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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-05-14T00:21:03+02:00</dc:date>
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   <title>"Gundog - Chien-Fusil", une plongée originale et intemporelle dans l'univers des petits paysans</title>
   <pubDate>Tue, 21 Jan 2025 15:57:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le sol est recouvert d'une couche de paille et de terre. On aperçoit au lointain le corps d'une brebis allongée, immobile, sans doute morte. De l'autre côté, une sorte d'établi rustique. C'est presque un fait divers qui débute "Gundog". Dans la pénombre relative qui fait deviner le décor, une silhouette brandit un fusil à lunette dans la direction d'un corps tremblant, couché sur lequel se penche une autre silhouette qui l'invective, le questionne et ne le laisse pas répondre. Une scène choc qui met en acte les trois personnages principaux du récit.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85752944-61090833.jpg?v=1737472950" alt=""Gundog - Chien-Fusil", une plongée originale et intemporelle dans l'univers des petits paysans" title=""Gundog - Chien-Fusil", une plongée originale et intemporelle dans l'univers des petits paysans" />
     </div>
     <div>
      Nous sommes dans une petite ferme, un maigre élevage de brebis tenu par deux jeunes sœurs, Becky et Anna. L'aînée tient le fusil tandis que la cadette submerge l'homme au sol de mots et de cris. Il est l'intrus dans cette maison isolée, l'étranger. Tous trois partagent à ce moment la même peur, le même effroi, c'est cet effroi qui déclenche ainsi cette violence. La peur de l'autre, peur de l'homme et de ses perversions pour les deux résidentes, la peur de mourir pour le vagabond.       <br />
              <br />
       C'est ce qu'il est, Gus, un vagabond, un saisonnier sans domicile, vaguement chapardeur, un crève-la-faim que les deux jeunes femmes finissent par inviter à rester quelques jours, voire plus, s'il veut, la place ne manque pas, le travail non plus, l'argent lui est bien absent. Le texte de Simon Longman, jeune auteur britannique qui a grandi en milieu rural dans les West Midlands, nous plonge dans la rudesse de la vie paysanne grâce à son écriture ciselée, réaliste, sans fioritures. Une sorte de parler franc qui élide quelques sujets, quelques verbes pour que la parole soit la plus directe possible. La plus urgente également pour ces vies qui demandent sans cesse que le travail remplisse toutes les heures, du lever du soleil jusqu'à la nuit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85752944-61090834.jpg?v=1737472971" alt=""Gundog - Chien-Fusil", une plongée originale et intemporelle dans l'univers des petits paysans" title=""Gundog - Chien-Fusil", une plongée originale et intemporelle dans l'univers des petits paysans" />
     </div>
     <div>
      Le temps de la campagne n'est pas celui des cités. La construction de la pièce, avec ses flashbacks, ses enjambements d'années, distord le temps, l'allonge ou le rétrécit, n'en fait parfois qu'une répétition de saison d'une année sur l'autre. La pièce tente de nous faire ressentir cette conception si particulière des heures, des jours, des mois, des ans qui semblent tous se ressembler tant il ne semble rien se passer dans ces campagnes isolées. Les seuls événements qui rythment la vie, ce sont les naissances, les agnelages, les disparitions, les retours, les morts.       <br />
              <br />
       La ferme n'a pas toujours été tenue par les deux sœurs, seules. Elles avaient un frère, un père, une mère, une vraie famille. Et puis la mère est morte, le troupeau a été décimé par une maladie transmissible, le père lui aussi, et le frère est parti. L'histoire de Gundog pourrait se dérouler il y a un siècle, deux siècles. Les personnages, leurs façons de parler même pourraient vivre à cette période. Mais c'est bien de nos jours que se déroule ce récit, comme si le temps toujours avait fixé définitivement les choses, les rôles, la nature dans l'immuable.       <br />
              <br />
       La mise en scène d'Athéna Amara réussit à donner corps à cet immobilisme forcené, cette répétition paralysante des événements, ces paroles, des actes. Avec des moyens simples, jouant sur quelques déplacements de décors et s'appuyant sur l'évolution de la lumière et une bande son qui renforce la présence de la nature, elle parvient à rendre scénique les ellipses temporelles du texte.        <br />
              <br />
       Les deux personnages principaux interprétés par Camille Dordoigne et Charlotte Leonhardt sont d'une justesse attachante. Les deux comédiennes réussissent à incarner deux sœurs très différentes l'une de l'autre, mais que l'on sent complémentaires. Une apparente indissociabilité quasi imperceptible, mais qui rend ce couple de personnages aussi fascinant qu'effrayant.       <br />
              <br />
       Outre le récit épique que &quot;Gundog&quot; raconte, il est aussi une sorte de plaidoyer pour le monde paysan actuel, pour cette jeunesse paysanne que le monde moderne semble abandonner à son sort. La ferme, la nature, la vie d'éleveur finissant par ressembler à une prison, un destin dont il est impossible de sortir, et l'obligation qui pourrait être une condamnation de subir ce temps qui passe et se répète… dans l'attente de quel espoir ?       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Gundog - Chien-Fusil"</b></div>
     <div>
      Auteur : Simon Longman.       <br />
       Traduction :Gisèle Joly.       <br />
       Mise en scène : Athéna Amara.       <br />
       Avec : Aurélien Baré, Antoine Bugault, Camille Dordoigne, Joseph Lemarignier et Charlotte Leonhardt.       <br />
       Création musicale : Simon Averous.       <br />
       Création lumière : Colin Veyne.       <br />
       Scénographie: Shanone David Esteves.       <br />
       Création costume : Éloïse Bloch.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
       À partir de 12 ans       <br />
       Production Compagnie Vol Plané.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 au 22 janvier 2025.</span>       <br />
       Lundi à 14 h 30 et 19 h, mardi et mercredi à 19 h, vendredi à 20 h et samedi à 19 h.       <br />
       Théâtre Joliette, Grande Salle, Marseille 2ᵉ, 04 91 90 74 28.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatrejoliette.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatrejoliette.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       24 janvier 2025 : Théâtre municipal, Vitrolles (13).       <br />
       1ᵉʳ février 2025 : Centre Dramatique des Villages du Haut Vaucluse, Valréas (84).       <br />
       6 février 2025 : Théâtre du Briançonnais, Briançon (05).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/85752944-61090833.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Gundog-Chien-Fusil--une-plongee-originale-et-intemporelle-dans-l-univers-des-petits-paysans_a4130.html</link>
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   <title>•Off 2024• "Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles…</title>
   <pubDate>Tue, 26 Mar 2024 12:14:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Si l'art de générer des productions enthousiastes et inventives est incontestablement dans l'ADN de la compagnie L'Éternel Été, l'engagement citoyen fait aussi partie de la démarche créative de ses membres. La présente proposition ne déroge pas à la règle. Ainsi, Emmanuel Besnault et Benoît Gruel nous offrent une version décoiffante, vive, presque juvénile, mais diablement ancrée dans les problématiques actuelles, du "Chapeau de paille d'Italie"… pièce d'Eugène Labiche, véritable référence du vaudeville.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79138690-57359259.jpg?v=1710180908" alt="•Off 2024• "Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles…" title="•Off 2024• "Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles…" />
     </div>
     <div>
      L'argument, simple, n'en reste pas moins source de quiproquos, de riantes ficelles propres à la comédie et d'une bonne dose de situations grotesques, burlesques, voire absurdes. À l'aube d'un mariage des plus prometteurs avec la très florale Hélène – née sans doute dans les roses… ornant les pépinières parentales –, le fringant Fadinard se lance dans une quête effrénée pour récupérer un chapeau de paille d'Italie… Pour remplacer celui croqué – en guise de petit-déj ! – par un membre de la gent équestre, moteur exclusif de son hippomobile, ci-devant fiacre. À noter que le chapeau alimentaire appartenait à une belle – porteuse d'une alliance – en rendez-vous coupable avec un soldat, sans doute Apollon à ses heures perdues.       <br />
              <br />
       N'ayant pas vocation à pérenniser toute forme d'adaptation académique, nos deux metteurs en scène vont imaginer que cette histoire absurde est un songe, le songe d'une nuit… niché au creux du voyage ensommeillé de l'aimable Fadinard. Accrochez-vous à votre oreiller ! La pièce la plus célèbre de Labiche se transforme en une nouvelle comédie explosive, électro-onirique ! Comme un rêve habité de nounours dans un sommeil moelleux peuplé d'êtres extravagants en doudounes orange.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79138690-57359260.jpg?v=1710180934" alt="•Off 2024• "Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles…" title="•Off 2024• "Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles…" />
     </div>
     <div>
      Le tout, tel un immense lit, est enveloppé dans un décor de draps/rideaux blancs, de matelas/couettes et coussins/oreillers aux mêmes teintes de lactescence et crème. Dans cette immense couche, sol mouvant créant équilibres et déséquilibres, on s'enfonce, on se cache, on perd pied, mais on peut aussi rebondir, tomber sans se faire mal, initier des gestuelles burlesques, &quot;cartoonesques&quot; ou acrobatiques. Toutes ces possibilités n'étant pas sans rappeler à la fois l'alcôve conjugale – intime par excellence –, mais aussi le terrain de jeu de l’enfant.       <br />
              <br />
       L'action se passe donc quelques heures avant le mariage, d'où l'expression d'une certaine tension/excitation. La mise en scène et le jeu des comédiennes et comédiens se construisent sur l'interprétation d'une partition au rythme soutenu, effréné. Les déplacements sont véloces tout en exprimant des arabesques chorégraphiées, parfois hilarantes. Les répliques s'échangent à couteaux tirés, sans temps mort, les tirades aiguisées sont portées de façon sonore tout en restant claires... les tonalités et variations vocales, les différents effets font référence à la bizarrerie et l'extravagance de l'univers des songes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79138690-57359261.jpg?v=1710180960" alt="•Off 2024• "Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles…" title="•Off 2024• "Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles…" />
     </div>
     <div>
      L'un des plus forts moments singuliers, espiègles et divertissants, est sans aucun doute la séquence &quot;bataille de peluches&quot; qui démarre sur le plateau, puis se poursuit avec la salle qui ne rechigne pas à l'ouvrage dans ces échanges moelleux rappelant les batailles d'oreillers de l'enfance. Toutes les spectatrices et tous les spectateurs participent avec énergie à cet intermède ludique et jubilatoire.       <br />
              <br />
       Légère et ludique, tout en faux-semblants, grâce à la mise en scène et à la direction d'acteurs, cette version réussit parfaitement à pallier le drame de la perte du chapeau mangé par le cheval soldatesque.       <br />
              <br />
       Retour dans l'univers fantasmagorique, dans l'imaginaire du songe. Rêve ou réalité, le doute est permis, tant la mise en scène d'Emmanuel Besnault et Benoît Gruel se glissent dans les méandres d'une narration alliant, avec subtilité et réussite, l'onirisme des apparences colorées, décalées, voire déjantées, de certaines situations, des répliques enlevées, des costumes chamarrés, voire parfois excentriques, et la précision des mécanismes faisant fonctionner les rouages et ressorts comiques propres au vaudeville. Comme une explosion de séquences psychédéliques, électro-oniriques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79138690-57359262.jpg?v=1710181001" alt="•Off 2024• "Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles…" title="•Off 2024• "Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles…" />
     </div>
     <div>
      Bien évidemment, l'histoire se conclut avec le chapeau de paille d'Italie restitué. L'honneur est sauve, Anaïs Beauperthuis a récupéré un chapeau de paille permettant d'une certaine façon d'effacer le rendez-vous avec son amant militaire lors duquel le couvre-chef de la belle fut croqué par le serviteur équin du sieur Fadinard. Le rêve est consommé, la réalité reprend ses droits.       <br />
              <br />
       Finalement, plus que dans une lecture classique de la pièce de Labiche, on assiste à une quête insensée (pour un &quot;bête&quot; chapeau de paille !) dévoilant les libertés, les frustrations et les &quot;aliénations&quot; de chacun des personnages. Ici, du fait du choix des metteurs en scène, la féminité et les femmes, peu valorisées dans le texte originel, sont mises en valeur et jouent un rôle plus déterminant. Ainsi, le personnage du beau-père est transformé en belle-mère, apportant un nouvel équilibre entre les rôles masculins et ceux féminins. Le personnage de la mariée – dont la présence avait principalement des fonctions décoratives – a été raccourci. Elle n'est plus alors une potiche qui passe des mains du père à celles du mari, elle devient ici un mystère, un but invisible, un symbole.       <br />
              <br />
       Les partis pris d'Emmanuel Besnault et Benoît Gruel visent notamment à combattre le sexisme (une volonté clairement exprimée par la Cie), combat bien réel et actuel, qui n’est plus une option, mais un réel devoir individuel, ne devant rien au rêve, mais bien à des constats concrets. Et tout en préservant la mécanique comique, efficace et éprouvée, d'Eugène Labiche, sont mis aussi en exergue, par cette version enthousiaste et pleine de vigueur, les questionnements sur les conséquences relationnelles du mariage (impliquant les relations avec la famille, entre autres), sur nos libertés individuelles et, bien sûr, sur l'amour, passant parfois de la sphère intime à la sphère publique, et sur sa capacité à unir, rassembler, relier et, pourquoi pas, apaiser simplement… sans quête obligatoire du Graal !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Un Chapeau de paille d'Italie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79138690-57359263.jpg?v=1710181188" alt="•Off 2024• "Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles…" title="•Off 2024• "Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Eugène Labiche.       <br />
       Mise en scène : Emmanuel Besnault et Benoît Gruel.       <br />
       Avec : Guillaume Collignon, Victor Duez, Sarah Fuentes, Mélanie Le Duc et Emmanuel Besnault.       <br />
       Musique : Benjamin Migneco.       <br />
       Lumières : Cyril Manetta.       <br />
       Costumes : Magdaléna Calloc’h.       <br />
       Scènographie : Emmanuel Besnault et Benoit Gruel.       <br />
       Production : Compagnie l'Éternel Été, Lucernaire.       <br />
       Soutien Ville de Versailles, Espace Sorano à Vincennes et La Condition des Soies à Avignon.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 juin au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h 50. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre Le Petit Louvre, Chapelle des Templiers, 23, rue Saint-Agricol, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 32 76 02 79.       <br />
       <a class="link" href="https://theatre-petit-louvre.fr/avignon/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-petit-louvre.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/79138690-57359260.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Un-Chapeau-de-paille-d-Italie-Une-version-singuliere-et-explosive-interrogeant-nos-libertes-individuelles_a3853.html</link>
  </item>

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   <title>"Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles face aux normalisations sociétales et idéologiques</title>
   <pubDate>Mon, 11 Mar 2024 18:52:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Si l'art de générer des productions enthousiastes et inventives est incontestablement dans l'ADN de la compagnie L'Éternel Été, l'engagement citoyen fait aussi partie de la démarche créative de ses membres. La présente proposition ne déroge pas à la règle. Ainsi, Emmanuel Besnault et Benoît Gruel nous offrent une version décoiffante, vive, presque juvénile, mais diablement ancrée dans les problématiques actuelles, du "Chapeau de paille d'Italie"… pièce d'Eugène Labiche, véritable référence du vaudeville.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      L'argument, simple, n'en reste pas moins source de quiproquos, de riantes ficelles propres à la comédie et d'une bonne dose de situations grotesques, burlesques, voire absurdes. À l'aube d'un mariage des plus prometteurs avec la très florale Hélène – née sans doute dans les roses… ornant les pépinières parentales –, le fringant Fadinard se lance dans une quête effrénée pour récupérer un chapeau de paille d'Italie… Pour remplacer celui croqué – en guise de petit-déj ! – par un membre de la gent équestre, moteur exclusif de son hippomobile, ci-devant fiacre. À noter que le chapeau alimentaire appartenait à une belle – porteuse d'une alliance – en rendez-vous coupable avec un soldat, sans doute Apollon à ses heures perdues.       <br />
              <br />
       N'ayant pas vocation à pérenniser toute forme d'adaptation académique, nos deux metteurs en scène vont imaginer que cette histoire absurde est un songe, le songe d'une nuit… niché au creux du voyage ensommeillé de l'aimable Fadinard. Accrochez-vous à votre oreiller ! La pièce la plus célèbre de Labiche se transforme en une nouvelle comédie explosive, électro-onirique ! Comme un rêve habité de nounours dans un sommeil moelleux peuplé d'êtres extravagants en doudounes orange.
     </div>
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     </div>
     <div>
      Le tout, tel un immense lit, est enveloppé dans un décor de draps/rideaux blancs, de matelas/couettes et coussins/oreillers aux mêmes teintes de lactescence et crème. Dans cette immense couche, sol mouvant créant équilibres et déséquilibres, on s'enfonce, on se cache, on perd pied, mais on peut aussi rebondir, tomber sans se faire mal, initier des gestuelles burlesques, &quot;cartoonesques&quot; ou acrobatiques. Toutes ces possibilités n'étant pas sans rappeler à la fois l'alcôve conjugale – intime par excellence –, mais aussi le terrain de jeu de l’enfant.       <br />
              <br />
       L'action se passe donc quelques heures avant le mariage, d'où l'expression d'une certaine tension/excitation. La mise en scène et le jeu des comédiennes et comédiens se construisent sur l'interprétation d'une partition au rythme soutenu, effréné. Les déplacements sont véloces tout en exprimant des arabesques chorégraphiées, parfois hilarantes. Les répliques s'échangent à couteaux tirés, sans temps mort, les tirades aiguisées sont portées de façon sonore tout en restant claires... les tonalités et variations vocales, les différents effets font référence à la bizarrerie et l'extravagance de l'univers des songes.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78853591-57188236.jpg?v=1710180960" alt=""Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles face aux normalisations sociétales et idéologiques" title=""Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles face aux normalisations sociétales et idéologiques" />
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      L'un des plus forts moments singuliers, espiègles et divertissants, est sans aucun doute la séquence &quot;bataille de peluches&quot; qui démarre sur le plateau, puis se poursuit avec la salle qui ne rechigne pas à l'ouvrage dans ces échanges moelleux rappelant les batailles d'oreillers de l'enfance. Toutes les spectatrices et tous les spectateurs participent avec énergie à cet intermède ludique et jubilatoire.       <br />
              <br />
       Légère et ludique, tout en faux-semblants, grâce à la mise en scène et à la direction d'acteurs, cette version réussit parfaitement à pallier le drame de la perte du chapeau mangé par le cheval soldatesque.       <br />
              <br />
       Retour dans l'univers fantasmagorique, dans l'imaginaire du songe. Rêve ou réalité, le doute est permis, tant la mise en scène d'Emmanuel Besnault et Benoît Gruel se glissent dans les méandres d'une narration alliant, avec subtilité et réussite, l'onirisme des apparences colorées, décalées, voire déjantées, de certaines situations, des répliques enlevées, des costumes chamarrés, voire parfois excentriques, et la précision des mécanismes faisant fonctionner les rouages et ressorts comiques propres au vaudeville. Comme une explosion de séquences psychédéliques, électro-oniriques.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78853591-57188240.jpg?v=1710181001" alt=""Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles face aux normalisations sociétales et idéologiques" title=""Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles face aux normalisations sociétales et idéologiques" />
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      Bien évidemment, l'histoire se conclut avec le chapeau de paille d'Italie restitué. L'honneur est sauve, Anaïs Beauperthuis a récupéré un chapeau de paille permettant d'une certaine façon d'effacer le rendez-vous avec son amant militaire lors duquel le couvre-chef de la belle fut croqué par le serviteur équin du sieur Fadinard. Le rêve est consommé, la réalité reprend ses droits.       <br />
              <br />
       Finalement, plus que dans une lecture classique de la pièce de Labiche, on assiste à une quête insensée (pour un &quot;bête&quot; chapeau de paille !) dévoilant les libertés, les frustrations et les &quot;aliénations&quot; de chacun des personnages. Ici, du fait du choix des metteurs en scène, la féminité et les femmes, peu valorisées dans le texte originel, sont mises en valeur et jouent un rôle plus déterminant. Ainsi, le personnage du beau-père est transformé en belle-mère, apportant un nouvel équilibre entre les rôles masculins et ceux féminins. Le personnage de la mariée – dont la présence avait principalement des fonctions décoratives – a été raccourci. Elle n'est plus alors une potiche qui passe des mains du père à celles du mari, elle devient ici un mystère, un but invisible, un symbole.       <br />
              <br />
       Les partis pris d'Emmanuel Besnault et Benoît Gruel visent notamment à combattre le sexisme (une volonté clairement exprimée par la Cie), combat bien réel et actuel, qui n’est plus une option, mais un réel devoir individuel, ne devant rien au rêve, mais bien à des constats concrets. Et tout en préservant la mécanique comique, efficace et éprouvée, d'Eugène Labiche, sont mis aussi en exergue, par cette version enthousiaste et pleine de vigueur, les questionnements sur les conséquences relationnelles du mariage (impliquant les relations avec la famille, entre autres), sur nos libertés individuelles et, bien sûr, sur l'amour, passant parfois de la sphère intime à la sphère publique, et sur sa capacité à unir, rassembler, relier et, pourquoi pas, apaiser simplement… sans quête obligatoire du Graal !
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     <div><b>"Un Chapeau de paille d'Italie"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78853591-57188274.jpg?v=1710181188" alt=""Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles face aux normalisations sociétales et idéologiques" title=""Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles face aux normalisations sociétales et idéologiques" />
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      Texte : Eugène Labiche.       <br />
       Mise en scène : Emmanuel Besnault et Benoît Gruel.       <br />
       Avec : Guillaume Collignon, Victor Duez, Sarah Fuentes, Mélanie Le Duc et Emmanuel Besnault.       <br />
       Musique : Benjamin Migneco.       <br />
       Lumières : Cyril Manetta.       <br />
       Costumes : Magdaléna Calloc’h.       <br />
       Scènographie : Emmanuel Besnault et Benoit Gruel.       <br />
       Production : Compagnie l'Éternel Été, Lucernaire.       <br />
       Soutien Ville de Versailles, Espace Sorano à Vincennes et La Condition des Soies à Avignon.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       Du 10 janvier au 17 mars 2024.       <br />
       Mardi au samedi à 19 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Lucernaire, Théâtre Rouge, Paris 6e, 01 45 44 57 34.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lucernaire.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lucernaire.fr</a>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">23 juin 2025 :</span> Théâtre de verdure, Six-Fours-les-Plages (83).
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