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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>"Khojaly 613", une stèle musicale pour mémoire</title>
   <pubDate>Fri, 10 Mar 2017 08:33:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[CédéDévédé]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Enregistrée en direct en septembre 2016 au Deux Mondes Festival de Mulhouse, la troisième version de l'opus 197 de Pierre Thilloy pour violon solo, clarinette et orchestre symphonique a été gravée dans un cd qui vient de paraître. D'une grande beauté, cette pièce crépusculaire traversée d'un souffle tragique entend jeter un linceul de notes sur les victimes civiles d'un massacre commis en 1992 et en commémorer la mémoire.     <div>
      Conçue comme un triptyque dont les mouvements sont réunis par les principes de la citation, de la réminiscence et de l'anticipation, la troisième version de &quot;Khojaly 613&quot; <span style="font-style:italic">(1)</span>, développée pour un orchestre symphonique, ouvre une faille temporelle tant dans sa conception qu'à l'écoute.        <br />
              <br />
       L'orchestre, le violon et la clarinette solos, trois entités évoquant les acteurs de la tragédie comme ses témoins ou l'auditeur moderne, luttent par contrastes marqués ou se rejoignent en de douloureux développements, qui suivent le déroulement du drame : s'y répondent la vue panoramique de l'événement et une méditation inquiète, envoûtante. De celle qu'appellent de tous temps les horreurs de la guerre. Une œuvre que Pierre Thilloy place sous les auspices de la paix, envers et contre toutes polémiques <span style="font-style:italic">(2)</span>.       <br />
              <br />
       Du Largo funèbre du premier mouvement, avec l'entrée inquiète du violon hantée par le glas, les percussions menaçantes et les traits de l'orchestre plein de noirs pressentiments, au Largo doloroso de l’Épitaphe du troisième, noté &quot;Quasi Hors-temps&quot;, l'œuvre déploie ses phrases lancinantes sourdant des profondeurs, ses pulsations angoissées comme ses variations contrapuntiques entre pupitres et solistes - des voix étouffées parfois jusqu'aux fortissimi cataclysmiques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La voix fragile de la clarinette lutte contre les déferlements des cordes, tandis que le violon solo sombre et tourmenté peuple ce cauchemar de visions quasi fantastiques. Ce dernier semble brièvement s'échapper de cet étau dramatique dans sa partie solo (dans le Largo de la Cadenza) pour ré-exposer au final le motif initial - une formule mélodique qui reprend en notes l'anagramme du nom du village martyr &quot;Khodaly&quot;.       <br />
              <br />
       À la fois marche militaire, plainte des civils fuyant sur fond de massacre et oraison funèbre, cette belle version <span style="font-style:italic">(3)</span> parfaitement restituée à l'enregistrement rend justice au grand talent de ses interprètes : Alain Toiron (clarinette solo de l'OSM), l'impressionnante Sabina Rakcheyeva (la violoniste créatrice en 2013 et dédicataire de l'œuvre) et l'Orchestre symphonique de Mulhouse à l'engagement total et inspiré sous la baguette de Fuad Ibrahimov, chef invité de la dernière édition du festival.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) 613, c'est le chiffre des victimes civiles d'un massacre commis à Khodaly, durant le conflit (1988-1994) entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, dans le Haut Karabagh. Zone qu'occupe illégalement l'Arménie depuis, malgré plusieurs résolutions de l'ONU.       <br />
       (2) Des manifestations pro-arméniennes sont régulièrement organisées pour annuler ou gêner les concerts qui mettent cette œuvre à leur programme.       <br />
       (3) &quot;Khodaly 613&quot; pour violon, clarinette (et parfois balaban) originalement écrite pour un orchestre de chambre, existe aussi dans une version avec quatuor à cordes.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11345014-18905325.jpg?v=1491464073" alt=""Khojaly 613", une stèle musicale pour mémoire" title=""Khojaly 613", une stèle musicale pour mémoire" />
     </div>
     <div>
      <b>● Pierre Thilloy (1970) &quot;Khojaly 613&quot;.</b>       <br />
       Label : Xanadu.       <br />
       Distribution : Hortus.       <br />
       Durée : 30'10.        <br />
       Sortie : février 2017.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/11345014-18905325.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Khojaly-613--une-stele-musicale-pour-memoire_a1761.html</link>
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   <title>Pierre Thilloy, compositeur voyageur</title>
   <pubDate>Wed, 28 Sep 2016 09:42:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Concerts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Alors que la seconde édition de son festival Les 2 Mondes s'achevait par une soirée intitulée "Voyage symphonique" où était créée la nouvelle version de son œuvre controversée "Khojaly 613", nous avons rencontré le compositeur pour un entretien sans tabous. Pour la première fois depuis son éviction de la direction artistique de l'Orchestre Lamoureux, Pierre Thilloy est sorti de son silence pour revenir sur un passé encore amer mais aussi pour nous parler de ses projets d'avenir.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10295210-16819392.jpg?v=1475049516" alt="Pierre Thilloy, compositeur voyageur" title="Pierre Thilloy, compositeur voyageur" />
     </div>
     <div>
      Si Pierre Thilloy est un compositeur très demandé à l'étranger, il semble curieusement ignoré en France. Celui-ci assure être soutenu par la diplomatie française, mais curieusement écarté des commandes institutionnelles. Selon lui, rien n'a vraiment changé depuis Louis XIV et Colbert, seul un art officiel est soutenu - auquel il se sent étranger.       <br />
              <br />
       Il vient d'écrire une pièce à la demande de Belém au Brésil, pour le quatre-centième anniversaire de la ville, &quot;Saudades de Belém&quot;, et un livre &quot;Les Neuf Mondes&quot;, publié en Norvège. Ce fin connaisseur du Caucase et du Nouveau Monde, amateur de dessin et de calligraphie, voyage beaucoup à la rencontre de ces autres cultures dont il est friand. Le chef Nicolas Krauze, à la tête de son orchestre Nouvelle Europe, créera par ailleurs en octobre prochain le premier volet de son nouveau triptyque, dont le premier volet s'intitule &quot;Duel&quot;.       <br />
              <br />
       La vie ne s'est donc pas arrêtée au mois de mars 2016 pour Pierre Thilloy quand le communiqué de l'Orchestre Lamoureux est tombé, annonçant la rupture anticipée de son contrat de directeur artistique, signé à peine quelques mois auparavant. Ce que le compositeur considère comme une &quot;injustice&quot; et qui l'a blessé profondément (il songe d'ailleurs à apporter à ce licenciement une réponse).       <br />
              <br />
       En ce samedi gris et frais à Mulhouse, la dernière journée de son festival programme une rencontre avec les artistes du jour, trois concerts dont un soirée où l'orchestre de la ville jouera Samuel Barber, Khayyam Mirzadeh, W. A. Mozart, Darius Milhaud et sa nouvelle version de &quot;Khojaly 613&quot;. Un Orchestre symphonique de Mulhouse qui montrera d'ailleurs sa vaillance et un total engagement au Théâtre de La Sinne pour ce concert.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10295210-16825622.jpg?v=1475072655" alt="Pierre Thilloy, compositeur voyageur" title="Pierre Thilloy, compositeur voyageur" />
     </div>
     <div>
      Ce troisième opus de &quot;Khojaly 613&quot; est une œuvre impressionnante dans le droit fil de l'inspiration de sa dernière symphonie &quot;Exil&quot; <span style="font-style:italic">(1)</span>, une fresque à la mémoire des morts du massacre survenu dans le Haut Karabagh à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan en 1992. Une œuvre déprogrammée justement la saison dernière, sur fond de tollé des organisations arméniennes et de conflit avec les instances dirigeantes des Lamoureux.        <br />
              <br />
       Ceux-ci ne voulant en donner qu'un extrait - ce que le compositeur avait expressément refusé car la dénaturant <span style="font-style:italic">(2)</span>. L'Azerbaïdjan, autre fruit de la discorde ? C'est une des questions posées au compositeur, suspecté par certains d'être un ambassadeur un peu trop actif de cette ex-république soviétique, tenue d'une main de fer par un président qui n'a pas hésité à modifier la constitution de son pays pour se maintenir au pouvoir <span style="font-style:italic">(3)</span>.       <br />
              <br />
       <b>Christine Ducq - Qu'avez-vous à répondre à ceux qui vous reprochent d'être trop proche de l'État Azéri et quelle est la nature de vos relations avec la Fondation Heydar Aliyev (4) ?</b>        <br />
              <br />
       <b>Pierre Thilloy -</b> Cette fondation est celle de la Première Dame qui soutient toutes les initiatives visant à faire connaître la culture de son pays, donc l'action que je mène. J'ai été longtemps en résidence en Azerbaïdjan (mais aussi en Ouzbékistan) et je suis tombé amoureux de ce pays, de sa culture et de son peuple. Beaucoup d'artistes et de compositeurs azéris sont devenus des amis et je veux les faire connaître. De même que je m'emploie à faire connaître des artistes d'autres pays. Je remarque avec beaucoup d'étonnement que seuls les artistes azéris semblent poser problème.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10295210-16825652.jpg?v=1475072723" alt="Pierre Thilloy, compositeur voyageur" title="Pierre Thilloy, compositeur voyageur" />
     </div>
     <div>
      <b>Ne vous reproche-t-on pas le fait que l'Azerbaïdjan soit une dictature ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Pierre Thilloy -</b> Je ne sais pas. Il faudrait visiter ce pays avant d'affirmer une telle chose.       <br />
              <br />
       <b>Il est de notoriété publique que les élections sont truquées.</b>       <br />
              <br />
       <b>Pierre Thilloy -</b> Je m'occupe de culture et ne fais pas de politique.        <br />
       La Fondation Heydar Aliyev me soutient depuis deux ans dans mon action mais rien de plus : elle n'a pas acheté ma conscience et ne me donne pas d'ordres. Je suis entièrement libre. Durant mon mandat à l'Orchestre Lamoureux, la fondation sponsorisait l'orchestre pour faire connaître la musique magnifique de son pays. Elle continue à me soutenir sur ce même projet mené depuis seize ans.        <br />
              <br />
       Ce soir est programmée une œuvre d'un de mes amis compositeurs, Khayyam Mirzadeh. C'est un vieux et merveilleux monsieur qui m'a fait découvrir la richesse musicale azérie. Je suis donc heureux de faire connaître aujourd'hui son très beau &quot;Concerto Grosso&quot;. Ce n'est donc en rien un enrichissement personnel. Je rembourse comme tout le monde le crédit de mon appartement. Pour ma commande brésilienne, va-t-on aussi affirmer que j'ai des actions chez Petrobras ? C'est ridicule. Ce système de soutien financier dans la culture est courant, et on ne me le reproche qu'à moi ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10295210-16825660.jpg?v=1475072756" alt="Pierre Thilloy, compositeur voyageur" title="Pierre Thilloy, compositeur voyageur" />
     </div>
     <div>
      J'ajouterai que si des &quot;dictatures&quot; se mettent à sponsoriser la culture, sont-ce vraiment des dictatures ? L'Azerbaïdjan est sans doute un état autoritaire, mais a-t-il le choix étant donné son implantation géographique ?       <br />
              <br />
       Les attaques dont j'ai fait l'objet il y a quelques mois - j'aurais vendu l'Orchestre Lamoureux à l'Azerbaïdjan - sont des bêtises non fondées. Mon rêve serait d'avoir sur un même plateau des artistes de tous les pays, y compris ceux dont les états sont en guerre actuellement, pour mettre en évidence les passerelles entre nos cultures.       <br />
              <br />
       <b>Dans quelles conditions avez-vous composé &quot;Khojaly 613&quot; qui a été la source de bien des polémiques ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Pierre Thilloy -</b> C'est le nom d'un village où a eu lieu il y a vingt-cinq ans un massacre. J'ai vu en 2001 une exposition de photographies à Bakou. Sur l'une d'elles, le grand M. Rostropovitch jouait dans un camp de déplacés azéris <span style="font-style:italic">(5)</span>. Ces derniers étaient des réfugiés, exilés de la région de Haut Karabagh, occupée par l'Arménie. J'avais trente-et-un ans et cette souffrance m'a bouleversé. Mes amis, très discrets sur cet événement malgré une évidente blessure non refermée, ont fini par m'en parler. Beaucoup avaient perdu un proche. J'ai attendu 2013 pour en faire une œuvre. Il me semble qu'il faut parler de cette tragédie inconnue en Occident, si on veut que la paix soit un jour possible là-bas.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10295210-16829168.jpg?v=1475083492" alt="Pierre Thilloy, compositeur voyageur" title="Pierre Thilloy, compositeur voyageur" />
     </div>
     <div>
      Et je veux affirmer avec force qu'ériger une stèle musicale aux victimes azéries n'oblitère en rien mon respect pour les Arméniens. Il ne s'agit pas de condamner qui que ce soit - je laisse aux politiques et à la justice le soin de faire leur travail. J'aime aussi la culture arménienne que je connais bien.        <br />
              <br />
       <b>Parlez-nous de cette nouvelle version. La troisième, n'est-ce pas ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Pierre Thilloy -</b> Pour moi l'essentiel est que cette pièce émeuve l'auditoire. La première version était prévue pour un petit orchestre à cordes, une percussion, un violon et un balaban (un instrument semblable au duduk arménien).       <br />
              <br />
       La seconde version était destinée à un quatuor à cordes, un violon et une clarinette. Ce soir, c'est la création mondiale d'un troisième opus avec un gros orchestre symphonique et les mêmes solistes. J'y pensais dès l'origine car j'aime obtenir un son puissant, une énergie tellurique. C'est une épopée qui retrace en une demi-heure et en trois mouvements mes impressions en découvrant cette histoire. C'est la violoniste Sabina Rakcheyeva qui l'interprète avec le clarinettiste Alain Toiron, soliste talentueux de l'Orchestre symphonique de Mulhouse.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10295210-16829183.jpg?v=1475083540" alt="Pierre Thilloy, compositeur voyageur" title="Pierre Thilloy, compositeur voyageur" />
     </div>
     <div>
      <b>Quelle est l'identité de votre festival ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Pierre Thilloy -</b> Je veux me faire passeur de cultures que nous ignorons souvent totalement. L'an prochain, le pays au centre de la manifestation sera le Brésil, qui dialoguera avec l'Azerbaïdjan et l'Asie Centrale. C'est bien pour cela que j'ai choisi Darius Milhaud ce soir avec son &quot;Bœuf sur le toit&quot; - une œuvre écrite au retour de son mandat comme attaché culturel sous les ordres de Paul Claudel au Brésil. Diplomatie et culture, pour moi c'est une vision d'avenir.        <br />
              <br />
       <b>Notes :</b>       <br />
       (1) <a class="link" href="http://www.larevueduspectacle.fr/Pierre-Thilloy-compositeur-sorcier_a1440.html" target="_blank">Voir l'article &quot;Pierre Thilloy… compositeur sorcier&quot;</a>       <br />
       (2) Les motifs ayant entraîné le licenciement du compositeur sont essentiellement une interview datée du 25/01/2016 dans &quot;News Tank Culturel&quot; mettant en cause les tutelles publiques de l'orchestre, des conflits avec certaines personnalités des instances dirigeantes (source : courrier reçu par P. Thilloy que nous avons pu voir).        <br />
       (3) Voir <a class="link" href="http://www.diplomatie.gouv.fr">www.diplomatie.gouv.fr</a>       <br />
       (4) Fondation de la femme du président d'Azerbaïdjan.        <br />
       (5) L'Azerbaïdjan a une population de 9,4 millions d'habitants dont près d'un million de personnes déplacées. 20% de son territoire est occupé malgré quatre résolutions de l'ONU (Source : ONU).       <br />
              <br />
       <b>Le Festival des 2 Mondes a eu lieu du 14 au 17 septembre 2016.</b>         <br />
       Prochaine édition : <span class="fluo_jaune">mi-septembre 2017.</span>       <br />
       <a class="link" href="http://www.association-xanadu.com/" target="_blank">&gt;&gt; Info festival.</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/10295210-16819392.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Pierre-Thilloy-compositeur-voyageur_a1682.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Pierre Thilloy… compositeur sorcier</title>
   <pubDate>Tue, 22 Sep 2015 17:20:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Concerts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pierre Thilloy, le nouveau directeur artistique et compositeur en résidence de l'Orchestre Lamoureux, a ouvert brillamment la saison avec la création mondiale de sa Symphonie n° 10 opus 211 "Exil" au Théâtre des Champs-Élysées. En intégrant les arts numériques avec le collectif KORDS à son grand orchestre symphonique, le compositeur le plus intrigant de sa génération repousse toujours plus loin les frontières. Rencontre avec un sorcier du son.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8298322-12988413.jpg?v=1442937397" alt="Pierre Thilloy… compositeur sorcier" title="Pierre Thilloy… compositeur sorcier" />
     </div>
     <div>
      Pierre Thilloy organise le chaos, légifère dans le désastre : ce fut la création le 13 septembre d'&quot;Exil&quot;, sa dixième symphonie en un terrible écho avec l'actualité. Dans la salle fameuse encore hantée par les rites sauvages du &quot;Sacre du Printemps&quot;, le public a vécu une expérience rare avec cette fresque puissante, hallucinée, hallucinatoire. Une vraie commotion - soulignée par un silence suspendu après que le jeune chef Ayyub Guliyev a baissé sa baguette.       <br />
              <br />
       L'Orchestre Lamoureux et ses cent dix musiciens, littéralement soulevés par le souffle d'une épopée diabolique, rencontraient ce soir-là deux autres mondes : celui de cinq solistes venus d'Azerbaïdjan et celui issu de la technologie de KORDS mixant en direct sons et images. La proverbiale plasticité des Lamoureux leur fut d'un grand secours : ce fut un véritable exploit d'exécution. Le grand drame en trois mouvements liés pouvait déployer les prestiges d'une texture sonore traversée par les vagues convulsives des cordes, le train d'enfer des percussions (dont un tamtam et des tambours survoltés), l'orage des cuivres et des vents, le lyrisme pathétique des voix solistes (un piano, deux violons, un tar et un kamantcha instruments traditionnels du Caucase). Une riche instrumentation (dont les sirènes, les voix aériennes du célesta, du glockenspiel, les interventions de deux solos de flûte, l'étrangeté des sons électroniques) et des images hypnotiques dessinant un climat de fin du monde ou d'envoûtante élégie. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8298322-12988752.jpg?v=1442938786" alt="Pierre Thilloy… compositeur sorcier" title="Pierre Thilloy… compositeur sorcier" />
     </div>
     <div>
      Nous avons rencontré le compositeur quelques jours avant ce concert d'un nouveau genre.        <br />
              <br />
       <b>Christine Ducq - Comment envisagez-vous votre fonction de directeur artistique de l'Orchestre Lamoureux ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Pierre Thilloy -</b> Mon statut est unique puisque je suis non seulement directeur artistique mais aussi compositeur en résidence. Pour la direction, mon rôle est de retrouver avec les Lamoureux l'identité forte qui est attachée à leur histoire. Cet orchestre a un passé fameux de création de chefs-d'œuvre (Debussy, Wagner, Dutilleux) et de chefs légendaires comme Paray ou Markevitch. J'ai donc imaginé une programmation qui permette de les identifier à coup sûr - que j'ai appelée &quot;Voyages fantastiques&quot;.       <br />
              <br />
       Il me semble qu'en ce moment, nous avons besoin de voyager, d'être émerveillés, de nous laisser surprendre. D'abolir les frontières. Et pour cela je ne pouvais rêver mieux que d'être nommé à la tête de cette merveilleuse phalange formée de musiciens d'un si grand talent.       <br />
              <br />
       <b>Vous êtes un compositeur du monde comme on dit qu'il existe une musique du monde ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Pierre Thilloy -</b> Oui. J'ai la chance de beaucoup voyager, j'ai donc écrit de nombreuses œuvres ouvertes aux musiques issues de cultures très différentes et d'horizons divers. L'ouverture de la saison de l'Orchestre Lamoureux est d'ailleurs placée sous le signe du dépaysement avec l'Azerbaïdjan. J'y ai été en résidence pendant trois ans (à l'Ambassade de France entre 2003 et 2008, NDLR) et j'y ai lié beaucoup d'amitiés. J'ai appris à connaître sa culture et sa musique. Le 13 septembre, le public fera la connaissance de quelques fleurons de son répertoire classique. 
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8298322-12989069.jpg?v=1442939341" alt="Pierre Thilloy… compositeur sorcier" title="Pierre Thilloy… compositeur sorcier" />
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      <b>Et l'Orchestre Lamoureux créera votre Symphonie n° 10 &quot;Exil&quot;…</b>       <br />
              <br />
       <b>Pierre Thilloy -</b> C'est une commande qui représente beaucoup : elle sera créée par l'orchestre, cinq solistes azéris et avec les arts numériques du collectif KORDS que j'ai fondé il y a quatre ans avec deux frères de grand talent Vincent et François Guilliou. KORDS, ce sont les cordes de la musique classique mais à l'ère numérique. Il s'agit pour nous de passer de la lutherie de Crémone à celle d'aujourd'hui. Vincent Guilliou s'est occupé de créer l'univers visuel que je voulais pour ma symphonie. Et François Guilliou en a sculpté le son numérique. C'est donc une double création et notre premier concert en France ensemble.       <br />
              <br />
       Pour moi, il faut revoir la vision que nous avons du concert classique, un peu figé. Ainsi, avec cette œuvre, nous plongeons la salle et la scène dans le noir. La projection des images se fait sur un écran derrière l'orchestre. Avec des images et des sons électroniques mixés en temps réel qui réagiront (à l'aide de capteurs) à la partie musicale écrite pour l'orchestre. La musique doit surgir des images qui lui donnent une autre dimension.       <br />
              <br />
       <b>À qui pensiez-vous en écrivant &quot;Exil&quot; ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Pierre Thilloy -</b> Notre démarche doit être intuitive étant donné l'actualité ! J'ai pensé à toutes les victimes forcées de fuir leur pays mais aussi à l'Azerbaïdjan. C'est un petit pays de neuf millions d'habitants, en guerre larvée avec l'Arménie, et qui a un million de personnes déplacées <span style="font-style:italic">(1)</span>. Je ne veux cependant pas faire de politique et mon propos est artistique. En tant que compositeur, je considère que ma mission est d'alerter sur les problèmes de notre époque et de réunir les peuples dans l'amour de la musique. Un langage universel qui ne peut blesser personne contrairement aux mots.
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     <br style="clear:both;"/>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8298322-12989121.jpg?v=1442939917" alt="Pierre Thilloy… compositeur sorcier" title="Pierre Thilloy… compositeur sorcier" />
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      <b>Vous avez invité des solistes azéris puisque vous utilisez des instruments traditionnels dans votre symphonie.</b>       <br />
              <br />
       <b>Pierre Thilloy -</b> Le tar et le kamantcha. Le tar est une sorte de oud et le kamantcha, un genre de violon de genou. Ces instruments ont un timbre qui me fait rêver. Dans la partition, beaucoup de départs de mélodies se font sur les modes du mugham (2). C'est un métissage que je recherche. Bien plus que d'une chapelle, ma musique se réclame du désir de toucher le public, le faire vibrer et voyager.       <br />
              <br />
       <b>Les arts numériques participent de cette expérience ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Pierre Thilloy -</b> En effet. Les images épousent les pulsations de l'orchestre, variant selon le rythme et la mélodie. L'idée est que le public déconnecte du monde et investisse un territoire sacré. Et ce sera dans une des plus belles salles du monde, celle des Champs-Élysées (3).        <br />
              <br />
       <b>Notes :</b>       <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Dans les montagnes du Haut-Karabakh, l'ancienne région autonome azérie est occupée par les troupes arméniennes depuis 1994, soit 13 % du territoire de l'ancienne république soviétique d'Azerbaïdjan (Source : &quot;Le Monde diplomatique&quot;, décembre 2012).       <br />
       (2) Le mugham est un genre musical traditionnel oriental propre aux régions du Caucase.        <br />
       (3) L'Orchestre Lamoureux reprend ses quartiers au Théâtre des Champs-Élysées.       <br />
              <br />
       Entretien réalisé le 9 septembre 2015.</span>
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     <br style="clear:both;"/>
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      <b>Programmation complète :</b>       <br />
       <a class="link" href="http://www.orchestrelamoureux.com" target="_blank">&gt;&gt; orchestrelamoureux.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Quelques repères :</b>       <br />
       Septembre 2015 : direction générale du Festival &quot;De Soie et de Feu&quot; à Mulhouse, du 16 au 19 septembre 2015.       <br />
       Septembre 2015 : création de la Symphonie n° 10 opus 211 &quot;Exil&quot;.       <br />
       Février 2015 : création de l'opéra &quot;Les Faux-Monnayeurs&quot;, sur un livret de Jean-Pierre Prévost, d'après André Gide.       <br />
       2012 : création de &quot;La Constellation de la baleine&quot;, sur un texte de Michel Onfray.       <br />
       Mars 2011 : création de l'opéra &quot;Hamlet ou le jour des meurtres&quot;, sur un livret d'après Bernard-Marie Koltès.       <br />
       2009 : création de &quot;Mosella&quot;, oratorio profane (pour trois cents musiciens).       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.pierrethilloy.com" target="_blank">&gt;&gt; pierrethilloy.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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