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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-15T15:28:43+02:00</dc:date>
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   <title>"Je ne simule plus" ou comment éviter de payer un coach personnel et se libérer</title>
   <pubDate>Fri, 22 May 2026 08:30:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Une femme cinquantenaire réalise que la moitié de sa vie est déjà derrière elle et décide de parler, de s'adresser à toutes celles qui veulent s'épanouir, mais qui en sont empêchées. Elle a roulé sa bosse, cette femme, et ses "expériences" multiples l'ont largement caparaçonnée en de nombreux points. Pléthore de choses en sont la cause : les hommes qui ne la regardent plus – elle a pris du poids et n'a plus trente ans –, le sexe du samedi soir et ses pratiques plus larges au sein du couple, les enfants bien là, en présence XXL, du matin jusqu'au soir, la ménopause et ce qui précède ou en découle, le besoin d'authenticité, le désir, la vie à deux, la libido, etc.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96665295-67383133.jpg?v=1779374285" alt=""Je ne simule plus" ou comment éviter de payer un coach personnel et se libérer" title=""Je ne simule plus" ou comment éviter de payer un coach personnel et se libérer" />
     </div>
     <div>
      Dans ce one-woman-show au titre racoleur et polysémique, créé en 2024, Audrey Perrin explose littéralement et hurle ce qu'est être une femme de cinquante ans. Elle ne mâche pas ses mots du haut de son humour frontal et sans filtre, loin de là ! Le ton est volontairement assumé, cash et parfois cru, loin pourtant de la provocation vulgaire gratuite ou du trash. La frontière était fine, cela dit, et l'ensemble aurait pu tomber largement dans l'écueil du grivois et de l'indécent. Mais c'était sans compter sans la démarche théâtralement sincère et ô combien expérimentée de la comédienne, et sans son talent… Au Théâtre, une certaine vérité conjuguée à une foi non moins transparente ne laissent jamais le spectateur indifférent.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Je ne simule plus&quot;, Audrey Perrin n'a plus envie de faire semblant. Encore une fois, le titre fonctionne à plusieurs niveaux, et dans cet acte créatif, elle monte sur les planches sans faux-semblants ni tromperie sur quiconque, à commencer par elle-même. Et elle exulte. Le public l'a bien compris, qui, à plusieurs moments, se reconnaît largement, surtout les femmes, bien entendu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96665295-67383138.jpg?v=1779374330" alt=""Je ne simule plus" ou comment éviter de payer un coach personnel et se libérer" title=""Je ne simule plus" ou comment éviter de payer un coach personnel et se libérer" />
     </div>
     <div>
      Entre humour et confession intime, Audrey Perrin parle de toutes ces choses bien souvent tues, sans aucune censure, notamment autour du sexe et de l'acte sexuel. Ce pan intime de chacune et chacun d'entre nous dont on parle du bout des lèvres entre copines, par exemple, mais que l'on transfigure bien fréquemment, afin de dire que les choses &quot;roulent correctement&quot;, alors que bien généralement ce n'est pas le cas.       <br />
              <br />
       Faire bonne figure, parce que le sexe occupe une place importante dans la vie, mais une place pour le moins paradoxale. Ras-le-bol de faire semblant. Alors Audrey Perrin a écrit ses maux intimes de femme, parce que ça va bien maintenant ! Sa coupe est archi-pleine de mots qui sautillent sans relâche comme des popcorns ! Avec Audrey Perrin, on est loin d'un Ovide, certes, pour qui la sexualité conjugale devient un art social, presque une rhétorique du plaisir et de la séduction.       <br />
              <br />
       La comédienne ose dire, avec un humour déjanté et hautement pétillant, ces espaces normés du sexe, de la ménopause ou de la libido et les hurle haut et fort. C'est jouissif… d'une grande maîtrise de jeu, à la frontière du militantisme par moments, et le public rit à gorge déployée.  Entre mimiques et gestuelles d'une grande maîtrise clownesque, la comédienne nous emporte de façon virevoltante. Nos cinquante ans et plus redeviennent nos années de jeunesse, le sexe se partage savoureusement, la ménopause est légère, voire n'a jamais existé.       <br />
              <br />
       Et on rit d'un rire de connivence, de refoulement ou d'un simple rire naturel à travers lesquels la gravité du sujet n'a plus sa place, mais procure un espace de permission collectif salvateur. &quot;Je ne simule plus&quot; au Théâtre du Marais vous soulagera de certaines conventions. Cette femme sur le plateau, c'est sans doute un peu de vous aussi. La pantomime hilarante autour du clitoris ne vous laissera pas de marbre. Celle de l'évocation polysémique de la poitrine non plus, ni celle de l'expérience de la mammographie !       <br />
              <br />
       La musique salsa du début est à l'image de l'ensemble : confidentiellement libératoire et jubilatoire. Gageons toutefois que le message pourrait passer encore davantage si Audrey Perrin parvenait à moduler davantage le ton très aigu de sa voix, et à le tendre quelque peu vers moins de tonalités tonitruantes…       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Je ne simule plus"</b></div>
     <div>
      Texte : Audrey Perrin.       <br />
       Avec : Audrey Perrin.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 1ᵉʳ avril au 24 juin 2026.</span>       <br />
       Mercredi à 19 h 30.       <br />
       Théâtre du Marais, 37, rue Volta, Paris 3ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 71 73 97 83.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.theatredumarais.fr/evenement/audrey-perrin" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatredumarais.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredumarais.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96665295-67383133.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Je-ne-simule-plus-ou-comment-eviter-de-payer-un-coach-personnel-et-se-liberer_a4564.html</link>
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   <title>Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels</title>
   <pubDate>Wed, 08 Apr 2026 07:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Librement adaptée du récit d'Adélaïde Bon, "La Petite Fille sur la banquise", par Pauline Bureau, la pièce suit deux parcours : l'enquête policière et la quête de vérité d'Alma. Cette dernière a été victime d'une agression sexuelle alors qu'elle avait 9 ans. Un viol. Dans l'escalier de son immeuble. Par un inconnu. La pièce commence trente ans après cet événement dont Alma n'a pas de souvenir conscient. L'enquête brise alors le sarcophage de glace où la petite fille puis la jeune femme avaient enfermé ce trauma.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95871048-66922293.jpg?v=1775474193" alt="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" title="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" />
     </div>
     <div>
      Pendant un peu plus de deux heures, nous allons suivre le travail des enquêtrices qui décident de rouvrir un cold-case, une série d'agressions de petite fille dans une rue de Paris, des années auparavant. Une enquête qui les mène sur la piste d'un agresseur en série après la découverte de dizaine de cas semblables. Alma est l'une de ces victimes. Parallèlement à l'enquête, la pièce nous emporte à la suite d'Alma dans la découverte des séquelles qui ont transformé une partie de sa vie en enfer, sans que jusqu'à alors, elle n'en comprenne la cause.       <br />
              <br />
       C'est tout le domaine de l'inconscient, de la mémoire du corps qui est en acte alors. Provoquant insomnies, boulimies, prises de poids, crises d'angoisse… et toutes sortes de mal-être, de difficultés à vivre, de difficultés sociales, de non-dit. Lorsque l'une des enquêtrices annonce à Alma que leur démarche a abouti à l'interpellation d'un homme et que la plainte déposée avec ses parents lorsqu'elle avait 9 ans a été requalifiée en viol sur mineur, la déflagration de cette annonce est telle que tout ce qui entravait sa vie sans qu'elle comprenne pourquoi, déchire soudain le voile impénétrable qui recouvrait ce passé, et libère soudain la parole.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95871048-66922297.jpg?v=1775474236" alt="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" title="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" />
     </div>
     <div>
      C'est par la parole, la possibilité de mettre des mots sur la violence effroyable subie dans l'enfance, qu'Alma parvient à supporter les épreuves du procès du pédocriminel. En finir s'il vous plaît avec le terme pédophile (&quot;qui aime les enfants&quot; étymologiquement) et le remplacer par pédocriminel ! C'est l'un des souhaits que finit par réclamer Alma. Un souhait qui déchire enfin un silence de trente années.       <br />
              <br />
       Le sujet de &quot;Entre parenthèses&quot; est effroyable et délicat. La mise en scène de Pauline Bureau dispose de trois espaces sur scène. D'un côté le bureau des inspectrices, de l'autre la maison d'Alma et, au centre, un espace qui sera plus dévolu à l'intime, le cheminant d'Alma vers ce lieu de silence qui git dans son être. Une scène vaste qui laisse de grands espaces devant un immense mur de fond de scène ; si haut, si large, et qui devient par moment support de projections qui emportent la scène dans la chambre d'enfant ou dans des paysages glaciaux de banquise (en écho à la blessure enfouie). Tous les personnages paraissent étrangement petits dans ces grands espaces.       <br />
              <br />
       L'enjeu de la pièce est sans aucun doute de prendre conscience de la lutte qu'il faut à ces victimes enfant pour se lever chaque jour, se coucher chaque soir, après avoir traversé des jours parfois frappés de troubles, d'angoisses, de mal qui cherchent des appuis, et tiennent debout dans une solitude incassable. Ce sont 72 petites filles qui ont déposé plainte, victimes du même pédocriminel qui a sévi durant trente ans. Dix-neuf témoignent aux assises.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Entre Parenthèses"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95871048-66922298.jpg?v=1775474256" alt="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" title="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" />
     </div>
     <div>
      Texte : Pauline Bureau.       <br />
       Librement adapté de &quot;La Petite Fille sur la banquise&quot; d'Adélaïde Bon (Éditions Livre de poche - mars 2019).       <br />
       Mise en scène : Pauline Bureau.       <br />
       Assistante mise en scène : Clara Haelters.       <br />
       Avec : Sabrina Baldassarra, Salomé Benchimol, Maxime Dambrin, Rébecca Finet, Héloïse Janjaud, Sergio Longobardi, Céline Milliat-Baumgartner, Coraly Zahonero de la Comédie-Française.       <br />
       Scénographie et accessoires : Emmanuelle Roy.       <br />
       Costumes : Alice Touvet.       <br />
       Composition musicale et sonore : Victor Belin et Raphaël Aucler.       <br />
       Vidéo : Clément Debailleul.       <br />
       Lumières : Laurent Schneegans.       <br />
       Collaboration artistique Sabrina Baldassarra.       <br />
       Maquillages et perruques : Françoise Chaumayrac.       <br />
       Cheffe opératrice tournage : Florence Levasseur.       <br />
       Fabrication des décors : Paradis Décors et les ateliers de La Colline.       <br />
       Fabrication des accessoires : les ateliers de La Colline.       <br />
       Durée : 2 h 15.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95871048-66922299.jpg?v=1775474282" alt="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" title="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 27 mars au 19 avril 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       La Colline - Théâtre national, Grand théâtre, 15, rue Malte-Brun, Paris 20ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.colline.fr/fr/manifestation/166/entre_parentheses" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">28 avril 2026 :</span> Scène nationale 61- Alençon-Flers-Mortagne, Flers (61).       <br />
       6 et 7 mai 2026 : Maison des Arts, Créteil (94).       <br />
       17 au 22 novembre 2026 : CentQuatre-Paris, Paris 19ᵉ.       <br />
       13 et 14 janvier 2027 : La Passerelle - Scène nationale, Saint-Brieuc (22).       <br />
       21 et 22 janvier 2027 : Théâtre de Sartrouville - CDN, Sartrouville (92).       <br />
       29 janvier 2027 : Théâtre Roger Barat, Herblay-sur-Seine (95).       <br />
       11 et 12 mars 2027 : Théâtre du Beauvaisis - Scène nationale, Beauvais (60).       <br />
       18 et 19 mars 2027 : Bateau feu - Scène nationale, Dunkerque (59).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95871048-66922293.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-Entre-Parentheses--Pauline-Bureau-prend-a-bras-le-corps-les-blessures-ouvertes-et-les-traumas-causes-par-les_a4524.html</link>
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   <title>"La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon</title>
   <pubDate>Mon, 06 Apr 2026 06:59:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Drame de l'enfermement et des névroses familiales ou sociales, cette pièce de Federico Garcia Lorca – "le pédé au nœud papillon" comme se plaisait à le railler la bourgeoisie réactionnaire franquiste – résonne profondément près d'un siècle après son écriture. Son thème, universel et intemporel, est au cœur de l'intérêt suscité. Mais ici sa "représentation", au travers de la nouvelle traduction de Thibaud Croisy qui en assure aussi la mise en scène et la direction d'actrices, rend encore plus percutant son impact.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917603.jpg?v=1775407326" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Dans un décor sobre au sol uniforme borné par une galerie de colonnes limitant l'espace des joutes à venir, vont s'affronter cinq sœurs soumises à l'impérieuse loi matriarcale et se déchirant entre elles. L'enjeu ? Survivre ! S'opposer aux huit années de deuil décrétées dès la mort du patriarche par Bernarda, leur mère, maîtresse femme, (faussement) pieuse et obscène, obsédée par le qu'en-dira-t-on et opposant un véto péremptoire aux désirs amoureux et/ou sexuels de ses filles. Elle qui, portes et fenêtres murées, entend dorénavant exercer un pouvoir absolu sur son domaine érigé en forteresse. <span style="font-style:italic">&quot;Je n'ai pas raison, ça ne sert à rien la raison. J'ordonne, moi&quot;</span>. Ainsi soit-il.       <br />
              <br />
       Dès l'entrée sur le plateau d'Angustias (l'aînée, <span style="font-style:italic">&quot;la plus moche&quot;</span>, mais la plus riche aussi, ayant hérité naguère d'un autre père, le premier mari de Bernarda), de Magdalena (la fille préférée, la seule qui pleure à l'enterrement du père), d'Amelia, de Martirio (souffrante et le ventre déchiré par l'envie), et d'Adela (la plus jeune, la plus belle et rebelle), une atmosphère lourde de désirs étouffés transpire. Surexposés par les poses délibérément surjouées, croisements de jambes étudiés, tenues seyantes surhaussées par de hauts talons aiguilles, les corps des cinq filles de Bernarda dans leurs postures aguichantes disent (à des degrés différents) ce qui leur est refusé : le droit légitime à jouir de la vie, à jouir tout simplement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917642.jpg?v=1775407379" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Pour compléter cette galerie de portraits exclusivement féminins (même si l'une d'entre elles est interprétée non sans bonheur par un homme, les autres mâles n'étant évoqués qu'au travers de leur absence obsédante ou de qualificatifs bestiaux), il y a aussi La Poncia, au service de Bernarda, &quot;amie&quot; depuis plus de trente ans ; elle, à qui sa patronne rappelle brutalement qu'elle la paie pour servir, elle qui est aussi sa confidente, voire sa conseillère et qui ne rêve que de cracher sur Bernarda (ce qu'elle fait d'ailleurs en son absence, en regardant la salle droit dans les yeux). L'autre domestique, elle, ne sera jamais dénommée que par sa fonction, &quot;servante&quot;. L'une et l'autre maudissant cette maison carcérale qui les nourrit chichement, elles et leurs enfants. L'une et l'autre regardant passer la vie des autres, des femmes qu'elles n'envient aucunement, elles qui pourtant n'ont pour seules richesses que leurs mains… et &quot;un trou qui les attend dans le cimetière&quot;.       <br />
              <br />
       Enfin, il y a la mère très âgée de Bernarda, elle, que l'on enferme dans sa chambre par peur que les voisins ne surprennent sa folie ordinaire. Elle, désinhibée, qui revendique haut et fort le droit d'être amoureuse, de sentir encore la brûlure d'un sexe d'homme en elle (elle relève sa robe et caresse son ventre) et qui se promène avec un chiffon sur l'épaule qu'elle se plait à prendre pour son bébé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917683.jpg?v=1775407432" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Cette atmosphère irrespirable (<span style="font-style:italic">&quot;Ouvre la porte, on étouffe ici&quot;</span>), saturée des frustrations à fleur de peau des demoiselles en mal d'amour et de sexe, va crever comme un abcès à la faveur de la rumeur colportée jusqu'à cet endroit retiré du monde… Le beau et jeune Pepe le Romano ne va-t-il pas convoler avec Angustias (et son héritage), l'aînée des filles n'en revenant pas elle-même d'avoir été l'élue… Dès lors, la jalousie entre les sœurs est portée à son incandescence. Le plateau, devenant champ de bataille, explose de remarques sournoises et d'invectives cruelles (Adela traitant Martirio, rêvant, elle aussi, du grand amour, de &quot;fouille-merde&quot;, après lui avoir jeté à la figure <span style="font-style:italic">&quot;qu'une chose est en train de pourrir en elle et qu'elle va bientôt la faire crever&quot;</span>), insultes violentes à l'envi, redoublées de corps à corps orchestrés en chorégraphies musclées.       <br />
              <br />
       Ce torrent de haine et de fureur se déversant à flux continu ne manquera pas d'être blâmé par Bernarda… la même qui hurle <span style="font-style:italic">&quot;Tuez-la !&quot;</span>, à l'encontre d'une jeune femme du village s'étant fait engrosser par un inconnu. Ce grand écart de Bernarda, des plus grotesques, donne l'occasion à Thibaud Croisy d'éclairer l'hystérie régnante dans un tableau rougeoyant où l'on voit défiler rageuses les sœurs armées d'un râteau, d'une faucille, d'une fourche… mise à part Adela qui, se tenant le ventre plein de l'embryon fœtus, tente de s'opposer à la mise à mort de celle dont sa mère réclame <span style="font-style:italic">&quot;qu'elle soit brûlée par où elle a pêché&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917687.jpg?v=1775407461" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      L'étalon en rut, enfermé dans la remise et faisant trembler les murs de l'édifice de ses coups de sabots répétés, sonne le glas… Il annonce le &quot;mâle&quot; qui s'est abattu sur la maison de Bernarda et de ses filles privées d'hommes, s'entredéchirant à mort. Et lorsque la chute surviendra, les seuls mots prononcés par Bernarda seront : <span style="font-style:italic">&quot;La fille de Bernarda est morte vierge. Vous m'avez entendue ? Silence, j'ai dit Silence !&quot;.</span> Un cri à la hauteur de son impuissance…       <br />
              <br />
       Drame individuel, social et politique, &quot;La maison de Bernarda Alba&quot;, écrite en 1936, fait effraction dans notre contemporanéité au travers de cette représentation traversée de part en part par les pulsions vitales mises sous couvercle. Thibaud Croisy et ses interprètes à l'unisson ont su splendidement transcender ce manifeste libertaire de Federico Garcia Lorca, fusillé par les sbires de Franco, pour questionner notre rapport présent aux injonctions liberticides. Les pulsions sexuelles des protagonistes crèvent le plafond des conventions – encore visibles dans les traces déliquescentes de l'ordre moral judéo-chrétien – au travers de leur incarnation dans des actrices surjouant délibérément l'option sexe.       <br />
              <br />
       Et même si les coups de boutoir répétés des cinq sœurs travaillées par le désir auront pour prix la mort de celle qui avait précisément eut l'audace de transgresser l'ordre établi, ils ébranleront – bien au-delà de la canne brisée de la tenancière des lieux – l'édifice forclos du monde selon Bernarda Alba… Un vrai &quot;plaisir des sens&quot; auquel nous, spectateurs, sommes conviés… en toute impunité.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 25 mars 2026, Grande Salle Vitez du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine à Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La maison de Bernarda Alba"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917717.jpg?v=1775408251" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Création le 4 mars 2026 à La Filature (Mulhouse).       <br />
       Texte : Federico García Lorca.       <br />
       Nouvelle traduction : Thibaud Croisy et Laurey Braguier (publiée chez L'Arche éditeur - février 2026).       <br />
       Mise en scène : Thibaud Croisy.       <br />
       Avec : Elsa Bouchain, Charlotte Clamens, Helena de Laurens, Céline Fuhrer, Michèle Gurtner, Emmanuelle Lafon, Frédéric Leidgens, Lucie Rouxel, Laurence Roy, Hélène Schwaller.       <br />
       Scénographie : Sallahdyn Khatir.       <br />
       Lumières : Caty Olive.       <br />
       Son : Manuel Coursin.       <br />
       Costumes : Angèle Micaux.       <br />
       Collaboration artistique : Élise Simonet.       <br />
       Régie générale : Thomas Cany ou Raphaël de Rosa.       <br />
       Régie son : Romain Vuillet ou Tom Balay.       <br />
       Régie Plateau : Maureen Cléret.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 25 au 28 mars 2026 au tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine à Bordeaux (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 au 17 avril 2026 :</span> T2G – CDN, Gennevilliers (92).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95855748-66917603.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-maison-de-Bernarda-Alba-Une-mise-en-demeure-adressee-a-ses-filles-le-sexe-maudit-a-jamais-la-claustration-comme_a4522.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire</title>
   <pubDate>Thu, 19 Mar 2026 18:56:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pauvre Bébé ! Comment une (plus toute) jeune femme a-t-elle pu tomber dans les bras d'un kéké queutard dont le principal talent semble résider dans les oscillations de son bassin se balançant au rythme de la musique funk dont il est accro ? Elle en fera dans l'instant son Doudou d'amour… et, lui, son Bébé à ses genoux, et plus si affinités… Loin de l'histoire à la guimauve à laquelle le titre pourrait laisser penser (sauf si l'on a déjà été en contact avec l'univers dramatique de Solenn Denis), "Bébé et Doudou" – deux mots qui vont bien ensemble – ouvre… vers une descente aux enfers orchestrée sur fond de funk.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95442719-66749681.jpg?v=1773857470" alt=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" title=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" />
     </div>
     <div>
      Cheveux plaqués et mine du parfait satisfait (de lui-même), couvant des yeux la platine où il fait succéder les vinyles des stars de la funk, il commente avec emphase l'objet de ses transes… La funk ? C'est le diapason de l'humanité, une promesse de liberté… pas celle des pancartes des manifs brailleuses, mais celle joyeuse de Kool &amp; The Gang et autres groupes de disco funk dont il égrène les noms, comme d'autres les perles de leur chapelet. Joignant le geste à la parole, il se lance dans un numéro exalté où le balancement frénétique des hanches, l'expression extatique du visage, confirment le lieu où il place sa fureur de vivre.       <br />
              <br />
       Face à lui, une femme épuisée de solitude n'a d'yeux que pour lui… Il a posé son regard sur elle ! Elle, qui l'instant d'avant se sentait invisible, enveloppée de la nuit épaisse qui la recouvrait, se sent, comme sous l'effet d'un philtre, extraordinairement vivante… Encore un brin lucide, elle se dit que ce n'est pas la beauté plastique de l'homme qui l'attire, mais ce quelque chose d'animal qui se dégage de sa présence, l'odeur magnétique de sa sueur. <span style="font-style:italic">&quot;Je veux qu'il m'embrasse, me sorte de la masse&quot;…</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95442719-66749693.jpg?v=1773857588" alt=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" title=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" />
     </div>
     <div>
      Et lorsque Doudou introduira, sans préliminaire, sa langue dans la bouche de Bébé, c'est dans son cœur qu'elle pénétrera… enfin pas que… si l'on en croit la décharge électrique qu'elle ressent dans son vagin. Le tableau suivant (le temps du théâtre n'a pas d'épaisseur) les retrouvera entrelacés au sol dans une posture donnant la mesure de l'intensité de leurs ébats (amoureux ? Elle, oui)… jusqu'à ce qu'une mystérieuse petite culotte, échappée inopinément de la poche du pantalon de Doudou, s'invite dans le jeu à deux. Lui, avec l'aplomb de ceux que rien ne désarme, rira de la situation en prétendant qu'elle ne se souvient plus que c'est la sienne, elle dont la garde-robe en regorge… Mauvaise foi si tranquille qu'elle est de nature à faire vaciller la raison de celle qui, viscéralement, doute d'elle-même.       <br />
              <br />
       Harold Searles, psychanalyste américain, a écrit naguère un essai au titre évocateur restant d'actualité : &quot;L'effort pour rendre l'autre fou&quot;… Le processus de déstabilisation, celui de la force du déni versus réalité, est enclenché avec son cortège de récompenses sucrées succédant sans transition à des reproches acides sapant l'estime de soi, déjà ébranlé, de Bébé. Des compliments sirupeux accompagnés de douches glaciales la désarçonneront.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95442719-66749694.jpg?v=1773857614" alt=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" title=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" />
     </div>
     <div>
      Les tableaux suivants alterneront actions, propos échangés sur scène et pauses au micro où chacun des protagonistes tour à tour confiera les pensées qui le traversent, éclairant la problématique de chacun. Lui : <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi elle me fait penser à Margaret Thatcher ? La dame de fer, la casse-couilles…&quot;.</span> Elle : <span style="font-style:italic">&quot;Tombée inerte et personne pour me relever… Est-ce que j'existe quand je suis seule ?…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Plus Doudou se montrera odieux, plus il lui dira qu'il ne peut vivre sans elle, allant jusqu'à la supplier de l'épouser. À ses plaisanteries – <span style="font-style:italic">&quot;Tu glousses comme une pintade&quot;</span> –, elle rira, par politesse, ne pouvant affronter un seul instant l'idée qu'il puisse l'abandonner… Le dénigrement au quotidien ira crescendo, parallèlement Doudou compensera par les aveux de sa jalousie (réelle et/ou feinte), lui qui est fou d'elle au point de remettre en question les sorties de Bébé, car <span style="font-style:italic">&quot;les mecs sont des chacals rêvant d'exposer, comme des trophées sur le rebord de la cheminée, les chattes empaillées de leurs plus belles prises&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Les mécanismes de l'emprise refermant leurs mâchoires sur la victime en quête vitale de reconnaissance, sur fond de musiques électrisantes, les conduiront vers la chute annoncée dès leur rencontre… De Charybde en Scylla, Bébé aura à ravaler toutes ses aspirations pour n'être plus qu'une outre vidée d'elle-même, devenue l'objet de Doudou avec lequel il jouera, jouira, comme le gros matou avec la petite souris… Sauf que, à certains moments, si manipulateur soit-il, lui-même pris à son propre piège, on peut se demander s'il n'existe plus que grâce au jeu dont il est le maître… et l'esclave à la fois.       <br />
              <br />
       Un élément déclencheur, sous la forme d'un aperçu d'écran &quot;éclairant&quot; l'une des nombreuses relations féminines de Doudou, précipitera l'action vers son dénouement. Un dénouement en plusieurs temps et mouvements. Un premier verra Bébé s'émanciper sous le choc de la révélation, le second la verra s'effondrer face au vide béant s'ouvrant à ses pieds, avant que, dans un troisième temps, le pire ne pointe son nez. Quant au final, à l'image de la vraie vie dont un extrait est &quot;projeté&quot; en voix off, il est – on s'en doutera – peu compatible avec un happy end.       <br />
              <br />
       Construit comme un thriller dopé aux vibrations de la funk, troué d'arrêts sur images – sous la forme des voix au micro – faisant entendre les pensées de chacun, ce road-movie immobile d'un couple où la femme sous influence court à sa perte annoncée, fait figure de tableau &quot;vivant&quot;… celui mortifère de l'emprise destructrice d'un &quot;mâle&quot; endémique. L'enfermement, un sujet de prédilection pour le Collectif Denisyak et son autrice metteuse en scène, Solenn Denis, experts en la matière (Cf. le très remarquable &quot;SStockholm&quot;, et &quot;Sandre&quot;). Un moment de théâtre intense, pour les spectateurs.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 6 mars 2026 au Glob Théâtre à Bordeaux (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Bébé et Doudou"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95442719-66749701.jpg?v=1773857643" alt=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" title=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" />
     </div>
     <div>
      Texte : Solenn Denis.       <br />
       Mise en scène : Collectif Denisyak.       <br />
       Avec : Olivia Corsini et Erwan Daouphars.       <br />
       Lumière : Fabrice Barb       <br />
       Par le Collectif Denisyak.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 4 au 6 mars 2026 au Glob Théâtre de Bordeaux (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       11 mars 2026 : Amis du Théâtre Populaire (ATP), Théâtre Auditorium, Poitiers (86).       <br />
       <span class="fluo_jaune">26 mars 2026 :</span> ATP, Atrium, Dax (40).       <br />
       <span class="fluo_jaune">28 mars 2026 :</span> ATP, Théâtre des Bastides, Villefranche-de-Rouergue (12).       <br />
       <span class="fluo_jaune">31 mars 2026 :</span> ATP de l'Aude, Théâtre Na Loba, Pennautier (11).       <br />
       2 avril 2026 : ATP, Ancien Évêché, Uzès (30).       <br />
       3 avril 2026 : ATP, Théâtre de l'Odéon, Nîmes (30).       <br />
       21 avril 2026 : Le Théâtre - Scène conventionnée d'intérêt national, Thouars (79).       <br />
       24 avril 2026 : ATP, Théâtre de la Maison du Peuple, Millau (12).       <br />
       26 mai 2026 : ATP, Théâtre, Roanne (42).       <br />
              <br />
       <b>Du 4 au 25 juillet 2026.</b>       <br />
       <b>À 13 h 25 (relâche le vendredi) au Théâtre 11 d'Avignon (84), dans le cadre du Festival Off.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95442719-66749681.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Bebe-et-Doudou-Mais-que-diable-Bebe-allait-elle-faire-dans-cette-galere-Une-histoire-simple-celle-de-l-emprise_a4506.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-95130228</guid>
   <title>"Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…</title>
   <pubDate>Sat, 07 Mar 2026 07:31:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Création multidisciplinaire, sujette à une indéniable identification à la sphère féminine et, ici, en plus, à l'idéal féministe associant une figure emblématique, au sens référentiel et constructif du terme, que peut être Gisèle Halimi et une musicienne, comédienne, chanteuse, puissante et exigeante, aux convictions affirmées, qu'est Estelle Meyer. Pour cette dernière, Gisèle est une compagnonne de lutte, une marraine rêvée, indispensable au cœur de la sororité des combattantes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95130228-66620376.jpg?v=1694863989" alt=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" title=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" />
     </div>
     <div>
      Commence un petit monologue sur l'autre, le contact, la relation, la fragilité, la naissance, la mise au monde… Trinquer à la vie, niquer la fatalité. Puis Estelle Meyer nous emmènera dans l'histoire de l'avocate franco-tunisienne, dans un premier temps de l'enfance à l'adolescence (notamment sont narrées la grève de la faim de Gisèle pour se libérer du patriarcat familial ou la &quot;première fois&quot; racontée sans tabou, ni vulgarité). Puis, dans le chemin suivi à l'âge adulte. Estelle agrémente le récit de ses chansons (créées pour le spectacle) et d'un judicieux basculement entre l'incarnation de l'avocate féministe et les expressions tout autant empreintes de féminisme de l'artiste.       <br />
              <br />
       Moment charnière dans le spectacle, la séquence du procès d'Aix-en-Provence en 1978 où Gisèle Halimi défend deux femmes homosexuelles violées dans les Calanques à Marseille. Débats autour du mot consentement. Ce sont les femmes qui doivent se défendre pour dire qu'elles n'ont pas consenti, qui doivent faire reconnaître leur droit à dire non. Y a-t-il consentement quand la violence initiale a été reconnue ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95130228-66620377.jpg?v=1694864013" alt=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" title=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" />
     </div>
     <div>
      Ce procès &quot;retentissant à l'époque&quot;, qui sera &quot;LE&quot; procès du viol, mais aussi celui du début de la lente déconstruction du tabou de l'homosexualité (malheureusement non finalisée), contribuera à faire reconnaître par la loi le viol comme un crime passible des assises. Deux ans après, la loi du 23 décembre 1980 pénalise pour la première fois le crime de viol et le redéfinit au-delà de la seule relation vaginale imposée. C'est désormais &quot;l'acte de pénétration&quot; qui le caractérise.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;L'enjeu est très important,</span> expliquait alors l'infatigable combattante pour la cause des femmes, <span style="font-style:italic">ce n'est pas un procès de viol l'enjeu, ce n'est pas une condamnation ou un acquittement, l'enjeu, c'est changer les rapports fondamentalement entre les hommes et les femmes&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Estelle Meyer a indéniablement le sens de la scène, jouant de multiples postures et figures chorégraphiques – remarquablement &quot;scénographiées&quot; – avec, à la fois, une grande précision et une indépendance espiègle. Ses mouvements, ses déplacements, ses pas de danse sont souples, fluides, sensuels et félins. Artiste aux multiples talents, sa voix, riche d'énergie et de tonalités dynamiques, s'amuse avec facilité et avec une grande maîtrise tant des chansons qu'elle a composées que des monologues ou harangues féministes qu'elle projette avec enthousiasme et une certaine &quot;joie&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Niquer la fatalité&quot; est une incarnation délurée, enthousiaste, énergique, vraiment rock'n'roll de la cause des femmes, passée et à venir, par une artiste exceptionnelle, capable de tout, abordant tous les sujets la touchant, du sexe à la philosophie en passant par une forme d'incandescente spiritualité. Un parti pris libre, indépendant, hors normes et hors des cadres habituels du théâtre, pour trouver une nouvelle liberté, féminine, sans contrainte, pour exprimer la conviction profonde d'une artiste et femme jusqu'au bout des tréfonds de l'âme et des sensibilités du corps.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Entendez-vous le chant des femmes/entendez-vous gronder nos âmes/sortir nos cœurs, nos chants, nos armes/jaillissent nos sœurs emplies de flammes/nous sommes debout, nous sommes les femmes/nous ne voulons plus de ce monde infâme/il faut que sonne la fin du drame/que s'aiment enfin les hommes et les femmes…&quot;</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Niquer la fatalité, chemin(s) en forme de femmes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95130228-66620378.jpg?v=1694864039" alt=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" title=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" />
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      Conception, texte et jeu : Estelle Meyer.       <br />
       Mise en scène et dramaturgie : Margaux Eskenazi.       <br />
       Composition musicale : Estelle Meyer, Grégoire Letouvet, Pierre Demange.       <br />
       Arrangements musicaux : Grégoire Letouvet et Pierre Demange.       <br />
       Création lumière : Pauline Guyonnet.       <br />
       Création costumes : Colombe Lauriot Prévost.       <br />
       Scénographie : James Brandilly.       <br />
       Chorégraphie : Sonia Al Khadir.       <br />
       Piano, clavier : Grégoire Letouvet en alternance avec Thibault Gomez.       <br />
       Batterie, percussions : Pierre Demange en alternance avec Maxime Mary.       <br />
       Régie son et direction technique : Thibaut Lescure en alternance avec       <br />
       Guillaume Duguet.       <br />
       Régie lumière : Pauline Guyonnet en alternance avec Fanny Jarlot.       <br />
       Collaboration, accompagnement et développement : Carole Chichin.       <br />
       Création Printemps 2023.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
       Production : Phénomènes.       <br />
       Coproduction : La Familia.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95130228-66620379.jpg?v=1694864365" alt=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" title=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" />
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      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">8 mars 2026 :</span> Sud-Est Théâtre, Villeneuve-Saint-Georges (94).       <br />
       <span class="fluo_jaune">10 mars 2026 :</span> Le Moulin du Roc - Scène nationale, Niort (79).       <br />
       <span class="fluo_jaune">12 et 13 mars 2026 :</span> La Blaiserie, Poitiers (86).       <br />
       <span class="fluo_jaune">20 mars 2026 :</span> L’espace culturel Odyssée/L’Autre Rive, Eybens (38).       <br />
       Du 2 au 11 avril 2026 : Théâtre des Bouffes du Nord, Paris 10e.       <br />
       23 juillet 2026 : L’Astrolabe Grand-Figeac, Figeac (46).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Niquer-la-fatalite-Dialogue-avec-Gisele-Halimi-Comme-un-parcours-initiatique-pour-devenir-femme_a4496.html</link>
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