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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-10-07T06:04:36+02:00</dc:date>
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   <title>La Ronde de nuit</title>
   <pubDate>Tue, 07 Nov 2017 08:08:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'Opéra national de Paris programme "La Ronde" de Philippe Boesmans à l'Amphithéâtre Bastille avec les jeunes artistes lyriques et les musiciens de l'Académie. L'occasion de découvrir de merveilleux talents dans cet opéra en version chambriste à la partition obsédante, hallucinée, ironique, et qui nous parle comme jamais grâce à une mise en scène ingénieuse.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18064190-22363910.jpg?v=1510038653" alt="La Ronde de nuit" title="La Ronde de nuit" />
     </div>
     <div>
      Commande de Gerard Mortier, alors directeur de la Monnaie de Bruxelles, &quot;La Ronde&quot; est un des fruits de la collaboration du compositeur belge Philippe Boesmans et du metteur en scène Luc Bondy, qui a adapté pour le livret la fameuse pièce d'Arthur Schnitzler (du même nom). Réputée injouable par son auteur même, la pièce présente dix rencontres amoureuses sans lendemain où les partenaires s'échangent et se fuient en une danse mortifère (la fameuse ronde tel un cercle vicieux et sans espoir).       <br />
              <br />
       Les ombres de la syphilis et de la mort planent dans ce théâtre pour temps d'apocalypse viennoise pas si joyeuse. Vienne, c'est-à-dire la capitale d'un empire moribond qui disparaîtra à la fin de la Première guerre mondiale, cette première tuerie de masse au XXe siècle. Ancien médecin devenu écrivain, Arthur Schnitzler y observe ses contemporains (sans s'exclure lui-même, avec le personnage du Poète) tel un entomologiste cruel, exhibant le néant à de cette société hypocrite dénuée de valeurs comme de sentiments, littéralement déboussolée.       <br />
              <br />
       Ainsi dix personnages, incarnant les diverses classes sociales de la Vienne de la fin du XIXe, cherchent l'amour, l'aventure, s'achètent ou se vendent des faveurs sans parvenir à oublier tout à fait qu'ils sont en sursis : <span style="font-style:italic">&quot;Qui sait si demain nous serons encore en vie ?&quot;</span> se demande la Prostituée dans la première scène. Philippe Boesmans fait, quant à lui, œuvre d'humaniste lucide pour <span style="font-style:italic">&quot;s'approcher de l'être humain&quot;</span>. Il cherche à dessiner <span style="font-style:italic">&quot;les états d'âme du personnage (…) l'ivresse, mais aussi la peur et la déception de l'amour&quot;</span> dans le discours musical.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18064190-22363921.jpg?v=1510038688" alt="La Ronde de nuit" title="La Ronde de nuit" />
     </div>
     <div>
      Mais il met à jour aussi leurs mensonges et leurs ridicules. Sa partition n'hésite pas à figurer souvent ironiquement les dérisoires scènes sexuelles que Schnitzler figurait sous forme de petits points évocateurs dans son texte. Dans cette transcription pour dix-neuf musiciens due à Fabrizio Cassol, le discours sonne plus contemporain. Le son tantôt raréfié (distribué entre les pupitres solistes, le piano, le célesta et les percussions), tantôt triomphant dans les tuttis gagne en couleurs et en énergie vitale ce qu'il perd en lyrisme et en texture orchestrale de la version originale.        <br />
              <br />
       La direction de Jean Deroyer rend justice à la complexité rythmique diabolique de l'œuvre. Les musiciens en résidence comme l'Orchestre-Atelier Ostinato se coulent impeccablement dans l'architecture raffinée de cette version chambriste qui amuse parfois et ravit souvent.       <br />
              <br />
       D'autant plus que la proposition scénique de Christiane Lutz tend un prodigieux miroir au spectateur d'aujourd'hui, en adaptant très finement cette ronde centenaire aux mœurs contemporaines. Si les rapports de domination ne sont plus les mêmes que dans les années 1890 (1), ils existent toujours : la prostituée et ses clients (un soldat au début et le Comte devenu ici un grand bourgeois à la fin de l'œuvre), une femme de chambre et le fils de famille, la grande dame soi-disant &quot;honnête&quot; et son vieux mari qui se révèle un vrai prédateur sexuel avec la Jeune Fille (la grisette de la pièce). Cette dernière est désormais un mannequin que le Photographe de mode (c'est-à-dire le Poète) exploite sans vergogne. Et ainsi de suite.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18064190-22363930.jpg?v=1510038729" alt="La Ronde de nuit" title="La Ronde de nuit" />
     </div>
     <div>
      Cette ronde de nuit, qui fait appel aux ressources de la vidéo du scénographe Christian André Tabakoff, présente des personnages qui se cherchent dans Paris avec la technologie la plus actuelle : application pour rencontres éphémères, SMS, déplacements erratiques en taxi, entre autres. Le fond de scène et quelques accessoires iconiques nous font évoluer de la chambre conjugale ou d'étudiant en bar de nuit, de la rue déserte au studio d'artiste ou au salon bourgeois.       <br />
              <br />
       Le procédé dramaturgique faisant d'un personnage le lien entre chacune des dix scènes, d'une grande efficacité ici soutenue par la mise en scène, tient en haleine le spectateur, entre bouffonnerie et épure. Voilà bien l'opéra de l'ultra moderne solitude. Et puis quelle belle découverte que celle des artistes lyriques en résidence à l'Académie, dont quelques-uns frappent tant par leur charisme sur le plateau que par leur chant.       <br />
              <br />
       Si tous mériteraient d'être cités, la soprano Marie Perbost (La Jeune Femme mariée) s'impose aisément avec un beau tempérament d'actrice et une voix opulente bien projetée. Farrah El Dibany (La Jeune Fille) offre un mezzo aux superbes couleurs sombres. Citons également le baryton ukrainien Danylo Matviienko, qui triomphe dans le rôle d'un Comte comique et touchant, réussissant à être à la fois élégant dans la ligne de chant et riche de nuances variées dans le jeu. De jeunes artistes qui donnent envie d'entrer dans la danse.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18064190-22363937.jpg?v=1510038764" alt="La Ronde de nuit" title="La Ronde de nuit" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">(1) La pièce est écrite vers 1896 mais ne sera éditée à compte d'auteur qu'en 1903.</span>       <br />
              <br />
       Spectacle vu le 4 novembre 2017.       <br />
              <br />
       <b>Prochaines dates</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Lundi 6, mercredi 8, vendredi 10 et samedi 11 novembre 2017 à 20 h.</span>       <br />
              <br />
       Opéra national de Paris.       <br />
       Amphithéâtre Bastille.       <br />
       Place de la Bastille Paris (12e).       <br />
       Tel : 08 92 89 90 90.       <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18064190-22364030.jpg?v=1510039438" alt="La Ronde de nuit" title="La Ronde de nuit" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;La Ronde&quot; (Reigen) (1993).</b>       <br />
       Opéra en dix scènes.       <br />
       Musique : Philippe Boesmans.       <br />
       Livret : Luc Bondy.       <br />
       Orchestration : Fabrizio Cassol.        <br />
       En langue allemande surtitrée en français.       <br />
       Durée : 2 h 20 sans entracte.       <br />
              <br />
       Jean Deroyer, direction musicale.       <br />
       Christiane Lutz, mise en scène.       <br />
       Christian Tabakoff, scénographie et vidéo.       <br />
       Natasha Maraval, costumes.       <br />
       Daniel Levy, lumières.       <br />
       Stefan Ulrich, dramaturgie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18064190-22364031.jpg?v=1510039472" alt="La Ronde de nuit" title="La Ronde de nuit" />
     </div>
     <div>
      Sarah Shine, La Prostituée (Die Dirne).       <br />
       Juan de Dios Mateos, Le Soldat (Der Soldat).       <br />
       Jeanne Ireland, La Femme de chambre (Das Stubenmädchen)       <br />
       Maciej Kwasnikowski, Le Jeune Homme (Der Junge Herr).       <br />
       Marie Perbost, La Jeune Femme (Die Junge Frau).       <br />
       Mateusz Hoedt, Le Mari (Der Gatte).       <br />
       Farrah El Dibany, La Grisette (Das Süsses Mädel).       <br />
       Jean-François Marras, Le Poète (Der Dichter).       <br />
       Angélique Boudeville, La Cantatrice (Die Sängerin).       <br />
       Danylo Matviienko, Le Comte (Der Graf).        <br />
              <br />
       <b>Musiciens en résidence à l'Académie : </b>       <br />
       Gerta Alla, Aymeric Gracia, Hannah Zribi, violons.       <br />
       Beatriz Ortiz Romero, Marie Walter, altos.       <br />
       Annabelle Gouache, Hsing-Han Tsai, violoncelles.       <br />
       Felipe Devincenzi, contrebasse. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Orchestre-Atelier Ostinato :</b>       <br />
       Maël Marcon, flûte, piccolo.       <br />
       Constant Madon, hautbois.       <br />
       Seung-Hwan Lee, clarinette, clarinette basse.       <br />
       Valentin Neumann, basson, contrebasson.       <br />
       Romain Albert, Thomas Bocquet, cors.       <br />
       Luce Perret, trompette.       <br />
       Yvan Ferré, trombone.       <br />
       Quentin Broyart, Pierre Fourré, Tristan Perreira, percussions.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"L'Histoire du soldat" de Ramuz et Stravinsky… recréée avec pertinence et conviction</title>
   <pubDate>Wed, 24 May 2017 09:59:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Charles-Ferdinand Ramuz à la plume et Igor Stravinsky à la baguette se sont complétés pour cette œuvre d'une force musicale et dramatique sans pareille. Une rareté conçue pour se jouer dans des lieux éloignés des temples culturels, dans les provinces, dans les campagnes, juste après la Première Guerre mondiale. En voici une mise en scène fidèle avec ses sept instrumentistes et une très belle direction d'acteur de Stéphan Druet.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13825903-20064491.jpg?v=1495556560" alt=""L'Histoire du soldat" de Ramuz et Stravinsky… recréée avec pertinence et conviction" title=""L'Histoire du soldat" de Ramuz et Stravinsky… recréée avec pertinence et conviction" />
     </div>
     <div>
      Louis Ferdinand Ramuz, auteur et poète suisse, s'inspire d'un conte populaire cousin du mythe de Faust pour écrire ce livret dans un style on ne peut plus direct avec un minimum d'acteurs. Pour cela, il invente le Lecteur, sorte de narrateur qui racontera l'histoire, avec quelques parties scandées. Les deux autres rôles sont le Soldat et le Diable.       <br />
              <br />
       Stravinsky est alors en exil. Il a fui la révolution bolchevique et réside en Suisse. Ce sera pour lui le début de migrations qui le feront passer par la France pour atterrir finalement aux USA où il finira sa vie. Pour cette histoire, il écrit une partition d'un modernisme affirmé pour un orchestre réduit à l'essentiel, où chaque instrument est susceptible de devenir soliste. Il parsème sa partition aussi bien de marches que d'airs paysans, de tango, de jazz, de ragtime.       <br />
              <br />
       La première de &quot;l'Histoire du Soldat&quot; a eu lieu le 28 septembre 1918 avec Georges Pitoëff, au théâtre municipal de Lausanne, sous la direction d'Ansermet. C'est sans doute cet alliage improbable entre une musique qui sonne terriblement contemporaine et une histoire trempée dans la culture populaire qui fait de ce mélodrame musical un objet unique, précieux, fabuleux.       <br />
              <br />
       L'histoire elle-même est imagée comme un drame romantique empreint de mysticisme. Un soldat en permission revient vers son village, avec son barda et son violon, quand il rencontre le Diable qui lui échange son violon contre un livre magique qui permet de lire à l'avance l'avenir. Le Diable lui demande encore de lui accorder trois jours pour lui enseigner comment jouer de cet instrument.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13825903-20064522.jpg?v=1495556597" alt=""L'Histoire du soldat" de Ramuz et Stravinsky… recréée avec pertinence et conviction" title=""L'Histoire du soldat" de Ramuz et Stravinsky… recréée avec pertinence et conviction" />
     </div>
     <div>
      Trois jours passent. Mais en réalité, ces trois jours sont trois années. Lorsque le soldat rejoint son village, chacun le prend pour un fantôme, sa femme elle-même, remariée, se barricade.  Alors, le soldat devient riche grâce au livre. Mais bientôt sa richesse lui fait regretter son violon, qu'il récupère des mains du Diable… le reste de l'histoire, il faut aller la découvrir.       <br />
              <br />
       Stéphan Druet  est un habitué des mises en scène de spectacles musicaux. Opéras bouffes, opérettes, comédies musicales ou musicalisées, il pratique depuis longtemps l'amalgame entre textes et musiques. Pour &quot;l'Histoire du soldat&quot;, il implique l'orchestre dans le spectacle en le transfigurant en fanfare militaire (costumes ad hoc  de Michel Dussarat). Scansion, diction, rythmiques et jeu chorégraphié entre les comédiens donnent unité aux alternances de textes et de musique. Le réel, l'action et la narration deviennent eux aussi mélodies, ruptures, soli.       <br />
              <br />
       Car Stravinsky fait parler les instruments, il parvient à personnifier chacun d'eux, les fait dialoguer, chuchoter, se quereller. Une musique rarement quiète, toujours sur l'expiration, le danger du silence et l'élément de surprise qui soudain intervient, d'un timbre, d'une clameur nouvelle, étrange. Et tout s'arrête alors, un temps, parti, ailleurs. Les paysages changent, défilent, disparaissent sous les bottes, les terreurs… la terreur n'est jamais loin ni absente… elle épie. Le diable…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13825903-20074543.jpg?v=1495612316" alt=""L'Histoire du soldat" de Ramuz et Stravinsky… recréée avec pertinence et conviction" title=""L'Histoire du soldat" de Ramuz et Stravinsky… recréée avec pertinence et conviction" />
     </div>
     <div>
      En ce qui concerne la distribution, à noter Le Lecteur magnifiquement interprété par Claude Aufaure : présence, timbre de voix riche, profond, fatalisme amusé du conteur. Fabian Wolfrom, dans le rôle du Soldat, est d'une sincérité idéale, beau jeune homme abusé par l'appât du gain. Licinio Da Silva a construit un diable tout en fantaisies, ironies, un diable de comédie si drôle qu'il paraît presque trop peu dangereux.       <br />
              <br />
       À ces trois rôles a été ajoutée l'intervention d'une danseuse, la fille du roi. C'est Aurélie Loussouarn qui apporte avec sa très belle chorégraphie, Mix entre classique et moderne, voire hip-hop, une bourrasque de féminité aérienne et bienfaisante dans cet univers masculin.       <br />
              <br />
       Hormis tout cela, le propos même de l'histoire racontée ici est immortel, mais parle bien sérieusement à notre époque, car le choix que le soldat fait d'abandonner son violon (son rêve, son âme, sa poésie, son cœur) pour la richesse que lui apporte le livre magique, est un choix central : l'attrait du matérialisme qui ne transcende rien et l'abandon de l'art.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Histoire Du Soldat" </b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13825903-20074552.jpg?v=1495612349" alt=""L'Histoire du soldat" de Ramuz et Stravinsky… recréée avec pertinence et conviction" title=""L'Histoire du soldat" de Ramuz et Stravinsky… recréée avec pertinence et conviction" />
     </div>
     <div>
      Musique : Igor Stravinsky.       <br />
       Texte : Charles-Ferdinand Ramuz.       <br />
       Mise en scène : Stéphan Druet.       <br />
       Assistant à la mise en scène et chorégraphies : Sebastiàn Galeota.       <br />
       Direction musicale : Jean-Luc Tingaud.       <br />
       Chefs d'orchestre : Olivier Dejours et Loïc Olivier (en alternance).       <br />
       Avec : Claude Aufaure, Licinio Da Silva, Fabian Wolfrom, Aurélie Loussouarn et l'orchestre-atelier Ostinato.       <br />
       Costumes : Michel Dussarat.       <br />
       Lumières : Christelle Toussine.       <br />
       Peinture murale : Laurence Bost.       <br />
       Durée 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 mai au 16 juillet 2017.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre de Poche-Montparnasse, Paris 6e, 01 45 44 50 21.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredepoche-montparnasse.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredepoche-montparnasse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/13825903-20064491.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>Un voyage déjanté dans "Le Monde de la Lune"</title>
   <pubDate>Thu, 20 Jun 2013 09:30:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pour sa sixième collaboration avec la MC 93, l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Paris, vivier des chanteurs de demain, s’attaque à un opéra (méconnu) de Franz Joseph Haydn, "Il Mondo della Luna", d’après un livret de Carlo Goldoni. Et comme la mise en scène est de surcroît confiée à l’iconoclaste David Lescot, nous n’allons pas être déçu(e)s du voyage !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5627277-8393267.jpg?v=1371713787" alt="Un voyage déjanté dans "Le Monde de la Lune"" title="Un voyage déjanté dans "Le Monde de la Lune"" />
     </div>
     <div>
      Le directeur de la MC 93, Patrick Sommier, a fait un pari des plus audacieux en faisant alliance avec le directeur de l’Atelier Lyrique, Christian Schirm. Un pari gagnant depuis 2007 qui a permis d’exporter en banlieue Est de nobles compositeurs tels Mozart, Cimarosa, Gluck et Martinu. Cette année, c’est Haydn qui franchit le périphérique. Et avec lui, les chanteurs et l’Orchestre-Atelier Ostinato, autre vivier de jeunes musiciens professionnels. Une initiative passionnante qu’on espère reconduite après 2014 (terme du contrat), parce que nous appuyons totalement cette volonté de sortir l’opéra de sa confiscation bourgeoise, comme dirait Jérôme Deschamps. Une volonté de refaire du divin genre de l’opéra un divertissement populaire et sans façon. Mais non pas sans grande ambition artistique !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5627277-8393280.jpg?v=1371713868" alt="Un voyage déjanté dans "Le Monde de la Lune"" title="Un voyage déjanté dans "Le Monde de la Lune"" />
     </div>
     <div>
      De quoi peut bien nous parler cet opéra italien de Haydn ? - qui en a composé dix-sept quand même pour complaire aux Princes Esterhazy, ses &quot;patrons&quot; ! Cet ami de Mozart et professeur de Beethoven reprend à son compte un livret du dramaturge Carlo Goldoni, initialement destiné à un autre, et le fait retoucher (un peu) par un certain Pastor. L’histoire est à première vue délicieusement inactuelle. Un faux savant-astronome et vrai escroc, Ecclitico, fait croire à un riche vieillard naïf (le sieur Buonafede) qu’il peut l’emmener à la cour de l’Empereur de la Lune. Par un amusant jeu de dupes réalisé avec deux complices, Cecco et Ernesto, Ecclitico fait accroire au barbon que la vie est plus douce sur la Lune pour les vieux ! Jeunettes à gogo portées sur le troisième âge, discipline de fer soumettant les épouses... Bref, on lui promet monts et merveilles. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5627277-8393291.jpg?v=1371714187" alt="Un voyage déjanté dans "Le Monde de la Lune"" title="Un voyage déjanté dans "Le Monde de la Lune"" />
     </div>
     <div>
      Ils ne quitteront jamais le jardin d’Ecclitico, mais les trois filles du barbon et nos compères peu scrupuleux trouveront la fortune (aux dépens du vieux Buonafede), si ce n’est l’amour vrai.       <br />
              <br />
       Pour sa deuxième mise en scène lyrique, David Lescot dit s’être inspiré de la comédie grinçante d’Ettore Scola, &quot;Affreux, sales et méchants&quot;. Cela promet ! Avec un art de la récupération qui lui appartient en propre, David Lescot veut nous broder un joli conte sur les pouvoirs de l’illusion théâtrale - bricolée si possible - et sur l’obsession anthropophage de l’argent dans nos sociétés en crise. Soit. Faisons lui crédit et suivons-le dans &quot;Le Monde de la Lune&quot;, en bonne compagnie. Celle des jeunes artistes de demain !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5627277-8393296.jpg?v=1371714189" alt="Un voyage déjanté dans "Le Monde de la Lune"" title="Un voyage déjanté dans "Le Monde de la Lune"" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Spectacle les samedi 22, lundi 24, mercredi 26 et vendredi 28 juin 2013 à 20 h.</span>       <br />
       MC 93, 01 41 60 72 72 (ou 08 92 89 90 90).       <br />
       9 bd Lénine 93000 Bobigny.       <br />
       <a class="link" href="http://www.mc93.com" target="_blank">&gt;&gt; mc93.com</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Il Mondo della Luna&quot; (1777).</b>       <br />
       Musique : Franz Joseph Haydn (1732 – 1809).       <br />
       Livret : P. F. Pastor d’après Carlo Goldoni.        <br />
       Livret en italien, surtitré en français.       <br />
       Durée : 2 h 20 avec entracte.       <br />
              <br />
       Mise en scène : David Lescot.       <br />
       Scénographie : Alwyne de Dardel.       <br />
       Costumes : Sylvette Dequest.       <br />
       Lumières : Paul Beaureilles.       <br />
              <br />
       Les Solistes de l’Atelier Lyrique de l’Opéra national de Paris.       <br />
       Eva Zaïcik, Ernesto.       <br />
       Joao Pedro Cabral, Oleksiy Palchykov, Ecclitico.       <br />
       Anna Pennisi, Lisette.       <br />
       Piotr Kumon, Tiago Matos, Buonafede.       <br />
       Élodie Hache, Andreea Soare, Clarice.       <br />
       Armelle Khourdoïan, Olga Seliverstova, Flaminia.       <br />
       Kevin Amiel, Cecco.        <br />
              <br />
       Orchestre-Atelier Ostinato.       <br />
       Guillaume Tourniaire, direction.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/5627277-8393267.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-voyage-dejante-dans-Le-Monde-de-la-Lune_a934.html</link>
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   <title>"La Finta Giardiniera" à la MC93 : Un jardin de délices pour une pépinière de talents</title>
   <pubDate>Mon, 25 Jun 2012 12:45:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pendant toute une semaine, les très jeunes chanteurs de l’Atelier Lyrique de l’Opéra National de Paris vous donnent l’aubade dans un opéra charmant de Mozart, "La Finta Giardiniera", composé à l’âge de dix-sept ans. Créé sur une scène munichoise en 1775, il met en scène la marquise Violante Onesti, déguisée en jardinière, qui cherche à retrouver son amant le comte Belfiore, en fuite depuis qu’il l’a poignardée et laissée pour morte, dans un accès de jalousie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4449074-6685166.jpg?v=1340621569" alt=""La Finta Giardiniera" à la MC93 : Un jardin de délices pour une pépinière de talents" title=""La Finta Giardiniera" à la MC93 : Un jardin de délices pour une pépinière de talents" />
     </div>
     <div>
      Malgré ces prémisses sanglantes - qui précèdent l’Ouverture - c’est le sourire aux lèvres et l’émotion au cœur que l’on suit cette délicieuse production à la Maison de la Culture de Bobigny. Grâce en soit rendue à Mozart, dont la musique savante et populaire à la fois, donne la certitude que le bonheur, la joie, la vitalité - et aussi une discrète et incurable mélancolie - sont au cœur de la vie.       <br />
              <br />
       &quot;La Finta Giardiniera&quot;, c’est donc l’histoire - diaboliquement inventée par son abbé de librettiste ! - des amours contrariées de trois couples en un imbroglio étourdissant : celles de cette &quot;feinte jardinière&quot; Sandrina/Violante à la recherche de son amant-bourreau, celles d’Armida et du mal aimé gentilhomme Ramiro (un rôle travesti) et celles des domestiques cruels Nardo et Serpetta. Maîtres et valets s’aiment, se trahissent, se violentent dans un marivaudage sérieux, une tragédie burlesque. C’est le <span style="font-style:italic">dramma giocoso</span> dans toute sa splendeur, forme classique que le jeune Mozart annexe et éclate ici, entre opéra bouffe (comique) et opéra <span style="font-style:italic">seria</span> (sérieux). Déjà le génie mozartien à l’état pur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4449074-6685193.jpg?v=1340621736" alt=""La Finta Giardiniera" à la MC93 : Un jardin de délices pour une pépinière de talents" title=""La Finta Giardiniera" à la MC93 : Un jardin de délices pour une pépinière de talents" />
     </div>
     <div>
      La violence de l’amour, la guerre précieuse des sexes, la gaieté morbide des pulsions - obsessions mozartiennes en plein Siècle des Lumières - traversent ce jardin-là, tantôt domestiqué chez le Podestat abritant tout ce beau monde, tantôt nature sauvage, dans la forêt du 2e acte. Le metteur en scène Stephen Taylor, secondé par le scénographe Laurent Peduzzi, offre une lecture intelligente et élégante de l’œuvre. L’espace clair au 1er acte, qui s’obscurcit au 2e, n’est qu’un prolongement de la psyché des personnages : objets charmants (les plantes, les meubles) coexistent avec les armes des amants jaloux (couteaux, badine, corde !).       <br />
              <br />
       La guerre, puis la paix revenue au 3e acte : comme toute bonne comédie, l’opéra se conclut par trois mariages - et pas un seul enterrement. Sauf peut-être celui des illusions. Tout finit par des chansons comme nous l’apprendra plus tard &quot;Cosi fan tutte&quot;, en attendant la grande Terreur. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4449074-6685223.jpg?v=1340621851" alt=""La Finta Giardiniera" à la MC93 : Un jardin de délices pour une pépinière de talents" title=""La Finta Giardiniera" à la MC93 : Un jardin de délices pour une pépinière de talents" />
     </div>
     <div>
      Cette adorable jardinière, c’est la jeune soprano roumaine Andreea Soare, entrée depuis peu dans cette pépinière de jeunes artistes que l’Atelier Lyrique se donne pour vocation de faire grandir. Nous lui prédisons une très belle carrière car elle a littéralement dominé cette soirée et ce rôle, grâce à une voix à la fois cristalline, colorature et dramatique, une musicalité sans défaut. Mentions aussi à la mezzo-soprano Marianne Crebassa (Ramiro) et à l’Arminda de la soprano polonaise Ilona Krzywicka.        <br />
              <br />
       À l’Atelier Lyrique, on sait aussi recruter les chanteurs de demain : nous avons été charmés par le jeune ténor Cyrille Dubois gracieux en Belfiore et par le baryton Florian Sempey, plein de verve et de maestria dans le rôle du valet. L’Orchestre-Atelier Ostinato, dont les juvéniles musiciens sont pris en charge par le Centre de Formation des Musiciens d’Orchestre, a brillé à vrai dire par l’enthousiasme, mais guère par la précision. Effet un peu brouillon d’une direction d’orchestre qui devrait s’améliorer au fil des représentations. Une belle soirée brillamment enlevée. Merci Wolfgang Amadeus toujours magique !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Finta Giardiniera"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4449074-6685251.jpg?v=1340621982" alt=""La Finta Giardiniera" à la MC93 : Un jardin de délices pour une pépinière de talents" title=""La Finta Giardiniera" à la MC93 : Un jardin de délices pour une pépinière de talents" />
     </div>
     <div>
      Dramma giocoso en trois actes (1775).       <br />
       Musique de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791).       <br />
       Livret de Giuseppe Petrosellini.       <br />
       En italien, surtitré en français.       <br />
       Durée : 2 h 40 (avec entracte).       <br />
              <br />
       Les Solistes de l'Atelier lyrique de l’Opéra national de Paris.       <br />
       Orchestre-Atelier OstinatO.       <br />
       Direction musicale : Guillaume Tourniaire (les 23 et 25 juin), Iñaki Encina Oyón (les 27 et 29 juin).       <br />
       Mise en scène Stephen Taylor.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Jean-Claude Montheil.       <br />
       Avec : Kévin Amiel ; Andreea Soare ou Chenxing Yuan (en alternance) ; João Pedro Cabral ou Cyrille Dubois (en alternance) ; Ilona Krzywicka ou Élodie Hache (en alternance) ; Marianne Crebassa ou Anna Pennisi (en alternance) ; Zoé Nicolaidou ou Maria-Virginia Savastano (en alternance) ; Florian Sempey ou Michal Partyka (en alternance).       <br />
       Scénographie : Laurent Peduzzi.       <br />
       Costumes : Nathalie Prats.       <br />
       Lumières : Christian Pinaud.       <br />
       Pianistes Chefs de chant : Françoise Ferrand, Jorge Giménez, Philip Richardson, Alissa Zoubritski.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4449074-6685272.jpg?v=1340622121" alt=""La Finta Giardiniera" à la MC93 : Un jardin de délices pour une pépinière de talents" title=""La Finta Giardiniera" à la MC93 : Un jardin de délices pour une pépinière de talents" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 23 au 29 juin 2012.</span>       <br />
       Samedi 23, lundi 25, mercredi 27 et vendredi 29 à 20 h.       <br />
       Théâtre MC 93, Bobigny, Seine-Saint-Denis, 01 41 60 72 72.       <br />
       <a class="link" href="http://www.mc93.com/" target="_blank">&gt;&gt; mc93.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/4449074-6685166.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Finta-Giardiniera-a-la-MC93-Un-jardin-de-delices-pour-une-pepiniere-de-talents_a647.html</link>
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