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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-10-07T06:08:56+02:00</dc:date>
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   <title>"La Veuve Rusée" Il n'y a pas de plus grand plaisir au monde que d'être en agréable compagnie*</title>
   <pubDate>Thu, 19 Sep 2024 16:21:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Lauriou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Trib'Une]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La compagnie était en effet bien agréable face au casting de luxe de cette comédie signée Goldoni, mise en scène avec habileté et fantaisie par Giancarlo Marinelli.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82907318-59415654.jpg?v=1726757669" alt=""La Veuve Rusée" Il n'y a pas de plus grand plaisir au monde que d'être en agréable compagnie*" title=""La Veuve Rusée" Il n'y a pas de plus grand plaisir au monde que d'être en agréable compagnie*" />
     </div>
     <div>
      Cette joyeuse troupe, aux costumes brillantissimes, nous balade pendant plus d'une heure et demie dans une sorte de &quot;Tinder&quot; moderne où une femme – Rosaura –, la veuve, se retrouve face à quatre prétendants d'origine différente qui n'ont pour souhait que de lui mettre la bague au doigt. Seulement, cette Rosaura est indépendante et aussi, comme le titre l'indique, rusée.       <br />
              <br />
       En trois actes rythmés, fidèles à l'écriture du dramaturge italien, nous découvrons d'abord ces quatre séducteurs prêts à tout pour rafler le cœur de la &quot;bellissima&quot;, interprétée par la sublime Caterina Murino. Ces quatre prétendants manient avec plaisir palpable les mots et aussi l'épée. Chaque comédien assure une partition profonde, sans caricature. Les personnages sont incarnés, tels des enfants dans une cour de récré. À défaut d'un bac à sable, leur terrain de jeu a pour fond le carnaval, Venise qui, tout le long de la pièce, est suggérée par des images projetées.       <br />
              <br />
       Puis, ces quatre joyeux, l'espagnol, le grand, au sens propre comme figuré Vincent Deniard, le français, subtilement taquin et rieur Vincent Desagnat, l'italien, plus réservé, mais tout aussi appliqué Pierre Rochefort, et l'anglais, gracieux et savoureux Thierry Harcourt, vont offrir un cadeau à la veuve et confier la mission de l'attribuer au désopilant, incroyablement expressif et talentueux valet, laquais, serviteur, j'en passe et des meilleurs, interprété avec brio par Tom Leeb que je découvre pour la première fois sur une scène de théâtre et qui tient son rôle d'Arlequino, tel un maestro !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82907318-59415797.jpg?v=1726757737" alt=""La Veuve Rusée" Il n'y a pas de plus grand plaisir au monde que d'être en agréable compagnie*" title=""La Veuve Rusée" Il n'y a pas de plus grand plaisir au monde que d'être en agréable compagnie*" />
     </div>
     <div>
      Enfin, Rosaura, dans le dernier acte, face à ce choix cornélien, assistée de sa dame de compagnie – interprétée par Sarah Biasini, pleine de fantaisie –, met au point un stratagème afin de connaître la sincérité de leur sentiment. Elle fixe les règles du jeu sans rien oublier de sa séduction et de son honnêteté. Une femme libre et prête à tout pour jouir de cette liberté.       <br />
              <br />
       Un &quot;Tinder&quot; moderne ! Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Caterina Murino au micro d'une grande radio. Si ! É giusto. Deux siècles et demi plus tard, ces portraits internationaux de la nature humaine nous font rire au rythme d'une description qui semble toujours aussi pertinente. Les scènes sont courtes, le rythme communicatif et les personnages aussi limpides que l'action est rapide.       <br />
              <br />
       Il n'y a en effet peu de plaisir au monde que d'être en aussi bonne compagnie. Le plaisir de savourer une belle soirée, un instant de fantaisie comique et poétique, puis voir aussi bien revisité ce grand classique de Goldoni.       <br />
       <b>◙ Isabelle Lauriou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Veuve Rusée"</b></div>
     <div>
      Texte : Carlo Goldoni.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Giancarlo Marinelli.       <br />
       Assistante mise en scène : Aline Gaillot.       <br />
       Avec : Caterina Murino, Sarah Biasini, Vincent Deniard, Vincent Desagnat, Thierry Harcourt, Tom Leeb, Pierre Rochefort.       <br />
       Et l’amicale participation vocale de Jean Reno.        <br />
       Son et projection vidéo : Francesco Lopergolo.       <br />
       Scénographie : Fabiana Di Marco.       <br />
       Costumes : Atelier vénitien de Stefano Nicolao.       <br />
       Lumières : Didier Brun.       <br />
       Traduction : Valerio Zaina.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
       Co-production franco-italienne : Teatro Quirino Roma, Compagnia Moliere.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">À partir du 10 septembre 2024.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 16 h et 20 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre des Bouffes Parisiens, Paris 2ᵉ, 01 86 47 72 43.       <br />
       <a class="link" href="https://www.bouffesparisiens.com/" target="_blank">&gt;&gt; bouffesparisiens.com</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/82907318-59415654.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Veuve-Rusee-Il-n-y-a-pas-de-plus-grand-plaisir-au-monde-que-d-etre-en-agreable-compagnie_a4045.html</link>
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   <title>"L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain</title>
   <pubDate>Fri, 24 May 2024 18:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Anton Tchekhov portait en lui le regard aiguisé de celui qui – ayant connu une éducation rude dispensée par un père épicier, fils de serf affranchi, violent et bigot – n'a eu de cesse de peindre sans concession les zones de failles du genre humain. Et si dès ses œuvres de jeunesse il s'y emploie, mêlant tendresse et humour au tragique du quotidien, le trait satirique n'en est pas moins fulgurant… Mais comment, près de cent cinquante plus tard, "représenter" ici et maintenant le monde de Tchekhov, russe du XIXe siècle, refusant toute illusion sur l'homme, la société et la religion ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80499254-58097766.jpg?v=1716569452" alt=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" title=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" />
     </div>
     <div>
      C'est le défi que se devaient de relever le metteur en scène Jean-Pascal Pracht et ses complices, Héloïse Lacroix, Christian Loustau et Alain Raimond, acteurs du Théâtre du Lieu sans nom. En effet, si le &quot;sujet humain&quot; des deux pièces de jeunesse du dramaturge russe n'a pas vieilli d'un iota, le décorum, lui, a pris quelques rides… Aussi, quand le rideau se lève sur &quot;L'Ours&quot;, la première pièce, découvrant un intérieur petit bourgeois à l'ancienne – celui de la veuve Elena Popova –, on se met à nourrir quelque appréhension : allait-on nous resservir une énième version en costumes d'époque, resucée à l'envi ? Et lorsque Louka, le vieux valet fidèle de Madame, allure altière, nœud papillon et tutti quanti, fait son entrée pour s'affairer autour du lustre en cristal descendant des cintres, on se met sérieusement à le redouter…       <br />
              <br />
       … sauf qu'il ne s'agit plus d'allumer les candélabres, mais de changer une ampoule grillée. On s'apercevra vite que les lourdes tentures ne sont là que tissus fluides de voile de crêpe noir, les mêmes dont se drape la séduisante jeune veuve éplorée pour, dans un montré-caché des plus suggestifs, (dé)voiler ses attraits troublants. Quant aux voiles des tentures, ils se révèlent de fragiles fétus de paille destinés à être volatilisés sous le souffle impétueux du désir gagnant contre toute attente Popova, la veuve inconsolable, et Smirnov, l'&quot;exploitant&quot; teigneux venu dare-dare lui réclamer l'argent que lui devait son mari défunt…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80499254-58097767.jpg?v=1716569498" alt=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" title=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" />
     </div>
     <div>
      De même, l'interprétation de Popova, psalmodiant en boucle, comme on égrène un chapelet, son attachement ad vitam aeternam à son défunt mari l'ayant trompé à tire-larigot, jusqu'à, frisant de peu la pâmoison, griffer de ses ongles impeccablement faits le portrait de son cher disparu, prend l'allure exquise d'une farce contemporaine. Et l'interprétation &quot;sauvage&quot; de l'ancien lieutenant d'artillerie, fait propriétaire foncier bourré de dettes, et parcourant en tous &quot;sens&quot; le plateau, n'a rien à lui envier tant elle fleure le parfum d'une dérision exquise. Quant au couplet sur la nature superficielle de la femme, tenu par celui-là même qui se targue d'avoir connu <span style="font-style:italic">&quot;plus de femmes qu'elle de moineaux&quot;,</span> des femmes, dit-il, qui <span style="font-style:italic">&quot;jeunes ou vieilles ne sont que des poseuses, des faiseuses d'embarras&quot;,</span> il vaut son pesant de kopecks.       <br />
              <br />
       Pour ce qui est de la chute – quelque peu réécrite, certaines de ses répliques étant mises au goût du jour du combat pour l'égalité des sexes –, elle met en scène un savoureux duel aux pistolets Smith &amp; Wesson propre à supplanter par son humour décalé les romances chères aux &quot;foules sentimentales&quot;. Pari gagné…       <br />
              <br />
       Et, dans la pure tradition de &quot;L'illusion comique&quot; – la tragicomédie d'un certain Corneille mettant en valeur les vertus de la comédie pour mieux dévoiler le réel –, le couple d'acteurs de &quot;L'Ours&quot;, travail accompli, traversera le plus ordinairement qui soit le plateau plongé dans la semi-obscurité de l'entracte pour rejoindre la sortie des artistes… Une vraie fausse sortie, jouée fort naturellement, propre à assurer une parfaite transition avec la seconde pièce mettant en jeu un vieil acteur imbibé d'alcool se réveillant au plus profond de sa nuit pour découvrir un théâtre vide…       <br />
              <br />
       Vassili Svetlovidov, le protagoniste du &quot;Chant du cygne&quot; passablement éméché, émerge peu à peu des ténèbres qui l'engloutissent au propre comme au figuré. Sculpté superbement entre ombres et lumières par Jean-Pascal Pracht, le corps de l'acteur donne voix à la détresse l'envahissant. Toussant, se raclant la gorge, crachant ses poumons, en bretelles et chemise dépenaillée, il offre entre rires et pleurs une image de l'artiste en décomposition.       <br />
              <br />
       Lucide, jusqu'en perdre la raison, il divague jusqu'à ressentir les frissons d'une vieillesse glaciale gagnant son être. <span style="font-style:italic">&quot;La vie, elle a passé&quot;,</span> entre rires et drame on croit entendre là de manière prémonitoire la dernière réplique du vieux domestique de &quot;La Cerisaie&quot;, ultime pièce du dramaturge. <span style="font-style:italic">&quot;La vie et la bouteille&quot;,</span> se rattrape-t-il… au mur tant son état lui offre l'équilibre instable propre à déclencher le rire du spectateur en manque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80499254-58097835.jpg?v=1716569726" alt=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" title=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" />
     </div>
     <div>
      Gueulant à tue-tête pour tenter de peupler sa solitude abyssale, il fait face à la fosse (du théâtre) où rôde la mort de ce qu'il fut : un artiste reconnu… Se parlant à lui-même, dans un flash-back retentissant, défilent alors ses quarante-cinq années données au Théâtre… En compagnie du souffleur, trouvant lui dans ce lieu un endroit où dormir, il va chevaucher les rôles qui lui ont fait tutoyer les étoiles… Le tsar Boris Godounov, le Roi Lear (le souffleur lui donnant la réplique du fou donne lieu à une séquence inénarrable de drôleries), et pour faire revivre le passé encore et encore, occulter le poids des ans et repousser la vieillesse ennemie, il incarne superbement Hamlet, le héros tragique par excellence…       <br />
              <br />
       Jusqu'à ce que la mémoire cruelle lui impose le souvenir de cette ravissante jeune femme, tombée raide amoureuse du jeune acteur qu'il était… mais se refusant pour autant à lui, l'homme jugé histrion grotesque. Depuis, il se vit comme un bouffon destiné à distraire un public tout aussi ingrat, &quot;épousant&quot; le regard de cet amour perdu à jamais. Et si le tragique prend alors le masque d'une franche rigolade entre les deux hommes, s'esclaffant de l'indécence qu'il y aurait eu à renoncer au Théâtre pour les yeux d'une belle, il n'en est pas moins palpable. Leurs rires résonnent comme celui de Dom Juan face à la statue du Commandeur, comme si l'anéantissement ne pouvait survenir que quand le rire se serait tu.       <br />
              <br />
       Pour notre part, nous rendrons grâce à cette représentation d'un Tchekhov plus vrai que nature dans son habillage faussement d'époque. En effet, la troupe du Lieu sans nom a su, avec grande justesse et superbe fantaisie, porter jusqu'à nous la lucidité corrosive du dramaturge russe recourant aux masques de la comédie pour distiller dans ses plis le tragique ordinaire.       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 18 mai 2024 au Théâtre du Lieu sans nom à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Ours et Le Chant du cygne"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80499254-58097836.jpg?v=1716569750" alt=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" title=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" />
     </div>
     <div>
      Texte : Anton Tchekhov.       <br />
       Mise en scène : Jean-Pascal Pracht.       <br />
       Avec : Héloïse Lacroix, Christian Loustau, Alain Raimond.       <br />
       Scénographie, lumière : Jean-Pascal Pracht.       <br />
       Par la Cie Tiberghien.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 au 26 mai 2024.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à 20 h 30, dimanche à 16 h.       <br />
       Le Lieu Sans Nom, 12, rue de Lescure, Bordeaux, 09 54 05 50 54.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lelieusansnom.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lelieusansnom.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Deux pièces de Tchekhov, comme un diagnostic social vif et aigu... quasi médical</title>
   <pubDate>Tue, 13 Nov 2012 23:24:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Coléreux ou veules, sentimentaux absolument mais cupides à coup sûr et âpres à la propriété, les personnages décrits par Tchekhov dans "La Demande en mariage" et "L'Ours" sont tirés de la vie quotidienne russe. Ces deux pièces en un acte, comme autant de notes prises sur le vif par l’auteur, décrivent des caractères forts et concentrent l’action. Il y a dans "La Demande en mariage" la vieille fille, le vieux garçon, le père roublard et dans "L'Ours" la veuve éplorée, l’officier en retraite et le serviteur hagard.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4917165-7338791.jpg?v=1352759652" alt="Deux pièces de Tchekhov, comme un diagnostic social vif et aigu... quasi médical" title="Deux pièces de Tchekhov, comme un diagnostic social vif et aigu... quasi médical" />
     </div>
     <div>
      Cris, roublardises et tout le tremblement. À la fois denses, lestes, pleins de vigueur et de légèreté, les portraits sont indéniablement russes, &quot;grrand rrusse&quot;. Au risque de la caricature ils sont un défi pour qui veut les représenter.       <br />
              <br />
       Sophie Parel qui met en scène déjoue les pièges. Les personnages de la jeune fille dans la première pièce et de la veuve dans la seconde sont joués par la même comédienne. Il en va de même pour le père et l’officier. Les deux pièces s’enchainent sans discontinuité dans le cliquetis d’un ressort de montre. Est ainsi créée une unité de lieu qui amalgame le temps, les personnages et, dans un vieillissement accéléré, fait sens d’une vie soumise à la fatalité et la déraison de la solitude.       <br />
              <br />
       En contrepied, la mise en scène a pour moteur un rire de comédie éloigné de toute moquerie ou sarcasme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4917165-7338792.jpg?v=1352759652" alt="Deux pièces de Tchekhov, comme un diagnostic social vif et aigu... quasi médical" title="Deux pièces de Tchekhov, comme un diagnostic social vif et aigu... quasi médical" />
     </div>
     <div>
      Ainsi mises en miroir, les deux pièces accolées comme deux instantanés, restituent, par la fragilité et la rudesse des hommes, le dérèglement des sens, le destin d’une femme immergée dans la longue plage de temps qu’est la vie de la plaine (oh ma plaine) russe.       <br />
              <br />
       Elle est rendue sensible au spectateur. Jouées dans un franc jeu par les comédiens et modulé par leur sensibilité le spectacle révèle une forme de fraternité, une complicité, un supplément d’âme exprimé par un auteur dont le diagnostic social et médical est aigu.       <br />
              <br />
       Dans &quot;La Demande en mariage&quot; et &quot;L'Ours&quot;, les personnages sont rongés par le temps qui passe, sont bien vivants, tous fragiles côté cœur... À la fois attachants, directs et complexes.       <br />
              <br />
       C’est pour le spectateur de tout âge un vrai bonheur de délassement comique. Et le rire franc du théâtre a l’épaisseur de la vie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Demande en mariage" et "L'Ours"</b></div>
     <div>
      Textes : Tchekhov.       <br />
       Traduction : André Markowicz et Françoise Morvan.       <br />
       Mise en scène : Sophie Parel.       <br />
       Avec (en alternance) : Jérémy Bardeau,  Philippe Collin, Aliocha  Itovich, Sophie Parel, Karine Pinoteau, Laurent Richard.       <br />
       Lumières : Antonio de Carvalho.       <br />
       Décors : Jacques Tolosa.       <br />
       Musique : Virgile Desfosses.       <br />
       Costumes : Catherine Lainard.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       Du 3 septembre 2012 au 15 janvier 2013.       <br />
       Lundi et mardi à 20 h.       <br />
       Prolongations du 17 janvier au 9 février 2013.       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à 20 h.       <br />
       Théâtre Essaïon, Paris 4e, 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="http://www.essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Reprise       <br />
       Du 9 décembre 2014 au 31 janvier 2015.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 18 h 30.       <br />
       Théâtre Le Lucernaire, Paris 6e, 01 45 44 57 34.       <br />
       <a class="link" href="http://www.lucernaire.fr/beta1/index.php" target="_blank">&gt;&gt; lucernaire.fr</a>
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