<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-11T05:40:27+02:00</dc:date>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-95629132</guid>
   <title>"Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…</title>
   <pubDate>Sat, 28 Mar 2026 14:48:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "Urgent crier", titre d'un recueil de poèmes d'André Benedetto fondateur du Festival OFF d'Avignon, pourrait s'appliquer à ce triptyque d'une force insoupçonnable, tant Yacine Sif El Islam - auteur, metteur en scène et acteur - habite le plateau avec une grâce (poétique) et un engagement hors norme. Faisant théâtre de vécus personnels à résonance universelle, il transcende ses expériences intimes et autres (dont celles des violences ordinaires) pour en libérer l'essence dans une anthologie de tableaux percutants.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95629132-66819962.jpg?v=1774533368" alt=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" title=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" />
     </div>
     <div>
      Convoquer trois références bibliques quand on est soi-même <span style="font-style:italic">&quot;musulman par son père, catholique par sa mère, juif par amour et athée par conviction ou par habitude&quot;</span> pourrait à plus d'un titre résonner comme une sacrée provocation… si ce n'est que les trois stations de &quot;Spécimen&quot; leur font écho pour dire le corps (le sien) dans tous ses états, un &quot;corps forum&quot;, fait de chair et d'esprit, un corps porte-paroles des horreurs et beautés du monde.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Ceci est mon corps…&quot;.</span> Un corps mis à mal la nuit du 2 septembre 2020, dans le quartier Saint-Jean de Bordeaux, où lui et son copain Benjamin furent victimes de la lame déchirant le visage de l'un et l'épaule de l'autre. <span style="font-style:italic">&quot;Deux pédés viennent de se faire poignarder&quot;…</span> Ainsi s'ouvre, avec une précision quasi chirurgicale, &quot;Sola Gratia&quot; premier volet de &quot;Spécimen&quot; qui, tout au long de son déroulé, verra Benjamin de dos tisser les perles rouge-sang de sa déclaration inscrite virtuellement sur le blanc d'un tableau où se détachent les questions décomplexées du brigadier-chef chargé de prendre sa déposition.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95629132-66819982.jpg?v=1774533414" alt=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" title=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" />
     </div>
     <div>
      Plaies à vif déchirant la chair de deux homos au faciès basané (double peine), blessures précédées et suivies par d'autres. Blessures morales à répétition infligées par ceux qui, victimes eux-mêmes du racisme ordinaire et/ou du rejet de classe, transforment la violence subie en agressivité dirigée vers des cibles toutes désignées pour les conservatismes ambiants. Ou encore blessures morales (quand elles ne sont pas physiques…) infligées par ceux qui, revêtus de l'uniforme des forces de l'Ordre et confortés par le fantasme d'éduquer, s'autorisent en toute impunité les humiliations et vexations de tous ordres, comme le tutoiement ou l'imitation grotesque des youyous… <span style="font-style:italic">&quot;On va t'apprendre ce qu'est la France&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Quelle que soit l'intensité de la violence encapsulée dans ces faits divers vécus, elle est transcendée ici par l'interprétation de l'homme-acteur, qui, tout en l'incarnant sans frein, la distancie pour en faire un lieu ouvrant sur des horizons plus vastes… <span style="font-style:italic">&quot;Les flics et nos agresseurs se ressemblent. La même haine larvée. Dans leurs regards, la même hostilité. Dans ma tête, un vrai bordel&quot;…</span> Un remue-méninge chargé de multiples ramifications qui l'amèneront à parcourir en cauchemar éveillé les sévices subis par ceux qui finissent leur existence de &quot;sous-hommes&quot; dans le charnier-Méditerranée, mais aussi un remue-méninge qui le reconduira entre autres à ce matin, dans Barbès désert, où il fut la cible d'un contrôle d'identité particulièrement musclé.       <br />
              <br />
       Quand on est viscéralement acteur sur scène, mais aussi de son existence, la mémoire est ainsi faite que, pour libérer les traumatismes qu'elle retient accrochée dans ses mailles, elle a recours à la poésie des mythes. Yacine se revêtira alors de la pelure de Cassandre, devenant l'être violenté par Ajax… Sous les notes aériennes s'échappant du clavier de Benjamin Ducroq, Cassandre offrant un baiser au bel Apollon attiré lui aussi par sa beauté… Cassandre se refusant ensuite à lui, avec au bout l'éternelle et même peine, l'abandon et le refus d'être crue, l'errance parmi les siens… Et puis, comme une plongée en apnée, l'atmosphère brûlante d'une nuit d'été madrilène… Ou encore, dix années auparavant – il venait d'avoir quinze ans – quelque part dans le sud de la France, ce bar à bières qui scella son destin, et dont il ne peut, ni ne veut, livrer le parfum entêtant… Un itinéraire complexe, d'où surgira la question existentielle et sa réponse englobant la complexité du monde qu'il porte en lui, victime et bourreau tour à tour. Ainsi se conclut &quot;Sola Gratia&quot; et son écriture irradiante.       <br />
              <br />
       &quot;Agnus dei&quot;, deuxième volet, élargit l'expérience de la violence à l'ensemble du corps social. Se remémorant un premier fait divers vécu dans son enfance, il raconte comment cet idiot du village de la Haute-Saône – paysage tranquille de champs de pommes de terre – avait été tué d'un coup de couteau par un honnête villageois l'ayant surpris à commettre l'un de ses innocents larcins. Et comment tout le village, au procès du tueur, était venu soutenir d'une seule voix le tueur en chargeant la victime de tous les maux… Et Yacine, yeux dans les yeux, face à nous, d'énoncer avec une force tranquille détonnant avec la violence du message délivré : <span style="font-style:italic">&quot;Voilà d'où je viens, voilà d'où nous venons. Nous avons tué et nous tuons. Nous brûlons des femmes sur les trottoirs de Mérignac. Nous sommes tueries…&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95629132-66820106.jpg?v=1774533805" alt=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" title=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" />
     </div>
     <div>
      Se dépouillant alors de tous vêtements, apparaissant dans la vulnérabilité de celui qu'aucun habit ne protège, l'acteur nu va livrer avec une armure dissimulant l'adversaire invisible, un étrange ballet, celui du colonisateur armé et du colonisé offert à sa cruauté… Le mal et sa banalité, l'acte sacrificiel où le mouton (noir… lui) est promis aux pires outrages avant d'être promu en symbole de paix.       <br />
              <br />
       Quand, il &quot;quittera ses habits d'acteur&quot; – déjà nu – pour s'adresser au public sur le ton de la confidence personnelle (l'épisode de l'Aïd où l'une de ses grands-mères cuisinait &quot;l'agneau de la paix&quot;, plat qui sera offert au public), l'intensité dramatique s'en trouvera altérée, tant, jusque-là, elle était à son summum… pour très vite rebondir au travers d'un autre épisode historique, celui d'un homosexuel déporté ayant eu à subir devant les autres prisonniers impuissants, nu et seau de fer blanc sur la tête, l'assaut des bergers allemands le mordant à mort et lacérant ses chairs. Une victime sacrificielle dont les cris de douleur résonnent jusqu'à nous… comme ceux encore des victimes innocentes du 7 octobre, <span style="font-style:italic">&quot;corps massacrés, corps humiliés, corps désintégrés&quot;</span> (répétés en boucle).       <br />
              <br />
       &quot;Gloria mundi&quot;, troisième volet du triptyque, rend – en décalé – un hommage à l'art éphémère par nature, car si &quot;tout est vanité&quot; à quoi bon persister dans cette voie sans issue… Tout de blanc vêtu, suspendu à un filin et juché sur un petit escabeau, l'artiste faisant – non sans humour – référence à l'Ecclésiaste offre son corps promis à la décomposition. Faisant œuvre de ce corps artistique en sursis, il convoque la dérision pour exorciser la violence de cette situation dans des références à l'Ecclésiaste, revues et corrigées. Ainsi de la harangue rageuse qu'il s'adresse, se conspuant en termes de bas étage, lui l'artiste sous l'emprise de la vanité.       <br />
              <br />
       Suivra une douleur originelle, inscrite dans son corps d'homme, qu'il confiera en remettant en jeu la mort de ses deux petites sœurs, noyées avant d'être nées dans le ventre de leur mère. Convoquant la chanson de variété, il va – à tue-tête – chanter la mort qui les a assassinées provoquant à jamais la douleur de sa mère et la sienne. Dans le même temps, viendra le moment de remonter aux origines de son prénom, à ce prénom qui lui a été attribué et qui fait corps avec lui – le nom d'un village martyr palestinien massacré le 9 avril 1948 – et d'entendre, ici et maintenant, au travers de ses paroles présentes, résonner la douleur insupportable des femmes de Gaza, de Marioupol ou de Téhéran, nous qui, comme lui, n'avons pas à mourir ce soir, protégé par le dôme de la salle de spectacle.       <br />
              <br />
       Traversée fulgurante des violences ordinaires et/ou systémiques, &quot;Spécimen&quot; résonne comme un chant tragique où l'artiste et l'homme ne faisant qu'un unissent leur voix pour faire entendre l'indicible. Celui des violences endémiques détruisant les existences, individuelles et collectives, dans l'indifférence partagée. Il en résulte un choc… éblouissant.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 17 mars 2026 au Studio de création du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine, Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Spécimen"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95629132-66820262.jpg?v=1774534743" alt=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" title=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" />
     </div>
     <div>
      <b>Création de &quot;Sola Gratia&quot; en 2021, &quot;Agnus dei&quot; en 2025, &quot;Gloria mundi&quot; en 2026.</b>       <br />
       Représentation des trois ensemble pour la première fois au tnba.       <br />
       Conception et texte : Yacine Sif El Islam.       <br />
       Mise en scène : Yacine Sif El Islam.       <br />
       Avec : Yacine Sif El Islam, Stan Briche, Mario De Miguel Conde, Benjamin Yousfi et Benjamin Ducroq.       <br />
       Avec la voix de Stéphanie Moussu.       <br />
       Création sonore : Benjamin Ducroq.       <br />
       Création lumière : Chloé Agag.       <br />
       Production : Groupe Apache, tnba - Théâtre national Bordeaux Aquitaine, Maison Maria Casarès.       <br />
       Durée : 2 h (3 x 40 minutes).       <br />
       À partir 16 ans (présence de nudité au plateau).       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 17 au 20 mars 2026 au Studio de création du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine (33).</b>       <br />
       Le texte &quot;sola gratia&quot; est publié aux Éditions Komos Structura.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95629132-66819962.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Specimen-Sola-Gratia-Agnus-dei-Gloria-mundi-Portrait-en-3D-d-un-homme-artiste-Urgent-creer-Urgent-crier_a4514.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-93380420</guid>
   <title>"Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté</title>
   <pubDate>Fri, 26 Dec 2025 12:47:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Quand on est fille d'un commandant de navire, devenu aphasique après une mystérieuse rencontre dans le grand large liquide, et que l'on est soi-même aux commandes d'un équipage exclusivement composé d'hommes, l'héritage peut s'avérer agité… comme l'est l'océan soumis au flux et reflux des vagues venues des tréfonds sous-marins. À partir du roman éponyme de Mariette Navarro, le Théâtre des Chimères (nom bienvenu…) porte au plateau la quintessence de ces correspondances troublantes en confiant à une comédienne idoine le "double jeu" d'être indifféremment la commandante du cargo et la voix d'une narratrice tout aussi troublée que le personnage qu'elle est censée incarner.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93380420-65283616.jpg?v=1766751093" alt=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" title=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" />
     </div>
     <div>
      Parfois, il suffit d'un minuscule et imprévisible grain de sable pour faire dérailler les existences les mieux réglées… Le jour où son équipage émet l'envie innocente, non de larguer les amarres, mais de jeter l'ancre en pleine mer le temps de profiter des douceurs d'un bain, et qu'une voix inconnue, venue des profondeurs d'elle, l'entend dire &quot;d'accord&quot;, l'horlogerie interne du monde qu'elle s'est construit va se dérégler… amenant les spectateurs – aspirés par l'inquiétante étrangeté désormais à l'œuvre – à dériver avec elles (le personnage et la narratrice) aux confins des mondes réel et fantasmé confondus dans la même entité.       <br />
              <br />
       Faire corps avec son navire, avoir un rapport fusionnel avec cette bête de métal dont le bruit des machines résonne en elle comme les battements d'un cœur… et puis soudain être surprise, submergée, par sa voix qui – écho lointain de &quot;Mon rêve familier&quot; de Paul Verlaine – &quot;n'est ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre&quot;… comme si une dissociation entre le sujet présent et l'être de désir sommeillant en elle avait produit une brèche dans laquelle s'était engouffrée la voix du dedans… La voix du désir refoulé sous les sédiments déposés consciencieusement par une éducation si &quot;réussie&quot; qu'elle en était devenue le prolongement d'un père mythique, disparu après avoir rencontré l'indicible océanique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93380420-65283626.jpg?v=1766751112" alt=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" title=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" />
     </div>
     <div>
      Cette envie de nudité transpirant des pores de la peau des hommes enivrés par l'attrait des profondeurs marines, la douceur sensuelle du contact de l'eau sur leurs corps d'hommes rompus aux dures besognes des marins… Restée seule à bord, elle les ressent dans sa propre chair de femme… Sinon pourquoi éprouverait-elle soudain le désir irraisonnable d'aller rejoindre la couchette laissée libre par un officier, de se déshabiller et de se glisser nue dans la couche encore chaude de son absence-présence masculine ? Mais le temps de l'égarement passé, lorsque l'équipage des hommes remonte à bord, c'est la voix maîtrisée de la commandante qui leur parle, leur rappelant avec une gentillesse appuyée que c'est elle, et elle seule, qui tient la barre…       <br />
              <br />
       Sur le plateau recouvert d'une vague géante, tous ces &quot;événements&quot; – transmis au travers des regards diffractés du personnage et de la narratrice alternant leur voix dans le même corps scénique – apparaissent ourdis par le prisme déformant des sensibilités à fleur de peau, hors de toute objectivité. Et lorsque, après la parenthèse paradisiaque du bain de mer, le décompte des passagers en fait apparaître un de plus, on est propulsé aux confins du fantastique… De qui ce mystérieux passager qui s'invite à bord est-il le nom ? Est-il réel ou est-ce un rejeton fantasmé qui subvertirait le sujet pour le mettre face à face avec l'innommable d'un désir auquel on refuse tout droit de cité ? La grande agitation qui gagne l'héroïne la conduit dans la cale où se trouvent les machines. Là, dans un état proche de l'hystérie, elle s'allonge sur le dernier plancher. Elle y retrouve une étrange créature dont le cœur qui bat lui procure une brûlure intense au creux du ventre…       <br />
              <br />
       Quant à la fin du voyage, au bout de ses désirs, elle réserve d'autres péripéties révélatrices de ce qui, à la faveur de cette traversée tumultueuse, se joue et rejoue de son arrimage à la figure du père. Désir de s'en émanciper pour se délester des attachements primaires. Désir de faire advenir en elle la femme que, jusque-là, elle n'a pas osé laisser vivre… &quot;Ultramarins&quot;, un conte fabuleux servi sur un plateau par une passeuse aux pouvoirs ultra-humains.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le samedi 6 décembre 2025 au Lieu sans nom de Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93380420-65289769.jpg?v=1766840133" alt=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" title=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" />
     </div>
     <div>
      Texte : Mariette Navarro       <br />
       Adaptation : Catherine Mouriec et Patxi Uzcudun.       <br />
       Mise en scène : Patxi Uzcudun.       <br />
       Stagiaire assistante à la mise en scène : Émilie Duval.       <br />
       Avec : Catherine Mouriec.       <br />
       Création lumière : Pantxo Claverie.       <br />
       Création sonore : Karina Ketz.       <br />
       Par le Théâtre des Chimères.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       Création du spectacle, en présence de Mariette Navarro, les vendredi 28 février et samedi 1ᵉʳ mars 2025 aux Découvertes à Biarritz.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 4 au 7 décembre 2025 au Lieu sans nom, 12 rue de Lescure à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93380420-65289784.jpg?v=1766840194" alt=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" title=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       23 janvier 2026 : Le Microphone, Tarnos (40).       <br />
       14 février 2026 : Espace culturel Mendi Zolan, Festival Solo en scène, Hendaye (64).       <br />
       2 avril 2026 : Théâtre Francis Planté, Orthez (64).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93380420-65283616.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Ultramarins-Femme-au-bord-de-la-crise-de-nerfs-sur-un-ocean-peuple-des-fantomes-de-sa-liberte_a4437.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-80944475</guid>
   <title>Après "Fuck me" et "Love me", "Kill me" poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero</title>
   <pubDate>Thu, 13 Jun 2024 11:47:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Danse, danse et mots, images, chorégraphies et chants, accessoires et nudité, et aussi une folie assumée, sont autant de fers chauffés à blanc qui risquent de marquer définitivement la mémoire des spectateurs de "Kill me". Une fête débridée, orchestrée par une Marina Otero qui plonge au fond d'elle-même pour y repêcher des émotions dangereuses, mais d'autant plus fascinantes et les offrir corps et âme.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80944475-58352628.jpg?v=1718273878" alt="Après "Fuck me" et "Love me", "Kill me" poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero" title="Après "Fuck me" et "Love me", "Kill me" poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero" />
     </div>
     <div>
      C'est une sorte d'introspection vibrante qu'elle projette sur scène dans cet opus de son projet &quot;Recordar para vivir&quot; (Se rappeler pour vivre). En ouverture, sous la forme d'un journal intime, une vidéo raconte la genèse du spectacle : un spectacle dont elle pressent la nécessité durant la tournée mondiale de son précédent succès, pour combler, pour combattre la panique de la solitude d'après spectacle. Cette nécessité devient urgence lorsque son histoire avec Pablo, un amour fusionnel, se brise. Une urgence qui devient mise en actes lorsque, après la rupture traumatisante d'avec cet amour toxique, la médecine la diagnostique borderliner.       <br />
               <br />
       Après cette ouverture en projection vidéo doublée de la voix de la chorégraphe, cinq sosies entrent en scène, mêmes perruques rousses, mêmes bottines, gants et genouillères pour tout costume, sur une même nudité. Elles ont chacune deux revolvers aux poings qu'elles braquent aux quatre horizons dans une première chorégraphie de groupe qu'on croirait sorti d'un cabaret ou d'un film de Tarantino. Des flingues et des perruques qui sont à la fois des déguisements et une représentation en miroir de la figure symbolique qui accompagne ici l'histoire de la chorégraphe : le personnage fictionnel de Sarah Connor, l'héroïne résistante et guerrière des films &quot;Terminator&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80944475-58352636.jpg?v=1718273904" alt="Après "Fuck me" et "Love me", "Kill me" poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero" title="Après "Fuck me" et "Love me", "Kill me" poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero" />
     </div>
     <div>
      Ce sont des femmes de combat, unies par leurs ressemblances, qui projettent autour d'elles la force d'un commando, sans aucune faille, sans aucune vulnérabilité, malgré la nudité de leurs corps, l'inverse de la représentation commune de nos cultures où le corps des femmes est toujours montré sous l'angle de cette vulnérabilité supposée. Dès ces premières minutes, l'étendue du propos du spectacle est donnée, et même criée, revendiquée avec fierté et bravade : l'intime, et toute la fragilité qu'il contient, sera là, vibrant, au cœur de la narration, par l'exposition des corps, mais dans le même temps, viendra la puissance de protection, de projection et une liberté de parole qui épargnera à cet intime tout jugement, tout rabaissement. Fragilité et force.       <br />
               <br />
       Parmi ces cinq évocations de Sarah Connor, se cachent trois danseuses, une chanteuse et Marina Otero elle-même. Une distribution sélectionnée sur un critère étonnant. Suite au diagnostic qui lui a été fait, elle a auditionné des danseuses ayant des troubles de la personnalité. Toutes souffrent ainsi de bipolarité, ou bien sont borderlines ou souffrent d'autres symptômes. La chanteuse, elle, ne souffre que d'avoir ses deux parents psychiatres lacaniens… C'est en additionnant sa propre histoire à celle des quatre autres interprètes que s'est construit ce spectacle entre intime et universel.       <br />
               <br />
       Une autre image tutélaire va très vite surgir sur scène sous la forme du seul interprète masculin : Vasclav Nijinski. Précurseur, il y a plus d'un siècle, de la modernisation de la danse classique, lui aussi fut atteint de troubles mentaux et interné durant des années pour schizophrénie. Clin d'œil époustouflant de drôlerie et de fantaisie, ce personnage, mi-homme, mi-femme, partagera, lui aussi, son histoire personnelle mêlée à celle de Nijinski.       <br />
              <br />
       Partant de cette chorégraphie commune du départ, les personnalités de chacune vont se découvrir, au même titre que celle de l'autrice-chorégraphe. Tout au long du spectacle, la parole (surtitrée en français) est autant omniprésente que la musique (qui va de Bach à la musique contemporaine). Raconter avec le corps, les mots, les musiques, le chant. Surtout, raconter en érigeant la liberté de parole, de geste au plus haut, de manière à éradiquer tout jugement sur l'apparence. Et c'est en toute beauté et liberté que cette douleur d'amour et de solitude s'exprime dans ce spectacle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80944475-58352662.jpg?v=1718273938" alt="Après "Fuck me" et "Love me", "Kill me" poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero" title="Après "Fuck me" et "Love me", "Kill me" poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero" />
     </div>
     <div>
      Des chorégraphies dans lesquelles l'énergie débridée se combine avec la violence des sauts et des réceptions au sol, comme s'il s'agissait de hachures nerveuses sur un texte en écriture. Il y a cette douceur dans l'émotion que ces histoires personnelles, mais parallèles dans le ressenti, diffuse, une douceur contrebalancée par l'intensité des blessures que la stupeur de l'abandon provoque. On vogue ainsi entre réalité et fiction, dans une mise à nu des âmes, une belle leçon d'authenticité, et de colère utile.       <br />
               <br />
       Impossible de rester indifférent à ce travail, sur elle-même, sur elles-mêmes, sur elles-aiment, sur cet acte de libération qui mêle intimement le réel et la fiction. Les six interprètes réussissent à construire avec la force de leurs singularités, de leurs unicités, de leurs personnalités et de leurs histoires intimes un univers fort et fascinant, cru et sensible, et porteur d'une liberté d'expression et d'être qui resplendit comme un idéal de vie et qui parvient par moments, à toucher cruellement le cœur.       <br />
              <br />
       <b>Vu à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon dans le cadre du Printemps des Comédiens.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Kill me"</b></div>
     <div>
      Spectacle en espagnol surtitré en français.       <br />
       Écriture et mise en scène : Marina Otero.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Lucrecia Pierpaoli.       <br />
       Avec : Ana Cotoré, Josefina Gorostiza, Natalia Lopéz Godoy, Myriam Henne-Adda, Marina Otero et Tomás Pozzi.       <br />
       Musicienne au plateau : Myriam Henne-Adda.       <br />
       Création lumière : Victor Longás Vicente et David Seldes.       <br />
       Son : Antonio Navarro.       <br />
       Costumes : Andy Piffer.       <br />
       Régie générale et régie lumière : Victor Longás Vicente.       <br />
       Regard extérieur : Martín Flores Cárdenas.       <br />
       Photographie : Sofia Alazraki.       <br />
       Création vidéo : Florencia de Mugica.       <br />
       Production déléguée en Europe : Otto Productions (Nicolas Roux, Lucila Piffer), Tecuatro (Jonathan Zak, Maxime Seugé), PTC Teatro (Olvido Orovio).       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       A été créé et joué à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon les 4 et 5 juin 2024 dans le cadre de la 38e édition du Printemps des Comédiens (du 30 mai au 21 juin 2024).       <br />
       <a class="link" href="https://printempsdescomediens.com/" target="_blank">&gt;&gt; printempsdescomediens.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 eau 29 septembre 2024 :</span> Théâtre du Rond-Point, Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80944475-58352628.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Apres-Fuck-me-et-Love-me--Kill-me-poursuit-spectaculairement-la-creation-infinie-de-Marina-Otero_a3942.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-70544414</guid>
   <title>Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées</title>
   <pubDate>Fri, 03 Feb 2023 11:57:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans l'impressionnant monument de La Méca dominant La Garonne, cinq œuvres trament le parcours de ce glacial vendredi 27 janvier. Après un débat où sont mis sur le gril les nouveaux (et anciens… et toujours vivants) visages de la Censure, documentés à vif par une avocate co-déléguée de L'Observatoire de la liberté de création, trois danseurs performeurs, une programmatrice et un directeur artistique suivent cinq propositions aux vertus inflammables. "Un Chant d'amour", "Le Soldat orphelin", "Sabra et Chatila", "L'éthique" et "Épiphanie", toutes à "découvrir" les yeux grands ouverts et l'esprit lavé de tous pré-jugés.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70544414-49194050.jpg?v=1675365215" alt="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" title="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Un Chant d'amour" de Jean Genet.</strong></span> Ce court-métrage muet et assourdissant de sensualité exaltée, réalisé en noir et blanc en 1950 et frappé d'interdit jusqu'en 1975, propulse le spectateur voyeur dans deux cellules mitoyennes. Là, chacun des occupants va s'ingénier à établir un contact sensuel et sexuel sous l'œil d'un gardien voyeur qui, du judas d'où il observe leurs jeux amoureux, va s'en faire le profiteur complice. Sexualité empêchée par l'enfermement inhérent au milieu carcéral (que l'écrivain connaît bien pour y avoir séjourné), sexualité exaltée par ce même enfermement impliquant de redoubler d'ingéniosité pour redonner droit de cité à la libido rebelle à tout emprisonnement.       <br />
              <br />
       Beauté sculpturale des séquences qui s'enchaînent alors que les émotions palpables des participants à ce ballet érotique bouleversent leur visage saisi en gros plan. Une langue tournant sensuellement sur elle-même, un baiser effréné déposé sur un bras, un sexe brandi fièrement à pleines mains, autant de figures du désir (solitaire) porté à l'incandescence par la poésie débridée de Jean Genet, poète libertaire, auteur organique de ce "Chant d'amour". De la paille passée au travers du trou ménagé dans le mur par laquelle ils vont partager à pleine bouche la même bouffée de cigarette, à leurs mains se balançant au travers des barreaux des lucarnes pour échanger un bouquet, tout n'est que symboles d'une sexualité du côté de la vie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70544414-49194062.jpg?v=1675365825" alt="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" title="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Le Soldat orphelin", d'Abdulrahman Kkallouf,</strong></span> introduit le public dans une semi-obscurité, celle qui recouvre de son opacité morbide les guerres, civiles ou autres. Au centre d'une scénographie savamment dépouillée, émergent des filins d'acier comme autant de trajectoires de balles sifflant au-dessus du soldat syrien. Narrateur en deuil de sa propre histoire, prisonnier d'une guerre fratricide, abattu et révolté, il va égrener les souvenirs qui le relient à son père mort sans qu'il n'ait pu le revoir.       <br />
              <br />
       Longue litanie tissée d'imprécations contre ce conflit armé d'une cruauté sans nom qui rend sauvage et colonise l'être entier soumis à ses diktats permanents. Devoir chanter la perte à chaque massacre, se ployer sous la dictature de la joie alors que le corps entier se révulse, le goût de la victoire étant celui du sang et des excréments de ceux qui s'entretuent. Obéir aux ordres jusqu'à déserter sa conscience, abdiquer toute morale, rendre les coups à devenir fou (il retrouve là sa langue maternelle, l'arabe). Et ce père injoignable alors que, face aux démons identitaires s'entredéchirant, il aurait eu tant besoin de sa présence… Un plaidoyer humain, porté par la voix de l'auteur et le corps d'un danseur, vibrant tous deux d'émotions contenues.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70544414-49194132.jpg?v=1675366341" alt="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" title="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Sabra et Chatila" d'Afshin Ghaffarian.</strong></span> Les conditions d'écriture du texte de Jean Genet - "Quatre heures à Chatila" - trouvent en ce chorégraphe iranien des échos profonds. En effet, Jean Genet, qui n'avait jusqu'ici pu écrire qu'entre les murs d'une prison, se trouve en ce mois de septembre 82 entre ceux d'une chambre d'hôtel libanaise. Témoin à Beyrouth-Ouest du carnage des Palestiniens regroupés dans les camps de Sabra et Chatila, il va coucher sur le papier l'impensable du massacre perpétré par les milices chrétiennes d'extrême droite, opérant sous les fumées lumineuses de l'armée israélienne complice…       <br />
              <br />
       Traversant des rangées de vêtements colorés étalés à même le sol, l'auteur interprète dépose sur l'avant-scène un bocal contenant deux poissons rouges, Sabra et Chatila. Deux jeunes femmes, surfant entre les habits, dansent frénétiquement sur les musiques des années quatre-vingt. Quand elles s'arrêtent, c'est pour photographier les dépouilles au sol. Au micro, les mots de Jean Genet : <span style="font-style:italic">"La photographie ne saisit pas les mouches ni l'odeur blanche et épaisse de la mort. Elle ne dit pas non plus les sauts qu'il faut faire quand on va d'un cadavre à l'autre".</span>       <br />
              <br />
       Pour évoquer le tableau de ces corps méconnaissables, enchevêtrés les uns aux autres, le chorégraphe réinvente les jeux de cette fête barbare initiée par les phalangistes. Des pastèques - <span style="font-style:italic">"les têtes gonflées par le soleil et la mort"</span> - sont explosées au sol et leur chair dévorée à pleines dents, les corps disloqués des danseuses deviennent pièces de jeux. Sous les faisceaux des lumières stroboscopiques, les corps se distordent au rythme d'une musique furieuse… Sabra et Chatila n'a pas été le champ d'un génocide, "juste" celui d'un abattoir rendu artistiquement tangible. Désormais, on ne pourra plus dire, comme Begin à la Knesset : <span style="font-style:italic">"Des non-juifs ont massacré des non-juifs, en quoi cela nous concerne-t-il ?".</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70544414-49201429.jpg?v=1675423251" alt="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" title="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"L'éthique", de Matthieu Hocquemiller,</strong></span> se présente dans sa forme comme une création des plus originales, convoquant séquences vidéo, jeux de performers au plateau et textes venant s'insérer en surimpression. Quant à son objet, il l'est tout autant : "réfléchir" une confrontation en actes et paroles transcrites, entre un jeune homme travailleur du sexe et un homme d'âge mûr philosophe éthicien (la réalité des deux acteurs), tous deux expressément nus, débarrassés de tous oripeaux pouvant faire écran à la vérité de leurs échanges.       <br />
              <br />
       Une première séquence vidéo les montre entrer en conversation. Enlacés sur un canapé, ils établissent les bases du contrat les liant. Comme naguère Alcibiade et Socrate dans "Le Banquet" de Platon, Alci et So (ainsi se baptisent-ils) concluent un pacte d'échanges réciproques où jeunesse et sagesse s'interpénètrent en toute liberté, au service de leur recherche commune. Suivront les leçons de philosophie appliquée…       <br />
              <br />
       La première, la Maïeutique ou l'art d'accoucher des idées découvre Alci se frayant joyeusement un passage entre les jambes de So, puis la tête de So surgissant entre les jambes d'Alci, chacun expérimentant comment agir dans la joie peut multiplier sa puissance de vivre (Spinoza). Ensuite, la Péripatétique projette les deux amants se promenant, main dans la main. Adams exempts de l'idée de péché, ils dissertent sur l'art du BDSM… ce qui les conduit à évoquer Aristote à quatre pattes chevauché par Phyllis. De cette célèbre rencontre entre philosophie et sexe, ils tirent "corps et biens" l'idée d'un tableau vivant. Point d'orgue de ces échanges poétiques, la Dialectique, l'art du dialogue, où leurs corps s'imbriquant ils mettent magnifiquement - nus… de bout en bout - le plaisir au rang de viatique existentiel.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70544414-49201494.jpg?v=1675423475" alt="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" title="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Épiphanie", de Paola Daniele,</strong></span> conclut ce parcours époustouflant par une performance à l'unisson. La performeuse, nue sous un peignoir découvrant "naturellement" sa féminité, se détache sur un drap blanc tendu à la verticale. Les yeux dans les nôtres, elle va y épingler - au rythme lent des cycles récurrents - quelque cent sachets. Chacun d'entre eux contient le coton, imprégné du précieux sang menstruel d'une femme ayant répondu à son appel au don.       <br />
              <br />
       Dans le plus grand silence, écho de la chape de non-dits imposés par le tabou entourant le sang menstruel, elle s'adonne à ce rite païen avec la complicité de participant(e)s sollicité(e)s. Conclue par un geste iconoclaste célébrant le nom des femmes - et répondant à distance à celui du prêtre brandissant le calice rempli du sang du christ - la cérémonie païenne fait couler de la gorge au sexe de la performeuse un filet de sang rouge vif.       <br />
              <br />
       Ainsi, au sein du Collectif Hic Est Sanguis Meus (Ceci est mon sang) et de l'installation participative qui en découle, Paola Daniele questionne la connotation du sang féminin dans l'imaginaire hérité du patriarcat. Naguère occulté, il est rendu invisible par le triomphe hygiéniste d'une civilisation aseptisant "la tache" primitive. Afin de lui redonner la légitimité qui lui revient de droit - sans le ventre d'une femme, l'homme serait "l'être mort" - le liquide intime exhibé ouvre à d'autres perspectives en introduisant un changement de paradigme salutaire. Non plus objet de honte, le sang menstruel devient l'étendard d'un nouveau combat "du côté de la vie". Un combat vivifiant, ô combien plus glorieux que celui versé par les hommes, victimes ancestrales des champs guerriers.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70544414-49201545.jpg?v=1675423571" alt="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" title="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Un Chant d'amour"</strong></span>       <br />
       Court métrage interdit aux moins de 16 ans,       <br />
       réalisé en 1950, sorti en 1975.       <br />
       Réalisation : Jean Genet.       <br />
       Scénario : Jean Genet.       <br />
       Acteurs principaux : Java et André Reybaz.       <br />
       Durée : 26 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 27 janvier à la MÉCA Bordeaux, dans le cadre du Festival Trente Trente qui s'est déroulé du 12 janvier au 2 février 2023.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70544414-49201565.jpg?v=1675423696" alt="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" title="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Le Soldat orphelin"</strong></span>       <br />
       Théâtre et danse, étape de travail.       <br />
       D'après "Le Soldat Orphelin" publié aux Éditions Moires.       <br />
       Texte et voix : Abdulrahman Khallouf.       <br />
       Scénographie et direction artistique : Jean Luc Terrade.       <br />
       Chorégraphie et danse : Jean Philippe Costes Muscat.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 27 janvier à la MÉCA Bordeaux, dans le cadre du Festival Trente Trente.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70544414-49201593.jpg?v=1675423743" alt="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" title="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Sabra et Chatila"</strong></span>       <br />
       Danse et théâtre, étape de travail.       <br />
       Chorégraphie, mise en scène et conception : Afshin Ghaffarian.       <br />
       Interprètes : Julie De Bellis, Svantje Buchholz et Afshin Ghaffarian.       <br />
       Création lumière : Vincent Tudoce.       <br />
       Scénographie : Heiko Moennich.       <br />
       Musique originale : Mohammadreza Râd.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 27 janvier à la MÉCA Bordeaux, dans le cadre du Festival Trente Trente.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70544414-49201597.jpg?v=1675423788" alt="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" title="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"L'éthique"</strong></span>       <br />
       Danse pour adultes.       <br />
       Conception et chorégraphie : Matthieu Hocquemiller.       <br />
       Texte : Matthieu Hocquemiller, Patrice Desmon et Pierre Emö.       <br />
       Avec : Patrice Desmons et Pierre Emö.       <br />
       Caméra : Magali Laroche.       <br />
       Mmusique : Benjamin Collier.       <br />
       Lumière : Abigail Fowler.       <br />
       Durée: 40 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 27 janvier à la MÉCA Bordeaux, dans le cadre du Festival Trente Trente.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70544414-49201598.jpg?v=1675423828" alt="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" title="Festival Trente Trente Des chants d'amours sans frontières… un hymne vibrant aux libertés recouvrées" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Épiphanie"</strong></span>       <br />
       Performance pour adultes.       <br />
       Performance : Paola Daniele.       <br />
       Collectif Hic Est Sanguis Meus.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 27 janvier à 22h15, à la MÉCA Bordeaux, dans le cadre du Festival Trente Trente.</b>       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente</b>       <br />
       <b>S'est déroulé du 12 janvier au 2 février 2023.</b>       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/70544414-49194062.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-Des-chants-d-amours-sans-frontieres-un-hymne-vibrant-aux-libertes-recouvrees_a3505.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-61984732</guid>
   <title>Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…</title>
   <pubDate>Wed, 02 Feb 2022 10:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Faire corps avec soi semble faire figure de viatique naturel pour qui, danseur ou pas, entend vivre son existence hors des diktats de tous ordres. Là où l'affaire se complique c'est lorsque l'on prend acte que "je est un autre", voire plusieurs autres… Arthur Perole est l'un de ces chorégraphes élisant matière artistique de sa recherche d'identités. Dans un work in progress devenant l'objet même de la représentation, il explore devant nous - et avec nous - les étapes des constructions identitaires déterminant son être au monde.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61984732-45051944.jpg?v=1614063861" alt="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" title="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" />
     </div>
     <div>
      C'est un corps mis au travail - comme on parle du travail de l'accouchement - qui, près d'une heure durant sur un plateau de deux mètres sur deux encerclé par les spectateurs inclus ainsi dans le noyau du dispositif, donne à voir sa matière brute à (re)modeler. Sans recherche esthétisante, outre le beau travail en live des lumières jouant sur son haut pailleté, et avec l'authenticité qui est sa marque de fabrique (cf. le prodigieux &quot;Ballroom&quot; consacré à l'univers de la fête), Arthur Perole offre là un solo saisissant d'humanité à vif.       <br />
              <br />
       Héritiers des vœux secrets parentaux et/ou sociétaux déposés en nous, assignés à une place déterminée par le sexe de naissance, le milieu social d'origine, ou encore les désirs et frustrations de nos géniteurs, nous ne pouvons conquérir notre identité propre qu'après avoir reparcouru le chemin. Parcours du combattant effectué non en solitaire mais sous le regard d'invités. Déjà Nietzsche en son temps avait eu la prescience de ce processus créatif  en avançant que c'est en déconstruisant que l'on met au jour les mécanismes de la construction. De cette vérité en mouvement, Arthur Perole se nourrit pour se cogner aux parois de verre des déterminismes introjectés afin de &quot;se découvrir&quot; au terme d'une lutte à jamais inachevée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61984732-45051945.jpg?v=1614063921" alt="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" title="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" />
     </div>
     <div>
      Comme on travaille la pâte à modeler pour en éprouver la texture entre ses doigts avant de lui donner formes, le chorégraphe-danseur se lance dans &quot;un corps-à-corps&quot; sans escale autre que les pauses musicales ponctuant ses arabesques. Dans des contorsions exploratrices visant autant à déconstruire des acquis - collant à la peau comme un prêt-à-porter aux coutures trop ajustées - qu'à explorer de nouveaux espaces jusque-là interdits, il s'emballe, se déplie, se replie au rythme de la musique de Steve Reich scandant ses mouvements répétitifs.       <br />
              <br />
       Lorsque la musique devient lyrique avec un concerto d'Antonio Vivaldi, les lumières tamisées invitent alors le corps à se faire mélodie… avant d'être traversé de part en part par les accents endiablés d'une musique électro. Les expressions du visage oscillent entre sourires enjôleurs, éclats de rires et grimaces inquiétantes comme pour éprouver la gamme des états émotionnels constitutifs de la nature humaine mise à nu. Lorsqu'il tente de s'évader &quot;carrément&quot; de son pré carré hérité, en se débarrassant des pelures encombrantes, trois notes de musique retentissent pour le rappeler à l'ordre en le ramenant illico presto dans le périmètre prescrit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61984732-45051946.jpg?v=1614063996" alt="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" title="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" />
     </div>
     <div>
      Parvenant au prix d'efforts répétés à s'extraire des territoires assignés, il s'élance à notre rencontre, nous ses frères humains, spectres-actrices spectres-acteurs échos apaisés des fantômes qui l'habitent. Vivifié par les liens librement tissés, il advient alors à sa vérité, s'autorisant des exubérances &quot;naturelles&quot; jusque-là sous contrôle. Manteau de fourrure, minauderies souriantes, chanson d'amour pianotée sur un faux clavier, il exulte en tournoyant sur lui-même, bouquet à la main tendu vers nous, public complice de son accomplissement.       <br />
              <br />
       Le centre de gravité, lui permettant de tenir debout, face à nous sans les étais d'usage, semble alors pour un temps trouvé… Accompagnant ce travail dantesque - la recherche d'identité est un sport de combat - des voix iconoclastes de la littérature et du monde des arts diffusent leurs petites musiques trouant la pensée commune.       <br />
              <br />
       Que ce soit Marguerite Duras qui, après avoir brossé un tableau très sombre des horizons 2000, rebondit sur une dissidence salutaire : &quot;Et tout recommencera, comme ça, par une indiscipline, un risque pris par un homme…&quot;. Ou Jeanne Moreau, faisant part de la dualité actrice/personne vécue dans sa chair et assumée pleinement. Ou bien Guillaume Dustan, l'énarque homosexuel, vent debout contre l'ordre bourgeois incarné par sa classe d'appartenance et prônant &quot;la cohabitation pacifiste de l'homme et de la femme au sein d'un même corps&quot;. Ou encore, l'historienne de l'art, féministe et lesbienne, Elisabeth Lebovici s'insurgeant contre les effets pervers du langage patriarcal hyper normé, courroie de transmission des structures de domination.       <br />
              <br />
       D'où parle-t-on ? Ce corps que la société voudrait, par souci d'ordre, nous voir impérativement habiter, est-ce le nôtre, l'avons-nous choisi, ou avons-nous reçu l'injonction délétère de nous y soumettre ? L'interprétation à fleur de peau d'Arthur Perole est à prendre comme un élément de réponse à la question obsédante des constructions identitaires. En effet, ce corps-à-corps livré avec &quot;Nos corps vivants&quot; ouvre sur la voie d'une épiphanie heureuse, celle d'une identité personnelle à conquérir de haute lutte.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle créé au Théâtre de Vanves (92), Salle Panopée, dans le cadre du festival &quot;Faits d'hiver&quot;, le mardi 9 février 2021 à 16 h (dans le cadre d'une représentation réservée aux professionnels).       <br />
       Vu à nouveau le mardi 25 janvier 2022 à 20 h 15 à L'Atelier des Marches, dans le cadre du Festival Trente Trente de Bordeaux-Métropole-Boulazac.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Nos corps vivants"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61984732-45051947.jpg?v=1614064042" alt="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" title="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" />
     </div>
     <div>
      Création 2021.       <br />
       Chorégraphie et interprétation : Arthur Perole.       <br />
       Musique live : Marcos Vivaldi.       <br />
       Assistant artistique : Alexandre Da Silva.       <br />
       Lumières : Anthony Merlaud.       <br />
       Costumes : Camille Penager.       <br />
       Son : Benoit Martin.       <br />
       Régie générale/lumières : Nicolas Galland.       <br />
       Production diffusion : Sarah Benoliel.       <br />
       Durée : 50 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente,       <br />
       19e Rencontres de la forme courte dans les arts vivants.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 janvier au 10 février 2022.</span>       <br />
       Billetterie : 05 56 17 03 83 et info@trentetrente.com.       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">&gt;&gt; trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/61984732-45051944.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-Nos-corps-vivants-Une-choregraphie-nommee-desirs_a3163.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
