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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-09T04:09:26+02:00</dc:date>
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   <title>Avignon OFF 2025 >> "La Fontaine, l'Intemporel"</title>
   <pubDate>Thu, 05 Jun 2025 21:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Annonce</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[À l'affiche]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Et si La Fontaine rencontrait notre technologie ? Une rencontre inattendue entre Jean de La Fontaine et une intelligence artificielle venue du futur. Une comédie historique où se croisent humanité, satire et poésie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89070905-63037078.jpg?v=1749150734" alt="Avignon OFF 2025 >> "La Fontaine, l'Intemporel"" title="Avignon OFF 2025 >> "La Fontaine, l'Intemporel"" />
     </div>
     <div>
      1683. Recalé pour la seconde fois à l'Académie française, Jean de La Fontaine voit apparaître dans sa chambre… une entité venue de 2025 !       <br />
              <br />
       Dialogue improbable, joutes verbales et fables revisitées : “La Fontaine, l'Intemporel” propose une traversée poétique et drôle des siècles, où l'Homme face à la machine devient prétexte à réfléchir sur la société moderne, les réseaux sociaux, le pouvoir ou la solitude contemporaine.       <br />
              <br />
       Ce seul-en-scène, écrit, mis en scène et interprété par Valentin Giard, mêle théâtre classique, humour contemporain et anachronismes savoureux. Un voyage accessible à tous, de 7 à 77 ans.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89070905-63037079.jpg?v=1749150771" alt="Avignon OFF 2025 >> "La Fontaine, l'Intemporel"" title="Avignon OFF 2025 >> "La Fontaine, l'Intemporel"" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;La Fontaine, l'Intemporel&quot;</b>       <br />
       Comédie historique - Seul-en-scène.       <br />
       Auteur : Valentin Giard.       <br />
       Metteur en scène : Valentin Giard.       <br />
       Interprète : Valentin Giard.       <br />
       Vidéo : Antoine Della Maria.       <br />
       Graphisme : Priscilla Créatop.       <br />
       Production : Le scribe production et ArmorAtlas Production.       <br />
       À partir de 8 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 19 h. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre Le Vieux Sage, 34, rue de la Carreterie, Avignon.       <br />
       Réservations : 07 69 52 34 80.       <br />
       Contact production : 06 86 38 38 71.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('armoratlasprod@gmail.com')" >armoratlasprod@gmail.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.billetreduc.com/377826/evt.htm" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatrelevieuxsage.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatrelevieuxsage.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/89070905-63037078.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Avignon-OFF-2025-La-Fontaine-l-Intemporel_a4243.html</link>
  </item>

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   <title>Avignon OFF 2025 >> "Douze"</title>
   <pubDate>Wed, 04 Jun 2025 16:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Annonce</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[À l'affiche]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Et si, dans la vie quotidienne, chacun s'exprimait uniquement en alexandrins, l'existence ne serait-elle pas plus douce, plus drôle et plus poétique ? "Douze" est un monologue humoristique qui imagine une vie en alexandrins…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89031446-63000792.jpg?v=1749045967" alt="Avignon OFF 2025 >> "Douze"" title="Avignon OFF 2025 >> "Douze"" />
     </div>
     <div>
      Et si, dans la vie de tous les jours, chacun ne s'exprimait plus qu'en alexandrins ? Si vous utilisiez, en toute circonstance, le vers de douze pieds, pour acheter une baguette de pain, pour commander un café, pour quitter votre conjoint, pour interpeller le conducteur qui vous fait une queue de poisson ? Si les femmes et hommes politiques eux-mêmes débattaient en alexandrins ? L'existence ne serait-elle pas plus douce, plus drôle, plus poétique ? C'est ce que tente d'imaginer ce drôle de monologue poético-humoristique : une vie entière en alexandrins, de la naissance jusqu'à la mort.       <br />
              <br />
       Et dans la vie courante, si la poésie       <br />
       Prenait toute sa place ? Et si, comme saisis       <br />
       Par la fièvre des vers, nous décidions, sans frein,       <br />
       De ne plus nous parler rien qu'en alexandrins ?       <br />
       Le monde ne serait plus que sérénité,       <br />
       Tout deviendrait douceur, grâce et humanité.       <br />
       Les conflits surgissant au détour de la rue,        <br />
       De la conversation, de façon incongrue,       <br />
       Ou les vieilles querelles, larvées, qui ressortent,       <br />
       Avec l'alexandrin seraient sous bonne escorte,       <br />
       Et prendraient grâce à lui un tour moins énervé.       <br />
       Voici quelques exemples pour vous le prouver…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89031446-63000793.jpg?v=1749046042" alt="Avignon OFF 2025 >> "Douze"" title="Avignon OFF 2025 >> "Douze"" />
     </div>
     <div>
      b[&quot;Douze La vie en alexandrins&quot;]       <br />
       Auteur-interprète : Jean-Pierre Brouillaud.       <br />
       Mise en scène : Jean-Pierre Brouillaud.       <br />
       Enregistrement musical : Soliman Brouillaud.       <br />
       Tout public à partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
       <a class="link" href="https://www.jeanpierrebrouillaud.fr/" target="_blank">&gt;&gt; jeanpierrebrouillaud.fr</a>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 14 h 45. Relâche le jeudi.       <br />
       Maison de la parole, 7, rue du Prévôt, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 82 61 10.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('brouillaud@orange.fr')" >brouillaud@orange.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://maisondelaparole.fr/" target="_blank">&gt;&gt; maisondelaparole.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/89031446-63000792.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Avignon-OFF-2025-Douze_a4239.html</link>
  </item>

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   <title>•Off 2025• "Douze !" Redécouvrir l'art de l'alexandrin, un bijou à nul autre pareil, un sourire pour les oreilles !</title>
   <pubDate>Thu, 22 May 2025 21:12:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2025]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Qu'adviendrait-il si, dorénavant, chacun ne s'exprimait plus qu'en vers de douze pieds ? La vie ne serait-elle pas plus douce, plus drôle et plus poétique en alexandrins ? "De la musique avant toute chose", écrivait Verlaine pour vanter les mérites de la poésie qui, en l'occurrence, le concernant, n'était pas écrite en alexandrins… Ne peut-on pas adapter ce vers fort majestueux en toute chose, tant sa musicalité, sa fluidité, la mélodie si inhérente à son rythme, revêtent, peut-être à tort, une chose très sérieuse ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88732491-62807104.jpg?v=1747941342" alt="•Off 2025• "Douze !" Redécouvrir l'art de l'alexandrin, un bijou à nul autre pareil, un sourire pour les oreilles !" title="•Off 2025• "Douze !" Redécouvrir l'art de l'alexandrin, un bijou à nul autre pareil, un sourire pour les oreilles !" />
     </div>
     <div>
      Jean-Pierre Brouillaud sait y faire dans la transmission, lui qui est notamment habitué à la scène des amphithéâtres en tant qu'enseignant à l'université, mais qui écrit, aussi, comme romancier, nouvelliste, dramaturge et auteur de textes et de chansons.       <br />
              <br />
       Cela se voit, cela se sent dans ce seul en scène remarquablement mené et parsemé élégamment de notes de musique à la guitare par Soliman Brouillaud. <span style="font-style:italic">&quot;Mettons la poésie dans tous les interstices, qu'elle nous émeuve et qu'elle nous divertisse. Un brin de Valéry, c'est pour tenter de vivre. Fuyons avec Arthur au gré d'un bateau ivre (…). Un soupçon de Verlaine et l'âme s'apaisa. Les rimes d'Aragon pour saluer Elsa. Pour colorer les jours, quelques mots de Prévert. Que par la poésie, le monde soit couvert&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Il y a pourtant longtemps réfléchi, Jean-Pierre Brouillaud, à la forme que pourrait prendre ce &quot;quelque chose&quot; qui lui tournait dans la tête depuis un moment, lui dont la jeunesse a été bercée par la beauté de l'alexandrin, laquelle résonne encore en lui aujourd'hui. Il a cherché, et a fini par trouver. Tout vient à point à qui sait attendre ! Le résultat, d'un humour subtil, est d'une grande originalité, à la fois poétique et, à de nombreux moments, très émouvante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88732491-62807106.jpg?v=1747941369" alt="•Off 2025• "Douze !" Redécouvrir l'art de l'alexandrin, un bijou à nul autre pareil, un sourire pour les oreilles !" title="•Off 2025• "Douze !" Redécouvrir l'art de l'alexandrin, un bijou à nul autre pareil, un sourire pour les oreilles !" />
     </div>
     <div>
      L'Off d'Avignon existe aussi pour que de telles formes émergent, sans tambours ni trompettes, loin de la Scala ou du Girasole, tout en douceur, mais avec élégance et grand savoir-faire ! <span style="font-style:italic">&quot;Comment se glisser, sans les imiter médiocrement, dans les pas des poètes et dramaturges bien connus (…) ? Je me suis dit que la solution consistait à n'écrire ni une pièce ni une poésie, mais un monologue dont l'alexandrin serait à la fois le sujet et le vecteur, le thème et la passerelle pour s'y rendre&quot;,</span> précise le comédien.       <br />
              <br />
       C'est pari largement gagné, cher Monsieur Brouillaud ! Le public passe à vos côtés 1 h savoureuse au cours de laquelle, nous l'espérons, il prendra conscience de l'anéantissement en cours de notre belle langue de Molière. Est-elle encore récupérable ? Il y aurait urgence au retour vital de l'alexandrin, certes, il est indispensable, vital, utopique sans doute, mais il a au moins le mérite d'exister, encore, de se voir ainsi retrouver ses lettres de noblesse.       <br />
              <br />
       Plusieurs moments, dans ce seul en scène, sont purement et simplement virevoltants d'intelligence, comme celui du nourrisson inquiet de sa venue au monde, de l'automobiliste inconsidéré, de l'annonce d'une séparation sentimentale, d'une interview politique, du passage à la boulangerie ou encore celui du discours funéraire truculent.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Dans ce monde malade, (…), lisons en douze pieds les vers des grands auteurs et prenons grâce à eux un peu plus de hauteur (…). Je n'étais pas sérieux en faisant ce spectacle (…)&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Oh, que si, Monsieur le comédien, vous l'étiez, en convoquant ainsi avec grande douceur semée d'érudition, le noble alexandrin bardé d'une bien jolie complicité avec Soliman. À la Maison de la Parole, sous le soleil du sud, l'alexandrin revit, sort des ouvrages jaunis de nos étagères, et ce, pour notre plus grand plaisir.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Douze !"</b></div>
     <div>
      Création 2025       <br />
       Auteur : Jean-Pierre Brouillaud.       <br />
       Mise en scène : Jean-Pierre Brouillaud.       <br />
       Avec : Jean-Pierre Brouillaud.       <br />
       Musique : Soliman Brouillaud.       <br />
       Lumière et régie : Matthieu Ambroselli et Jeanne Villieu.       <br />
       Coréalisation : Compagnie NS, Maison de la Parole.       <br />
       Tout public à partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 14 h 45. Relâche le jeudi.       <br />
       La Maison de la Parole, 7, Rue Prévôt, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 82 61 10.       <br />
       <a class="link" href="https://maisondelaparole.fr/" target="_blank">>> maisondelaparole.fr</a>       <br />
              <br />
       Ce spectacle s'est joué les 13 et 14 juin derniers au Théâtre de l'Île Saint-Louis, Paris 4e.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/88732491-62807104.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Douze--Redecouvrir-l-art-de-l-alexandrin-un-bijou-a-nul-autre-pareil-un-sourire-pour-les-oreilles-_a4222.html</link>
  </item>

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   <title>"La contre-parole" Quand Nicolas Bouchaud prête sa voix à Paul Celan, la poésie prend corps…</title>
   <pubDate>Wed, 03 Apr 2024 09:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Si, dès l'ouverture du copieux programme du "Marché de la Poésie de Bordeaux", on est mis en appétit par la lecture de "Vacance", dernier recueil du jeune poète Victor Malzac, lauréat du prix Apollinaire découverte 2023, la carte blanche laissée à l'un des acteurs les plus percutants de l'époque fait figure de cerise sur le gâteau… Ainsi, en cette avant-dernière soirée dédiée à la poésie, avec l'humanité et l'engagement artistique que l'on lui connaît, Nicolas Bouchaud nous offre "son" montage concocté à partir de poèmes et écrits d'un autre homme d'exception, Paul Celan, poète novateur et engagé.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79289653-57443372.jpg?v=1712132303" alt=""La contre-parole" Quand Nicolas Bouchaud prête sa voix à Paul Celan, la poésie prend corps…" title=""La contre-parole" Quand Nicolas Bouchaud prête sa voix à Paul Celan, la poésie prend corps…" />
     </div>
     <div>
      La Halle des Chartrons, à l'architecture métallique emblématique de la fin du XIXe, est un ancien marché splendidement restauré et voué depuis 1998 aux manifestations culturelles. Au titre de ses deux fonctions successives, elle était toute destinée à accueillir – et ce depuis vingt-cinq ans – &quot;Le Marché… de la Poésie de Bordeaux&quot;. Ainsi, du 22 au 26 mars cette année, se succèdent les interprétations des poètes invités et des spectacles vivants, créant un véritable bouillonnement culturel propice à rendre sensible la poésie descendue de ses cintres pour se frotter au public.       <br />
              <br />
       Tel qu'en lui-même, Nicolas Bouchaud s'avance vers le micro, précieux feuillets en mains de la &quot;Contre-parole&quot; (titre qu'il a choisi) qu'il se propose à faire résonner en nous en se glissant dans l'univers du poète juif allemand naturalisé français. Pour Paul Celan, la poésie n'est nullement du domaine de l'énonçable, genre qui a affaire à une prose structurée rendant compte en toute logique de son énoncé. Sur un versant opposé, réside la poésie… le domaine de ce qui ne peut se dire, de ce qui émane d'un langage échappant à toute logique, un langage ici à jamais mutilé par les bourreaux nazis rendant chaotique toute pensée qui aurait la prétention de s'en faire le porte-parole. D'où la &quot;contre-langue&quot;, comme Celan la nommait, seule apte – au travers de ses ellipses, fractures, images écrans – à dire… l'indicible. <span style="font-style:italic">&quot;Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79289653-57443373.jpg?v=1712132330" alt=""La contre-parole" Quand Nicolas Bouchaud prête sa voix à Paul Celan, la poésie prend corps…" title=""La contre-parole" Quand Nicolas Bouchaud prête sa voix à Paul Celan, la poésie prend corps…" />
     </div>
     <div>
      En guise de prélude, le comédien s'empare de l'allocution prononcée le 26 janvier 1958 par Paul Celan, discours adressé à la ville de Brême dont il a reçu le prix de littérature. L'occasion pour lui d'évoquer la &quot;langue-mémoire&quot; dont le poète fait œuvre. Une mémoire, la sienne, celle de son enfance, du pays &quot;où vivaient des hommes et des livres&quot;, et d'où n'a survécu, au milieu d'un champ de désastres, que la langue allemande… Mais une langue chargée de l'expérience mortifère dont elle porte les stigmates. Aussi le poète est-il semblable au funambule devant cheminer sur une ligne improbable. Savoir et ne pas savoir. Ne pas occulter le versant du passé, mais ne pas se laisser enfermer par lui. Ouvrir sur un autre versant, celui de tous les possibles &quot;à-venir&quot;. La langue de la poésie est ainsi à prendre <span style="font-style:italic">&quot;comme une bouteille à la mer mettant le cap sur un tu à qui parler&quot;</span>, elle est traversée par le désir d'une rencontre hypothétique avec un autre qui, de tout temps, aurait vocation à être touché par elle.       <br />
              <br />
       Suit un florilège de poèmes, tramés par la même obsession, si divers en soient les thèmes…        <br />
       <b>&quot;L'éloge du lointain&quot;</b>        <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Dans la source de tes yeux/vivent les nasses des pêcheurs de la mer délirante/Plus noir au fond du noir, je suis plus nu.&quot;</span> ;       <br />
       <b>&quot;Corona&quot;</b>       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Mon œil descend vers le sexe de l'aimée/nous nous regardons/nous nous disons de l'obscur/Il est temps que le temps advienne&quot;</span> ;       <br />
       <b>&quot;Toi aussi parle&quot;</b>       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Parle/Mais ne sépare pas le oui du non/Donne aussi le sens à ton message : donne lui l'ombre&quot;</span> ;       <br />
       <b>&quot;Brûlure&quot;</b>       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Nous ne dormions plus/et tu racontais une pénombre qui grandissait/et douze fois j'ai dit tu à la nuit de tes mots/et la nuit s'est ouverte/et elle est restée déclose&quot;</span> ;       <br />
       et bien d'autres encore où l'ombre le dispute à la lumière, où l'existence ne se fait approcher qu'au travers des paradoxes qui la composent.       <br />
              <br />
       S'attardant sur un poème-phare, Nicolas Bouchaud en fait résonner jusqu'à nous la teneur à vif, rencontrant notre propre douleur de laisser encore aujourd'hui l'impensable se commettre…        <br />
       <b>&quot;Fugue de mort&quot;</b>        <br />
       <span style="font-style:italic">&quot; Lait noir de l'aube nous le buvons le soir/la mort est un maître d'Allemagne son œil est bleu/il t'atteint d'une balle de plomb il ne te manque pas/tes cheveux d'or Margarete/tes cheveux cendre Sulamith&quot;</span>…        <br />
       … où Margarete l'Allemande et Sulamith la Juive sont ici réunies et opposées… là où ses propres parents trouvèrent la mort dans les camps nazis… là où lui, souffrant des troubles post-traumatiques de la Shoah se dirigeait sans le savoir vers son autodestruction… et là où nous courons sans sourciller vers de sombres demains.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79289653-57443399.jpg?v=1712132356" alt=""La contre-parole" Quand Nicolas Bouchaud prête sa voix à Paul Celan, la poésie prend corps…" title=""La contre-parole" Quand Nicolas Bouchaud prête sa voix à Paul Celan, la poésie prend corps…" />
     </div>
     <div>
      Il faudrait aussi évoquer l'interprétation d'un extrait du &quot;Méridien&quot;, ce discours prononcé à l'occasion de la remise du prix Georg Büchner le 22 octobre 1960 et qui très vite se transforme en manifeste poétique. Paul Celan y oppose (et c'est repris avec gourmandise par l'acteur) l'art, somme d'artifices, domaine des faiseurs &quot;pétrifiant le vivant&quot;, et la poésie qui à l'opposé <span style="font-style:italic">&quot;garde le cap sur l'Autre en se tenant dans le secret de la rencontre&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Enfin, comme chute éloquente s'il en est, Nicolas Bouchaud choisit d'interpréter le &quot;Dialogue dans la montagne&quot; d'août 1959 où le poète imagine une autre rencontre, celle de soi… au travers d'une adresse à un autre, les deux Juifs de l'histoire éprouvant l'un et l'autre le désir de parler mais ne se rencontrant finalement pas.       <br />
              <br />
       La poésie de Paul Celan est tout sauf monolithique, tout sauf une évidence… Seule, elle ne dit rien, mais est une &quot;contre-dite&quot;, une &quot;contre-parole&quot; et a besoin d'un tiers qui l'accueille en lui pour prendre sens. À cet égard qui d'autre que Nicolas Bouchaud, s'effaçant derrière le texte tout en le faisant vivre dans ses moindres replis, pouvait mieux jouer le rôle de passeur ? Un passeur investi rendant possible cette rencontre poétique et improbable entre le poète suicidé, épris d'humanité, et nous frères humains qui après lui vivons.       <br />
              <br />
       <b>Vu et entendu le lundi 25 mars à la Halle des Chartrons de Bordeaux, lors de la 25ᵉ édition du &quot;Marché de la Poésie&quot;.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La contre-parole"</b></div>
     <div>
      Poèmes et écrits de Paul Celan.       <br />
       Interprétés par Nicolas Bouchaud.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>&quot;Le Marché de la Poésie&quot; de Bordeaux s'est déroulé du 22 au 26 mars 2024.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-contre-parole-Quand-Nicolas-Bouchaud-prete-sa-voix-a-Paul-Celan-la-poesie-prend-corps_a3863.html</link>
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   <title>"Words… Words… Words" L'âme du vieux lion se dresse à nouveau sur scène !</title>
   <pubDate>Tue, 03 Jan 2023 13:15:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Paroles &amp; Musique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Traverser l'univers complexe et riche d'aventures artistiques de Léo Ferré, auteur-compositeur-interprète, pianiste, poète, chef d'orchestre, pour effectuer un voyage enthousiaste, poétique et plein de passion pour ses mots ; et dévoiler la puissance sauvage, voire animale, de son œuvre pour une exploration émotionnelle insufflée par l'âme de celui qui prônait tant l'amour que l'anarchie, c'est l'incroyable double pari réussi de Cédric Gourmelon(1) à voir à Béthune… et proximité !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69898228-48819422.jpg?v=1672749500" alt=""Words… Words… Words" L'âme du vieux lion se dresse à nouveau sur scène !" title=""Words… Words… Words" L'âme du vieux lion se dresse à nouveau sur scène !" />
     </div>
     <div>
      Si l'exaltation communicative de Laurent Gourmelon est là, la création de l'artiste n'est en rien un spectacle hommage et/ou théâtral reprenant de manière &quot;classique&quot; le répertoire de Léo Ferré<span style="font-style:italic">(2)</span>, mais la concrétisation d'une histoire d'amour entre le metteur en scène et le lion anarchiste. Il s'agit d'une performance originale, profondément organique et émotionnelle, une mise en mots inédite d'œuvres plus ou moins connues de Léo, qui est née, dans sa première version, en 2004 au Quartz à Brest.       <br />
              <br />
       Celle-ci fut créée à la suite de l'écoute de &quot;Métamec&quot;, album posthume paru en 2000 (édité par Mathieu Ferré). C'est le long texte en alexandrin donnant son nom à l'album qui inspire Cédric Gourmelon et l'amène à porter sur scène les obsessions poétiques concentrées dans ce poème… véritable matrice éclairant la trame originelle de l'œuvre de Léo. Ainsi, complété par d'autres textes, fut la première version de &quot;Words… Words… Words&quot;.       <br />
              <br />
       Presque vingt ans après, l'ardeur est toujours là et l'envie de partager cette passion, de faire découvrir l'univers de Léo Ferré aux nouvelles générations augmente chaque jour toujours plus. Devenu directeur de la Comédie de Béthune, il fait alors appel à Baptiste Amann, artiste associé du CDN, pour ajouter un grand texte d'auteur vivant à la nouvelle version : <span style="font-style:italic">&quot;Nous avons notamment évoqué la chanson &quot;Il n’y a plus rien&quot;, une sorte de long crescendo, un pamphlet anarcho-poétique, et du défi que cela pourrait être de la réécrire aujourd’hui. Il a relevé le défi et m’a écrit un texte magnifique&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69898228-48819425.jpg?v=1672749530" alt=""Words… Words… Words" L'âme du vieux lion se dresse à nouveau sur scène !" title=""Words… Words… Words" L'âme du vieux lion se dresse à nouveau sur scène !" />
     </div>
     <div>
      Seul en scène, dans un décor épuré, mais aux indices évocateurs (pendrillon pailleté brillant, piano droit, pied de micro, etc.), Cédric Gourmelon plonge à corps perdu dans un océan bruissant du vacarme poétique léonin en scandant &quot;Métamec&quot; en long préambule. Et il nous entraîne immédiatement, sans ménagement, mais avec lyrisme, dans ce voyage à la fois intime et mordant dans les chefs œuvres - connus ou pas - de Léo Ferré. Au diapason de l'univers de ce dernier, mais sans être en réelle influence, l'acteur s'emporte, &quot;s'intime et chuchote&quot;, vocifère, et s'envole sur les phrases poétiques, <span style="font-style:italic">&quot;des mots qui montent du silence comme des violons tristes&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Élément essentiel, la musique tambourine et insuffle la rythmique verbale, comme une mélopée lancinante, mais à la fois subtilement percussive. Et l'oralité devient alors un conte poétique avec &quot;Mon grand-père&quot;… <span style="font-style:italic">&quot;Mon grand-père était côché de fiacre, à Nice, dans les Alpes-Maritimes… Alors moi, j'ai toujours regardé les chevaux avec affection…&quot;</span> Ici, le comédien joue Léo jeune, l'enfance, les chevaux, le cheval ami, portant au public une fulgurance biographique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69898228-48819488.jpg?v=1672749853" alt=""Words… Words… Words" L'âme du vieux lion se dresse à nouveau sur scène !" title=""Words… Words… Words" L'âme du vieux lion se dresse à nouveau sur scène !" />
     </div>
     <div>
      De nombreuses séquences suivent, exposant ce qu’il y a de naïf, de brut, d’anarchique et de composé chez Léo Ferré. À aucun moment Cédric Gourmelon s'inféode au vieux lion, car sortant des attendus que peut générer la vie du poète. Mais son amour pour celui-ci et la compréhension de son œuvre, de son âme artistique, sont évidents, notamment avec la pose du drapeau noir sur le plateau, suggérant au loin le tumulte poétique pour exprimer la colère anarchique… <span style="font-style:italic">&quot;Qui sont-ils ces gens que l'on tient en laisse&quot; ; &quot;Words, words, words, de quoi dégueuler, de quoi dégueuler vraiment.&quot;</span>       <br />
              <br />
       L'alternance de tableaux poétiques et musicaux, construits sur des trames versifiées, mélodiques, permet à Cédric Gourmelon, seul sur le plateau, d'habiter et d'orchestrer certains textes &quot;vociférateurs et lyriques&quot;, que Léo Ferré a chantés, associés à d'autres plus intimes - dont certains jamais mis en musique -, tout en faisant entendre autrement certaines de ses chansons les plus connues (&quot;Avec le temps&quot;, &quot;La mémoire et la mer&quot;, &quot;Ton style&quot;, etc.), celles-ci ayant pu traverser les oreilles d'un public adolescent. Le pari envisagé est tenu et Léo Ferré réapparaît dans toute sa puissance poétique, rugissante et anarchiste.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Cédric Gourmelon est metteur en scène et comédien. Il dirige depuis juillet 2021 la Comédie de Béthune - Centre dramatique national.       <br />
       (2) Léo Ferré, nommé le &quot;vieux lion&quot; à la fin de sa vie, est né le 24 août 1916 à Monaco et mort le 14 juillet 1993 à Castellina in Chianti en Toscane.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Words… Words… Words"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69898228-48819490.jpg?v=1672749886" alt=""Words… Words… Words" L'âme du vieux lion se dresse à nouveau sur scène !" title=""Words… Words… Words" L'âme du vieux lion se dresse à nouveau sur scène !" />
     </div>
     <div>
      Textes : Léo Ferré et Baptiste Amann.       <br />
       Mise en scène et jeu : Cédric Gourmelon.       <br />
       Collaboration artistique et composition son : Mikaël Plunian.       <br />
       Collaboration artistique : Benjamin Guyot.       <br />
       Scénographie : Mathieu Lorry Dupuy.       <br />
       Lumières : Marie-Christine Soma.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       Du 8 au 15 décembre 2022.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Puis du 4 au 6 janvier 2023.</span>       <br />
       Mercredi, jeudi et vendredi à 20 h.       <br />
       Le Studio Théâtre - Comédie de Béthune, Béthune (62), 03 21 63 29 19.       <br />
       <a class="link" href="https://www.comediedebethune.org/" target="_blank">&gt;&gt; comediedebethune.org</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 31 mars au 7 avril 2023.       <br />
       En itinérance sur tout le territoire de la Communauté d’Agglomération Béthune Bruay Artois Lys Romane et sur le département du Pas-de-Calais.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/69898228-48819422.jpg</photo:imgsrc>
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