<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-19T17:45:23+02:00</dc:date>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-69570852</guid>
   <title>"Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !</title>
   <pubDate>Wed, 14 Dec 2022 06:51:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pièce écrite par Michel Bellier en 2014, Johanna Boyé en donne ici une version où se croisent les horreurs d'une guerre avec ses moments de solidarité et d'amitié. La truculence des personnages jouée avec bonheur par les comédiennes donne un cachet plein d'espoir à une création qui montre les coulisses du combat des droits des femmes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69570852-48629649.jpg?v=1670958834" alt=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" title=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" />
     </div>
     <div>
      Lumière sur un atelier d'usine de fabrication d'obus durant la Première Guerre mondiale. On découvre quatre caractères : Julie (Anna Mihalcea), Rose (Élisabeth Ventura), Jeanne (Brigitte Faure) et Louise (Pamela Ravassard). Elles travaillent à leurs établis. Au travers de cette scénographie, c'est un retour à l'histoire du féminisme, à ses débuts en France, avec ce qui a porté ses couleurs durant une période où la place des femmes, alors que les hommes étaient au front, était essentiel à la vie de la nation et à ses objectifs de guerre. Les combats politiques menés et gagnés sur le plan législatif n'ont toutefois pas toujours donné lieu à des faits concrets. Encore aujourd'hui, ce qui a été voté le 22 décembre 1972 pour l'égalité salariale entre les hommes et les femmes reste sans écho avec un écart de rémunération, inférieur de 22 % pour celles-ci (2019) malgré d'autres lois (2006, 2014) pour rectifier ces différences.       <br />
              <br />
       Elle est seule, Louise, à porter les valeurs du féminisme quand elle arrive dans cette usine. Puis, comme dans la théorie des dominos, elle réussit à convaincre Rose, ensuite Julie puis Jeanne qui était très récalcitrante au début. Non pas forcément par rapport aux propos qu'elle tient, même si ceux-ci trouvent une oreille au début plutôt convaincue en la personne de Rose, mitigée pour Julie et revêche pour Jeanne. Mais pour toutes, cela est ou devient une caisse de résonance à ce qu'elles vivent dans leurs vies professionnelle et personnelle, avec un époux parti en guerre. Elles incarnent aussi ce que vivent beaucoup d'autres femmes en France à ce moment-là.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69570852-48629650.jpg?v=1670958870" alt=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" title=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" />
     </div>
     <div>
      Oubliées socialement, considérées comme mineures et secondes à leurs maris, mais reines toutefois du foyer et des ménages, elles endossent le premier rôle, durant cette Première Guerre mondiale. En remplacement des hommes, elles travaillent pour faire tenir debout le pays. C'est cette situation qui fait prendre conscience à Jeanne, Julie et Rose du rôle social et injuste dont elles sont victimes. Cette focale est intéressante, car elle donne à voir de chacune un éveil à la politique plus ou moins marqué. C'est ce qui fait la force de la pièce où la nuance est aux commandes avec, dès le départ, une vision légère, grave ou rieuse de la vie portée par des personnages truculents qui baignent dans leur quotidienneté et dans une période extraordinaire, celle d'une guerre.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Johanna Boyé montre l'absence et la mort, parfois, du mari parti en guerre dans des apartés scéniques où, toujours dans l'usine, l'intime et la solitude s'y voient tout en y mêlant des temps forts de contestation, de discussion, de divergences ou de recueillement. Il y a des moments où les personnages, telles Louise et Rose, se retrouvent seuls, avec un noir sur scène, face à elle-même et à ce qu'elles vivent durant ce conflit. Ainsi des confidences sont faites de temps en temps aux autres protagonistes même si nous restons dans une relation à l'autre faite de pudeur avec ses secrets et ses non-dits. Ainsi, l'usine semble se fondre dans leurs vies personnelles comme si elles faisaient corps avec elle, car happées par le monde du travail.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69570852-48629658.jpg?v=1670958899" alt=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" title=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" />
     </div>
     <div>
      Du titre, la couleur jaune représente un &quot;poison&quot; présent dans leur travail qui imprègne leurs mains en les rendant malades. Les conditions sont harassantes et nocives. C'était aussi une époque, et Louise en fait allusion, où le gouvernement souhaitait fouler les droits du travail pour cause de guerre.       <br />
              <br />
       Nos comédiennes déploient sur scène avec gourmandise et enthousiasme un jeu qui incarne avec délice chacune de leur personnalité. Cela donne au spectacle une dynamique dramaturgique de belle composition avec quelques moments flirtant avec la spontanéité. On y surprend aussi Julie avec une élocution heureuse et un vocabulaire plutôt châtié qui rentre quelque peu en contradiction avec le fait qu'elle ne sache pas lire.       <br />
              <br />
       Le jeu avec son naturel et sa truculence sont au rendez-vous aussi bien dans les propos que les attitudes et les émotions. Nous sommes dans une dynamique où le corps et la voix se donnent équitablement la repartie. La contestation et les revendications politiques sont servies par le verbe quand le travail et le labeur sont incarnés corporellement. Au travers de gestuelles synchronisées et différentes faites en cadence pour symboliser le travail à la chaîne, c'est un ensemble de gestiques que l'on découvre derrière les établis avec des bras qui montent au-dessus des têtes ou qui miment à poser des éléments sur l'établi d'à côté.       <br />
              <br />
       Nous sommes dans des ruptures de jeu avec le corps qui, parfois, bouscule la parole. Et l'inverse aussi. Au démarrage de la pièce, Louise, Julie, Rose et Jeanne sont des individualités qui deviennent ensuite un groupe puis une équipe. Cela s'opère par étapes. Au début, quand Louise arrive, les autres protagonistes prennent la parole, à tour de rôle, presque à se finir les phrases ou à les commencer comme issues d'une même homogénéité. Puis ce sont les caractères de chacune qui apparaissent alimentés par les revendications de Louise qui laisse voir leur point de vue sur ce qu'elles vivent et sur ce qui les entoure. La solidarité est installée dès le départ, mais une bascule est opérée quand elles finissent par partager les mêmes convictions.       <br />
              <br />
       C'est une pièce intéressante avec une belle scénographie où le regard de chacune, centré sur elle-même initialement, devient excentré pour embrasser les multiples formes de ce qu'elles peuvent vivre, en ce début du siècle dernier, en tant que femmes actives, motrices, ouvertes et responsables aussi du monde qui les entoure.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les filles ont les mains jaunes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69570852-48629659.jpg?v=1670958926" alt=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" title=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Michel Bellier, publié chez Lansman Éditeur.       <br />
       Mise en scène : Johanna Boyé.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Lucia Passantini.       <br />
       Avec : Brigitte Faure en alternance avec Brigitte Damiens, Anna Mihalcea, Pamela Ravassard, Élisabeth Ventura.       <br />
       Costumes : Marion Rebmann.       <br />
       Univers sonore : Mehdi Bourayou.       <br />
       Lumières : Cyril Manetta.       <br />
       Chorégraphies : Johan Nus.       <br />
       Scénographie : Olivier Prost.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 22 septembre au 31 décembre 2022.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 19 h, dimanche à 17 h 30.       <br />
       Relâches exceptionnelles les 24 et 25 décembre 2022.       <br />
       Théâtre Rive-gauche, Paris 14e, 01 43 35 32 31.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-rive-gauche.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-rive-gauche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/69570852-48629649.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-filles-ont-les-mains-jaunes-Bonne-poigne-de-jeu-_a3472.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-6402013</guid>
   <title>"Noir de boue et d’obus"… Noirs d’Afrique et des Antilles, tous combattants pour la France</title>
   <pubDate>Mon, 10 Mar 2014 10:14:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le spectacle rend compte de "la force noire" déployée dans les tranchées pendant la première guerre mondiale où des artilleurs d’Afrique de l’Ouest étaient en première ligne pour défendre le drapeau français.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6402013-9657549.jpg?v=1394530024" alt=""Noir de boue et d’obus"… Noirs d’Afrique et des Antilles, tous combattants pour la France" title=""Noir de boue et d’obus"… Noirs d’Afrique et des Antilles, tous combattants pour la France" />
     </div>
     <div>
      La chorégraphie est découpée en différents segments artistiques, théâtre et danse se donnant la répartie. Le spectacle démarre avec des paroles lancées par un artilleur d’Afrique noire. Plainte, complainte ou revendication, l’élocution prête peu à la compréhension. Elle est surtout révélatrice d’une parole qui se perd, qui n’a pas de réponse car aucune oreille n’est à l’écoute.       <br />
              <br />
       Ce sont des séquences, des bouts de narration, des scènes de combat où la violence des mouvements est absente. Ici, c’est la violence de l’Histoire qui est mise en avant. Ce sont des mises en situations où la guerre, sans cri et sans sang, étale son drapeau. Elle transpire dans les mouvements des danseurs, dans leurs positions sur scène, dans leurs gestuelles. Nous devinons la guerre, nous la sentons car jouée et appréhendée par les danseurs.       <br />
              <br />
       Sur scène, de très beaux tableaux se déroulent dans lesquels les danseurs déploient une gestuelle physique. Il y a un parti-pris artistique de la chorégraphe, Chantal Loïal, avec une danse mondaine occidentale qui vient cohabiter avec le Sabar, danse du Sénégal, le Gwoka de la Guadeloupe et le Bèlè de la Martinique.        <br />
              <br />
       Cette mosaïque de danses &quot;exotiques&quot;, adjectif utilisé au début du siècle dernier pour désigner les danses venues du continent africain ou d’ailleurs, accompagne cette mixité des colonies dans les tranchées. Les danses accompagnent des soldats vers un même destin, celui de la Mort. Face à la Mort, les hommes sont égaux. Face à la guerre et aux tranchées, l’ont-ils été ? 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6402013-9657550.jpg?v=1394530058" alt=""Noir de boue et d’obus"… Noirs d’Afrique et des Antilles, tous combattants pour la France" title=""Noir de boue et d’obus"… Noirs d’Afrique et des Antilles, tous combattants pour la France" />
     </div>
     <div>
      Sur scène, le Sabar, danse où les membres supérieurs et inférieurs exécutent des mouvements courts et rapides, dans un rapport au sol rapide et vif, cohabite avec le Gwoka, danse où la plante des pieds au sol est &quot;glissée&quot;, dans des mouvements moins rapides.        <br />
              <br />
       Les danses sont variées comme les combattants venant de différentes contrées et qui composaient la force noire du lieutenant-colonel Mangin. &quot;La force noire&quot; de Mangin, livre écrit en 1910, a été créée pendant la 1ère guerre mondiale avec pour éléments des tirailleurs d’Afrique occidentale française. Mangin considérait que l’homme d’Afrique <span style="font-style:italic">&quot;naissait plus soldat que guerrier&quot;.</span> Chantal Loïal met en scène les noirs d’Afrique et des Antilles en compagnie des blancs de métropole dans les tranchées.        <br />
              <br />
       Les scènes sont &quot;décentrées&quot; dans son rapport à l’espace avec peu de synchronisations entre les danseurs. Ils ont leurs propres mouvements sans pour autant que le rythme ne soit bousculé entre eux. Tout est théâtral. Les marches sont autant artistiques que militaires. Les rapports entre les danseurs, dans les solos ou les danses de groupe, donnent à la chorégraphie un parfum d’individualisme, un chacun pour soi guerrier qui fait des moments de danses presque enchevêtrés entre eux comme des soldats au combat.        <br />
              <br />
       Chantal Loïal met en exergue cette mixité de conditions entre européens et soldats. L’hommage est artistiquement intéressant car elle fait de la danse le reflet d’un moment historique. Les danseurs sont surtout des danseuses. Nous pouvons aussi y voir, par extension et pour prendre une grille de lecture contemporaine, un hommage aux femmes, mises en &quot;première ligne&quot; en France, ou ailleurs, sans pour autant que leurs conditions sociales ne soient égales à celles des hommes. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Noir de boue et d’obus"</b></div>
     <div>
      &quot;Noir de boue et d’obus&quot;       <br />
       Pièce chorégraphique de la Compagnie Difé Kako.       <br />
       Directrice artistique et chorégraphe : Chantal Loïal.       <br />
       Assistante chorégraphique : Julie Sicher.       <br />
       Avec : Louise Crivellaro, Mariama Diedhiou, Alseye Ndao, Julie Sicher.       <br />
       Costumes : Michèle Sicher.       <br />
       Compositeur : Pierre Boscheron.       <br />
       Créateur lumière/vidéaste : Stéphane Bottard.       <br />
       Collaboration artistique : Delphine Bachacou, Fanny Vignals, Vincent Byrd Le Sage et Matthias Groos.       <br />
       Durée : 55 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       20 et 21 mars 2014 : La Merise, Trappes (78).       <br />
       10 et 11 avril 2014 : La Maison des Arts, Lingolsheim (67).       <br />
       29 et 30 avril 2014 : CMAC, Fort de France (Martinique).       <br />
       6 mai 2014 : à la Trinité (Martinique).       <br />
       Du 5 au 27 juillet 2014 : Théâtre Golovine, Festival Off d’Avignon (84).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/6402013-9657549.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Noir-de-boue-et-d-obus-Noirs-d-Afrique-et-des-Antilles-tous-combattants-pour-la-France_a1079.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
