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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>•Off 2026• "Le roi Lear est mort à Moscou" Manifeste éblouissant de l'art pauvre, au service du déglingage comico-tragique des très basses œuvres de Staline et de ses sbires</title>
   <pubDate>Fri, 11 Sep 2026 15:21:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Inviter sur un modeste plateau huit acteurs flamboyants faisant corps de leur anonymat pour, à leurs côtés, (re)présenter une forme théâtrale échappant à tous dogmes tant artistiques que politiques, en dit long quant au dessein libertaire de César Brie, metteur en scène argentin ayant élu l'Italie comme terre d'asile. Partant de faits réels – la liquidation pure et simple par "le petit père des peuples" de deux acteurs directeurs du Goset, théâtre d'avant-garde juif en langue yiddish – la truculente Compagnia Isola del Teatro nous offre là une farce pétrie de créativité mordante.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97995879-68229397.jpg?v=1789133230" alt="•Off 2026• "Le roi Lear est mort à Moscou" Manifeste éblouissant de l'art pauvre, au service du déglingage comico-tragique des très basses œuvres de Staline et de ses sbires" title="•Off 2026• "Le roi Lear est mort à Moscou" Manifeste éblouissant de l'art pauvre, au service du déglingage comico-tragique des très basses œuvres de Staline et de ses sbires" />
     </div>
     <div>
      Aux antipodes du très sombre &quot;réalisme socialiste&quot; prôné par Staline, épurant à tour de bras tout ce qui pouvait contrecarrer son délire de pouvoir absolu, César Brie et sa troupe revendiquent une esthétique lumineuse, épurée, faisant fi du réel… pour mieux le donner à voir transcendé dans des saynètes hautes en couleur. Ainsi de la scène initiale où, sur fond d'un castelet bricolé de rideaux rouges de théâtre, scellés (beau symbole) l'un à l'autre par un portrait du triste tyran moustachu, viendra se détacher un pauvre cercueil et une inscription lapidaire annonçant comme sur un carton au temps du cinéma muet : <span style="font-style:italic">&quot;Deuil national : ouverture à 12 h 00&quot;</span>. Mention délibérément loufoque agrémentée d'une étoile de David, d'une faucille et d'un marteau réunis là comme un clin d'œil ironique à l'Histoire.       <br />
              <br />
       Ouvrir le rideau par les funérailles nationales de Salomon Mikhoels, directeur du théâtre yiddish reconnu pour sa programmation dédiée aux créations nouvelles, et donc expédié sans autre forme de procès dans l'autre monde suite à un simulacre d'accident, relève d'une fantaisie… des plus vivantes. Et lorsque l'on découvre le protagoniste, hilare dans ses derniers habits, dialoguant avec sa famille réunie pour la circonstance tout en gratifiant d'un &quot;mon cher assassin&quot; l'officier de police politique chargé du discours larmoyant à la gloire du <span style="font-style:italic">&quot;grand artiste soviétique qui nous a quittés si… soudainement&quot;,</span> on se dit que l'ironie cinglante annonce la radicalité réjouissante de ce qui se prépare.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97995879-68229398.jpg?v=1789133252" alt="•Off 2026• "Le roi Lear est mort à Moscou" Manifeste éblouissant de l'art pauvre, au service du déglingage comico-tragique des très basses œuvres de Staline et de ses sbires" title="•Off 2026• "Le roi Lear est mort à Moscou" Manifeste éblouissant de l'art pauvre, au service du déglingage comico-tragique des très basses œuvres de Staline et de ses sbires" />
     </div>
     <div>
      Autre tableau à connotation surréaliste complétant l'ouverture, celui mettant en présence, au-delà de son exécution, le deuxième directeur du théâtre, Benjamin Zuskin, ami du premier et liquidé lui aussi, et le fonctionnaire ayant brûlé lettres et écrits théâtraux de l'acteur avant qu'il ne soit fusillé au sortir de son internement. Mikhoels et Zuskin, deux comédiens exécutés et bien vivants sur scène… Au-delà de cette incongruité temporelle, si <span style="font-style:italic">&quot;le masque de Staline n'a fait qu'allonger la moustache d'Hitler&quot;</span>, le message lui est sans ambiguïté : <span style="font-style:italic">&quot;faire du théâtre en vaut toujours la peine&quot;</span>, l'esprit de l'œuvre survivant à sa destruction.       <br />
              <br />
       Comme pour faire la nique au pouvoir de mort d'un régime éradiquant dans l'œuf toute idée potentiellement divergente et son auteur par la même occasion, succèderont des danses yiddish endiablées, échos de celles des pensionnaires du théâtre juif de Moscou habités par une frénésie de vie. On y verra le peintre Marc Chagall déployant son gigantesque tableau destiné à orner les murs du Goset et sa fameuse vache verte représentant &quot;le nouvel art révolutionnaire, anti-académique et anti-réaliste&quot;. Et le chœur d'enfoncer le clou : <span style="font-style:italic">&quot;L'art est plagiat ou révolution !/L'art pour le peuple, le peuple pour l'art !/L'art est un mensonge qui dit la vérité !/L'art est un marteau pour forger le monde !&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97995879-68229449.jpg?v=1789133289" alt="•Off 2026• "Le roi Lear est mort à Moscou" Manifeste éblouissant de l'art pauvre, au service du déglingage comico-tragique des très basses œuvres de Staline et de ses sbires" title="•Off 2026• "Le roi Lear est mort à Moscou" Manifeste éblouissant de l'art pauvre, au service du déglingage comico-tragique des très basses œuvres de Staline et de ses sbires" />
     </div>
     <div>
      L'impulsion créative étant donnée, les personnages du peintre d'origine russe échapperont à leur toile pour se mettre à prendre vie dans une farandole effrénée, dessinant les contours d'un nouveau manifeste théâtral où <span style="font-style:italic">&quot;danse, envol, fureur et légèreté&quot;</span> constituent les fondements de l'art de l'acteur. Non plus simple dépositaire d'un rôle gravé dans les tablettes officielles, mais interprète d'une malédiction, il devient le médium d'<span style="font-style:italic">&quot;une prière dansée entre l'orgie et la possession&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Parmi les morceaux de bravoure s'inscrivant dans le droit fil de la poétique grotesque chère à Chagall, la réunion du Politbureau réunissant autour de Staline, chef suprême du Parti, Béria et Molotov, deux de ses acolytes tortionnaires tremblant à l'idée de subir le même sort que leurs victimes. Avec la complicité de trois actrices actionnant leurs mains, représentés tous les trois dans la posture de petits hommes grotesques, les verdicts &quot;démesurés&quot; qu'ils prononcent à l'encontre des paysans ukrainiens hostiles à la collectivisation des terres, des ouvriers récalcitrants, des anarchistes, des acteurs juifs – tous à tuer ainsi que leurs femmes et enfants – contrastent de manière désopilante avec leur minuscule taille rendue ridicule par l'agitation grand-guignolesque de leurs membres battant la (dé)mesure de leurs propos.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97995879-68229462.jpg?v=1789133347" alt="•Off 2026• "Le roi Lear est mort à Moscou" Manifeste éblouissant de l'art pauvre, au service du déglingage comico-tragique des très basses œuvres de Staline et de ses sbires" title="•Off 2026• "Le roi Lear est mort à Moscou" Manifeste éblouissant de l'art pauvre, au service du déglingage comico-tragique des très basses œuvres de Staline et de ses sbires" />
     </div>
     <div>
      Quant à la représentation enchâssée dans la pièce du &quot;Roi Lear&quot; transportant dans les airs – comme un personnage de Chagall – le critique conquis par la hardiesse de cette mise en jeu, elle fait figure d'intermède, comme une respiration salutaire, un hymne à la gloire du théâtre libre… avant que, plus funeste, ne se rejoue – sur des chapeaux de roue – l'assassinat planifié de Mikhoels. À sa suite, un autre tableau tragique, celui du Goulag où, poètes, écrivains, éditeurs, acteurs emmitouflés dans leur manteau enneigé effectuent des chorégraphies d'une beauté sculpturale martelées par le bruit de leur exécution annoncée (dont celle de Zuskin).       <br />
              <br />
       En 1928, à Vienne, Sigmund Freud vit surgir entre les plis de &quot;Nuit au vieux marché&quot;, donnée au même théâtre du Goset, la tragédie à venir du peuple juif. En 2026, à Avignon, au-delà de la drôlerie manifeste de ce &quot;Roi Lear est mort à Moscou&quot;, mêlant à l'envi plaisirs artistiques et faits tragiques, se rappelle à nous au-delà des dérives sanglantes de l'époque stalinienne la cruauté obscène des régimes politiques régis par le culte de la personnalité… Ce faisant, César Brie et sa troupe soudée autour de lui infligent un démenti joyeux à toutes celles et ceux qui seraient tentés de se résigner face à la vague brune annoncée, déferlante menaçant l'Europe et au-delà de ses frontières. Leur théâtre – Compagnie italienne L'Isola del Teatro – est, a contrario, un formidable vivier d'énergie dans lequel chacun est invité à puiser allègrement afin d'infliger un démenti cinglant à l'Histoire toujours encline à bégayer.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97995879-68229467.jpg?v=1789133377" alt="•Off 2026• "Le roi Lear est mort à Moscou" Manifeste éblouissant de l'art pauvre, au service du déglingage comico-tragique des très basses œuvres de Staline et de ses sbires" title="•Off 2026• "Le roi Lear est mort à Moscou" Manifeste éblouissant de l'art pauvre, au service du déglingage comico-tragique des très basses œuvres de Staline et de ses sbires" />
     </div>
     <div>
      En effet, si Salomon Mikhoels et Benjamin Zuskin, les deux directeurs du théâtre juif de Moscou (et bien d'autres avec eux), ont eu naguère à payer cash le prix de leur liberté, l'idéal artistique (donc politique) qu'ils portaient était si fort qu'il leur a survécu. La preuve ? Un siècle plus tard, ils sont là pour &quot;l'incarner&quot; cet idéal de liberté synonyme d'émancipation, bien vivants devant nous sur cette scène de théâtre qui nous réunit, émus et ravis, autour d'eux. Toute idée de liberté se survit… L'on ne peut à notre tour que souhaiter longue vie à ce spectacle jubilatoire.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le vendredi 10 juillet 2026 au Théâtre L'Adresse, Festival OFF 2026 d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le roi Lear est mort à Moscou"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97995879-68229476.jpg?v=1789133409" alt="•Off 2026• "Le roi Lear est mort à Moscou" Manifeste éblouissant de l'art pauvre, au service du déglingage comico-tragique des très basses œuvres de Staline et de ses sbires" title="•Off 2026• "Le roi Lear est mort à Moscou" Manifeste éblouissant de l'art pauvre, au service du déglingage comico-tragique des très basses œuvres de Staline et de ses sbires" />
     </div>
     <div>
      Spectacle principalement en italien surtitré en français.       <br />
       Textes et conception : César Brie et Leonardo Ceccanti.       <br />
       Mis en scène par : Cèsar Brie.       <br />
       Avec : César Brie, Leonardo Ceccanti, Eugeniu Cornitel, Davide De Togni, Anna Vittoria Ferri, Tommaso Pioli, Annalesi Secco, Laura Taddeo, Alessandro Treccani.       <br />
       Scénographie : Matteo Corsi.       <br />
       Création lumière : Cèsar Brie.       <br />
       Création son : Pablo Brie et musiques traditionnelles yiddish.       <br />
       Cie italienne L'Isola del Teatro.       <br />
       Durée : 1 h 40.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <b>A été représenté du 4 au 25 juillet 2026.</b>       <br />
       Tous les jours à 20 h. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre L'Adresse, Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/97995879-68229397.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>Un "Roberto Zucco" d'une belle esthétique, mais très loin du scandale de sa création</title>
   <pubDate>Thu, 10 Sep 2026 11:39:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Il faut d'abord parler de la musique. C'est elle qui accueille le public entre concert et dancing dans la salle du Théâtre 14. Musiques et chants donnés en live par Natalia Bacalov et Martin Sevrin qui performent à la contrebasse et la guitare. Ambiance de fête et d'affranchissement des contraintes sociales, pulsations rythmiques qui stimulent les pulsions physiques, sensuelles. Comme si la fièvre tentait de s'emparer de tout.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97982580-68216975.jpg?v=1789047465" alt="Un "Roberto Zucco" d'une belle esthétique, mais très loin du scandale de sa création" title="Un "Roberto Zucco" d'une belle esthétique, mais très loin du scandale de sa création" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène de Rose Noël s'appuie essentiellement sur cet accompagnement musical et vocal pour insuffler une unité à la pièce de Koltès, faite d'une quinzaine de séquences qui se déroulent dans différents lieux. Ainsi la prison, la maison familiale, la cuisine de la Gamine, le quartier des putes, le square sont évoqués à la fois par cette musique, ces sons, ces ambiances et la présence constante des deux musiciens en fond de scène, dans une aura de fumigènes, donnent l'impression que le monde entier, vu par les yeux de Roberto Zucco, est une sorte d'immense Lunapark, une fête foraine où l'on passe le temps à éprouver son courage, à se faire peur, à se faire trembler.       <br />
              <br />
       C'est également une manière de mettre une distance esthétique avec la cavale meurtrière de Roberto Zucco, personnage né de la rencontre de Koltès avec un avis de recherche pour un tueur en série, qui traversa la chronique en 1987. Un personnage que le dramaturge a voulu élever au rang de mythe. Cette pièce choqua une partie de la société lorsqu'elle fut montée pour la première fois quelques années plus tard, puisqu'elle mettait en scène la cavale d'un tueur que le récit raconté par Koltès ne semblait pas condamner.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97982580-68216976.jpg?v=1789047572" alt="Un "Roberto Zucco" d'une belle esthétique, mais très loin du scandale de sa création" title="Un "Roberto Zucco" d'une belle esthétique, mais très loin du scandale de sa création" />
     </div>
     <div>
      Car il n'y a pas de psychologie dans Roberto Zucco. Des faits, des actes, des pensées aussi rugueuses et aiguisées que des actes, des illusions aussi, de l'instant. Toutes les rencontres entre les personnages de la pièce sont des chocs, des percussions et tous les personnages sont comme surchargés de tâches, de devoirs, de rôles à tenir dans la société, dans leurs vies, qui les entravent, qu'ils endossent, mais qu'ils détestent au fond d'eux-mêmes. Lorsqu'ils croisent la route de Roberto Zucco, c'est comme si celui-ci les libérait de ces charges. Sans pour cela leur redonner vie.       <br />
              <br />
       Rose Noël réussit une belle proposition de mise en scène en faisant déborder l'action de cette cavale dans tout l'espace de la salle, du plateau, des coulisses et des cintres. Elle parvient à intégrer à plusieurs endroits le public à l'histoire, le transformant en témoin vaguement complice. Et tous les interprètes, ils sont neuf sur scène, parviennent à donner corps avec énergie et sincérité aux multiples personnages de la pièce. La pièce originale est pourtant tronquée de quelques séquences, dont le meurtre brutal d'un enfant. On peut se demander pourquoi censurer cet acte, pic de l'effroyable et de la monstruosité ? Roberto Zucco y perd de sa dimension hors norme et la mère de l'enfant, toute profondeur dramatique, hélas.       <br />
              <br />
       Ces coupes et l'envie de rendre hommage à la belle écriture de la pièce rendent ce spectacle un peu trop sage quand le désir, la mort, le désir de la mort et le sexe ne cessent de parcourir en filigrane tout ce récit. Des thématiques que Bernard-Marie Koltès porte dans plusieurs de ses textes, comme cette urgence à dire, à faire, que l'on retrouve dans la fièvre portée par Roberto Zucco, lui qui rêve des neiges éternelles du Kenya pour l'apaiser enfin…       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Roberto Zucco"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97982580-68216977.jpg?v=1789047822" alt="Un "Roberto Zucco" d'une belle esthétique, mais très loin du scandale de sa création" title="Un "Roberto Zucco" d'une belle esthétique, mais très loin du scandale de sa création" />
     </div>
     <div>
      Texte : Bernard-Marie Koltès.       <br />
       Mise en scène : Rose Noël.       <br />
       Avec : Natalia Bacalov, Lola Blanchard, Simon Cohen ou Vincent Odetto, Laurence Côte, Maxime Gleizes ou Thomas Rio ou Pierre Loup Mériaux, Axel Granberger, Akrem Hamdi ou Julien Gallix, Rose Noël ou Milena Sansonetti, Martin Sevrin et Suzanne Dauthieux.       <br />
       Collaboration artistique : Simon Cohen.       <br />
       Création Musicale : Natalia Bacalov et Martin Sevrin.       <br />
       Lumières : Enzo Cescatti.       <br />
       Scénographie : Mathilde Juillard.       <br />
       Son : Mateo Esnault et Tom Beauseigneur.       <br />
       Costume Cloé Robin.       <br />
       Surtitrage vidéo : Katell Paugam.       <br />
       Productions Le Collectif 13, Par Dessus les Obstacles et JUMO Production.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 21 septembre au 28 décembre 2026.</span>       <br />
       Lundi à 20 h (sauf le 2 novembre).       <br />
       Théâtre des Mathurins, 36, rue des Mathurins, Paris 8ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 42 65 90 00.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0483/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0483&amp;EventId=292&amp;request=QcE+w0WHSuBg2lju3D9Qpk6GXC1yXx9c8LKBrNn2XMdggduPx/CMZd1d16IzD/640GPILrgOeJo=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredesmathurins.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredesmathurins.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/97982580-68216975.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-Roberto-Zucco-d-une-belle-esthetique-mais-tres-loin-du-scandale-de-sa-creation_a4654.html</link>
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   <title>•Off 2026• "Le lave-vaisselle" Scènes de la vie conjugale…</title>
   <pubDate>Wed, 09 Sep 2026 16:27:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2026]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Objet inanimé avez-vous donc une âme… qui dit de nous ce que nous ignorons d'elle ? Scandée par le bruit d'un lave-vaisselle (miniature) qui fait des siennes, la drolatique tragi-comédie du couple formé par Frédéric et Flor va épouser les mouvements d'humeur de l'appareil de type électroménager trônant entre eux, et recyclant à l'envi les heurs et malheurs de leur relation battant de… l'hélice. Immergé au cœur de leurs (d)ébats à couteaux tirés, le spectateur – à qui "ça" parle – en prend plein les mirettes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97973281-68210654.jpg?v=1788964427" alt="•Off 2026• "Le lave-vaisselle" Scènes de la vie conjugale…" title="•Off 2026• "Le lave-vaisselle" Scènes de la vie conjugale…" />
     </div>
     <div>
      Parfois, il suffit d'un presque rien, de deux couteaux tête bêche ou malencontreusement dirigés vers le bas, pour que la mécanique du LV au-dessus de tous soupçons se mette à bégayer grave, entraînant dans son sillage un flot de ressentiments accumulés… L'homme, fort de son expertise masculiniste reposant sciemment sur des chiffres alignés, n'aura alors de cesse de reprocher à sa compagne son manque de soin, pour ne pas dire la maltraitance caractérisée dont elle fait preuve à l'égard de cet ustensile ménager pourtant sensé leur faire gagner un temps précieux. La femme, habitée par d'autres fantasmes que ceux convoqués par le bras d'un LV fût-il coopératif, lui renvoie d'un revers bien ajusté l'affirmation d'une identité féminine refusant de continuer à porter dans ses entrailles tous les problèmes du monde depuis sa création.       <br />
              <br />
       La brèche étant ouverte, le &quot;dialogue&quot; suivra les méandres des frustrations fossilisées pour déverser leur trop-plein. Ainsi, lui se plaindra-t-il de la &quot;dysphasie syntaxique&quot; de sa moitié, trouble langagier vécu au début de leur relation comme charmant, puis, les années passant, comme insupportable. Elle dénoncera, elle, &quot;l'erreur numérologique&quot; de leur ménage mis à mal par l'approche comptable de celui dont le toc chiffré avait pu l'amuser dans le passé. Et du même geste, ô combien théâtral, l'un et l'autre se couvriront la tête d'un drap… comme &quot;Les Amants&quot; du peintre surréaliste René Magritte, sans aller pour autant jusqu'à échanger un baiser.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97973281-68210658.jpg?v=1788964453" alt="•Off 2026• "Le lave-vaisselle" Scènes de la vie conjugale…" title="•Off 2026• "Le lave-vaisselle" Scènes de la vie conjugale…" />
     </div>
     <div>
      Reprenant leurs esprits après ce premier round fort animé, il délivrera sur un mode &quot;clinique&quot; le bon usage de A à Z d'un LV ; tandis qu'elle interprétera l'attachement obsessionnel aux objets de celui qui n'a plus d'yeux que pour son appendice ménager. À coups de citations savantes – <span style="font-style:italic">&quot;Devenir, c'est accepter quelque chose de soi et le tordre&quot;</span>, Gilles Deleuze – et de ressentis épidermiques – <span style="font-style:italic">&quot;Ça fait longtemps que je ne te parle plus de désir&quot;</span> – la joute battra son plein… pour dire le vide qui les sépare. Horrible pour lui le sentiment de ne pas prendre soin du capital matériel à léguer à leurs enfants. Horrible le ronronnement du LV le soir, pour elle qui a tant besoin de flotter toute seule entre deux cycles de lavage…       <br />
              <br />
       Et puis, comme le gros d'une vague déferlante qui s'épuisant se retire, découvrant des plages anciennes mises à nu, le désir fou de tout reprendre depuis le début. Réinventer le rêve d'un paradis perdu. Avec ses attributs, sa parure de mariée, ses errements… et sa crise paroxystique annonçant l'heure venue d'une potentielle délivrance. Dans un délire visuel où les lumières stroboscopiques créeront un tableau digne de &quot;La Création du monde&quot; du peintre romantique russe Ivan Aïvazovski, les cartes du jeu amoureux pourraient être rebattues…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97973281-68210666.jpg?v=1788964901" alt="•Off 2026• "Le lave-vaisselle" Scènes de la vie conjugale…" title="•Off 2026• "Le lave-vaisselle" Scènes de la vie conjugale…" />
     </div>
     <div>
      Avec un humour digne des pataphysiciens et animés par une énergie &quot;explosive&quot;, les deux acteurs embarqués eux-mêmes dans le même trip, donnent à voir et à entendre une version truculente des vicissitudes de la relation amoureuse brinquebalée par les soubresauts du temps qui passe. Convoquant les ressorts de la parodie tragi-comique, sous l'œil amusé de leur LV – et du nôtre, complice… –, ils réussissent la prouesse de nous faire rire de situations dont l'inquiétante étrangeté n'est pas sans nous concerner, nous embarquant avec eux dans l'inénarrable traversée chaotique des amours au long cours.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le dimanche 19 juillet 2026 au Théâtre Transversal, Festival Off 2026 d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le lave-vaisselle (de quel espoir fou avons-nous besoin ?)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97973281-68210667.jpg?v=1788964929" alt="•Off 2026• "Le lave-vaisselle" Scènes de la vie conjugale…" title="•Off 2026• "Le lave-vaisselle" Scènes de la vie conjugale…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Flor Lurienne et Frédéric de Goldfiem (publié à L'avant-Scène Théâtre).       <br />
       Mise en scène : Flor Lurienne et Frédéric de Goldfiem.       <br />
       Avec : Flor Lurienne et Frédéric de Goldfiem.       <br />
       Scénographie, conception et réalisation : Doriann Delaive, Frédéric de Goldfiem, Basile Pelletier, Flor Lurienne.       <br />
       Construction : Yves Sery.       <br />
       Costumes : Basile Pelletier.       <br />
       Son et musique : Doriann Delaive.       <br />
       Compagnie Presque Une île.       <br />
       Durée : 1 h 10       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <b>A été représenté du 4 au 25 juillet 2026.</b>       <br />
       Tous les jours à 17 h 45. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre Transversal, Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/97973281-68210654.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Le-lave-vaisselle-Scenes-de-la-vie-conjugale_a4653.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie</title>
   <pubDate>Wed, 09 Sep 2026 12:34:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Fauvel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans cette représentation contemporaine de "L'École des femmes" voulue par Frédérique Lazarini, la douce Agnès évolue sous caméras de surveillance, privée de toute intimité. Éduquée dans l'ignorance et isolée du monde par son tuteur, l'ingénue devra attendre le pouvoir libérateur de l'amour pour ébranler l'ordre patriarcal et s'extraire de sa cage. Si Molière fut féministe avant l'heure, le combat s'avère toujours d'actualité…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97970838-68208536.jpg?v=1788950780" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Lors de sa création en 1662, le scandale mêlé au succès de &quot;L'École des femmes&quot; fut tel qu'il donna naissance à une &quot;querelle&quot; à laquelle Molière se fit un plaisir de répondre l'année suivante par une autre comédie intitulée &quot;La Critique de l'École des femmes&quot;. Mais de quoi parle exactement la pièce pour avoir fait autant de bruit ? Arnolphe, un bourgeois de 42 ans, aimerait jouir du bonheur conjugal sans passer par la case cocufiage. Pour ce faire, il a pris sous son aile une enfant qu'il a fait élever dans un couvent et, aujourd'hui adolescente, tient enfermée à l'abri du monde.       <br />
              <br />
       Afin de s'assurer qu'elle devienne une épouse totalement soumise et dépendante, il a bien pris soin qu'elle ne reçoive aucune éducation véritable, reste totalement idiote et innocente. Mais son plan se voit contrecarré par l'arrivée d'un beau jeune homme du nom d'Horace, fils de son ami Oronte, qui s'éprend de la belle. Et réciproquement. S'ensuit une série de quiproquos et de manipulations où Arnolphe tente désespérément de garder la jeune fille pour lui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97970838-68208537.jpg?v=1788950816" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      C'est par la porte de la salle côté jardin qu'Arnolphe fait une entrée tonitruante, son ami Chrysalde sur les talons. Loin du vieux barbon libidineux vu dans de nombreuses productions, Arnolphe (Cédric Colas) s'avère ici un sémillant quinquagénaire, bien de sa personne, élégamment vêtu d'un costume cravate. Ce parti pris de mise en scène, très intéressant, rend le loup d'autant plus dangereux qu'il n'a rien de repoussant, bien au contraire.       <br />
              <br />
       La scène d'introduction entre les deux amis se joue en bord de plateau, décor caché, devant un rideau de scène d'un délicat rose pâle, symbole de pureté et d'innocence. Ce dialogue enflammé n'est pas sans rappeler une autre scène d'introduction d'une pièce plus tardive de Molière, &quot;Le Misanthrope&quot; (1666), où l'ami (Philinte) tente de faire entendre raison au protagoniste (Alceste).       <br />
              <br />
       Aux <span style="font-style:italic">&quot;Qu'est-ce donc ? Qu'avez-vous ?/Laissez-moi, je vous prie&quot;</span> se substituent <span style="font-style:italic">&quot;Vous venez, dites-vous, pour lui donner la main ?/Oui, je veux terminer la chose dans demain&quot;.</span> Lors de ce discours, Arnolphe expose son plan de mariage à son ami Chrysalde (Guillaume Veyre) qui tente de l'en dissuader. Mais le bon sens ne semble avoir aucune prise sur Arnolphe qui se montre encore plus fou que calculateur et se révèle véritablement épris d'Agnès, tel Humbert Humbert avec Lolita dans le roman de Nabokov. <span style="font-style:italic">&quot;Un air doux et posé, parmi d'autres enfants,/M'inspira de l'amour pour elle dès quatre ans (…)&quot;</span>, confie-t-il, nous laissant entrevoir la profondeur du mal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97970838-68208538.jpg?v=1772610380" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Dès la scène suivante, le rideau tiré, un décor des plus glaçants se dévoile progressivement à nous : à jardin, un immense écran de télésurveillance qui suit Agnès (Sara Montpetit) dans ses moindres mouvements ; à cour, une jolie cage de verre, avec lit à couette rose et machine à coudre trônant au centre de la pièce, chambre à coucher de la jeune prisonnière. Car Agnès n'est rien d'autre que la prisonnière d'Arnolphe, et le maître de maison, tel le Humbert Humbert de Nabokov ou Le Narrateur avec Albertine chez Proust, est un jaloux compulsif dont le mal relève de l'ordre de la psychiatrie.       <br />
              <br />
       Cette vision mise en avant par Frédérique Lazarini est fort intéressante. La comédie, même si elle comporte des passages très drôles, relève dès lors pleinement de la tragédie. Tragédie d'un homme épris d'une enfant, tragédie de l'innocente vivant cette surveillance continue comme une normalité. Il faudra à la docile Agnès découvrir l'amour d'Horace pour ouvrir les yeux.       <br />
              <br />
       La scène de la promenade, lorsque Arnolphe retrouve Agnès après quelques jours d'absence et tous deux se promènent, échangeant les nouvelles, en se tenant gentiment par la main, est d'ailleurs emblématique de la situation. Ce joli moment est d'autant plus troublant qu'il est d'une grande poésie. Il s'en faudrait de peu pour que le tuteur et sa pupille ne passent pour un couple d'amoureux… La coulée verte, un gazon et quelques arbres méticuleusement ordonnés, imaginée par le scénographe François Cabant contribue à la magie de cet instant où la langue de Molière touche au sublime.       <br />
              <br />
       L'interprétation remarquable de Cédric Colas et de Sara Montpetit porte haut et fort le parti pris de la metteuse en scène. Tous deux sont d'une justesse et d'une finesse de jeu éblouissantes. La scène de la promenade est un moment d'anthologie qui peut nous faire oublier un temps celle d'Isabelle Adjani et de Bernard Blier. L'émotion est au rendez-vous. Guillaume Veyre campe un Chrysalde fort convaincant. Se positionnant en contrepoint moral d'Arnolphe, il souligne brillamment la folie de celui-ci.       <br />
              <br />
       Par ailleurs, si le parti pris dramaturgique de la metteuse en scène s'avère totalement pertinent dans son principe, en élargissant le propos à notre époque actuelle, il aurait gagné néanmoins à être un peu moins appuyé et moins excessif quant à l'usage de la vidéo. Cette utilisation à tout-va ne laisse plus vraiment de place à l'imaginaire du spectateur.       <br />
              <br />
       Ce bémol mis à part, ce spectacle comporte de véritables moments de grâce et c'est un véritable plaisir d'entendre la langue de Molière aussi magnifiquement dite. À voir !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'École des femmes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97970838-68208539.jpg?v=1788950846" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.        <br />
       Mise en scène : Frédérique Lazarini.       <br />
       Avec : Cédric Colas, Sara Montpetit, Hugo Givort, Alain Cerrer, Guillaume Veyre, Emmanuelle Galabru.       <br />
       Scénographie : François Cabanat.       <br />
       Musique et son : François Peyrony.       <br />
       Lumière : François Cabanat.       <br />
       Costumes : Dominique Bourde et Isabelle Pasquier.       <br />
       Vidéo : Hugo Givort.       <br />
       Tout public à partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 septembre au 24 octobre 2026.</span>       <br />
       Mardi à 20 h, mercredi à 17 h, jeudi à 19 h, vendredi à 20 h 30, samedi à 17 h et 20 h 30, dimanche 15 h.       <br />
       Relâches exceptionnelles : 1ᵉʳ, 2, 3, 6, 14, 15 et 16 octobre 2026.       <br />
       Horaire exceptionnel le samedi 24 octobre à 15 h.        <br />
       Théâtre Artistic Athévains, 45 bis, rue Richard Lenoir, Paris 11ᵉ.       <br />
       Réservation : 01 43 56 38 32.       <br />
       <a class="link" href="https://artistictheatre.com/lecole-des-femmes/#billetterieecole" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://artistictheatre.com/" target="_blank">>> artistictheatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/97970838-68208536.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Ecole-des-femmes-Une-vision-intemporelle-et-contemporaine-du-patriarcat-dans-laquelle-la-langue-de-Moliere-n-a-jamais_a4652.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>•Off 2026• "Nocturne sexuel", un cabaret flamboyant à l'image de l'œuvre éponyme qui l'inspire</title>
   <pubDate>Tue, 08 Sep 2026 11:04:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2026]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Appréhender la vie comme un poème surréaliste, tel était le mantra de l'écrivain Vítězslav Nezva qui, en 1931, dans le droit fil du mouvement Dada prenant délibérément le contrepied des folies atroces de la Première Guerre mondiale, publia ce conte érotique à valeur de récit initiatique. S'inspirer en 2026, aux heures intranquilles des montées des extrêmes droites décomplexées, du poème éponyme de cet avant-gardiste tchèque pour composer un cabaret où musiques ouvertes sur le monde, chants emblématiques, jeux d'acteurs en liesse (régisseur compris) et adresses ludiques au public se disputent joyeusement l'avant-scène, ne peut être totalement innocent…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97958670-68198772.jpg?v=1788858758" alt="•Off 2026• "Nocturne sexuel", un cabaret flamboyant à l'image de l'œuvre éponyme qui l'inspire" title="•Off 2026• "Nocturne sexuel", un cabaret flamboyant à l'image de l'œuvre éponyme qui l'inspire" />
     </div>
     <div>
      Ce music-hall &quot;endiablé&quot;, tramé par les compositions originales de musiques tous azimuts – jazz, musique électro, trip hop – de Bruno Grégoire, trônant tout de blanc vêtu derrière son piano, haut de forme et lunettes à large monture, et pimenté par les chansons interprétées en duo par Olivier Pauls et Cécile Petit à l'unisson, entraîne le public (d'emblée conquis…) dans un tourbillon effréné. Sans jamais faiblir en intensité, s'enchaineront dans des chorégraphies habilement orchestrées des numéros au pouvoir &quot;enchanteur&quot;.       <br />
              <br />
       Ainsi la reprise savamment ingénue des &quot;Nuits d'une demoiselle&quot;, composée par Colette Renard, dont les paroles savoureusement hard firent scandale en 1963, qui ouvrent ce cabaret créateur d'émotions débridées. Paroles aussitôt commentées, et non sans gourmandise, par l'inénarrable pianiste s'extasiant sur ce que le verbe &quot;baiser&quot; – ponctuant les périphrases ô combien coquines évoquant les plaisirs nocturnes de la demoiselle – contient de délicieusement subversif, un &quot;diamant&quot; d'autant plus étincelant que son usage est proscrit par la bienséance bourgeoise. D'ailleurs le régisseur lumière ne s'y trompe pas, lui qui en écho s'en empare pour le répéter à l'envi jusqu'à plus soif.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97958670-68198781.jpg?v=1788858785" alt="•Off 2026• "Nocturne sexuel", un cabaret flamboyant à l'image de l'œuvre éponyme qui l'inspire" title="•Off 2026• "Nocturne sexuel", un cabaret flamboyant à l'image de l'œuvre éponyme qui l'inspire" />
     </div>
     <div>
      D'autres chansons (toutes parlant très librement de l'amour) accompagneront l'itinéraire de découvertes amoureuses de ce tout jeune homme des années trente (l'anti-héros du poème tchèque) en prise avec les premiers émois d'un corps adolescent traversé par le désir charnel… et convoité – dans le genre notre époque n'a rien inventé – par les attentes lubriques d'un curé, d'un catéchiste ou d'un logeur en &quot;mâle&quot; de sexe. Jamais graveleuses, mais libres d'expressions drolatiques, ces confessions résonnent comme un manifeste à mettre entre les mains innocentes pour parfaire l'éducation sexuelle des jeunes gens de tous les temps.       <br />
               <br />
       Ainsi de la narration de &quot;sa première fois&quot; dans une maison close en sous-sol et du souvenir inscrit dans sa chair de son accueillante hôtesse chargée de l'initier aux plaisirs de l'amour physique… Disait-on de cette demoiselle qu'elle était syphilitique ? Pour l'innocent jeune homme, cela voulait tout simplement signifier qu'&quot;elle chantait bien&quot;. Plus inquiétant pour lui était cet espace irréductiblement clos renvoyant au &quot;Corbeau&quot; d'Edgar Poe – dont la musique de l'adaptation filmique sera interprétée – mais qui, l'acte accompli, se métamorphosa en chambre de reine illuminant ses jours et ses nuits… Rêve érotique si intense qu'il déborde jusque dans la salle de spectacle, l'actrice venant se pelotonner dans les bras d'un spectateur transi… de bonheur.       <br />
              <br />
       D'autres chansons encore comme &quot;Bilbao Song&quot;, rythmant la comédie de Bertolt Brecht (1927) sur une musique de Kurt Weill, fera revivre le regard d'une femme, passionnément amoureuse, révoltée par les amours bafouées. En filigrane se dessine une critique amère de la société de l'entre-deux guerres gangrénée par le fléau guerrier, un chant dont les accents mélancoliques résonnent comme un hommage à la militante révolutionnaire Rosa Luxemburg assassinée par les paramilitaires d'extrême droite dans le Berlin de 1919. Ou encore, &quot;Lili Marleen&quot;, chanson d'amour interprétée en son temps par Marlene Dietrich, dont les paroles subversives de résistance transcendent les clivages haineux. Un récital qui distille l'allégresse, mais aussi la mélancolie, parfois dramatique, de ce qu'aimer veut dire.       <br />
              <br />
       &quot;Nocturne sexuel&quot;, ces mémoires d'un puceau version cabaret déjanté des années trente, au-delà de ses qualités artistiques réjouissantes, résonne comme un hymne puissant rendu à la force du désir amoureux faisant la nique aux forces obscures de celles et ceux qui instrumentent &quot;à mort&quot; – jusqu'à aujourd'hui – la haine de l'Autre pour arriver au pouvoir. Un manifeste gorgé de vie et de joie rappelant avec bonheur la force subversive de Tristan Tzara glissant au creux de l'oreille de ses concitoyens ensommeillés le mot frivole de &quot;Dada&quot;, emblème d'un art de la rébellion tournant en dérision la morale bourgeoise des années brunes. Viva la vida !       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mardi 21 juillet 2026 à L'Optimist Théâtre, Festival OFF 2026 d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Nocturne sexuel"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97958670-68198793.jpg?v=1788858810" alt="•Off 2026• "Nocturne sexuel", un cabaret flamboyant à l'image de l'œuvre éponyme qui l'inspire" title="•Off 2026• "Nocturne sexuel", un cabaret flamboyant à l'image de l'œuvre éponyme qui l'inspire" />
     </div>
     <div>
      Music-hall surréaliste d'après le poème éponyme de Vítězslav Nezval (1931).       <br />
       Traduction française : Helena Staub (Éditions Clémence Hiver en 1992, nouvelle édition en 2022).       <br />
       Adaptation : Olivier Pauls.       <br />
       Mise en scène : Olivier Pauls.       <br />
       Distribution : Olivier Pauls, Cécile Petit, Bruno Grégoire.       <br />
       Musique originale : Bruno Grégoire.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Quelques chansons du spectacle :</b>       <br />
       &quot;Les Nuits d'une demoiselle&quot;, Guy Breton/Raymond Legrand (1963).       <br />
       &quot;I'm a Stranger Here Myself&quot;, Ogden Nash/Kurt Weill (1943).       <br />
       &quot;Moi je m'ennuie&quot;, Voldemar Rosenberg (1933).       <br />
       &quot;La nuit s'efface&quot; (création originale), Bruno Grégoire (2025).       <br />
       &quot;Bilbao Song&quot;, Bertolt Brecht/Kurt Weill (1929).       <br />
       &quot;Let's Misbehave&quot;, Cole Porter (1927).       <br />
       &quot;Alabama Song&quot;, Bertolt Brecht/Kurt Weill (1927).       <br />
       &quot;Les Yeux noirs&quot;, Florian Hermann/Sergueï Gerdel (1879).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97958670-68198800.jpg?v=1788858838" alt="•Off 2026• "Nocturne sexuel", un cabaret flamboyant à l'image de l'œuvre éponyme qui l'inspire" title="•Off 2026• "Nocturne sexuel", un cabaret flamboyant à l'image de l'œuvre éponyme qui l'inspire" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <b>A été représenté du 4 au 25 juillet 2026.</b>       <br />
       Tous les jours à 22 h 35. Relâche le jeudi.       <br />
       Théâtre Optimist Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/97958670-68198772.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Nocturne-sexuel--un-cabaret-flamboyant-a-l-image-de-l-oeuvre-eponyme-qui-l-inspire_a4651.html</link>
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