<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-15T21:02:34+02:00</dc:date>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-81341158</guid>
   <title>•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…</title>
   <pubDate>Thu, 04 Jul 2024 07:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Paris, décembre 1942. La police française quitte à l'instant l'appartement d'Ita Laster. Les policiers viennent de lui laisser une heure pour se préparer avant de les suivre. Une heure entre la vie et la mort. Mais cela, Ita ne le sait pas… Tout ce qu'elle sait, c'est que l'un d'entre eux lui a conseillé "d'en profiter", bien qu’elle soit seule depuis longtemps… Quel choix lui reste-t-il alors que son propre fils a été amené à Drancy il y a quelques jours ? Que son mari est mort ! Fuir ou, peut-être, espérer aller le retrouver ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81341158-58608097.jpg?v=1720034149" alt="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" title="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" />
     </div>
     <div>
      &quot;Ita L. née Goldfeld&quot; d'Éric Zanettacci, spectacle basé sur la véritable histoire de sa grand-mère, est-il &quot;Le&quot; spectacle qu'il faut aller voir coûte que coûte cette année au Festival d'Avignon 2024, alors que notre pays vacille pour les raisons que l'on sait ?       <br />
              <br />
       Cette grande messe incontournable dédiée au Théâtre, et au spectacle vivant, ne doit-il pas plutôt se révéler le ferment d'une actualité nouvelle, ouverte sur le monde &quot; comme il va&quot;, et non pas comme il a été ? C'est une question qui nous taraude, mais nous détenons la réponse.       <br />
              <br />
       Il y a 24 ans, Elie Wiesel, dans un entretien au Yédioth A'haronoth, disait : <span style="font-style:italic">&quot;nous avons échoué dans la transmission du thème de la Shoah&quot;</span> ; et il poursuivait en disant qu'il craignait qu'un jour la Shoah puisse tomber dans l'oubli. Pire ! Que ce sujet soit banalisé ou qu'il soit rapproché d'autres événements, aussi tragiques et dramatiques soient-ils.       <br />
              <br />
       Cette pensée résonne particulièrement à nos oreilles quand on sait que cet homme a consacré la plus grande partie de sa vie à cette question et que, de nos jours, une très grande majorité de notre jeunesse ignore ce pan de l'Histoire ? L'Éducation Nationale n'a-t-elle plus au programme le célèbre documentaire &quot;Nuit et Brouillard&quot; ?       <br />
              <br />
       Au Théâtre de l'Oriflamme, ce sont les souvenirs de cette sombre période de l'Histoire européenne qui sont exposés à la lumière de sa flamme. Rien d'olympique, malheureusement, mais, comme elle, elle ne doit pas s'éteindre. Surtout pas. Jamais !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81341158-58608102.jpg?v=1720034182" alt="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" title="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" />
     </div>
     <div>
      Françoise Nahon mérite très largement le prix d'interprétation de Femmes en Scènes qu'elle a reçu pour cette pièce. Elle est bouleversante, au-delà des émotions tangibles qui peuvent être celles que l'on ressent en règle générale lorsqu'un spectacle nous emporte. Difficile de parler à la sortie. Difficile de retrouver la réalité, de tout effacer, de gommer, de continuer <span style="font-style:italic">&quot;comme si de rien n'avait jamais été&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Tout, dans ce spectacle, sonne tellement juste. Le spectateur est littéralement projeté en 1942 dans cet appartement chaleureux imaginé à la mise en scène par Patrick Zeff-Samet. Directeur de la compagnie &quot;La Comédie Nomade&quot; basée dans les Alpes-Maritimes, sa mise en scène n'a rien de nomade. Elle ancre au contraire chaque mot du texte d'Éric Zanettacci dans un écrin d'images à de nombreux moments, pourtant, difficilement soutenables.       <br />
              <br />
       Quid de cette mise en scène ? Ou du texte ? Ou de l'interprétation remarquable d'Ita par Françoise Nahon, pour que cette pièce nous laisse à croire que cette femme ordinaire aurait pu être aussi notre grand-mère ou, encore, qu'elle est la grand-mère de chacun et chacune d'entre nous ? Juive ou pas !       <br />
              <br />
       La comédienne, à travers son témoignage poignant, nous emporte dans l'histoire de sa vie, via chaque fait et geste, derrière le clignement attendrissant de ses paupières semblables à des papillons virevoltants, et nous retrace une vie d'amour entièrement dévouée à son mari et à ses deux fils.       <br />
              <br />
       Quand on écrit une tragédie, les silences, d'ordinaire, sont importants. Cependant, il y en a peu dans le texte de l'auteur, car c'est davantage une logorrhée lourde et pesante que la comédienne déverse entre les quatre murs de son appartement. Parce qu'on y est dans cet appartement, comme si le quatrième mur n'existait plus. L'humilité et la naïveté que Françoise Nahon parvient à interpréter ici, dans son jeu, est rare au théâtre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ita L. née Goldfeld"</b></div>
     <div>
      Seule en scène.       <br />
       Texte : Éric Zanettacci.       <br />
       Mise en scène : Patrick Zeff-Samet.       <br />
       Avec : Françoise Nahon.       <br />
       Musique originale : Élisa Munoz.       <br />
       Scénographie et décors : Tony Munoz.       <br />
       Lumières : Thibault Caligaris.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 17 h 30. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre de l'Oriflamme, 3-5, rue du Portail Matheron, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 88 61 17 75.       <br />
       <a class="link" href="https://loriflamme-avignon.fr/" target="_blank">&gt;&gt; loriflamme-avignon.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81341158-58608097.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Ita-L-nee-Goldfeld-Une-interpretation-magistrale-au-service-d-un-texte-sans-faille-qui-resonne-sourdement_a3986.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-72318489</guid>
   <title>"MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste</title>
   <pubDate>Fri, 21 Apr 2023 17:27:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "MADAM (Manuel d'Auto-Défense À Méditer)" est un vaste projet qu'Hélène Soulié réalise depuis plus de cinq ans. Un projet qui lui a demandé de parcourir la France et au-delà pour rechercher des témoignages, interroger les mal-êtres et les revendications, découvrir des portraits étonnants. Aujourd'hui, ce sont six spectacles pour lesquels elle a convoqué des castings prestigieux. À commencer par les autrices, toutes chevronnées et investies dans le théâtre vivant, Marine Bachelot Nguyen, Marie Dilasser, Mariette Navarro, Solenn Denis, Claudine Galea, Magali Mougel et Hélène Soulié en coécriture dans la plupart des textes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72318489-50338499.jpg?v=1682092300" alt=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" title=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" />
     </div>
     <div>
      Mais aussi des universitaires, scientifiques, intellectuelles de diverses disciplines : Maboula Soumahoro, chercheuse et maîtresse de conférences ; Éliane Viennot, historienne, grammairienne ; Delphine Gardey, historienne, sociologue ; Rachele Borghi, géographe. Bref, un panel de talents et de compétences pour travailler à la construction des spectacles.       <br />
               <br />
       La réalisation n'a rien à envier à ce casting. Ce sont cinq comédiennes, elles aussi, investies et talentueuses qui seront le verbe et les corps de ces spectacles : Lenka Luptakova, Christine Braconnier, Lymia Vitte, Claire Engel, Marion Coutarel et Hélène Soulié herself dans son propre rôle d'enquêtrice, de chercheuse, de naïve et d'empêcheuse de tourner en rond ou d'en rester là ou de dire c'est comme ça, c'est ainsi, c'est la vie, ça a toujours été ainsi, c'est dans l'ordre des choses…       <br />
               <br />
       Pourquoi cette nécessité de nommer toutes ces personnes ? Primo, parce que cette poignée de spectacles s'inscrit entre réalité et fiction. Qu'ils sont spectacles engagés. Qu'ils ont tous en commun un questionnement sur la place des femmes dans la société, dans le sort qui leur est réservé, dans leurs libertés, l'histoire de ces libertés, dans les contraintes et les empêchements qui leur sont faits, et le pourquoi de toutes les discriminations que l'ordre social instaure. Secondo, parce que toutes les participantes à ces six spectacles sont, comme vous l'aurez remarqué, des femmes : autant dire celles qui savent de quoi il est question.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72318489-50338500.jpg?v=1682093051" alt=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" title=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" />
     </div>
     <div>
      Pour construire ces histoires, Hélène Soulié emploie la même démarche. Partant de faits réels, de personnages de la vie civile qu'elle rencontre personnellement, elle demande, d'une part, à une autrice de produire un texte qui sera dit par une seule interprète, d'autre part, à une scientifique d'intervenir sur le plateau dans une sorte d'entretien pour répondre, argumenter et enrichir la thématique abordée dans la partie jouée par la comédienne. Situations particulières, personnelles, intimes parfois se mêlent ainsi à des questionnements plus vastes, plus sociales, plus définies dans l'Histoire.       <br />
               <br />
       Mais avant tout, l'actualité palpite. Dans &quot;Madam#1&quot;, ce sera le port du voile dans l'espace public, dont le débat en France dure depuis plus de vingt ans, mais aussi le racisme indicible de notre société, deux sujets réunis par la même omerta, le même déni. Que se cache-t-il en réalité sous le discours officiel sur les libertés individuelles et l'égalité des chances ?       <br />
              <br />
       Ce sera encore un espace de liberté dans le deuxième spectacle : celui de l'espace public, la nuit, le monde des tagueurs, pas forcément celui des tagueuses, mais aussi de tout ce qui peut être déviant, provocateur, interpellant, et hors des passages piétons, des clous, hors normes. L'espace virtuel n'est pas négligé non plus avec le &quot;Madam#4&quot;. Là aussi, il faut jouer des coudes, des neurones et des codes pour agir et faire sa place. Car, là aussi, l'homme a posé ses griffes et délimité le plus vaste territoire pour lui-même.       <br />
              <br />
       La somme de ces six spectacles, sans avoir la volonté de faire le tour des questionnements de genre, de sexe, d'identité, d'injonctions et des discours dominants, tente de montrer au contraire celles qui, par leurs démarches politiques, par leur vie, par leur travail, poussent les barrières, s'imposent et ouvrent des horizons nouveaux à toutes les petites filles qui suivront. Ainsi sont mis également en scène les témoignages de sportives de haut niveau, ceux de sauveteuses en mer, de celles qui cueillent hors de l'eau les rescapés des traversées funèbres de méditerranée, ou celles qui prennent un travail d'homme, comme celui de berger de transhumance… et donc une bergère… qui résiste seule face à tous.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72318489-50338797.jpg?v=1682093084" alt=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" title=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" />
     </div>
     <div>
      Les six &quot;Madam#&quot; ont en commun cet espace donné, pris, réduit, conquis, à conquérir, à défendre, intellectuellement, physiquement, politiquement, cet espace toujours emmuré dans lequel la société patriarcale tient les destins des filles, des femmes et des minorités, enfermées.       <br />
               <br />
       Coup de cœur personnel pour l'extrêmement émouvant &quot;Madam#5&quot;, sous-titré : &quot;Ça ne passe pas&quot;. Le texte au scalpel de Claudine Galea, le jeu farouche de Lenka Luptákova, les témoignages des deux femmes marins, sauveteuses de ces humains qu'on laisse couler sans un regard.       <br />
              <br />
       Coup de cœur encore pour &quot;Madam#2, Faire le Mur&quot;, où Christine Braconnier s'empare du texte de Marie Dilasser pour le transformer en ballet mythologique sous la direction et la mise en scène d'Hélène Soulié.       <br />
              <br />
       Coup de cœur final pour &quot;Madam#6 – Et j'ai suivi le vent…&quot; (vu au Théâtre de la Reine Blanche en février dernier) et l'extraordinaire vision poétique, fantastique et néanmoins ancrée dans la réalité du texte de Magali Mougel que Marion Coutarel donne de tout son corps avec une fantaisie brillante. Chapitre final de ce Manuel d'Auto- Défense qui clôt l'œuvre en allant puiser aux sources de la condamnation faite aux femmes par l'évocation des chasses aux sorcières du Moyen Âge. Ce qui ne date pas d'hier…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"MADAM, l'Intégrale"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72318489-50338798.jpg?v=1682093123" alt=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" title=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" />
     </div>
     <div>
      Conception et mise en scène : Hélène Soulié, assistée de Lenka Luptakova et Claire Engel.       <br />
       Texte et performance : Marine Bachelot NGuyen, Marie Dilasser, Mariette Navarro, Solenn Denis et Hélène Soulié, Claudine Galea, Magali Mougel.       <br />
       Texte vidéo et interviews : Hélène Soulié.       <br />
       Avec les actrices : Lenka Luptakova, Christine Braconnier, Lymia Vitte, en alternance avec Morgane Peters, Claire Engel et Marion Coutarel.       <br />
       Les chercheuses et chercheurs : Maboula Soumahoro, Rachele Borghi, Éliane Viennot, Delphine Gardey.       <br />
       Et les femmes marins : Claire et Marie Faggianelli.       <br />
       Scénographie : Emmanuelle Debeusscher et Hélène Soulié.       <br />
       Vidéo : Maïa Fastinger.       <br />
       Lumières Maurice Fouilhé.       <br />
       Costumes : Hélène Soulié, Catherine Sardi.       <br />
       Création et régie son : Jérôme Moisson.       <br />
       Régie Vidéo : Amaya Irigoyen.       <br />
       Régie lumière et régie générale : Eva Espinosa.       <br />
       Regard anthropologique : Loréna Favier.       <br />
       Production : Compagnie EXIT.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/72318489-50338499.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/MADAM-l-Integrale-Carnet-de-voyage-en-six-episodes-d-une-artiste_a3570.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-68807528</guid>
   <title>"Bloc 45, Témoignage" Le dehors et le dedans, deux mondes fracturés en un seul</title>
   <pubDate>Thu, 17 Nov 2022 07:33:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Et cet "un", c'est Francis. Employé à la RATP, disposant d'un appartement à Saint-Ouen, mais ne pouvant souffrir de dormir ailleurs que dans une cellule du commissariat de Saint-Denis dont il fait chaque soir, depuis dix ans, consciencieusement le siège. En effet, pour pouvoir respirer l'air du dehors, il éprouve le besoin vital de l'enfermement… La metteure en scène, Virginie Barreteau s'est entretenue longuement avec le héros de sa création pour confier à Olivier Galinou le soin de l'interpréter avec un naturel bluffant.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68807528-48318312.jpg?v=1668586325" alt=""Bloc 45, Témoignage" Le dehors et le dedans, deux mondes fracturés en un seul" title=""Bloc 45, Témoignage" Le dehors et le dedans, deux mondes fracturés en un seul" />
     </div>
     <div>
      Du plus loin qu'il s'en souvienne, Francis a toujours été en marge. Comme si un &quot;défaut technique&quot; l'empêchait d'être raccord avec une société érigeant en &quot;normalité&quot; ses normes toutes relatives… Surgissant timidement du rideau des coulisses qui le contenait, &quot;il&quot; (qui ? la personne, le personnage et l'acteur semblent ne faire qu'un) s'approche du micro - ce porte-voix étranger à lui-même - pour nous confier, hésitant, sa traversée du quotidien. Longtemps il a séjourné chez ses parents, pour y laver son linge, avant que la Maison de Nanterre et son règlement strict ne l'accueillent. La paire de sabots héritée de cette époque, qu'il se dépêche d'exhiber, ne fonctionne-t-elle pas comme un repère tangible, un détail contenant le tout ?       <br />
              <br />
       Personnalité clivée, il s'est toujours attaché à vouloir distinguer l'extérieur de l'intérieur, un besoin semble-t-il consubstantiel à son existence. Ainsi, à l'achat d'une maison, a-t-il tenu à s'occuper &quot;naturellement&quot; des parties extérieures, son père étant chargé de la réfection de l'intérieur. Le conflit, autant interne qu'externe, éclate quand l'auteur de ses jours veut combler les interstices des lames de son plancher en le vitrifiant ; insupportable pour le rejeton d'envisager que l'on prétende recouvrir ses lignes de faille, lui qui éprouve la nécessité absolue d'être enfermé pour pouvoir ensuite respirer à l'air libre…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68807528-48318313.jpg?v=1668586359" alt=""Bloc 45, Témoignage" Le dehors et le dedans, deux mondes fracturés en un seul" title=""Bloc 45, Témoignage" Le dehors et le dedans, deux mondes fracturés en un seul" />
     </div>
     <div>
      Un cas isolé ? Non si l'on en croit les exemples - qu'il cite volontiers - de proches ne pouvant se synchroniser avec le monde extérieur sans l'aide d'un étayage offrant l'ancrage rassurant. Ses confidences délivrées droit dans les yeux sont ponctuées de longs silences, autant de pauses méditatives où, recroquevillé sur sa chaise, la tête dans les épaules, il s'extrait du présent de la représentation pour se retirer en lui-même, à la recherche d'un je-ne-sais-quoi.       <br />
              <br />
       Ses efforts d'adaptation continuels à un monde ne répondant pas à ses attendus, il les fait remonter à l'école maternelle où lorsque la maîtresse parlait à tout le monde, il n'était pas évident qu'elle s'adresse à lui. Les souvenirs sont comme des éclats venant faire effraction dans son univers présent. Ainsi de ce concerto de Vivaldi, écouté par sa mère enceinte et réifié par la présence hallucinée derrière lui d'un jeune trompettiste. Ou encore l'histoire d'un fils racontée par un psy, survivant grâce à un drôle de costume à longue queue, une &quot;seconde peau&quot; animale prenant forme humaine…       <br />
              <br />
       Et puis il y a ce secret, enfoui au plus profond des non-dits familiaux, qui va resurgir comme le ferait un suicidé exhumé de la fosse commune, invité à venir habiter l'autre scène au gré d'une étrange cérémonie expiatoire. Resurgit aussi de ce magma en fusion où se bousculent plusieurs strates d'âges différents, le dernier bloc carcéral de la Maison de rétention de Nanterre, le bloc 45, où la tenue marron et les sabots à semelles de bois et dessus en cuir des occupants des cellules revêtaient pour lui le réconfort d'être enfin mis &quot;à l'abri&quot;… <span style="font-style:italic">&quot;Même quand on ne trouve pas sa place, on finit par s'arranger&quot;</span>, sauf que… La dernière interrogation, lancée comme un défi à la face du monde normé, résonne comme un appel humain, profondément humain.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68807528-48318331.jpg?v=1668586511" alt=""Bloc 45, Témoignage" Le dehors et le dedans, deux mondes fracturés en un seul" title=""Bloc 45, Témoignage" Le dehors et le dedans, deux mondes fracturés en un seul" />
     </div>
     <div>
      Ainsi avec une pertinence aiguisée, l'acteur addict des rôles porteurs d'une inquiétante étrangeté (cf. &quot;La Collection&quot; d'Harold Pinter, jouée dans ce même lieu) se fait le porte-voix d'une existence ô combien troublante dont les échos ne sont pas sans trouver en chacun des résonances… Jusque dans l'écriture initiale de la metteure en scène qui, tel le médecin de son roman &quot;Ceux des marais&quot; auscultant à la fois l'intérieur et l'extérieur des êtres, s'emploie d'œuvre en œuvre à explorer les replis de l'âme humaine. Jusques et y compris dans les choix de cet article où ces thèmes de prédilection sont développés à l'envi.       <br />
              <br />
       Habité comme tout un chacun - même si chez lui un effet de loupe existe - par des obsessions récurrentes, tentant d'étayer une vie exposée autant à des dispositions génétiques singulières (l'homme a été qualifié d'&quot;autiste Asperger&quot;) qu'à un environnement éprouvant des difficultés à accueillir des comportements non normés, son histoire &quot;exemplaire&quot; met en jeu les frontières d'une normalité toujours à questionner. L'humain - décidément - ne se donne pas à voir dans ses pleins, mais dans ses déliés. Fou à délier, tel pourrait apparaître in fine le cas de cet homme attachant, notre semblable &quot;augmenté&quot;, faisant front à une assemblée réputée normale, la nôtre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Bloc 45, Témoignage"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68807528-48318336.jpg?v=1668586552" alt=""Bloc 45, Témoignage" Le dehors et le dedans, deux mondes fracturés en un seul" title=""Bloc 45, Témoignage" Le dehors et le dedans, deux mondes fracturés en un seul" />
     </div>
     <div>
      Création 2022.       <br />
       Texte : Virginie Barreteau.       <br />
       Mise en scène : Virginie Barreteau.       <br />
       Avec : Olivier Galinou.       <br />
       Et les jeunes trompettistes : Sacha Cavero et Thibault Vignau (en alternance).       <br />
       Création lumière : Véronique Bridier.       <br />
       Par la Compagnie La Nageuse au Piano.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       Ce spectacle fait partie de la programmation du festival Hors jeu/En jeu, de novembre 2022.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 13 novembre et du 17 au 20 novembre 2022.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à 20 h 30, dimanche à 16 h.       <br />
       Le Lieu sans Nom, Bordeaux, 09 54 05 50 54.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lelieusansnom.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lelieusansnom.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Dates encore à définir.       <br />
       Printemps 2023 : L'Avant-Poste, La Réole (33) ; La Luna Negra, Bayonne (64) ; Le Splendid, Langoiran (33).       <br />
       Début 2024 : Théâtre d'Hendaye (64).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/68807528-48318312.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Bloc-45-Temoignage-Le-dehors-et-le-dedans-deux-mondes-fractures-en-un-seul_a3447.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
