autour de ce mot accompagné de ce cri de révolte et de rébellion de jeunes en proie à un monde sacrifié de ses rêves et de ses espoirs. Le dramaturge traite ainsi de la rencontre entre une partie &quot;morte&quot;, sans vie, qui se résigne, et ce besoin de se révolter contre sa propre condition. L'instinct de survie contre l'instinct de mort.
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     <br style="clear:both;"/>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24261854.jpg?v=1521794878" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
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     <div>
      La pièce est découpée selon trois grands tableaux qui relatent des événements après la mort de Camille. Fiction et réalité se croisent autour de ce canevas où les relations de camaraderie, d'amitiés floutées et de rapports humains tendus, trompeurs, sarcastiques, voire mensongers, posent la question de la responsabilité de chacun sur la &quot;vie&quot; de l'autre.       <br />
              <br />
       C'est aussi la mise en exergue des comportements d'une génération, celle des parents, qui se trouve être condamnée par la génération de leurs enfants qui se sent sacrifiée sur l'autel de la société de consommation. Wajdi Mouawad a décidé de traiter ces différentes thématiques au travers d'une violence physique et morale, celle d'un suicide. Il a, à cet égard, pris le contre-pied de la construction d'un acteur unique pour la création du personnage représentant cette génération de jeunes, en le faisant jouer par dix-huit protagonistes.       <br />
              <br />
       Dans un même souffle, tous les personnages expriment leur &quot;révolte&quot; en donnant ensemble leur point de vue par rapport à la société dans laquelle ils vivent. Cette scène, originale entre toutes, est toutefois un peu longue. &quot;L'exercice&quot; est difficile car demandant un sens de la mesure et une élocution sans failles des dix-huit comédiens. Quels sont tous les ressorts psychologiques d'un groupe ? Qu'est-ce qui peut les unir ou les désunir ? Ces questions sont les ricochets d'une autre question qui est de savoir ce qui relie une génération à une autre.
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     <br style="clear:both;"/>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24261877.jpg?v=1521794910" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
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     <div>
      Au travers du deuil de Camille, se mêlent le récit de la rencontre d'une comédienne avec Mouawad, une revendication de la &quot;jeunesse&quot; par rapport à la société dans laquelle ils vivent et une &quot;dénonciation&quot; du mode de vie de la société de consommation qui, au travers de ces HLM, fait de l'humain un objet.       <br />
              <br />
       La pièce se décompose en trois temps. Le premier, quand Hayet Darwich raconte sa rencontre avec l'auteur. Nous sommes ainsi dans une phase de contact, de rencontre, d'espoir, d'avenir. L'autre est ainsi intégré. Un deuxième où se retrouvent tous les protagonistes parlant d'une seule et même voix. C'est une phase de revendication, de résignation où c'est le présent qui est joué. L'autre est ainsi inclus dans le même univers.       <br />
              <br />
       Et un troisième tableau où le groupe se déchire dans des propos où violences physique et morale alternent. Là, c'est une phase appelant le passé, autour d'un drame, d'un échec. D'autres moments viennent s'immiscer comme cette situation où chaque personnage danse sa propre danse, sur le même tempo mais seul. L'individualisme trône dans ces déhanchements, dans cette non-écoute du partenaire où la musique est suffisamment forte pour se sentir seul. L'autre se retrouve ainsi éjecté.
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     <br style="clear:both;"/>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24261884.jpg?v=1521794939" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
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      La mise en scène débute par une personne, puis par un groupe et se finit par un ensemble d'individualités où chacun fait étalage de ses états d'âme. La détresse est très bien incarnée collectivement. La colère est toutefois un peu trop montrée. Le désespoir ou la peur, voire l'effroi de la responsabilité, supposée ou non, d'un suicide aurait pu donner des couleurs différentes à la gamme des émotions. La scène de &quot;disputes&quot; est, d'un bout à l'autre, une compilation de colères, d'engueulades, mais aussi de pleurs renfrognés et de regards perdus.       <br />
              <br />
       Tous sont victimes collatérales ou directes d'une époque, celle d'une génération, d'une situation, celle du suicide de Camille, d'un événement, celui des attentats de Paris où cette troupe montait avec l'auteur leur projet. La fable rejoint la réalité de bout en bout, ce qui rend celle-ci tragiquement théâtrale. L'inspiration a eu pour source des événements réels, les comédiens jouant leur propre rôle dans une période qui est la nôtre. Il était difficile de faire plus actuel.
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     <div><b>"Notre innocence"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24261890.jpg?v=1521794978" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
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      Inspiré du texte &quot;Victoires&quot;, paru en janvier 2017 aux éditions Leméac/Actes Sud-Papiers.       <br />
       Texte et mise en scène : Wajdi Mouawad.       <br />
       Assistanat à la mise en scène : Vanessa Bonnet.       <br />
       Avec : Emmanuel Besnault, Maxence Bod, Mohamed Bouadla, Sarah Brannens, Théodora Breux, Hayet Darwich, Lucie Digout, Jade Fortineau, Julie Julien, Maxime Le Gac‑Olanié, Hatice Özer, Lisa Perrio, Simon Rembado, Charles Segard‑Noirclère, Paul Toucang, Étienne Lou, Mounia Zahzam, Yuriy Zavalnyouk et Inès Combier, Aimée Mouawad, Céleste Segard (en alternance).       <br />
       Musique originale : Pascal Sangla.       <br />
       Scénographie : Clémentine Dercq.       <br />
       Lumières : Gilles Thomain.       <br />
       Costumes : Isabelle Flosi.       <br />
       Son : Émile Bernard, Sylvère Caton.       <br />
       Régie : Laurie Barrère.       <br />
       Durée : 2 h 10.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24262550.jpg?v=1521798684" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
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      <span class="fluo_jaune">Du 14 mars au 11 avril 2018.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       Théâtre National de La Colline, Grand Théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="http://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </description>
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