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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>"Portrait de l'artiste après sa mort (France 41 - Argentine 78)" Enquête sur des disparitions en temps de dictatures…</title>
   <pubDate>Thu, 18 Dec 2025 11:38:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le théâtre-documentaire de Davide Carnevali, artiste associé au Piccolo Teatro di Milano, se présente comme un objet polymorphe épousant à l'envi l'Histoire du pays dans lequel est joué son projet, mais aussi l'histoire personnelle de l'artiste qui l'incarne. Ici, c'est Marcial Di Fonzo Bo, né à Buenos Aires en 1968, qui, corps et âme confondus, va prendre en charge les récits gigognes retraçant l'enquête menée sous nos yeux pour élucider le mystère de l'appartement argentin dont il est censé avoir hérité ; un lieu qui aurait appartenu à un dissident politique disparu lors du coup d'État de la junte militaire du général Videla.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93261897-65227662.jpg?v=1766054989" alt=""Portrait de l'artiste après sa mort (France 41 - Argentine 78)" Enquête sur des disparitions en temps de dictatures…" title=""Portrait de l'artiste après sa mort (France 41 - Argentine 78)" Enquête sur des disparitions en temps de dictatures…" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;… c'est pas facile de trouver les mots, d'habitude, je dis des textes déjà écrits… Alors que celui que je vous dis là, je le dis spontanément… cette histoire, c'est aussi la mienne… et en la racontant avec mes propres mots, on s'est dit que l'on obtiendrait un effet plus réel, plus vraisemblable&quot;.</span> D'emblée, la réalité et la fiction s'enchevêtrent au travers de l'adresse au public de l'acteur jouant le naturel à s'y méprendre. Ainsi initiée, l'illusion théâtrale ne cessera d'opérer comme un philtre enivrant tout au long de la reconstitution de cette enquête au long cours.       <br />
              <br />
       Portés par un troisième – Marcial Di Fonzo Bo, lui-même en partie fictif puisque des éléments de sa biographie seront mêlés à des inventions pures – deux personnages vont être extraits de l'oubli où les régimes dictatoriaux les avaient précipités, faisant d'eux des &quot;desapericedos&quot; dont les noms mêmes étaient condamnés à être effacés. Le premier, Luca Misiti, pianiste porté disparu dans l'Argentine fasciste de 1978. Le deuxième, compositeur juif du nom de Schmit, disparu sous le gouvernement de Vichy, collaborateur des Nazis, en 1941.       <br />
              <br />
       Les rapports entre ces deux personnages inventés de toutes pièces tout en étant d'une réalité criante de vérités ? Nous les découvrirons en mettant nos pas – comme nous y sommes expressément invités – dans ceux de l'acteur arpentant &quot;en tous sens&quot; la reconstitution du logement de Buenos Aires pour assister au procès de la restitution de cet appartement spolié ayant appartenu à un soi-disant parent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93261897-65227664.jpg?v=1766055039" alt=""Portrait de l'artiste après sa mort (France 41 - Argentine 78)" Enquête sur des disparitions en temps de dictatures…" title=""Portrait de l'artiste après sa mort (France 41 - Argentine 78)" Enquête sur des disparitions en temps de dictatures…" />
     </div>
     <div>
      Les scènes de ces histoires à forte connotation politique sont reconstituées de manière des plus réalistes. Que ce soit la maquette de l'appartement et la réplique des objets qui s'y trouvent (comme la balle de revolver), les lettres reçues provenant d'Argentine, un article de journal faisant état d'une proposition musicale d'un certain Schmit à l'Opéra Garnier en avril 1939, le compte-rendu précis de &quot;l'enlèvement&quot; à son domicile de Luca Mitsi, le 26 juin 1978, &quot;jour de la finale à Buenos Aires de la coupe du monde de football pour que l'on ne remarque pas le bruit&quot;, tout est frappé du sceau d'une Vérité… aussitôt remise en cause par la critique de celui qui brandit ces documents comme preuves intangibles. Comme si, dans le même temps où l'on rappelle à nos consciences assoupies l'horreur palpable des dictatures toujours prêtes à renaître de leurs cendres, le message était d'aiguiser notre sens critique toujours prêt à céder sous les assauts d'une réalité recomposée par des influenceurs sans scrupules, mais avec des visées, elles, très orientées.       <br />
              <br />
       Ainsi les hypothèses sur la dénonciation du personnage fictif du pianiste (a-t-il vraiment été arrêté ou s'est-il enfui pour échapper à la persécution ?) iront bon train ; est-ce parce qu'il était un dissident surveillé de près par une caméra dissimulée dans sa bibliothèque par le régime fasciste ou cette dénonciation résulte-t-elle du signalement d'une voisine simplement jalouse ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93261897-65227706.jpg?v=1766055136" alt=""Portrait de l'artiste après sa mort (France 41 - Argentine 78)" Enquête sur des disparitions en temps de dictatures…" title=""Portrait de l'artiste après sa mort (France 41 - Argentine 78)" Enquête sur des disparitions en temps de dictatures…" />
     </div>
     <div>
      D'autres voix traverseront l'acteur dans sa quête de vérité, comme celle de cette psychanalyste lacanienne mettant le doigt sur son nom écorché d'une lettre (c'est lui sans être lui), un lapsus du même ordre que le signifiant de son prénom renvoyant à la loi &quot;martiale&quot; de pays ployant sous le joug des dictatures militaires. Un maelstrom qui nous emportera jusqu'au-dessus de l'océan, cette belle étendue de mer bleue survolée par l'avion du retour de Marcial Di Fonzo Bo, cette mer synonyme pour les touristes de bains prisés, cette même mer qui a englouti les dissidents politiques argentins, largués vivants et drogués des soutes des avions militaires de la junte.       <br />
              <br />
       Et comme pour conclure cette traversée en eaux tumultueuses où les effets de réalité n'ont fait qu'un avec la fiction, les spectateurs seront invités à rejoindre l'acteur sur le plateau pour s'imprégner physiquement de cet appartement-musée, lieu de mémoire à recomposer. Une expérience sensible étourdissante et ô combien essentielle, tant en ce qui concerne l'effroi suscité par les dictatures passées, présentes et à venir, que par la mise en abyme du théâtre et des réalités qu'il est sensé… re-présenter.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mardi 9 décembre 2025, Salle Vauthier du tnba (Théâtre national de Bordeaux Aquitaine) à Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Portrait de l'artiste après sa mort (France 41 - Argentine 78)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93261897-65227708.jpg?v=1766055172" alt=""Portrait de l'artiste après sa mort (France 41 - Argentine 78)" Enquête sur des disparitions en temps de dictatures…" title=""Portrait de l'artiste après sa mort (France 41 - Argentine 78)" Enquête sur des disparitions en temps de dictatures…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Davide Carnevali.       <br />
       Mise en Scène : Davide Carnevali.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Manuela Beltrán Marulanda.       <br />
       Traduction de l'italien : Caroline Michel.       <br />
       Avec : Marcial Di Fonzo Bo.       <br />
       Scénographie : Charlotte Pistorius.       <br />
       Lumières : Luigi Biondi.       <br />
       Musique originale : Gianluca Misiti.       <br />
       Régie générale, plateau : Vincent Bedouet.       <br />
       Régie son/vidéo : Loïc Le Bris.       <br />
       Régie lumière : Antonin Subileau.       <br />
       Le décor du spectacle a été réalisé par l'Atelier de scénographie du Piccolo Teatro di Milano.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       &quot;Portrait de l'artiste après sa mort (France 41 – Argentine 78)&quot; est publié aux Éditions Les Solitaires Intempestifs.       <br />
              <br />
       Création le 13 décembre 2023 à La Comédie de Caen - CDN de Normandie. La version italienne du spectacle a été créée au Piccolo Teatro di Milano en mars 2023.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 9 au vendredi 12 décembre 2025 au tnba (Théâtre national de Bordeaux Aquitaine) à Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       Tounée à venir…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93261897-65227662.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Portrait-de-l-artiste-apres-sa-mort-France-41-Argentine-78-Enquete-sur-des-disparitions-en-temps-de-dictatures_a4431.html</link>
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   <title>"Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…</title>
   <pubDate>Thu, 20 Jun 2024 07:58:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pour sa trente-troisième édition, le festival bordelais des arts et de la parole du "quartier de Saint-Michel et au-delà", s'est fixé un fil rouge… "Hors normes", un beau sous-titre qui résonne comme la promesse salutaire d'un pas de côté mettant en perspective les héritages qui nous façonnent. Qu'elle trouve ses racines dans notre passé individuel, familial, sociétal, ou colonial, la norme héritée agit comme une camisole dont on ne peut se défaire qu'en partageant les mots, qu'en les frottant à ceux des autres. Faire circuler la parole, la mettre dans un pot commun, telle semble l'ambition émancipatrice de cette semaine où cultures populaires et performances artistiques s'allient pour faire résonner la voix des invisibles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452138.jpg?v=1718785451" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      Sur la rive droite de la Garonne, le Parc Pinçon de la Benauge est tout désigné pour accueillir les festivités inaugurales… Un ciné-concert immersif sous la forme d'un film d'animation en 3D – </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Fantôme"</strong></span> (Collectif La Méandre) – est projeté sur une scène rehaussée et aussi sur les immenses façades années soixante-dix surplombantes. Les deux musiciens en live et les personnages de l'histoire se détacheront de la scène pour venir à la rencontre des habitants de la cité populaire, créant ainsi un pont de sens entre fiction et réalité. Quant à l'histoire contée, elle se présente comme le récit d'un soulèvement poétique, celui d'un enfant détonateur de rébellion contre une société asservissante et artisan innocent de son extinction. Toute ressemblance avec la réalité vécue ne pouvant être que fortuite (ou pas…).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452139.jpg?v=1718786053" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      Parmi les trente-huit autres rendez-vous… </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Géographie de la survie"</strong></span>, conçue par l'auteur de théâtre et de romans Lancelot Hamelin, immerge dans un espace urbain identifié jusque dans les îles des territoires d'outre-mer pour être le refuge de personnes sans domicile fixe. Ce territoire, connu des habitants du quartier pour abriter des personnes en rupture, alcoolisées ou pas, chacun va l'arpenter en "tous sens". En effet, seul pour mieux s'imprégner du contexte, "livret des pensées de Sandra" (personnage fictionnel), jeu de cartes et pièce de monnaie en mains, on part à la recherche du secret du père décédé quelque part, à l'encoignure de deux ruelles… Une énigme à résoudre incluant de plain-pied dans l'univers bien réel des exclus… Expérience immersive troublante, s'appuyant sur une fiction comme pour mieux lever le voile sur les drames conduisant à la dure réalité de la vie à la rue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452197.jpg?v=1718786834" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Portraits fantômes"</strong></span>, imaginé par le chorégraphe plasticien Mickaël Phelippeau, propose la visite guidée de trois appartements du quartier Saint-Michel "désertés" pour l'instant. À partir des objets, de la décoration, des livres et disques peuplant les lieux, il se livre à une recomposition fantasmée de ses occupants : qui sont celles et ceux qui vivent "pour de vrai" entre ces murs ? Commentant, dessinant, lisant, dansant, il s'appuie sur la gamme des moyens d'expression à sa disposition pour nous embarquer à sa suite dans ce voyage exploratoire… Si le concept (on pense au roman "Les Choses" de Georges Pérec) est sans conteste séduisant, sa réalisation nous convainc moins, "l'ouvroir de littérature potentielle" restant ici fermé sur lui-même et nous perdant dans des performances artistiques… "hors sol".
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452426.jpg?v=1718787289" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Charge"</strong></span>, de Treize, propose une "lecture-rencontre" émaillée de poèmes slamés, dont on ne sort pas tout à fait indemne. En effet, pour l'autrice de "Charge" (Éditons La Découverte, 2023), campée devant nous, le mot "rencontre" collé à celui de "lecture" délivre à lui seul l'essence de son dessein : le désir impérieux de faire résonner en nous, ses "frères humains" (cf. François Villon), sa traversée en milieu psychiatrique.       <br />
              <br />
       Transmettre dix ans passés entre les murs troués de fenêtres verrouillées est ressenti comme une urgence palpable. Faisant corps avec ses mots tranchants, crus pour coller avec son propos, la romancière dit la déshumanisation humiliante infligée aux patients internés dans une unité psychiatrique… Ces regards portés sur son cas, elle, réduite à l'état d'objet clinique lors des visites organisées pour le personnel médical… Sa pesée hebdomadaire obligatoire, au vu de tous, sur une balance inadaptée à son poids… Ou encore ces ordonnances d'une dizaine de lignes prescrivant les pilules à avaler, sans qu'aucun mot jamais ne vienne accompagner l'emprise sur son corps et sa tête… Pour elle, un moment de libération par la parole. Pour nous, un témoignage coup de poing sur certaines violences psychiatriques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452427.jpg?v=1718787803" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Née le 8 mars 1977"</strong></span> de la conteuse et danseuse Céline Ripoll fait figure d'événement trouant le plafond de verre des normes prisées par les conservateurs de tous poils… "Mettre en jeu", au sens théâtral, la toxicité du machisme mis à nu pour déjouer son emprise morbide. Dire la vérité "exemplaire" du destin d'une femme ordinaire qui, après avoir subi dans sa jeunesse l'extrême violence d'un père, s'est précipité à l'autre bout du monde… dans les bras d'un séduisant "sauvage" dans une compulsion de répétitions échappant à toute raison.       <br />
              <br />
       Celle que l'on connaissait pour ses talents de conteuse du légendaire océanien (cf. les albums de sa maison d'édition, Moai Éditions) lui ayant ouvert les portes du Musée du Quai Branly afin d'assurer des visites ethno-artistiques, revient sur l'avant-scène pour dévoiler cette fois l'arrière-fond des beautés du Pacifique… L'île de Pâques, un paradis à ciel ouvert où elle a vécu l'enfermement avec un séduisant guerrier s'étant avéré être une parfaite brute alcoolisée.       <br />
              <br />
       Face à nous, entre les murs du petit jardin urbain Dorignac, elle apparaît fragile et forte. Dotée d'un bel humour, elle fait corps avec son récit qui lui colle à la peau tout en s'en distanciant avec bonheur. Son récit, c'est celui de toutes les femmes battues "à mort", d'anciennes amoureuses qui sont tombées dans les rets du prince viril arrivé sur son fier destrier. "Intermittent" (magnifique !) de la colère, il l'injurie, la terrorise, la menace pour tout et rien, "se vide en elle" et repart à ses affaires. Treize ans d'asservissement au sens plein du terme sans pouvoir échapper à son emprise… Un récit d'une banalité effrayante dans lequel la tragédie du quotidien féminin livré à la maltraitance machiste explose à chaque syllabe.       <br />
              <br />
       Ne plus sentir son corps, devenir vase… la vase dont les tortionnaires sont faits. Trouver la force de mettre son passé devant soi pour s'en délivrer… Démêler l'enchevêtrement de traumas… Être née morte dans un hôpital militaire, avoir vécu sous les diktats d'un père effrayant, avoir voulu se sauver de son enfance en se précipitant à l'autre bout de la planète… et être tombée dans les bras d'un homme l'ayant carbonisée sur place, comme la petite fille vietnamienne hurlant de douleur sous les brûlures du napalm…       <br />
              <br />
       Un "crash texte" époustouflant d'humanité à vif. Dans cette performance encore en devenir, Céline Ripoll échappe artistiquement à sa nuit personnelle en faisant magistralement danser les mots de la liberté recouvrée… <span style="font-style:italic">"Et sa douleur s'est brisée comme un éclat de rire",</span> serait-on tenté d'ajouter en plagiant "Nuit rhénane" de Guillaume Apollinaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452776.jpg?v=1718788079" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      <b>Festival Chahuts       <br />
       Du 7 au 15 juin 2024.       <br />
       Quartier Saint-Michel et au-delà, Bordeaux (33).</b>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chahuts.net/" target="_blank">>> chahuts.net</a>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Fantôme"</strong></span>       <br />
       <b>Vendredi 7 juin à 22 h, Parc Pinçon, Bordeaux.</b>       <br />
       Par le Collectif la Méandre.       <br />
       Direction artistique, musique, interprétation : Arthur Delaval.       <br />
       Direction technique, régie générale, création lumière, interprétation : Jordan Bonnot.       <br />
       Musique et interprétation : Charlie Doublet.       <br />
       Regard extérieur, mise en scène, accueil et transmission complices, interprétation : Lucie Paquet.       <br />
       Animation et mapping, régie vidéo et interprétation : Guillaume Bertrand.       <br />
       Régie vidéo et interprétation : Agnieszka Juszczak.       <br />
       Régie son et interprétation : Pierre Lacour, Loan Gatto et Isia Delemer.       <br />
       Accueil et transmission complices, interprétation, regard extérieur à la mise en scène : Anaïs Blanchard.       <br />
       Accueil et transmission complices, interprétation : Zaïna Zouheyri.       <br />
       Création costume : Julie Honoré.       <br />
       Écriture : Maëlle Ghulam Nabi.       <br />
       Construction : Marie Dupasquier.       <br />
       Construction des totems : Gaël Richard.       <br />
       Construction des carrousels : Clément Lapalus.       <br />
       Construction, machiniste : Mathieu Fernandez.       <br />
       Regard extérieur à la mise en scène : Laura Dahan, Manuel Marcos.       <br />
       Regard extérieur à la manipulation : Olivier Rannou.       <br />
       Regard extérieur au jeu : Marc Prépus.       <br />
       Regard extérieur : Clémence Lambey, Mélissa Azé.       <br />
       Avec la participation de 25 complices. En partenariat avec la MDS Saint-Michel.       <br />
       Durée : 1 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452994.jpg?v=1718789488" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Géographie de la survie"</strong></span>       <br />
       <b>Samedi 8 juin (de 14 h à 20 h 30) et dimanche 9 juin (de 10 h à 18 h), en déambulation, Marché des Douves, Bordeaux.</b>       <br />
       Par Lancelot Hamelin       <br />
       Conception et écriture : Lancelot Hamelin.        <br />
       Scénographie : CALK.        <br />
       Regard extérieur et bienveillant : Élise Rochet.        <br />
       Recherche action et causerie : Agnès Villechaise.        <br />
       Avec la participation de : Gwendoline Gross, Hélène Fretigne, Christian Calvet, Marion Sarrailh, Natacha Nottin, Brownie Valette, Esteban Ansorena, Sylvie Guyzerix, Joanie Kneppers, Lili Weyl, Jeanne Petit, Denis Blanc, Isabel Vincent Pereira, Justine Rocheteau, Sandrine Jeanneau, Vanessa Vallee, Marie Braux, Odile Nublat, Delphine Ledru, Camille Lemoine, Élise Rochet.        <br />
       Durée : 1 h 30.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58453139.jpg?v=1718789608" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Charge"</strong></span>       <br />
       <b>Samedi 8 juin à 18 h à la Bibliothèque Capucins, Quartier Saint-Michel, Bordeaux.</b>       <br />
       Par Treize.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Portraits Fantômes"</strong></span>       <br />
       <b>Jeudi 6 juin (19 h), samedi 8 juin (14h et 17 h 30) et dimanche 9 juin (14 h et 17 h 30) dans trois appartements du Quartier Saint-Michel, Bordeaux.</b>       <br />
       Par BI-P/Mickaël Phelippeau       <br />
       Conception et interprétation : Mickaël Phelippeau.       <br />
       En coréalisation avec la Manufacture CDCN Nouvelle-Aquitaine Bordeaux – La Rochelle.       <br />
       En complicité avec des habitantes et habitants de Saint-Michel.       <br />
       Durée : 1 h 30.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58453161.jpg?v=1718789672" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Née le 8 mars 1977"</strong></span>       <br />
       <b>Dimanche 9 juin à 18 h dans le Jardin Dorignac, Bordeaux.</b>       <br />
       Par Céline Ripoll.       <br />
       Texte et narration : Céline Ripoll.       <br />
       Mise en scène : Valérie Puech.       <br />
       Regard chorégraphique : Mourad Merzouki.       <br />
       Parrain artistique : Yannick Jaulin.       <br />
       Durée : 1 h 10.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81074542-58452138.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Chahuts-Quand-ceux-que-l-on-a-voulu-faire-taire-donnent-de-la-voix_a3960.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Portrait"… Feux d'artifices chorégraphiques !</title>
   <pubDate>Thu, 26 Jan 2023 15:54:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   À travers une juxtaposition synchronisée de solos mis en relation et de danses d'ensemble, le chorégraphe français Medhi Kerkouche propose un melting-pot de tempos où tout un univers artistique, autant contemporain que hip-hop, tisse des liens aussi bien dansés que théâtraux dans une histoire où des figures, familiales, se découvrent dans leurs solitudes et dans ce qui les rapprochent.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70387638-49099695.jpg?v=1674746234" alt=""Portrait"… Feux d'artifices chorégraphiques !" title=""Portrait"… Feux d'artifices chorégraphiques !" />
     </div>
     <div>
      Ils sont là sur scène. Toujours ensemble, parfois séparés. Et quand ils le sont pour ce dernier cas de figure, quelque chose les unit toujours. Une relation, une humeur, un toucher. Un contact. Voire plus. Toute une série de mouvements s'offre sur le plateau. Pour l'une, les jambes sont à moitié étendues au sol. Les bras plongent doucement d'un côté comme la corde d'un arc qui se recourbe et qui descend, avec un regard concentré comme à la recherche de sa propre introspection. Pour un autre, le mouvement est plus vif et rapide, quant à côté, il est beaucoup plus haché.       <br />
              <br />
       Des tableaux suivent comme celui avec une dame d'un certain âge et où s'agrègent tous les protagonistes qui s'en approchent pour se fondre sur elle, comme le centre d'une attraction. Celui d'une aînée ou d'une mère. Ensuite, elle lance un propos colérique, proche du hurlement. Ailleurs, c'est un genou qui plie au sol, pour repartir, de façon vive dans des mouvements où l'appui sur les planches devient un rebond. On se touche, on s'embrasse, on s'empoigne. Parfois, la gestique ne dure que quelques secondes pour s'arrêter ensuite et repartir vers une autre direction. Comme dans un portrait de famille, tout est réglé et, à sa place, symbolisé par des pauses où les corps, statiques, deviennent, de par leurs attitudes, une forme d'expression, chacun existant par rapport à soi et à l'aide de plusieurs alter egos.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70387638-49099698.jpg?v=1674746271" alt=""Portrait"… Feux d'artifices chorégraphiques !" title=""Portrait"… Feux d'artifices chorégraphiques !" />
     </div>
     <div>
      Dans ces différents tableaux, la gestuelle se décline de façon souple, ondulée, ondulante, vive, anguleuse et brisée. Les relations sont ambivalentes. Les danseurs sont seuls et pourtant, l'autre est là, juste à côté. On ne s'ignore pas, on fait avec sa présence, en le frôlant souvent. Les gestuelles deviennent ainsi des effleurements pour être beaucoup plus vives quand les artistes se centrent sur eux-mêmes. Cette distance à l'autre, aussi proche soit-elle, délimite leurs identités propres en matière d'espace. Ils sont dans leur monde, tout en s'y évadant quand ils se touchent, se caressent et s'embrassent.       <br />
              <br />
       Dans la création de Kerkouche, les protagonistes sont en relation directe entre eux dans des chorégraphies, souvent individuelles et propres à chacun, effectuées dans une même configuration, à savoir un espace réduit à la corpulence de l'artiste. Cela donne un ensemble non centré, car chaque regard du public doit s'arrêter à un seul interprète ou en embrasser quelques-uns, voire une multitude. Quelques véritables solos sont aussi de la partie quand s'extirpe du groupe un danseur qui en semble projeté avec une danse, de quelques instants, et dans un rythme en rupture avec le groupe. Nous sommes ainsi dans l'expression d'une individualité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70387638-49099713.jpg?v=1674746323" alt=""Portrait"… Feux d'artifices chorégraphiques !" title=""Portrait"… Feux d'artifices chorégraphiques !" />
     </div>
     <div>
      Ces chorégraphies sont l'empreinte et le reflet de ce qu'est chaque artiste. Nous nous retrouvons ainsi avec des gestuelles qui font écho à leur être. Cette disposition visuelle donne à voir de celles-là, de multiples visages aussi bien gestiques que rythmiques. Les tableaux sont magnifiques par leurs variétés, leurs couleurs, leurs rythmes autant contemporains que hip-hop. Sur le plateau, nous sommes ainsi dans un kaléidoscope où chaque danseur est dans son pré carré délimité par aucune frontière, sauf celle de sa gestuelle.       <br />
              <br />
       Et puis, il y a cette séquence, comme un second acte, où se dessine un portrait de famille. Tous sont présents, sur une même latitude comme pour une photo. C'est vif, à dessein haché, comme des instants volés dans lesquels chacun vit, au travers de ses gestes, une émotion, dont tous les autres font écho. Des vocalises apparaissent et donnent une douceur poétique à la représentation. Puis une chanson nous fait basculer dans des mouvements alliant courbures, extensions, allongements, vivacités et parfois arrêts, le temps d'un instant. Pour une photo ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70387638-49099769.jpg?v=1674746356" alt=""Portrait"… Feux d'artifices chorégraphiques !" title=""Portrait"… Feux d'artifices chorégraphiques !" />
     </div>
     <div>
      Et puis cela redémarre. Les vitesses emboîtent le pas. Les bras bougent frénétiquement, en avant et en arrière allant vers le tronc pour s'étendre ensuite en direction du bas. C'est très vif et physique. Le théâtre fait aussi irruption dans la dernière scène où, habillés de costumes, nos protagonistes sont accompagnés d'une voix off déroulant leur vie et décrivant les relations familiales entre eux.       <br />
              <br />
       Chacun, de par sa gestique et son rythme, y apporte un timbre et une touche personnelle. Ce miroir à plusieurs visages donne à voir un paysage artistique avec ses reliefs, ses creux et ses pleins. Ce qui se voit et s'appréhende sont ces individualités reliées entre elles, comme parties d'un puzzle. À la fois uniques et dépendantes, à jamais reliées. Comme dans une famille.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Portrait"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70387638-49099816.jpg?v=1674746555" alt=""Portrait"… Feux d'artifices chorégraphiques !" title=""Portrait"… Feux d'artifices chorégraphiques !" />
     </div>
     <div>
      Chorégraphie : Mehdi Kerkouche.       <br />
       Assistante à la chorégraphie : Alexandra Trovato.       <br />
       Avec : Micheline Desguin, Matteo Gheza, Jaouen Gouevic, Lisa Ingrand Loustau, Shirwann Jeammes, Sacha Neel, Amy Swanson, Kilian Vernin, Titouan Wiener Durupt.       <br />
       Musique : Lucie Antunes.       <br />
       Lumières : Judith Leray.       <br />
       Scénographie : Mehdi Kerkouche et Judith Leray.       <br />
       Costumes : Guillaume Boulez, assisté de Patrick Cavalié et Céline Frécon dans la confection.       <br />
       Maquillages : Sabine Leib.       <br />
       Coaching vocal : Nathalie Dupuy.       <br />
       Régie générale/son : Frédéric Valtre.       <br />
       Production : Compagnie EMKA/Centre Chorégraphique National de Créteil et du Val-de-Marne.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Le spectacle s’est joué du 18 au 21 janvier 2023 à Chaillot - Théâtre national de la Danse, Salle Firmin Gémier.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/70387638-49099695.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Portrait-Feux-d-artifices-choregraphiques-_a3497.html</link>
  </item>

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   <title>Chronique à chaud pour un spectacle "à vif !"</title>
   <pubDate>Thu, 12 Jan 2023 15:27:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Lauriou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Trib'Une]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les pannes de courant sur les lignes du métro parisien sont parfois efficaces. La dernière en date m'aura permis d'écrire ce billet et, ainsi, vous conseiller de vous rendre au Petit Palais des Glaces.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70090450-48930629.jpg?v=1673534919" alt="Chronique à chaud pour un spectacle "à vif !"" title="Chronique à chaud pour un spectacle "à vif !"" />
     </div>
     <div>
      L'artiste qui propose un seul(e) en scène s'appelle Aude Lener et c'est une comédienne. J'entends par là qu'elle ne se contente pas d'être en solo, avec appui musical polluant ou autres micros plantés sur le plateau, non ! Aude Lener est vraiment une sacrée comédienne.       <br />
              <br />
       C'est d'abord son visage qui attire, jolie femme, souriante - oui, on ressent chez elle un réel plaisir de jouer et aussi d'occuper cette scène, mais elle est surtout très expressive. Ses yeux, la bouche parlent pour nous. Ce qu'elle parvient à nous renvoyer comme tics de personnages est incroyable. Puis, son corps bouge dans tous les sens. Une formation complète où le corps n'a rien à envier à la tête, tout est en mouvement et on suit son parcours de maman, intermittente, voisine, fille… autour de tous les autres portraits dont on se délecte pendant plus d'une heure.       <br />
              <br />
       La galerie de personnages qu'elle endosse est large, de la voisine pro du commérage à la mère de la mariée à l'accent &quot;ricain&quot; absolument hilarant jusqu'au chien…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70090450-48930640.jpg?v=1673534955" alt="Chronique à chaud pour un spectacle "à vif !"" title="Chronique à chaud pour un spectacle "à vif !"" />
     </div>
     <div>
      Aude Lener s'en sort mieux que bien. Dans ce &quot;mieux&quot;, il y a surtout cette tendresse envers son enfant devenu grand, dont on ne sait pas bien ce qui a rendu le lien compliqué entre les deux. On peut le supposer car elle le murmure et de ce lien qui a été plus ou moins fragilisé, Aude Lener y ajoute une palette de sensibilités. Être mère peut s'avérer rendre le quotidien compliqué. Aude Lener a choisi la comédie. Elle joue et écrit. Ce sont ses fragments de vie. Ceux qui la préoccupent mais aussi ceux qui la font sourire et vivre.       <br />
              <br />
       De son parcours certainement bien plus dense que ce qu'elle a réuni dans ce spectacle, il y a le plaisir, les rencontres atypiques et l'humour agile. Aude pourrait être une bonne copine car rien de ce qu'elle fait n'est maniéré. Elle joue avec tact, talent et simplicité. Quelques notes de musique accompagnent sa performance sans jamais prendre de l'avance. C'est elle qui mène la danse. &quot;À vif&quot; est un spectacle réussi car, de son &quot;peps&quot; et sa belle énergie, l'artiste occupe chaque recoin du plateau sans jamais nous faire perdre le fil et ses nerfs lâchent piano-piano.       <br />
              <br />
       C'est ma première chronique de janvier et je souhaite à cette grande comédienne une longue série de vives festivités pour cette nouvelle année !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"À vif"</b></div>
     <div>
      De et avec Aude Lener.       <br />
       Mise en scène : Nicolas Goergen.       <br />
       Collaboration artistique : Roland Osman.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">À partir du 3 janvier 2023.</span>       <br />
       Mardi à 21 h.       <br />
       Palais des Glaces, petite salle, Paris 10e, 01 42 02 27 17.       <br />
       <a class="link" href="https://www.palaisdesglaces.com/" target="_blank">&gt;&gt; palaisdesglaces.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/70090450-48930629.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Chronique-a-chaud-pour-un-spectacle-a-vif-_a3488.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-69547552</guid>
   <title>"Thomas joue ses perruques" Tendre et drôle "postiche" des grandeurs et misères de la comédie humaine…</title>
   <pubDate>Tue, 13 Dec 2022 07:34:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Ils ont pour prénom Caroline (Caro pour les intimes), Laurence, Benjamin, Stéphanie, Tarek, Isabelle, et… peu importe. On les croise au Super U du coin de la rue ou au Monoprix du quartier, sans les voir (et réciproquement). Mais quand on a pour prénom Thomas et pour nom Poitevin, que l'on a électrisé Instagram par des pastilles virales postées lors du confinement, c'est un don des dieux (qui n'existent pas…) de faire son miel de ces rencontres virtuelles. En naît - sous des postiches capillaires affichés crânement - un seul en scène habité par une foultitude de portraits tout droit sortis des tiroirs de la comédie humaine.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69547552-48616326.jpg?v=1670868051" alt=""Thomas joue ses perruques" Tendre et drôle "postiche" des grandeurs et misères de la comédie humaine…" title=""Thomas joue ses perruques" Tendre et drôle "postiche" des grandeurs et misères de la comédie humaine…" />
     </div>
     <div>
      Cette galerie de personnages hauts en couleurs, toujours brossés avec une tendresse n'excluant aucunement une pointe de dérision, n'existerait pas si elle n'était &quot;chapeautée&quot;  par une créatrice ès-perruques ayant, avec la complicité de sa grande sœur, transformé ces communs accessoires en &quot;éléments de réinvention de soi&quot;. Travaillant la matière capillaire dans le strict cadre d'une charte environnementale écoresponsable que ne démentirait pas Greta, la susnommée se contorsionne de plaisir en présentant ses perruques religieusement alignées en fond de scène sur un maître-autel où elles trônent en majesté. Son concept &quot;créa-tif&quot;, Play &amp; Plug, rejoint les prescriptions de Michel Cymes, le médecin préféré des Français ; c'est peu dire s'il est efficace…       <br />
              <br />
       Tout débute, à son corps défendant, par le témoignage bouleversé d'une (encore) jeune femme (Thomas Poitevin affectionne endosser les rôles féminins, plus originaux) s'épanchant avec moult émotions sur un non-événement survenu près de vingt années plus tôt. Le fol récit de sa sortie nocturne en voiture pour rejoindre à ses dix-huit ans le plus proche Mac Do… À proprement parler, inénarrable… tant rien ne se passe si ce n'est les fantasmes paranormaux s'enchaînant jusqu'à voir surgir le visage rassurant de Jean-Jacques Goldman dans les plis de son peignoir. Sous l'emprise d'un adepte des pratiques ésotériques sollicité en urgence, &quot;ami&quot;  dont elle a bien du mal depuis à prononcer le prénom, elle sera &quot;sauvée&quot; de sa frayeur d'un soir… mais non des liens créés par l'obscur manipulateur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69547552-48616327.jpg?v=1670868121" alt=""Thomas joue ses perruques" Tendre et drôle "postiche" des grandeurs et misères de la comédie humaine…" title=""Thomas joue ses perruques" Tendre et drôle "postiche" des grandeurs et misères de la comédie humaine…" />
     </div>
     <div>
      À la fragilité de cette figure féminine, succède un non moins fragile homme participant à un &quot;stage de revalorisation&quot;, cadeau de sa copine désireuse d'un mâle accompli. Là, affublé d'une perruque à grandes oreilles dominant un poitrail nu, il s'agite en tous sens sous les exhortations en voix off d'un super coach sportif, guerrier des temps modernes, fils des âges farouches. Puis, une directrice d'une scène nationale se tortillant sur sa chaise, rivalisant de précautions oratoires pour annoncer à un porteur de projet artistique qu'il sera programmé, bien sûr ! À l'horizon 2029… dans un dispositif… &quot;particulier&quot;.       <br />
              <br />
       Surgit du noir scandant les tableaux, un jeune-homme incarné avec grande justesse. Atteint de troubles psychiques, il semble dialoguer avec son ami imaginaire et les écureuils peut-être, leur contant avec beaucoup d'humour - et un sacré bon sens ! - comment il a su manipuler son thérapeute… Puis, dans l'obscurité feutrée d'une nuit, on entend murmurer une bourgeoise névrosée osant chuchoter à l'oreille de son mari endormi, ce que jamais elle ne pourrait lui confier éveillé. Et ce dont il s'agit n'a rien à voir avec quelques fantaisies inavouables, mais avec sa détestation des références dont il est bon de se réclamer dans un dîner branché…       <br />
              <br />
       Personnage en disant long encore sur les conventions sociétales que celui du frère aîné du marié s'apprêtant à convoler avec un homme. Le discours qu'il prononce en la circonstance est pétri d'amour fraternel, mêlé à une gêne palpable lorsqu'il se laisse aller à quelques plaisanteries au goût douteux. En se lançant corps et biens dans un flash-back retraçant <span style="font-style:italic">&quot;l'appétit précoce de son petit frère pour le sexe fort&quot;</span>, il est amené - non sans tendresse, mais ce mot peut rimer aussi avec maladresse - à évoquer quelques anecdotes, &quot;amusantes&quot;… d'un certain point de vue. Les nuances subtiles, relevant de l'équilibre du funambule, entre le versant de l'amour qu'il porte sincèrement à son cadet et celui de l'embarras occasionné par le franchissement d'un tabou familial, sont superbement rendues.       <br />
              <br />
       Et pour chute, celle de la rencontre supposée posthume avec un dieu - femme il va s'en dire - d'un père peu enclin à s'en laisser compter. Avant de trépasser ou pas, cet ancien des forces spéciales n'a pas sa pareille pour délivrer à sa  fille adulte quelques vérités bien senties sur la manière dont les névroses se reproduisent en milieu familial.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69547552-48616362.jpg?v=1670868169" alt=""Thomas joue ses perruques" Tendre et drôle "postiche" des grandeurs et misères de la comédie humaine…" title=""Thomas joue ses perruques" Tendre et drôle "postiche" des grandeurs et misères de la comédie humaine…" />
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      Ainsi de tableau en tableau, de perruque en perruque, on parcourt avec grâce et humour les méandres d'une comédie humaine à jamais riche de situations risibles, voire carrément drolatiques tant elles cristallisent des travers récurrents. Mais si désopilants soient ces représentants d'une humanité à portée de nous, ils sont éminemment attendrissants. Ce sont leurs faiblesses mêmes qui nous rapprochent d'eux… et nous les font aimer sous l'effet de l'empathie sans réserve que leur témoigne l'auteur de &quot;Les Désespérés ne manquent pas de panache !&quot;. Ce titre, donné par Thomas Poitevin à son tout premier seul en scène présenté à Avignon en 2018, à plus d'un titre lui colle étonnamment bien à la peau…       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 6 décembre au Carré-Colonnes - Scène Nationale à Blanquefort (33). A été représenté du mardi 6 au jeudi 8 décembre 2022.</b>
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     <div><b>"Thomas joue ses perruques"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69547552-48616375.jpg?v=1670868218" alt=""Thomas joue ses perruques" Tendre et drôle "postiche" des grandeurs et misères de la comédie humaine…" title=""Thomas joue ses perruques" Tendre et drôle "postiche" des grandeurs et misères de la comédie humaine…" />
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      Texte : Thomas Poitevin, Hélène François, Stéphane Foenkinos, Yannick Barbe.       <br />
       Mise en scène : Hélène François.       <br />
       Avec : Thomas Poitevin.       <br />
       Avec les voix de : Thomas Poitevin et Micky Sébastian.       <br />
       Régie générale (en alternance) : Thibault Marfisi, Jean-Vincent Delaere.       <br />
       Création lumières : Bastien Courthieu.       <br />
       Création son : Guillaume Duguet.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">14 décembre 2022 :</span> Auditorium, Seynod (74).       <br />
       <span class="fluo_jaune">16 décembre 2022 :</span> Espace Des Arts, Chalon-Sur-Saône (71).       <br />
       5 janvier 2023 : Espace Alphonse Daudet, Coignères (78).       <br />
       7 janvier 2023 : Théâtre Georges Simenon, Rosny-sous-Bois (93).       <br />
       10 janvier 2023 : Quai 9, Lanester (56).       <br />
       12 janvier 2023 : Théâtre, Saint-Lo (50).       <br />
       14 janvier 2023 : Le Figuier Blanc, Argenteuil (78).       <br />
       18 et 19 janvier 2023 : Le Grand R, La-Roche-Sur-Yon (85).       <br />
       21 janvier 2023 : Salle Avel Dro, Plozevet (29).       <br />
       26 et 27 janvier 2023 : Théâtre Jacques Bodoin, Bourg-en-Bresse (01).       <br />
       Du 31 janvier au 18 février 2023 : Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, Paris.       <br />
       21 février 2023 : Théâtre  du Velain, Villefontaine (38).       <br />
       24 février 2023 : Centre Culturel L'aqueduc, Dardilly (69).       <br />
       28 février et 1er mars 2023 : Scène nationale du Sud Aquitain, Bayonne (64).       <br />
       4 mars 2023 : La Capellia, La-Chapelle-sur-Erdre (44).       <br />
       7 mars 2023 : Espace Culturel Boris Vian, Les Ulis (91).       <br />
       10 mars 2023 : Théâtre Jean Marais, Saint-Gratien (80).       <br />
       11 mars 2023 :  Salle Cassin, Lardy (91).       <br />
       14 mars 2023 :  L'onde, Vélizy (78).       <br />
       16 mars 2023 : Théâtre du Fil de L'eau, Pantin (93).       <br />
       17 mars 2023 :  Le Tangram, Evreux (27).       <br />
       20 mars 2023 : Fontainebleau (77).       <br />
       22 mars au 1er avril 2023 : Théâtre de la Toison D'or, Bruxelles (Belgique).       <br />
       4 avril 2023 : Théâtre Sénart, Lieusaint (77).       <br />
       5 avril 2023 : Forum Jacques Prévert, Carros (06).       <br />
       7 avril 2023 : Le Printemps du Rire, Toulouse (31).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Thomas-joue-ses-perruques-Tendre-et-drole-postiche-des-grandeurs-et-miseres-de-la-comedie-humaine_a3471.html</link>
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