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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-17T02:42:14+02:00</dc:date>
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   <title>•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun</title>
   <pubDate>Wed, 22 Apr 2026 15:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2026]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Aujourd'hui, dans les discussions (politiques, médiatiques, "de bistrot"), les problématiques de l'émigration, des réfugiés arrivant sur nos territoires, sont plus évoquées de manière négative, voire anxiogène… mettant en avant les notions d'envahissements, de grand remplacement… et, finalement, peu de personnes se préoccupent de l'origine de ces déplacements de population, des douleurs et des souffrances vécues, des obligations compliquées de devenir transparents, invisibles, pour tenter l'intégration. Il est indéniable que la compréhension et l'empathie ne sont pas actuellement des valeurs très cotées dans nos sociétés. Alors quid des Aberhamane, Khadija, Marwan, Kadhem, Wejdan, Ablema, Wasim, Seif, Omar et tant d'autres ? Devons-nous les ignorer et laisser les effluves nauséabondes sortant des nappes xénophobes de certaines politiques nous envahir ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099688.jpg?v=1776779154" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      Non... et c'est justement tout l'inverse que nous propose Bertrand Sinapi et Amandine Truffy en portant au plateau le livre de l'autrice syrienne Wejdan Nassif. Faisant partie d'un diptyque dont le premier volet, &quot;Après les ruines&quot;, fut créé en 2019, &quot;À vau l'eau&quot; (création 2020 reprise pour Avignon) va nous amener à porter notre regard sur les réfugiés, les immigrés que nous croisons peut-être dans la rue sans leur prêter attention. Ce texte est une invitation à découvrir et comprendre ce qu'est la réalité de ces êtres exilés, d'entendre parfois la raison de leur départ de leurs pays d'origine, leurs parcours semés d'embûches... Mais, ici, sont dites autant les difficultés que les joies de vivre en France.       <br />
              <br />
       Wejdan Nassif, syrienne (ancienne institutrice à Damas), réfugiée dans l'hexagone depuis 2014, esquisse, dans ce premier texte écrit en France*, son portrait et raconte la vie en exil de celles et ceux qui ont dû partir de chez eux. Ses entretiens ont été réalisés par l'autrice suite à une proposition de France Travail (dans le cadre de sa recherche d'emploi) d'interroger des réfugiés et immigrés du quartier où elle réside, Borny à Metz. Ces échanges se révèlent être de précieux témoignages pour appréhender la réalité de ces vies à reconstruire, pour répondre à l'obligation d'intégration dans une société occidentale souvent mal connue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099734.jpg?v=1776779186" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;À travers eux, à travers la diversité de leur histoire, je me suis posé la question de mon propre exil. Et une question plus lancinante est apparue : maintenant que nous sommes ici, nos histoires sont-elles finies ou est-ce le début de nouvelles ?&quot;</span> Et en les interrogeant, elle se rend compte combien elle est comme ces réfugiés qu'elle interroge, avec qui elle discute. <span style="font-style:italic">&quot;Je sais leur périple, leur terreur. Je sais ce que c'est de tout laisser derrière soi. Je sais que ce que l'on veut, c'est que les enfants aient un avenir&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Côté plateau, l'espace est réduit, la scénographie (imaginée par Goury) est épurée tout en associant le ludique et l'expressif. Dans un carré en papier kraft, représentant une forme de territoire protégé, de lieu où naît le théâtre, se trouve quelques objets, dont quelques bouts de bois dessinés représentant les barres d'immeubles du quartier de Borny. La comédienne (Amandine Truffy) sort d'une petite boîte quelques arbres miniatures en carton, quelques personnages à la fragile symbolique : couple enlacé, homme assis, footballeur… Ce petit monde naissant sous nos yeux, comme un imaginaire documenté sur une vie de quartier, sans proportions respectées, dit la réalité instable d'un monde réduit à construction/reconstruction, à la fragilité de l'être hors de son territoire et de ses repères natifs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099742.jpg?v=1776779214" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      Comme dans &quot;Après les ruines&quot;, l'utilisation du théâtre d'objets, dans sa simplicité presque enfantine, illustre des sujets graves, des questions préoccupantes, pour certaines essentielles, dans une forme de nudité poétique, avec une étrange douceur – propre à Amandine Truffy, toujours talentueuse dans la pratique d'une narration mystérieusement empathique et pédagogique – portée par sa voix parfaitement expressive, usant de variations tonales qui captent l'attention du public et celles, en off, de l'autrice, ainsi que des exilés(es) interviewés(es). Ici, les objets sortent de leur logique utilitaire pour entrer dans une logique poétique où leur pouvoir d'évocation se déploie. Cette mise sous les projecteurs d'une forme dite &quot;mineure&quot; pour parler de populations perçues comme telles devient un geste politique.       <br />
              <br />
       L'attitude de la comédienne évolue au fil du spectacle, dans une forme d'osmose, se mettant pieds nus à l'approche de l'Afrique, de la Côte d'Ivoire, puis allant jusqu'à les mettre dans la peinture rouge sang. La force de ce spectacle réside dans les choix faits, par Bertrand pour la mise en scène et Amandine pour la dramaturgie, des passages du livre de Wejda, ainsi que dans le choix des séquences de récit en off et ceux exprimés par Amandine, accompagnées de musiques et de sons associés ou distincts de la narration (création de Lionel Marchetti).       <br />
              <br />
       Au fil des récits des réfugiés(es), aux origines variées, aux diverses raisons (guerre, maltraitances des femmes, religions, etc.), ayant fui tant la Syrie que l'Irak, le Pakistan, le Soudan, le Maroc, le Koweït que la Côte d'Ivoire, la comédienne entreprend le dessin au sol d'une sorte de carte des migrations internationales. Celle-ci, entre chaque témoignage, porte avec une conviction dynamique, sans pathos exagéré, les propos de Wejdan Nassif qui, au fil de ses rencontres dans ce quartier dédié en partie à l'immigration, ressent cet effet de miroir la renvoyant à sa propre histoire, à sa fuite de la Syrie… et à ses incontournables questionnements sur l'avenir dans un pays loin de ses réalités originelles.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Bertrand Sinapi nous fait voyager au sens propre comme au figuré. En effet, celui-ci dose savamment l'illustratif, via le dessin et la manipulation d'objets, le descriptif documentaire et l'appel à l'imaginaire dans les descriptions évoquées de &quot;l'avant exil&quot; (prison, voyage, conflits armés, etc.). Indirectement, subtilement, les options scéniques choisies par celui-ci conduisent à questionner notre propre identité, nos propres origines, nos propres mouvements géographiques et la sociologie sociétale qui en découle aussi bien en tant que Nation que &quot;Communauté&quot; européenne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099756.jpg?v=1776779242" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      Tous les récits ne sont pas dramatiques et de belles réussites, des intégrations positives, sont mises en avant, même si beaucoup d'êtres &quot;déplacés&quot; continuent à faire des cauchemars liés à leur périple, à leur départ, à leur vie durant l'exil. Le format choisi, petite forme d'une heure et délimitation du plateau réduite, ouvre grand les portes de la transmission avec une parfaite adaptation à tous types de lieux, de la salle de classe au petit théâtre en passant par des extérieurs type placette.       <br />
              <br />
       Bertrand Sinapi et Amandine Truffy font, avec &quot;À vau l'eau&quot; de Wejdan Nassif, une proposition singulière de théâtre documentaire où l'adulte, tout comme l'enfant, peut se créer les images de l'ailleurs, questionner ces endroits d'accueil où les souvenirs peuvent se partager, où la tradition n'est pas taboue, mais fait partie de l'histoire des pays abandonnés. Comprendre également ce que peuvent être ces autres enfants qui ont subi la guerre, la misère… qui s'exprime alors, parfois, avec ou par la violence, la force… à l'école, entre autres. Et s'interroger sur ce qu'ils et elles penseront plus tard de tout ça, de leur capacité à bâtir ensemble, à faire société, à créer un nouveau &quot;vivre ensemble&quot;, comme nous l'avons, nous, les soi-disant &quot;pures souches&quot; faits quelques décennies ou siècles auparavant.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Wejdan Nassif commence à écrire en mars 2012, au moment où la révolution syrienne a changé de nature et a pris une tournure sanglante. Ses lettres et correspondances durant cette révolution, &quot;Lettres de Syrie&quot;, sont publiées aux éditions Buchet Castel (sous le pseudonyme de Joumana Maarouf).</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"À vau l'eau"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099848.jpg?v=1776779695" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      Texte : Wejdan Nassif.       <br />
       Mise en scène : Bertrand Sinapi.       <br />
       Dramaturgie : Amandine Truffy.       <br />
       Avec : Amandine Truffy.       <br />
       Voix : Ablema, Anwar, Elisabeth, Irfan, Jamal, Rafiq, Shahid, Wacila, Wejdan et les enfants de l’école des 4 bornes.       <br />
       Composition musicale et sonore : Lionel Marchetti.       <br />
       Lumière : Jeff Metten.       <br />
       Scénographie : Goury.       <br />
       Par la Cie Pardès Rimonim.       <br />
       Tout public à partir de 13 ans.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">28 avril 2026 :</span> lycée Saint-Pierre Chanel, Thionville (57).       <br />
       11 mai 2026 : Espace Koltès - Scène conventionnée, Metz (57).       <br />
       3 et 4 juin 2026 : Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099849.jpg?v=1776779743" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 23 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 15 h 45. Relâche le vendredi.       <br />
       Théâtre 11• Avignon, Salle 2, 11, boulevard Raspail, Avignon.       <br />
       Tél. : 04 84 51 20 10.       <br />
       <a class="link" href="https://11avignon.mapado.com/event/734822-a-vau-leau" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.11avignon.com/" target="_blank">>> 11avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96176278-67099688.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"Le Sommet" L'ivresse des hautes altitudes partagée par six personnages en quête d'ascension</title>
   <pubDate>Tue, 09 Dec 2025 10:47:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Un spectacle signé Christoph Marthaler, chantre d'une esthétique de la dérision s'enracinant dans la banalité du quotidien, ne ressemble à aucun autre. Chez le metteur en scène suisse, la fantaisie débridée se met irrésistiblement au service d'une plongée en apnée dans l'univers d'un non-sens porteur de significations à reconstruire… Un peu comme si les borborygmes articulés avec grand sérieux et les déclarations déconnectées du réel de ces six personnages "haut perchés" résonnaient – en musiques et en chants – avec les échos lointains d'une Pythie contemporaine. À chacun(e) d'y projeter (ou pas) sa propre interprétation. Le résultat est saisissant : un moment de pur plaisir poétique invitant à un lâcher-prise vertigineux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93096555-65117212.jpg?v=1765273926" alt=""Le Sommet" L'ivresse des hautes altitudes partagée par six personnages en quête d'ascension" title=""Le Sommet" L'ivresse des hautes altitudes partagée par six personnages en quête d'ascension" />
     </div>
     <div>
      Un chalet-refuge de haute montagne avec un rocher trônant en son milieu et, son quatrième mur abattu, ouvrant directement sur la salle de spectacle. Dans ce lieu improbable, isolé du monde d'ici-bas – <span style="font-style:italic">&quot;Routes et vallées bloquées pour les quinze à dix-huit années à venir&quot;</span> – trois hommes et trois femmes énigmatiques vont se retrouver en empruntant successivement la même porte d'entrée : un passe-plat ménagé dans le mur du fond… Une réunion &quot;au sommet&quot; dont l'enjeu se fond dans l'extra-ordinaire de relations humaines rythmées par un accordéoniste dépositaire du tempo.       <br />
              <br />
       L'entrée en scène des protagonistes introduit d'emblée à un monde hors norme. Dans un silence abyssal, vêtus d'accoutrements de montagnards de légende (chapeau tyrolien à plumes et salopette bavaroise en peau, godillots aux pieds), ils feront tour à tour leur apparition, jambes emmêlées les unes aux autres ou porteurs du barda monumental de randonneurs hors sol. L'accordéoniste reprendra son instrument et tous de chantonner, la bouche grande ouverte, jusqu'à ce que leurs vocalises ne soient interrompues par un signal sonore les faisant se précipiter en chœur vers des dossiers rédigés en italien, allemand, anglais et français… Une pluralité de langues auxquelles les uns et les autres n'auront pas accès créant une cacophonie joyeuse, une communication inaudible renvoyant à la tour de Babel… comme pour punir ces hauts dignitaires d'avoir voulu tutoyer le ciel en s'arrachant au monde ordinaire de leurs semblables restés en bas de l'échelle (sociale).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93096555-65117213.jpg?v=1765273964" alt=""Le Sommet" L'ivresse des hautes altitudes partagée par six personnages en quête d'ascension" title=""Le Sommet" L'ivresse des hautes altitudes partagée par six personnages en quête d'ascension" />
     </div>
     <div>
      Se succéderont des saynètes improbables, certaines traversées d'un humour mélancolique, toutes marquées par un esprit iconoclaste que les instigateurs du mouvement Dada (né à Zurich, en Suisse… tout comme Christoph Marthaler) n'auraient pas renié. Ainsi de l'Italienne devenue hystérique, se prenant pour le christ en exhibant ses stigmates, et déclamant à l'adresse d'un Dieu manquant décidément d'exubérance : <span style="font-style:italic">&quot;Viens, saisis-moi, enflamme-moi, chéri, blesse-moi, attache-moi et détruis-moi&quot;</span>. Du passe-plat apparaitra alors une vierge à l'enfant accouplée d'un extincteur…       <br />
              <br />
       Habillages et déshabillages, deux mamelles de l'illusion théâtrale… Hammam improvisé sur les pierres brûlantes du rocher donnant à voir les personnages en petite tenue et serviette nouée autour des reins, cérémonie de gala en robes de soirées et nœuds pap'. Numéro de percussion corporelle où l'un d'entre eux utilisera sa tête entière comme instrument de musique. Discours solennel (dés)articulé sous forme de borborygmes suscitant chez les autres comparses rires et/ou indignations mêlées. Autre discours tout aussi improbable, entrainant cette fois les crépitements en saccades d'appareils photos.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93096555-65117257.jpg?v=1765273991" alt=""Le Sommet" L'ivresse des hautes altitudes partagée par six personnages en quête d'ascension" title=""Le Sommet" L'ivresse des hautes altitudes partagée par six personnages en quête d'ascension" />
     </div>
     <div>
      Autres saillies liées au largage de bonbonnes d'air (à gonfler à la bouche) pour survivre dans un environnement dont l'oxygène se raréfie drastiquement, ou à la lecture d'extraits du livre d'or de la cabane regorgeant de réflexions à haute teneur philosophique – <span style="font-style:italic">&quot;Les chaussures peuvent être trop grandes, mais pas les pieds&quot;</span> – ou encore aux prescriptions de survie en milieu hostile : <span style="font-style:italic">&quot;maladie transmise par la musique et le chant, gardez la bouche fermée&quot;.</span>        <br />
              <br />
       Quant à la chute, elle viendra apporter son supplément de bol d'air dans ce maelstrom décoiffant à l'envi. Ainsi, au-delà de la diffraction des langages réduits le plus souvent à leur sonorité musicale quand il ne s'agit pas d'envolées lyriques à consonances dadaïstes, se joue une comédie humaine à pleurer… de rire. Un &quot;Sommet&quot; dont on n'est pas prêt de redescendre, tant sa petite musique agit en nous comme un charme.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mercredi 3 décembre 2025, Grande Salle Vitez du tnba (Théâtre national Bordeaux Aquitaine), à Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Sommet"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93096555-65117279.jpg?v=1765274041" alt=""Le Sommet" L'ivresse des hautes altitudes partagée par six personnages en quête d'ascension" title=""Le Sommet" L'ivresse des hautes altitudes partagée par six personnages en quête d'ascension" />
     </div>
     <div>
      Création le 6 mai 2025 au Piccolo Teatro, Milan.       <br />
       Spectacle multilingue, surtitré en français.       <br />
       Conception et mise en scène : Christoph Marthaler.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Giulia Rumasuglia.       <br />
       Stagiaire mise en scène : Louis Rebetez.       <br />
       Avec : Liliana Benini, Charlotte Clamens, Raphael Clamer, Federica Fracassi, Lukas Metzenbauer, Graham F. Valentine.       <br />
       Dramaturgie : Malte Ubenauf.       <br />
       Collaboration à la dramaturgie : Éric Vautrin.       <br />
       Scénographie : Duri Bischoff.       <br />
       Costumes : Sara Kittelmann.       <br />
       Maquillage et perruques : Pia Norberg.       <br />
       Lumière : Laurent Junod.       <br />
       Son : Charlotte Constant.       <br />
       Répétition musicale : Bendix Dethleffsen, Dominique Tille.       <br />
       Accessoires et construction du décor : Théâtre Vidy-Lausanne.       <br />
       Confection de costumes : Piccolo Teatro di Milano - Teatro d'Europa.       <br />
       Habillage : Cécilé Delanoë.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 50.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93096555-65117286.jpg?v=1765274080" alt=""Le Sommet" L'ivresse des hautes altitudes partagée par six personnages en quête d'ascension" title=""Le Sommet" L'ivresse des hautes altitudes partagée par six personnages en quête d'ascension" />
     </div>
     <div>
      &quot;Le Sommet&quot; comprend des textes de Christoph Marthaler, Malte Ubenauf et les interprètes, ainsi que des extraits et citations d'Elisa Biagini, Olivier Cadiot, Patrizia Cavalli, Bodo Hell, Norbert Hinterberger, Gert Jonke, Antonio Moresco, Aldo Nove, Pier Paolo Pasolini, Werner Schwab, Christophe Tarkos, Dylan Thomas, Giuseppe Ungaretti et Patrizia Valduga.       <br />
       Ainsi que des musiques inspirées des Beatles, l'Abbé Bovet, Adriano Celentano, Wolfgang Amadeus Mozart, Franz Schubert et des mélodies populaires suisses et autrichiennes.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 3 au 5 décembre 2025 au tnba (Théâtre national Bordeaux Aquitaine).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">10 et 11 décembre 2025 :</span> Grand Théâtre, Les Gémeaux - Scène nationale, dans le cadre du Festival d'Automne à Paris, Sceaux (92).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 au 18 décembre 2025 :</span> Salle Charles Apothéloz, Théâtre Vidy-Lausanne ; Lausanne (Suisse).       <br />
       Du 20 au 22 janvier 2026 : L'Espace, Les 2 Scènes - Scène nationale, Besançon (25).       <br />
       29 et 30 janvier 2026 : Grand Théâtre de la Ville de Luxembourg, Luxembourg (Luxembourg).       <br />
       Du 11 au 13 mars 2026 : Grande salle, Malraux - scène nationale Chambéry-Savoie, Chambéry (73).       <br />
       20 et 21 mars 2026 : Grande salle, La Filature - Scène nationale, Mulhouse (68).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93096555-65117212.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Sommet-L-ivresse-des-hautes-altitudes-partagee-par-six-personnages-en-quete-d-ascension_a4422.html</link>
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   <title>•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…</title>
   <pubDate>Sat, 06 Jul 2024 15:48:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Quand la voix du dedans se dédouble pour trouver un écho féminin s'adressant – sous le régime du tutoiement – à l'antihéros de cette non-histoire, les pensées erratiques traversant cet homme au bord de la rupture fusent comme une logorrhée intarissable… Un matin apparemment en tous points semblable aux autres, "l'homme qui dort" (il ne sera jamais nommé, ce qui permettra toutes les projections) s'extrait instinctivement des obligations du monde en élisant "sa chambre à lui" comme refuge existentiel. Là, dans ce boyau de quelques mètres carré, à l'abri des obligations et servitudes (étudiant, il n'ira pas passer ses examens), il devient une sorte d'entité flottante. Une entité "parlée" de l'extérieur par un double de lui-même.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81398691-58637888.jpg?v=1720275271" alt="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" title="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" />
     </div>
     <div>
      Georges Pérec (l'auteur des &quot;Choses&quot; et de &quot;La disparition&quot;) n'avait pas son pareil pour inventer une écriture mimétique collant au plus près aux thèmes qui l'obsédaient. De même que l'on parle de parole performative, l'écriture ici devient à elle seule &quot;porte-parole&quot; de la non-activité qui s'empare du personnage. En effet, déconnecté du monde environnant vu au travers d'une indifférence tranquille, il semble flotter dans une enveloppe déréalisée, repassant en boucle les mêmes litanies.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Tu ne bouges pas. Tu fermes les yeux. Tu ne penses à rien…. Tu ne finiras pas ta licence&quot;.</span> La femme debout, postée à la tête du lit de fortune qui avec d'autres pauvres objets constituent son cadre de vie, commente à la deuxième personne ce qui se passe dans la tête en friche du dormeur solitaire. Tout au long de cette immersion dans le huis clos de cette mansarde sous les toits, elle s'adressera à lui – et à nous – comme un double de lui-même pourrait le faire entendre.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;La vie te fait défaut. Tu restes ici sans manger, sans bouger, sans lire. Tu ne veux qu'attendre jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien&quot;.</span> Il a suffi de si peu de chose – un texte dont il avait perdu le fil – pour que le fil de sa vie se brise, pour que ses souvenirs estompent leurs couleurs vives et que les photographies qui en portaient traces virent au blanc. L'oubli et le manque de désir, non pas la tristesse, mais l'indifférence à tout. L'ataraxie des Grecs anciens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81398691-58637889.jpg?v=1720275302" alt="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" title="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Le temps passe, tu ne sais jamais l'heure. Attendre jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à attendre&quot;.</span> La répétition du même, un temps suspendu qui bégaie jusque dans la reprise des mêmes mots. Et lorsque &quot;l'homme qui dort&quot;, abandonnant la contemplation des fissures du plafond, s'aventure à franchir le seuil de son repaire, c'est pour marcher jusqu'à se perdre, dénombrer autant les églises que les pissotières, sortir la nuit venue pour se retrouver au comptoir d'un bar, seul devant un café, une bière, un verre de rouge ou alors, assis les jambes ballantes au-dessus de la Seine…       <br />
              <br />
       Aucune souffrance ou même amertume à côtoyer les bannis, parias, exclus errant comme lui dans une ville sans âme. Les vieilles à fourrure sifflant leur Marie Brizard, les solitaires qui parlent tout seuls, les milliers de monstres agglutinés aux feux rouges, rien ne semble pouvoir l'émouvoir.       <br />
              <br />
       Et le tic-tac des aiguilles couvert par la sonnerie qui retentit à nouveau… &quot;Ton réveil sonne, et tu n'es pas mort. Tu n'as rien appris, sinon la solitude qui n'apprend rien&quot;. Le monde n'a pas changé, lui non plus. Un autre jour commence. Attendre Place Clichy que la pluie cesse de tomber pour… À suivre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81398691-58637906.jpg?v=1720275351" alt="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" title="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" />
     </div>
     <div>
      Dans ce décor pouvant renvoyer aux &quot;Carnets du sous-sol&quot; de Dostoïevski (sauf que là le protagoniste est dénué de toute velléité de révolte ou de haine envers ses semblables), la comédienne &quot;incorpore&quot; mimétiquement le flux psychique de son alter ego emmuré en lui-même afin de nous le donner à voir et à entendre. De même les dispositifs scénographique et dramaturgique ne font qu'un, convergeant avec bonheur pour distiller l'inquiétante étrangeté que cette dissociation du même ne manque pas de créer en nous. Littérature et théâtre, unis dans le même voyage au bout du silence… tonitruant.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 3 juillet au Théâtre Transversal, scène d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Un homme qui dort"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81398691-58637909.jpg?v=1720275330" alt="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" title="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Georges Perec.       <br />
       Mis en scène : Stéphane Daurat.       <br />
       Conception et jeu : Richard Arselin &amp; Véronique Boutonnet.       <br />
       Scénographie : Richard Arselin.       <br />
       Lumières : Mathias Bauret.       <br />
       Compagnie Les Âmes Libres.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.        <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 juin au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 19 h 45. Relâche le mardi.       <br />
       Théâtre Transversal, Salle 2, 10, rue d'Amphoux, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 86 17 12.       <br />
       <a class="link" href="https://theatretransversal.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatretransversal.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81398691-58637888.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Un-homme-qui-dort-Voyage-au-bout-du-silence_a3989.html</link>
  </item>

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   <title>•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière</title>
   <pubDate>Mon, 17 Jun 2024 09:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Vous est-il déjà arrivé de penser à partir de chez vous ? Pour aller où ? Quel pourrait être le sens de ce départ ? Serait-il volontaire ? Contraint et forcé ? Et quelles sont, concrètement, nos propres réactions face à l'exil, face à la brutalité de l'arrachement et, bien souvent, à l'absurdité presque comique des procédures d'accueil ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81031473-58422063.jpg?v=1718609478" alt="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" title="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" />
     </div>
     <div>
      Avouons que le fait de &quot;partir&quot; de chez soi, qu'il soit mûrement pensé et décidé ou, au contraire, bien malgré soi, est une donnée que personne ne peut imaginer s'il ne l'a pas vécue un jour. Nous sommes des milliers dans ce cas, à n'en rien savoir… Comment imaginer être parachuté dans un pays dont on ne connaît pas la langue et dont on ne sait pas non plus si on va pouvoir y rester ?       <br />
              <br />
       C'est en 2014, alors que la guerre fait rage en Syrie, que la Compagnie Pardès rimonim et la ville de Metz tentent d'agir en renforçant le lien avec Alep en signant une Charte de l'amitié entre les deux villes. Puis une émission radio va naître et, parallèlement, une autrice syrienne réfugiée à Metz avec sa famille, Wejdan Nassif, va renforcer le lien avec le pays en guerre. Dès lors, la compagnie se rapproche de nombreux acteurs associatifs qui tentent d'aider les populations civiles dans le pays en question.       <br />
              <br />
       C'est alors que naît le projet de ce spectacle avec, en amont, une récolte pléthorique de matériaux : expériences individuelles, vécus personnels d'hommes et de femmes multiples et variés, etc. Puis l'acte créatif va œuvrer, bouleversant bien souvent les certitudes de l'écriture et ses intuitions premières. Mais n'est-ce pas là aussi la chose inhérente à l'acte créatif, surtout lorsque c'est l'humain qui en est la chair et le sang ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81031473-58422068.jpg?v=1718609543" alt="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" title="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" />
     </div>
     <div>
      Le spectacle &quot;Après les ruines&quot; convoque à la fois la fiction, des fragments documentaires, de la musique live et du théâtre d'objets. Projet conceptuel de notre ère théâtrale contemporaine assez fréquent qui tente de dire un propos particulier, au-delà de la simple définition de &quot;l'acte théâtral&quot; classique et traditionnel.       <br />
              <br />
       Vers la fin de la représentation, la scénographie est remarquablement esthétique et les ombres nombreuses présentes au plateau, tout comme ce petit train qui sillonne le plateau, nous soufflent à l'oreille qu'il serait pertinent qu'il n'y ait pas d'un côté &quot;les exilés&quot;, et de l'autre, &quot;nous&quot;, indifférents, sourds et aveugles, emplis de certitudes et d'idées reçues quant à l'exilé, l'étranger, le déplacé !       <br />
              <br />
       Sous la plume et la houlette scénographique de Bertrand Sinapi, la dramaturgie d'Amandine Truffy, les lumières de Clément Bonnin et les manipulations d'objets orchestrées par Goury, la représentation se pare d'une magnifique poésie qui occulte avec brio toutes les questions qu'inconsciemment, nous nous posons toutes et tous. C'est la magie du Théâtre, qu'il soit pluridisciplinaire ou pas. C'est ce qui en fait sa force toute particulière.       <br />
              <br />
       Que faire de tous ces témoignages pléthoriques qui ont abondé ? Souhaitons-nous vraiment les entendre ? Si c'est le cas, qu'est-ce que cela bouge en nous ? Ne devrions-nous pas, aussi, y voir un peu de notre propre histoire ?       <br />
              <br />
       À la base de ce projet engagé, une envie, surtout : <span style="font-style:italic">&quot;Que le récit en &quot;je&quot; des multiples témoignages récoltés puisse se construire en &quot;nous&quot;, et pour cela, nous avons œuvré à partir d'une dimension européenne, celle de la France, de l'Allemagne et du Luxembourg, mais également via le réseau européen &quot;Bérénice&quot; (Réseau transfrontalier d'acteurs culturels engagés dans la lutte contre les discriminations).&quot;</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81031473-58422094.jpg?v=1718609572" alt="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" title="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" />
     </div>
     <div>
      Comment ne pas songer au travail titanesque qu'a dû représenter la collecte de témoignages de cette compagnie transfrontalière Pardès rimonim implantée à Metz, créée en 2005, et qui célèbre cette année son vingtième anniversaire ! Et pourtant, sur le plateau, c'est la simplicité qui l'emporte, magnifiée par la musique en strates électroacoustiques de Stefan Scheib et les notes envoûtantes du violoncelle en live du Luxembourgeois André Mergenthaler.       <br />
              <br />
       Traiter de ce thème de l'exil, c'est, quelque part, sauter à l'élastique sans être tout à fait certain d'en remonter totalement indemne. D'aucuns s'y sont frottés et s'y sont bien piqués… Dans &quot;Après les ruines&quot;, Bertrand Sinapi signe une réalisation hautement poétique, au risque de nous répéter…       <br />
              <br />
       Il serait bon, peut-être, de ne pas perdre de vue les dimensions tangibles auxquelles le théâtre doit se confronter, ni trop contourner ses règles intrinsèques profondes, notamment la trame dramaturgique qui nous semble être au sommet de sa pyramide. Dans &quot;Après les ruines&quot;, nous l'avons quelque peu cherché sans parvenir à la trouver véritablement.       <br />
              <br />
       Bertrand Sinapi s'est inspiré aussi du roman de Wejdan Nassif, &quot;A Vau l'eau&quot;, dans lequel l'autrice &quot;fait parler&quot; de nombreux étrangers exilés. À cela, comme déjà signalé, s'est ajoutée la collecte des nombreux témoignages transfrontaliers et français des acteurs et actrices sociaux, de personnes en centre d'accueil, de demandeurs d'asile de l'AMLI réseau Batigère, de la population du quartier classé Zone urbaine sensible (ZUS) de la Patrotte (Metz-Nord), de personnes seniors réparties sur le territoire régional ou, encore, de celles et ceux de l'atelier El Warsha.       <br />
              <br />
       Peut-être tout ce foisonnement a-t-il pu outrepasser la veine théâtrale du propos, au demeurant largement méritoire et ambitieuse. <span style="font-style:italic">&quot;Tout ceci, c'est pour nous le moyen de faire que l'ensemble des interactions menées viennent nourrir le processus de création, faisant des publics touchés des contributeurs de nos spectacles (…). Des chemins de joie et d'émancipation&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81031473-58422095.jpg?v=1718609604" alt="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" title="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" />
     </div>
     <div>
      De la joie, nous l'avons largement éprouvé durant ce spectacle, paradoxalement, malgré des témoignages déchirants d'expériences vécues, notamment lors de l'extrait diffusé en voix off d'&quot;A Vau l'eau&quot;, dès l'ouverture du spectacle. Nous avons redécouvert un théâtre pluriel, poétique, troublant, magnifiquement beau. Nous avons entendu parler d'identité nationale et européenne, loin sans doute de la sphère poétique, mais, pourtant, bien présente.       <br />
              <br />
       Une mention particulière à Amandine Truffy dont les interventions calmes et posées embarquent le public vers une dimension organique difficilement qualifiable. Une force tranquille dont on soupçonne qu'elle doit être le résultat d'un long travail auprès notamment d'Éric Ruf, Daniel Mesguich, Philippe Garrel, etc, ou encore de sa pratique de la technique du clown.       <br />
              <br />
       Bryan Polach n'est pas en reste dans la puissance et l'envergure de son jeu. Signalons qu'il se produira aussi avec &quot;Violences conjuguées&quot;, sa pièce co-écrite et co-mise en scène lors du Off d'Avignon.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Après les ruines&quot;, il nous a peut-être manqué un certain &quot;fil d'Ariane&quot; autour de la dramaturgie, lequel nous aurait définitivement emporté, quand bien même le spectacle est vertigineusement émouvant et bouleversant.       <br />
              <br />
       Accordons malgré tout à Bertrand Sinapi, Amandine Truffy et Emmanuel Breton, une palme d'or pour leur regard sur notre monde actuel sinistre, et, à tous les exilés de la Terre, une palme d'honneur à nulle autre pareille.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Après les ruines"</b></div>
     <div>
      Spectacle tout public en français (allemand et arabe sous-titrés).       <br />
       Écriture et mise en scène : Bertrand Sinapi.       <br />
       Dramaturgie : Amandine Truffy et Emmanuel Breton.       <br />
       Avec : Amandine Truffy, Katharina Bihler et Bryan Polach.       <br />
       Contrebasse live et traitement électo-accoustique : Stefan Scheib.       <br />
       Composition, violoncelle enregistrée : André Mergenthaler.       <br />
       Dispositif sonore : Lionel Marchetti.       <br />
       Lumières : Clément Bonnin.       <br />
       Dispositif scénique et régie : Matthieu Pellerin.       <br />
       Scénographie objets : Goury.       <br />
       Par la Compagnie Pardès rimonim (Metz).       <br />
       À partir de 13 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 2 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h 55. Relâche le lundi.       <br />
       Avant-première presse le 30 juin 2024 à 13 h 55.       <br />
       Théâtre Le 11 Avignon, Salle 2, 11, boulevard Raspail, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 84 51 20 10.       <br />
       <a class="link" href="https://www.11avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; 11avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       4 décembre 2024 : MJC Calonne, Sedan (08).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81031473-58422063.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Apres-les-ruines-L-exil-le-depart-leur-part-de-silence-et-d-inconnu-traitee-d-une-belle-maniere_a3953.html</link>
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   <title>"Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées</title>
   <pubDate>Mon, 24 May 2021 18:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Chaque être humain est une énigme, une équation à plusieurs inconnues que les situations finissent par révéler en partie : les trois personnages de cette histoire inquiétante vont en être la preuve, en direct. Le vrai, le faux, le caché, l'omis, l'apparent et le soupçonné en sont les moteurs dramatiques et la source de tensions, d'incertitudes, de stupeurs par moments. Une pièce qui ne se permet aucune seconde de relâchement d'intensité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56566208-42091044.jpg?v=1621876566" alt=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" title=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" />
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      En premier lieu, il y a l'écriture de Samuel Gallet qui a su poser ses personnages dans une situation originale et développer son intrigue en laissant planer les doutes jusqu'aux dernières minutes. Ses dialogues qui, sous l'apparence de la quotidienneté, se révèlent riches de non-dits, de silences et d'esquives, distillent scène après scène autant de doutes que de certitudes. Un véritable art du suspens est ici mis en œuvre intriguant autant les personnages que les spectateurs. Mais l'intelligence de son texte ne s'arrête pas à la forme, la situation où il fait se dérouler sa trame donne à son texte une envergure beaucoup plus vaste et une matière plus touchante, plus profonde.       <br />
               <br />
       Tout se déroule dans un centre de vacances du bord de mer transformé en centre d'accueil pour mineurs isolés venus des pays d'Afrique et d'Europe de l'Est. C'est l'hiver. Les maisons secondaires sont vides, fermées, et les habitants restent à l'écart de cette vingtaine de jeunes, pour la plupart noirs, qui ont pris possession du centre où les éducateurs les aident à apprendre le français et à se former pour tenter d'obtenir la nationalité française. C'est sous l'auspice de cette &quot;crise des migrants&quot; et de la manière dont ceux-ci sont accueillis par les méfiants autochtones que se déroule la pièce.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56566208-42091070.jpg?v=1621876597" alt=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" title=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" />
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      En plus de cette situation aux tensions perceptibles, le texte de Samuel Gallet ajoute les tensions induites par les trois personnages, eux-mêmes chacun en crise personnelle. Élise, la jeune éducatrice, s'apprête à quitter le centre pour aller s'occuper de sa mère malade ; André, la cinquantaine, arrive en début de pièce pour prendre son poste d'éducateur après avoir fui avec dégoût son emploi en Ehpad ; et Harouna, jeune réfugié, rescapé de la mer, tellement rongé par la peur qu'il est persuadé que les habitants du village veulent le tuer. Il faut encore ajouter à cette gerbe de tension, la disparition depuis quelques jours de Drissa, le compagnon de périple et d'exil d'Harouna.       <br />
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       Voilà le tableau. Inutile de raconter plus avant le déroulement de la pièce construite comme un thriller. Il faut maintenant parler de la mise en scène remarquable de Vincent Garanger. Celui-ci ne s'est pas contenté de suivre l'intelligence du texte de Samuel Gallet, il parvient à créer sur scène un univers qui finit par englober toute la salle et tout le public. Il utilise pour cela des moyens visuels et sonores extrêmement ciselés.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56566208-42091078.jpg?v=1621877621" alt=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" title=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" />
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      Le décor (scénographie de Damien Caille-Perret), qui représente la salle commune du centre, s'ouvre en grand sur une baie vitrée derrière laquelle l'océan, le ciel, le vent, la pluie, les mouettes et les navires donnent le ton et le temps. Le dispositif de projection ainsi que les vidéos graphiques sont d'une force à la fois onirique et réaliste impressionnante. On ressent cette vision large qui semble ouvrir totalement le fond de la scène comme un horizon infini, mais aussi comme le mur liquide d'une prison. Et puis cette constante présence de l'eau, réaffirmé sans cesse par une bande-son (création sonore de Fred Bühl) très précise et très efficace, elle aussi, ramène à chaque instant l'image inconsciente de ces terribles noyades que les migrants risquent dans leur traversée. Elle est pleinement un ressort tragique de la mise en scène.       <br />
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       La création lumière de Stéphane Hulot et Rafi Wared est également très léchée. Elle permet entre autres d'extraire par moments les interprètes de la réalité pour les emporter dans un monde onirique, un monde de pensées. Ceux-ci incarnent leur personnage de façon très juste, sans relâche, avec une énergie constante. Didier Lastère, en nouvel éducateur arrivant, possède une belle aisance de jeu qui lui permet de donner à son personnage une partition large, pleine de couleurs.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56566208-42091119.jpg?v=1621877470" alt=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" title=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" />
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      Cloé Lastère, sa fille à la ville, crée une Élise extrêmement juste, qui rassemble dans son personnage les doutes et les drames de cette jeune génération prise dans les incertitudes de notre époque, impliquée et perdue, elle distille une tension émouvante qui la rend fragile comme cristal. Djamil Mohamed est également très vrai. Incarnant Harouna, il sème la fougue de la jeunesse, mais aussi la violence du drame que son personnage porte. Il parvient lui aussi à incarner au-delà de son rôle, tous les enfants, tous les jeunes qui viennent échouer sur les côtes de l'Europe, à qui il faut donner du temps et du respect pour soigner les terribles blessures.       <br />
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       Avec &quot;Mon visage d'insomnie&quot;, Vincent Garanger et son équipe parviennent à créer une véritable histoire, visuelle, sonore, narrative qui touche un sujet grave sans jamais alourdir le propos ni tomber dans le pathétique, mais en restant toujours tracté par l'intrigue liant les personnages. Un spectacle qui restera dans la mémoire pour l'harmonie de sa forme autant que pour la tendresse et le tragique de son propos.
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     <div><b>"Mon visage d'insomnie"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56566208-42091320.jpg?v=1621877743" alt=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" title=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" />
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      Texte : Samuel Gallet.       <br />
       Mise en scène : Vincent Garanger.       <br />
       Avec : Cloé Lastère, Didier Lastère, Djamil Mohamed.       <br />
       Création lumière : Stéphane Hulot et Rafi Wared.       <br />
       Création sonore : Fred Bühl.       <br />
       Scénographie : Damien Caille-Perret.       <br />
       Collaboration artistique : Jean-Louis Raynaud.       <br />
       Costumes : Natasha Massicotte.       <br />
       Durée : 2 heures.       <br />
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       <b>A été représenté du 19 au 23 mai 2021.</b>       <br />
       Mercredi, jeudi et vendredi à 18 h 30, samedi à 17 h et dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre Paul Scarron, Place des Jacobins, Le Mans (72).       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-ephemere.fr/infos-pratiques/le-theatre-paul-scarron/" target="_blank">&gt;&gt; Théâtre Paul Scarron</a>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Mon-visage-d-insomnie-Nager-sous-l-inquietante-surface-des-consciences-troublees_a2941.html</link>
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