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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-16T19:11:04+01:00</dc:date>
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   <title>Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur</title>
   <pubDate>Sat, 12 Feb 2022 06:47:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Ce Festival n'est jamais si fantastique… que lorsqu'il ose le risque artistique. Ainsi de "De la Sainte Face à la Tête Viande", un duo incongru, pétri de qualités comme l'argile qu'il malaxe, succédant sous le chapiteau de Bègles au trop lisse "Derviche" qui, malgré son titre, ne nous a pas tourneboulé… Quant à "Love me tomorrow", présenté lui à la BAG (Bakery Art Gallery), il tend lentement à émerger des brumes qui l'ont vu naître.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45187992.jpg?v=1644606683" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Love me tomorrow"</strong></span>, de la chorégraphe et interprète <b>Sophie Dalès</b>, se présente comme une recherche de la féminité retrouvée sous les pelures des assignations collant à la peau comme une camisole contraignante. Émergeant peu à peu des brumes qui la recouvraient, le brouhaha invasif ayant cessé, une créature encapuchonnée d'une ample parka bleue dissimulant ses formes avance pas à pas, une lampe frontale cyclopéenne perçant la nuit dans laquelle elle était plongée. Son corps se déplie, explore le sol et l'espace jusqu'à ce que ses deux yeux, lumineux, lui soient enfin rendus.       <br />
              <br />
       Au rythme d'une musique répétitive scandant ses efforts réitérés, le corps se cambre, les bras se déploient, jusqu'à se débarrasser lentement de la camisole bleue qui l'étreignait. Toute de blanc vêtue, elle éprouve "organiquement" son nouveau "moi-peau", claquant en tous sens l'étendue d'un corps - le sien - qui lui avait été ravi. Non sans un sentiment d'ivresse, juste sortie de sa chrysalide, la danseuse semble avoir découvert la sérénité d'être…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45188223.jpg?v=1644608526" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Derviche"</strong></span> réunit trois instrumentistes, dont deux Syriens - <b>Khaled Aljaramani et Mohanad Aljaramani</b> - à la voix envoûtante, et un circassien jouant avec dextérité des cerceaux que, tel un dompteur en cage, il fait virevolter au gré de ses fantaisies. Aux sons contemporains des clarinettes et clavier électronique de <b>Raphaël Vuillard</b>, mêlés aux notes mélodieuses s'échappant des ouds, ces luths orientaux et tambourins des deux musiciens syriens, le circassien - <b>Sylvain Julien</b> - joue de ses cerceaux au milieu desquels il se glisse.       <br />
              <br />
       Après la cérémonie d'ouverture qui voit défiler les quatre artistes en robe de bure s'inclinant face à nous, chacun prend sagement sa place derrière son instrument, Sylvain Julien occupant quant à lui le centre de la piste, la place de choix réservée traditionnellement dans le monde oriental au derviche tourneur… Mais de transe, point. L'émotion attendue n'est visiblement pas au rendez-vous.       <br />
              <br />
       Même si les mélopées libèrent un charme aux parfums enivrants, les mouvements de toupie du circassien sur lui-même n'évoquent en rien la fantasmagorie des derviches tourneurs. Si experts soient-ils, ils ne sont pas de nature à nous faire chavirer… Si le désir d'alliance de l'Orient et de l'Occident, réunis ici grâce à la médiation du plateau, ne peut être que chaleureusement salué, leur hybridation, elle, "tourne à vide".
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45194049.jpg?v=1644690028" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"De la Sainte Face à la Tête Viande"</strong></span>… Lorsque deux géniaux trublions de l'art hybride - l'un, Olivier de Sagazan, peintre et sculpteur, l'autre, Arnaud Nano Méthivier, acrobate de l'accordéon poussant à l'occasion des sons gutturaux, tous les deux performeurs décomplexés - s'associent à l'arrache pour créer une performance inédite… cela donne naissance à matière délirante. Et l'enthousiasme de la création artistique in vivo étant porteur sain d'un virus contagieux, il "éclabousse" littéralement le public blasé en quête de lâcher prise salutaire…       <br />
              <br />
       Si l'on veut bien concéder qu'"éclabousser" est ici d'un emploi quelque peu abusif - un écran translucide protégeant le public des salves de matières terreuses projetées -, l'on ne retirera rien quant à l'onde de choc se propageant dans les travées comme une trainée de poil à gratter l'imaginaire. Imaginez…       <br />
              <br />
       Assoupi dans un fauteuil Voltaire, un vieillard cacochyme coiffé d'une mitre d'évêque - à moins que ce ne soit la tiare d'un pape sur le retour -, le corps emmitouflé dans une robe de dentelle ancienne recouverte d'une couette ayant passablement vécu, s'extirpe de son sommeil pour se triturer les mains, les bras, ouvrir grand la bouche afin de, dans une grande excitation faisant branler sa débile constitution, vociférer un tonitruant <span style="font-style:italic">"Silence ! Du silence ! Il va arriver quelque chose…"</span>. Mais Dieu Tout-puissant, de quelle nouvelle Annonciation peut-il s'agir ? Quel enfant pourrait naître de ce corps au teint terreux ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45194050.jpg?v=1644690065" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
     </div>
     <div>
      Après un rapide signe de croix, pris de transes, il malaxe les pains d'argile trempés dans l'eau du vase de nuit gisant à ses pieds et, au rythme déluré de l'accordéon en folie d'un apôtre placé derrière lui, entreprend de couvrir son visage de couches et de couches de terre promise. Jamais satisfait de ses créations, il détruit, modèle et remodèle à l'envi son visage se métamorphosant tour à tour en oiseau à long bec, en porc au groin proéminent et autres créatures sorties d'une arche de Noé improbable. Pour parfaire son esthétique faciale, deux de ses doigts s'enfoncent profondément dans la glaise pour y creuser deux orbites peintes aussitôt de noir, tandis qu'une balafre profonde figure deux lèvres sanguinolentes, une étoupe de chanvre faisant, elle, figure de chevelure.       <br />
              <br />
       Les métamorphoses d'un pape prométhéen &quot;enflammé&quot; (sic), accouchant in fine d'un… Non, là je me débranche… Tout ce qui vient d'être écrit plus haut n'est que pures élucubrations hallucinatoires provoquées par le matériau de l'art(gile) modelé par deux compères fusionnant les notes endiablées (lire diaboliques) d'un accordéon débridé et les manigances corporelles d'un plasticien performeur habité par Lyssa, personnification de la folie furieuse chez les anciens Grecs. Victime ô combien consentante de cette effusion d'émotions plastiques et musicales, le spectateur, transfiguré à son tour, &quot;dé-lire&quot; à sa guise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45194147.jpg?v=1644690885" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
     </div>
     <div>
      Et c'est là, dans cette folie orchestrée de main de maître, donnant à voir et à entendre ce que chacun veut bien y projeter (certains y verront peut-être des clowns et jokers terrifiants…), que réside l'essence même d'une &quot;entrée en matière&quot; réussie. Une performance à consommer sans réserve, garantie cent pour cent Trente-Trente…       <br />
              <br />
       <b>Ces trois spectacles ont été vus dans le cadre du Festival Trente Trente de Bordeaux-Métropole-Boulazac. Le premier le mercredi 26 janvier à 21 h 45 à la Bakery Art Gallery (BAG) de Bordeaux, les deuxième et troisième le mardi 1er février, à 20 h puis à 21 h 15, au Chapitô à Bègles.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45194155.jpg?v=1644690931" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
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     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Love me tomorrow"</strong></span>       <br />
       Création - Danse - Nouvelle-Aquitaine (Bordeaux).       <br />
       Chorégraphe : Sophie Dalès.       <br />
       Interprète : Sophie Dalès.       <br />
       Conception objet lumineux : Lucien Valle.       <br />
       Construction : Utile Atelier - Arnaud Lacoste.       <br />
       Costume : Léa Deligne.       <br />
       Œil complice : Louis Richard, Corinne Hadjadj.       <br />
       Régie : Géraldine Georgen.       <br />
       Durée : 25 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45194160.jpg?v=1644690972" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Derviche"</strong></span>       <br />
       Musique - Cirque - France/Syrie.       <br />
       Danse, cerceaux : Sylvain Julien.       <br />
       Musique : Bab Assalam.       <br />
       Oud, chant : Khaled Aljaramani.       <br />
       Percussions, oud, chant : Mohanad Aljaramani.       <br />
       Clarinettes, live electronic : Raphaël Vuillard.       <br />
       Collaborateur artistique et technique : Emmanuel Sauldubois.       <br />
       Regards extérieurs : Jean Lacornerie, Heinzi Lorenzen.       <br />
       Regard danse : Annette Labry.       <br />
       Lumières : Dominique Ryo.       <br />
       Costumes : Céline Pigeot.       <br />
       Durée : 40 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62279104-45194161.jpg?v=1644691008" alt="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" title="Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"De la Sainte Face à la Tête viande"</strong></span>       <br />
       Création - Performance - Musique - Saint-Nazaire/Orléans.       <br />
       Conception : Olivier de Sagazan et Arnaud Nano Méthivier.       <br />
       Interprétation : Olivier de Sagazan et Arnaud Nano Méthivier.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente,       <br />
       19e Rencontres de la forme courte dans les arts vivants.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 janvier au 10 février 2022.</span>       <br />
       Billetterie : 05 56 17 03 83 et info@trentetrente.com.       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre</title>
   <pubDate>Mon, 12 Mar 2018 05:59:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La papauté est à la recherche de l'image pieuse de la personne de son pape pour la diffuser aux quatre coins de la chrétienté. L'huissier en queue de pie a convoqué le photographe vite aveuglé par l'apparition de Sa Sainteté. Pendant que frétille le cardinal qui se prépare pour prendre la suite. Jean Genet écrit la pièce "Elle" (1) sous le pontificat finissant de Pie XII qui fut bien silencieux pendant la barbarie nazie…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20768859-24099234.jpg?v=1520860469" alt=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" title=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" />
     </div>
     <div>
      &quot;Elle&quot; révèle les dessous pas forcément évangéliques de la pose papale, en exploitant les ressources de la farce, de la satire et du brocard. En posant cette ancienne et toujours actuelle question : l'habit, la posture, le geste font ils le moine ? Le pape en l'espèce ?       <br />
              <br />
       Et ce, bien avant le défilé de mode ecclésiastique de &quot;Fellini Roma&quot;.       <br />
              <br />
       Alfredo Arias qui met en scène et joue le rôle principal s'en donne à cœur joie, exploitant toutes les ressources de la langue et de la situation. &quot;Elle&quot; est celle d'un vieil homme sénile, infantile, abruti par le rôle et la puissance qu'on lui assigne. Plein de bonne volonté pour trouver un rôle, dont il est le jouet conscient. Le pape est à jamais voué, oint, très oint, à jamais contraint à la componction et ne sait pourquoi. Dépositaire de pouvoir et ne sait pourquoi. Au centre de tout et rencontrant le vide. Sacrifié en quelque sorte. À bien y réfléchir perdu comme un enfant. Telle est Sa Sainteté.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20768859-24099244.jpg?v=1520788959" alt=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" title=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" />
     </div>
     <div>
      Ou plutôt devrait-on dire Sa Suavité tant l'homme en blanc est objet de désir. Et la solution de son problème d'image passe par une dissolution de son Être. Comme un morceau de sucre tout blanc qui disparaîtrait dans une tasse de café. Ainsi vont les métamorphoses et les instantanés rêvés. La métaphore de Genet est dévastatrice à fort pouvoir comique et provocateur.       <br />
              <br />
       Dans le spectacle proposé, la pièce de Genet est encadrée par deux textes qui l'éclairent et le renforcent. En guise de prologue, Marcos Montes porte un texte de Sade extrait de &quot;Juliette ou les prospérités du vice&quot;, par lequel son Héroïne s'adresse au pape Pie VI <span style="font-style:italic">(2)</span> pour mieux le séduire et le pervertir. Dans la scène finale, Alejandra Radano fait éclater la rage de Pasolini qui crie et interpelle Pie XII totalement insensible au sort d'un miséreux tué par un tramway à quelques pas de la place Saint Pierre.       <br />
              <br />
       Assurément, l'histoire qui est racontée par Alfredo Arias file de Pie en Pie, va de Mal en Pis. Du Stupre à l'Injustice, le vice prospère. La parabole sous la fable en devient aveuglante. Genet nous montre comment ils voient et ne voient pas. Ils entendent et n'entendent pas. Combien tout est simulacre et mensongère l'image. La pièce de Genet en décrypte l'emprise comme commence à le faire son contemporain Guy Debord.        <br />
              <br />
       Dans cette trajectoire, Alfredo Arias affirme les tensions de la pièce . Elle miroite dans tous ses effets. Le jeu avance sans appuis forcés, ni concessions au public. Il développe dans sa rigueur et sa plastique, son esthétique, une grâce joyeuse, toute argentine. Les excès de la farce sont maîtrisées et les effets dramatiques sont projetés, (rejetés) sur un grand écran immaculé. Ces avatars dédoublent les scènes comme autant d'ombres démoniaques de soi-même dont on ne peut se défaire. Et les paillettes et les noirceurs.       <br />
              <br />
       Le plateau, lui, est le lieu de l'humaine condition. Stylisée ou intime. L'Homme, dans sa fragilité, trouve en effet son incarnation sous les habits de pape. Un pape qui comme tout un chacun se sait grotesque, ressent le besoin du sublime, sent passer la grâce et ne peut la saisir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20768859-24109173.jpg?v=1520861042" alt=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" title=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" />
     </div>
     <div>
      Assurément, les comédiens, eux, en tiennent le fil fermement. Comme un souvenir, une trace des Fratellini.        <br />
              <br />
       Alfredo Arias saisit les instants fugaces que lui font valoir ses partenaires et en fait son miel pour le bonheur du spectateur. Son pape quand il apparaît et s'esquive en habit d'un carnaval argentin est bien une image des Comédiens, le Roi des Fous, débarrassé de tous les oripeaux sacramentels. Tout en majesté et humilité, amour et gravité. Il atteint les sommets de la béatitude. La vraie. Fugace et éphémère. Celle de l'éternité du Théâtre.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Courte et inachevée, elle est le creuset des grandes pièces de Jean Genet. &quot;Elle&quot; ne fut créée qu'en 1989 par Maria Casarès.       <br />
       (2) Dont le goût du faste fut critiqué par ses contemporains.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Elle"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20768859-24109176.jpg?v=1520861065" alt=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" title=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Genet.       <br />
       Mise en scène : Alfredo Arias.       <br />
       Assistants à la mise en scène : Olivier Brillet, Luciana Milione.       <br />
       Avec : Alfredo Arias, Marcos Montes, Adriana Pegueroles, Alejandra Radano.       <br />
       Scénographie : Alfredo Arias.       <br />
       Collaboration à la scénographie : Elsa Ejchenrand.       <br />
       Costumes : Pablo Ramirez.       <br />
       Lumière : Jacques Rouveyrollis.       <br />
       Assistante lumière : Jessica Duclos.       <br />
       Vidéo : Alejandro Rumolino.       <br />
       Son : Thierry Legeai.       <br />
       Musique : Diego Vila       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 24 mars 2018</span>       <br />
       Mardi à 19 h, du mercredi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Athénée théâtre Louis-Jouvet, Grande Salle, Paris 9e, 01 53 05 19 19.       <br />
       <a class="link" href="http://www.athenee-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; athenee-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Elle-atteint-les-sommets-de-la-beatitude-fugace-et-ephemere-celle-de-l-eternite-du-Theatre_a2066.html</link>
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