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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>"Insomniaques" exhume des archives du silence un massacre raciste oublié</title>
   <pubDate>Thu, 06 Feb 2025 09:32:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Cela s'est passé au tout début de la Première Guerre mondiale. Le 6 juin 1940, l'armée allemande pénètre dans Rouen. Le lendemain, on retrouve des hommes abattus, fusillés, non loin de l'église Saint-Joseph. Ils sont tous noirs. Certains sont ceux qu'on appelle les tirailleurs sénégalais, d'autres sont de simples civils, antillais ou africains. Et puis tous ces corps et ce massacre disparaissent pour des années. Un souvenir renaît pourtant à la paix revenue, et puis l'événement disparaît à nouveau dans les strates du temps passé. Jusqu'à ce qu'une photo soit retrouvée il y a une poignée d'années.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86248778-61381142.jpg?v=1738832248" alt=""Insomniaques" exhume des archives du silence un massacre raciste oublié" title=""Insomniaques" exhume des archives du silence un massacre raciste oublié" />
     </div>
     <div>
      Sur cette photo, une charrette dans les rues de Rouen sur laquelle sont entassés des tirailleurs sénégalais. Une charrette qui n'emmène pas ces hommes à l'abri, mais plus certainement à leur exécution. Une date au dos de cette photo précise : 6 juin 1940. Commence alors pour le professeur d'histoire (appelé Jean-Michel dans le spectacle), le début d'une enquête et toute une série de nuits longues et sans sommeil.       <br />
               <br />
       Retrouver les traces d'un événement dans le passé proche est quelquefois plus ardu qu'organiser des fouilles dans un lieu antique ou préhistorique. Plus ingrat également. Les archives des mairies, des églises, des hôpitaux, les recherches de témoins encore vivants, les visites dans les cimetières pour retrouver des informations sur les fosses communes sont à priori peu palpitantes. C'est là où Karima El Kharraze et Lou Simon ont construit un très beau texte, vivant, passionnant, instructif.       <br />
               <br />
       Sur scène, trois interprètes jouent les différents personnages. Arnold Mensah et Clémentine Pasgrimaud incarneront les différents protagonistes de l'histoire et, en particulier, Jean-Michel, professeur d'histoire, et Flora, infirmière de nuit passionnée d'images d'archives, qui seront les incarnations sur scène des personnages réels qui ont donné l'idée de ce spectacle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86248778-61381143.jpg?v=1738832271" alt=""Insomniaques" exhume des archives du silence un massacre raciste oublié" title=""Insomniaques" exhume des archives du silence un massacre raciste oublié" />
     </div>
     <div>
      Ils évoluent et font vivre un dispositif scénique ingénieux et évolutif, une charrette qui devient un plan de ville puis se dévoile monument de boîtes d'archives et cotillons de papiers hachés sur une cage vertigineuse. Tous deux sont extrêmement convaincants de vérité et apportent toute la force documentaire, mais aussi le jeu, la distance, l'apostrophe au public : &quot;Et vous, vous dormez bien ?&quot; Revient comme un refrain, un lancinant rappel à l'importance du souvenir et de la transmission, ne pas s'endormir trop profondément pour ne pas laisser le silence et l'oubli enterrer le passé.       <br />
               <br />
       Mariama Diedhiou, aux percussions et chants, est une présence quasi mystique qui rôde et arpente la scène et rythme les scènes de ses chants. On la croirait esprit des morts qui observe l'avancée de la quête, du souvenir de ce massacre raciste perpétré par l'armée nazie, dans sa haine des hommes noirs et sa volonté de destruction. Il faut attendre les dernières minutes du spectacle et les ultimes révélations sur l'événement pour que son personnage prenne une parole pleine de colère, de peine, d'émotions qui transperce bravement les cœurs.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu le 16 janvier 2025 au Théâtre des Deux Rives - CDN de Normandie-Rouen, Rouen.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Insomniaques"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86248778-61381146.jpg?v=1738832293" alt=""Insomniaques" exhume des archives du silence un massacre raciste oublié" title=""Insomniaques" exhume des archives du silence un massacre raciste oublié" />
     </div>
     <div>
      Texte : Karima El Kharraze et Lou Simon.       <br />
       Mise en scène : Lou Simon.       <br />
       Avec : Arnold Mensah, Clémentine Pasgrimaud et Mariama Diedhiou.       <br />
       Dramaturgie : Karima El Kharraze et Lou Simon.       <br />
       Scénographie et marrionnette : Cerise Guyon       <br />
       Création musicale et sonore : Mariama Diedhiou et Thomas Demay.       <br />
       Création lumière : Romain Le Gall Brachet.       <br />
       Regard jeu et direction d'acteurs : Marion Solange Malenfant.       <br />
       Compagnie Avant l'Averse.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       29 janvier 2025 : Le Sablier (dans le cadre d'À partir du réel), Ifs (14).       <br />
       31 janvier 2025 : Théâtre Le Passage, Fécamp (76).       <br />
       2 février 2025 : L'Hectare - CNMa (dans le cadre d'Avec ou Sans Fils), Vendôme (41).       <br />
       <span class="fluo_jaune">27 février 2025 : Le OFF - Scènes de Chartres, Chartres (28).</span>       <br />
       10 mars 2025 : Théâtre Bernard Marie Koltès (dans le cadre de Marto), Nanterre (92).        <br />
       11 mars 2025 : Théâtre de Châtillon (dans le cadre de Marto), Châtillon (92).       <br />
       Août 2025 (à confirmer) : Festival Mima, Mirepoix (09).       <br />
       Septembre 2025 (à confirmer) : Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes, Charleville-Mézières (08).       <br />
       Novembre 2025 (dates à préciser) : Le Mouffetard - CNMa, Paris 5e.       <br />
       Novembre 2025 (dates à préciser) : Le PIVO, festival théâtral du Val d'Oise, Eaubonne (95).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/86248778-61381142.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"Noir de boue et d’obus"… Noirs d’Afrique et des Antilles, tous combattants pour la France</title>
   <pubDate>Mon, 10 Mar 2014 10:14:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le spectacle rend compte de "la force noire" déployée dans les tranchées pendant la première guerre mondiale où des artilleurs d’Afrique de l’Ouest étaient en première ligne pour défendre le drapeau français.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6402013-9657549.jpg?v=1394530024" alt=""Noir de boue et d’obus"… Noirs d’Afrique et des Antilles, tous combattants pour la France" title=""Noir de boue et d’obus"… Noirs d’Afrique et des Antilles, tous combattants pour la France" />
     </div>
     <div>
      La chorégraphie est découpée en différents segments artistiques, théâtre et danse se donnant la répartie. Le spectacle démarre avec des paroles lancées par un artilleur d’Afrique noire. Plainte, complainte ou revendication, l’élocution prête peu à la compréhension. Elle est surtout révélatrice d’une parole qui se perd, qui n’a pas de réponse car aucune oreille n’est à l’écoute.       <br />
              <br />
       Ce sont des séquences, des bouts de narration, des scènes de combat où la violence des mouvements est absente. Ici, c’est la violence de l’Histoire qui est mise en avant. Ce sont des mises en situations où la guerre, sans cri et sans sang, étale son drapeau. Elle transpire dans les mouvements des danseurs, dans leurs positions sur scène, dans leurs gestuelles. Nous devinons la guerre, nous la sentons car jouée et appréhendée par les danseurs.       <br />
              <br />
       Sur scène, de très beaux tableaux se déroulent dans lesquels les danseurs déploient une gestuelle physique. Il y a un parti-pris artistique de la chorégraphe, Chantal Loïal, avec une danse mondaine occidentale qui vient cohabiter avec le Sabar, danse du Sénégal, le Gwoka de la Guadeloupe et le Bèlè de la Martinique.        <br />
              <br />
       Cette mosaïque de danses &quot;exotiques&quot;, adjectif utilisé au début du siècle dernier pour désigner les danses venues du continent africain ou d’ailleurs, accompagne cette mixité des colonies dans les tranchées. Les danses accompagnent des soldats vers un même destin, celui de la Mort. Face à la Mort, les hommes sont égaux. Face à la guerre et aux tranchées, l’ont-ils été ? 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6402013-9657550.jpg?v=1394530058" alt=""Noir de boue et d’obus"… Noirs d’Afrique et des Antilles, tous combattants pour la France" title=""Noir de boue et d’obus"… Noirs d’Afrique et des Antilles, tous combattants pour la France" />
     </div>
     <div>
      Sur scène, le Sabar, danse où les membres supérieurs et inférieurs exécutent des mouvements courts et rapides, dans un rapport au sol rapide et vif, cohabite avec le Gwoka, danse où la plante des pieds au sol est &quot;glissée&quot;, dans des mouvements moins rapides.        <br />
              <br />
       Les danses sont variées comme les combattants venant de différentes contrées et qui composaient la force noire du lieutenant-colonel Mangin. &quot;La force noire&quot; de Mangin, livre écrit en 1910, a été créée pendant la 1ère guerre mondiale avec pour éléments des tirailleurs d’Afrique occidentale française. Mangin considérait que l’homme d’Afrique <span style="font-style:italic">&quot;naissait plus soldat que guerrier&quot;.</span> Chantal Loïal met en scène les noirs d’Afrique et des Antilles en compagnie des blancs de métropole dans les tranchées.        <br />
              <br />
       Les scènes sont &quot;décentrées&quot; dans son rapport à l’espace avec peu de synchronisations entre les danseurs. Ils ont leurs propres mouvements sans pour autant que le rythme ne soit bousculé entre eux. Tout est théâtral. Les marches sont autant artistiques que militaires. Les rapports entre les danseurs, dans les solos ou les danses de groupe, donnent à la chorégraphie un parfum d’individualisme, un chacun pour soi guerrier qui fait des moments de danses presque enchevêtrés entre eux comme des soldats au combat.        <br />
              <br />
       Chantal Loïal met en exergue cette mixité de conditions entre européens et soldats. L’hommage est artistiquement intéressant car elle fait de la danse le reflet d’un moment historique. Les danseurs sont surtout des danseuses. Nous pouvons aussi y voir, par extension et pour prendre une grille de lecture contemporaine, un hommage aux femmes, mises en &quot;première ligne&quot; en France, ou ailleurs, sans pour autant que leurs conditions sociales ne soient égales à celles des hommes. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Noir de boue et d’obus"</b></div>
     <div>
      &quot;Noir de boue et d’obus&quot;       <br />
       Pièce chorégraphique de la Compagnie Difé Kako.       <br />
       Directrice artistique et chorégraphe : Chantal Loïal.       <br />
       Assistante chorégraphique : Julie Sicher.       <br />
       Avec : Louise Crivellaro, Mariama Diedhiou, Alseye Ndao, Julie Sicher.       <br />
       Costumes : Michèle Sicher.       <br />
       Compositeur : Pierre Boscheron.       <br />
       Créateur lumière/vidéaste : Stéphane Bottard.       <br />
       Collaboration artistique : Delphine Bachacou, Fanny Vignals, Vincent Byrd Le Sage et Matthias Groos.       <br />
       Durée : 55 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       20 et 21 mars 2014 : La Merise, Trappes (78).       <br />
       10 et 11 avril 2014 : La Maison des Arts, Lingolsheim (67).       <br />
       29 et 30 avril 2014 : CMAC, Fort de France (Martinique).       <br />
       6 mai 2014 : à la Trinité (Martinique).       <br />
       Du 5 au 27 juillet 2014 : Théâtre Golovine, Festival Off d’Avignon (84).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/6402013-9657549.jpg</photo:imgsrc>
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