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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>"Sandre"… Une vie qu’on épluche, même une toute petite vie, ça peut faire pleurer les yeux</title>
   <pubDate>Fri, 22 Feb 2019 14:32:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Sur scène, c'est comme un trône. Un trône pitoyable. Fauteuil à l'ancienne. Pas vraiment voltaire. Pas vraiment club non plus. Plutôt crapaud. Juché sur un piédestal pas du tout en marbre. Ça ressemble plus à de la palette empilée. Peinte en noir. Et puis un abat-jour en vessie de mouton tendue. Beige très clair. Monté sur un pied trop haut. Et puis c'est tout. Un trône ordinaire. Un trône de maison de banlieue. Elle y est installée. Elle n'en bouge pas. Elle y règne sur son domaine. Son domaine.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20715627-24074002.jpg?v=1500883074" alt=""Sandre"… Une vie qu’on épluche, même une toute petite vie, ça peut faire pleurer les yeux" title=""Sandre"… Une vie qu’on épluche, même une toute petite vie, ça peut faire pleurer les yeux" />
     </div>
     <div>
      Tout autour rien. Le vide obscur de l'irréalité, pourrait-on dire. Il n'y a qu'elle, juché sur son trône du quotidien, toute pâlotte dans cette nuit, qui brille. Qu'on voit. Et qui parle. Et qui trône sur son quotidien parce que c'est ça sa vie. La vie dont elle avait rêvé ou pas. La vie qu'on lui avait promise, c'est sûr. Et malgré les impondérables et le temps qui sabotent, elle la tenait sa vie, sa maison, son mari, ses enfants.       <br />
              <br />
       Qu'est-ce qu'elle dit ?... Elle s'explique, je crois. Elle parle à quelqu'un. À quelqu'un qui l'accuse, il faut croire. Quelqu'un qui l'accuse d'on ne sait pas quoi. On ne le saura qu'à la fin. Quand elle aura fini de parler. De s'expliquer. Enfin de raconter quoi, son domaine, son royaume, son empire, toutes ces années d'existence. Avec ses espoirs, très très humains. Très simples en fait. Et puis ses joies, ses plaisirs, ses émerveillements. Et puis ses déceptions bien sûr.       <br />
              <br />
       Une vie, c'est une sorte de succession de mondes qui s'écroulent, si on veut bien y réfléchir une seconde. On construit. On y croit. On flotte dans nos illusions jusqu'à ce qu'elles crèvent comme un ballon de baudruche et qu'on manque de crever avec elle. Parce que la petite pointe aigüe de la réalité est venue tout foutre en l'air, alors il y a plus qu'à en reconstruire un autre de bonheur. Ouais, il s'agit de parler de ça du bonheur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20715627-24074003.jpg?v=1500883185" alt=""Sandre"… Une vie qu’on épluche, même une toute petite vie, ça peut faire pleurer les yeux" title=""Sandre"… Une vie qu’on épluche, même une toute petite vie, ça peut faire pleurer les yeux" />
     </div>
     <div>
      C'est ce qu'elle fait avec ce texte, Solenn Denis. Mais pas vraiment. Enfin, c'est ce qui m'a touché moi. Parce que parler du bonheur, ce n'est pas très simple. Et en fait personne n'écoute ce genre de discours. On s'en fout du bonheur. Solenn Denis doit raconter autre chose au travers de cette femme qui raconte ce qu'elle a été. Ce qu'elle était. Ce qu'elle est devenue. Elle doit raconter un drame mais c'est un spectacle du coup tellement prenant qu'on ne sait plus, qu'on est fasciné tout le temps par elle, cette vie.       <br />
              <br />
       Une vie simple. Du moins, une vie à laquelle elle avait donné son accord. Une promesse de vie qu'elle avait endossée totalement. Parce que, déjà toute petite, on lui avait promis cette vie, cet amour, ce mari, ces enfants, cette maison. L'image, elle y était rentrée jusqu'au cou. Sans solution de repli. Alors, quand quelqu'un a décidé que cette image n'existait plus… Décrocher le tableau et elle avec. Elle s'est retrouvée par terre. Alors elle s'accroche à son fauteuil comme une naufragée. Son trône.       <br />
              <br />
       Parce qu'elle est ordinaire. Pas plus que quelqu'un d'autre, pas moins. Pas plus belle. Pas plus intelligente. Pas plus douée que quelqu'un d'autre. Même, si là, après le drame, elle est devenue particulière soudain. Mais elle ne se sent pas différente. Pas plus que ça. Et même si son domaine, son royaume, a été détruit. Sa féminité finalement aussi.       <br />
              <br />
       D'ailleurs, Solenn Denis a mis un homme dans le corps de son héroïne. Sa <span style="font-style:italic">&quot;tragéïne&quot;</span>. Ça n'existe pas tant pis. Et cette parole qui traverse ce corps d'homme démultiplie le propos de cette histoire fantastico-ordinaire diffusée comme une bombe qu'on retient prête à exploser, parce que le bonheur simple qu'on bafoue, c'est dangereux aussi. Et puis l'interprétation magnifique d'Erwan Daouphars qui empêche le pathétique pour faire hurler l'émotion pure. Un bijou. Un bijou ordinaire. Un bijou extraordinaire parce que ordinaire. Un cœur énorme quoi. Quoi ?... &quot;Sandre&quot;, de Solenn Denis, interprété par Erwan Daouphars.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Sandre"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20715627-24074004.jpg?v=1500883712" alt=""Sandre"… Une vie qu’on épluche, même une toute petite vie, ça peut faire pleurer les yeux" title=""Sandre"… Une vie qu’on épluche, même une toute petite vie, ça peut faire pleurer les yeux" />
     </div>
     <div>
      Texte : Solenn Denis (Éditions Lansman).       <br />
       Mise en scène : Collectif Denisyak.       <br />
       Avec : Erwan Daouphars.       <br />
       Conception lumière : Yannick Anché.       <br />
       Conception scénographique : Philippe Casaban et Eric Charbeau.       <br />
       Costumière : Muriel Leriche.       <br />
       Construction décor : Nicolas Brun.       <br />
       Production Collectif Denisyak, Drôles de Dames et le Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine.       <br />
       Durée : 1 h       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
              <br />
       <b>A été joué du 6 au 26 juillet 2017,       <br />
       à La Manufacture, Salle de la Patinoire, Avignon,       <br />
       dans le cadre du Festival Off 2017.       <br />
       A été représente du mardi 27 mars au dimanche 8 avril 2018.       <br />
       à la Maison des Métallos, Paris 11e.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Tournée</b></div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">4 et 5 mars 2019 :</span> Nebia, Bienne ( Suisse).       <br />
       <span class="fluo_jaune">7 mars 2019 :</span> Le Mail - scène culturelle, Soisson (02).       <br />
       <span class="fluo_jaune">14 mars 2019 :</span> Théâtre des 2 rives, Charenton (94).       <br />
       <span class="fluo_jaune">15 mars 2019 :</span> Chapiteau La Fontaine aux Images, Clichy-sous-Bois (93).       <br />
       <span class="fluo_jaune">16 mars 2019 :</span> Théâtre Jean Marais, Saint-Gratien (95).       <br />
       <span class="fluo_jaune">19 mars 2019 :</span> Espace Carpeau, Courbevoie (92).       <br />
       26 mars 2019 : Espace Jéliote, Oloron-Sainte-Marie (64).       <br />
       28 mars 2019 : Le Minotaure, Vallauris (06).       <br />
       Du 21 au 24 mai 2019 : Théâtre des Îlets - Centre dramatique national, Montluçon (03).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Première publication : 24 juillet 2017.</span>       <br />
       <span style="font-style:italic">Deuxième publication : 9 mars 2018.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/20715627-24074002.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Sandre-Une-vie-qu-on-epluche-meme-une-toute-petite-vie-ca-peut-faire-pleurer-les-yeux_a2063.html</link>
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   <title>•Avignon Off 2017• Une vie qu’on épluche, même une toute petite vie, ça peut faire pleurer les yeux</title>
   <pubDate>Mon, 24 Jul 2017 09:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2017]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Sur scène, c'est comme un trône. Un trône pitoyable. Fauteuil à l'ancienne. Pas vraiment voltaire. Pas vraiment club non plus. Plutôt crapaud. Juché sur un piédestal pas du tout en marbre. Ça ressemble plus à de la palette empilée. Peinte en noir. Et puis un abat-jour en vessie de mouton tendue. Beige très clair. Monté sur un pied trop haut. Et puis c'est tout. Un trône ordinaire. Un trône de maison de banlieue. Elle y est installée. Elle n'en bouge pas. Elle y règne sur son domaine. Son domaine.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15996414-21000947.jpg?v=1500883074" alt="•Avignon Off 2017• Une vie qu’on épluche, même une toute petite vie, ça peut faire pleurer les yeux" title="•Avignon Off 2017• Une vie qu’on épluche, même une toute petite vie, ça peut faire pleurer les yeux" />
     </div>
     <div>
      Tout autour rien. Le vide obscur de l'irréalité, pourrait-on dire. Il n'y a qu'elle, juché sur son trône du quotidien, toute pâlotte dans cette nuit, qui brille. Qu'on voit. Et qui parle. Et qui trône sur son quotidien parce que c'est ça sa vie. La vie dont elle avait rêvé ou pas. La vie qu'on lui avait promise, c'est sûr. Et malgré les impondérables et le temps qui sabotent, elle la tenait sa vie, sa maison, son mari, ses enfants.       <br />
              <br />
       Qu'est-ce qu'elle dit ?... Elle s'explique, je crois. Elle parle à quelqu'un. À quelqu'un qui l'accuse, il faut croire. Quelqu'un qui l'accuse d'on ne sait pas quoi. On ne le saura qu'à la fin. Quand elle aura fini de parler. De s'expliquer. Enfin de raconter quoi, son domaine, son royaume, son empire, toutes ces années d'existence. Avec ses espoirs, très très humains. Très simples en fait. Et puis ses joies, ses plaisirs, ses émerveillements. Et puis ses déceptions bien sûr.       <br />
              <br />
       Une vie, c'est une sorte de succession de mondes qui s'écroulent, si on veut bien y réfléchir une seconde. On construit. On y croit. On flotte dans nos illusions jusqu'à ce qu'elles crèvent comme un ballon de baudruche et qu'on manque de crever avec elle. Parce que la petite pointe aigüe de la réalité est venue tout foutre en l'air, alors il y a plus qu'à en reconstruire un autre de bonheur. Ouais, il s'agit de parler de ça du bonheur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15996414-21001009.jpg?v=1500883185" alt="•Avignon Off 2017• Une vie qu’on épluche, même une toute petite vie, ça peut faire pleurer les yeux" title="•Avignon Off 2017• Une vie qu’on épluche, même une toute petite vie, ça peut faire pleurer les yeux" />
     </div>
     <div>
      C'est ce qu'elle fait avec ce texte, Solenn Denis. Mais pas vraiment. Enfin, c'est ce qui m'a touché moi. Parce que parler du bonheur, ce n'est pas très simple. Et en fait personne n'écoute ce genre de discours. On s'en fout du bonheur. Solenn Denis doit raconter autre chose au travers de cette femme qui raconte ce qu'elle a été. Ce qu'elle était. Ce qu'elle est devenue. Elle doit raconter un drame mais c'est un spectacle du coup tellement prenant qu'on ne sait plus, qu'on est fasciné tout le temps par elle, cette vie.       <br />
              <br />
       Une vie simple. Du moins, une vie à laquelle elle avait donné son accord. Une promesse de vie qu'elle avait endossée totalement. Parce que, déjà toute petite, on lui avait promis cette vie, cet amour, ce mari, ces enfants, cette maison. L'image, elle y était rentrée jusqu'au cou. Sans solution de repli. Alors, quand quelqu'un a décidé que cette image n'existait plus… Décrocher le tableau et elle avec. Elle s'est retrouvée par terre. Alors elle s'accroche à son fauteuil comme une naufragée. Son trône.       <br />
              <br />
       Parce qu'elle est ordinaire. Pas plus que quelqu'un d'autre, pas moins. Pas plus belle. Pas plus intelligente. Pas plus douée que quelqu'un d'autre. Même, si là, après le drame, elle est devenue particulière soudain. Mais elle ne se sent pas différente. Pas plus que ça. Et même si son domaine, son royaume, a été détruit. Sa féminité finalement aussi.       <br />
              <br />
       D'ailleurs, Solenn Denis a mis un homme dans le corps de son héroïne. Sa <span style="font-style:italic">&quot;tragéïne&quot;</span>. Ça n'existe pas tant pis. Et cette parole qui traverse ce corps d'homme démultiplie le propos de cette histoire fantastico-ordinaire diffusée comme une bombe qu'on retient prête à exploser, parce que le bonheur simple qu'on bafoue, c'est dangereux aussi. Et puis l'interprétation magnifique d'Erwan Daouphars qui empêche le pathétique pour faire hurler l'émotion pure. Un bijou. Un bijou ordinaire. Un bijou extraordinaire parce que ordinaire. Un cœur énorme quoi. Quoi ?... &quot;Sandre&quot;, de Solenn Denis, interprété par Erwan Daouphars.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Sandre"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      Texte : Solenn Denis.       <br />
       Mise en scène : Collectif Denisyak.       <br />
       Avec : Erwan Daouphars.       <br />
       Durée : 1h25 (trajet en navette compris).       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2017•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 au 26 juillet 2017.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h 45 (relâche le mercredi).        <br />
       La Manufacture, Salle de la Patinoire,       <br />
       départ 2, rue des Ecoles, Avignon.        <br />
       Réservations : 04 90 85 12 71.       <br />
       <a class="link" href="http://www.lamanufacture.org/" target="_blank">&gt;&gt; lamanufacture.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/15996414-21000947.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"On peut tout fuir, sauf sa conscience", Zweig</title>
   <pubDate>Sat, 24 Sep 2011 17:40:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Michaël Duplessis</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le Théâtre des Variétés se pare d’une bien belle affiche en cette rentrée : la rencontre au sommet de Michel Aumont (Richard Strauss) et Didier Sandre (Stefan Zweig), sur fond de montée du nazisme. Si l’on passe outre les habituelles facilités propres aux mises en scène du théâtre privé, c’est surtout à l’étonnante pauvreté du texte que l’on doit notre semi-déception.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3301350-4733488.jpg?v=1317030341" alt=""On peut tout fuir, sauf sa conscience", Zweig" title=""On peut tout fuir, sauf sa conscience", Zweig" />
     </div>
     <div>
      Le titre de la pièce joue sur le double sens du mot collaboration. Au sens premier, la collaboration professionnelle et amicale de deux hommes qui combinent leur talent d’écrivain et de compositeur pour créer un opéra-bouffe, <span style="font-style:italic">La Femme silencieuse</span>. Mais aussi, en arrière-plan, le sens nouveau dont s’est chargé ce mot après la seconde guerre mondiale : la collaboration avec le régime nazi.        <br />
              <br />
       La pièce présente donc deux artistes déjà au sommet de leur gloire. Pourtant, c’est peut-être leur seul point commun. L’un, Richard Strauss, bien que proche du régime nazi naissant, pense être intouchable et non concerné par la politique. L’autre au contraire, Stefan Zweig, pressent et craint profondément la violence que va engendrer cette politique. Leur admiration mutuelle et leur envie de collaborer donnent naissance à un spectacle qui connaît un grand succès mais qui va être très vite interdit : le régime nazi n’a pas supporté que le nom du Juif Zweig reste à l’affiche. Pour la suite, on connaît l’histoire : accompagné de sa seconde épouse, l’écrivain fuit à travers l’Angleterre, les États-Unis, puis le Brésil enfin, où il met fin à ses jours. Quant au compositeur, pour protéger sa belle-fille juive et ses petits-enfants, il se retrouve contraint de travailler pour les nazis…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3301350-4733501.jpg?v=1317030300" alt=""On peut tout fuir, sauf sa conscience", Zweig" title=""On peut tout fuir, sauf sa conscience", Zweig" />
     </div>
     <div>
      Personnages passionnants, sans aucun doute, mais installés dans un décor sans surprise et des dialogues parfois un peu fades : une bibliothèque et quelques fauteuils, dont la couleur des coussins uniquement changera pour figurer l’intérieur de Strauss puis celui de Zweig. La pièce démarre bien lentement. Trop ? À dire vrai, le premier rebondissement ne survient qu’après une bonne heure de spectacle. Comment imaginer que ces deux artistes aient si peu de conversation ? Et comment la rencontre de ces deux génies ne produit-elle pas plus d’étincelles ? L’auteur, Ronald Harwood, est pourtant loin d’être un débutant : c’est à lui que l’on doit entre autres le scénario du <span style="font-style:italic">Pianiste</span>, réalisé par Polanski, et le texte de <span style="font-style:italic">L’Habilleur</span>, où triompha Terzieff. Il n’empêche que la mayonnaise ne prend pas vraiment, et la mise en scène plan-plan de Georges Werler, comme à son habitude, n’est pas là pour y ajouter du piment.       <br />
              <br />
       Michel Aumont, un de nos monstres sacrés du théâtre français, ne devient véritablement touchant que lorsqu’il est pris dans la douleur du déchirement : son art et son éthique d’un côté, et l’obligation de protéger sa famille de l’autre. Christiane Cohendy, qui joue sa femme avec beaucoup d’aplomb et parfois d’humour, si elle est une grande dame du théâtre, place sa voix un peu haute pour être tout à fait crédible ou émouvante.        <br />
              <br />
       En revanche, Didier Sandre dans le rôle de Zweig (personnage ô combien difficile à incarner) arrive à trouver un équilibre (bien complexe) entre richesse intérieure et insipidité apparente de l’artiste. Mettant de côté l’aspect parfois sophistiqué qui peut être le sien, le comédien réalise avec une humilité bienvenue une très belle performance.        <br />
              <br />
       On retiendra aussi la présence d’Eric Verdin en officier SS, froid, puissant, effrayant, absolument parfait comme toujours. Ses quelques scènes sortent du lot tant il les porte à un haut degré de tension.       <br />
              <br />
       La pièce heureusement se clôt sur un vrai moment d’émotion dans lequel le grand talent de Michel Aumont explose enfin : Strauss et sa femme face au tribunal de dénazification après la guerre… Ce pic final réconcilie quelque peu avec cette reconstitution historique manquant parfois cruellement de surprise et de saveur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Collaboration"</b></div>
     <div>
      (Vu le 17 septembre)       <br />
              <br />
       Texte : Ronald Harwood.       <br />
       Mise en scène : Georges Werler.       <br />
       Avec : Michel Aumont, Didier Sandre, Christiane Cohendy, Stéphanie Pasquet, Patrick Payet, Sébastien Rognoni, Eric Verdin.       <br />
       Décors : Agostino Pace.       <br />
       Lumières : Jacques Puisais.       <br />
       Costumes : Pascale Bordet.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Ce spectacle a débuté le 6 septembre 2011.</span>       <br />
       Théâtre des Variétés, Paris 2e.       <br />
       Locations : 01 42 33 09 92.       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h 30, le samedi à 21 h, le dimanche à 16 h 30.       <br />
       Durée 1 h 45.       <br />
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