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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-10-14T15:18:23+02:00</dc:date>
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   <title>"Mass B"… gravité dans l'air</title>
   <pubDate>Tue, 15 Mar 2016 10:50:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Béatrice Massin, chorégraphe majeure de danse baroque, invite les danseurs à construire leurs espaces scéniques autour de Bach et de György Ligeti dans un environnement où force gravitationnelle et masse font corps.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9121866-14518729.jpg?v=1458036364" alt=""Mass B"… gravité dans l'air" title=""Mass B"… gravité dans l'air" />
     </div>
     <div>
      Appelée &quot;Belle danse&quot; aux XVIe et XVIIe siècles, elle a été rebaptisée &quot;baroque&quot; seulement dans les années soixante. Louis XIV (1638-1715), très bon danseur, a développé sa professionnalisation en créant une académie de danse royale et en souhaitant qu'elle soit théorisée et perfectionnée par son maître de ballet Beauchamp (1631-1705), avec l'émergence d'un système d'écriture, appelé &quot;chorégraphie&quot; <span style="font-style:italic">(1)</span>, inventé par Feuillet (1660-1710), ce qui la popularisa en Europe. Le mot a eu une heureuse destinée.       <br />
              <br />
       La belle danse était aussi utilisée pour les convenances sociales ou comme instrument politique par Louis XIV. Elle affirme les valeurs de mesure et d'harmonie propres au classicisme avec &quot;symétrie des parcours et des figures, propreté de l'exécution, méthode et clarté de l'enseignement mais aussi de l'exposition du sujet dans le spectacle, le tout régi par les notions d'ordre et d'équilibre&quot;<span style="font-style:italic">(2)</span>.       <br />
              <br />
       Forte de ces éléments, Béatrice Massin, spécialiste du genre, chorégraphie la gravitation dans son rapport au corps qui fait de celui-ci un être lourd ou léger quand celle-ci est un fardeau ou une compagne bienveillante. Quelle que soit sa relation au sol et à l'air, il peut ainsi devenir gracieux par l'élégance du mouvement.       <br />
              <br />
       Au gré de déplacements où la force gravitationnelle est soulignée, les danseurs, telles des ombres corporelles massives, sont accompagnés d'une musique du compositeur autrichien György Ligeti (1923-2006) et d'extraits de la &quot;Messe en si mineur&quot; (1724-1749) de Jean Sébastien Bach (1685-1750).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9121866-14518853.jpg?v=1458037372" alt=""Mass B"… gravité dans l'air" title=""Mass B"… gravité dans l'air" />
     </div>
     <div>
      Ils sont au ralenti, puis s'élancent, avec des petits pas légèrement en biais où, sur un temps fort musical, le pied droit est chassé par une impulsion du pied gauche. Ces derniers sont suivis d'un lancer vertical des bras se finissant par des poignets recourbés. Les bustes restent très élégants, droits mais avec toujours une virgule corporelle qui les fait pencher.       <br />
              <br />
       Sur scène, côté jardin, deux longs bois noirs posés en croix représentent une immobilité sur laquelle les danseurs sont assis, debout, ou effectuent des mouvements au ralenti dans lesquels ils étendent leurs membres, s'accrochent les uns aux autres, se retiennent, s'attirent, se repoussent. Une gestuelle superbe de grâce et d'élégance se dessine où la beauté des corps semble sculptée par un Temps qui glisse sur eux.       <br />
              <br />
       Puis, dans une procession d'enterrement, les bois sont portés à tour de bras, mimant ainsi la mise à mort de la gravité, de sa masse inerte, suivie par des danses animées, vivantes où les mouvements deviennent rapides et vifs.       <br />
              <br />
       Deux danseuses, côté cour, se mesurent corporellement, l'une contre l'autre, autour d'empoignades. Côté jardin, pour rééquilibrer l'espace scénique, une ronde s'effectue dans une gestuelle nourrie uniquement de déplacements.       <br />
              <br />
       Ainsi, le corps se libère peu à peu. Au démarrage, il était massif, porté par sa gravité, lourd dans ses trajets. Puis, au ralenti, les mouvements se décomposent, deviennent très longilignes, épousant l'espace. Rien n'est cassé, brisé. Tout est souplesse et élégance. La gestuelle se libère d'un poids rendant ceux-ci légers, comme portés par l'air quand le sol, au travers de la scène, essayait de les attirer à lui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9121866-14519052.jpg?v=1458037410" alt=""Mass B"… gravité dans l'air" title=""Mass B"… gravité dans l'air" />
     </div>
     <div>
      C'est le combat d'une masse corporelle qui veut s'échapper de son état gravitationnel. Le mouvement ne devient pas pour autant aérien. Il reste lié au sol avec une gestuelle se nourrissant de l'autre sur lequel il s'appuie pour y trouver sa légèreté quand auparavant il ne trouvait sa force, tel Antée, qu'au sol.       <br />
              <br />
       Ainsi, ce corps qui était fait d'inertie, de &quot;lourdeur&quot;, d'une présence scénique amassée devient au fil du spectacle, plus léger, plus rapide. Il passe ainsi par les trois états, solide, gazeux et liquide. Solide par les déplacements massifs ; gazeux quand ceux-ci deviennent vifs ; liquide, quand il est au ralenti, où les danseurs, par leurs membres, se lient, s'étirent et s'allongent en s'épousant.       <br />
              <br />
       Tout est grâce dans les courses, les ralentis et les repos. Béatrice Massin met à nu le corps dans différents environnements avec ses forces et ses élans, ses contraintes et ses obligations. Par ce biais, elle interroge la société dans son rapport à l'individu, citoyen ou laissé-pour-compte ballotté par les crises, protéiformes, dans lesquelles il se cherche une identité sociale soutenue par l'espoir qu'il peut y mettre.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) &quot;Chorégraphie ou l'Art de décrire la danse, par caractères, figures et signes démonstratifs&quot; (1700), de Raoul-Auger Feuillet.       <br />
       (2) Extrait tiré de l'article &quot;La belle danse ou le classicisme français au sein de l'univers baroque&quot; (2001), d'Eugénia Roucher.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mass B" </b></div>
     <div>
      Conception et chorégraphie : Béatrice Massin.       <br />
       Scénographie : Frédéric Casanova.       <br />
       Avec : Lauren Bolze, Lou Cantor, Benjamin Dur, Rémi Gérard, Philippe Lebhar, Marie Orts, Édouard Pelleray, Bérangère Roussel, Chloé Zamboni, Thalia Zilitotis.       <br />
       Lumières : Caty Olive.       <br />
       Son : Emmanuel Nappey.       <br />
       Costumes : Clémentine Monsaingeon.       <br />
       Assistante à la chorégraphie : Nikola Krizkova.       <br />
       Compagnie Fêtes Galantes.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 au 18 mars 2016.</span>       <br />
       Mardi, mercredi et vendredi à 20 h 30, jeudi à 19 h 30.       <br />
       Théâtre National de Chaillot, Salle Jean Vilar, Paris 16e, 01 53 65 30 00.       <br />
       <a class="link" href="http://theatre-chaillot.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-chaillot.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Mass-B-gravite-dans-l-air_a1565.html</link>
  </item>

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   <title>Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines</title>
   <pubDate>Wed, 12 Aug 2015 10:59:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le festival Teatro a Corte, en relation avec l'exposition de Milan consacré à la nourriture et au gaspillage des ressources, n'avait pas de caractère boulimique, ne versait pas dans un excès de spectaculaire, faisait fi d'une jouissance hédoniste et goinfre. C'est dans la simplicité que les spectacles proposés ont dialogué entre eux et conversé avec le cadre apaisé dans lequel ils se sont insérés. Le spectateur y trouve alors un fort taux de valeur ajoutée artistique riche en émotions intimes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8131083-12685001.jpg?v=1439371973" alt="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" title="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" />
     </div>
     <div>
      Voir ce qui n'est plus vu. Retrouver le goût. De glissements en glissements, le spectateur est invité à refuser le mensonge, trouver la bonne mesure, la bonne distance, repérer le ressort de vitalité. De retrouver le sens du bâton et de la caresse puis, par un tour de main, de l'émerveillement. Comme un redécouverte du jeu de Colin-Maillard. Comme une redécouverte amoureuse d'une cuisine traditionnelle. Comme la recherche dans le domaine de la représentation d'une métaphore et non d'une allégorie.       <br />
              <br />
       Le spectacle &quot;Mas-Sacré&quot; appelle à un ressaisissement devant la perte du sentiment d'humanité. Il dénonce avec véhémence et sarcasme la démesure et les mensonges du marketing alimentaire. La montée de nausée et d'écœurement n'est pas loin. Au risque pour les acteurs de leur propre obscénité.       <br />
              <br />
       La confrontation des archétypes du clown de supermarché, de la nymphe de la publicité à l'image des coulisses de l'industrie de l'élevage et de l'abattage animal est brutale et crue. Elle est édifiante. Les comportements sadiques ou bien infantiles qui découlent de ces imageries révèlent bien un malaise propre à la condition de l'Homme dans ses relations au vivant et à sa propre conscience.*
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8131083-12685012.jpg?v=1439372480" alt="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" title="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" />
     </div>
     <div>
      Une fois le débat ainsi posé dans une forme de violence, le spectateur, qui s'était rendu dans les jardins du château des anciennes chasses royale &quot;Venaria Reale&quot; pour assister au spectacle &quot;Il falso convitto&quot;, a emprunté en douceur un petit train fantôme conçu par Alice Delorenzi et se déplace dans le jardin, de salles sèches en salles sèches, entre deux murs de charmilles.       <br />
              <br />
       Usant des subterfuges de la machine théâtrale à vue, de l'opéra et de la marionnette, le parcours se révèle ludique et pédagogique, interpelle le spectateur pour mieux lui révéler avec humour les questions qui taraudent la société face à son gaspillage d'énergie.       <br />
              <br />
       Mais pourquoi faut-il que nos bifteck fassent tant de kilomètres et usent tant de litres de pétrole pour arriver dans notre estomac ? Pourquoi enfermons-nous l'élément des nuages le plus léger, le plus limpide, le plus pur, l'eau, dans des bidons de plastic alors que nos publicités vantent sa liberté cascadante ? En renouant avec l'art de la dissimulation et de l'illusion qui caractérise les jardins à la française, la réflexion sur la bonne adéquation avance et se pose en raison.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8131083-12685064.jpg?v=1439372752" alt="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" title="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" />
     </div>
     <div>
      Lorsque les deux personnages de &quot;Pleurage et Scintillement&quot;, la servante du bar (Julia Christ) et le dernier client (Jean-Baptiste André), ressentent un même désir de rencontre mais ne parviennent pas à se rencontrer en dépit de leurs efforts, c'est que le désir ne trouve pas le bon objet. Tout le savoir-faire circassien, les figures de hip hop, les danses de salons, les chutes burlesques avec leurs ressorts comiques composent une chorégraphie fluide qui ne parvient pas à transcender un constat de la solitude. Comme un désir à partager qui ne trouve pas ses voies. De l'impossibilité d'une île. En rade.       <br />
              <br />
       Quelque temps plus tard avec &quot;Se voir&quot;, le même Jean-Baptiste André, beaucoup plus loin dans un château inachevé (celui de Rivoli), dans un ailleurs de corridor, recherche la mesure de son corps et de ses sentiments dans une vidéo en direct. Absent, présent à la scène.       <br />
              <br />
       En revanche, sur le même sentiment de désenchantement et de vide, Sol pico dans &quot;One Hit Wonders&quot; oppose l'ardeur de sa danse à la fois vitale et sublimée au déclin qui lui est annoncé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8131083-12685090.jpg?v=1439372959" alt="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" title="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" />
     </div>
     <div>
      En revisitant toute sa carrière espagnole avec humour, son flamenco devient céleste, sa danse classique, dont elle se moque pour la torture quelle inflige aux pieds (ses chaussons sont bien rouges), peut devenir triviale.       <br />
              <br />
       Toute technique maitrisée est oubliée, le spectateur goûte l'évidence de son instant. La danseuse enflamme la scène.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Art of Mlovement&quot;, quand le spectateur ajuste sur son nez des lunettes stéréoscopiques, c'est pour mieux relier les mondes. Opposant hologramme et danse réelle, le spectacle recrée les conditions de l'étonnement face au miroir, installe un tableau esthétique, met en œuvre le mystère de l'être et de son ombre. Dans la coulure d'encre de ses éclairages d'aquarelles se découvre le rêve d'un idéogramme.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Origami&quot;, un objet industriel banal est métamorphosé. Un de ces conteneurs qui traversent les océans chargé de tous les produits du monde blanc s'ouvre et se déploie, dévoile une funambule (Satchi Noro) frêle et forte et précise. Et la force s'unit à la fragilité, la pesanteur à la légèreté et, par les liens bien visibles des agrès, le conteneur devient voilier. Elle devient danseuse, éblouissante et gracieuse. Comme une sirène. Une figure de proue qui danse à la crête de vagues. Légère comme un origami, métaphore riche de tous les rêves.       <br />
              <br />
       Teatro a Corte s'est déroulé à Turin, cité à la théâtralité démesurée dont l'urbanisme est fait pour des délires de parade et de cavalcade, dans des sites historiques et panoramas de son pourtour, patrimoine de l'humanité. Les petites formes de théâtre contemporain y sont comme bijoux enchâssés.       <br />
              <br />
       Révérence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8131083-12685211.jpg?v=1439373813" alt="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" title="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">*Il est vrai que cette semaine-là, le lion Cecil devenait à la fois un trophée de chasse et un jouet en peluche, la réalité de l'obscénite.</span>       <br />
              <br />
       <b>Festival Teatro a Corte</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">A eu lieu du 16 juillet au 2 août 2015.</span>       <br />
       Sur trois week-end : 16 au 19 juillet, 23 au 26 juillet, 30 juillet au 2 août.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.youtube.com/user/fondazionetpe/videos" target="_blank">&gt;&gt; Les vidéos de l'édition 2015.</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/8131083-12685001.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Teatro-a-Corte-Un-ecrin-pour-les-petites-formes-theatrales-contemporaines_a1418.html</link>
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