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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-12T16:29:37+02:00</dc:date>
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   <title>•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse</title>
   <pubDate>Wed, 30 Jul 2025 10:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2025]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Deux hommes, plutôt jeunes encore, se rencontrent dans un monde post-apocalyptique, au bord du gouffre, et tout semble perdu. À vrai dire, on ne sait pas si le personnage principal, Léon, n'est pas en train de délirer tandis qu'il vit ses dernières heures. Sal, le deuxième homme, est bien là, lui aussi. Mais est-il une projection de l'esprit de Léon, une sorte d'entité entre deux ? Toujours est-il que chacun deux sait que la fin est proche, et que nécessairement, l'un mourra.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90220976-63661762.jpg?v=1753864407" alt="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" title="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" />
     </div>
     <div>
      La compagnie belge &quot;Les Chevals de Trois&quot;, créée en 2021 par Dimitri Lepage, nous l'avions déjà découverte lors du festival Off 2023 avec &quot;Des Chèvres en Corrèze&quot; (succès à Avignon cette année-là et l'année suivante). Nous n'avions d'attaches particulières d'aucune sorte avec cette compagnie théâtrale basée en Belgique… Seul le titre nous avait interpellé, tout comme le nom pour le moins original de la compagnie en question, car nous aimons les mots et ce qui s'y cache…       <br />
              <br />
       Puis, en entrant dans la grotte métaphorique du plateau dans laquelle le comédien s'était réfugié dans ce spectacle, nous n'avions eu qu'une envie à la fin : rester à ses côtés et chercher avec lui le dernier endroit où l'humanisme était encore vivant, dans l'espoir peut-être de le trouver, encore bien debout, les pieds dans le sol et la tête haute. Inenvisageable, bien entendu, de ne pas courir à jambes déployées pour découvrir leur nouvelle création.       <br />
              <br />
       Mais de quoi allait-il être question, cette fois-ci dans ce nouvel opus ? Nous ne voulions pas être déçues ! À nouveau un titre énigmatique aux allures d'oxymore qui ne nous laisse pas indifférente. Mais qui sont-ils ces &quot;rossignols&quot; délétères qui sèment la terreur, ces oiseaux d'ordinaire si poétiques, mélodieux et source de joie ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90220976-63661763.jpg?v=1753864448" alt="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" title="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" />
     </div>
     <div>
      Comme dans &quot;Des Chèvres en Corrèze&quot;, un seul en scène interprété par Dimitri Lepage – pièce qu'il interprète encore cette année à l'Épiscène –, les thèmes des &quot;Rossignols&quot; sont encore pour le moins anxiogènes, mais malheureusement bien réels : les crises climatiques et sociales, la masculinité et son oreille sourde aux changements qu'elle pourrait opérer pour que les &quot;choses&quot; soient plus fluides, les <span style="font-style:italic">&quot;petits échecs de nos vies chaotiques&quot;</span>, la place de l'Art de toutes évidences trop peu suffisante dans nos vies, nos fragilités, nos vulnérabilités, nos doutes, nos lenteurs…       <br />
              <br />
       Rien de simple que de convoquer de telles thématiques sur les planches d'un théâtre ! Mais c'était sans compter sur le talent de Jérôme Jacob-Paquay à la mise en scène, sur la musique originale, <span style="font-style:italic">&quot;mais pas que&quot;</span> d'Agathe Lavarel, offrant aux oreilles des spectateurs des sonorités récurrentes aux symboles profonds.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;L'or dans les mains&quot;</span> d'Anne-Frédérique Bailly, aux décors, enveloppe ce spectacle d'une aura à la frontière du naturalisme et de l'abstraction, entre réalité et rêve, tout en étant pourtant de moyens économes, mais néanmoins efficaces. Quasi claustrophobique, l'espace scénique participe à intensifier la dramaturgie de ce huis clos ainsi que la montée en tension entre les personnages.       <br />
              <br />
       La force du spectacle tient aussi, en très grande partie, à l'interprétation très charismatique, et comme par moments presque hallucinée, de Mathieu Laviolette. Son interprétation basée sur une logorrhée aux allures de plaidoyer incantatoire à la tribune emporte littéralement le spectateur : <span style="font-style:italic">&quot;Tout le monde dans sa petite bulle dit que c'est normal. Ça passera. Cela aussi, ça passera !&quot;. &quot;Alors, on danse ?&quot;</span>.       <br />
              <br />
       À ses côtés, Dimitri Lepage n'en est pas moins convaincant dans ses interrogations sur le sens de l'existence, sur la conscience, ou encore la mémoire. Deux comédiens, deux auteurs, deux âmes distinctes à plusieurs égards, tellement complémentaires. Car possédant au plateau et dans la vraie vie des attaches et des liens très complices.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90220976-63661810.jpg?v=1753864490" alt="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" title="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" />
     </div>
     <div>
      C'est en partie dans un travail de recherches et d'improvisations que les deux comédiens ont creusé, peaufiné, poncé, enrobé leurs propos jusqu'à donner naissance à un nouveau bijou créatif, vertigineusement beau malgré le bruit de bottes.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;(…) Nous avons souhaité trouver d'autres approches que celles de la confrontation permanente, de la haine de la différence, du chacun-pour-soi, et privilégier le partage avec des histoires individuelles, sans oublier l'Art ! Nous pensons qu'il existe, comme à l'orée de la Grande Guerre, des rossignols du carnage qui, voyant arriver la catastrophe, l'accueillent avec bonheur. Ils chantent même plus fort et projettent en chacun et chacune de nous dans le mur en nous coupant de nous-mêmes, en nous rendant étrangers les uns aux autres, et en corrompant nos récits&quot;</span>, souligne d'un commun accord les trois co-fondateurs de la compagnie.       <br />
              <br />
       Aux origines dramaturgiques des &quot;Rossignols&quot;, il y a eu aussi tout un travail autour d'ouvrages distincts, scientifiques, politiques ou romanesques dont ceux de Jonathan Chapoulot, historien, Alain Damasio – et probablement son roman vertigineux et époustouflant, &quot;La Horde du Contrevent&quot; –, ou encore Simone Veil.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90220976-63661819.jpg?v=1753864570" alt="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" title="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" />
     </div>
     <div>
      À l'image du roman de Damasio déjà cité plus haut, œuvre majeure de la science-fiction française grâce à son ambition philosophique et stylistique, ce nouvel opus 2025 des &quot;Chevals de Trois&quot; plonge le spectateur dans un univers métaphysico-existentiel de la plus belle teneur !       <br />
       Juste un tout, tout petit questionnement : les femmes auraient-elles déjà sombré dans le gouffre ?       <br />
              <br />
       Gageons, malgré tout, que le public sera au rendez-vous de cette création théâtrale à la quête de sens et de transcendance ostentatoire que, parfois, seul le théâtre peut convier. Si tel n'est pas le cas, nous serons, nous aussi, au bord du gouffre d'une humanité qui s'écroule… Mais ça ne le sera pas !       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Rossignols du Carnage"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90220976-63661876.jpg?v=1753865099" alt="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" title="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" />
     </div>
     <div>
      Création 2025.       <br />
       Texte : Mathieu Laviolette et Dimitri Lepage.       <br />
       Mise en scène : Jérôme Jacob-Paquay.       <br />
       Avec : Mathieu Laviolette et Dimitri Lepage.       <br />
       Chorégraphie : Virginie Benoist.       <br />
       Décors et costumes : Anne-Frédérique Bailly.       <br />
       Musique : Agathe Lavarel.       <br />
       Tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Compagnie Les Chevals de Trois.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <b>A été joué du 4 au 26 juillet 2025.</b>       <br />
       Tous les jours à 14 h 28. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre Épiscène, 5, Rue Ninon Vallin, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 01 90 54.       <br />
       <a class="link" href="https://www.episcene.be/" target="_blank">>> episcene.be</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Liés" L'amour est une folie de l'échange*</title>
   <pubDate>Fri, 12 Apr 2024 16:46:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Lauriou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Trib'Une]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au son d'une guitare accompagnée de plages "électro", s'approche devant nous un charmant duo. Deux comédiens, Comédie des Trois Bornes – voilà qui tombe bien ! – se présentent à nous et expliquent l'heure qui va défiler sous nos yeux. Nos yeux plus ou moins endormis, d'un dimanche pluvieux de cette météo incertaine qui dure depuis des semaines.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79477352-57554926.jpg?v=1712934914" alt=""Liés" L'amour est une folie de l'échange*" title=""Liés" L'amour est une folie de l'échange*" />
     </div>
     <div>
      &quot;Liés&quot;, c'est un spectacle de mots donnés en amont par le public, mots qui font une histoire sous la forme unique et singulière qu'est l'impro !       <br />
       Une thématique : l'amour, avec ses bas, ses hauts, ses rires, ses larmes ou rien de tout ça ! Tout dépendra des mots et, là, commencera la performance.       <br />
              <br />
       Piscine, vin, avion, passion, sentiment, pelle et voisin sont les heureux mots gagnants de ce dimanche. Se souvenir de chaque mot, quelques jours après, n'est-ce pas là un signe de soirée appréciée ?       <br />
              <br />
       Improviser, c'est risqué. C'est un jeu où il est indispensable d'écouter son partenaire afin de donner en échange le bon revers. La difficulté est de ne pas partir en roue libre et d'un duo n'en faire qu'un solo ! Comme un joueur de tennis qui passerait son match à faire des &quot;Aces&quot;, on saluerait un talent unique, une énergie, mais alors, quel ennui !        <br />
       &quot;Liés&quot; est donc un spectacle risqué et un pari plutôt réussi.       <br />
              <br />
       Pablo Reva, honneur à l'homme, est exceptionnel dans cet exercice et d'un naturel impeccable. Il se glisse dans la peau d'un personnage tout aussi séducteur que séduisant, à la fois sensible et touchant. L'amour, son personnage le porte, le respire, le transpire. Ce comédien est impressionnant de justesse et de réparti et il a un sens aiguisé de la comédie.       <br />
       L'impro, c'est de la spontanéité, du naturel et surtout de la crédibilité. Pari gagné ! 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79477352-57554966.jpg?v=1712935057" alt=""Liés" L'amour est une folie de l'échange*" title=""Liés" L'amour est une folie de l'échange*" />
     </div>
     <div>
      Caroline Marre, quant à elle, est une comédienne tout en douceur et qui, soudain, change de ton et bouscule le plateau. Incarnée et impliquée, elle dessine un tableau composé de couleurs à la fois pastel et sombre tout en gardant ce regard espiègle. Promesse fidèle.       <br />
              <br />
       Entre les deux, la musique qui monte et qui descend, comme cette bête, sur les bras des enfants. L'amour, aussi, est un peu une bête. Une bête qui monte et qui descend. Qui déferle et qui surprend. Qui blesse, qui brise avec ou sans piquant. Qui anime, qui fait revivre ou qui bouleverse et change la vie, tout simplement.       <br />
              <br />
       Leur impro, c'est tout ça, mais pas en même temps. Ce dimanche, des sept mots, ils en ont fait une belle histoire qui finit ni bien ni mal, mais qui aura duré plusieurs heures et dont les échanges étaient à la hauteur de nos yeux de spectateurs : brillants et rieurs.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Pascal Quignard, écrivain et violoncelliste français.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Liés"</b></div>
     <div>
      Création improvisée de Caroline Marre et Pablo Reva.       <br />
       Avec : Pablo Reva et Caroline Marre.       <br />
       Musicien : Nicolas Laurençot ou Daniel Sanchez (en alternance).       <br />
       Par la Cie Les Épris Rebelles.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 novembre 2023 au 30 juin 2024.</span>       <br />
       À 19 h 30, un dimanche sur deux.       <br />
       Comédie des 3 Bornes, Paris 11ᵉ, 01 43 57 68 29.       <br />
       <a class="link" href="https://www.comediedes3bornes.com/" target="_blank">&gt;&gt; comediedes3bornes.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Trois femmes (L'échappée)" Trois destins jonglant entre peur de mourir et désir de vivre</title>
   <pubDate>Fri, 13 Dec 2019 17:39:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Appendice énigmatique que "L'échappée". Que l'on finit par comprendre. Car chacune de ces trois femmes tente d'échapper à quelque chose, chacune sa propre peur : l'une, son passé, l'autre, un avenir plein d'incertitude, la troisième un présent sans espoir.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40749023-34490885.jpg?v=1576256429" alt=""Trois femmes (L'échappée)" Trois destins jonglant entre peur de mourir et désir de vivre" title=""Trois femmes (L'échappée)" Trois destins jonglant entre peur de mourir et désir de vivre" />
     </div>
     <div>
      La première, madame Chevalier, interprétée par Catherine Hiegel, est une femme âgée, une grande bourgeoise de la ville dont la santé s'est fragilisée avec les ans. La seconde est une auxiliaire de vie, Joëlle, incarnée par Clotilde Mollet, qui arrive chez la première dès les premières minutes de la pièce. La troisième est la fille de cette auxiliaire, mère-célibataire d'une petite fille, sans emploi. Trois femmes, trois générations, trois situations temporelles, affectives et économiques singulières.       <br />
              <br />
       L'intrigue de la pièce écrite et mise en scène par Catherine Anne (une pièce qui date de 1999 mais qui semble parler d'aujourd'hui à croire que les difficultés d'hier sont restées) est une intrigue de comédie. Une histoire d'imposture qui naît d'une méprise toute simple, accidentelle, banale. Le résultat est que Mme Chevalier prend la fille de sa nouvelle auxiliaire de vie pour sa propre petite fille qu'elle n'a pas revue depuis son enfance. Presque du Feydeau.       <br />
              <br />
       Mais tout le développement de l'histoire et l'écriture d'une finesse psychologique haletante abandonnent très vite cette tentation comique pour la création d'un spectacle d'une intensité rare. Catherine Anne ne joue pas sur les quiproquos attendus ni sur le sur-sentimentalisme habituel qui enrobe toute mise en scène de la vieillesse et du regret. Son regard est à la fois plus cruel et plus généreux sur ce jeu de dupe qui n'est pas gratuit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40749023-34490899.jpg?v=1576256475" alt=""Trois femmes (L'échappée)" Trois destins jonglant entre peur de mourir et désir de vivre" title=""Trois femmes (L'échappée)" Trois destins jonglant entre peur de mourir et désir de vivre" />
     </div>
     <div>
      On assiste ici, tantôt amusés, tantôt touchés, à une lutte des consciences contre les rigueurs de la vie. Une lutte de l'honneur et de la probité contre les duretés des systèmes et des injustices. Une lutte où les valeurs affectives renversent les valeurs de l'argent et du pouvoir, et où la valeur du rêve illumine. Ces trois destins tout rabotés dans leurs chairs par la vie, trois femmes, construisent au jour le jour l'illusion d'un réconfort, d'une humanité, qui les nourrit et les sauve d'une réalité froide et mécanique et de ruptures affectives inconsolables.       <br />
              <br />
       Dans un décor suggestif et élégant d'Élodie Quenouillère (avec une très belle rosace de fer et de verre qui semble la vigie du temps qui passe), un décor fait de passerelles immaculées qui permet de passer d'un lieu à l'autre sans laisser une seconde s'échapper, la mise en scène de Catherine Anne est faite de mouvements permanents, de rencontres et d'une très grande fluidité.       <br />
              <br />
       Les trois interprètes sont brillantes, chacune dans leurs personnalités, leurs styles de jeu. Elles réussissent à trouver constamment l'équilibre. Quant à leurs interprétations, elles sont si travaillées que les scènes sont parfois sur le fil de l'émotion et qu'on reste hypnotisé et la bouche entrouverte lors de quelques scènes très intenses, palpitantes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40749023-34490907.jpg?v=1576256509" alt=""Trois femmes (L'échappée)" Trois destins jonglant entre peur de mourir et désir de vivre" title=""Trois femmes (L'échappée)" Trois destins jonglant entre peur de mourir et désir de vivre" />
     </div>
     <div>
      Un mot sur la bande-son originale de Madame Miniature qui s'intègre parfaitement au spectacle, surtout lors des quelques changements de scène où le son devient primordial. Une musicalité, un chant qui se glisse tout doucement dans le creux des épaules, en parfaite symbiose avec l'histoire qui se déroule au plateau.       <br />
              <br />
       La réalité, dans cette histoire extrêmement bien écrite, finit par être révélée mais face au vécu que ces trois femmes ont partagé, la réalité a si peu d'importance. D'ailleurs, n'est-elle pas à réinventer comme tant d'autres choses ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Trois femmes (L'échappée)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40749023-34490921.jpg?v=1576256567" alt=""Trois femmes (L'échappée)" Trois destins jonglant entre peur de mourir et désir de vivre" title=""Trois femmes (L'échappée)" Trois destins jonglant entre peur de mourir et désir de vivre" />
     </div>
     <div>
      Texte : Catherine Anne (aux éditions Actes Sud-Papiers, 1999).       <br />
       Mise en scène : Catherine Anne.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Damien Robert.       <br />
       Avec : Catherine Hiegel, Clotilde Mollet, Milena Csergo.       <br />
       Décor : Élodie Quenouillère.       <br />
       Costumes : Floriane Gaudin.       <br />
       Son : Madame Miniature.       <br />
       Musique : Émile Juin.       <br />
       Lumière : Samaël Steiner.       <br />
       Assistant Lumière : Loris Gemignani.       <br />
       Régie Générale : Laurent Lechenault.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
       Cie À Brûle-pourpoint.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 27 novembre 2019 au 5 janvier 2020.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 19 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre Lucernaire, Paris 6e, 01 45 44 57 34.       <br />
       <a class="link" href="http://www.lucernaire.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lucernaire.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       5 et 6 mai 2020 : Théâtre Montansier, Versailles (78).       <br />
       Du 12 au 16 mai 2020 : MC2:, Grenoble (38).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/40749023-34490885.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Trois-femmes-L-echappee-Trois-destins-jonglant-entre-peur-de-mourir-et-desir-de-vivre_a2621.html</link>
  </item>

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   <title>"Pour trois sœurs"… L'expérience de l'être cher effacé qui aurait voulu se raconter à deux voix</title>
   <pubDate>Fri, 16 Mar 2018 08:41:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Ludivine Picot</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Une ancienne professeure de théâtre, que j'avais eue en cours à la faculté, nous a un jour expliqué que ce qui permettait de distinguer physiquement un personnage d'un autre, c'était tout d'abord sa démarche. Le premier élément de costume qu'il fallait penser était donc les chaussures. Pour cette mise en scène, ces dernières sont effectivement l'accessoire, puis le déguisement de départ.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20893350-24168466.jpg?v=1521187686" alt=""Pour trois sœurs"… L'expérience de l'être cher effacé qui aurait voulu se raconter à deux voix" title=""Pour trois sœurs"… L'expérience de l'être cher effacé qui aurait voulu se raconter à deux voix" />
     </div>
     <div>
      Trois assises, encore vides, sont présentées sur le plateau : un canapé, un banc et une chaise. À côté de chacune est posée une paire de chaussures de femme. Entre sur scène Agnès Bourgeois qui s'installe sur les &quot;fauteuils&quot; et endosse un personnage différent à tour de rôle. La comédienne commence seule le travail d'interprétation.       <br />
              <br />
       Se joignent ensuite à elle, une, puis deux autres femmes. Toutes trois portent une perruque différente et vont se chausser des talons qui se trouvent à leurs pieds. L'adaptation des &quot;Trois sœurs&quot; de Tchekhov peut alors commencer.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Pour trois sœurs&quot;, la volonté d'Agnès Bourgeois semble se manifester par l'élaboration d'un parallèle entre sa propre expérience de perte du parent avec celle exprimée dans la pièce du célèbre dramaturge russe. Le temps de la présentation et celui de la représentation se confondent sur le même espace. La mort du père plane autant sur les figures tchekhoviennes que sur la narratrice.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20893350-24168475.jpg?v=1521187721" alt=""Pour trois sœurs"… L'expérience de l'être cher effacé qui aurait voulu se raconter à deux voix" title=""Pour trois sœurs"… L'expérience de l'être cher effacé qui aurait voulu se raconter à deux voix" />
     </div>
     <div>
      Sur le plateau, le père absent occupe une place importante dans la scénographie. Un corps inanimé est étendu sur une table, les pieds pointant vers le plafond, les mains repliées sur la poitrine, évoquant la position des morts dans leurs cercueils. Il monopolise le visuel et l'auditif ; il n'existe plus mais pourtant tout se joue autour de lui.       <br />
              <br />
       La construction narrative est très intéressante. L'auteure et metteuse en scène part d'un événement que tout être va se voir expérimenter dans sa vie, la mort d'un parent ou du moins celle d'un proche, et la confronte à la sensibilité de chacun, faisant de cette épreuve un cas à la fois commun et personnel. Ce spectacle peut se faire passer pour une belle métaphore de ce que propose l'art du théâtre, soit partager l'intime, rendre public ce qui est de l'ordre du privé.       <br />
              <br />
       La construction scénique suscite, quant à elle, moins d'enthousiasme. La pièce ne reprend pas traits pour traits celle de Tchekhov, elle en est une adaptation ; elle peut donc se permettre une certaine liberté de jeu. Mais les caractères créés par l'auteur russe sont très typés, très reconnaissables dans leurs caractères.       <br />
              <br />
       Là, la troupe théâtrale joue de façon extravagante et larmoyante, presque hystérique. Le tableau dressé s'éloigne trop de l'atmosphère pesante et mesurée que l'on retrouve dans l'original. La confrontation des deux textes perd alors de son intérêt. La sur-théâtralisation annihile le principe de compassion. L'émotion prend difficilement…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Pour trois sœurs"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20893350-24168483.jpg?v=1521187752" alt=""Pour trois sœurs"… L'expérience de l'être cher effacé qui aurait voulu se raconter à deux voix" title=""Pour trois sœurs"… L'expérience de l'être cher effacé qui aurait voulu se raconter à deux voix" />
     </div>
     <div>
      D'après : Anton Tchekhov et Agnès Bourgeois.       <br />
       Mise en scène : Agnès Bourgeois.       <br />
       Avec : Valérie Blanchon, Agnès Bourgeois, Muranyi Kovacs.       <br />
       Collaboration artistique : Martine Colcomb.       <br />
       Lumière : Sébastien Combes.       <br />
       Son : Frédéric Minière.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du mercredi 7 au dimanche 18 mars 2018.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 19 h 15, le dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre de Belleville, Paris 11e, 01 48 06 72 34.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredebelleville.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredebelleville.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20893350-24168518.jpg?v=1521188176" alt=""Pour trois sœurs"… L'expérience de l'être cher effacé qui aurait voulu se raconter à deux voix" title=""Pour trois sœurs"… L'expérience de l'être cher effacé qui aurait voulu se raconter à deux voix" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/20893350-24168466.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Pour-trois-soeurs-L-experience-de-l-etre-cher-efface-qui-aurait-voulu-se-raconter-a-deux-voix_a2071.html</link>
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   <title>Ils ne vécurent pas heureux et n'eurent pas beaucoup d'enfants</title>
   <pubDate>Wed, 29 Nov 2017 07:53:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Ludivine Picot</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est l'histoire d'un homme et d'une femme et d'un homme. C'est une histoire d'amour. Ou plutôt d'amours. Lise, Adam et Paul vivent tous les trois ensemble et ils s'aiment. D'un amour différent chacun, ça ils le comprennent bien, personne n'aime de la même façon ; mais ils s'aiment et c'est bien tout ce qui compte. Peu importe les regards extérieurs, les jugements des autres. Ils sont tous les trois.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18532772-22655015.jpg?v=1511939358" alt="Ils ne vécurent pas heureux et n'eurent pas beaucoup d'enfants" title="Ils ne vécurent pas heureux et n'eurent pas beaucoup d'enfants" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Tu prends toute la place dans le lit, j'ai mal dormi&quot;, &quot;L'appartement est trop petit, emménageons dans un plus grand&quot;, &quot;Mettons notre photo ici, tout le monde accroche des photos de famille, nous sommes une famille&quot;, &quot;Nos enfants…&quot;</span>. Ce sont les mêmes reproches, les mêmes envies, le même langage par lequel s'exprime ce <span style="font-style:italic">&quot;trouple&quot;</span>, les mêmes préoccupations que les autres couples. Cléo Dangoin choisit ici de mettre en scène la force du sentiment amoureux d'une façon certes peu conventionnelle au premier abord, mais non moins authentique.       <br />
              <br />
       C'est l'histoire d'un homme et d'une femme et d'un homme qui se racontent et nous racontent leur histoire. On assiste aux premières rencontres, aux souvenirs enfouis et aux secrets cachés. &quot;Trois&quot; nous montre la vie quotidienne des amoureux, leurs craintes, leurs disputes, leurs joies. Les personnages sont merveilleux, la mise en scène et l'écriture s'accordent à le dire. Le récit est beau et serein. Mais l'un des trois sera subitement rattrapé par son passé, ce qui changera le cours de la vie de tous.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18532772-22655082.jpg?v=1511939387" alt="Ils ne vécurent pas heureux et n'eurent pas beaucoup d'enfants" title="Ils ne vécurent pas heureux et n'eurent pas beaucoup d'enfants" />
     </div>
     <div>
      La salle du théâtre Darius Milhaud, qui accueille sur sa scène le jeune trio, a la singularité de disposer d'une extension de cette même scène. L'espace de jeu n'est pas seulement limité à la partie face au public, mais il se prolonge également sur le côté, et offre la possibilité de jouer sur deux espaces temporels différents. Une sorte d'avant et d'après. L'avant, c'est le temps de l'amour paisible et heureux. L'après manifeste les difficultés qu'il y a à avancer dans toute relation, les choix divergents, les envies différentes… Mais même l'après ne peut s'empêcher de se retourner sur le passé.       <br />
              <br />
       Nous n'assisterons pas à une belle histoire d'amour qui dure toujours. Mais nous serons témoins de sentiments qui durent longtemps. Même si on y résiste, ils persistent… Dans une mise en scène simple et naïve, qui retranscrit parfaitement l'ambiance dans laquelle les personnages avancent tous trois, nous nous attacherons au caractère de chacun.       <br />
              <br />
       Les comédiens sont pleins de sincérité et de douceur. Les regards qu'ils s'adressent les uns aux autres sont emplis d'une tendresse infinie ; leurs gestes, leurs paroles traduisent l'affection qu'ils ont les uns pour les autres. Alors même si cela a une fin, on se laisse porter par ce petit conte plein de bienveillance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Trois"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18532772-22655090.jpg?v=1511939416" alt="Ils ne vécurent pas heureux et n'eurent pas beaucoup d'enfants" title="Ils ne vécurent pas heureux et n'eurent pas beaucoup d'enfants" />
     </div>
     <div>
      Texte : Cléo Dangoin.       <br />
       Mise en scène : Cléo Dangoin.       <br />
       Avec : Thierry Garnier, Louise Emma Morel, Romain Valembois.       <br />
       Assistante de projet : Noémie Briand.       <br />
       Composition : Zacharie Dangoin.       <br />
       Costumes : Florence Domenger.       <br />
       Création lumière : Agathe Caldini.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 octobre au 20 décembre 2017.</span>       <br />
       Mercredi à 21 h 15.       <br />
       Théâtre Darius Milhaud, Salle 2, Paris 19e, 01 42 01 92 26.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredariusmilhaud.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredariusmilhaud.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/18532772-22655015.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Ils-ne-vecurent-pas-heureux-et-n-eurent-pas-beaucoup-d-enfants_a1992.html</link>
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