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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-14T08:13:28+02:00</dc:date>
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   <title>"Hughie", le bon tuyau !</title>
   <pubDate>Mon, 28 Oct 2013 22:13:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Yves Ruf revient cette saison avec "Hughie", un texte d’Eugène O’Neill. La proposition est plus "modeste" qu’au Français la saison passée avec "Troïlus et Cressida". Mais la mise en scène et la direction d’acteurs sont non moins réussies. L’idée vient d’abord de Philippe Buquet, directeur de l’Espace des Arts (Scène nationale Chalon-sur-Saône) où s’est créée la pièce.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5998178-8942787.jpg?v=1382996343" alt=""Hughie", le bon tuyau !" title=""Hughie", le bon tuyau !" />
     </div>
     <div>
      Érié Smith est client depuis de nombreuses années d’un hôtel new yorkais miteux. Il rentre d’une nuit de jeu et de beuverie où manifestement il s’est fait essorer. Plutôt que de se résoudre à rejoindre seul son lit, il entame un &quot;brin de causette&quot; avec Hughie, le tout nouveau réceptionniste de nuit. Ce dernier écoute avec patience les plaintes de ce client qui regrette la disparition de l’ancien gardien. Plus qu’un ami, il était la possibilité de se refaire auprès de lui une image mise à mal par sa vie décousue. Mais la ressemblance entre l’ancien et le nouveau gardien est étonnante. Et O’Neill a poussé le jeu jusqu’à leur donner les même noms. Ainsi, de l’écoute patiente et polie à un intérêt marqué, l’échange entre les deux personnages va peu à peu se transformer et se densifier jusqu’à ce que ce Hughie devienne le nouveau faire-valoir du joueur. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5998178-8942788.jpg?v=1382996343" alt=""Hughie", le bon tuyau !" title=""Hughie", le bon tuyau !" />
     </div>
     <div>
      Il semble que &quot;Hughie&quot; n’avait pas été joué depuis Terzieff. Un de ses derniers rôles. Mais avec la nouvelle traduction de Louis-Charles Sirjacq, cette pièce, écrite en 1928, a bénéficié d’un coup de jeune et s’est récupéré un ton dont elle avait certainement besoin. C’est en tout cas sur cette gouaille très new yorkaise des années trente que Jacques Tresse et Gilles Cohen composent avec intelligence leur rôle.        <br />
              <br />
       Et les répliques d’Érié sont cinglantes. Elles découvrent un regard cynique (sur la famille notamment) qui décape. Cela fait longtemps que ce parieur invétéré est descendu de son piédestal, ses gloires passées ne sont plus que de doux souvenirs. Il porte la vision d’un monde malade. Pas étonnant d’ailleurs que Jean-Yves Ruf  ait accroché sur cette pièce. On retrouve beaucoup de ce qu’il aime mettre en scène : des figures complexes, cependant ramenées à leur simple individualité. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5998178-8942790.jpg?v=1383034444" alt=""Hughie", le bon tuyau !" title=""Hughie", le bon tuyau !" />
     </div>
     <div>
      Quant à Hughie, s’il ne parle pas beaucoup, le rôle est d’une difficulté monstre. Tenu superbement par Jacques Tresse, on peut dire qu’il a réussi à se ménager une posture qui lui donne la gueule de l’emploi ! Yeux cernés, au regard de chien battu, l’œil s’allume et le visage se compose peu à peu, le personnage se complexifie à mesure qu’il prête un intérêt à ce que lui raconte ce Smith. L’air, l’attitude, les mimiques de l'acteur, tout rappelle, respire même l’image que l’on peut se faire à cette époque d’un gardien de nuit new yorkais.        <br />
       	       <br />
       Même si Gilles Cohen a peut-être encore un peu de chemin à parcourir pour rendre son personnage encore plus caustique, il n’en reste pas moins que le spectateur assiste à un beau moment de théâtre. Voilà deux rôles très difficiles à mener, deux défis à relever pour ces deux comédiens dont la qualité de leur jeu repose entièrement sur leur attitude et ce qu’ils dégagent. Mais ne passons pas outre une scénographie intelligente : certains accessoires (très peu nombreux) permettent de mettre en avant le monde intérieur de Hughie avec subtilité. On pense entre autre au poste de radio comme prolongement d’un moi intérieur un peu trouble…       <br />
              <br />
       Voilà une pièce étonnante de modernité (si ce n’est déjà par sa forme) et à l’humour bien grinçant. Un petit bijou d’une heure, qu’on aimerait bien voir sur nos scènes parisiennes…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Hughie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5998178-8942791.jpg?v=1383034445" alt=""Hughie", le bon tuyau !" title=""Hughie", le bon tuyau !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Eugène O'Neill.       <br />
       Nouvelle traduction de Louis-Charles Sirjacq.        <br />
       L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté.       <br />
              <br />
       Mise en scène : Jean-Yves Ruf.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Flore Simon.       <br />
       Avec : Gilles Cohen et Jacques Tresse.        <br />
       Scénographie et costumes : Laure Pichat.       <br />
       Lumière : Christian Dubet.       <br />
       Son : Vassili Bertrand.        <br />
              <br />
       <b>A été créé du 15 au 19 octobre 2013 à l'Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône (71).</b>       <br />
       <a class="link" href="http://www.espace-des-arts.com/" target="_blank">&gt;&gt; espace-des-arts.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée :</b>        <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 19 et 20 novembre 2013 : Théâtre de la Renaissance, Oullins-Grand Lyon (69).       <br />
       Du 26 et 30 novembre 2013 : Théâtre Dijon Bourgogne, Centre dramatique national, Dijon (21).        <br />
       Du 4 au 22 décembre 2013, Théâtre Vidy-Lausanne, Lausanne, Suisse. </span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Podalydès découpe Jekyll au scalpel</title>
   <pubDate>Sat, 14 May 2011 18:01:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sheila Louinet</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Nous ne l’avions pas vu la saison dernière. L’erreur est réparée. Jusqu’au 21 mai au Théâtre National de Chaillot (puis en tournée), "Le Cas Jekyll", joué et co-mis en scène par Denis Podalydès, est du grand, du très grand théâtre. Un seul en scène superbe par un acteur aux multiples visages.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/2977281-4230350.jpg?v=1305390371" alt="Podalydès découpe Jekyll au scalpel" title="Podalydès découpe Jekyll au scalpel" />
     </div>
     <div>
      Trouble de la personnalité, dédoublement, part sombre de l’humain. Podalydès ne va pas seulement explorer la transformation inquiétante du célèbre Docteur Jekyll, il dévoile aussi un fantasme, celui du &quot;comédien désincarné&quot; (comme disait Jouvet) qui pousse jusque dans ses retranchements l’observation de &quot;l’étrange animal&quot; qu’est précisément… le comédien. Il traque son personnage, l’appelle de toute sa puissance, le regarde, se lie, s’unit à lui dans un rapport d’amour et de haine, jusqu’à en faire un tout. C’est cela Jekyll et Hyde, deux entités devenues indissociables. C’est cela aussi être comédien ou être son personnage, dans la maîtrise la plus absolue et la plus aboutie qui soit. Denis Podalydès a raison : qui ne rêverait pas de jouer un tel rôle ? Cette expérience aurait pu faire un chapitre de <span style="font-style:italic">Scènes de la vie d’acteurs</span> (paru aux éditions Seuil en 2006).        <br />
              <br />
       Sur une adaptation de Christine Montalbetti, d’après le roman original de Robert-Louis Stevenson (<span style="font-style:italic">The Strange case of Dr Jekyll and Mr Hyde</span>), le texte fait l’effet d’un glas. Il incise avec une précision de chirurgien la langue de l’auteur victorien, &quot;coupe dans l’hétérogène&quot; les contours effrayants et hideux du personnage, hache sans vergogne sa part d’humanité pour rendre avec une crudité monstrueuse la &quot;dualité primitive de l’homme&quot;. Dans &quot;le petit théâtre de ce moi alternatif&quot;, la bête attire autant qu’elle repousse. En même temps qu’elle gagne son combat, elle emporte avec elle l’adhésion du spectateur, captivé par l’ombre obsédante de sa représentation. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/2977281-4230351.jpg?v=1305390426" alt="Podalydès découpe Jekyll au scalpel" title="Podalydès découpe Jekyll au scalpel" />
     </div>
     <div>
      À peine suggéré par le corps, tout en finesse dans le mouvement et dans la voix, Jekyll avance pas à pas vers Hyde. Le déplacement pourrait presque être celui d’une caméra, qui découpe avec un œil de lynx, image par image, chaque nouvelle étape de la transformation. Pèse sur le plateau le regard minutieux et attentif de l’acteur-metteur en scène Podalydès, mais aussi de ses deux acolytes de renom Emmanuel Bourdieu et Éric Ruf. Depuis les expressions du visage jusque dans la gestuelle, Hyde est une lente possession de Jekyll. Les sursauts d’une main poilue d’abord qui prend peu à peu le contrôle, arrache, enlève, assomme, tue, puis entraîne le reste du corps dans sa chute. Un tourbillon de mots et de cris recouverts par une musique ahurissante de beauté, entraîne la bête immonde dans son ballet d’horreurs. Danse superbe et effrayante du &quot;matamore&quot; dans l’arène face à la bête, face à lui-même.        <br />
              <br />
       Moitié ombre moitié lumière, le corps de Jekyll est tailladé jusque dans l’éclairage et la scénographie. Morcelé, il passe de l’un à l’autre jusqu’à ce que le &quot;fog&quot; londonien domine définitivement. Le fond de la scène est vertigineux de hauteur, il donne la mesure d’une ville labyrinthique et mystérieuse, aux quartiers peu rassurants. Il est en tout cas  à l’image de son personnage, monstrueux et démesuré. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/2977281-4230353.jpg?v=1305390488" alt="Podalydès découpe Jekyll au scalpel" title="Podalydès découpe Jekyll au scalpel" />
     </div>
     <div>
      Mais en s’insinuant, cette emprise est aussi celle d’une &quot;dépossession&quot;, celle du comédien dans toute la maîtrise de son art. Dans ce jeu d’équilibriste déséquilibré, à la fin de la pièce, Podalydès n’est plus. Hyde a pris ici le dessus. N’est-ce pas le plus beau compliment que l’on puisse faire ? Gageons que sa prochaine adaptation du &quot;petit Nicolas&quot; soit du même tonneau. Nous attendons sa sortie* avec impatience.        <br />
              <br />
              <br />
       * Le film, <span style="font-style:italic">La Conquête</span> de Xavier Durringer, sortie en salle le 18 mai 2011.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le Cas Jekyll</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/2977281-4230355.jpg?v=1305390548" alt="Podalydès découpe Jekyll au scalpel" title="Podalydès découpe Jekyll au scalpel" />
     </div>
     <div>
      (Vu le 11 mai 2011)       <br />
       Texte : Christine Montalbetti d’après l’œuvre de Robert-Louis Stevenson, The Strange case of Dr Jekyll and Mr Hyde.        <br />
       Mise en scène : Denis Podalydès.        <br />
       Co-mise en scène : Emmanuel Bourdieu et Éric Ruf.       <br />
       Scénographie : Éric Ruf.       <br />
       Assisté de : Delphine Sainte-Marie.       <br />
       Costumes : Christian Lacroix.       <br />
       Avec la collaboration de : Renato Bianchi.       <br />
       Conseils chorégraphiques : Cécile Bon.       <br />
       Lumière : Stéphanie Daniel.       <br />
       Son : Bernard Valléry.       <br />
       Avec : Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie Française.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 mars au 21 mai 2011 à 20 h 30. </span>       <br />
       Relâche et dimanche et lundi.        <br />
       <span class="fluo_jaune">Attention, la représentation du 18 mai 2011 est reportée au 21 mai 2011 à 16 h.</span>       <br />
       Théâtre National de Chaillot       <br />
       Renseignements : 01 53 65 30 00        <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-chaillot.fr" target="_blank">www.theatre-chaillot.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>En tournée</b></div>
     <div>
      ● Du 7 au 9 juin 2011 à la Maison de la Culture d'Amiens (80).       <br />
              <br />
       ● 14 février 2012, Salmanazar, Épernay (51).       <br />
              <br />
       ● 17 et 18 février 2012, Châteauvallon, Ollioules (83).       <br />
              <br />
       ● 21 au 25 février 2012, La Criée, Marseille (13).       <br />
              <br />
       ● 28 février au 3 mars 2012, Scène Nationale de Sète (34).       <br />
              <br />
       ● 6 mars 2012, Théâtre Municipal de Cahors (46).       <br />
              <br />
       ● 10 mars 2012, Le Carré, Sainte-Maxime (83).       <br />
              <br />
       ● 13 et 14 mars 2012, L'Hexagone, Meylan (38).       <br />
              <br />
       ● 19 et 20 mars 2012, Le Fanal, Saint-Nazaire (44).       <br />
              <br />
       ● 23 et 24 mars 2012, Théâtre Municipal de Montargis (45).       <br />
              <br />
       ● 27 mars 2012, Centre Culturel, Sablé-sur-Sarthe (72).       <br />
              <br />
       ● 31 mars et 1er avril 2012, Théâtre Municipal, Vincennes (94).       <br />
              <br />
       ● 4 avril 2012, Espace 1789, Saint-Ouen (95).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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