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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>"L'Araignée" Quand le monde et ses transformations ne tiennent qu'à un fil… arachnéen</title>
   <pubDate>Wed, 22 Mar 2023 06:20:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Nous sommes dans la nuit du 17 ou du 18 avril 1521 en Allemagne. C'est la Diète de Worms, assemblée générale du Saint Empire. Le jeune Charles Quint, tout juste 23 ans, a pris les rênes du Saint Empire romain germanique, élu par les princes. L'unité du royaume se trouve soudain menacée par la révolte du moine Martin Luther. Il faudra, entre ces deux hommes, une discussion, une confrontation, à l'abri des regards.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71596404-49871205.jpg?v=1679669565" alt=""L'Araignée" Quand le monde et ses transformations ne tiennent qu'à un fil… arachnéen" title=""L'Araignée" Quand le monde et ses transformations ne tiennent qu'à un fil… arachnéen" />
     </div>
     <div>
      Prudent et mesuré, Charles Quint s'opposera alors au moine Luther combatif et déterminé, docteur en théologie et prêt à tout pour faire triompher son sens de la Vérité et de la Justice. D'autant que sa renommée grandit rapidement. Ils devront, avec acharnement, confronter leurs certitudes et leurs angoisses, tiraillés entre conservatisme et mouvement.       <br />
              <br />
       Boris Vian a dit à propos d'un de ses romans : <span style="font-style:italic">&quot;cette histoire est vraie parce que je l'ai inventée&quot;.</span> Rémi Delieutraz, l'auteur-dramaturge très inspiré de la pièce, s'est-il remémoré à sa manière cette pensée du célèbre romancier afin d'écrire son texte retraçant la probable rencontre nocturne entre Charles Quint, jeune empereur du Saint Empire germanique, et le moine théologien Martin Luther, réformateur d'une église corrompue qu'il condamne d'être assouvie par le pape ?       <br />
              <br />
       Il se pourrait bien que de telles rencontres entre chefs d'État ou autres hommes politiques de haut rang aient toujours lieu ainsi de nos jours pour sceller le destin du peuple, décider de son sort, arbitrer telles ou telles décisions et bouleverser peut-être le cours de l'Histoire ! Qui peut le savoir à part eux-mêmes ?       <br />
              <br />
       Dès le début de ce spectacle exceptionnel, le ton est donné, emprisonnant déjà d'une certaine manière le spectateur dans un huis clos qui grossira au fil de la représentation. Il fait vraiment très sombre, tout le décor est noir et seule une cruche d'époque pourrait nous rappeler que nous ne sommes pas au XXIe siècle. Une brume blanche surnage sur le plateau, laissant apparaître pourtant la fine silhouette d'un homme en costume. C'est le comédien Jean-Nicolas Gaitte sous les traits de Charles Quint dont quelque chose nous laisse deviner que la présence immobile ne le restera pas.       <br />
              <br />
       La suite de la représentation le confirmera. La puissance d'interprétation du comédien est vertigineuse et bouleversante. On peut se demander ce que le vrai Charles Quint penserait de son double contemporain tant il est imprégné dans ses propos de véracité et de force de conviction. Sa performance théâtrale est éblouissante, d'une intensité à couper le souffle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71596404-49871222.jpg?v=1679669645" alt=""L'Araignée" Quand le monde et ses transformations ne tiennent qu'à un fil… arachnéen" title=""L'Araignée" Quand le monde et ses transformations ne tiennent qu'à un fil… arachnéen" />
     </div>
     <div>
      La musique sourde et redondante composée par Soliman Doré associée à la scénographie épurée de Julien Breda plonge le public dans un espace glaçant duquel surgit très vite une sublime voix, franche, posée et déterminée. Il s'agit de Luther, vêtu d'une longue toge, interprété par un Maxime Gleize époustouflant lui aussi.       <br />
              <br />
       Même interrogation de notre part pour ce comédien quant à son imprégnation avec le vrai Martin Luther. Que penserait-il lui aussi de cet acteur contemporain retraçant de façon si engagée et viscérale sa détermination sans failles à sauver le peuple ?       <br />
       Beaucoup de bien probablement…       <br />
              <br />
       Dans cette pièce, quelque chose d'indéfinissable plonge le spectateur directement sur scène, sous les lustres d'un lointain palais royal sous lesquels deux hommes s'affrontent dans une joute verbale vertigineuse, tant du point de vue de l'écriture du texte que de l'interprétation, texte de Rémi Delieutraz d'une puissance troublante. Bien lui en a pris de séjourner quelque temps à Worms en Allemagne et d'avoir imaginé cette confrontation historique, car nous aurions raté là un moment humaniste et théâtral hors norme.       <br />
              <br />
       Les enjeux de cette rencontre nocturne, sous la plume acérée de l'auteur, dépassent le simple cadre historique de l'époque, même si le spectateur ne le réalise pas immédiatement tant le jeu des deux comédiens l'emporte et ne la lâche pas une seconde. Il lui faut un peu de recul pour réaliser à quel point de semblables scénarios se trament certainement encore de nos jours.       <br />
       Là sont la force et la puissance théâtrale quand elle est maîtrisée à ce point…       <br />
              <br />
       La réforme de Luther a mis l'Empire en danger, mais il est déterminé : <span style="font-style:italic">&quot;Ma cause est juste ! Je dois sauver l'église du péché&quot;</span>, dira Martin Luther ! Cela ne nous rappelle pas ce quelque chose qui se joue en ce moment dans notre pays, quand bien même il ne s'agit pas de sauver l'église cette fois-ci, mais une nation tout entière.       <br />
              <br />
       Ce huis clos historique est manié de main de maître par quatre hommes remarquablement brillants et érudits, chacun à sa manière : les deux comédiens, Jean-Nicolas Gaitte et Maxime Gleizes, l'auteur Rémi Delieutraz et le metteur en scène Julien Breda.       <br />
       Puissent ces quatre individus se retrouver un jour prochain et nous proposer encore un moment de théâtre et d'écriture semblable.       <br />
              <br />
       Ne ratez pas &quot;L'Araignée&quot; au Studio Hébertot. Que vous soyez dans la rue en ce moment pour revendiquer vos droits et vos espérances - ou pas -, allez découvrir à quel point le monde et ses transformations peuvent bien souvent ne tenir qu'à un fil !       <br />
       Peut-être tout simplement celui d'une araignée…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Araignée 1521. Achever l'Empire"</b></div>
     <div>
      Texte : Rémi Delieutraz, responsable de la Librairie Théâtrale à Paris.       <br />
       Texte édité aux Éditions L'Œil du Prince.       <br />
       Mise en scène : Julien Breda.       <br />
       Avec : Jean-Nicolas Gaitte et Maxime Gleizes.       <br />
       Création son : Soliman Doré.       <br />
       Lumières : Amélie Mao.       <br />
       Par la Compagnie La Défense.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
        <span class="fluo_jaune">Du 5 février au 4 avril 2023.</span>       <br />
       Lundi et mardi à 19 h, dimanche à 17 h.       <br />
       Studio Hébertot, Paris 17e, 01 42 93 13 04.       <br />
       <a class="link" href="https://studiohebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; studiohebertot.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Mount Olympus"… orgie en actes !</title>
   <pubDate>Fri, 22 Sep 2017 09:32:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le temps d'une journée, Jan Fabre fait appel, dans une dramaturgie revisitée, aux héros grecs des pièces d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide. Le chorégraphe belge rend hommage, au travers de la tragédie, à l'orgie, par l'intermédiaire de ses vingt-huit interprètes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17262695-21776052.jpg?v=1506067371" alt=""Mount Olympus"… orgie en actes !" title=""Mount Olympus"… orgie en actes !" />
     </div>
     <div>
      C'est un spectacle marathon qui dure le temps d'une nuit et d'une journée pleines avec l'orgie en reine de cour. Peu surprenant de la part de Jan Fabre coutumier d'œuvres qui interpellent par ses thématiques. Même s'il a dit que &quot;le cerveau est la partie la plus sexy du corps humain&quot;, il l'a oublié cette fois-ci en mettant en avant les parties génitales masculines et féminines. Le corps est vu sous toutes ses coutures. L'intérieur est mis en avant avec des viscères, des abats qui s'étendent ou sont jetés sur scène, après souvent un rituel de lavage.       <br />
              <br />
       Tout est à la gloire de la tragédie grecque qui a charrié depuis des centaines d'années, tant de fables, d'histoires, de mythes, de mythologies autour d'Œdipe, d'Antigone, d'Ajax, d'Agamemnon, d'Oreste, de Phèdre, d'Hippolyte, d'Hercule, de Dionysos <span style="font-style:italic">(1)</span>, de mort non enseveli, d'enfants tués, de femmes trompées, sacrifiées, de héros suicidés ou pourchassés.       <br />
              <br />
       C'est la mort, l'inceste et l'adultère qui viennent fouler les planches de la grande Halle. Les textes de Jan Fabre et Jeroen Olyslaegers mettent en exergue quelques personnages de tous ces drames pour en extirper la violence ou les affronts subis. Tout se résume à la douleur de ces êtres, à leur force, à leur désespoir ou à l'Até <span style="font-style:italic">(2)</span> qui les ont portés. Ils deviennent maître de ce qu'ils font, luttant ainsi avec force contre les Moires <span style="font-style:italic">(3)</span> qui les ont frappés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17262695-21776584.jpg?v=1506067396" alt=""Mount Olympus"… orgie en actes !" title=""Mount Olympus"… orgie en actes !" />
     </div>
     <div>
      Dans une œuvre de cette longueur, le temps ne peut jouer qu'un rôle central. Rien ne s'étire et pourtant tout est rappel. Le passé devient présent quand le futur n'a pas lieu d'être. Le chorégraphe ramène le théâtre antique dans l'ici et le maintenant. Tout devient réel, autant les héros que leurs pulsions, les fantasmes que leurs désirs.       <br />
              <br />
       Nous sommes presque dans un rêve. D'ailleurs, le texte appelle parfois au sommeil comme pour titiller le public accroché sans doute pour certains, dont moi, à leurs sièges. Des personnages reviennent parfois avec les mêmes répliques, telles Dionysos avec <span style="font-style:italic">&quot;Tout homme doit avoir un grain de folie&quot;</span> ou Chryssipe (280 av J.-C. - 206 av J.-C.) et <span style="font-style:italic">&quot;My name is… my name is…&quot;</span>. Le dieu grec, en grand ordonnateur, ouvre et ferme le bal laissant le philosophe stoïcien à sa recherche éperdue.       <br />
              <br />
       Les danses sont connotées sexuellement. Elles deviennent rite orgiaque où la symétrie est de rigueur et la gestuelle vive et directe. Dans des exercices de sauts à la corde et de courses sur place, le jeu devient très physique. Les répliques sont lancées en plein effort où chacun essaie de tenir jusqu'au bout. Le sexe, surtout masculin, est un organe très important. Il est ajouté quand il n'existe pas ou surajouté pour devenir un fort élément différenciateur quand il est déjà présent. Les hommes s'habillent en femmes quand les femmes mettent un pénis. L'hermaphrodisme est partout. Il est presque permanent. Tout se mélange dans l'échelle du temps et des sexes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17262695-21776591.jpg?v=1506067429" alt=""Mount Olympus"… orgie en actes !" title=""Mount Olympus"… orgie en actes !" />
     </div>
     <div>
      Mère Nature devient lieu de débauche. Des scènes d'orgie se succèdent où l'acte sexuel est effectué, entre autres, avec des sapins. Les interprètes sont toujours habillés de blanc, transgressant par leurs actes, une pureté dont ils n'accordent aucun crédit. Les corps, quand ils deviennent nus, sont colorés vivement avec des teintes chaudes et claires.       <br />
              <br />
       Au-delà de son aspect artistique où le théâtre se conjugue à la danse, la performance est étonnamment physique. Quelle que soit l'heure à laquelle il arrive, part ou revient, le spectateur n'est jamais perdu. L'allemand, l'anglais, le français et l'italien sont utilisés suivant les scènes avec des sur-titrages systématiques en anglais et en français. Les personnages lyriques entonnent des chants profonds, presque caverneux où la mort semble lancer ses appels. Le langage se décline de différentes façons. Il est mots, paroles, discours, rires, rots, répétitions, glossolalies.       <br />
              <br />
       Alors que le spectacle débutait avec deux hommes silencieux habillés de blanc, il se finit par une très belle fête joyeuse, aux corps multicolores. Dionysos, toujours torse nu, a gagné la partie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17262695-21776600.jpg?v=1506067469" alt=""Mount Olympus"… orgie en actes !" title=""Mount Olympus"… orgie en actes !" />
     </div>
     <div>
      La salle a été noire de monde du début jusqu'à la fin. Le public applaudit, debout, à tout rompre pendant dix minutes au final. L'artiste belge a lui aussi gagné sa partie.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Fils de Zeus et de la mortelle Sémélé, Dionysos est le dieu du vin et de ses excès, de la démesure, du théâtre et de la tragédie.       <br />
       (2) Até est la déesse incarnant la faute et l'égarement. Selon Homère, elle est la fille aînée de Zeus.       <br />
       (3) Les Moires sont les trois divinités du destin avec Clotho, la fileuse, qui tisse le fil de la vie, Athésis, la réparatrice, qui le déroule, et Atropos, l'implacable, qui le tranche.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mount Olympus. To glorify the cult of tragedy."</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17262695-21776769.jpg?v=1506068300" alt=""Mount Olympus"… orgie en actes !" title=""Mount Olympus"… orgie en actes !" />
     </div>
     <div>
      Conception et mise en scène : Jan Fabre.       <br />
       Chorégraphie : Jan Fabre et ses danseurs.       <br />
       Textes : Jeroen Olyslaegers et Jan Fabre.       <br />
       Musique : Dag Taeldeman.       <br />
       Dramaturgie : Miet Martens.       <br />
       Avec : Lore Borremans, Katrien Bruyneel, Annabelle Chambon, Cédric Charron, Tabitha Cholet, Anny Czupper, Els Deceukelier, Barbara De Coninck, Piet Defrancq, Conor Doherty, Stella Höttler, Sven Jakir, Ivana Jozic, Marina Kaptijn, Gustav Koenigs, Colline Libon, Moreno Perna, Gilles Polet, Pietro Quadrino, Antony Rizzi, Matteo Sedda, Merel Severs, Kasper Vandenberghe, Lies Vandewege, Andrew Van Ostade, Marc Moon Van Overmeir, Marleen Van Uden, Fabienne Vegt.       <br />
       Artiste olfactif : Peter de Cupere.       <br />
       Assistante mise en scène : Floria Lomme       <br />
       Projections : Phil Griffin.       <br />
       Dramaturges invités : Hans-Thies Lehmann, Luk Van den Dries, Freddy Decreus.       <br />
       Direction technique : André Schneider.       <br />
       Lumières : Jan Fabre, Helmut Van den Meersschaut.       <br />
       Son : Tom Buys.       <br />
       Techniciens : Wout Janssens, Kevin Deckers, Randy Tielemans.       <br />
       Directeur de tournée : Sophie Vanden Broeck.       <br />
       Chargé de production en tournée : Sebastiaan Peeters.       <br />
       Costumes : Kasia Mielczarek assistée de Maarten Van Mulken.       <br />
       Accessoires : Alessandra Ferreri, Roxane Gire.       <br />
              <br />
       <b>A eu lieu du vendredi 15 septembre à 19 h au samedi 16 septembre à 19 h.</b>       <br />
       La grande Halle de la Villette, Paris 19e, 01 40 03 75 75.       <br />
       <a class="link" href="https://lavillette.com" target="_blank">&gt;&gt; lavillette.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://lavillette.com/agenda/" target="_blank">&gt;&gt; Découvrir la programmation</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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