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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-13T20:09:25+02:00</dc:date>
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   <title>"Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…</title>
   <pubDate>Wed, 17 Apr 2024 16:32:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "La cérémonie", c'est ainsi que Solange et Claire, les deux bonnes inventées par Jean Genet, dénomment ce qui les fait échapper à leur condition de domestiques, cloîtrées dans une maison bourgeoise sans autre horizon d'attente que celui offert par leurs fantasmes. En effet, dans ce lieu vécu comme carcéral, leur seule évasion possible prend la forme d'un jeu exaltant : le meurtre – projeté sur l'écran de leurs jours sans fin – de Madame, leur patronne, qu'elles haïssent autant qu'elles l'envient…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79588129-57620928.jpg?v=1713365943" alt=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" title=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" />
     </div>
     <div>
      Pour incarner au plateau cet enfermement physique et mental, Mathieu Touzé a confié à son complice à l'identité troublante, Yuming Hay (l'Herculine d'&quot;Herculine Barbin&quot; vu sur cette même scène du TnBA) le soin d'orchestrer dans le rôle de Madame les identités elles-mêmes flottantes de Solange et Claire, les deux sœurs fondues dans la même problématique.       <br />
              <br />
       Mais qu'on ne s'y trompe pas… Lorsque la scène s'éclaire, baignant d'une aveuglante lumière violette une estrade accueillant en parfaite symétrie deux coiffeuses et leurs fauteuils, une commode semblant flotter dans l'air et, en arrière-plan, un portique où les robes de Madame sont accrochées comme des peaux à enfiler, nos yeux sont d'emblée dessillés : on est bien au théâtre… mais pas dans un théâtre bourgeois qui se repaitrait à l'envi d'une réalité sordide. Ce qui va être joué, n'est pas un drame à la papa ourdi d'une morale d'avance convenue, mais bien un conte déjanté où la fantaisie débridée le dispute à la cruauté humaine.       <br />
              <br />
       D'ailleurs la traversée du plateau par le laitier, nu comme un ver et prenant tout son temps pour exhiber au passage ses attributs, rajoute une touche supplémentaire au tableau ci-dessus : exit toute représentation académique qui, a fortiori, détonnerait avec la personnalité de Jean Genet, auteur de cette pièce écrite en 1947 pour sa première version, et en 1968 pour sa forme définitive.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79588129-57620936.jpg?v=1713365980" alt=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" title=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" />
     </div>
     <div>
      Quant aux deux sœurs, mues l'une et l'autre par un ressort mécanique empruntant au vivant ses mouvements stéréotypés consistant à vouloir, coûte que coûte, échapper à leur condition en développant un imaginaire façonné par des rêves de pacotille, elles vont se lancer dans des jeux de rôles à faire douter de qui elles sont le nom.       <br />
              <br />
       Claire &quot;est&quot; d'abord Madame, se pomponnant devant sa coiffeuse en vilipendant Solange, ayant gardé, elle, son statut de servante, mais pas son identité puisqu'elle &quot;est&quot; devenue sa sœur, Claire… Tandis que Solange-Claire dispose au pied du petit autel de la vierge et aux pieds de Madame des ribambelles de fleurs et de buis béni, Claire-Madame, ayant parfaitement intégré son nouveau rôle de bourgeoise hautaine, égraine un chapelet de remarques fleuries sur les gants de cuisine qui souillent sa chambre, sermonne crûment sa servante d'avoir osé cracher sur ses escarpins vernis pour les faire briller, bref brosse un portrait en 3D de leur maîtresse absente.       <br />
              <br />
       D'ailleurs, Claire-Madame se prend si magnifiquement au jeu qu'elle ira jusqu'à s'embrouiller en disant à Solange-Claire qu'elle a dénoncé Monsieur à la police, mélangeant son rôle de Madame avec sa réalité de bonne rêvant de l'assassiner… Comme si les identités se floutaient en se recouvrant dans un fondu-enchaîné de cinéma, le jeu théâtral n'étant pas encore suffisamment intégré pour subvertir les je identitaires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79588129-57620996.jpg?v=1713366011" alt=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" title=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" />
     </div>
     <div>
      Ce psychodrame grandeur nature, joué de manière fort appuyée, aura pour effet de libérer chez Solange-Claire des paroles venues du tréfonds de leur position de servantes haïssant ce qui leur est refusé : l'objet de leur désir incarné superbement par leur maîtresse dépositaire de la beauté et de la grâce des riches oisives. Crachant sur la robe rouge revêtue par sa sœur, elle tonitrue alors : <span style="font-style:italic">&quot;Je hais votre poitrine pleine de souffles embaumés. Votre poitrine d'ivoire ! Vos cuisses d'or ! Vos pieds d'ambre ! Je vous hais !&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Tout en étant &quot;en représentation&quot;, les deux sœurs se tendent en effet un miroir effrayant, un miroir sans tain où elles se voient telles qu'elles ne peuvent souffrir d'être : des bonnes réduites à être des souillons, des méprisables pouilleuses… <span style="font-style:italic">&quot;Pour vous servir Madame… Je retourne à ma cuisine. J'y retrouve mes gants, le rot silencieux de l'évier. Vous avez vos fleurs, j'ai mon évier. Je suis la bonne&quot;.</span> Perspective insupportable qui a pour effet de déclencher chez Solange-Claire la pulsion meurtrière de mimer (?) l'étranglement du cou fragile de Claire-Madame… lorsque la sonnerie du réveil l'interrompt, annonçant le retour de la vraie Madame et, avec elle, la fin du jeu de rôles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79588129-57621007.jpg?v=1713366036" alt=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" title=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" />
     </div>
     <div>
      Claire enfilant alors sa robe noire informe de servante, rendues à elles-mêmes, elles creuseront non sans une certaine délectation ce qui les &quot;travaille&quot; le plus chez Madame… Ce n'est pas sa morgue… mais l'amour qu'elle dit leur porter, <span style="font-style:italic">&quot;Elle nous aime comme la faïence rose de ses latrines, comme son bidet… C'est facile d'être bonne, et souriante, et douce quand on est belle et riche ! Mais être bonne quand on est une bonne !&quot;.</span> Tout est dit de cette &quot;ran-cœur&quot; mortelle, mâtinée des élans d'Éros les faisant divaguer (outre le laitier entrevu) sur les attraits de Monsieur envoyé derrière les verrous suite à leurs lettres de dénonciation… dans le dessein de pouvoir, le soir venu dans leur obscure chambrette, fantasmer le suivre au bagne dans un voyage sans retour.       <br />
              <br />
       Les deux comédiennes, l'une criarde, l'autre pas, rêvant d'être ce couple éternel du criminel et de la sainte cher à Jean Genet, exulteront. Tombant dans les bras l'une de l'autre, chantant joyeusement – car <span style="font-style:italic">&quot;l'assassinat est une chose inénarrable&quot;</span> – elles se lancent à corps perdus dans un numéro de music-hall débridé, la salle entière sous les spots clignotant étant transformée en cabaret.       <br />
              <br />
       Quant à l'arrivée de Madame, hystérique magnifique incarnée superbement par Yuming Hay surjouant à l'envi les faux pleurs, réelles minauderies et rires surfaits de cette bourgeoise puante de vanité, exhibant en tenue légère surhaussée de talons aiguilles sa supériorité de classe (à défaut d'en avoir), elle fera littéralement sensation…. En effet, le parti pris affiché par Mathieu Touzé de convoquer tous les attraits du voguing parodiant les postures et manières d'une certaine prétendue élite, éclate ici de vérité… théâtrale.       <br />
              <br />
       Madame qui les tue avec sa douceur (affectée), ses fleurs (fanées) qu'elle leur offre, ses robes (dont elle ne veut plus) et sa bonté (simulée) qui les empoisonne, distille chez les deux sœurs le poison entêtant qu'en tant que domestiques elles n'appartiennent pas à l'humanité… leur devoir étant alors d'empoisonner &quot;pour de vrai&quot; Madame, unique objet de leur attraction-répulsion. D'où le meurtre joué et rejoué à l'envi, allant même jusqu'à nous faire croire que Solange tue de ses mains Claire-Madame avec enterrement, discours et jouissance de la criminelle à la clef. Jusqu'à la chute où le jeu morbide ne se suffisant plus, &quot;la vie&quot; prendra le pas sous la forme d'une tasse de mixture mortelle bue sciemment par l'une des sœurs faisant – enfin – corps avec le désir d'être celle qu'elles ont détesté faute de pouvoir être elle.       <br />
              <br />
       Le parti-pris de Mathieu Touzé de s'entourer de comédiens complices de sa propre &quot;représentation des Bonnes&quot; pour, dans une scénographie à l'unisson, créer une comédie grinçante aux allures déjantées, peut irriter (côté outrancier d'un boulevard de seconde zone)… ou au contraire séduire par un second degré de haut vol pour peu que l'on se laisse prendre par la charge subversive de sa proposition. Pour notre part, nous avons été de ceux sous le charme.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 9 avril dans la Salle Vauthier du TnBA de Bordeaux (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Bonnes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79588129-57621423.jpg?v=1713367539" alt=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" title=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Genet (aux Éditions Gallimard).       <br />
       Mise en scène et scénographie : Mathieu Touzé.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Hélène Thil.       <br />
       Avec : Yuming Hey, Élizabeth Mazev, Stéphanie Pasquet, Thomas Dutay.       <br />
       Chorégraphie et costumes : Mathieu Touzé.       <br />
       Éclairagiste : Renaud Lagier.       <br />
       Régisseur général : Jean-Marc L'Hostis.       <br />
       Production : Collectif Rêve Concret.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 9 au vendredi 12 avril 2024 au TnBA à Bordeaux (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 14 au 16 mai 2024 : Théâtre de la Manufacture - CDN Nancy Lorraine, Nancy (54).       <br />
       30 mai 2024 : Maison de la Culture, Nevers (58).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/79588129-57620928.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Bonnes-Une-ceremonie-tres-theatrale-aux-identites-e-mouvantes_a3883.html</link>
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   <title>•Off 2022• "Les Bonnes" de Genet, dans une mise en scène épurée et charnelle, un rituel de vie et de mort</title>
   <pubDate>Wed, 29 Jun 2022 06:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2022]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Devenue un grand classique du théâtre contemporain, la pièce de Jean Genet est montée régulièrement, mais elle est surtout étudiée à l'école ou travaillée en classe de comédie. C'est un huis clos édifiant où deux sœurs, les Bonnes, dans une sorte de longue cérémonie sensuelle et macabre, fomentent le meurtre de Madame, leur maîtresse. Cérémonie où le théâtre joue à plein puisque dès la première scène, elles échangent leurs rôles ou bien interprètent celui de Madame et se jouent l'une avec l'autre des scénettes qui transgressent leur quotidien. Il y a Solange, il y a Claire, mais Claire est dans la peau, les attitudes et les robes de Madame, tandis que Solange répond au nom de Claire. Les cartes sont brouillées.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65696553-46816257.jpg?v=1656400639" alt="•Off 2022• "Les Bonnes" de Genet, dans une mise en scène épurée et charnelle, un rituel de vie et de mort" title="•Off 2022• "Les Bonnes" de Genet, dans une mise en scène épurée et charnelle, un rituel de vie et de mort" />
     </div>
     <div>
      Cartes brouillées pour le public, mais aussi jeu de rôles périlleux pour les deux sœurs qui s'égratignent l'une l'autre, jusqu'à se griffer le cœur, prises au jeu libérateur qu'elles mettent en œuvre. Mais Genet n'use pas de ce stratagème uniquement dans un but dramatique. En changeant de rôle, en changeant de nom, les deux bonnes ne sont plus alors que des fonctions, comme Madame que l'on n'appelle jamais que sous ce titre. Bonnes, elles sont, des servantes aux ordres, asservies, interchangeables et anonymes pour les bourgeois, comme des machines - d'ailleurs Madame ne cesse pas de les confondre l'une et l'autre.       <br />
               <br />
       Genet trace ainsi les résurgences de la colère née de l'humiliation, de la négation de ces deux sœurs. Sœurs déjà, elles sont depuis leurs naissances le miroir l'une de l'autre, bonnes, elles ne se définissent que par rapport à leur maîtresse. Une colère qui se transforme en haine, qui murit en désir de révolte et qui se développe en haine, en meurtre. Pourtant, les deux caractères sont complémentaires, mais très différents. L'une, la plus jeune, est plus provocatrice, extrémiste, elle domine sa sœur qui semble plus concrète, plus réaliste et plus sensible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65696553-46816259.jpg?v=1656400674" alt="•Off 2022• "Les Bonnes" de Genet, dans une mise en scène épurée et charnelle, un rituel de vie et de mort" title="•Off 2022• "Les Bonnes" de Genet, dans une mise en scène épurée et charnelle, un rituel de vie et de mort" />
     </div>
     <div>
      Tout est symbole, image, projection dans la pièce de Genet. On s'en rend immédiatement compte dans la mise en scène déviée du réel de Bea Gerzsenyi. C'est de jeu de pouvoir, de soumission, de réaction, de violence et d'intérêt qui se décline sur tout le fil dramatique de la pièce. Et c'est surtout le temps présent qui tend toute l'attention. Le spectateur, dès les premières minutes, est plongé dans une scène qui a commencé bien avant, et tous les enchaînements se feront sur ce mode imprévisible. Il n'y a pas de suspens, pas de scénario dont on attend la suite avec curiosité, impatience ou peur. C'est un moment présent qui ne cesse de s'enfanter lui-même à chaque minute, à chaque scène.       <br />
               <br />
       En cela, Claire et Solange sont enfermées dans un système qu'elles créent et qui les recrache perpétuellement. Car elles sont finalement des êtres sans identité propre, elles en changent d'ailleurs sans cesse, l'une devenant l'autre ou Madame, leur maîtresse. Maîtresse dans tous les sens du terme : celle qui domine ou celle qui nous possède et que l'on possède en retour. Des êtres qui n'ont pas leur place propre non plus dans cette machine qu'est la société. Elles sont une fonction, des bonnes, mais elles n'existent que parce que Madame existe, elles ne font que ce que Madame exige d'elles.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Bea Gerzsenyi propulse Claire et Solange, les deux bonnes, dans un monde à l'opposé de tout réalisme. L'univers de l'appartement est symbolisé par une moquette bleu roi, des meubles rendus presque organiques à cause de leurs matières couleur de chair et un immense miroir sans tain, coupant comme la lame d'une guillotine (image de la menace de la justice, mais aussi de l'extase dans le sacrifice). Les deux interprètes évoluent dans cet espace comme des jouteurs dans l'arène.       <br />
              <br />
       Même lorsqu'elles sont à distance l'une de l'autre, même séparée par les reflets juxtaposés de leurs visages dans le miroir sans tain, c'est à un corps-à-corps auquel elles nous convient : Sabrina Bus, Solange, forte d'une androgyne autorité, est d'une justesse, d'une âpreté presque palpable, ses phrases, comme ses étreintes aussi brulantes que la glace, Grace Lynn Mendes, Claire, est l'autre face de sa sœur, féminine, écorchée, tremblante, elle est la sensible part de victime de ce couple qui, assemblé, donne une idée du monstre qui se cache en l'humain. Et cette danse dangereuse est magnifiée par la superbe langue de Genet.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Bonnes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65696553-46816260.jpg?v=1656400699" alt="•Off 2022• "Les Bonnes" de Genet, dans une mise en scène épurée et charnelle, un rituel de vie et de mort" title="•Off 2022• "Les Bonnes" de Genet, dans une mise en scène épurée et charnelle, un rituel de vie et de mort" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Genet.       <br />
       Mise en scène : Bea Gerzsenyi.       <br />
       Avec : Sabrina Bus, Grace Lynn Mendes.       <br />
       Scénographie : Pierre Lepretre sur une idée de Bea Gerzsenyi.       <br />
       Costumière : Kata Őry.       <br />
       Compositeur : Damien Domenget.       <br />
       Création lumière : Antoine Longère.       <br />
       Prodution La Caucasienne.       <br />
       Coprod : La Compagnie Véhicule.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
       À partir de 11 ans.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 au 28 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 14 h 35, relâche le mardi.       <br />
       Espace Alya, Salle D, 31 bis, rue Guillaume Puy, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 27 38 23.       <br />
       <a class="link" href="https://www.alyatheatre.com/accueil" target="_blank">&gt;&gt; alyatheatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/65696553-46816257.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Les-Bonnes-de-Genet-dans-une-mise-en-scene-epuree-et-charnelle-un-rituel-de-vie-et-de-mort_a3313.html</link>
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   <title>•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon</title>
   <pubDate>Fri, 02 Jul 2021 08:48:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2021]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Comme l'annonce Christophe Lidon, directeur du CADO et metteur en scène de la pièce, en préambule à sa plaquette de saison : "Mademoiselle Julie" s'est fait attendre… La première de la pièce était prévue il y a six mois, le 20 mars 2020, quelques jours après le début de l'interdiction de toutes représentations sur la France. Après ce long sommeil, cette étrange belle au bois dormant surgit pour une nuit de la Saint-Jean bondée d'ivresse, de danses et de folies.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57461408-42568073.jpg?v=1600421479" alt="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      Aussi bien dans le décor qu'il a créé que dans les trajectoires des personnages, Christophe Lidon met en place une géométrie de l'inéluctable. Quatre immenses panneaux blancs encadrent l'espace de jeu : la cuisine de la maison où va se dérouler toute l'action. Sur ces panneaux, les projections successives créées par Léonard vont imager les différents extérieurs, et faire évoluer l'ambiance. À noter les très belles chorégraphies de Maud Le Pladec que le travail de vidéaste de Léonard transcende. On y voit dès les premières secondes du spectacle, le &quot;bal&quot; de la Saint-Jean où les couples s'attisent, où les corps se dissolvent dans la chaleur de cette nuit lunaire.       <br />
              <br />
       La cuisine, un peu à l'écart de cette fête sensuelle où le petit peuple s'affranchit de tout, est comme un îlot de calme, les coulisses d'un spectacle. C'est aussi le domaine de Christine, la cuisinière, la promise de Jean. Avec Julie, ce sont les deux seuls personnages de la pièce. Un triangle qu'on ne peut pas dire amoureux, point de romantisme ni dans le couple formé par Christine et Jean, ni dans le rapport qui fait l'action de la pièce entre Julie et Jean. Les échanges de ces deux derniers se teintent en permanence de force, de pouvoir, d'humiliation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57461408-42568074.jpg?v=1600421505" alt="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      On pourrait croire en surface que la trame de &quot;Mademoiselle Julie&quot; est cette séduction croisée teintée d'ivresse et d'une forme de harcèlement. Sans en repousser cet aspect, Christophe Lidon en fait une autre lecture. Il met en avant le passé des protagonistes dont les aveux parsèment le texte, en faisant paraître en filigrane ces lignes géométriques que sont les fils des vies. C'est ainsi que le passé de Julie et de Jean éclaire les mots qui vont les mener à cette étreinte échangée dans la froideur violente du désir. Jusqu'à ce réveil dans la crudité des règles sociales qui les soumet : elle, fille de notables en mal d'émancipation, lui, serviteur rêvant d'un avenir libre et sans maître.       <br />
              <br />
       Les trois interprètes se glissent dans leurs personnages avec une totale conviction et beaucoup de réalisme. Sarah Biasini crée une Julie dense, tout sauf superficielle, imprégnée de sa propre histoire, son éducation réprimée, tentatrice mais aussi et surtout victime. Yannis Baraban impose un Jean terrien, carré, sans trop de doutes, qui prend parfois le visage implacable du destin face aux deux figures féminines. Deborah Grall incarne une Christine fragile et sensible, mais dotée d'une énergie vitale farouche.       <br />
              <br />
       L'épilogue à cette nuit de fête (la fête de Jean) sonne comme la condamnation de ceux qui veulent changer le cours de leur vie dans un monde sclérosé où les rôles et les places sont imposés par l'ordre ancien, celui du père, du comte, du maître dont l'ombre rode sans cesse sur les esprits de tous, et qui clôt cette nuit de son pas lourd, implacable comme la morale.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mademoiselle Julie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57461408-42568075.jpg?v=1600421533" alt="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      Texte : August Strindberg.       <br />
       Version scénique : Michael Stampe.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Christophe Lidon.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Valentine Galey.       <br />
       Avec : Yannis Baraban, Sarah Biasini, Deborah Grall.       <br />
       Chorégraphie : Maud Le Pladec (CCN d’Orléans).       <br />
       Création lumière : Cyril Manetta.       <br />
       Costumes : Chouchane Abello-Tcherpachian.       <br />
       Images : Léonard.       <br />
       Musique : Cyril Giroux.       <br />
       Tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2021•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 30 juillet 2021.</span>       <br />
       Tous les jours à 16 h 30, relâche les 13, 20 et 27 juillet.       <br />
       Théâtre des Halles, Salle Chapitre, rue du Roi René, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 32 76 24 51.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57461408-42568073.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2021-Mademoiselle-Julie-Toute-une-vie-en-une-nuit-comme-celle-d-un-papillon_a2986.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon</title>
   <pubDate>Fri, 18 Sep 2020 11:10:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Comme l'annonce Christophe Lidon, directeur du CADO et metteur en scène de la pièce, en préambule à sa plaquette de saison : "Mademoiselle Julie" s'est fait attendre… La première de la pièce était prévue il y a six mois, le 20 mars 2020, quelques jours après le début de l'interdiction de toutes représentations sur la France. Après ce long sommeil, cette étrange belle au bois dormant surgit pour une nuit de la Saint-Jean bondée d'ivresse, de danses et de folies.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49902144-38674620.jpg?v=1600421479" alt=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      Aussi bien dans le décor qu'il a créé que dans les trajectoires des personnages, Christophe Lidon met en place une géométrie de l'inéluctable. Quatre immenses panneaux blancs encadrent l'espace de jeu : la cuisine de la maison où va se dérouler toute l'action. Sur ces panneaux, les projections successives créées par Léonard vont imager les différents extérieurs, et faire évoluer l'ambiance. À noter les très belles chorégraphies de Maud Le Pladec que le travail de vidéaste de Léonard transcende. On y voit dès les premières secondes du spectacle, le &quot;bal&quot; de la Saint-Jean où les couples s'attisent, où les corps se dissolvent dans la chaleur de cette nuit lunaire.       <br />
              <br />
       La cuisine, un peu à l'écart de cette fête sensuelle où le petit peuple s'affranchit de tout, est comme un îlot de calme, les coulisses d'un spectacle. C'est aussi le domaine de Christine, la cuisinière, la promise de Jean. Avec Julie, ce sont les deux seuls personnages de la pièce. Un triangle qu'on ne peut pas dire amoureux, point de romantisme ni dans le couple formé par Christine et Jean, ni dans le rapport qui fait l'action de la pièce entre Julie et Jean. Les échanges de ces deux derniers se teintent en permanence de force, de pouvoir, d'humiliation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49902144-38674621.jpg?v=1600421505" alt=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      On pourrait croire en surface que la trame de &quot;Mademoiselle Julie&quot; est cette séduction croisée teintée d'ivresse et d'une forme de harcèlement. Sans en repousser cet aspect, Christophe Lidon en fait une autre lecture. Il met en avant le passé des protagonistes dont les aveux parsèment le texte, en faisant paraître en filigrane ces lignes géométriques que sont les fils des vies. C'est ainsi que le passé de Julie et de Jean éclaire les mots qui vont les mener à cette étreinte échangée dans la froideur violente du désir. Jusqu'à ce réveil dans la crudité des règles sociales qui les soumet : elle, fille de notables en mal d'émancipation, lui, serviteur rêvant d'un avenir libre et sans maître.       <br />
              <br />
       Les trois interprètes se glissent dans leurs personnages avec une totale conviction et beaucoup de réalisme. Sarah Biasini crée une Julie dense, tout sauf superficielle, imprégnée de sa propre histoire, son éducation réprimée, tentatrice mais aussi et surtout victime. Yannis Baraban impose un Jean terrien, carré, sans trop de doutes, qui prend parfois le visage implacable du destin face aux deux figures féminines. Deborah Grall incarne une Christine fragile et sensible, mais dotée d'une énergie vitale farouche.       <br />
              <br />
       L'épilogue à cette nuit de fête (la fête de Jean) sonne comme la condamnation de ceux qui veulent changer le cours de leur vie dans un monde sclérosé où les rôles et les places sont imposés par l'ordre ancien, celui du père, du comte, du maître dont l'ombre rode sans cesse sur les esprits de tous, et qui clôt cette nuit de son pas lourd, implacable comme la morale.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mademoiselle Julie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49902144-38674630.jpg?v=1600421533" alt=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      Texte : August Strindberg.       <br />
       Version scénique : Michael Stampe.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Christophe Lidon.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Valentine Galey.       <br />
       Avec : Yannis Baraban, Sarah Biasini, Deborah Grall.       <br />
       Chorégraphie du bal : Maud Le Pladec, directrice du Centre chorégraphique national d'Orléans avec les amateurs d'Orléans.       <br />
       Lumières : Cyril Manetta.       <br />
       Costumes : Chouchane Abello-Tcherpachian.       <br />
       Images : Léonard.       <br />
       Musique : Cyril Giroux.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 15 au 26 septembre 2020.</span>       <br />
       Mardi et vendredi à 20 h 30, mercredi à 19 h, jeudi 17 à 19 h, jeudi 24 à 20 h 30, samedi à 14 h 30 et 20 h 30, dimanche à 15 h.       <br />
       CADO Centre National de Création Orléans Loiret, Salle Pierre-Aimé Touchard, Orléans (45), 02 38 54 29 29.       <br />
       <a class="link" href="https://www.cado-orleans.fr/saison-2020-2021/" target="_blank">&gt;&gt; cado-orleans.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée :</b>       <br />
       &quot;Mademoiselle Julie&quot; sera en juillet 2021 au Théâtre des Halles à Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/49902144-38674620.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Mademoiselle-Julie-Toute-une-vie-en-une-nuit-comme-celle-d-un-papillon_a2789.html</link>
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   <title>"Mademoiselle Julie"  Une marche des passions vers l'échafaud</title>
   <pubDate>Wed, 05 Jun 2019 08:31:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Comme un oiseau en cage qui, à l'ouverture de la porte, est sauvagement sacrifié. Ainsi du sort d'une jeune aristocrate qui, lors d'une fête de la Saint-Jean, croit pouvoir dominer son valet et sa cuisinière et jouir des effets de la liberté qu'elle découvre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34486316-31520108.jpg?v=1559717384" alt=""Mademoiselle Julie"  Une marche des passions vers l'échafaud" title=""Mademoiselle Julie"  Une marche des passions vers l'échafaud" />
     </div>
     <div>
      Dans &quot;Mademoiselle Julie&quot;, August Strindberg place deux personnages dans un huis clos étouffant. La jeune maitresse et le valet, tous deux travaillés par des sentiments contradictoires jusqu'au vertige. L'auteur décrit la résistance des préjugés de caste (diffusés jusque dans l'esprit des serviteurs) face à la pulsion incontrôlée des corps. La cage est solide. La jouissance vire au sacrifice.       <br />
              <br />
       L'écriture de la pièce est implacable. Chaque action de Julie se retourne contre elle. Et d'une scène d'ivresse au sein d'une fête, d'une danse reconduite naît un corps-à-corps cruel, un duel, un combat sans merci et cynique. Entre les convenances et les désirs, entre les rêves et les réalités, les distorsions s'affirment et deviennent fatales.       <br />
              <br />
       Sur scène, dans la mise en scène de Julie Brochen, Anna Mouglalis est Julie, avec sa voix rauque et chaude, son engagement physique entier, sans coquetterie ni minauderies. Elle est une enfant-femme tyrannique, un garçon manqué fragile.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34486316-31520114.jpg?v=1559717419" alt=""Mademoiselle Julie"  Une marche des passions vers l'échafaud" title=""Mademoiselle Julie"  Une marche des passions vers l'échafaud" />
     </div>
     <div>
      Avec Xavier Legrand en valet rationnel et opportuniste, le duel atteint des sommets. Les comédiens accompagnent la vérité du texte. Et Julie Brochen qui met en scène donne à l'espace de la scène une dimension de tableau réaliste réussi. Intervenant elle-même comme cuisinière rigoriste, elle est un faire valoir discret des deux protagonistes. Elle est aussi le tiers qui ne peut être exclu. La parole d'autorité.       <br />
              <br />
       Étrangement, cette proposition théâtrale est découpée en actes, ponctuée par des transitions en chansons enregistrées. Qui apparaissent comme plaquées en dépit de leur intention de marquer des paliers dans la progression dramatique et d'affirmer une dimension de théâtre naturaliste. Un léger excès de mode &quot;variété&quot; sans doute, au risque de briser le rythme de la pièce.       <br />
              <br />
       Ce nonobstant celle-ci progresse de manière spectaculaire vers la tragédie. Elle décrit la décomposition d'un état bravache qui, de faux apaisements en peurs successives, débouche sur l'effroi et un silence pesant. Comme une marche à l'échafaud et le couperet final. Le public est saisi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mademoiselle Julie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34486316-31520118.jpg?v=1559717447" alt=""Mademoiselle Julie"  Une marche des passions vers l'échafaud" title=""Mademoiselle Julie"  Une marche des passions vers l'échafaud" />
     </div>
     <div>
      Texte : August Strindberg.       <br />
       Traduction : Terje Sinding.       <br />
       Mise en scène : Julie Brochen.       <br />
       Avec : Anna Mouglalis, Xavier Legrand, Julie Brochen.       <br />
       Lumières : Louise Gibaud.       <br />
       Création sonore : Fabrice Naud.       <br />
       Scénographie, costumes : Lorenzo Albani.       <br />
       Durée: 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 28 mai au 30 juin 2019.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 19 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Relâche : 21 et 25  juin.       <br />
       Théâtre de l'Atelier, Paris 9e, 01 46 06 49 24.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-atelier.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-atelier.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/34486316-31520118.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Mademoiselle-Julie-Une-marche-des-passions-vers-l-echafaud_a2412.html</link>
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