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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>Le soir, lorsque la nuit tombe et que les souvenirs se réveillent…</title>
   <pubDate>Tue, 21 Nov 2017 10:07:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Ludivine Picot</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans sa pièce "Les bonnes", Jean Genet met en scène deux sœurs qui sont, toutes deux, bonnes au service de Madame. L'action dégénère et les deux femmes se retrouvent rapidement à orchestrer le meurtre de Madame. Le roman "Le journal d'une femme de chambre" d'Octave Mirbeau serait comme un avant-propos qui aurait été édifié une cinquantaine d'années plus tôt. Une sorte d'introduction pointant du doigt les conditions de vie des domestiques et leurs ressentis, les expliquant et peut-être même les comprenant…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18346874-22548110.jpg?v=1511255386" alt="Le soir, lorsque la nuit tombe et que les souvenirs se réveillent…" title="Le soir, lorsque la nuit tombe et que les souvenirs se réveillent…" />
     </div>
     <div>
      Célestine est femme de chambre. Ce n'est pas un simple travail, une fonction ; c'est un statut, sa condition. Être femme de chambre la définit. La journée se termine. Célestine et sa petite sœur se recueillent dans leur chambre. L'une prie, l'autre danse. Ce que l'une évacuera par la parole, l'autre le fera passer par le corps. L'expression corporelle se fait l'extension du langage. Vient alors l'heure de se coucher.       <br />
              <br />
       Dans l'intimité de sa chambre, une femme de chambre raconte. Elle conte les histoires de sa vie, parmi des familles, parmi des maisons différentes. À ces récits enchevêtrés, se mêlent des voix, se dressent des visages, s'élèvent des monuments passés. Tout un décor se construit, mettant en scène les diverses figures croisées par Célestine. Celle-ci évolue dans sa chambre comme les souvenirs traversent sa mémoire.       <br />
              <br />
       L'espace aménagé se fait le théâtre des histoires de Célestine. Elle endosse une vieille cape et un masque et prend ainsi les traits de la mercière, cette bonne femme qui ne cesse de dispenser ses potins à toutes les oreilles qui voudront bien s'y intéresser. Elle ôte cet accoutrement pour s'affaisser sur une canne, singeant la démarche d'un de ses anciens maîtres.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18346874-22548127.jpg?v=1511255424" alt="Le soir, lorsque la nuit tombe et que les souvenirs se réveillent…" title="Le soir, lorsque la nuit tombe et que les souvenirs se réveillent…" />
     </div>
     <div>
      D'une voix crissante, elle insulte, elle moque, elle humilie l'invisible destinataire de toute cette méchanceté. Elle représente l'ensemble de ceux qu'elle a dû servir, ceux devant qui elle s'est asservie. Elle crache sa haine, revendique sa colère, exprime tout son être.       <br />
              <br />
       Parler pour partager. Parler pour ne pas oublier. Parler pour dénoncer. Parler pour juger. Parler pour réconforter. Parler pour exister.       <br />
              <br />
       Patricia Piazza-Georget interprète tour à tour les différents noms évoqués avec une très grande sensibilité. Elle travestit sa voix et son attitude et donne vie à une multitude de nouveaux caractères. La jeune comédienne qui l'accompagne sur scène et qui endosse le rôle de sa petite sœur apporte une touche de naïveté et de légèreté. Elle est à la fois celle pour qui et par qui le personnage principal s'exprime. Elle est le témoin de récits qui ne veulent pas être oubliés. Délicatement présente sans être effacée, la jeune fille s'accorde parfaitement au tableau donné.       <br />
              <br />
       Le spectacle mêle théâtre, danse, chant. La voix qui s'élève est juste et belle. La tradition et les chants bretons sont omniprésents dans cette mise en scène. Une sorte de façon de montrer que l'on n'oublie pas d'où l'on vient. La scénographie est travaillée et précise. Les textes sont très beaux, tout en étant très simples et très violents. Ce spectacle met en scène différents moyens de création, qui rendent tous compte d'une même volonté d'expression. Un spectacle où l'émotion est le maître mot.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le journal d'une femme de chambre"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18346874-22548142.jpg?v=1511255456" alt="Le soir, lorsque la nuit tombe et que les souvenirs se réveillent…" title="Le soir, lorsque la nuit tombe et que les souvenirs se réveillent…" />
     </div>
     <div>
      D'après l'œuvre d'Octave Mirbeau.       <br />
       Libre adaptation, mise en scène, scénographie : Patricia Piazza-Georget.       <br />
       Avec : Patricia Piazza-Georget et, en alternance, Emma Brest ou Cécile Carton.       <br />
       Chorégraphies : Emmanuelle Klein et Cécile Carton.       <br />
       Lumière : Dominik Doulain.       <br />
       Costumes : Anne Poitral.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 septembre au 27 janvier 2018.</span>       <br />
       Samedi à 17 h 30.       <br />
       Théâtre Montmartre Galabru, Paris 18e, 01 42 23 15 85.       <br />
       <a class="link" href="http://theatregalabru.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatregalabru.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-soir-lorsque-la-nuit-tombe-et-que-les-souvenirs-se-reveillent_a1983.html</link>
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   <title>Billet n°3 : La maladie de l'art</title>
   <pubDate>Sun, 22 May 2011 16:34:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Octave Mirbeau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Pièce du boucher]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Octave Mirbeau, extrait d’un article (Auteurs et critiques) paru dans Le Gaulois, le 9 février 1885.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3153693-4508089.jpg?v=1311630284" alt="Billet n°3 : La maladie de l'art" title="Billet n°3 : La maladie de l'art" />
     </div>
     <div>
      […] N’entendez-vous pas, critiques indifférents, l’artiste vous dire : &quot;Voici mon œuvre, je l’ai arrachée de ma cervelle ; il y a là-dedans un peu de ma chair, un peu de mon sang, un peu de mon âme. J’y ai mis tout ce qu’il y a en moi d’effort noble et de conscience d’artiste. Durant les nuits silencieuses, j’ai travaillé, j’ai pensé, j’ai douté. Je pourrais retrouver, en cette scène, la trace des visions hallucinantes qui sont venues hanter mon cerveau et tourbillonner devant mes yeux éblouis par le rêve : je pourrais retrouver les heures d’enthousiasme fou où je me suis cru Dieu, et les heures de découragement stérile où j’ai voulu jeter au feu et disperser au vent l’œuvre commerciale. Elle renferme une parcelle de mes joies, de mes espérances, de mes souffrances aussi ; elle cache, comme l’alcôve, les amours fécondes, la pudeur de sa génération, le mystère de sa paternité. Et bien, tout cela, je vous le donne. Bonne ou mauvaise, laide ou belle, chétive ou rose de vie, c’est moi qui l’ai créée cette œuvre, c’est mon enfant. prenez-là, pensez à ce qu’elle a coûté, et ne la brisez pas comme un enfant capricieux son joujou.&quot;       <br />
              <br />
       Mais, pour agir ainsi, il faut aimer l’art jusque dans ses faiblesses et ses égarements. Il faut avoir pour lui, non pas la curiosité qu’on a pour le plaisir qui passe et ne laisse rien que le dégoût, mais le respect et l’adoration qu’on a pour ce qu’il y a de plus beau dans l’homme et de divin dans la vie. Il faut, comme le disait un grand peintre, avoir &quot;la maladie&quot; de l’art.        <br />
              <br />
       Hélas, c’est une maladie qui s’en va et dont on ne meurt plus car notre siècle possède un calmant qui l’engourdit : l’indifférence ; et une panacée qui la guérit : l’argent. Et l’art dramatique, tombé plus bas et plus vite que les autres aux mains des empiriques et des marchands n’a que la critique aveugle et vendue qu’elle mérite.        <br />
              <br />
       La critique, dans la déroute universelle où sont emportées les littératures, me fait l’effet d’un général qui, dans une bataille, voyant ses soldats fuir et jeter les armes, crierait : &quot;Bravo&quot;. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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