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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-22T23:16:48+02:00</dc:date>
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   <title>"1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie</title>
   <pubDate>Wed, 15 Apr 2026 08:28:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est une grande fresque historique que propose le Théâtre du Soleil, sous la direction d'Ariane Mnouchkine, qui présente, entre autres, dans cette deuxième époque de "Ici sont les dragons", après la Révolution russe de la première époque, les accessions au pouvoir de Staline et de Hitler. La création se base sur des faits historiques où la part de l'incarnation théâtrale est quelque peu biaisée par des enregistrements audios.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96053313-67014862.jpg?v=1776235015" alt=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" title=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" />
     </div>
     <div>
      Pour les représentations du samedi, le Théâtre du Soleil propose l'intégrale de &quot;Ici sont les dragons&quot; comprenant deux époques dont nous avions fait un article pour la &quot;Première&quot; intitulée <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Ici-sont-les-dragons-Une-odyssee-revolutionnaire-epique-et-historique-_a4117.html" target="_blank">&quot;1917 : La Victoire était entre nos mains&quot;</a>. La deuxième, &quot;1918-1933 : Chocs et mensonges&quot;, s'amorce avec Lénine au pouvoir. Staline s'impose de plus en plus lors de la maladie du leader soviétique, puis à sa mort, il écarte Trotsky et dirige l'URSS. La représentation finit, entre autres, par l'accession au pouvoir de Hitler. Différents autres événements historiques sont traités et la troupe du Soleil montre les coulisses de ceux-ci, la soumission ou le courage des uns et des autres, et le cynisme des politiques.       <br />
              <br />
       Le personnage de la metteure en scène, Cornélia (Dominique Jambert en alternance avec Hélène Cinque), dans sa loge devant et un peu en dessous du plateau avec ses livres et ses carnets, est moins présent dans la deuxième époque que dans la première. Ariane Mnouchkine s'appuie beaucoup plus sur les faits historiques pour construire parfois de bout en bout des scènes, comme le discours de Léon Blum lors du congrès de Tours (1920).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96053313-67014896.jpg?v=1776235055" alt=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" title=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, l'Histoire s'apparie au théâtre et l'événement à la fable. L'imaginaire dramaturgique est essentiellement axé sur la scénographie qui permet, à chacun, de se représenter le tragique de l'Histoire. La trame est aussi appréhendée dans un fort rapport à l'Ukraine, qu'Ariane Mnouchkine soutient avec le Théâtre du Soleil depuis le début de l'invasion de la Russie. Le parti-pris est montré toutefois un peu trop explicitement, comme si le public ne pouvait pas le comprendre par lui-même.       <br />
              <br />
       Presque tous les acteurs portent un masque et miment des enregistrements audios, les propos tenus étant de temps en temps en français et principalement en russe, ukrainien, allemand ou anglais. Pour quasiment chaque réplique, une traduction est à lire, qui peut être fastidieuse et fait que le jeu théâtral, avec les masques des comédiens qui ne sont pas compensés par un jeu corporel spécifique, manque parfois d'expressivité.       <br />
              <br />
       De très beaux tableaux s'enchaînent cependant, comme celle, entre beaucoup d'autres, de la lecture de la lettre de l'écrivain Mikhaïl Boulgakov qui donne un souffle à la dramaturgie tout autant que le discours de Léon Blum lors du congrès de Tours.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96053313-67014902.jpg?v=1776235089" alt=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" title=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" />
     </div>
     <div>
      Les ruptures de rythme sont de différents ordres, scandées par les événements, la scénographie faisant place à différents contextes historiques. Certaines sont musicales, comme pour deux tableaux dans lesquels Clémence Fougea chante, donnant ainsi une respiration, une pause rythmique à la pièce, emmenant la trame dans un autre tempo avec, par exemple, &quot;Chanson de la rose blanche&quot;.       <br />
              <br />
       Trois babayagas (Dominique Lambert en alternance avec Andrea Marchant Fernandez et Judit Jancsó, Aline Borsari, Alice Milléquant) s'inscrivent, dans quatre scènes dédiées, dans un autre type de ruptures basé sur un imaginaire de conte de fées dans des clairs-obscurs où leurs mystères donnent une autre dimension à la création.       <br />
              <br />
       La scénographie découvre de grands espaces permettant une contextualisation des événements dans leur ampleur et leur durée. Elle symbolise aussi une place du pouvoir, vide de toute image du peuple, habitée seulement de ces tyrans, avides de mépris humain, d'espaces et de conquêtes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96053313-67014931.jpg?v=1776235644" alt=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" title=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" />
     </div>
     <div>
      La frontière entre ce qu'est Cornélia et ce qu'elle représente est parfois dans une zone grise, son rôle fluctuant par deux fois. Metteure en scène, elle semble surprise, un moment, par la trame dramaturgique, comme prise d'incompréhension par le tragique de l'Histoire, comme beaucoup peuvent l'être actuellement dans le contexte géopolitique. Lors du dernier tableau très symbolique, elle rejoint Churchill (Marilou Poujardieu avec la voix de Martin Vaughan Lewis) dans les flots. À ce moment, est-elle toujours metteure en scène ? Ou citoyenne vivant le moment historique ? Ou spectatrice d'une Histoire dont elle essaie en vain d'influer à rebours le destin ? Ou tout simplement est-elle emportée par le tragique de l'Histoire ?       <br />
              <br />
       Le spectacle est très ambitieux et de très belle facture, mais aurait à y gagner en faisant jouer les comédiens, avec leurs masques, dans un jeu vocal et corporel autre, beaucoup plus en lien organique avec ce qu'ils sont et ce qu'ils incarnent.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ici sont les dragons" </b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96053313-67014932.jpg?v=1776235676" alt=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" title=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" />
     </div>
     <div>
      <b>(Deuxième époque, 1918-1933 : Chocs et mensonges)</b>       <br />
       Une création collective du Théâtre du Soleil en harmonie avec Hélène Cixous.       <br />
       Dirigée par Ariane Mnouchkine.       <br />
       Comédiens : Hélène Cinque, Dominique Jambert, Mitia Zloto, Aline Borsari, Alice Milléquant, Seear Kohi, Andréa Marchant Fernandez, Anna Kuzina, Andréa Formantel Riquelme, Agustin Letelier, Élise Salmon, Ève Doe-Bruce, Vincent Mangado, Victor Gazeau, Judit Jancsó, Pamela Marin Munoz, Vincent Martin, Nolan Berruyer, Vijayan Panikkaveettil, Jean Schabel, Shaghayegh Beheshti, Xevi Ribas, Duccio Bellugi-Vannuccini, Ariane Hime, Maurice Durozier, Astrid Grant, Elise Salmon, Marilou Poujardieu, Tomaz Nogueira da Gama, Clémence Fougea, Ya-Hui.       <br />
       Voix : Ira Verbitskaya, Clémence Fougea, Reiichi Sato, Charlotte Krenz, Amoto Taniguchi, Egor Morozov, Judit Jancsó, Iori Onoguchi, Ira Verbitskaya, Martin Vaughan Lewis, Brontis Jodorowsky, Maurice Durozier, Sacha Bourdo, Arman Saribekyan, Artem Bannikov, Artem Tokmakov, Rei Ichi Sato, Hao-Yang Wu, Rainer Sievert, Alexandre Zloto, Vincent Mangado, Ciaran Creswell, Philip Weissert, Johannes Oliver Hamm, Sacha Bourdo, David Stanley, Vincent Martin, Yuriy Zavalnyouk, Hanna Kuzina.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96053313-67014944.jpg?v=1776235708" alt=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" title=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" />
     </div>
     <div>
      Musique composée par Clémence Fougea et jouée à chaque représentation avec Ya-Hui Liang.       <br />
       Durée du spectacle : 2 h 45 avec l'entracte pour la Première Époque, 3 h 10 avec entracte pour la Deuxième Époque (les jours d'intégrale il y aura 1 h de pause entre les deux époques).       <br />
       Pour rappel : la &quot;Deuxième Époque 1918-1933, Choc et mensonges&quot; a été créée le 12 mars 2026 ; la &quot;Première Époque 1917 : La Victoire était entre nos mains&quot;, quant à elle, le 27 novembre 2024.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 mars au 31 mai 2026.</span>       <br />
       Deuxième Époque : mercredi et jeudi à 19 h 30, dimanche à 14 h.       <br />
       Alternance Première et Deuxième Époque : vendredi à 19 h 30.       <br />
       Intégrale : samedi à 14 h sauf 2, 9 et 23 mai, deuxième époque.       <br />
       Relâches exceptionnelles 28, 29 avril et 1ᵉʳ mai.       <br />
       Théâtre du Soleil, La Cartoucherie, 2, route du Champ de Manœuvre, Paris 12ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 43 74 24 08.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatreonline.com/Spectacle/Ici-sont-les-dragons-Deuxieme-epoque/96000" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96053313-67014862.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/1918-1933-Choc-et-mensonges-Suite-d-une-grande-epopee-historique-ou-est-racontee-entre-autres-l-accession-au-pouvoir_a4531.html</link>
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   <title>•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État</title>
   <pubDate>Fri, 11 Jul 2025 12:51:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2025]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Ce spectacle radical, d'un humour sans concession et terriblement visuel, se déroule dans les studios de la télévision soviétique. Une émission d'information en direct avec ses deux présentateurs, une femme et un homme, attablés à un grand bureau qui fait face au public. Derrière eux, un vaste écran télé sur lequel apparaîtront les traductions des paroles (le spectacle est en russe et en anglais), mais aussi et surtout des captations faites en direct par les deux interprètes dans un jeu de construction/destruction qu'ils vont mettre en œuvre sur le bureau.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89848001-63470645.jpg?v=1752231390" alt="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" title="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" />
     </div>
     <div>
      Un bureau qui, à son tour, devient une deuxième scène où, filmés en gros plan, une série de manipulations illustrant les propos de la pièce vont se succéder. Froids, comme détaché de la réalité, déconnectés de leurs propres sensations, les deux présentateurs commencent une longue litanie de nouvelles comme dans un véritable journal télévisé, seulement, si certaines de ces &quot;nouvelles&quot; semblent coller à ce qu'on connaît des journaux télévisés, les informations dérivent très vite vers un absurde assumé, des annonces qui semblent provenir d'un cerveau un peu dérangé, des blagues d'un humour très noir, hilarantes de bêtise, d'absurde ou de méchanceté.       <br />
               <br />
       Et puis des témoignages fleurissent, des témoignages radioactifs pour une bonne partie puisqu'ils proviennent en majorité des textes de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature, dont on connaît les œuvres phares : La Guerre n'a pas un visage de femme, Supplication Tchernobyl, La Fin de l'Homme rouge. C'est cela que tente de nous faire saisir ce spectacle imaginé par Petr Boháč. Peut-être pas sa fin, à l'homme rouge, mais son état, son état à la chute de l'Union soviétique et surtout son état actuel.       <br />
               <br />
       Le rire alterne avec la stupeur, les petites scénettes prises à la caméra mettent en jeu, sur des assiettes, des micro-personnages comme des jouets d'enfant, mais aussi de la matière, de la terre, cette terre irradiée, des visages, ces visages rongés par l'atome, des chevelures salies porteuses de traces d'uranium quasi immortelles. Elles sont comme une vision vue du ciel qui accompagne ces anecdotes que, chacun leur tour, les deux interprètes disent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89848001-63470646.jpg?v=1752231449" alt="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" title="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" />
     </div>
     <div>
      Ce système, qui met en scène une réalité décalée dans laquelle les deux présentateurs, sans rien perdre de leur raideur, de leur froideur, de leur diction mécanique implacable et automatique, ces deux présentateurs perdent vite leur allure impeccable, tirée à quatre épingles, pour devenir maculés de terre, débrayés, s'enfilant des petits shots de vodka et venant en offrir au public. Ils ne semblent pourtant ne pas se rendre compte de leur dégradation, qui fait écho aux dégradations physiques et mentales dues à l'explosion de la centrale de Tchernobyl. Mais pas que.       <br />
               <br />
       Toute la pièce lance, avec un humour vache, un cri d'alarme, et l'on se sent traversé par l'effroi lorsque l'on se rend compte que c'est tout le peuple russe, soviétique et postsoviétique (Poutine ne fait pas moins bien que Staline), que tout ce peuple est rongé mentalement par la paranoïa, le masculinisme et l'absence d'espoir soigné à grand coup de vodka. Tout cela à cause d'une entreprise médiatique infernale de construction du mythe de l'homme russe, un miroir déformé qui est entré dans tous les esprits, a gangréné la vérité, la réalité, le jugement.       <br />
               <br />
       Ce monde soviétique semble comme le laboratoire fou où expérimenter la manipulation des masses par la désinformation systématique et l'autoritarisme d'État. Peut-être un de ces labos dont cherchent à s'inspirer les milliardaires occidentaux si avides d'achat de médias. La liste de ceux-ci est trop longue pour les nommer tous. Quoi qu'il en soit, The Last of the Soviets montre avec absurdité, humour et dérision, ce que de telles influences peuvent provoquer.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Petr Boháč, auteur du concept et du projet, a travaillé à partir de plusieurs livres de Svetlana Alexievitch : &quot;La Fin de l'Homme rouge&quot;, &quot;La Guerre n'a pas un visage de femme&quot;, &quot;La Supplication : Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse&quot;, &quot;Les cercueils de zinc&quot;, textes qui reflètent et commentent plusieurs moments essentiels de l'histoire russe et soviétique.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"The Last of the Soviets"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89848001-63470655.jpg?v=1752231474" alt="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" title="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" />
     </div>
     <div>
      Conception : Petr Boháč.       <br />
       Mise en scène : Petr Boháč.       <br />
       Avec : Inga Zotová-Mikshina et Roman Zotov-Mikshin       <br />
       Soutien technique : Martin Tvrdý.       <br />
       Chef de projet : Barbora Repická.       <br />
       Par la Spitfire Company.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 40 (trajet navette compris).       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 au 22 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours pairs à 13 h 55. Relâche le 10 juillet.       <br />
       Théâtre La Manufacture, 2, rue des Écoles, Avignon.       <br />
       Spectacle au Château de Saint-Chamand : départ navette 13 h 55 - Jeu 14 h 20.        <br />
       Réservation : 04 90 85 12 71.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.lamanufacture.org/spectacle?id_spectacle=592" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://lamanufacture.org/" target="_blank">>> lamanufacture.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/89848001-63470645.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-The-Last-of-the-Soviets-Comment-decerebrer-le-peuple-russe-radicalement-Les-degats-de-la-desinformation-d-Etat_a4301.html</link>
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   <title>"Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur</title>
   <pubDate>Wed, 19 Mar 2025 18:03:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Fort de son riche parcours cinématographique et artistique, le cinéaste et metteur en scène Amos Gitaï poursuit son exploration théâtrale. Après avoir créé "House" (2023) au Théâtre de la Colline, il investit et traite, dans ces mêmes lieux, la souffrance du peuple juif. Dans une série de parcours de vie, Amos Gitaï s'inscrit dans une approche multilingue et kabbalistique avec la figure protectrice du Golem.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87303714-61954092.jpg?v=1742404810" alt=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" title=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" />
     </div>
     <div>
      Lumière tamisée sur une vaste scène. Au-dessus de celle-ci sont suspendus des fragments de pièces d'habitation, comme des restes d'explosions. Ils sont des instantanés figés qui recèlent des moments de vie passés.       <br />
              <br />
       La scénographie est à l'image de ce qui se joue sur scène, avec un narratif découpé entre les protagonistes sur des morceaux d'existence, vécus ou de filiation familiale, qui font boussole pour chacun d'entre eux.       <br />
              <br />
       Sur le plateau, deux planches à roulettes accueillent respectivement une table où est situé le violoniste Alexey Kochetkov avec aussi ses synthés et une autre avec le musicien Kioomars Musayyebi et son santour. Ailleurs, à même le plateau, se trouve un piano avec Florian Pichlbauer. La musique et le chant sont très présents tout du long de la représentation.       <br />
              <br />
       Cela débute d'ailleurs par un chant à la harpe de Marie Picaut, avant même que le public n'ait fini de s'installer. Puis s'enchaînent des récits, des bouts de vies sans qu'ils se recoupent au travers d'une perdition, celle d'une guerre, d'une tragédie que l'on fait revivre par la parole et le souvenir. On y entend de l'hébreu, du yiddish, de l'allemand, de l'arabe, du français, du russe, du ladino (langue judéo-espagnole), de l'espagnol, de l'anglais. Tout est surtitré en français ou en anglais.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87303714-61954094.jpg?v=1742404832" alt=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" title=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" />
     </div>
     <div>
      C'est un hymne, un chant à la résilience, à la résistance où sont convoquées les histoires des uns et des autres, dont on ignore pour la plupart à quoi elles se rattachent précisément. Il n'y a en effet pas d'ancrage géographique ou temporel. Parfois, elle est filiale quand des figures familiales sont nommées. Par les langues usitées, le metteur en scène et dramaturge Amos Gitaï semble poser un récit qui recouvre un espace-temps de plusieurs siècles allant jusqu'à notre époque contemporaine.       <br />
              <br />
       Ce qui fait lien entre eux tous, au-delà de leur souffrance, est ce Golem, être mythique et imaginaire dans la culture hébraïque, à la combinaison décharnée, recouverte de boue. Les récits se greffent dans un passé, voire un présent, qui ne passe pas, causé par de grandes souffrances et des tragédies. En écho se fait entendre la Shoah et les massacres du 7 octobre. Ces réalités, et d'autres du passé, devenues psychiques, voire physiques, construisent l'existence des personnages avec un passé qui les phagocyte, bouscule leur présent et hypothèque leur futur.       <br />
              <br />
       La scénographie est dans un spectre où elle paraît être en écho à une mise en situation autant psychologique que physique des protagonistes. Nous sommes dans des camaïeux de couleurs ocres, mats et chaudes qui ressemblent à celles de la terre, comme venant d'un monde enseveli avec des vêtements éparpillés au sol. Et c'est dans cette approche scénique que le Golem a toute sa place et sa mesure parmi les autres personnages. Il se glisse entre eux, disparaît pour réapparaître. Figure légendaire, généralement humanoïde, faite d'argile et issue de textes kabbalistiques, le Golem est une créature qui a pour rôle de protéger le peuple juif. Incapable de parole et de libre arbitre, Amos Gitaï l'envisage différemment, en le faisant participer à la narration. Celle-ci est plurielle et multiple. La douleur est présente et diffuse, le spectacle devenant comme un hymne à celle-ci.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87303714-61954150.jpg?v=1742404853" alt=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" title=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" />
     </div>
     <div>
      Le jeu est basé sur une forte présence physique des comédiens par le biais de leur corps, voix et costumes caractéristiques. Il n'y a pas d'échanges entre protagonistes. Leurs lieux scéniques ne sont jamais segmentés, traversés, interrompus. Chacun est dans son pré-carré. Ils circulent et bougent dans un espace qui n'est jamais le même pour la plupart, sans qu'il y ait de rencontre. Le drame et la détresse les laissent seuls face à eux-mêmes et aux autres. Tout semble, à dessein, fuyant et fragile, avec la parole qui permet de donner une consistance à ce qui a été perdu, comme un socle sur lequel ils construisent leur vérité.       <br />
              <br />
       Le spectacle est politique, avec une profondeur qui manque tant à notre époque et dont Amos Gitaï est, de façon toujours aussi talentueuse, coutumier.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Golem"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87303714-61954155.jpg?v=1742404878" alt=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" title=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en français, yiddish, allemand, anglais, arabe, espagnol, hébreu, ladino, russe, surtitré en anglais et en français.       <br />
       Texte : Amos Gitaï et Marie-José Sanselme.       <br />
       Mise en scène : Amos Gitaï.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Céline Bodis, Talia De Vries, Anat Golan.       <br />
       Avec : Bahira Ablassi, Amos Gitaï, Irène Jacob, Micha Lescot, Laurent Naouri, Menashe Noy, Minas Qarawany, Anne-Laure Ségla.       <br />
       Musiciens : Alexey Kochetkov (violon et synthés), Kioomars Musayyebi (santour), Florian Pichlbauer (piano).       <br />
       Chanteuses : Dima Bawab, Amandine Bontemps, Zoé Fouray, Sophie Leleu,        <br />
       Voix et harpe : Marie Picaut.       <br />
       Recherche : Rivka Markovitski Gitaï.       <br />
       Lumières : Jean Kalman, assisté de Juliette de Charnacé.       <br />
       Son : Éric Neveux.       <br />
       Scénographie : Amos Gitaï, assisté de Sara Arneberg Gitaï.       <br />
       Coiffures et maquillage : Cécile Kretschmar.       <br />
       Costumes : Fanny Brouste, assistée d'Isabelle Flosi.       <br />
       Patine costumes : Emmanuelle Sanvoisin.       <br />
       Vidéo : Laurent Truchot.       <br />
       Conseiller musical et chef de chœur : Richard Wilberforce.       <br />
       Fabrication des accessoires, costumes et décor : ateliers de La Colline.       <br />
       Durée : 2 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 mars au 3 avril 2025.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       La Colline - Théâtre national, Grand Théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="https://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87303714-61954324.jpg?v=1742405496" alt=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" title=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87303714-61954339.jpg?v=1742405525" alt=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" title=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/87303714-61954092.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Golem-Une-mosaique-d-histoires-et-de-temoignages-a-la-decouverte-d-un-mythe-protecteur_a4173.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !</title>
   <pubDate>Mon, 06 Jan 2025 06:35:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans une grande épopée dont Ariane Mnouchkine a prévu plusieurs époques, le théâtre du Soleil nous plonge, pour la première époque, dans la Révolution russe. La mise en scène est au plus proche des faits réels de celle-ci, en utilisant les langues anglaise, ukrainienne et russe pour être au diapason des figures célèbres qui y ont pris part, en la combattant ou en la menant.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85343620-60835586.jpg?v=1736107219" alt=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" title=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" />
     </div>
     <div>
      Toujours au rendez-vous, Ariane Mnouchkine, assistée d'Hélène Cixous dans une œuvre collective du Théâtre du Soleil, est fidèle à ses combats, à sa vision du 6ᵉ art et à son exigence artistique où est narrée, sur les planches, une grande épopée historique avec ses décors somptueux, son style de jeu, dans une première époque intitulée &quot;Ici sont les dragons&quot;, et qui en comportera d'autres.       <br />
              <br />
       Pour celle-ci, le spectre temporel s'étale entre 1916 et janvier 1918, diversement situé au Pas-de-Calais, en Picardie, à Kiev, à Petrograd, en Allemagne et en Ukraine de l'Ouest. La pièce relate les événements juste avant et pendant la Révolution russe de 1917, avec la chute du tsar Nicolas II (1868-1918) qui a donné lieu à l'éveil de la démocratie, suivi rapidement par la prise de pouvoir de Lénine (1870-1924) et de sa dictature.       <br />
              <br />
       La scénographie découvre un front de guerre avec son terrain recouvert de nappes givrées et de neige qui tombe par un mécanisme à dessein visible, où un comédien, côté cour, actionne une corde qui fait bouger en hauteur un long plateau fin pour la faire descendre. Situées côté cour, les coulisses du spectacle sont visibles durant toute la représentation. Dans celles-ci, une chorale de chanteurs entonne, durant un moment, un très beau chant. Il y a du théâtre dans le théâtre à de très nombreuses reprises avec la protagoniste principale, la metteure en scène (Hélène Cinque en alternance avec Dominique Jamblet), qui monte parfois sur les planches pour diriger les interprètes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85343620-60835587.jpg?v=1736107256" alt=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" title=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" />
     </div>
     <div>
      La pièce est découpée en douze tableaux avec des décors changeants. Nous sommes en plein cœur d'un processus créateur artistique, la loge de la metteure en scène est située sous l'avant-scène, seul élément fixe dans la scénographie. Autour d'elle, il y a des manuscrits et des livres mettant en exergue un travail de recherche fait pour cette création. Elle doit choisir, ne pouvant tout montrer, comme elle le dit à l'un des personnages, soldat de son statut, qui l'interpelle lors d'une scène, car souhaitant qu'elle fasse référence à Karl Kautsky (1854-1938), homme politique germano-autrichien et théoricien marxiste, et à Nestor Makhno (1888-1934), révolutionnaire ukrainien.       <br />
              <br />
       Qui parle de Karl Kautsky et de Nestor Makhno ? Le comédien, citoyen de son art et porteur de l'engagement politique du Théâtre du Soleil, ou le combattant incarné luttant pour la souveraineté de son pays et militant auprès de Nestor Makhno ? L'interprète, soucieux de ce qu'il joue ou le personnage ? Le 6ᵉ art est mis en abyme sur ce qui relève de l'incarnation, de sa construction et de ses valeurs. Nous sommes ainsi situés dans un entre-deux de ce qui est théâtre dans le théâtre et théâtre dans son propos, de ce qui est joué et de ce qui est dit, les seconds termes bousculant toujours les premiers.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85343620-60835598.jpg?v=1736107293" alt=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" title=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" />
     </div>
     <div>
      Autour de Churchill, Kerenski, Lénine, Staline et Trotski, une multitude de protagonistes apparaissent, dont beaucoup oubliés par l'Histoire. Les comédiens portent des masques pour incarner ces figures historiques. Ces accessoires font qu'ils ont un aspect froid et distant entre eux. L'expressivité faciale est donc absente, les humeurs et émotions ne pouvant transparaître. Le jeu verbal semble toujours en décalage entre le dit et le manifesté, mettant en exergue des hommes animés uniquement de calculs politiques. Elle montre ainsi le visage froid et implacable de l'Histoire.       <br />
              <br />
       En arrière-fond, la trame sonore du spectacle est basée sur des enregistrements en langues anglaise, russe et ukrainienne. Sauf pour la metteure en scène, le français est utilisé à de rares exceptions. Elles deviennent le lien essentiel qui relie les événements aux hommes qui les ont décidés. Elles sont ainsi supports d'immixtion d'une période dont elles sont le repère pour être au plus proche des faits. La langue devient ainsi un élément d'authenticité.       <br />
              <br />
       Dans ce rapport à l'autre que les comédiens entretiennent avec leurs personnages, tout passe par la présence physique et le jeu corporel. La fable, dans le cadre d'une optique baignée d'imagination, est ainsi mise en retrait par rapport aux faits réels. Le 6ᵉ art devient témoin historique permettant de combattre mensonges et &quot;faits alternatifs*&quot;. C'est ce qui est mis en exergue dans la première scène, quand la metteure en scène stoppe directement une interview télévisée de Poutine, projetée en arrière-scène, qui raconte sa &quot;vérité&quot;, en tordant les faits.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85343620-60835611.jpg?v=1736107324" alt=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" title=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" />
     </div>
     <div>
      Dans le dernier tableau, elle filme, avec son téléphone portable, le palais d'hiver de Petrograd où la démocratie avait pris ses quartiers pendant quelques mois. La projection est faite en même temps sur grand écran, nostalgique d'une courte période en URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques) que l'on souhaiterait voir aujourd'hui en Russie, comme dans de nombreux pays sous égide dictatoriale et ailleurs où elle est de plus en plus malmenée par les fake news.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* &quot;Alternative facts&quot; (en V.O.), expression utilisée par la conseillère du président américain Donald Trump, Kellyanne Conway, le 22 janvier 2017, pour minimiser les impacts de l'appréciation à dessein erronée de Sean Spicer, porte-parole de la Maison-Blanche, du nombre de participants, la veille, à l'investiture du président.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ici sont les dragons"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85343620-60849882.jpg?v=1736183306" alt=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" title=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" />
     </div>
     <div>
      <b>Première époque, 1917 : La Victoire était entre nos mains.</b>       <br />
       Création collective du Théâtre du Soleil, en harmonie avec Hélène Cixous.       <br />
       Dirigée par Ariane Mnouchkine.       <br />
       Musique composée par Clémence Fougea, jouée à chaque représentation avec Ya-Hui Liang.       <br />
       Compositions musicales : Dimitri Chostakovitch, Sergueï Prokoviev et Yevhen Adamtsevytch, Ilia Chatrov, Fritz Cohen, César Franck, Reinhold Glière, Gustav Holst, Mykola Leontovytch, Edmund Meisel et Richard Wagner.       <br />
       Comédiens : Hélène Cinque, Dominique Jambert, Nirupama Nityanandan, Aline Borsari, Alice Milléquant, Omid Rawendah, Sébastien Brottet-Michel, Seear Kohi, Andréa Marchant Fernandez, Andréa Formantel Riquelme, Agustin Letelier, Farid Joya, Élise Salmon, Ève Doe-Bruce, Vincent Mangado, Samir Abdul Jabbar Saed, Judit Jancsó, Pamela Marin Munoz, Vincent Martin, Seietsu Onochi, Vijayan Panikkaveettil, Reza Rajabi, Jean Schabel, Shaghayegh Beheshti, Xevi Ribas, Dimitri Leroy, Duccio Bellugi-Vannuccini, Ariane Hime, Maurice Durozier, Astrid Grant, Tomaz Nogueira da Gama, Sava Lolov, Clémence Fougea.       <br />
       Voix : Ira Verbitskaya, Egor Morozov, Judit Jancsó, Martin Vaughan Lewis, Brontis Jodorowsky, Arman Saribekyan, Judit Jancsó, Alexey Dedoborsch, Cyril Boutchenik, Rainer Sievert, Johannes Hamm, Sacha Bourdo, Yuriy Zavalnyouk, Anna Kuzina.       <br />
       Musiciens de l'orchestre : Agustin Letelier, Ya-Hui Liang (percussions), Andréa Marchant Fernandez (saxophone), Vincent Martin (piano), Xevi Ribas (clarinette), Elise Salmon (basse).       <br />
       Durée : 2 h 45 avec l'entracte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85343620-60849904.jpg?v=1736183282" alt=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" title=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Jusqu'au 27 avril 2025.</span>       <br />
       Du mercredi au vendredi à 19 h 30, samedi à 15 h et dimanche à 13 h 30.       <br />
       Relâches exceptionnelles : 25 décembre 2024, puis du 1ᵉʳ au 7 janvier 2025 inclus.       <br />
       Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12ᵉ, 01 43 74 24 08.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/85343620-60835586.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Ici-sont-les-dragons-Une-odyssee-revolutionnaire-epique-et-historique-_a4117.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain</title>
   <pubDate>Fri, 24 May 2024 18:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Anton Tchekhov portait en lui le regard aiguisé de celui qui – ayant connu une éducation rude dispensée par un père épicier, fils de serf affranchi, violent et bigot – n'a eu de cesse de peindre sans concession les zones de failles du genre humain. Et si dès ses œuvres de jeunesse il s'y emploie, mêlant tendresse et humour au tragique du quotidien, le trait satirique n'en est pas moins fulgurant… Mais comment, près de cent cinquante plus tard, "représenter" ici et maintenant le monde de Tchekhov, russe du XIXe siècle, refusant toute illusion sur l'homme, la société et la religion ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80499254-58097766.jpg?v=1716569452" alt=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" title=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" />
     </div>
     <div>
      C'est le défi que se devaient de relever le metteur en scène Jean-Pascal Pracht et ses complices, Héloïse Lacroix, Christian Loustau et Alain Raimond, acteurs du Théâtre du Lieu sans nom. En effet, si le &quot;sujet humain&quot; des deux pièces de jeunesse du dramaturge russe n'a pas vieilli d'un iota, le décorum, lui, a pris quelques rides… Aussi, quand le rideau se lève sur &quot;L'Ours&quot;, la première pièce, découvrant un intérieur petit bourgeois à l'ancienne – celui de la veuve Elena Popova –, on se met à nourrir quelque appréhension : allait-on nous resservir une énième version en costumes d'époque, resucée à l'envi ? Et lorsque Louka, le vieux valet fidèle de Madame, allure altière, nœud papillon et tutti quanti, fait son entrée pour s'affairer autour du lustre en cristal descendant des cintres, on se met sérieusement à le redouter…       <br />
              <br />
       … sauf qu'il ne s'agit plus d'allumer les candélabres, mais de changer une ampoule grillée. On s'apercevra vite que les lourdes tentures ne sont là que tissus fluides de voile de crêpe noir, les mêmes dont se drape la séduisante jeune veuve éplorée pour, dans un montré-caché des plus suggestifs, (dé)voiler ses attraits troublants. Quant aux voiles des tentures, ils se révèlent de fragiles fétus de paille destinés à être volatilisés sous le souffle impétueux du désir gagnant contre toute attente Popova, la veuve inconsolable, et Smirnov, l'&quot;exploitant&quot; teigneux venu dare-dare lui réclamer l'argent que lui devait son mari défunt…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80499254-58097767.jpg?v=1716569498" alt=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" title=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" />
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      De même, l'interprétation de Popova, psalmodiant en boucle, comme on égrène un chapelet, son attachement ad vitam aeternam à son défunt mari l'ayant trompé à tire-larigot, jusqu'à, frisant de peu la pâmoison, griffer de ses ongles impeccablement faits le portrait de son cher disparu, prend l'allure exquise d'une farce contemporaine. Et l'interprétation &quot;sauvage&quot; de l'ancien lieutenant d'artillerie, fait propriétaire foncier bourré de dettes, et parcourant en tous &quot;sens&quot; le plateau, n'a rien à lui envier tant elle fleure le parfum d'une dérision exquise. Quant au couplet sur la nature superficielle de la femme, tenu par celui-là même qui se targue d'avoir connu <span style="font-style:italic">&quot;plus de femmes qu'elle de moineaux&quot;,</span> des femmes, dit-il, qui <span style="font-style:italic">&quot;jeunes ou vieilles ne sont que des poseuses, des faiseuses d'embarras&quot;,</span> il vaut son pesant de kopecks.       <br />
              <br />
       Pour ce qui est de la chute – quelque peu réécrite, certaines de ses répliques étant mises au goût du jour du combat pour l'égalité des sexes –, elle met en scène un savoureux duel aux pistolets Smith &amp; Wesson propre à supplanter par son humour décalé les romances chères aux &quot;foules sentimentales&quot;. Pari gagné…       <br />
              <br />
       Et, dans la pure tradition de &quot;L'illusion comique&quot; – la tragicomédie d'un certain Corneille mettant en valeur les vertus de la comédie pour mieux dévoiler le réel –, le couple d'acteurs de &quot;L'Ours&quot;, travail accompli, traversera le plus ordinairement qui soit le plateau plongé dans la semi-obscurité de l'entracte pour rejoindre la sortie des artistes… Une vraie fausse sortie, jouée fort naturellement, propre à assurer une parfaite transition avec la seconde pièce mettant en jeu un vieil acteur imbibé d'alcool se réveillant au plus profond de sa nuit pour découvrir un théâtre vide…       <br />
              <br />
       Vassili Svetlovidov, le protagoniste du &quot;Chant du cygne&quot; passablement éméché, émerge peu à peu des ténèbres qui l'engloutissent au propre comme au figuré. Sculpté superbement entre ombres et lumières par Jean-Pascal Pracht, le corps de l'acteur donne voix à la détresse l'envahissant. Toussant, se raclant la gorge, crachant ses poumons, en bretelles et chemise dépenaillée, il offre entre rires et pleurs une image de l'artiste en décomposition.       <br />
              <br />
       Lucide, jusqu'en perdre la raison, il divague jusqu'à ressentir les frissons d'une vieillesse glaciale gagnant son être. <span style="font-style:italic">&quot;La vie, elle a passé&quot;,</span> entre rires et drame on croit entendre là de manière prémonitoire la dernière réplique du vieux domestique de &quot;La Cerisaie&quot;, ultime pièce du dramaturge. <span style="font-style:italic">&quot;La vie et la bouteille&quot;,</span> se rattrape-t-il… au mur tant son état lui offre l'équilibre instable propre à déclencher le rire du spectateur en manque.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80499254-58097835.jpg?v=1716569726" alt=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" title=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" />
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      Gueulant à tue-tête pour tenter de peupler sa solitude abyssale, il fait face à la fosse (du théâtre) où rôde la mort de ce qu'il fut : un artiste reconnu… Se parlant à lui-même, dans un flash-back retentissant, défilent alors ses quarante-cinq années données au Théâtre… En compagnie du souffleur, trouvant lui dans ce lieu un endroit où dormir, il va chevaucher les rôles qui lui ont fait tutoyer les étoiles… Le tsar Boris Godounov, le Roi Lear (le souffleur lui donnant la réplique du fou donne lieu à une séquence inénarrable de drôleries), et pour faire revivre le passé encore et encore, occulter le poids des ans et repousser la vieillesse ennemie, il incarne superbement Hamlet, le héros tragique par excellence…       <br />
              <br />
       Jusqu'à ce que la mémoire cruelle lui impose le souvenir de cette ravissante jeune femme, tombée raide amoureuse du jeune acteur qu'il était… mais se refusant pour autant à lui, l'homme jugé histrion grotesque. Depuis, il se vit comme un bouffon destiné à distraire un public tout aussi ingrat, &quot;épousant&quot; le regard de cet amour perdu à jamais. Et si le tragique prend alors le masque d'une franche rigolade entre les deux hommes, s'esclaffant de l'indécence qu'il y aurait eu à renoncer au Théâtre pour les yeux d'une belle, il n'en est pas moins palpable. Leurs rires résonnent comme celui de Dom Juan face à la statue du Commandeur, comme si l'anéantissement ne pouvait survenir que quand le rire se serait tu.       <br />
              <br />
       Pour notre part, nous rendrons grâce à cette représentation d'un Tchekhov plus vrai que nature dans son habillage faussement d'époque. En effet, la troupe du Lieu sans nom a su, avec grande justesse et superbe fantaisie, porter jusqu'à nous la lucidité corrosive du dramaturge russe recourant aux masques de la comédie pour distiller dans ses plis le tragique ordinaire.       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 18 mai 2024 au Théâtre du Lieu sans nom à Bordeaux.</b>
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     <div><b>"L'Ours et Le Chant du cygne"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80499254-58097836.jpg?v=1716569750" alt=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" title=""L'Ours et Le Chant du cygne" de Tchekhov, zones de failles en zoo humain" />
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      Texte : Anton Tchekhov.       <br />
       Mise en scène : Jean-Pascal Pracht.       <br />
       Avec : Héloïse Lacroix, Christian Loustau, Alain Raimond.       <br />
       Scénographie, lumière : Jean-Pascal Pracht.       <br />
       Par la Cie Tiberghien.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 au 26 mai 2024.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à 20 h 30, dimanche à 16 h.       <br />
       Le Lieu Sans Nom, 12, rue de Lescure, Bordeaux, 09 54 05 50 54.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lelieusansnom.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lelieusansnom.fr</a>
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