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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-19T18:28:43+02:00</dc:date>
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   <title>"Le pire premier rencard de l'Histoire" Une comédie au quatuor virevoltant dont l'humanité déborde bien positivement</title>
   <pubDate>Tue, 02 Sep 2025 20:24:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Humour]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Corinne et Marc se rencontrent pour la première fois en présentiel après s'être déjà contactés sur un site de rencontres. C'est la femme de Marc, fraîchement ménopausée, qui lui a conseillé de s'inscrire… Ils n'ont pas l'air d'être faits l'un pour l'autre, ces deux-là. D'ailleurs, ils ne semblent même pas savoir exactement ce qu'ils font là, dans ce café. La serveuse et le patron du bar, de leur côté, ont leurs propres problèmes. Le monde et la société aussi. Alors, ça empire…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90862662-63995906.jpg?v=1736974108" alt=""Le pire premier rencard de l'Histoire" Une comédie au quatuor virevoltant dont l'humanité déborde bien positivement" title=""Le pire premier rencard de l'Histoire" Une comédie au quatuor virevoltant dont l'humanité déborde bien positivement" />
     </div>
     <div>
      Est-ce qu'on peut encore rencontrer des gens nouveaux quand tout le monde est en colère ? On aimerait penser que &quot;oui&quot;. Mais là, ce n'est pas gagné ! Cela est toujours une prise de risque qui s'avère ici de très grande envergure !       <br />
              <br />
       Décidément, la pandémie et les confinements en ont bouleversé bien des choses sur la planète Terre, notamment notre rapport aux autres ! Mais, fort heureusement, ils ont malgré tout favorisé la création et l'enfermement a fait émerger de nouvelles idées chez bon nombre d'artistes.       <br />
              <br />
       Ce fut le cas pour Jérémy Manesse qui, de toute évidence, en a eu des idées plein la tête, à ce moment-là. De son tsunami prospectif, une idée majeure a survécu : celle de &quot;notre incommunicabilité croissante concernant les sujets qui fâchent, que ce soit avec nos proches ou avec de parfaits inconnus&quot;.       <br />
              <br />
       Ainsi, son nouveau spectacle est né avec une idée de base : celle des difficultés de la vie de couple, de sa solidité toute relative au fil du temps qui passe, surtout lorsqu'on est presque cinquantenaires ! Un marronnier, s'il en est.       <br />
              <br />
       Mais plusieurs autres petites branches se sont greffées sur ce marronnier du jardin cloisonné de Jérémy Manesse et elles ont fleuri. D'autres concepts tels que le féminisme, la politique, les conflits de générations ou encore l'inaction climatique et l'écoanxiété ont germé petit à petit.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;J'avais en tête l'humeur des pièces de Jaoui et Bacri et, en ligne de mire, l'espoir qu'on arrive à se parler un peu mieux ; et, surtout, que les spectatrices et les spectateurs réfléchissent un peu à tout ça, longtemps après avoir quitté la salle…&quot;</span>       <br />
              <br />
       N'est-ce pas là, aussi, un des pouvoirs suprêmes de l'acte théâtral ?! Mais le pari est toujours hasardeux lorsqu'il s'agit de comédie, <span style="font-style:italic">&quot;cet exercice redoutablement difficile&quot;</span>, comme le souligne la metteuse en scène, Ludivine de Chastenet.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90862662-63995907.jpg?v=1736974132" alt=""Le pire premier rencard de l'Histoire" Une comédie au quatuor virevoltant dont l'humanité déborde bien positivement" title=""Le pire premier rencard de l'Histoire" Une comédie au quatuor virevoltant dont l'humanité déborde bien positivement" />
     </div>
     <div>
      Avec sa nouvelle création, la huitième précisément, c'est pourtant un pari largement gagné pour Jérémy Manesse, lui qui est pratiquement né sur les planches du mythique Café de la Gare, que sa propre mère, Catherine Signaux, dite Sotha, a fondé en 1969, son père, Philippe Manesse, en étant le directeur.       <br />
              <br />
       Cette nouvelle pièce ne s'inscrit pas exclusivement dans le registre de la comédie, loin de là. Contrairement à ce que le titre pourrait laisser présager, et en marge aussi du registre plus traditionnel du Café de la Gare auquel nous étions habitués.       <br />
              <br />
       Les quatre personnages de la pièce, comme chacune et chacun d'entre nous, ont de nombreux problèmes, de nombreux questionnements tels que l'état de notre pays, la déliquescence de la gauche, l'écologie et la &quot;maison qui brûle&quot;, les relations amoureuses compliquées, voire impossibles, le patriarcat, le capitalisme, les attentats potentiels ou bien réels, la famille et son incapacité à s'y dire les choses les plus élémentaires. Bref : ce spectacle virevoltant et attachant est un miroir de notre société actuelle sous tension, fracturée, et ô combien vacillante.       <br />
              <br />
       Le personnage de Marc, interprété de mains de maître par Jérémy Manesse lui-même, constitue un solide pilier dramaturgique au spectacle, lequel est remarquablement porté par un texte incisif et taillé au cordeau qui emporte le public comme sur des montagnes russes en ne lui laissant aucun répit.       <br />
              <br />
       Les quatre comédiens s'emparent de l'écriture de façon virevoltante, avec brio et de remarquables incarnations. Le tout est finement agencé, divertissant, jouissif. On rit, on sourit, on est attendri, très attentif, ému. On éprouve par moments de la compassion, mais surtout, on réfléchit. On réfléchit beaucoup. À la fois pendant la représentation qui file à toute vitesse et dont on voudrait qu'elle ne s'arrête pas, mais notamment après, tel que le souhaitait l'auteur.       <br />
              <br />
       &quot;Le pire premier rencard de l'histoire&quot; est très loin d'être le pire moment que vous passerez au théâtre. La scénographie d'Alix Mercier associée à la mise en scène de Ludivine de Chastenet et à une écriture finement juste et rebondissante constituent, en cette nouvelle année, un réel moment de plaisir théâtral.       <br />
       À ne rater sous aucun prétexte…       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>       <br />
              <br />
       Vu le lundi 6 janvier 2025 au Café de la Gare, Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Pire Premier rencard de l'histoire"</b></div>
     <div>
      Texte : Jérémy Manesse.       <br />
       Mise en scène : Ludivine de Chastenet.       <br />
       Avec : Odile Huleux, Jérémy Manesse, Florent Aumaître ou Jean Vocat, Laure Haulet.       <br />
       Scénographie : Alix Mercier.       <br />
       Décors : Yohann Chemmoul.       <br />
       Création sonore : Louen Poppé.       <br />
       Collaboration musicale : Sarah Manesse.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 septembre au 31 décembre 2025.</span>       <br />
       Lundi et mardi à 19 h 30, vendredi et samedi à 21 h 15, dimanche à 16 h en septembre.       <br />
       En octobre : lundi à 19 h 30, mardi 7 et 21 à 21 h 15, jeudi 23, vendredi et samedi à 21 h 15, dimanche à 16 h.       <br />
       En novembre : lundi 3 et mardi 4 à 21 h 15, mercredi au samedi à 21 h 15, dimanche à 16 h.       <br />
       En décembre : 3 au 6, 16, 19 et 20, 30 à 21 h 15, 7 et 21 à 16 h, 15 à 19 h 30       <br />
       15, 22, 29 à 19 h 30, 31 à 18 h.       <br />
       Café de la Gare, Paris 4e, 01 42 78 52 51.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('cdlg5@wanadoo.fr')" >&gt;&gt; contact mail</a>       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('groupe.cdlg@gmail.com')" >&gt;&gt; nfos et reservations groupes</a>       <br />
       <a class="link" href="https://cafedelagareparis.com/j/" target="_blank">&gt;&gt; cdlg.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/90862662-63995906.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-pire-premier-rencard-de-l-Histoire-Une-comedie-au-quatuor-virevoltant-dont-l-humanite-deborde-bien-positivement_a4349.html</link>
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   <title>"Le pire premier rencard de l'Histoire" Une comédie au quatuor virevoltant dont l'humanité déborde bien positivement</title>
   <pubDate>Fri, 17 Jan 2025 07:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Humour]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Corinne et Marc se rencontrent pour la première fois en présentiel après s'être déjà contactés sur un site de rencontres. C'est la femme de Marc, fraîchement ménopausée, qui lui a conseillé de s'inscrire… Ils n'ont pas l'air d'être faits l'un pour l'autre, ces deux-là. D'ailleurs, ils ne semblent même pas savoir exactement ce qu'ils font là, dans ce café. La serveuse et le patron du bar, de leur côté, ont leurs propres problèmes. Le monde et la société aussi. Alors, ça empire…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85589167-60985706.jpg?v=1736974108" alt=""Le pire premier rencard de l'Histoire" Une comédie au quatuor virevoltant dont l'humanité déborde bien positivement" title=""Le pire premier rencard de l'Histoire" Une comédie au quatuor virevoltant dont l'humanité déborde bien positivement" />
     </div>
     <div>
      Est-ce qu'on peut encore rencontrer des gens nouveaux quand tout le monde est en colère ? On aimerait penser que &quot;oui&quot;. Mais là, ce n'est pas gagné ! Cela est toujours une prise de risque qui s'avère ici de très grande envergure !       <br />
              <br />
       Décidément, la pandémie et les confinements en ont bouleversé bien des choses sur la planète Terre, notamment notre rapport aux autres ! Mais, fort heureusement, ils ont malgré tout favorisé la création et l'enfermement a fait émerger de nouvelles idées chez bon nombre d'artistes.       <br />
              <br />
       Ce fut le cas pour Jérémy Manesse qui, de toute évidence, en a eu des idées plein la tête, à ce moment-là. De son tsunami prospectif, une idée majeure a survécu : celle de &quot;notre incommunicabilité croissante concernant les sujets qui fâchent, que ce soit avec nos proches ou avec de parfaits inconnus&quot;.       <br />
              <br />
       Ainsi, son nouveau spectacle est né avec une idée de base : celle des difficultés de la vie de couple, de sa solidité toute relative au fil du temps qui passe, surtout lorsqu'on est presque cinquantenaires ! Un marronnier, s'il en est.       <br />
              <br />
       Mais plusieurs autres petites branches se sont greffées sur ce marronnier du jardin cloisonné de Jérémy Manesse et elles ont fleuri. D'autres concepts tels que le féminisme, la politique, les conflits de générations ou encore l'inaction climatique et l'écoanxiété ont germé petit à petit.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;J'avais en tête l'humeur des pièces de Jaoui et Bacri et, en ligne de mire, l'espoir qu'on arrive à se parler un peu mieux ; et, surtout, que les spectatrices et les spectateurs réfléchissent un peu à tout ça, longtemps après avoir quitté la salle…&quot;</span>       <br />
              <br />
       N'est-ce pas là, aussi, un des pouvoirs suprêmes de l'acte théâtral ?! Mais le pari est toujours hasardeux lorsqu'il s'agit de comédie, <span style="font-style:italic">&quot;cet exercice redoutablement difficile&quot;</span>, comme le souligne la metteuse en scène, Ludivine de Chastenet.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85589167-60985707.jpg?v=1736974132" alt=""Le pire premier rencard de l'Histoire" Une comédie au quatuor virevoltant dont l'humanité déborde bien positivement" title=""Le pire premier rencard de l'Histoire" Une comédie au quatuor virevoltant dont l'humanité déborde bien positivement" />
     </div>
     <div>
      Avec sa nouvelle création, la huitième précisément, c'est pourtant un pari largement gagné pour Jérémy Manesse, lui qui est pratiquement né sur les planches du mythique Café de la Gare, que sa propre mère, Catherine Signaux, dite Sotha, a fondé en 1969, son père, Philippe Manesse, en étant le directeur.       <br />
              <br />
       Cette nouvelle pièce ne s'inscrit pas exclusivement dans le registre de la comédie, loin de là. Contrairement à ce que le titre pourrait laisser présager, et en marge aussi du registre plus traditionnel du Café de la Gare auquel nous étions habitués.       <br />
              <br />
       Les quatre personnages de la pièce, comme chacune et chacun d'entre nous, ont de nombreux problèmes, de nombreux questionnements tels que l'état de notre pays, la déliquescence de la gauche, l'écologie et la &quot;maison qui brûle&quot;, les relations amoureuses compliquées, voire impossibles, le patriarcat, le capitalisme, les attentats potentiels ou bien réels, la famille et son incapacité à s'y dire les choses les plus élémentaires. Bref : ce spectacle virevoltant et attachant est un miroir de notre société actuelle sous tension, fracturée, et ô combien vacillante.       <br />
              <br />
       Le personnage de Marc, interprété de mains de maître par Jérémy Manesse lui-même, constitue un solide pilier dramaturgique au spectacle, lequel est remarquablement porté par un texte incisif et taillé au cordeau qui emporte le public comme sur des montagnes russes en ne lui laissant aucun répit.       <br />
              <br />
       Les quatre comédiens s'emparent de l'écriture de façon virevoltante, avec brio et de remarquables incarnations. Le tout est finement agencé, divertissant, jouissif. On rit, on sourit, on est attendri, très attentif, ému. On éprouve par moments de la compassion, mais surtout, on réfléchit. On réfléchit beaucoup. À la fois pendant la représentation qui file à toute vitesse et dont on voudrait qu'elle ne s'arrête pas, mais notamment après, tel que le souhaitait l'auteur.       <br />
              <br />
       &quot;Le pire premier rencard de l'histoire&quot; est très loin d'être le pire moment que vous passerez au théâtre. La scénographie d'Alix Mercier associée à la mise en scène de Ludivine de Chastenet et à une écriture finement juste et rebondissante constituent, en cette nouvelle année, un réel moment de plaisir théâtral.       <br />
       À ne rater sous aucun prétexte…       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>       <br />
              <br />
       Vu le lundi 6 janvier 2025 au Café de la Gare, Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Pire Premier rencard de l'histoire"</b></div>
     <div>
      Texte : Jérémy Manesse.       <br />
       Mise en scène : Ludivine de Chastenet.       <br />
       Avec : Odile Huleux, Laure Haulet, Jérémy Manesse, Florent Aumaître.       <br />
       Scénographie : Alix Mercier.       <br />
       Décors : Yohann Chemmoul.       <br />
       Création sonore : Louen Poppé.       <br />
       Collaboration musicale : Sarah Manesse.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 2 janvier au 29 juin 2025.</span>       <br />
       Lundi à 19 h 30, mardi, jeudi, vendredi, samedi à 21 h 15 et dimanche à 16 h.       <br />
       Relâches exceptionnelles les lundis 28 avril et 26 mai et dimanche 15 juin.       <br />
       Représentations supplémentaires les mercredis 30 avril, 28 mai et le dimanche 8 juin à 20 h.       <br />
       Café de la Gare, Paris 4e, 01 42 78 52 51.       <br />
       <a class="link" href="https://www.cdlg.org/j/index.php" target="_blank">&gt;&gt; cdlg.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/85589167-60985706.jpg</photo:imgsrc>
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  </item>

  <item>
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   <title>"Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant</title>
   <pubDate>Mon, 30 Sep 2024 20:18:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le noir se fait et le son des voix disparaît. C'est ainsi que commence "Cap au pire" au Théâtre 14. Silence et pénombre imposent une écoute, une attention, un affût du moindre mouvement, du plus petit son qui indiquerait que le spectacle va débuter. Que quelque chose va se passer. Silence et pénombre vont pourtant accompagner, ponctuer, habiller tout le spectacle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83160287-59578985.jpg?v=1727722558" alt=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" title=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" />
     </div>
     <div>
      Quand la lumière paraît sous forme d'un rectangle de lumière qui éclate au sol de blancheur, Denis Lavant se place l'avant des chaussures mordant ce petit rectangle comme s'il était juste au bord. Et puis le silence. Et puis <span style="font-style:italic">&quot;Encore. Dire encore. Soit dit encore. Tant mal que pis encore. Jusqu'à plus mèche encore. Soit dit plus mèche encore.&quot;</span> prononce la silhouette <span style="font-style:italic">&quot;mains inclinées sur crâne atrophié&quot;</span>, tel un spectre aux traits inversés par l'éclairage venant d'en bas. Comme les enfants font peur aux adultes en braquant une torche sous leurs mentons.       <br />
               <br />
       Il y a en effet de la gaminerie encore dans le texte de Samuel Beckett, avec des éclats d'humour qui font briller la dérision de l'existence. Il y a surtout, dans ce texte comme dans la plupart des textes de l'auteur, une exploration des profondeurs de l'âme humaine. Ou plutôt, une fouille d'un état de conscience qui se fiche bien de toute l'apparence futile et sonnante de la vie belle.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Cap au pire&quot;, Beckett explore ce qui peut s'exprimer de l'humain lorsqu'il se trouve suspendu dans un instant. Enfermé dans un instant. L'écriture extrême, désarticulée, dégrammatalisée, désyntaxée, parfois déformée, qu'il emploie est la matière et le fond même de ce qu'il dit. Plus rythme que sens, il parvient pourtant à former des images, de l'imaginaire, un vieil homme qui tient la main d'un enfant comme un pont temporel, l'imaginaire qui semble finalement au centre même du propos.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83160287-59578993.jpg?v=1727722583" alt=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" title=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" />
     </div>
     <div>
      Denis Lavant se laisse devenir le conducteur de ce cheminement de mots. Au rythme, il ajoute le souffle, pourtant dans une immobilité totale. Le texte de Beckett bouillonne tranquillement en lui comme une marmite sur le coin du feu, et les mots s'envolent de sa bouche comme des vapeurs et dessinent dans la pénombre du plateau l'imaginaire âpre, presque cadavérique, fragile et puissant.       <br />
              <br />
       Lorsqu'on parle à Denis Lavant du personnage qu'il incarne, il rit et dit : <span style="font-style:italic">&quot;Quel personnage ?&quot;.</span> C'est tout le paradoxe. Qu'il incarne avec tout son beau talent et, cependant, c'est bien la matière même du texte, des mots, de la parole qui agit sur scène. L'écriture est cependant bien la force appelée, comme on appelle un esprit autour d'une table de salon. Tout fait référence à cette discipline qui emporte celui qui la pratique dans un autre calcul du temps, un autre espace, une vision.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Jacques Osinski empêche tout parasite susceptible de corrompre le texte. La pénombre domine pour ne laisser que l'acteur posé sur sa page blanche dire les mots. Laissant Denis Lavant dans une immobilité (qui n'empêche pas celui-ci de vivre ses mots en un joli vagabondage de l'esprit), tout le tragique, tout le comique du texte et toutes ces brisures qui montrent ces moments où l'âme tressaille et se fêle, sont ainsi mises en valeur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83160287-59578994.jpg?v=1727722630" alt=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" title=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" />
     </div>
     <div>
      Cela demande une certaine exigence pour le spectateur, mais &quot;Cap au pire&quot; donne la rare occasion de toucher des zones obscures, sortes de terrains vagues de perdition que chacun porte craintivement caché en lui.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Cap au pire"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83160287-59578996.jpg?v=1727722665" alt=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" title=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" />
     </div>
     <div>
      Texte : Samuel Beckett.       <br />
       Traduction : Édith Fournier (Éditions de Minuit)       <br />
       Mise en scène : Jacques Osinski.       <br />
       Avec : Denis Lavant.       <br />
       Lumières : Catherine Verheyde.       <br />
       Scénographie : Christophe Ouvrard.       <br />
       Costumes : Hélène Kritikos.       <br />
       Production Cie L’aurore boréale.       <br />
       Avec le soutien du Théâtre des Halles, Scène d'Avignon.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 24 septembre au 19 octobre 2024.</span>       <br />
       Mardi, mercredi, vendredi à 20 h, jeudi à 19 h et samedi à 16 h.       <br />
       Théâtre 14, Paris 14e, 01 45 45 49 77.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre14.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre14.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83160287-59578985.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Cap-au-pire-L-avant-derniere-oeuvre-de-Beckett-mise-en-corps-par-un-Denis-Lavant-transcendant_a4052.html</link>
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