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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-23T01:30:48+02:00</dc:date>
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   <title>•Off 2025• "Kto tam ?" Un seul en scène interprété avec grande maîtrise de l'art de la pantomime et douce poésie</title>
   <pubDate>Fri, 02 May 2025 19:26:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2025]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Il était une fois une famille qui vivait dans une maison en bois, avec des animaux, des enfants et un jardin d'abeilles. Cependant, la vie est dure. Ainsi, la famille décide de partir à la recherche d'une vie meilleure en ville, mais ils oublient de prendre leur Domovoï, le lutin de la maison…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88298393-62553387.jpg?v=1746207394" alt="•Off 2025• "Kto tam ?" Un seul en scène interprété avec grande maîtrise de l'art de la pantomime et douce poésie" title="•Off 2025• "Kto tam ?" Un seul en scène interprété avec grande maîtrise de l'art de la pantomime et douce poésie" />
     </div>
     <div>
      Resté seul, le Domovoï sait pourtant être responsable, s'occuper de lui-même, prendre son devoir au sérieux et s'amuser comme il peut. Il y a beaucoup de choses à faire à la maison. Alors, il s'envole vers des mondes inconnus ou se souvient de ses siècles précédents. Mais il attend de nouveaux maîtres. Y en aura-t-il un jour qui viendront repeupler la maisonnée ?       <br />
              <br />
       Il est possible que vous ayez, un jour, croisé, quelque part un petit lutin, un gnome, un djinn, un farfadet ou un korrigan, si vous connaissez la Bretagne, et que, régulièrement, vous en arpentez ses chemins. Si ce n'est pas le cas, peut-être le souhaiteriez-vous ! Ou, sûrement aussi, avez-vous, chez vous, un esprit protecteur, sans le savoir vraiment. Un petit Domovoï !       <br />
              <br />
       Ce spectacle de clown contemporain, &quot;Kto tam ?&quot;, magnifiquement écrit et interprété par Igor Mamlenkov, artiste né en URSS en 1988, et mis en scène par Xavier Bouvier, clown lui aussi, en font un sublime portrait en ancrant cet être étrange dans une dimension tragi-comique et poétique du plus bel effet ! &quot;Kto tam ?&quot; se trouve être la première collaboration des deux artistes.       <br />
              <br />
       Rien de simple dans la pratique de l'art clownesque, du mime ou de la pantomime… Loin de là ! Il est très regrettable que cet art si exigeant et très physique ne soit pas plus au sommet de l'affiche, et qu'il reste encore si marginal… Tout comme le théâtre de marionnettes ou le théâtre d'objets. Serait-ce parce qu'il nécessite une grande maîtrise du langage corporel et de la technique gestuelle ? Que les simples mots n'y sont pas le vecteur essentiel ? C'est probable, à bien y regarder.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88298393-62553395.jpg?v=1746207438" alt="•Off 2025• "Kto tam ?" Un seul en scène interprété avec grande maîtrise de l'art de la pantomime et douce poésie" title="•Off 2025• "Kto tam ?" Un seul en scène interprété avec grande maîtrise de l'art de la pantomime et douce poésie" />
     </div>
     <div>
      &quot;Kit tam&quot; est un bijou du genre, mené de main de maître par un comédien hors pair qui séduit d'emblée le public derrière des vêtements pourtant en haillons, une chapka noire surmontée de deux oreilles brunes et un nez volumineux rappelant celui du bec de l'ornithorynque. D'emblée, Domovoï nous ramène à nos bons – ou moins – bons souvenirs de la pandémie de la covid au cours de laquelle nous avons toutes et tous dû rester enfermé(es) et, par là-même, découvrir notre appartement ou notre maison. Nous occuper. Ranger. Trier. Nous amuser de ces objets divers et variés que nous ne voyions finalement plus. Faire avec !       <br />
              <br />
       Domovoï fait avec ! Il fait &quot;avec&quot; l'abandon de ses maîtres, avec les nombreux cartons empilés dans lesquels il découvre des objets laissés derrière eux par la famille et, surtout, avec la peluche d'un chien qui deviendra son meilleur ami, et qui confère à la relation homme-chien une très belle dimension complice.       <br />
              <br />
       À ce titre, la maîtrise du geste scénographique et du jeu du comédien est à souligner tout particulièrement. Tout comme dans le passage de la cravate. Pas un mot pour les maux de Domovoï – juste quelques-uns peut-être –, mais uniquement des borborygmes sonores et justement calés avec le reste, quelques sifflements, des sons étranges comme venus des profondeurs de la forêt de Brocéliande, le tout agrémenté par des moments musicaux très harmonieux.       <br />
              <br />
       C'est un seul en scène attendrissant, parfois naïf, mais très profond, qui marquera à n'en point douter le Off d'Avignon 2025. Les thèmes abordés tels que la liberté muselée, l'absence, la créativité forcée, le temps qui passe et son nécessaire Carpe Diem, le &quot;Better Word&quot; auquel on rêve toutes et tous, et surtout l'amour, parleront de manière évidente au public.       <br />
              <br />
       Vérifiez bien en rentrant chez vous si un Domovoï ne s'y trouve pas, mais restez prudent(e) parce que derrière ses allures sympathiques et bienveillantes, il peut se montrer plus méchant, en tout cas d'après ce que le folklore slave en dit…       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Si vous ne faites pas le ménage et que l'économie de la famille va mal, il peut vous étrangler dans votre sommeil (…) ou jouer du drums-n-bass sur votre radiateur pour vous empêcher de dormir (…)&quot;,</span> précise Igor Mamlenkov. Mais aucun risque ! Ici, on est en France, sous le soleil d'Avignon.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Kto tam ? (Qui est là ?)"</b></div>
     <div>
      Texte et création : Igor Mamlenkov.       <br />
       Mise en scène clownesque : Xavier Bouvier.       <br />
       Co-mise en scène : Kostya Novitsky.       <br />
       Avec : Igor Mamlenkov.       <br />
       Scénographie : Alexandre Myalin.       <br />
       Œil extérieur : Anna Shishkina.       <br />
       Costumes et objets : Laura Pennisi.       <br />
       Musique : Ramon Andres Diaz       <br />
       Coach balalaïka : Dmitry Kalinin.       <br />
       Coach rythme : Ramon Rodriguez Gomez.       <br />
       Par la Compagnie Domovoï.       <br />
       La compagnie collabore avec "Clowns sans frontières Suisse, Help Ukraine organisations".       <br />
       Tout public à partir de 5 ans.       <br />
       Durée : 58 minutes.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 10 h. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre La Luna, Salle 3, 1, rue Séverine, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 86 96 28.       <br />
       Courriel : <a class="link" href="javascript:protected_mail('laluna@quartier-luna.fr')" >laluna@quartier-luna.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-laluna.fr/" target="_blank">>> theatre-laluna.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/88298393-62553387.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Kto-tam-Un-seul-en-scene-interprete-avec-grande-maitrise-de-l-art-de-la-pantomime-et-douce-poesie_a4209.html</link>
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   <title>"Sur le fil"… Un temps suspendu où tous les contraires s'unissent</title>
   <pubDate>Wed, 29 Nov 2023 17:44:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans le cadre du Festival d'Automne 2023, créé en 1972 et se déroulant jusqu'au 11 février 2024, nous retrouvons Nacera Belaza, artiste associée à Chaillot. La chorégraphe et danseuse franco-algérienne a posé ses ballerines pour deux spectacles dans ce lieu. Dans "Sur le fil", lumière, noir et espace nu délimitent une aire de jeu où le manque de prise à une réalité, porté par une répétition à vitesse forcée, met en exergue une dépossession au rythme d'une musique enivrante. Spectacle créé en 2016 par Nacera Belaza, celle-ci vient d'en faire une reprise avec des enfants de Bobigny et de Paris les 15 et 16 novembre derniers.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77059715-55902792.jpg?v=1701277628" alt=""Sur le fil"… Un temps suspendu où tous les contraires s'unissent" title=""Sur le fil"… Un temps suspendu où tous les contraires s'unissent" />
     </div>
     <div>
      Un noir sur scène délimite un cercle baigné d'une lumière blanche. Une musique rythmée, qui devient, au fil de l'eau, entêtante et envoûtante, accompagne tout le spectacle. L'obscurité devient aussi parfois compagnon de route en baignant les planches de sa noirceur. Celle-là devient pause et rupture de jeu avec un flou lumineux qui s'en dégage scéniquement. Les artistes jaillissent à tour de rôle de l'obscurité pour traverser rapidement le plateau de sa longueur. Du noir à la lumière, leurs apparitions sont furtives, rapides et au pas de course.       <br />
              <br />
       Durant leur traversée scénique, les danseurs, chacun à tour de rôle, tournent sur eux-mêmes, les bras et les jambes un peu lâches. Ils sont pris d'un tournoiement sans fin et animés d'une quête effrénée de fuites. Seuls, toujours seuls, ils sont de temps en temps en groupe, répartis autour du cercle éclairé, mais chacun dans leur solitude. Ils ne se regardent pas et ne s'appréhendent pas, bien qu'ils puissent être ensemble à la lisière de la scène, attendant parfois autour d'elle.       <br />
              <br />
       Leurs jambes tiennent lieu d'appui flageolant où les plantes des pieds ont des directions en biais, jamais rectilignes, même si la trajectoire l'est. Les troncs et les membres inférieurs et supérieurs participent à cette dynamique en adoptant de petites gestiques jamais fixes, au périmètre réduit. Leur latitude est toujours près du tronc. Le déséquilibre est toujours présent, les interprètes se laissant porter par un mouvement dont, à dessein, ils ne semblent maîtriser ni la trajectoire, ni l'intention.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77059715-55902802.jpg?v=1701277659" alt=""Sur le fil"… Un temps suspendu où tous les contraires s'unissent" title=""Sur le fil"… Un temps suspendu où tous les contraires s'unissent" />
     </div>
     <div>
      Durant toute la représentation, la course devient infinie et indéfinie. Elle s'arrête uniquement quand le noir s'installe par intermittence. À tour de rôle, ces courses s'enchaînent sans qu'il soit aisé de savoir ce qui les amène. Cela part d'un point d'on ne sait le lieu vers une destination dont on ne peut deviner la trajectoire, celle-ci disparaissant dans l'obscurité. Seule la musique entêtante, rythmée et enivrante devient un repère, un axe, un phare dans une scénographie à la lumière tamisée où se dessinent des corps mis en relief par celle-ci. Les muscles sont relâchés, les bras restant un peu flasques, finis par des mains arrondies et des poings fermés qui tombent des poignets en angle droit. Les mouvements et les attitudes semblent être ceux d'une pantomime embarquée dans une course malgré elle.       <br />
              <br />
       Les artistes sont à tour de rôle des réceptacles d'une force intérieure ou extérieure qui les pousse et dont ils n'ont pas de prise, ayant une faible consistance musculaire. Ou une faiblesse psychique qui les désarme. Ils sont poussés vers des non-lieux symbolisés par l'extérieur du cercle. L'esthétique et la grâce n'ont pas droit de cité. Ce n'est pas l'objet de la chorégraphie qui est celui de la dépossession d'une volition comme emportée, balayée par le souffle d'éléments invisibles. Nul vent, nulle force n'est incarné. On ne sait pas ce qui pousse nos danseurs à traverser ce cercle de lumière, mettant en exergue ainsi un caractère de perte de soi. Peut-être eux-mêmes embarqués dans celle-ci malgré eux.       <br />
              <br />
       Ceci peut faire écho à une course effrénée vers l'avant dans laquelle plonge parfois notre société quand le manque d'imagination met en arrêt nos capacités inventives de réflexion et de rébellion. Ou quand trop de gens sont happés à perdre leur vie à la gagner. La musique en donne un aspect très rythmé dont on aime à suivre le tempo pour s'en trouver embarqué malgré nous.       <br />
              <br />
       La danse est dans un rapport répétitif à la scénographie et à la musique. Tout n'est que passage et vitesse. Quelques arrêts ponctuent la chorégraphie. Aucune bifurcation, aucun pas de côté n'est effectué pour sortir de ce cercle vicieux de dépossession. Aller jusqu'à sa perte pour oublier son enveloppe corporelle qui nous le rappelle trop bien quand les limites en sont dépassées.        <br />
              <br />
       Le propos de Rousseau, &quot;Plus le corps est faible, plus il commande, plus il est fort, plus il obéit&quot;, ne fait pas écho à ce qui se joue sur les planches. Car le corps est faible et n'obéit pas chez Nacera Belaza dont le propos artistique, intéressant et interrogatif, m'a laissé toutefois un peu sur la réserve.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Sur le fil"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77059715-55902804.jpg?v=1701277680" alt=""Sur le fil"… Un temps suspendu où tous les contraires s'unissent" title=""Sur le fil"… Un temps suspendu où tous les contraires s'unissent" />
     </div>
     <div>
      Chorégraphie : Nacera Belaza.       <br />
       Conception son et lumière : Nacera Belaza.       <br />
       Régie son et lumière : Christophe Renaud.       <br />
       Avec : Nacera Belaza, Dalila Belaza, Aurélie Berland, Paulin Blanc.       <br />
       Et la participation de : Bouramou Coulibaly, Marc Ethane Olandzobo Ndr Ikogni, Arindra Rakotobe et Miranto Rakotobe, Chaïa Malécot.       <br />
       Production : Compagnie Nacera Belaza.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle ayant eu lieu les 15 et 16 novembre 2023 dans le cadre du du Festival d'Automne 2023.</b>       <br />
       Théâtre national de Chaillot, Salle Firmin Gemier, Paris 16e.       <br />
       <a class="link" href="https://www.festival-automne.com/programme" target="_blank">Programme du Festival d'Automne</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/77059715-55902792.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Sur-le-fil-Un-temps-suspendu-ou-tous-les-contraires-s-unissent_a3770.html</link>
  </item>

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   <title>"La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !</title>
   <pubDate>Tue, 27 Dec 2022 12:15:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Conte revisité par Marcos Morau dans lequel sont présentées, dans une scénographie moderne, une attente et une solitude de belles au bois dormant, seules, mais en groupe et sans prince charmant. D'un amour inexistant se détache des individualités qui cassent la figure pantomime d'un personnage passif et sans caractère qui finit par déployer une force et liberté enfin retrouvées.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69789594-48755353.jpg?v=1672141608" alt=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" title=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" />
     </div>
     <div>
      C'est un drame dansé qui se joue. Assises côte à côte, au nombre de quatorze, nos belles au bois dormant ont toutes les atours d'automates. Les regards sont vides, comme animés d'aucune vie. Aucun prince charmant dans les parages. Elles sont bien seules, même ensemble. Nous nous retrouvons comme devant une vitrine avec ses robots. La fable a perdu sa poésie. Du conte, il ne reste que des pantomimes. À dessein. Comme des objets de consommation en articles de foire présentés au public en attente. Mais de quoi ? Du prince ou d'une liberté à acquérir et qui viendra les quérir.       <br />
              <br />
       En groupe, serrées, les unes contre les autres, elles tournent leurs têtes vers la droite et vers la gauche, dans un mouvement quasi hypnotique. Des gestuelles, de même allure, gagnent tous nos protagonistes, femmes et hommes habillés en femmes. La belle au bois dormant a tous les sexes et pas de personnalité. Car c'est celle d'une pantomime avec des gestuelles hachées à dessein, comme portées par un influx électrique que l'on devine un moment quand l'une des interprètes ouvre une armoire électrique où apparaissent différents boutons actionnables. Elles sont comme des robots commandés à distance et qui souhaiteraient se libérer du joug d'un conte qui les emprisonne dans une position docile. Celle de l'attente d'un prince charmant trop bien peigné sans doute.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69789594-48755355.jpg?v=1672141641" alt=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" title=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" />
     </div>
     <div>
      Les interprètes ne se touchent pas, ne se regardent pas. Ensemble, mais séparés, comme si aucune solidarité entre eux n'existait. Différentes séquences s'enchaînent avec des déplacements, rapides ou lents, le long de la scène. Nos artistes semblent rouler sur les planches. Puis ce sont des lumières vives qui les baignent dans une atmosphère de modernité. Il y a de beaux tableaux avec des bouquets portés par eux dont un final avec une danseuse nue qui prend dans ses bras un vieillard, baignés par une lumière qui tombe sur eux comme le rideau.       <br />
              <br />
       La scénographie se dénude de ses éléments. On entend par deux fois une voix féminine qui ordonne, avec vivacité et politesse, de retirer un rideau. Les pantomimes deviennent humaines. Elles se dénudent et courent. Elles défilent côté jardin vers cour en démontant le décor. Les formes deviennent plus libres et moins hachées. Ce qui était mouvement saccadé devient course. Il y a aussi un mannequin, habillé comme nos protagonistes, jeté brutalement au-dessus des escaliers. Cette violence semble exorciser toute docilité passive, créant une rupture de jeu.       <br />
              <br />
       Les danses sont de groupe avec des mouvements en cœur ou légèrement décalés. Les gestiques sont très robotiques, nulle once d'humanité chez elles. Deux artistes s'en détachent à tour de rôle et créent un solo d'une énergie qui déborde d'automatisme avec des membres inférieurs et supérieurs qui se déhanchent largement et de façon rapide comme pris de soubresauts. Le corps est animé d'un trop-plein d'énergie, comme pris par un influx nerveux qui coulerait dans les veines de nos deux interprètes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69789594-48755446.jpg?v=1672141673" alt=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" title=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" />
     </div>
     <div>
      L'opéra monté par Marcos Morau montre, sous un aspect des plus modernes, une figure de la belle au bois dormant esseulée. Ce qui fait fable devient presque objet de consommation superbement interprété dans des mouvements au combien mécaniques, telles des marionnettes, devenues objets d'attention du public, portées par des chorégraphies qui montrent la dépossession d'un conte par la modernité d'un temps qui robotise et mécanise un personnage dont l'attente est sans fin et qui trouve sa liberté en s'en échappant. La fable est ainsi mise à l'envers. Nul mot, nulle réplique. Ce qui fait rapports et relations sont des gestes marqués d'automatisme, reflet d'un monde moderne où le mouvement ne s'arrête pas comme embarqué par un temps qui coure.        <br />
              <br />
       De nos caractères, il ne reste que leur silence, leur mutisme et leur attente. D'une position assise, elles se lèvent. De pantomimes, elles deviennent des êtres humains qui courent sur la scène dans une scénographie qu'elles font disparaitre, le démontant, arrachant les rideaux et déshabillant l'escalier. De ce qui faisait une somme d'individualités, nous découvrons enfin un groupe. D'objets quasi inanimés, elles courent à pleine jambe pour retrouver une liberté qu'elles se refusent à abandonner. L'opéra de Marcos Morau est très original et surprenant par son approche bousculant un conte pour le plonger dans l'actualité d'une époque qui fait émerger les voix plurielles du genre et de l'indépendance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La belle au bois dormant"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69789594-48755465.jpg?v=1672141760" alt=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" title=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" />
     </div>
     <div>
      Chorégraphie et mise en scène : Marcos Morau.       <br />
       Musique : Piotr Illitch Tchaïkovski, Juan Cristóbal Saavedra.       <br />
       Assistants chorégraphiques : Ariadna Montfort, Shay Partush, Marina Rodriguez.       <br />
       Avec : Marie Albert, Kristina Bentz, Caelyn Knight, Maeva Lassere, Yan Leiva, Albert Nikolli, Lore Pryszo, Raul Serrano Nuñez, Giacomo Todeschi, Paul Vezin, Merel Van Heeswijk, Katrien De Bakker, Anna Romanova, Noëllie Conjeaud, Edi Blloshmi.       <br />
       Scénographie : Max Glaenzel.       <br />
       Costumes : Silvia Delagneau.       <br />
       Dramaturgie : Roberto Fratini.       <br />
       Éclairagiste collaborateur lumière : Mathieu Cabanes.       <br />
       Conception sonore : Juan Cristóbal Saavedra.       <br />
       Directrice du Ballet : Julie Guibert.       <br />
       Maîtresse de Ballet Amandine : Roque De La Cruz.       <br />
       Régisseur du Ballet : Alexandre Mesta.       <br />
       Régie technique : Guillaume Ponroy.       <br />
       Régie son/vidéo : Jean-Pierre Barbier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69789594-48755466.jpg?v=1672141818" alt=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" title=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" />
     </div>
     <div>
      Régie lumière : Yohann Fourcade, Jeremy Stenou.       <br />
       Habilleuse : Valérie Spery.       <br />
       Production Opéra national de Lyon.       <br />
       Déconseillé aux moins de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       Le spectacle a eu lieu du 15 au 18 décembre 2022 à la Grande Halle de la Villette à Paris.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       6 et 7 avril 2023 : MC2, Grenoble (38).       <br />
       14 au 16 avril 2023 : Opéra de Reims, en coréalisation avec le Manège, Reims (51).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>L'héritage du mime Marceau est encore et toujours, oh joie !, un langage universel</title>
   <pubDate>Wed, 17 Oct 2018 09:09:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Dans un monde qui se cloisonne volontairement, et de plus en plus par les différences de richesses, de religions, de cultures, de couleurs de peau, de langues, de modes vestimentaires, de groupes ethniques, de mœurs, de sexes, d'âges… un langage capable d'être saisi et des histoires partagées par tous devient presque un miracle. Le mime est capable de ce miracle, comme la musique et d'autres arts transcendants.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/26601475-27273445.jpg?v=1539762412" alt="L'héritage du mime Marceau est encore et toujours, oh joie !, un langage universel" title="L'héritage du mime Marceau est encore et toujours, oh joie !, un langage universel" />
     </div>
     <div>
      Guérassim Dichliev est bulgare, il découvre le mime en 1989. En 1993, il est à Paris. Il entre à l'école de Marceau. Il en devient ensuite l'assistant. À l'image de son maître qui créa Bip, l'alter ego grâce auquel le mime Marceau entra dans tous les imaginaires, il revêt dans ce spectacle un personnage aux traits marqués, unique comme les grands clowns s'inventent leurs doubles de scènes qui autorisent leurs rires, leurs rêves, leurs paniques, leurs histoires.       <br />
              <br />
       C'est ainsi qu'il entre en jeu, comme un spectateur de plus, anonyme, jouant des coudes et des excuses pour finalement trouver sa place… comme le titre ironique du spectacle l'indique : &quot;Out of place&quot;. C'est aussi une entrée ludique dans l'univers tonitruant de ce personnage en manteau long, en chapeau, comme sorti d'un film en noir et blanc. Non, plutôt que de rentrer dans son univers, c'est plutôt le contraire qui arrive. L'univers du bonhomme envahi soudain tout. Et c'est un déferlement d'histoires, comme un rêve qui se transforme en cauchemar et le cauchemar en rêve et ainsi de suite.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/26601475-27273580.jpg?v=1539762457" alt="L'héritage du mime Marceau est encore et toujours, oh joie !, un langage universel" title="L'héritage du mime Marceau est encore et toujours, oh joie !, un langage universel" />
     </div>
     <div>
      Guérassim Dichliev est l'antithèse physique de Marceau qui forçait ses traits avec du maquillage. Guérassim Dichliev a ce qu'on appelle une tête, un visage démesuré dans l'expression, un paysage à lui tout seul. Pas besoin de maquillage : un sourire, un front qui se dresse, une commissure qui s'abaisse et c'est comme si toute l'ambiance du plateau passait d'un sentiment à un autre.       <br />
              <br />
       Le mime devient alors, grâce à une bande-son quasi constante, aussi drôle et délirant que certains cartoons américains de la grande époque, celle de Tex Avery. Les références ciné foisonnent. Les bruitages aussi. Le rêve cauchemar passe par ces interventions sonores pour malmener le héros de folies douces en folies sévères.       <br />
              <br />
       Et puis, le mime a de tels côtés Fernandel qu'il est difficile de ne pas finir par être en empathie totale. Car on revient toujours la même histoire touchante de l'être simple, timide et maladroit. Une filiation qui va de Charlot à Bip jusqu'au Grand Blond. Voilà l'occasion de découvrir un autre personnage de cette grande famille d'êtres qu'on a envie de serrer dans ses bras ou de partir avec, voir le monde d'un œil neuf.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Out of place"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/26601475-27273598.jpg?v=1539762521" alt="L'héritage du mime Marceau est encore et toujours, oh joie !, un langage universel" title="L'héritage du mime Marceau est encore et toujours, oh joie !, un langage universel" />
     </div>
     <div>
      De et avec Guérassim Dichliev.       <br />
       Mise en scène d'Édouard Dedessus Lemoutier.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 11 octobre au 11 novembre 2018.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 19 h, dimanche à 17 h.       <br />
       Studio Hébertot, Paris 17e, 01 42 93 13 04.       <br />
       <a class="link" href="https://www.studiohebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; studiohebertot.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/26601475-27273445.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/L-heritage-du-mime-Marceau-est-encore-et-toujours-oh-joie--un-langage-universel_a2265.html</link>
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