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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-15T05:44:11+02:00</dc:date>
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   <title>•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire</title>
   <pubDate>Mon, 06 Jul 2026 10:10:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2026]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   On ne pourra pas dire que l'on n'était pas avertis… Projeté en guise d'exergue, le tout début du Chant premier de "Maldoror" du comte de Lautréamont ne laissait aucun doute sur la noirceur qui allait battre son plein plus de cinq heures durant, déferlant en vagues sonores et visuelles compulsives sur la Cour. Et au bout de la nuit de ce voyage en apnée dans les profondeurs du mal célébré comme un parfum à la fois sublime et nauséabond, la délivrance liée à un moment exceptionnel : celui que seul un théâtre total peut nous faire vivre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97245151-67745589.jpg?v=1783325857" alt="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" title="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison (…). Les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l'eau le sucre. Il n'est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. Écoute bien ce que je te dis : dirige tes talons en arrière et non en avant&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Mais bien que &quot;mis au parfum&quot; par le poète maudit, et connaissant l'univers de Julien Gosselin tant dans ses inspirations littéraires marquées par la sauvagerie de mondes qui s'effondrent (&quot;Les particules élémentaires&quot; de Michel Houellebecq en 2013, &quot;2666&quot; du poète chilien Roberto Bolaño en 2016, &quot;Joueurs, Mao II, Les Noms&quot; de Don DeLillo en 2018 et &quot;Extinction&quot; de Thomas Bernhard en 2023), que dans les dispositifs qu'ils cultivent comme un art de penser le théâtre (vidéos omniprésentes, musiques électroniques obsédantes, etc.), ou encore dans les durées &quot;hallucinantes&quot; de ses créations (jusqu'à douze heures), on reste époustouflés par cette nouvelle performance en tous points hors normes…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97245151-67745590.jpg?v=1783325906" alt="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" title="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" />
     </div>
     <div>
      Une voix s'élève dans le noir, avant que l'actrice qui la porte émerge de l'obscurité du plateau. Elle dit le destin des sœurs Angelica et Veronica Garmendia, poétesses naïves et innocentes délivrant leurs écrits dans le sud Chili de 1973 sous l'œil ironique d'Alberto Ruiz Tagle… La voiture qui surgit… les hommes qui en descendent… la gorge tranchée de la tante… et les cadavres des sœurs que l'on ne retrouvera pas. Tout est dit, mais là n'est pas l'essentiel pour le metteur en scène pour qui la narration s'efface devant la primauté donnée aux émotions. Filmés en direct, les hommes font leur apparition sur le plateau pour descendre par une trappe dans les profondeurs (de l'âme humaine).       <br />
              <br />
       Apparaît alors en lettres géantes sur le grand écran central (deux autres latéraux le redoubleront) : &quot;MALDOROR&quot;, accompagné de lumières stroboscopiques déstructurantes à souhait, de sons stridents saturés, d'où émergent entre les fumigènes une croix gammée. La fureur violente initiée, la représentation peut commencer.       <br />
              <br />
       La première partie, intitulée &quot;Histoire de la littérature nazie en Amérique&quot; (l'un des livres de Roberto Bolaño), n'aura de cesse de faire défiler à l'écran les noms de littérateurs ayant été fascinés par l'idéologie nazie et, comme une enquête policière vécue et filmée en direct par des vidéastes suivant pas à pas les personnages, sera dévoilée l'emprise exercée sur eux par l'aura noire de Carlos Wieder, alias Alberto Ruiz-Tagle, le poète nazi d'&quot;Étoile distante&quot; fréquentant l'atelier de poésie de Juan Stein à Concepción, au sud du Chili.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97245151-67745608.jpg?v=1783325960" alt="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" title="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" />
     </div>
     <div>
      Göring, les escadrons de la mort, la littérature expérimentale ne feront qu'un pour eux, &quot;les villes étaient comme des squelettes, les mots métamorphosés en os&quot;. Un Waffen SS, l'exaltation des armées du Duce, la Cinquième Colonne fasciste, des prêtresses portant haut le drapeau à la croix gammée, un certain Adolf Hitler dans un contre-emploi de nounou berceuse, la poésie de &quot;l'énergie déplacée&quot;, l'apologie d'un ordre nouveau, le tout orchestré par des éructations accompagnées de musiques déchaînées et conclu par un exalté <span style="font-style:italic">&quot;Jeunesse apprenez du feu !&quot;</span>, nous laissent… totalement étourdis, la tête sens dessus dessous, happés que nous sommes par nos émotions résultant des sujets à vif.       <br />
              <br />
       La première pause annoncée… n'en sera pas une (dans le monde selon Julien Gosselin, rien n'est &quot;attendu&quot;, tout peut surgir et nous surprendre à chaque instant), le monumental écran continuant à projeter dans la Cour éclairée &quot;le Manifeste infra réaliste&quot; de Roberto Bolaño - confondu avec celui du metteur en scène - invitant à réfuter l'art consacré pour sortir de sa dépendance. Rien d'utopique ne nous est étranger, &quot;seuls les hommes libres peuvent porter la flamme&quot; (André Breton), culture de la chair, de la sensibilité irriguant l'œuvre d'Antonin Artaud à la recherche frénétique de ce qui n'existe pas, pour célébrer l'avènement d'un art total, d'une musique totale, d'une poésie totale incarnée par Lautréamont, Boris Vian, Franz Kafka, Rainer Werner Fassbinder, Francis Bacon, Wilhelm Reich, Julian Beck, le marquis de Sade… et Roberto Bolaño, l'écrivain fétiche du metteur en scène avec lequel il partage des affinités électives depuis &quot;2666&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97245151-67745609.jpg?v=1783325933" alt="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" title="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" />
     </div>
     <div>
      Quand la (fausse) pause prendra fin, une annonce invitera le public qui le désire à rejoindre les bars aménagés sur le plateau, consacrant par ce geste artistique éminemment politique la chute irrésistible des barrières entre le monde des spectateurs et celui des acteurs…       <br />
              <br />
       La deuxième partie, construite elle autour d'&quot;Étoile distante&quot;, énigmatique roman très noir de Roberto Bolaño, nous fera suivre un narrateur, écrivain recherchant l'un de ses anciens amis… Et là encore, au fil des traques des disparus, &quot;la découverte&quot; résonnera d'une vérité insoupçonnable : l'ancien ami étudiant s'est muté, sous la dictature du Général Pinochet, en redoutable meurtrier. Le choix de la destruction allié à celui de la littérature nouvelle, envie irrésistible de mourir confondue avec une pulsion inextinguible de vie, tout et son contraire à la puissance maximum comme semble le montrer ces corps enlacés lascivement au plateau ou ces photos sanguinolentes des deux sœurs mortes. Poussés, par la junte militaire au pouvoir depuis le coup d'État du 11 septembre 1973 dans les oubliettes de l'Histoire chilienne, les Thomas Mann, Marcel Proust, Jorge Luis Borges, Louis-Ferdinand Céline, Paul Éluard, Pier Paolo Pasolini, Franz Kafka, Gombrowicz ou Paul Celan…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97245151-67745630.jpg?v=1783325995" alt="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" title="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" />
     </div>
     <div>
      Lors de la deuxième pause, comme un antidote au mal déferlant, sera projeté (décidément le champ des possibles du metteur en scène est sans limites) un drôle de petit film mettant en jeu des rongeurs à allure humaine préoccupés, eux aussi, par des disparitions, avant que ne s'ouvre la troisième partie nous introduisant dans la Casa de Roberto, malade. &quot;Les Chants de Roberto&quot;, tel en est le titre, résonneront avec ceux de &quot;Maldoror&quot; en annonçant… le chant du cygne de celui qui va bientôt mourir de maladie. Disparaître, mais pas avant d'avoir chanté les vertus de la poésie française de Baudelaire, Rimbaud et Mallarmé, seule perspective en-viable avec le voyage… Dire encore la ressemblance des plus troublantes même hallucinatoire entre Roberto Bolaño, malade à cracher ses poumons (rien ne nous est épargné de ses souffrances) et l'acteur qui l'incarne, et aussi l'interprétation de l'actrice en noir, entouré de ses condisciples au plateau, &quot;pleurant&quot; dans l'une des dernières scènes son texte avec une force inouïe à la gloire de la poésie mallarméenne salvatrice. Quant à la chute, elle sera en tous points en accord avec le dernier message transmis, le voyage au cœur des entrailles d'un monde sans autre horizon d'attente.       <br />
              <br />
       Un choc que ce &quot;Maldoror&quot; annonçant, comme un éclair déchirant le ciel des conformismes, la 80ᵉ édition du Festival. Le metteur en scène réalise là la quintessence de son théâtre mixé de cinéma et performance ; un manifeste &quot;vivant&quot; où le chaos prend sens pour inviter le spectateur à sortir de sa zone connue… afin d'advenir au rang d'acteur via les émotions qui sont les siennes. Si l'expression n'était par trop désuète, on s'écrierait : Chapeau bas, Monsieur Julien Gosselin.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 4 juillet 2026 dans La Cour d'honneur du Palais des papes, pour l'ouverture de la 80ᵉ édition du Festival d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Maldoror"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97245151-67745631.jpg?v=1783326019" alt="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" title="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" />
     </div>
     <div>
      Création 2026 – France.       <br />
       D'après Roberto Bolaño et Lautréamont.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Julien Gosselin.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Lucile Rose, Zoé Benguigui.       <br />
       Avec : Guillaume Bachelé, Rita Benmannana, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Carine Goron, Jeremy Lewin, Jeanne Louis-Calixte, Cyril Metzger, Victoria Quesnel, Achille Reggiani, Lucile Rose, Maxence Vandevelde.       <br />
       Cadreurs : Jérémie Bernaert et Baudouin Rencurel.       <br />
       Dramaturgie : Eddy D'aranjo, Marie-José Malis.       <br />
       Scénographie : Lisetta Buccellato.       <br />
       Lumière : Nicolas Joubert.        <br />
       Son : Théo Jonval.       <br />
       Vidéo : Jérémie Bernaert, Pierre Martin Oriol.       <br />
       Musique : Guillaume Bachelé, Maxence Vandevelde.       <br />
       Costumes : Caroline Tavernier.       <br />
       Assistant création costumes : Géraldine Ingremeau.       <br />
       Script : Antoine Hespel        <br />
       Étalonnage : Laurent Ripoll        <br />
       Traduction, surtitre : Zoé Benguigui       <br />
       Décor, costumes, accessoires : les Ateliers et l'équipe technique de l'Odéon Théâtre de l'Europe.       <br />
       Durée : 5 h 45.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97245151-67745924.jpg?v=1783328178" alt="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" title="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 6 et du 8 au 12 juillet 2026.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'honneur du Palais des papes, place du Palais, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/?cat=1001" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 15 janvier au 6 février 2027 : Odéon-Théâtre de l'Europe, Berthier, Paris 17ᵉ       <br />
       13 et 14 février 2027 : Maison de la Culture, Amiens (80).       <br />
       20, 21 et 23 mars 2027 : Comédie de Genève (Suisse).       <br />
       14 et 15 mai 2027 : De Singel, Anvers (Belgique).       <br />
       Octobre 2027 : Onassis Stegi, Athènes (Grèce).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé</title>
   <pubDate>Thu, 14 Aug 2025 12:47:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dire la perplexité ressentie au terme de cette ouverture pour le moins singulière de la 79ᵉ édition du Festival… Perplexité à mesurer à l'aulne des attentes certes démesurées liées au plaisir intense délivré par les précédentes créations de la chorégraphe originaire du Cap-Vert. Perplexité aussi face à ce titre inspiré par les mythiques "Mille et Une nuits" pris ici pour caution, leurs échos restant résolument obscurs… si ce n'est peut-être que ce qui est donné à voir et à entendre sur l'immense plateau du Palais des Papes pourrait se répéter encore et encore, de nuit en nuit avignonnaise… Ce qui sauve cependant cette performance – là, on retrouve l'empreinte de l'artiste –, c'est, outre l'implication au-dessus de tous soupçons des acteurs musiciens, l'esprit iconoclaste veillant sur l'ensemble.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90490074-63803070.jpg?v=1751922047" alt=""Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" title=""Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" />
     </div>
     <div>
      Pourtant, le prélude, assuré cette fois-ci par un danseur noir en jupette blanche, faisant corps avec un aplomb dionysiaque avec les notes d'une musique tonique se détachant dans un cercle de lumière immaculée, avait l'air trop sage, nous mettant l'eau (sulfureuse) à la bouche… De même, après qu'eurent résonné malicieusement les trompettes de Maurice Jarre, l'intervention muette – au micro – d'un personnage grimaçant et se démenant en tous sens pour porter un message inaudible, intriguait à souhait. On se disait qu'on allait retrouver là le même dé-lire de la réalité que l'on avait tant aimé dans &quot;Les Bacchantes&quot; (2017) au sous-titre prometteur de &quot;Prélude pour une purge&quot;. Mais là, point de purge du monde tel qu'il ne va pas, mais une longue juxtaposition de tableaux traversés certes par quelques saillies.       <br />
              <br />
       Une cohorte de personnages extraits de contrées oniriques hors sol, certains le visage dissimulé derrière le masque souriant d'une poupée, vont peupler le plateau animé par des musiques percussives et des chants opéra-tionnels. Pas glissés mécaniques, chiffons blancs agités lentement, ils vont s'adonner à d'incessantes allées et venues dont seuls eux connaitront (ou pas) la raison. Venant trouer ce défilé un brin répétitif, l'un d'eux, pris opportunément de spasmes stomacaux et intestinaux incoercibles, s'emploiera à expulser par deux de ses orifices les embarras travaillant ardemment les fondements de son être (ou pas être), cristallisant ainsi un regain manifeste d'intérêt.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90490074-63803071.jpg?v=1751922161" alt=""Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" title=""Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" />
     </div>
     <div>
      Séquence à vertu scatologique propre à déconstruire les ordres établis qui se prolongera tout naturellement… jusqu'à faire profiter des précieux liquides un spectateur du premier rang invité à se délecter des matières (imaginaires) recueillies dans le vase de nuit. Mais comme le plaisir d'un théâtre communautaire l'exige, l'itinéraire de l'urne et de son précieux contenu (cf. le Saint Graal) se prolongera encore par l'ascension des travées afin qu'un maximum de spectateurs aient l'occasion de communier en avalant ce substitut d'hostie après que le crâne dégarni de certains l'eurent reçu en onction…        <br />
              <br />
       Le concert des gémissements et gargouillis pataphysiciens émis par l'impétrant et accompagnant le chemin des croisées traversières procurera son effet décongestionnant. Aucune régression – fût-elle fixée au stade primal du pipi-caca – n'étant interdite ici et étant à prendre comme signe d'une liberté (ré)créative sapant toutes bienséances convenues ; le mauvais goût étant laissé au théâtre bourgeois dont la vulgarité se situe sans conteste un cran au-dessus.       <br />
              <br />
       D'étranges condoléances auront lieu dans un coin du plateau. Des percussions, portées avec conviction par trois personnages, feront résonner leur rythme endiablé alors qu'un(e) autre interprète sans jambes (réhabilitation ipso facto du droit à être pleinement artiste en dehors de tous préjugés normatifs) s'emploiera dynamiquement à ramper sur le sol pour descendre ensuite d'un praticable. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90490074-63803072.jpg?v=1751922544" alt=""Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" title=""Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" />
     </div>
     <div>
      D'autres personnages, de manière compulsive et implacablement mécanique, retireront des couches successives de draps souillés de sang, pliés soigneusement avant d'être déposés religieusement à leurs pieds comme on le ferait de suaires christiques… Des tableaux surréalistes à l'envi, échos du Comte de Lautréamont – que l'on s'autorisera à plagier – <span style="font-style:italic">&quot;beau comme la rencontre fortuite sur un (plateau de théâtre)&quot;</span> d'éléments hétéroclites n'ayant aucun rapport entre eux si ce n'est leur banalité aveuglante porteuse d'un sens à découvrir.       <br />
              <br />
       Un cabinet des curiosités, des cris discordants, des silences assourdissants, faisant fi de tout ordre raisonnable, s'affranchissant avec une jouissance assumée des genres et frontières entravant tant la création artistique que les artistes qui la portent, et les spectatrices et spectateurs qui la partagent… L'intention était donc des plus louables et on ne peut que s'y retrouver…        <br />
              <br />
       Cependant était-ce suffisant pour créer les conditions de son partage sur un plateau aussi exigeant que la mythique Cour d'honneur ? Certes on appréciera le pied de nez adressé à tous les garants d'une tradition ordonnée, mais force est de constater que l'on reste rivé sur notre fauteuil, sans être happé par l'énergie que l'on voudrait nous faire partager. Un peu comme si ce voyage au bout de la nuit avignonnaise nous avait laissé sur le quai, spectateur déçu… de ne pas avoir pu y trouver notre compte.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Nôt"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90490074-63803073.jpg?v=1751922587" alt=""Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" title=""Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" />
     </div>
     <div>
      Création 2025.       <br />
       Conception et chorégraphie : Marlene Monteiro Freitas - Cap-Vert Portugal.       <br />
       Avec : Marie Albert, Joãozinho da Costa, Miguel Filipe, Ben Green, Henri "Cookie" Lesguillier, Tomás Moital, Rui Paixão, Mariana Tembe.       <br />
       Assistant chorégraphique : Francisco Rolo.       <br />
       Conseil artistique : João Figueira, Martin Valdés-Stauber.       <br />
       Scénographie : Yannick Fouassier, MMF.       <br />
       Lumière et direction technique : Yannick Fouassier.       <br />
       Costumes MMF : Marisa Escaleira.       <br />
       Son : Rui Antunes.       <br />
       Régie générale : Ana Luísa Novais.       <br />
       Accessoire scénique spécial : Cláudio Silva.       <br />
       Stagiaire scénographie : Emma Ait-Kaci.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">14 et 15 août 2025 :</span> Berliner Festpiele/Tanz in August, Berlin (Allemagne).       <br />
       <span class="fluo_jaune">28 et 29 août 2025 :</span> La Bâtie Festival, Genève (Suisse).       <br />
       <span class="fluo_jaune">11 au 14 septembre 2025 :</span> Culturgest, Lisbonne (Portugal).       <br />
       19 et 20 septembre 2025 : Rivoli, Teatro Municipal, Porto (Portugal).       <br />
       6 au 8 février 2026 : Onassis Stegi, Athènes (Grèce).       <br />
       20 et 21 février 2026 : PACT Zollverein, Essen (Allemagne).       <br />
       4 et 5 mars 2026 : Le Quartz, Brest (29).       <br />
       25 au 28 mars 2026 : Parc de la Villette, Paris 19e.       <br />
       22 et 23 avril 2026 : La Comédie, Clermont-Ferrand (63).       <br />
       28 et 29 avril 2026 : MC2, Grenoble (38)       <br />
       6 et 7 mai 2026 : Maison de la Danse, Lyon (69).       <br />
       14 au 17 mai 2026 : Kunstenfestivaldesarts, Bruxelles (Belgique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90490074-63803074.jpg?v=1751922631" alt=""Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" title=""Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/90490074-63803070.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Not-Marlene-Monteiro-Freitas-loin-du-conte-trop-loin-du-compte-Un-voyage-au-bout-de-la-nuit-ayant-gout-d-inacheve_a4343.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>•In 2025• "Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé</title>
   <pubDate>Mon, 07 Jul 2025 22:29:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2025]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dire la perplexité ressentie au terme de cette ouverture pour le moins singulière de la 79ᵉ édition du Festival… Perplexité à mesurer à l'aulne des attentes certes démesurées liées au plaisir intense délivré par les précédentes créations de la chorégraphe originaire du Cap-Vert. Perplexité aussi face à ce titre inspiré par les mythiques "Mille et Une nuits" pris ici pour caution, leurs échos restant résolument obscurs… si ce n'est peut-être que ce qui est donné à voir et à entendre sur l'immense plateau du Palais des Papes pourrait se répéter encore et encore, de nuit en nuit avignonnaise… Ce qui sauve cependant cette performance – là, on retrouve l'empreinte de l'artiste –, c'est, outre l'implication au-dessus de tous soupçons des acteurs musiciens, l'esprit iconoclaste veillant sur l'ensemble.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89776566-63425162.jpg?v=1751922047" alt="•In 2025• "Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" title="•In 2025• "Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" />
     </div>
     <div>
      Pourtant, le prélude, assuré cette fois-ci par un danseur noir en jupette blanche, faisant corps avec un aplomb dionysiaque avec les notes d'une musique tonique se détachant dans un cercle de lumière immaculée, avait l'air trop sage, nous mettant l'eau (sulfureuse) à la bouche… De même, après qu'eurent résonné malicieusement les trompettes de Maurice Jarre, l'intervention muette – au micro – d'un personnage grimaçant et se démenant en tous sens pour porter un message inaudible, intriguait à souhait. On se disait qu'on allait retrouver là le même dé-lire de la réalité que l'on avait tant aimé dans &quot;Les Bacchantes&quot; (2017) au sous-titre prometteur de &quot;Prélude pour une purge&quot;. Mais là, point de purge du monde tel qu'il ne va pas, mais une longue juxtaposition de tableaux traversés certes par quelques saillies.       <br />
              <br />
       Une cohorte de personnages extraits de contrées oniriques hors sol, certains le visage dissimulé derrière le masque souriant d'une poupée, vont peupler le plateau animé par des musiques percussives et des chants opéra-tionnels. Pas glissés mécaniques, chiffons blancs agités lentement, ils vont s'adonner à d'incessantes allées et venues dont seuls eux connaitront (ou pas) la raison. Venant trouer ce défilé un brin répétitif, l'un d'eux, pris opportunément de spasmes stomacaux et intestinaux incoercibles, s'emploiera à expulser par deux de ses orifices les embarras travaillant ardemment les fondements de son être (ou pas être), cristallisant ainsi un regain manifeste d'intérêt.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89776566-63425173.jpg?v=1751922161" alt="•In 2025• "Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" title="•In 2025• "Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" />
     </div>
     <div>
      Séquence à vertu scatologique propre à déconstruire les ordres établis qui se prolongera tout naturellement… jusqu'à faire profiter des précieux liquides un spectateur du premier rang invité à se délecter des matières (imaginaires) recueillies dans le vase de nuit. Mais comme le plaisir d'un théâtre communautaire l'exige, l'itinéraire de l'urne et de son précieux contenu (cf. le Saint Graal) se prolongera encore par l'ascension des travées afin qu'un maximum de spectateurs aient l'occasion de communier en avalant ce substitut d'hostie après que le crâne dégarni de certains l'eurent reçu en onction…        <br />
              <br />
       Le concert des gémissements et gargouillis pataphysiciens émis par l'impétrant et accompagnant le chemin des croisées traversières procurera son effet décongestionnant. Aucune régression – fût-elle fixée au stade primal du pipi-caca – n'étant interdite ici et étant à prendre comme signe d'une liberté (ré)créative sapant toutes bienséances convenues ; le mauvais goût étant laissé au théâtre bourgeois dont la vulgarité se situe sans conteste un cran au-dessus.       <br />
              <br />
       D'étranges condoléances auront lieu dans un coin du plateau. Des percussions, portées avec conviction par trois personnages, feront résonner leur rythme endiablé alors qu'un(e) autre interprète sans jambes (réhabilitation ipso facto du droit à être pleinement artiste en dehors de tous préjugés normatifs) s'emploiera dynamiquement à ramper sur le sol pour descendre ensuite d'un praticable. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89776566-63425184.jpg?v=1751922544" alt="•In 2025• "Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" title="•In 2025• "Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" />
     </div>
     <div>
      D'autres personnages, de manière compulsive et implacablement mécanique, retireront des couches successives de draps souillés de sang, pliés soigneusement avant d'être déposés religieusement à leurs pieds comme on le ferait de suaires christiques… Des tableaux surréalistes à l'envi, échos du Comte de Lautréamont – que l'on s'autorisera à plagier – <span style="font-style:italic">&quot;beau comme la rencontre fortuite sur un (plateau de théâtre)&quot;</span> d'éléments hétéroclites n'ayant aucun rapport entre eux si ce n'est leur banalité aveuglante porteuse d'un sens à découvrir.       <br />
              <br />
       Un cabinet des curiosités, des cris discordants, des silences assourdissants, faisant fi de tout ordre raisonnable, s'affranchissant avec une jouissance assumée des genres et frontières entravant tant la création artistique que les artistes qui la portent, et les spectatrices et spectateurs qui la partagent… L'intention était donc des plus louables et on ne peut que s'y retrouver…        <br />
              <br />
       Cependant était-ce suffisant pour créer les conditions de son partage sur un plateau aussi exigeant que la mythique Cour d'honneur ? Certes on appréciera le pied de nez adressé à tous les garants d'une tradition ordonnée, mais force est de constater que l'on reste rivé sur notre fauteuil, sans être happé par l'énergie que l'on voudrait nous faire partager. Un peu comme si ce voyage au bout de la nuit avignonnaise nous avait laissé sur le quai, spectateur déçu… de ne pas avoir pu y trouver notre compte.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le samedi 5 juillet 2025 dans la Cour d'honneur du palais des Papes, pour l'ouverture de la 79e édition du Festival d'Avignon (du 5 au 26 juillet 2025).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Nôt"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89776566-63425283.jpg?v=1751922587" alt="•In 2025• "Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" title="•In 2025• "Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" />
     </div>
     <div>
      Création 2025.       <br />
       Conception et chorégraphie : Marlene Monteiro Freitas - Cap-Vert Portugal.       <br />
       Avec : Marie Albert, Joãozinho da Costa, Miguel Filipe, Ben Green, Henri "Cookie" Lesguillier, Tomás Moital, Rui Paixão, Mariana Tembe.       <br />
       Assistant chorégraphique : Francisco Rolo.       <br />
       Conseil artistique : João Figueira, Martin Valdés-Stauber.       <br />
       Scénographie : Yannick Fouassier, MMF.       <br />
       Lumière et direction technique : Yannick Fouassier.       <br />
       Costumes MMF : Marisa Escaleira.       <br />
       Son : Rui Antunes.       <br />
       Régie générale : Ana Luísa Novais.       <br />
       Accessoire scénique spécial : Cláudio Silva.       <br />
       Stagiaire scénographie : Emma Ait-Kaci.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       Captation les 10 et 11 juillet, puis disponible sur france.tv.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Les 5, 6, 8, 9, 10 et 11 juillet 2025.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       6 au 9 août 2025 : International Summer Festival Kampnagel, Hambourg (Allemagne).       <br />
       14 et 15 août 2025 : Berliner Festpiele/Tanz in August, Berlin (Allemagne).       <br />
       28 et 29 août 2025 : La Bâtie Festival, Genève (Suisse).       <br />
       11 au 14 septembre 2025 : Culturgest, Lisbonne (Portugal).       <br />
       19 et 20 septembre 2025 : Rivoli, Teatro Municipal, Porto (Portugal).       <br />
       6 au 8 février 2026 : Onassis Stegi, Athènes (Grèce).       <br />
       20 et 21 février 2026 : PACT Zollverein, Essen (Allemagne).       <br />
       4 et 5 mars 2026 : Le Quartz, Brest (29).       <br />
       25 au 28 mars 2026 : Parc de la Villette, Paris 19e.       <br />
       22 et 23 avril 2026 : La Comédie, Clermont-Ferrand (63).       <br />
       28 et 29 avril 2026 : MC2, Grenoble (38)       <br />
       6 et 7 mai 2026 : Maison de la Danse, Lyon (69).       <br />
       14 au 17 mai 2026 : Kunstenfestivaldesarts, Bruxelles (Belgique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89776566-63425284.jpg?v=1751922631" alt="•In 2025• "Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" title="•In 2025• "Nôt" Marlene Monteiro Freitas loin du conte, trop loin du compte… Un voyage au bout de la nuit ayant goût d'inachevé" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/89776566-63425162.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2025-Not-Marlene-Monteiro-Freitas-loin-du-conte-trop-loin-du-compte-Un-voyage-au-bout-de-la-nuit-ayant-gout-d_a4292.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…</title>
   <pubDate>Fri, 27 Sep 2024 11:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   On voudrait tellement y croire… Et à entendre résonner les voix de ces ukrainiennes, biélorusses et polonaises, unies par la même détermination combative, on est gagnés par leur émotion… qui devient nôtre. En effet, comment pouvoir résister à ces chants véhiculant, sur des musiques traditionnelles, tant la beauté innocente du monde que l'effroi provoqué aujourd'hui par les viols promus au rang d'arme de guerre ? Résister c'est exister. Et si sombre est le propos, il est éclairé par la fabuleuse énergie de ces "guérillères ordinaires" ne cédant devant rien.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83079134-59531855.jpg?v=1720861963" alt=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      Tout commence par un rêve ayant traversé les temps… Un rêve doux, celui porté par un chant apaisant pour temps de guerre. Un rêve naïf – mais essentiel – mettant en scène un petit oiseau apportant, avec la venue du printemps, l'espoir. Faisant corps entre elles, propulsant à leur tête une petite fille pétillante de vie faisant figure de proue, elles avancent et reculent au rythme d'une vague pérenne qu'aucune force, fût-elle armée, ne pourra arrêter. Mais les vagues, même les plus tranquilles d'entre elles, ont aussi pour effet d'effacer les traces inscrites dans le sable. Le flux et le reflux de la mémoire humaine ne fonctionnent pas autrement, ils effacent toutes traces d'horreurs &quot;impensables&quot;. Ainsi en est-il de l'amnésie, symptôme post-traumatique des temps guerriers.       <br />
              <br />
       &quot;Sur la paix&quot;, projeté sur la façade monumentale du Palais, ouvre le temps du partage, celui du chant de beignets traditionnels, celui des douceurs à déguster en toute fraternité, en dansant, s'embrassant. &quot;Sur la violence&quot;, lui succède apportant dans les plis de ses paroles la souffrance d'une enfant implorant sa mère de la sauver. Un cri déchirant, avec en contrepoint une berceuse enfantine contrastant avec l'extrême violence vécue. &quot;Sur le viol&quot; intensifie encore l'horreur en rappelant que le viol concerne essentiellement les femmes, mais aussi les hommes, n'épargnant aucun âge. De un à quatre-vingt-cinq ans, comme le révèlent les consultations gratuites mises en place pour recueillir la parole des victimes de la soldatesque russe, ayant banalisé la pratique du viol pour démultiplier la souffrance en l'étendant à la vie entière de la victime. Les chorégraphies désarticulées et vindicatives du chœur des femmes &quot;parlent&quot; alors autant de la douleur qui les submerge que de leur colère de combattantes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83079134-59531856.jpg?v=1720862011" alt=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      Et l'Europe dans tout ça ? Scandale qu'elle soit si éloignée de l'Ukraine. Déclaration d'amour proclamée par le chœur, <span style="font-style:italic">&quot;l'amour est plus fort que la mort&quot;</span>. Et la révolte plus importante que la passivité face au malheur, <span style="font-style:italic">&quot;Le rôle des pleureuses sur des os ne nous suffit plus. Notre chant ne s'arrêtera pas&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Viendra l'heure des &quot;Mothers monologues&quot;, chacune énonçant son prénom et la ville d'Ukraine qu'elle a dû fuir, Kyiv, Soumy, Irpin, Kharkiv… Elle fera part ensuite de ses goûts ordinaires, de ce qui la constitue comme être de désirs, un sujet pleinement vivant que les atrocités guerrières n'ont pas réussi à détruire… Même si elles savent, ces femmes, que la guerre survivra en elles à la paix.       <br />
              <br />
       Moments sensibles portés par ces chants chorégraphiés à la force expressive amplifiée par la solennité des lieux. Moments partagés avec les spectateurs faisant communauté avec ces héroïnes ordinaires n'ayant rien rabattu de leurs aspirations… Et même si, l'émotion (réelle) ressentie dans ce haut lieu de La Cour d'Honneur résonnant des bruits et fureurs de représentations mythiques se dissipera (peut-être pas, allez savoir…) au premier mistral venu, cette forme chorale est de nature à réveiller notre assoupissement chronique… pour hisser notre légitime indignation à la hauteur de l'énergie déployée par ces guérillères exemplaires.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 10 juillet 2024 dans la Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mothers, A Song for Wartime"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83079134-59531857.jpg?v=1720862046" alt=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      Conception et mise en scène : Marta Górnicka.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Maria Wierzbicka, Bazhena Shamovich.       <br />
       Avec : Liza Kozlova, Palina Dabravoĺskaja, Svitlana Onischak, Kateryna Taran, Svitlana Berestovska, Vidana Blonska, Sasha Cherkas, Yuliia Ridna, Natalia Mazur, Aleksandra Sroka, Katarzyna Jaźnicka, Bohdana Zazhytska, Anastasiia Kulinich, Hanna Mykhailova, Katerina Aleinikova, Elena Zui-Voitekhovskaya, Kamila Michalska, Maria Robaszkiewicz, Polina Shkliar, Ewa Konstanciak, Volha Kalakoltsava.       <br />
       Livret : Marta Górnicka et ensemble (ukrainiens, biélorusses, polonais).       <br />
       Musique : Marta Górnicka.       <br />
       Dramaturgie : Olga Byrska, Maria Jasińska.       <br />
       Scénographie : Robert Rumas.       <br />
       Assistante à la chorégraphie : Maria Bijak.       <br />
       Chorégraphie : Evelin Facchini.       <br />
       Lumière : Artur Sienicki.       <br />
       Vidéo : Michał Jankowski.       <br />
       Costumes : Joanna Załęska.       <br />
       Collaboration musicale : Wojciech Frycz.       <br />
       Coaching vocal : Joanna Piech-Sławecka.       <br />
       Conseil d'ethnomusicologie urkainienne : Anna Ohrimchuk.       <br />
       Conseil sur les jeux d'enfants ukrainiens : Venera Ibragimova.       <br />
       Traduction pour le livret : Cecile Bocianowski (français), Aleksandra Paszkowska (anglais).       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Cécile Bocianowski (français), Aleksandra Paszkowska (anglais).       <br />
       Durée : 1 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83079134-59531858.jpg?v=1720862072" alt=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 15 au 19 octobre 2024.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h 30, samedi à 19 h 30.       <br />
       Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, Paris 8ᵉ, 01 44 95 98 00.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/index.htm" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       24 et 25 octobre 2024 : Festival Contre-Sens, TNP, Villeurbanne (69).       <br />
       2 novembre 2024 : Maxim Gorki Theater, Berlin (Allemagne).       <br />
       7 novembre 2024 : Euro-scene Leipzig Theatre Festival, Leipzig (Allemagne).       <br />
       18 novembre 2024 : The National Festival of Directing Art Interpretations, Katowice (Pologne).       <br />
       30 novembre et 1ᵉʳ décembre 2024 : Théâtre Powszechny, Varsovie (Pologne).       <br />
       6, 7 et 12 décembre 2024 : Festival International Divine Comedy, Cracovie (Pologne).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83079134-59531859.jpg?v=1720863590" alt=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83079134-59531858.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Mothers-A-Song-for-Wartime-Les-voix-chantees-plus-fortes-que-le-bruit-des-chars_a4051.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui</title>
   <pubDate>Fri, 19 Jul 2024 16:49:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Plein les yeux (époustouflantes vidéos défilant sur l'écran panoramique occupant tout le bas de la façade monumentale du Palais des Papes), plein les oreilles (nappes de musiques déferlantes), une belle idée (un personnage de fiction menant la danse en bousculant la marche d'une humanité par trop assoupie) et à 2 h du matin ("durée quatre heures avec entracte")… un bel ennui. Comme si la débauche de moyens convoqués (scénographie coûteuse, scénario se voulant complexe comme pour mieux afficher que l'on n'est pas là dans la facilité aliénante, ah non !) était inversement proportionnelle à l'effet produit. Un raté, certes splendide, salué respectueusement (la Cour a perdu beaucoup de sa pétulance originelle) par l'hémorragie silencieuse de spectateurs abandonnant le navire avant le naufrage annoncé.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81648257-58779427.jpg?v=1721403136" alt="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" title="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" />
     </div>
     <div>
      Certes, convenons tout de suite que ce chapeau manque un peu (doux euphémisme) de nuances… Mais quand &quot;le roi est nu&quot;, il est salutaire de lui faire savoir, sans allégeance, n'en déplaise à la doxa des irréductibles, afficionados s'applaudissant autant qu'ils applaudissent. Sans remettre nullement en cause la puissance de l'œuvre monumentale initiale de John Maxwell Coetzee, l'auteur d'origine sud-africaine nobélisé en 2003 et figure de proue de la lutte pour la désaliénation tous azimuts, on se doit de reconnaitre que le metteur en scène polonais, Krzysztof Warlikowski, sous l'emprise du personnage de l'autrice Elizabeth Costello, sortie de l'imaginaire flamboyant de Coetzee, en a perdu le contrôle dans la durée d'un spectacle qui s'étire, s'étire, à n'en plus finir.       <br />
              <br />
       Lorsque le personnage de papier ayant pour nom Elizabeth Costello naît en 1999 sous la plume de J. M. Coetzee (présent ce soir sur le plateau sous les traits d'un acteur), &quot;elle&quot; ne pouvait pas se douter qu'en 2024 elle serait l'invitée d'honneur d'un festival, l'exposant sous toutes les coutures (et elle en est riche…) sur la prestigieuse scène de La Cour d'honneur du Palais des papes. L'auteur (ou son fac-similé) avouant tout de go <span style="font-style:italic">&quot;Je n'ai plus de contrôle sur elle, elle s'invite dans mes romans et dans ma propre vie&quot;</span> – rajoutons, et sur un plateau de théâtre – décline (heureuse intuition…) par avance toute responsabilité sur la récupération à laquelle elle pourrait donner lieu… dont celle présente. Dont acte (… théâtral).       <br />
              <br />
       Et effectivement on la découvre par vidéo interposée dans la chambre de l'hôtel où elle est logée avec son fils avant de recevoir le prix (en l'occurrence un gros chèque..) littéraire qui lui a été décerné. En chair et en os, bien vivante quoique déjà abimée par les excès, dépassant le clivage homme-femme, peut-être chien elle-même, elle s'affale sur un divan, regrettant de ne pas avoir renoncé à la cérémonie… mais pas au chèque qui va avec, chèque que l'on aurait pu très bien lui envoyer par la poste… Ainsi, le personnage fictif (qui sera interprété successivement par plusieurs actrices), devenue personne, colle parfaitement à l'idée que l'on s'en faisait au travers du roman : un être iconoclaste à souhait.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81648257-58779439.jpg?v=1721403167" alt="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" title="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" />
     </div>
     <div>
      Alors que sur un écran la journaliste ayant interviewé Elizabeth Costello visionne l'enregistrement en compagnie du fils de l'autrice primée, assis tous deux confortablement dans un canapé faisant dos à la salle, une caméra vidéo duplique la scène en projetant de face leur conversation &quot;agrandie&quot; sur la façade du Palais. L'effet est troublant. Saisis par l'ambiguïté dupliquée, on ne sait plus faire le distinguo entre les acteurs réels jouant leurs personnages… et leurs images projetées. Belle mise en abyme des frontières labiles entre réalités et fictions, &quot;à l'image&quot; de cette retransmission télévisuelle où le personnage d'Elizabeth Costello, devenue personne à part entière, nous revient via le support… d'une image télévisée. Quant aux relations de proximité rapprochée qui se nouent entre la journaliste et le fils, les deux &quot;très sexe&quot; à la faveur de cette conversation sur canapé, elles témoignent que la chair, elle, est bel et bien vivante.       <br />
              <br />
       Pas étonné alors que le sujet de la conférence donnée par Elizabeth Costello pour recevoir son prix ait pour titre &quot;Qu'est-ce que le réalisme ?&quot;. Elle y reprend une nouvelle de Frantz Kafka (auteur vénéré par l'auteur qui l'a engendrée) mettant au premier plan un singe en habits délivrant un discours devant une société savante sans représentant. Et pressée de répondre à une question du public… sur l'absence de public… la conférencière répond tout tranquillement que le public peut être des singes… ou que, Kafka étant juif, c'est un Juif qui s'adresse aux goys, ou aux non-goys absents pour les raisons connues.       <br />
              <br />
       Jusqu'ici tout va (à peu près) bien… Suivra une conférence, blindée de portes ouvertes à défoncer, d'Elizabeth Costello convoquant à la rescousse de sa thèse féministement compatible un trio d'exception : Éros, Apollon et Aphrodite… <span style="font-style:italic">&quot;Si Apollon a des couilles et une bite, de quoi dispose Aphrodite ?&quot;.</span> Poursuivant dans cette veine en rappelant le jeu d'Éros <span style="font-style:italic">&quot;qui jouit, dégoulinant de sperme&quot;</span> sur le corps de la déesse de l'Amour n'en pouvant plus, mais elle introduit l'idée de l'absence de réversibilité de la chose : <span style="font-style:italic">&quot;Qu'en est-il des hommes chevauchés par les déesses ?&quot;.</span> Et oui grand Dieu, qu'en est-il ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81648257-58779536.jpg?v=1721403220" alt="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" title="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" />
     </div>
     <div>
      Sans transition, une autre conférence fera, elle, la part belle à la gent animale, méprisée par le commun de la race humaine. Alignées derrière une immense table, dix doctes personnalités dissertent sur la proximité que les représentants de la race humaine entretiennent avec leurs collègues de la race animale… <span style="font-style:italic">&quot;Nous ne sommes pas censés avoir des rapports sexuels avec eux, mais nous les ingérons avec plaisir&quot;.</span> D'où (?) une autre conférence, sur le problème du Mal (après celui des mâles, cf. plus haut). Etc. Etc. Heureusement que l'entracte sonne alors la fin de partie (du moins la première), nous délivrant pour un temps du réel sentiment d'ennui ressenti face à la juxtaposition répétitive de saynètes représentées de manière insipide.       <br />
              <br />
       À la reprise, une amélioration temporaire (on a repris des forces…) survient sous la forme d'une Elizabeth Costello vieillie. <span style="font-style:italic">&quot;Comme un personnage de Tchekhov&quot;</span>, la réalité l'a rattrapée et, avec elle, le désir humain la rapprochant de ses petits-enfants. Mais, très vite, le flux de scènes sans queue ni tête (si ce n'est celle du mutilé culbutant frénétiquement l'aveugle, un bas sur la tête) reprend, agrémenté de cette saillie à haute valeur philosophique : <span style="font-style:italic">&quot;Après l'amour, vont-ils disserter sur l'amour ?&quot;</span>, là, on reste coi (sans tréma et sans t). Quant à la chute, elle vaut son pesant de sensiblerie animaliste, heureusement vite dépassée par la dernière image de l'héroïne fictionnellement réaliste, guidée par le même singe bienveillant la conduisant sur l'autre rive. Le portrait d'elle renvoyant au &quot;Cri&quot; d'Edvard Munch est sans nul doute l'un des moments forts de cette traversée au bout de l'ennui.       <br />
              <br />
       Le déluge de moyens convoqués et l'impensable patience requise pour &quot;tenir&quot; quatre longues heures paraissant une éternité (et comme le disait ce cher Woody Allen qui, lui, avait de l'humour : <span style="font-style:italic">&quot;L'éternité, c'est long, surtout vers la fin&quot;</span>) valent bien en réponse (cf. la théorie du &quot;don/contre-don&quot; de Marcel Mauss) un aussi long article… dont le parti pris &quot;criant&quot; s'autorise de la souffrance réelle ressentie à tenir jusqu'à la chute de cette fiction à bien des égards inaudible.        <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 17 juillet 2024 dans la Cour d'honneur du Palais des papes.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81648257-58779538.jpg?v=1721403247" alt="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" title="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" />
     </div>
     <div>
      Pologne - Création 2024.       <br />
       En polonais surtitré en français et anglais.       <br />
       D'après l'œuvre de John Maxwell Coetzee, &quot;Elizabeth Costello&quot;, &quot;L'Homme ralenti&quot;, &quot;L'Abattoir de verre&quot;.       <br />
       Mise en scène : Krzysztof Warlikowski.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Jeremi Pedowicz.       <br />
       Avec : Mariusz Bonaszewski, Andrzej Chyra, Magdalena Cielecka, Ewa Dałkowska, Bartosz Gelner, Małgorzata Hajewska-Krzysztofik, Jadwiga Jankowska-Cieślak, Maja Komorowska, Hiroaki Murakami, Maja Ostaszewska, Ewelina Pankowska, Jacek Poniedziałek, Magdalena Popławska.       <br />
       Dramaturgie : Piotr Gruszczyński.       <br />
       Collaboration artistique : Claude Bardouil.       <br />
       Collaboration au texte : Łukasz Chotkowski, Mateusz Górniak, Anna Lewandowska.       <br />
       Scénario : Piotr Gruszczyński, Krzysztof Warlikowski.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Margot Carlier (français), Artur Zapałowski (anglais).       <br />
       Surtitrage : Zofia Szymanowska.       <br />
       Lumière : Felice Ross.       <br />
       Costumes et décors : Małgorzata Szczęśniak.       <br />
       Musique : Paweł Mykietyn.       <br />
       Vidéo : Kamil Polak.       <br />
       Maquillage : Joanna Chudyk, Monika Kaleta.       <br />
       Régie générale : Paweł Kamionka       <br />
       Captation vidéo : Bartłomiej Zawiła        <br />
       Machinerie : Wojciech Sadowski, Łukasz Żukowski.       <br />
       Accessoires : Tomasz Laskowski.       <br />
       Habillage : Kajetan Korcz, Sylwia Szefer.       <br />
       Durée : 4 h (avec entracte).       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14, tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       14 septembre 2024 : Malta Festival 2024, Poznań (Pologne).       <br />
       Du 26 septembre au 6 octobre 2024 : Nowy Teatr, Varsovie (Pologne).       <br />
       Du 29 novembre au 1er décembre 2024 : Théâtre, Liège (Belgique).       <br />
       Du 13 au 15 décembre 2024 : Boska Komedia - Divine Comedy, International Theater Festival, Cracovie (Pologne).       <br />
       Du 5 au 16 février 2025 : La Colline - Théâtre national, Paris.       <br />
       21 et 22 mars 2025 : Schauspiel, Stuttgart (Allemagne).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81648257-58779553.jpg?v=1721403293" alt="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" title="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81648257-58779427.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Elizabeth-Costello-Sept-lecons-et-cinq-contes-moraux-et-au-bout-de-la-nuit-l-ennui_a4011.html</link>
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