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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-15T22:09:47+01:00</dc:date>
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   <title>"Passeport" Un regard nécessaire qui aurait gagné à avoir un ancrage plus profond dans le réel</title>
   <pubDate>Fri, 26 Sep 2025 07:08:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pour sa dernière création théâtrale, Alexis Michalik traite de l'identité en abordant le racisme au travers de ses reniements, raccourcis et contradictions. Avec, entre autres, les personnages d'Issa, venu d'Érythrée, et de Lucas, né à Mayotte, c'est toute la question de l'appartenance et de l'acceptation de soi et de l'autre qui est posée dans un cadre géographique qui aurait pu donner lieu toutefois à beaucoup plus de véracité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91312725-64217352.jpg?v=1724178261" alt=""Passeport" Un regard nécessaire qui aurait gagné à avoir un ancrage plus profond dans le réel" title=""Passeport" Un regard nécessaire qui aurait gagné à avoir un ancrage plus profond dans le réel" />
     </div>
     <div>
      Plongée dans une fable théâtrale où le décor est la jungle de Calais avec, entre autres, Issa (Jean-Louis Garçon), venu d'Érythrée. De l'autre, Lucas (Christopher Bayemi), gendarme noir, né à Mayotte et adopté par un couple blanc de la métropole. Tous les ingrédients des identités croisées sont présents avec, en trame de fond, un racisme larvé autour d'eux, sans jamais être assumé, sa spécificité étant d'être refoulé par celui qui le porte.       <br />
               <br />
       La fable se déroule à différents endroits. De la jungle de Calais, on se retrouve à Paris sous un pont, dans un petit logis, une bibliothèque ou dans les cuisines d'un restaurant. Par son thème et son lieu, la pièce est politique bien que l'humour s'immisce souvent et à différentes reprises.       <br />
               <br />
       Comme à son habitude, Michalik mélange les caractères et les situations. Le temps est bousculé pour faire coller la disparition du gendarme Lucas à celle d'une renaissance d'un migrant érythréen, Issa. Celui-ci, victime d'un traumatisme, a perdu la mémoire. Il est obligé de réapprendre l'histoire et la géographie, ainsi que les us et coutumes de son pays, et d'imaginer le périple qu'il a vécu pour arriver à Calais afin de convaincre l'administration française de l'obtention de son passeport.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91312725-64217353.jpg?v=1724178406" alt=""Passeport" Un regard nécessaire qui aurait gagné à avoir un ancrage plus profond dans le réel" title=""Passeport" Un regard nécessaire qui aurait gagné à avoir un ancrage plus profond dans le réel" />
     </div>
     <div>
      On bascule ainsi dans une vue ironique de la situation dans laquelle un migrant est dans l'obligation de réinventer ce qu'il est. Michalik montre que chaque être est déterminé essentiellement par ce qu'il fait et non uniquement par sa provenance. Lucas, en tant que gendarme, fait preuve au début d'une tolérance des migrants. Puis il bascule vers une violence à leur égard pour ensuite en incarner un afin de retrouver ce qui bat profondément en lui, à savoir son rapport avec Mayotte, et qui fait souche avec sa nationalité française.       <br />
              <br />
       Le recensement de différents démographes et historiens de l'immigration évalue, en 2020, selon les différents travaux effectués à ce sujet, une moyenne d'un peu plus de 21 % de Français ayant une origine étrangère sur deux générations.       <br />
               <br />
       Lucas représente l'ordre afin de réguler l'immigration tout en étant perçu comme un étranger par son collègue. Il est le précipité de tous ses éléments composites et disparates. L'exclusion et ce qui peut rattacher une personne à ses origines, dans sa perception autant intérieure qu'extérieure, sont posés et Michalik montre très bien le racisme ordinaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91312725-64217354.jpg?v=1724178441" alt=""Passeport" Un regard nécessaire qui aurait gagné à avoir un ancrage plus profond dans le réel" title=""Passeport" Un regard nécessaire qui aurait gagné à avoir un ancrage plus profond dans le réel" />
     </div>
     <div>
      C'est dans ce contexte dramaturgique que se situe Lucas, notre jeune Mayotte, considéré &quot;uniquement français&quot; par son père adoptif, comme il aime le rappeler, pour lui en dénier toute différence comme si l'essence &quot;française&quot; existait elle-même sans l'once d'une histoire, d'un vécu et d'une provenance qui pourrait être, entre autres, basque, bretonne, gasconne, parisienne, maghrébine, orientale, malgache, asiatique, d'Afrique Noire ou mahoraise. L'essence précède l'existence pour ce père adoptif, pour inverser le célèbre aphorisme de Sartre (1905-1980).       <br />
              <br />
       Toutefois, le cadre ne se prête pas réellement à la jungle de Calais. On ne la reconnaît ni par l'atmosphère, ni par ses éléments contextuels tels que ses conditions très difficiles d'existence. De même, les protagonistes ne sont pas barométriques d'une réalité de terrain. La souffrance dans &quot;Passeport&quot; apparaît par intermittence. La violence, même si elle apparaît de façon furtive, est peu convaincante. Elle est ensuite quelque peu occultée par l'amour et la réussite d'Issa qui a fini par tomber amoureux et ouvrir un restaurant. Ce parti pris dramaturgique finit par occulter la réalité d'une détresse sociale des migrants, car elle est souvent vue par le biais de l'humour.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91312725-64217355.jpg?v=1724178488" alt=""Passeport" Un regard nécessaire qui aurait gagné à avoir un ancrage plus profond dans le réel" title=""Passeport" Un regard nécessaire qui aurait gagné à avoir un ancrage plus profond dans le réel" />
     </div>
     <div>
      Il y a de très belles scènes comme cette discussion tendue finissant en tirade de Jeanne (Manda Touré), petite amie noire de Lucas, bousculant les raccourcis et préjugés racistes de Michel (Patrick Blandin), le père adoptif de Lucas, lors d'un dîner.       <br />
               <br />
       Le cadre se veut réaliste et, pourtant, les racines de l'histoire prennent leur source via un autre affluent. L'écheveau construit par Michalik aurait trouvé toute sa pertinence dans un autre lieu avec les mêmes personnages. Le cadenas de la pièce aurait, peut-être, gagné plus en profondeur avec une scénographie beaucoup plus proche du terrain. Ou alors, traiter réellement la jungle de Calais en la déclinant comme un personnage, elle qui a fait l'actualité politique en France pendant de longues années avec un ramassis de raccourcis et une récupération sans vergogne des politiques à son sujet.       <br />
               <br />
       Celle-ci résonne de trop de combats associatifs généreux ou de discours d'extrême droite, de poncifs et de perceptions négatives pour qu'elle puisse n'être qu'une pâle et très timide représentation scénographique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Passeport"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91312725-64217356.jpg?v=1724225668" alt=""Passeport" Un regard nécessaire qui aurait gagné à avoir un ancrage plus profond dans le réel" title=""Passeport" Un regard nécessaire qui aurait gagné à avoir un ancrage plus profond dans le réel" />
     </div>
     <div>
      Auteur et metteur en scène : Alexis Michalik.       <br />
       Assistante mise en scène : Clotilde Daniault.       <br />
       Avec (en alternance) : Christopher Bayemi ou Clyde Yeguete ou Olivier Dote Doevi ; Patrick Blandin ou Marc Fayet ou Julien Muller ; Jean-Louis Garçon ou Ibrahima Ba ou Gaël Tavares ; Kevin Razy ou Kinsley Camachee ou Nathanaël Kaulanjan ; Fayçal Safi ou Idir Chender ou Kamel Isker ; Manda Touré ou Brenda Broohm ou Tracy Gotoas ; Ysmahane Yaqini ou Nouritza Emmanuelian ou Sheraze Saïd       <br />
       Musiques : Sly Johnson.       <br />
       Décor : Juliette Azzopardi, assistée d'Arnaud de Segonzac.       <br />
       Accessoires : Pauline Gallot.       <br />
       Costumes : Marion Rebmann, assistée de Violaine de Maupeou.       <br />
       Vidéo : Nathalie Cabrol, assistée de Jérémy Secco.       <br />
       Lumières : François Leneveu.       <br />
       Sons : Julius Tessarech.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91312725-64217357.jpg?v=1724225715" alt=""Passeport" Un regard nécessaire qui aurait gagné à avoir un ancrage plus profond dans le réel" title=""Passeport" Un regard nécessaire qui aurait gagné à avoir un ancrage plus profond dans le réel" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 1er octobre 2025 au 18 janvier 2026.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 21 h, samedi à 16 h 30 et 21 h, dimanche à 14 h 30.       <br />
       Théâtre de la Renaissance, 20, boulevard Saint-Martin, Paris 10e,        <br />
       Téléphone : 01 42 08 18 50.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie-theatredelarenaissance.tickandlive.com/evenement/passeport" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredelarenaissance.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelarenaissance.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/91312725-64217356.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Passeport-Un-regard-necessaire-qui-aurait-gagne-a-avoir-un-ancrage-plus-profond-dans-le-reel_a4364.html</link>
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   <title>"Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création</title>
   <pubDate>Mon, 19 May 2025 16:54:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Fauvel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pour la première fois mise en scène par le dramaturge lui-même, cette pièce de jeunesse, écrite en français à l'âge de 23 ans, alors que son auteur est exilé au Québec, voit aujourd'hui le jour en libanais. Les thèmes récurrents des pièces à venir sont déjà là : la famille, la guerre civile libanaise, la douleur de l'exil, la nostalgie d'un monde perdu… Une pièce qui annonce avec brio les suivantes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88656186-62766211.jpg?v=1747666766" alt=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" title=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" />
     </div>
     <div>
      Une grande pièce en bois clair, vide et impersonnelle. Une mère et son fils se disputent. Il y est question de repas, de salade et de pommes de terre. La salade finit par valser sur le parquet. Le duo a le sang chaud et la verve, méditerranéenne. À leurs cris s'ajoutent le bruit des bombes et la voix monocorde et détachée de Nelly, la fille aînée – narcoleptique, apprendrons-nous plus tard – qui ne cesse de répéter toujours la même phrase : <span style="font-style:italic">&quot;Dimanche prochain, on monte à Berdawné&quot;</span> et dont l'idée fixe consiste à vouloir se rendre dans cette bourgade manger du knefé. Son entourage ne s'en étonne guère et abonde calmement dans le sens de la malade.       <br />
              <br />
       Dans cette atmosphère étrange, la voisine Souhaila vient offrir son aide à grand renfort de marmites. Car une noce se prépare, celle de la somnolente Nelly, et les invités sont attendus.  Alors que l'autre fils, Walter, s'éternise chez le coiffeur et que le père, Néyif, est parti à la boucherie chercher le gigot, Nazha (la mère), Neel (le fils) et la voisine s'affairent à préparer le repas de noces. Les deux ménagères papotent avec entrain sous le bruit des bombes. La boucherie ayant été bombardée, le père revient avec un mouton vivant qu'il va falloir tuer sur place.       <br />
              <br />
       Insolite, mi-tragique, mi-comique, la pièce oscille entre l'absurde et le burlesque, Ionesco et Almodovar. Le summum est atteint lorsque nous découvrons que la noce ne comprend pas de fiancé. Mais, malgré l'absence de fiancé – une broutille qui ne manquera pas de se résoudre au dernier moment, semble penser la famille –, malgré l'orage, les obus, les coupures d'électricité menaçant la cuisson du gigot et les balles des francs-tireurs qui obligent à ramper sous les fenêtres, les préparatifs vont bon train, dans une atmosphère volubile.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88656186-62766212.jpg?v=1747666790" alt=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" title=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" />
     </div>
     <div>
      Puis, changement de décor, et un paysage enneigé nous propulse au Québec, des années plus tard, alors que retentit la chanson de Starmania &quot;Le monde est stone&quot;. Jean, un jeune écrivain en herbe, téléphone à son père de Montréal et, dans une émouvante mise en abyme, le double de l'auteur reprend le récit en cours…       <br />
              <br />
       Cette pièce de jeunesse, écrite en 1991, la deuxième après &quot;Willy Protagoras enfermé dans les toilettes&quot;, contient déjà l'essence des thématiques développées par Wajdi Mouawad dans ses pièces ultérieures : la famille, déployée amplement dans son cycle domestique – &quot;Seuls&quot; (2008), &quot;Sœurs&quot; (2014) et &quot;Mère&quot; (2021) –, et la guerre civile libanaise, présente dans la majorité de ses pièces, à commencer par celles du &quot;Sang des promesses&quot; –  &quot;Littoral&quot; (1997), &quot;Incendies&quot; (2003), &quot;Forêts&quot; (2006) et &quot;Ciels&quot; (2009) –, pour se terminer en apothéose avec &quot;Racine carrée du verbe être&quot; (2022) où l'auteur joue plus que jamais avec maestria de l'enchevêtrement des lieux et des temporalités.       <br />
              <br />
       Car, comme chacun sait, Wajdi Mouawad, né au Liban en 1968, a dû fuir la guerre civile libanaise (1975-1990) à l'âge de huit ans, et émigrer avec sa famille en France, puis au Québec, et la guerre, avec la blessure générée par son déracinement, imprègne une grande partie de son œuvre. Concernant l'histoire du Liban et les différents événements survenus dans ces trois dernières décennies, l'auteur déclare : <span style="font-style:italic">&quot;(…) nous sommes les jouets du destin, mais nous portons en nous, à travers notre expression artistique, la responsabilité de la mémoire&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88656186-62766213.jpg?v=1747666810" alt=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" title=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" />
     </div>
     <div>
      Depuis sa création au début des années quatre-vingt-dix à sa publication en 2011, le texte de &quot;Journée de noces chez les Cromagnons&quot; a évolué au cours des ans et donné lieu à différentes versions. Aujourd'hui, Wajdi Mouawad l'a de nouveau remanié, y ajoutant notamment le personnage de Jean, son double écrivain. Il a aussi choisi de faire jouer la pièce en libanais, par des acteurs libanais, d'en confier la traduction à Odette Makhlouf, une des actrices de &quot;Mère&quot; – puisque lui-même n'écrit plus dans sa langue maternelle –, et d'en assurer, pour la première fois, la mise en scène.       <br />
              <br />
       La pièce embrasse de nombreux registres, avec de savoureux personnages, hauts en couleur et totalement décalés. <span style="font-style:italic">&quot;Je contemple l'horreur avec amusement&quot;, &quot;La guerre est si belle&quot;</span>, profère Nelly qui raconte des horreurs avec pureté et poésie. Car il y a aussi beaucoup de pureté et de poésie dans ce spectacle. D'abord, à travers la très jolie scénographie d'Emmanuel Clolus, la neige qui tombe, les projections vidéo de paysages enneigés et les chaudes lumières de Laurent Matignon, ou encore ce grand tissu blanc tour à tour drap de lit, nappe de banquet ou linceul. Nelly, la belle endormie que <span style="font-style:italic">&quot;seul un étranger saura réveiller&quot;</span>, semble, quant à elle, tout droit sortie de &quot;Underground&quot;, le film d'Emir Kusturica.       <br />
              <br />
       En jupon blanc ou en robe de mariée, coiffée d'un voile transparent, cette belle au bois dormant hors du temps, traverse l'espace tel un fantôme qui planerait au-dessus des tragédies du monde, insufflant charme et légèreté au récit. Les moments de chant sont également de pures merveilles. Saluons, pour finir, l'éblouissante distribution qui porte ce spectacle : Aïda Sabra (la mère), Fadi Abi Samra (le père), Bernadette Houdeib (la voisine), Aly Harkous (le fils), Layal Ghossain (Nelly) et Jean Destrem (l'écrivain). À voir !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Journée de noces chez les Cromagnons"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88656186-62766214.jpg?v=1747666837" alt=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" title=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en libanais surtitré en français.       <br />
       Texte : Wajdi Mouawad.       <br />
       Traduction en libanais : Odette Makhlouf.       <br />
       Mise en scène : Wajdi Mouawad.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Cyril Anrep.Avec : Fadi Abi Samra, Jean Destrem, Layal Ghossain, Aly Harkous, Bernadette Houdeib, Aïda Sabra.       <br />
       Dramaturgie et conception du surtitrage : Charlotte Farcet.       <br />
       Scénographie : Emmanuel Clolus.       <br />
       Musique originale : Nadim Mishlawi.       <br />
       Lumières : Laurent Matignon.       <br />
       Son : Annabelle Maillard.       <br />
       Costumes : Isabelle Flosi.       <br />
       Maquillage et coiffures : Cécile Kretschmar.       <br />
       Vidéo : Stéphanie Jasmin.       <br />
       Durée : 2 h.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 avril au 22 juin 2025.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       La Colline Théâtre National, Grand Théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.        <br />
       <a class="link" href="https://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/88656186-62766211.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Journee-de-noces-chez-les-Cromagnons--un-retour-aux-sources-pour-Wajdi-Mouawad-qui-ainsi-boucle-la-boucle-et-clot-en_a4218.html</link>
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   <title>"Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*</title>
   <pubDate>Mon, 21 Oct 2024 15:24:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Lauriou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Trib'Une]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Angélique Kidjo, la "diva africaine" est sans doute écoutée dans les salons des hôtels particuliers du XVIᵉ. Elle est artiste, riche et noire aussi. Et ça, pour l'entre soi du monde bourgeois, ce n'est pas pareil que voir soudain défiler, sous un double vitrage étincelant, des migrants du monde entier, pour rejoindre un centre d'hébergement d'urgence qui leur est destiné.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83669576-59854215.jpg?v=1729606627" alt=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" title=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" />
     </div>
     <div>
      Angélique Kidjo n'a pas été invitée à chanter lorsque cette racaille (aucune raison que cela ne fonctionne que pour les méchants délinquants des cités) blindée aux as s'est fortement opposée au projet mené par la ville de Paris et l'association &quot;Aurore&quot; d'installer ce centre Porte de Passy, à la lisière du bois de Boulogne.       <br />
              <br />
       Panique dans le seizième ! Pas contents les gens. Lors d'une réunion publique, en 2016, la violence des riverains opposés à cette installation considérée de leur point de vue comme &quot;le nouveau Sangatte&quot; avait fait grand bruit. <span style="font-style:italic">Pas de jungle dans nos quartiers !</span> Et autres insultes envers les élus bien motivés à tenir cette promesse face aux délinquants bourgeois du XVIᵉ.       <br />
              <br />
       Le célèbre couple Pinçon-Charlot, délicieux à la ville comme à l'écran, en avait, à l'époque, tiré une bande dessinée humoristique et caustique à souhaits. Ce couple, depuis toujours, axe le cœur de leur travail autour de la grande bourgeoisie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83669576-59854270.jpg?v=1729606650" alt=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" title=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" />
     </div>
     <div>
      Ils y étaient donc en 2016, ont entendu et vu les cris des habitants du XVIᵉ, ils y ont même squatté, munis de leurs dépliants de campings devant l'Université Dauphine, pour ne rien rater de cette colère fortement exagérée des riches, soudains bousculés dans leurs vies quotidiennes.       <br />
              <br />
       Panique dans le seizième ! Proprios, costards et tailleurs cinq étoiles sont allés jusqu'à menacer d'un incendie !       <br />
              <br />
       Cette BD, &quot;Panique dans le seizième !&quot;, est adaptée par la Compagnie Sémaphore et Compagnie du Chameau. La pièce se joue actuellement au Théâtre Essaïon jusqu'à fin novembre. Je conseille vivement ce spectacle pour plusieurs raisons :       <br />
       L'hommage vibrant au couple Pinçon-Charlot, car si Michel Pinçon a quitté ce monde, il est indispensable de se rappeler à son combat.       <br />
              <br />
       Le souvenir d'une résistance de haut vol face à l'entre-soi bourgeois pâlot qui, de l'exotisme, n'aime que les safaris, les hôtels de luxe et les SPA ! Et que ce centre d'hébergement est né, perdure et continue d'exister. Hip hip hourra !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83669576-59854277.jpg?v=1729606684" alt=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" title=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" />
     </div>
     <div>
      David Ruellan, comédien incarnant divers personnages, dont celui de Michel Pinçon, aussi, parce que, dans la vie, il est un homme engagé et un artiste ancré dans la réalité. Anne Veyry, metteure en scène d'une subtilité et sobriété impeccables, mettant en valeur le combat de mots sur le plateau avec justesse et fantaisie.       <br />
              <br />
       Béatrice Vincent, comédienne, qui s'en donne à corps et à cœur, incarnant parfaitement tous les personnages féminins, à commencer par Monique Pinçon-Charlot.       <br />
              <br />
       Ce centre d'hébergement se nomme &quot;La promesse de l'aube&quot;, c'est bien trouvé, car, grâce à toute la persévérance mise dans ce projet, le pari a été gagné.       <br />
       <b>◙ Isabelle Lauriou</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Angélique Kidjo.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Panique dans le seizième !"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83669576-59854279.jpg?v=1729606710" alt=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" title=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" />
     </div>
     <div>
      Texte : Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot.       <br />
       Mise en scène : Anne Veyry.       <br />
       Distribution : David Ruellan, Béatrice Vincent.       <br />
       Par la Compagnie Sémaphore et la Compagnie du Chameau.       <br />
       Durée : 60 minutes.       <br />
              <br />
       Du 10 au 12 octobre 2024.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 octobre au 23 novembre 2024.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à 21 h.       <br />
       Théâtre Essaïon, Paris 4ᵉ, 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="https://www.essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83669576-59854215.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Panique-dans-le-seizieme--Les-bons-gens-vous-montrent-du-doigt-Porte-toujours-ce-que-tu-crois-Meme-s-ils-disent-que-ca_a4065.html</link>
  </item>

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   <title>"Passeport"… À bas le racisme !</title>
   <pubDate>Wed, 21 Aug 2024 08:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pour sa dernière création théâtrale, Alexis Michalik traite de l'identité en abordant le racisme au travers de ses reniements, raccourcis et contradictions. Avec, entre autres, les personnages d'Issa, venu d'Érythrée, et de Lucas, né à Mayotte, c'est toute la question de l'appartenance et de l'acceptation de soi et de l'autre qui est posée dans un cadre géographique qui aurait pu donner lieu toutefois à beaucoup plus de véracité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82298791-59069178.jpg?v=1724178261" alt=""Passeport"… À bas le racisme !" title=""Passeport"… À bas le racisme !" />
     </div>
     <div>
      Plongée dans une fable théâtrale où le décor est la jungle de Calais avec, entre autres, Issa (Jean-Louis Garçon), venu d'Érythrée. De l'autre, Lucas (Christopher Bayemi), gendarme noir, né à Mayotte et adopté par un couple blanc de la métropole. Tous les ingrédients des identités croisées sont présents avec en trame de fond un racisme larvé autour d'eux, sans jamais être assumé, sa spécificité étant d'être refoulé par celui qui le porte.       <br />
               <br />
       La fable se déroule à différents endroits. De la jungle de Calais, on se retrouve à Paris sous un pont, dans un petit logis, une bibliothèque ou dans les cuisines d'un restaurant. Par son thème et son lieu, la pièce est politique bien que l'humour s'immisce souvent et à différentes reprises.       <br />
               <br />
       Comme à son habitude, Michalik mélange les caractères et les situations. Le temps est bousculé pour faire coller la disparition du gendarme Lucas à celle d'une renaissance d'un migrant érythréen, Issa. Celui-ci, victime d'un traumatisme, a perdu la mémoire. Il est obligé de réapprendre l'histoire et la géographie, ainsi que les us et coutumes de son pays, et d'imaginer le périple qu'il a vécu pour arriver à Calais afin de convaincre l'administration française de l'obtention de son passeport.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82298791-59069223.jpg?v=1724178406" alt=""Passeport"… À bas le racisme !" title=""Passeport"… À bas le racisme !" />
     </div>
     <div>
      On bascule ainsi dans une vue ironique de la situation dans laquelle un migrant est dans l'obligation de réinventer ce qu'il est. Michalik montre que chaque être est déterminé essentiellement par ce qu'il fait et non uniquement par sa provenance. Lucas, en tant que gendarme, fait preuve au début d'une tolérance des migrants. Puis il bascule vers une violence à leur égard pour ensuite en incarner un afin de retrouver ce qui bat profondément en lui, à savoir son rapport avec Mayotte, et qui fait souche avec sa nationalité française.       <br />
              <br />
       Le recensement de différents démographes et historiens de l'immigration évalue, en 2020, selon les différents travaux effectués à ce sujet, une moyenne d'un peu plus de 21 % de Français ayant une origine étrangère sur deux générations.       <br />
               <br />
       Lucas représente l'ordre afin de réguler l'immigration tout en étant perçu comme un étranger par son collègue. Il est le précipité de tous ses éléments composites et disparates. L'exclusion et ce qui peut rattacher une personne à ses origines, dans sa perception autant intérieure qu'extérieure, sont posés et Michalik montre très bien le racisme ordinaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82298791-59069233.jpg?v=1724178441" alt=""Passeport"… À bas le racisme !" title=""Passeport"… À bas le racisme !" />
     </div>
     <div>
      C'est dans ce contexte dramaturgique que se situe Lucas, notre jeune Mayotte, considéré &quot;uniquement français&quot; par son père adoptif, comme il aime le rappeler, pour lui en dénier toute différence comme si l'essence &quot;française&quot; existait par elle-même sans l'once d'une histoire, d'un vécu et d'une provenance qui pourrait être, entre autres, basque, bretonne, gasconne, parisienne, maghrébine, orientale, malgache, asiatique, d'Afrique Noire ou mahoraise. L'essence précède l'existence pour ce père adoptif, pour inverser le célèbre aphorisme de Sartre (1905-1980).       <br />
              <br />
       Toutefois, le cadre ne se prête pas réellement à la jungle de Calais. On ne la reconnaît ni par l'atmosphère, ni par ses éléments contextuels tels que ses conditions très difficiles d'existence. De même, les protagonistes ne sont pas barométriques d'une réalité de terrain. La souffrance dans &quot;Passeport&quot; apparaît par intermittence. La violence, même si elle apparaît de façon furtive, est peu convaincante. Elle est ensuite quelque peu occultée par l'amour et la réussite d'Issa qui a fini par tomber amoureux et ouvrir un restaurant. Ce parti pris dramaturgique finit par occulter la réalité d'une détresse sociale des migrants, car elle est souvent vue par le biais de l'humour.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82298791-59069234.jpg?v=1724178488" alt=""Passeport"… À bas le racisme !" title=""Passeport"… À bas le racisme !" />
     </div>
     <div>
      Il y a de très belles scènes comme cette discussion tendue finissant en tirade de Jeanne (Manda Touré), petite amie noire de Lucas, bousculant les raccourcis et préjugés racistes de Michel (Patrick Blandin), le père adoptif de Lucas, lors d'un dîner.       <br />
               <br />
       Le cadre se veut réaliste et, pourtant, les racines de l'histoire prennent leur source via un autre affluent. L'écheveau construit par Michalik aurait trouvé toute sa pertinence dans un autre lieu avec les mêmes personnages. Le cadenas de la pièce aurait, peut-être, gagné plus en profondeur avec une scénographie beaucoup plus proche du terrain. Ou alors, traiter réellement la jungle de Calais en la déclinant comme un personnage, elle qui a fait l'actualité politique en France pendant de longues années avec un ramassis de raccourcis et une récupération sans vergogne des politiques à son sujet.       <br />
               <br />
       Celle-ci résonne de trop de combats associatifs généreux ou de discours d'extrême droite, de poncifs et de perceptions négatives pour qu'elle puisse n'être qu'une pâle et très timide représentation scénographique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Passeport"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82298791-59078498.jpg?v=1724225668" alt=""Passeport"… À bas le racisme !" title=""Passeport"… À bas le racisme !" />
     </div>
     <div>
      Auteur et metteur en scène : Alexis Michalik.       <br />
       Assistante mise en scène : Clotilde Daniault.       <br />
       Avec : Christopher Bayemi ou Clyde Yeguete, Patrick Blandin ou Marc Fayet, Jean-Louis Garçon ou Ibrahima Ba, Kevin Razy ou Kinsley Camachee, Fayçal Safi ou Idir Chender, Manda Touré ou Brenda Broohm, Ysmahane Yaqini ou Nouritza Emmanuelian.       <br />
       Musiques : Sly Johnson.       <br />
       Décor : Juliette Azzopardi, assistée d'Arnaud de Segonzac.       <br />
       Accessoires : Pauline Gallot.       <br />
       Costumes : Marion Rebmann, assistée de Violaine de Maupeou.       <br />
       Vidéo : Nathalie Cabrol.       <br />
       Assistant vidéo : Jérémy Secco.       <br />
       Lumières : François Leneveu.       <br />
       Sons : Julius Tessarech.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82298791-59078499.jpg?v=1724225715" alt=""Passeport"… À bas le racisme !" title=""Passeport"… À bas le racisme !" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 20 août 2024 au 5 janvier 2025.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 21 h, samedi  à 16 h 30 et 21 h, dimanche à 17 h sauf les diamches 24 novembre, 8 et 15 décembre à 16 h. Exceptionnellement le lundi 30 décembre à 21 h.       <br />
       Théâtre de la Renaissance, Paris 10e, 01 42 08 18 50.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredelarenaissance.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelarenaissance.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/82298791-59069178.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Passeport-A-bas-le-racisme-_a4027.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-81031473</guid>
   <title>•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière</title>
   <pubDate>Mon, 17 Jun 2024 09:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Vous est-il déjà arrivé de penser à partir de chez vous ? Pour aller où ? Quel pourrait être le sens de ce départ ? Serait-il volontaire ? Contraint et forcé ? Et quelles sont, concrètement, nos propres réactions face à l'exil, face à la brutalité de l'arrachement et, bien souvent, à l'absurdité presque comique des procédures d'accueil ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81031473-58422063.jpg?v=1718609478" alt="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" title="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" />
     </div>
     <div>
      Avouons que le fait de &quot;partir&quot; de chez soi, qu'il soit mûrement pensé et décidé ou, au contraire, bien malgré soi, est une donnée que personne ne peut imaginer s'il ne l'a pas vécue un jour. Nous sommes des milliers dans ce cas, à n'en rien savoir… Comment imaginer être parachuté dans un pays dont on ne connaît pas la langue et dont on ne sait pas non plus si on va pouvoir y rester ?       <br />
              <br />
       C'est en 2014, alors que la guerre fait rage en Syrie, que la Compagnie Pardès rimonim et la ville de Metz tentent d'agir en renforçant le lien avec Alep en signant une Charte de l'amitié entre les deux villes. Puis une émission radio va naître et, parallèlement, une autrice syrienne réfugiée à Metz avec sa famille, Wejdan Nassif, va renforcer le lien avec le pays en guerre. Dès lors, la compagnie se rapproche de nombreux acteurs associatifs qui tentent d'aider les populations civiles dans le pays en question.       <br />
              <br />
       C'est alors que naît le projet de ce spectacle avec, en amont, une récolte pléthorique de matériaux : expériences individuelles, vécus personnels d'hommes et de femmes multiples et variés, etc. Puis l'acte créatif va œuvrer, bouleversant bien souvent les certitudes de l'écriture et ses intuitions premières. Mais n'est-ce pas là aussi la chose inhérente à l'acte créatif, surtout lorsque c'est l'humain qui en est la chair et le sang ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81031473-58422068.jpg?v=1718609543" alt="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" title="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" />
     </div>
     <div>
      Le spectacle &quot;Après les ruines&quot; convoque à la fois la fiction, des fragments documentaires, de la musique live et du théâtre d'objets. Projet conceptuel de notre ère théâtrale contemporaine assez fréquent qui tente de dire un propos particulier, au-delà de la simple définition de &quot;l'acte théâtral&quot; classique et traditionnel.       <br />
              <br />
       Vers la fin de la représentation, la scénographie est remarquablement esthétique et les ombres nombreuses présentes au plateau, tout comme ce petit train qui sillonne le plateau, nous soufflent à l'oreille qu'il serait pertinent qu'il n'y ait pas d'un côté &quot;les exilés&quot;, et de l'autre, &quot;nous&quot;, indifférents, sourds et aveugles, emplis de certitudes et d'idées reçues quant à l'exilé, l'étranger, le déplacé !       <br />
              <br />
       Sous la plume et la houlette scénographique de Bertrand Sinapi, la dramaturgie d'Amandine Truffy, les lumières de Clément Bonnin et les manipulations d'objets orchestrées par Goury, la représentation se pare d'une magnifique poésie qui occulte avec brio toutes les questions qu'inconsciemment, nous nous posons toutes et tous. C'est la magie du Théâtre, qu'il soit pluridisciplinaire ou pas. C'est ce qui en fait sa force toute particulière.       <br />
              <br />
       Que faire de tous ces témoignages pléthoriques qui ont abondé ? Souhaitons-nous vraiment les entendre ? Si c'est le cas, qu'est-ce que cela bouge en nous ? Ne devrions-nous pas, aussi, y voir un peu de notre propre histoire ?       <br />
              <br />
       À la base de ce projet engagé, une envie, surtout : <span style="font-style:italic">&quot;Que le récit en &quot;je&quot; des multiples témoignages récoltés puisse se construire en &quot;nous&quot;, et pour cela, nous avons œuvré à partir d'une dimension européenne, celle de la France, de l'Allemagne et du Luxembourg, mais également via le réseau européen &quot;Bérénice&quot; (Réseau transfrontalier d'acteurs culturels engagés dans la lutte contre les discriminations).&quot;</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81031473-58422094.jpg?v=1718609572" alt="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" title="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" />
     </div>
     <div>
      Comment ne pas songer au travail titanesque qu'a dû représenter la collecte de témoignages de cette compagnie transfrontalière Pardès rimonim implantée à Metz, créée en 2005, et qui célèbre cette année son vingtième anniversaire ! Et pourtant, sur le plateau, c'est la simplicité qui l'emporte, magnifiée par la musique en strates électroacoustiques de Stefan Scheib et les notes envoûtantes du violoncelle en live du Luxembourgeois André Mergenthaler.       <br />
              <br />
       Traiter de ce thème de l'exil, c'est, quelque part, sauter à l'élastique sans être tout à fait certain d'en remonter totalement indemne. D'aucuns s'y sont frottés et s'y sont bien piqués… Dans &quot;Après les ruines&quot;, Bertrand Sinapi signe une réalisation hautement poétique, au risque de nous répéter…       <br />
              <br />
       Il serait bon, peut-être, de ne pas perdre de vue les dimensions tangibles auxquelles le théâtre doit se confronter, ni trop contourner ses règles intrinsèques profondes, notamment la trame dramaturgique qui nous semble être au sommet de sa pyramide. Dans &quot;Après les ruines&quot;, nous l'avons quelque peu cherché sans parvenir à la trouver véritablement.       <br />
              <br />
       Bertrand Sinapi s'est inspiré aussi du roman de Wejdan Nassif, &quot;A Vau l'eau&quot;, dans lequel l'autrice &quot;fait parler&quot; de nombreux étrangers exilés. À cela, comme déjà signalé, s'est ajoutée la collecte des nombreux témoignages transfrontaliers et français des acteurs et actrices sociaux, de personnes en centre d'accueil, de demandeurs d'asile de l'AMLI réseau Batigère, de la population du quartier classé Zone urbaine sensible (ZUS) de la Patrotte (Metz-Nord), de personnes seniors réparties sur le territoire régional ou, encore, de celles et ceux de l'atelier El Warsha.       <br />
              <br />
       Peut-être tout ce foisonnement a-t-il pu outrepasser la veine théâtrale du propos, au demeurant largement méritoire et ambitieuse. <span style="font-style:italic">&quot;Tout ceci, c'est pour nous le moyen de faire que l'ensemble des interactions menées viennent nourrir le processus de création, faisant des publics touchés des contributeurs de nos spectacles (…). Des chemins de joie et d'émancipation&quot;.</span>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81031473-58422095.jpg?v=1718609604" alt="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" title="•Off 2024• "Après les ruines" L'exil, le départ : leur part de silence et d'inconnu traitée d'une belle manière" />
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      De la joie, nous l'avons largement éprouvé durant ce spectacle, paradoxalement, malgré des témoignages déchirants d'expériences vécues, notamment lors de l'extrait diffusé en voix off d'&quot;A Vau l'eau&quot;, dès l'ouverture du spectacle. Nous avons redécouvert un théâtre pluriel, poétique, troublant, magnifiquement beau. Nous avons entendu parler d'identité nationale et européenne, loin sans doute de la sphère poétique, mais, pourtant, bien présente.       <br />
              <br />
       Une mention particulière à Amandine Truffy dont les interventions calmes et posées embarquent le public vers une dimension organique difficilement qualifiable. Une force tranquille dont on soupçonne qu'elle doit être le résultat d'un long travail auprès notamment d'Éric Ruf, Daniel Mesguich, Philippe Garrel, etc, ou encore de sa pratique de la technique du clown.       <br />
              <br />
       Bryan Polach n'est pas en reste dans la puissance et l'envergure de son jeu. Signalons qu'il se produira aussi avec &quot;Violences conjuguées&quot;, sa pièce co-écrite et co-mise en scène lors du Off d'Avignon.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Après les ruines&quot;, il nous a peut-être manqué un certain &quot;fil d'Ariane&quot; autour de la dramaturgie, lequel nous aurait définitivement emporté, quand bien même le spectacle est vertigineusement émouvant et bouleversant.       <br />
              <br />
       Accordons malgré tout à Bertrand Sinapi, Amandine Truffy et Emmanuel Breton, une palme d'or pour leur regard sur notre monde actuel sinistre, et, à tous les exilés de la Terre, une palme d'honneur à nulle autre pareille.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Après les ruines"</b></div>
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      Spectacle tout public en français (allemand et arabe sous-titrés).       <br />
       Écriture et mise en scène : Bertrand Sinapi.       <br />
       Dramaturgie : Amandine Truffy et Emmanuel Breton.       <br />
       Avec : Amandine Truffy, Katharina Bihler et Bryan Polach.       <br />
       Contrebasse live et traitement électo-accoustique : Stefan Scheib.       <br />
       Composition, violoncelle enregistrée : André Mergenthaler.       <br />
       Dispositif sonore : Lionel Marchetti.       <br />
       Lumières : Clément Bonnin.       <br />
       Dispositif scénique et régie : Matthieu Pellerin.       <br />
       Scénographie objets : Goury.       <br />
       Par la Compagnie Pardès rimonim (Metz).       <br />
       À partir de 13 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 2 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h 55. Relâche le lundi.       <br />
       Avant-première presse le 30 juin 2024 à 13 h 55.       <br />
       Théâtre Le 11 Avignon, Salle 2, 11, boulevard Raspail, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 84 51 20 10.       <br />
       <a class="link" href="https://www.11avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; 11avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       4 décembre 2024 : MJC Calonne, Sedan (08).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Apres-les-ruines-L-exil-le-depart-leur-part-de-silence-et-d-inconnu-traitee-d-une-belle-maniere_a3953.html</link>
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