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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-11T17:03:30+02:00</dc:date>
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   <title>"Carmen" punie ou l'opéra mal aimé au Festival d'Aix</title>
   <pubDate>Sun, 09 Jul 2017 00:23:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le metteur en scène Dmitri Tcherniakov propose une réévaluation radicale de l'un des plus célèbres opéras au monde, "Carmen", à l'invitation de la 69e édition du Festival lyrique d'Aix-en-Provence. Desservie par une vision réductrice et sans souffle, la production est cependant sauvée par une distribution vocale séduisante et une interprétation orchestrale fabuleuse.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15520833-20780818.jpg?v=1499553120" alt=""Carmen" punie ou l'opéra mal aimé au Festival d'Aix" title=""Carmen" punie ou l'opéra mal aimé au Festival d'Aix" />
     </div>
     <div>
      Sur le papier, l'idée semble irrésistible : qui ne voudrait profiter d'une relecture scénique originale (pour en renouveler l'approche) du chef-d'œuvre de Georges Bizet créé en 1875 à l'Opéra Comique ? Ne s'agit-il pas de l'un de ces rares opéras dont chacun peut citer (voire chanter) tel ou tel air devenu un hit : &quot;L'amour est un oiseau rebelle&quot; - autoportrait livré par la gitane à l'acte un – ou l'air de Don José, amoureux qui vole de déconvenue en déconvenue (&quot;La fleur que tu m'avais jetée&quot;) ?       <br />
              <br />
       Très connue, trop connue selon le metteur en scène russe, cette œuvre - qu'il a longtemps refusée de son propre aveu - serait pleine de &quot;curiosités touristiques&quot;, de &quot;poncifs mièvres&quot;, bref &quot;un mythe&quot; qui ne parlerait plus du tout à notre modernité &quot;amère&quot; et sans &quot;aucune innocence&quot;.       <br />
              <br />
       Soit. Quand le spectateur s'installe dans la belle salle à l'acoustique idéale du Grand Théâtre de Provence, c'est avec un préjugé favorable qu'il découvre le décor d'un salon aux fauteuils et au plafonnier sans style déterminé et aux murs revêtus de ce marbre rosé dont on habillait les bâtiments fonctionnels dans les années soixante, avec sorties de secours signalées (on ne sortira pas de cette prison mentale).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15520833-20780846.jpg?v=1499553247" alt=""Carmen" punie ou l'opéra mal aimé au Festival d'Aix" title=""Carmen" punie ou l'opéra mal aimé au Festival d'Aix" />
     </div>
     <div>
      Comme ce spectateur est un amateur éclairé qui ne voudrait pas passer à côté d'une intention scénique peut-être inspirée quoique annoncée difficile, il lit la note d'intention du livret (dont certaines expressions sont citées ci-dessus). Elle est titrée par le metteur en scène russe &quot;Vivre intensément&quot; (p. 15).       <br />
              <br />
       Et c'est là que le bât blesse pendant au moins la première partie du spectacle (comprenant les trois premiers actes), avant l'entracte où le spectateur risque d'éprouver un ennui mortel. Vivre intensément cette œuvre (délectable ailleurs) ne sera guère aisé. La faute à un récit-cadre inventé par Tcherniakov qui imagine qu'un couple recourt à la troupe d'acteurs (ou de patients, on ne saura jamais) d'une clinique censée redonner le goût de vivre et son appétence sexuelle au mari.        <br />
              <br />
       Ainsi, ils sont tous invités à se glisser dans les personnages de l'opéra en costumes de ville sur lequel une étiquette signale leur nom d'emprunt. Recourant aux procédés du vaudeville, les faux Don José ou Morales lisent les didascalies du livret de l'opéra voire leurs paroles. Un peu comme des enfants et leur &quot;on dirait que nous sommes à Séville et…&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15520833-20780863.jpg?v=1499553304" alt=""Carmen" punie ou l'opéra mal aimé au Festival d'Aix" title=""Carmen" punie ou l'opéra mal aimé au Festival d'Aix" />
     </div>
     <div>
      Plus grave. Le directeur de la clinique (rôle d'un acteur) intervient sans arrêt pour dissiper l'illusion théâtrale et interdire tout envol lyrique : pas question avec Tcherniakov de se laisser aller à apprécier le spectacle - puisque le génie de Bizet déborde en permanence la vision peine-à-jouir du metteur en scène. Et ce n'est pas une grotesque intervention d'un (faux) GIGN sur scène (sans aucune justification dans l'histoire réécrite) qui effacera cette impression pénible d'une production laborieuse, conçue contre l'opéra plutôt que pour lui.       <br />
              <br />
       Ce retour constant à la réalité prosaïque a également des conséquences regrettables sur les chanteurs, réduits à ne pas épouser la cause de leurs personnages avant le dernier acte (le plus intéressant dans ce naufrage). Demeure l'impression que le ténor Michael Fabiano chante trop fort dès qu'il devient Don José, comme s'il lui fallait rattraper le temps perdu (sans parler de sa diction assez problématique).        <br />
              <br />
       La superbe Stéphanie d'Oustrac, qui a les qualités idoines pour donner une Carmen d'anthologie avec son mezzo moiré et brillant et sa personnalité fantasque, ne peut défendre de manière continue un personnage qu'on lui propose de quitter sans cesse. La proposition de Tcherniakov se résume vite à un enjeu d'occupation du plateau : qui veut rester à tout prix (Don José), qui veut déserter mais en est empêchée (Carmen), qui peut y faire effraction (tout le monde).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15520833-20782926.jpg?v=1499585360" alt=""Carmen" punie ou l'opéra mal aimé au Festival d'Aix" title=""Carmen" punie ou l'opéra mal aimé au Festival d'Aix" />
     </div>
     <div>
      Comme la fille qui se mue épisodiquement en Carmen, on ressent une impression d'étouffement dans un espace restreint ; sensation qui s'impose irrémédiablement - mais sans la cruauté effective voulue. C'est pour cela que le metteur en scène russe passe à côté de sa volonté de relecture vertigineuse de l'opéra. Le récit promet une explication finale pleine de menaces apparemment effrayantes (mais tues) aux événements, et celle-ci ne survient jamais. Ce n'était qu'un &quot;jeu&quot; : tout ça pour ça ?       <br />
              <br />
       Heureusement les seconds rôles (moins affectés par la durée dramaturgique) sont souvent excellents (Gabrielle Philiponet/Frasquita, Virginie Verrez/Mercedes, Christian Helmer/Zuniga) comme le chœur Aedes, vraiment délectable. Le travail effectué avec Mathieu Romano est décidément remarquable. L'autre grand bonheur de la soirée, c'est l'Orchestre de Paris. En petite formation (telle qu'à la création en 1875), les solistes et les pupitres excellent sous la direction passionnante de Pablo Heras-Casado, brodant une soierie raffinée et riche, neuve à l'oreille pour cette partition. C'est de la fosse que viendront les rares frissons chichement consentis par ce spectacle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15520833-20782938.jpg?v=1499585396" alt=""Carmen" punie ou l'opéra mal aimé au Festival d'Aix" title=""Carmen" punie ou l'opéra mal aimé au Festival d'Aix" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 4 juillet au 20 juillet 2017.</span>       <br />
       Grand Théâtre de Provence.       <br />
       380, avenue Max-Juvénal Aix-en-Provence.       <br />
       Tél. : 08 20 922 923.       <br />
       <a class="link" href="http://festival-aix.com/fr" target="_blank">&gt;&gt; festival-aix.com</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Carmen&quot; (1875).</b>       <br />
       Opéra-comique en 4 actes et en langue française.       <br />
       Musique de G. Bizet.       <br />
       Livret de H. Meilhac et L. Halévy.       <br />
       Dialogues parlés réécrits par D. Tcherniakov.       <br />
       Durée : 3 h avec un entracte.       <br />
              <br />
       Pablo Heras-Casado, direction musicale.       <br />
       Dmitri Tcherniakov, mise en scène, décors et costumes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15520833-20782966.jpg?v=1499585701" alt=""Carmen" punie ou l'opéra mal aimé au Festival d'Aix" title=""Carmen" punie ou l'opéra mal aimé au Festival d'Aix" />
     </div>
     <div>
      Gleb Filshtinsky, lumières.       <br />
       Stéphanie d'Oustrac, Carmen.       <br />
       Michael Fabiano, Don José.       <br />
       Elsa Dreisig, Micaëla.       <br />
       Michael Todd Simpson, Escamillo.       <br />
       Gabrielle Philiponet, Frasquita.       <br />
       Virginie Verrez, Mercédès.       <br />
       Christian Helmer, Zuniga.       <br />
       Pierre Doyen, Moralès.        <br />
       Guillaume Andrieux, Le Dancaïre.       <br />
       Mathias Vidal, Le Remendado.       <br />
       Chœur Aedes.       <br />
       Mathieu Romano, Chef de chœur.       <br />
       Maîtrise des Bouches-du-Rhône.       <br />
       Samuel Coquard, Chef de chœur.       <br />
       Orchestre de Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/15520833-20780818.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>Un désopilant "Médecin malgré lui" à Genève</title>
   <pubDate>Thu, 14 Apr 2016 09:16:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le Grand Théâtre de Genève programme pour deux soirées encore une œuvre de Charles Gounod, "Le Médecin malgré lui", trop rarement montée et excellemment servie par la malicieuse production de Laurent Pelly. Avec une distribution ad hoc emmenée par le génial Boris Grappe dans le rôle de Sganarelle, le rire et la fantaisie sont au rendez-vous.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9308310-14877179.jpg?v=1460630111" alt="Un désopilant "Médecin malgré lui" à Genève" title="Un désopilant "Médecin malgré lui" à Genève" />
     </div>
     <div>
      Charles Gounod compose dans la fièvre son &quot;Faust&quot; quand le directeur du Théâtre Lyrique à Paris lui demande de reporter son grand œuvre (un opéra sur le même sujet est sur le point d'être monté à Paris) et de s'intéresser à la pièce de Molière &quot;Le Médecin malgré lui&quot;. Quelque peu désabusé, le compositeur français s'attelle malgré tout à la tâche, confiant à ses librettistes Jules Barbier et Michel Carré le livret. Le texte de Molière sera presque entièrement conservé avec les adaptations d'usage.       <br />
              <br />
       Ce sera le festival des premières fois pour Gounod : première œuvre comique, premier succès public et critique à la création le 15 janvier 1858 (le jour-anniversaire de la naissance de Molière) et l'adoubement des meilleurs compositeurs - Berlioz en tête qui y voit &quot;un vrai petit chef-d'œuvre de goût, d'esprit, de verve et d'atticisme musical&quot;. Excusez du peu. Il faut dire que cet opéra-comique est une pure réussite et se défend encore admirablement aujourd'hui (à l'écoute aucunement démodé), contrairement à nombre d'œuvres de style léger récemment exhumées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9308310-14878283.jpg?v=1460635938" alt="Un désopilant "Médecin malgré lui" à Genève" title="Un désopilant "Médecin malgré lui" à Genève" />
     </div>
     <div>
      Grâce en soit rendu au génie universel de Molière - et la farce est fort bonne -, à une partition qui (de l'aveu même de Gounod) est <span style="font-style:italic">&quot;d'une allure facile et légère&quot;</span> proche de l'opera buffa italien mais bien dans l'esprit français. Le genre de l'opéra bouffe français renoue alors avec ce &quot;Médecin&quot; avec la réussite des plus grands mais avec des passages pastichant avec esprit Lully et une orchestration subtile, entre grâce et burlesque, frappée au coin des créations symphoniques antérieures du compositeur.       <br />
              <br />
       Gounod, comique ? Eh oui. Et quand la gaieté spirituelle de l'opéra rencontre pour la servir l'invention d'un metteur en scène comme Laurent Pelly et l'énergie non moins talentueuse de ses interprètes, que demande le peuple ? Avec une scénographie exemplaire et les moyens modernisés inspirés du théâtre de tréteaux, le metteur en scène trouve la bonne recette pour servir au public le plus délicieux des remèdes et l'on s'amuse franchement aux péripéties endiablées des aventures de ce pauvre Sganarelle, fagotier devenu médecin par la force d'un (heureux) retour de coups de bâton. L'amour, l'humour médecin, c'est le credo moliéresque heureusement revisité. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9308310-14879218.jpg?v=1460636564" alt="Un désopilant "Médecin malgré lui" à Genève" title="Un désopilant "Médecin malgré lui" à Genève" />
     </div>
     <div>
      Boris Grappe est un Sganarelle supérieurement doué <span style="font-style:italic">(1)</span>. Sa vis comica, le talent de baryton, tout concourt chez lui à nous enchanter - avec l'impression qu'on n'avait pas vu une telle réussite d'incarnation depuis longtemps. La Martine de Ahlima Mhamdi (son épouse excédée) et le Géronte de Franck Leguérinel sont au diapason. Le ténor Stanislas de Barbeyrac joue avec gourmandise les amoureux transis et la direction de Sébastien Rouland souligne avec jubilation les pleins et déliés d'une œuvre qui se veut pure ligne dédiée au rire musical - bien servi, il est vrai, par un orchestre et un chœur idoines.       <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Selon l'aveu même de Gounod, trouver l'interprète idéal est vital car sinon &quot;l'attrait de l'exécution se réduit à peu de chose&quot;. Jugement sévère mais qui explique, selon lui, l'absence avérée de l'opéra dans les programmations des théâtres après sa création (2).        <br />
       (2) &quot;Le Médecin malgré lui&quot; sera repris deux fois en 1872 et en 1978 dans sa version originale.</span>       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">14 et 16 avril 2016 à 19 h 30.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9308310-14879357.jpg?v=1460637243" alt="Un désopilant "Médecin malgré lui" à Genève" title="Un désopilant "Médecin malgré lui" à Genève" />
     </div>
     <div>
      Retransmission le <span class="fluo_jaune">14 mai 2016 à 20 h</span> dans l'émission &quot;À l'opéra&quot; sur Espace 2 - RTS (Fréquences FM 100.1 et 100.7).       <br />
       <a class="link" href="http://www.rts.ch/espace-2/programmes/" target="_blank">&gt;&gt; rts.ch/espace-2/</a>       <br />
              <br />
       Grand Théâtre de Genève - Opéra des Nations.        <br />
       40, avenue de France, Genève (Suisse).       <br />
       Tél. : + 4122 322505.        <br />
       <a class="link" href="http://www.geneveopera.ch/" target="_blank">&gt;&gt; geneveopera.ch</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Le Médecin malgré lui&quot; (1858).</b>       <br />
       Musique de Charles Gounod (1818-1893).       <br />
       Livret de Jules Barbier et Michel Carré d'après la pièce de Molière.       <br />
       En français surtitré en français et en anglais.        <br />
       Durée : 1 h 30 sans entracte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9308310-14879577.jpg?v=1460637862" alt="Un désopilant "Médecin malgré lui" à Genève" title="Un désopilant "Médecin malgré lui" à Genève" />
     </div>
     <div>
      Sébastien Rouland, direction musicale.       <br />
       Laurent Pelly, mise en scène et costumes.       <br />
       Chantal Thomas, décors.       <br />
       Joël Adam, lumières.        <br />
              <br />
       Franck Leguérinel, Géronte.       <br />
       Clémence Tilquin, Lucinde.       <br />
       Stanislas de Barbeyrac, Léandre.       <br />
       Boris Grappe, Sganarelle.       <br />
       Ahlima Mhamdi, Martine.       <br />
       Doris Lamprecht, Jacqueline.       <br />
       José Pazos, Lucas.       <br />
       Nicolas Carré, Valère.       <br />
       Romaric Braun, Monsieur Robert.       <br />
              <br />
       Orchestre de la Suisse Romande.       <br />
       Chœur du Grand Théâtre de Genève.       <br />
       Alan Woodbridge, Chef de chœur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/9308310-14877179.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-desopilant-Medecin-malgre-lui-a-Geneve_a1580.html</link>
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   <title>Une "Manon" pas tout à fait idéale à Marseille</title>
   <pubDate>Mon, 12 Oct 2015 06:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Bilan de la nouvelle production de la "Manon" de Jules Massenet à l'Opéra de Marseille… Avec de bons seconds rôles et un Chevalier Des Grieux à la fougue charmante servis par une mise en scène classique, le spectacle ne convainc pourtant pas tout à fait. C'est que la Manon de Patrizia Ciofi présentait, en cette avant-dernière, de vrais signes de fatigue.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8374841-13130643.jpg?v=1444576617" alt="Une "Manon" pas tout à fait idéale à Marseille" title="Une "Manon" pas tout à fait idéale à Marseille" />
     </div>
     <div>
      Quand cet opéra-comique, dont la composition a nécessité deux ans, est créé à Paris en 1884, Jules Massenet a quarante-deux ans et il croule sous les honneurs. Quelque vingt ans plus tard, sa &quot;Manon&quot; (d'après le roman de l'abbé Prévost) a atteint la cinq-centième représentation. L'œuvre a donc incontestablement marqué son époque. Si on peut préférer, parmi ses vingt-cinq opéras, &quot;Werther&quot; qui voit le jour en 1886 (mais créé à Vienne seulement en 1892), on reste tout de même aujourd'hui un peu perplexe devant les œuvres de celui qu'on présente souvent comme le parangon du style français après Gounod.       <br />
              <br />
       Une révolution européenne n'est-elle pas en cours ? &quot;Parsifal&quot; n'a-t-il pas été créé en 1882 ? Continuation de la tradition contre révolution formelle du &quot;Gesamkunstwerk&quot; <span style="font-style:italic">(1)</span>, personnages mignards versus héros mythiques, il faut que la musique de Massenet ait bien du talent pour qu'elle ait surnagé dans les eaux torrentielles des générations.       <br />
              <br />
       C'est bien ce que l'on constate à Marseille où de nombreux éléments concourent à la réévaluation du compositeur français quelques années, après le flop de la production de Coline Serreau avec Nathalie Dessay à l'Opéra de Paris - et le triomphe du &quot;Werther&quot; mis en scène par Benoît Jacquot.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8374841-13130796.jpg?v=1444576795" alt="Une "Manon" pas tout à fait idéale à Marseille" title="Une "Manon" pas tout à fait idéale à Marseille" />
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      Cette &quot;Manon&quot; a tout en effet de l'opéra populaire réussi : une orchestration délicate au service d'une musique efficace, des airs devenus de véritables hits (&quot;Fuyez douce image&quot;), des personnages aimables - quoique démodés -, une histoire qui passe sans coup férir de la comédie au mélo tire-larmes, et surtout &quot;un ballet de l'opéra&quot; à l'acte III <span style="font-style:italic">(2)</span>. Dans la mise en scène élégante et épurée de Renée Auphan (assistée de Yves Coudray) et avec des costumes particulièrement somptueux (dus à Katia Duflot), les chanteurs évoluent dans une série de tableaux qui évoquent Watteau et parfois Fragonard. C'est de fort bon goût - quoique très sage <span style="font-style:italic">(3)</span>.       <br />
              <br />
       Les seconds rôles masculins et féminins sont presque tous parfaits : la soprano Jennifer Michel (Poussette), la mezzo Antoinette Dennefeld (Javotte), le baryton Étienne Dupuis - un excellent Lescaut roué et charmeur -, le ténor Rodolphe Briand en burlesque Guillot de Morfontaine bientôt fou de jalousie et la basse Nicolas Cavallier dans le rôle du Père, silhouette noire et voix puissante incarnant sans peine l'ordre moral.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8374841-13130836.jpg?v=1444577603" alt="Une "Manon" pas tout à fait idéale à Marseille" title="Une "Manon" pas tout à fait idéale à Marseille" />
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      En Des Grieux, le ténor Sébastien Guèze confirme tout le bien qu'on pense de lui : un chanteur au grand avenir dont la jeunesse, la fougue naturelle, le charme romantique et la voix lumineuse au timbre irrésistible déclenchent sans peine l'enthousiasme. Et ceci bien qu'il soit parfois mis en difficulté par un chef à la direction aberrante. Désorganisation de certains pupitres (en particulier les vents et les cuivres) dès l'acte un, tempi modifiés en dépit du bon sens, voix couvertes parfois par l'orchestre, ce n'est pas le Massenet orfèvre-mélodiste qu'il nous est donné d'entendre.       <br />
              <br />
       La Manon de la soprano italienne Patrizia Ciofi en cette matinée de dimanche est en outre vocalement fatiguée. Si la chanteuse est si bonne actrice qu'on lui donnerait de bonne foi facilement vingt ans de moins dans ce rôle qu'on dirait écrit pour elle, certains passages - comme la romance de l'acte II, &quot;Adieu notre petite table&quot; - sont franchement pénibles. L'aigu encore facile dans les airs où le personnage est étourdi et léger, c'est le médium qui semble particulièrement entamé quand il s'agit d'exprimer toute l'émotion du personnage - compromettant la ligne de chant. 
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8374841-13130870.jpg?v=1444577921" alt="Une "Manon" pas tout à fait idéale à Marseille" title="Une "Manon" pas tout à fait idéale à Marseille" />
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      Mais avouons que le couple qu'elle forme avec Des Grieux fonctionne admirablement. À l'acmé de l'œuvre, dans la scène de retrouvailles à Saint-Sulpice, les deux chanteurs déchaînent l'émotion. L'entente entre ces deux-là est évidente - ces quasi trois heures de spectacle ont semblé finalement durer un instant. C'est bien la morale mélancolique de &quot;Manon&quot;.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Notes :       <br />
       (1) Ou &quot;Œuvre d'art totale&quot;, concept théorisé par Richard Wagner pour ses opéras.       <br />
       (2) C'est justement parce que le compositeur refusait d'insérer un ballet dans &quot;Tannhäuser&quot; que l'opéra de Wagner fut la victime d'une cabale à Paris en 1861.        <br />
       (3) Il faudrait peut-être arrêter de faire glousser hystériquement les figurantes et choristes pour animer la fête au Cours-la-Reine, c'est tarte. Et faire grimper sur une table l'héroïne pour son fameux air &quot;Profitons bien de la jeunesse&quot; a déjà été vu mille fois.       <br />
              <br />
       Spectacle vu le 4 octobre 2015.</span>
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8374841-13131162.jpg?v=1444580918" alt="Une "Manon" pas tout à fait idéale à Marseille" title="Une "Manon" pas tout à fait idéale à Marseille" />
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      Alexander Joël, direction musicale.       <br />
       Renée Auphan, Yves Coudray, mise en scène.       <br />
       Jacques Gabel, décors.       <br />
       Katia Duflot, costumes.       <br />
       Roberto Venturi, lumières.       <br />
       Julien Lestel, chorégraphie.       <br />
              <br />
       Patrizia Ciofi, Manon Lescaut.       <br />
       Jennifer Michel, Poussette.       <br />
       Antoinette Dennenfeld, Javotte.       <br />
       Jeanne-Marie Lévy, Rosette.       <br />
       Laurence Stevaux, Une Servante.       <br />
       Brigitte Hernandez, Une Vieille Femme.        <br />
       Sébastien Guèze, Chevalier Des Grieux.       <br />
       Étienne Dupuis, Lescaut.       <br />
       Nicolas Cavallier, Le Comte Des Grieux.       <br />
       Christophe Gay, De Brétigny.       <br />
       Rodolphe Briand, Guillot de Morfontaine.       <br />
       Patrick Delcour, L'Hôtelier.       <br />
              <br />
       Orchestre et Chœur de l'Opéra de Marseille.       <br />
       Emmanuel Trenque, Chef de chœur.       <br />
       Compagnie Julien Lestel.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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