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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>"L'Affaire Corneille-Molière" Un spectacle hautement intelligent évoquant une énigme incontournable de la scène littéraire française</title>
   <pubDate>Tue, 04 Mar 2025 18:31:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   En avril 1968, Henry Marais, un professeur de la Sorbonne, évoque cette théorie selon laquelle Corneille aurait écrit les pièces de Molière ! Intrigués par ce mystère non encore élucidé, trois étudiants de Nanterre, Alaïa, Arthur et Avrell, décident de découvrir la vérité. L'enquête commence dans un Paris où frémit la révolte et les trois amis et amie piétinent ! On tente de les décourager, de les dissuader, tous les éléments trouvent un contre-argument, jusqu'au moment où une question se pose… Et si quelqu'un ne voulait pas que l'on sache ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86951320-61762613.jpg?v=1741109821" alt=""L'Affaire Corneille-Molière" Un spectacle hautement intelligent évoquant une énigme incontournable de la scène littéraire française" title=""L'Affaire Corneille-Molière" Un spectacle hautement intelligent évoquant une énigme incontournable de la scène littéraire française" />
     </div>
     <div>
      On se souvient de la pièce qui s'est jouée au Théâtre de l'Épée de Bois, à la Cartoucherie de Vincennes, il y a quelque temps, puis, dans la foulée, au Festival Off d'Avignon, il y a plus de deux ans : &quot;Corneille-Molière, l'Arrangement&quot;. Un remarquable travail, de et par la comédienne Valérie Durin qui proposait là un spectacle truculent, piquant et passionnant aux dialogues épiques et savoureusement drôles. Oserions-nous assister à une nouvelle représentation sur ce même thème tant les souvenirs de ce spectacle nous ont été intenses ?       <br />
              <br />
       Rien de pire, cela dit, de ne pas garder les yeux et les oreilles grands ouverts que sur le monde du théâtre et de la création ! Alors, nous avons osé… Ici, il ne s'agit pas d'un seul en scène, loin de là. Trente-quatre personnages sur scène ! Enfin, plutôt cinq comédiennes et comédiens, interprétant ces trente-quatre personnages, et un musicien-comédien pour le moins original. Soyons précis !       <br />
              <br />
       Longtemps débattue dans des universités, dans des cercles littéraires, des bibliothèques, et faisant même l'objet des JADT (Journées d'Analyse des Données Textuelles) chaque année en Belgique depuis sept ans, &quot;L'Affaire Corneille-Molière&quot; a bien sa place sur les planches, tel que le souligne l'auteur, Marc Tourneboeuf, qui a donc décidé de s'en emparer à son tour.       <br />
              <br />
       Il fallait oser, pour lui aussi, et pour son complice à la mise en scène, Julien Alluguette. &quot;Ça faisait longtemps que nous avions envie de travailler ensemble, Marc Tourneboeuf et moi. Je suivais Marc de près depuis sa sortie du cours Florent, séduit par sa plume (…). Marc est un jeune auteur ultra-talentueux. Son écriture est à la fois fine, drôle, rythmée et poétique&quot;]i, indique Julien Alluguette.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86951320-61762614.jpg?v=1741109844" alt=""L'Affaire Corneille-Molière" Un spectacle hautement intelligent évoquant une énigme incontournable de la scène littéraire française" title=""L'Affaire Corneille-Molière" Un spectacle hautement intelligent évoquant une énigme incontournable de la scène littéraire française" />
     </div>
     <div>
      Ils ont bien fait, ces deux compères, de ne pas se perdre de vue, car leur proposition théâtrale est finement intelligente, portée par un texte haletant et brillamment écrit.        <br />
       L'an dernier, au festival Off d'Avignon, Marc Tourneboeuf était à l'affiche de son seul en scène, &quot;L'Impatient&quot;, dans lequel il disait haut et fort qu'il aimerait bien que le succès et la réussite arrivent.       <br />
              <br />
       Tout vient à point à qui sait attendre, noble seigneur Tourneboeuf ! Vous pouvez, s'il en est, en plus de votre talent et de votre culture littéraire et artistique, remercier aussi la covid pour le temps que la pandémie vous a accordé à pouvoir vous plonger dans la lecture de la biographie de Molière, à surfer sur différents sites, tant &quot;consacré&quot; à Molière qu'à Corneille, et à concocter avec talent ce spectacle remarquable, lentement, et sûrement.       <br />
              <br />
       Il est là le succès, il est là… Le bonheur aussi, à n'en point douter. Celui des spectatrices et des spectateurs assistant à ce spectacle, celui évident des cinq comédiennes et comédiens présents(es) sur le plateau, celui du musicien en contrebas, mais tellement présent, sans oublier celui de Julien Alluguette, le metteur en scène, ni celui de Denis Koransky aux lumières sans lequel &quot;l'Affaire&quot; serait bien pâle. On ne leur a pas posé la question, mais on devine leur réponse !       <br />
              <br />
       Marc Tourneboeuf nous offre un texte pertinent, taillé au cordeau, haletant, mené et interprété tambour battant par les comédiennes et les comédiens dont l'énergie communicative ne laisse pas le public de marbre. Quelle originalité dans l'écriture du synopsis aux allures de thriller haletant. Il va sans dire que le temps d'écriture a dû être considérable tant la pièce regorge de nombreux arguments et autres propos plus virevoltants les uns que les autres !       <br />
              <br />
       À bien y regarder, Marc Tourneboeuf est aussi un grand humaniste. Tout au long de la pièce, c'est un hommage vibrant qu'il rend ouvertement au poète Pierre Louÿs, auteur bien trop méconnu, qui a consacré sa vie à la chose littéraire en question et dont le destin tragique l'a profondément marqué.       <br />
              <br />
       La scénographie de Georges Vauraz associée à la mise en scène de Julien Alluguette et à la direction d'acteurs de haut vol font de ce spectacle un véritable moment de théâtre comme on les aime. &quot;L'Affaire Corneille-Molière&quot;, c'est du théâtre-enquête où la rigueur en filigrane du théâtre classique vient se mêler aux portes qui claquent et, surtout, à la liberté créative dans ce qu'elle a de plus noble.       <br />
              <br />
       Que Corneille ait été le nègre de Molière à un certain moment et quelles qu'en soient les raisons intrinsèques de l'époque, l'intemporalité du débat est à nouveau débattue avec brio à la Comédie Bastille jusqu'au 29 juin. Courez-y ! À vous d'en juger !       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Affaire Corneille-Molière"</b></div>
     <div>
      Écriture : Marc Tourneboeuf.       <br />
       Mise en scène : Julien Alluguette.       <br />
       Assistante mise en scène : Blandine Guimard.       <br />
       Avec (en alternance) : Marc Tourneboeuf ou Adib Cheikhi, Jean-Philippe Bêche ou Fabian Richard, Damien Bellard ou Lancelot Courcieras, Grétel Delattre ou Cécile Covès, Iona Cartier ou Mathilde Cerf.       <br />
       Musiciens (en alternance) : Nathan Robain ou Martin Jaugey.       <br />
       Scénographie : Georges Vauraz.       <br />
       Lumières : Denis Koransky.       <br />
       Conception décor : Studio Baba.       <br />
       Costumes : Mona Le thanh et Marion Viel.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 février au 29 juin 2025.</span>       <br />
       Mercredi et vendredi à 19 h, jeudi et samedi à 21 h, dimanches à 17 h.       <br />
       Comédie Bastille, Paris 11ᵉ, 01 48 07 52 07.       <br />
       <a class="link" href="https://comedie-bastille-billetterie.tickandlive.com/" target="_blank">&gt;&gt; comedie-bastille.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?</title>
   <pubDate>Tue, 25 Jul 2023 13:01:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2023]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Sur le plateau, huit performeuses adeptes des beaux-arts, du cirque, de l'art lyrique ou encore du théâtre. De toutes générations, de toutes morphologies et d'origines différentes, sociales ou géographiques. Ce qui les réunit au-delà de leur couleur de peau métisse ou ébène, c'est leur désir – cristallisé par Rébecca Chaillon, metteuse en scène afro-militante – de faire éclater le carcan des représentations que le blanc dominant véhicule à leur égard, représentations qui les enferment par un effet boomerang là où elles ne sont décidément pas.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651246.jpg?v=1690284726" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      Une annonce, diffusée au micro à intervalles réguliers, accueille avec humour les spectateurs avant leur entrée en salle : <span style="font-style:italic">&quot;Des canapés, réservés aux femmes noires et métisses ou autres personnes trans non binaires ayant un vécu matériel de femme, vous attendent de l'autre côté du plateau, si vous le désirez… Adressez-vous à notre hôtesse, une vingtaine de places sont disponibles. Et si vous êtes accompagnée de personnes ne répondant pas aux critères ci-dessus, la séparation de quelques heures pourrait vous réserver le plaisir de les retrouver…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Deux femmes occupent le plateau bien avant que ne débute la représentation ou, plus exactement, elle débute dans ce que l'on pourrait appeler &quot;les coulisses&quot;, là où ces femmes &quot;invisibles&quot; travaillent habituellement. L'une, à quatre pattes, s'échine à nettoyer le sol, avec une serpillère d'abord, tâche pénible et répétitive qui mobilise toute son énergie. Une autre, attelée à son tour de potière, s'applique à réaliser des tasses.       <br />
              <br />
       Pendant un temps qui paraît ne jamais devoir s'achever, alors que, dans la salle, l'obscurité s'est faite depuis près d'un quart d'heure, on assistera à la même tâche répétée sans répit, comme si on avait voulu nous transmettre l'ennui implacable généré par la répétition des gestes de nettoyage, ceux que les invisibles, à l'instar de l'actrice, effectuent des jours, des mois, des années durant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651280.jpg?v=1690284763" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      L'âpreté de la besogne est si grande que la performeuse finira par se défaire de ses vêtements pour les utiliser comme serpillère, payant ainsi de son corps, allant même jusqu'à se servir de lui comme ultime guenille. L'artiste potière viendra à son secours pour la laver très longuement (de cet affront) et prendre soin d'elle afin qu'elle reprenne allure humaine.       <br />
              <br />
       Et lorsque, sa charlotte retirée libérera ses magnifiques rastas, qu'elle aura recouvré la vue, assise fièrement nue comme une magnifique Vénus dont les dreadlocks ont été augmentées par les cordes tressées après avoir été arrachées aux cintres (tout un symbole de chaînes brisées), elle aura retrouvé le plein usage de la parole. Écho de la Vénus de Willendorf, adoptée comme symbole du pouvoir féminin par le mouvement artistique féministe des années soixante, elle va désormais trôner en maîtresse femme.       <br />
              <br />
       Des petites annonces passées dans les magazines aussi bien par des hommes blancs à la recherche de la &quot;perle noire&quot;, que par des femmes noires ou métisses à la recherche du blanc, donnent lieu à un florilège de fantasmes, interprétés avec drôlerie. Elles seraient effectivement drôles ces annonces décomplexées, traduisant un lâcher prise total avec la décence, si elles n'exprimaient pas la place exacte réservée aux femmes noires dans l'imaginaire des hommes.       <br />
              <br />
       De même du tableau suivant où les artistes imitent les jeunes femmes blanches heureuses comme tout d'avoir une Fatou pour nounou, c'est exotique et puis ça ramène du marché des tissus colorés qui plaisent beaucoup comme doudous, comme les comptines africaines qu'elles chantent à leurs petits trésors. Et puis, n'est-ce pas grâce à elles, ces jeunes femmes blanches très occupées par ailleurs, que Fatou peut apprendre un bon français ? Le jeu des trémoussements et jacassements de ces cruches sur talons ont valeur de commentaires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651338.jpg?v=1690284945" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      Et quand la vraie Fatou s'adresse à nous, c'est pour nous confier de manière plus grave son parcours de petite fille victime du père et du patriarcat, pour nous dire aussi la belle solidarité des femmes noires entre elles, et pour clamer haut et fort que ce qu'elle voudrait… c'est qu'on la prenne simplement pour ce qu'elle est, une femme… Au passage, elle glissera que le livre qu'elle a écrit sur sa vie – &quot;Fragments&quot; de Fatou S. – est disponible à la librairie du festival. Un cliché s'écroule, s'écrase sur la face des pimbêches précédentes : la Fatou sait écrire, même qu'elle publie un livre !       <br />
              <br />
       Dans un repas &quot;gastro-nomique&quot; assimilable à un jeu de rôles, les femmes du plateau très excitées vont réitérer au second degré les plaisanteries scatologiques qui circulent, tous ces &quot;bons mots&quot; dont on ne se prive pas entre bons copains… <span style="font-style:italic">&quot;Le caca-meroun… Tu pourrais me passer la selle ? Je vais finir alco-colique… Le Cul-Cul-Klan…&quot;</span> Et d'autres, et meilleures encore…. Signifieraient-elles à ces femmes, sous couvert d'une franchouillarde rigolade, qu'on les cantonne à &quot;une vie de merde&quot; ? Alors, dans une dérision totale, la Vénus, assise sur son trône, engloutira à pleine bouche moult nourriture, avant que, sous les lumières stroboscopiques, les convives ne s'abandonnent aux transes d'une orgie démentielle faisant voler en éclats toutes les constructions : n'être plus parlée par les autres, mais parler soi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651340.jpg?v=1690284984" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      Un autre jeu (délirant), celui des mimes à décrypter, est proposé avec la participation du public. De courtes saynètes sont interprétées par les actrices, mettant en jeu le mot noir dans tous ses états, au public de proposer une réponse… Ainsi fallait-il trouver la Mer noire, la tête de nègre (toujours en vente en boulangerie), le nue-tella (Joséphine Baker avec une banane), etc., clôt par un commentaire ironique de l'animatrice : <span style="font-style:italic">&quot;Mais qu'est-ce qu'on se marre !&quot;</span>. Saillie salutaire remettant en perspective la débilité assumée de la proposition… Ce qui n'était peut-être pas tout à fait inutile au vu de l'enthousiasme réel suscité chez certains spectateurs par ce quiz. N'osons même pas imaginer le &quot;Y'a bon Banania&quot;, s'il avait été proposé… Comme si le tout sauf banal racisme latent était toujours prêt à pointer son nez.       <br />
              <br />
       Enfin, le tableau de la performeuse circassienne grimpée dans les cintres, alors que reliée à elle par ses tresses gigantesques la Vénus sculpturale accueillera les autres actrices regroupées autour d'elle, pourrait fait figure d'apothéose. Si les femmes noires trouvent là l'occasion d'être unies hors des représentations des dominants, l'essentiel de leurs aspirations à chacune sera &quot;délivré&quot; par une roue Cyr s'immobilisant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651345.jpg?v=1690285080" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      Incontestablement, la force de ces propositions réside dans le superbe engagement des actrices qui parlent et agissent de là où elles sont dans leur existence. Pour se construire en tant que femmes libres, comme les y invitait leur metteuse en scène faisant corps avec elles, il leur a fallu déconstruire un à un les clichés éculés les emprisonnant…        <br />
       (Une réserve, la longueur de certains tableaux).       <br />
              <br />
       <b>Vu le dimanche 23 juillet 2023 au Gymnase du Lycée Aubanel à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Carte noire nommée désir"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651346.jpg?v=1690285116" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      Spectacle créé le 9 novembre 2021 au Théâtre de la Manufacture - CDN de Nancy.       <br />
       En français surtitré en anglais.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Kate Brown.       <br />
       Texte : Rébecca Chaillon (&quot;Boudin Biguine Best of Banane&quot; est publié aux éditions L'Arche, juin 2023).       <br />
       Mise en scène : Rébecca Chaillon.       <br />
       Assistant et assistante à la mise en scène : Jojo Armaing, Olivia Mabounga.       <br />
       Avec : Estelle Borel, Rébecca Chaillon, Aurore Déon, Maëva Husband (en alternance avec Olivia Mabounga), Ophélie Mac, Makeda Monnet, Davide-Christelle Sanvee, Fatou Siby.       <br />
       Dramaturgie : Céline Champinot.       <br />
       Collaboration artistique : Aurore Déon, Suzanne Péchenart.       <br />
       Scénographie : Camille Riquier, Shehrazad Dermé.       <br />
       Régie son : Issa Gouchène, Élisa Monteil.       <br />
       Régie lumière : Myriam Adjalle.       <br />
       Création du rôle : Bebe, Melkor-Kadior        <br />
       Régie générale et plateau : Suzanne Péchenart        <br />
       Production : Cie Dans Le Ventre.       <br />
       Durée : 2 h 45.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651688.jpg?v=1690286557" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Les 20 et 21 et du 23 au 25 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 19 h.       <br />
       Gymnase du Lycée Aubanel, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 28 novembre au 17 décembre 2023 (relâches les 3, 4, 7, 11, 14 décembre) : Odéon-Théâtre de l'Europe, Paris.       <br />
       2 et 3 février 2024 : Le Volcan - Scène nationale, Le Havre (76).       <br />
       25 et 26 avril 2024 : Théâtre 71 - Scène nationale, Malakoff (92).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74247194-51651246.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Carte-noire-nommee-desir-La-femme-noire-est-elle-nee-noire-ou-l-est-elle-devenue-au-travers-de-l-objet-du_a3701.html</link>
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   <title>"Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste</title>
   <pubDate>Thu, 14 Nov 2019 15:55:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Ce nom oublié - les leaders noirs antiségrégationnistes, craintifs face au pouvoir blanc, ont préféré retenir celui de sa respectable aînée, Rosa Parks - fut pourtant à l'origine du séisme du 2 mars 1955, lorsque dans le bus de 14 h 30, à Montgomery, dans l'Alabama, cet État du Sud des États-Unis, Claudette Colvin refusa de céder sa place à un passager blanc. Elle avait alors 15 ans. Sur la scène, c'est le parcours de cette adolescente qui va être revécu, pas à pas, l'assemblée de spectateurs étant invitée à devenir elle-même "noire" pour s'approprier l'Histoire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39519278-33986228.jpg?v=1573744847" alt=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" title=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" />
     </div>
     <div>
      Aux heures tristes où des pyromanes faisant profession de politique instrumentalisent les couleurs de peau et/ou appartenances sociales ou religieuses pour remettre sur le feu les questions identitaires - brandies non comme un creuset du vivre ensemble mais comme l'injonction d'une assimilation à la loi suprême du dominant -, le retour à l'Histoire par le biais d'une histoire &quot;ordinaire&quot; apparaît une urgence. Et lorsqu'il prend pour support un dispositif ingénieux animé par deux comédiennes engagées dans leur art, on en est doublement comblés.       <br />
              <br />
       D'emblée l'adresse faite au public - <span style="font-style:italic">&quot;prenez une profonde inspiration et suivez-moi, soufflez et suivez ma voix, désormais, vous êtes noir, un noir de l'Alabama dans les années cinquante&quot;</span> - par Sophie Richelieu, ancienne élève de l'Estba elle-même noire, introduit à l'expérience d'un théâtre immersif propre à se projeter. Interprétant avec grande conviction les personnages de cette histoire de la violence faite aux noirs un siècle après l'abolition de l'esclavage, elle déborde d'énergie communicative et de créativité bouleversante tant dans le jeu que le chant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39519278-33986290.jpg?v=1573744880" alt=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" title=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" />
     </div>
     <div>
      Interprétant pêle-mêle les policiers chargés de faire respecter les lois iniques &quot;Jim Crow&quot; fixant arbitrairement la ligne de partage entre blancs et noirs dans les bus, les écoles, les hôpitaux, les salles de spectacle, les restaurants (bref sur l'étendue du territoire), le juge devant qui l'affaire sera portée, le maire blanc de Montgomery (enflure politicienne), et les autres femmes militantes, Jo Ann Gibson Robinson et Rosa Parks, par qui le boycott de bus par les Afro-Américains changera le cours des droits civiques, elle fait aussi entendre de sa voix chaude la musique des chants noirs porteurs d'une révolte vivifiante.       <br />
              <br />
       S'articulant à son jeu, sa complice blanche Charlotte Melly lui offre la scénographie en train de se construire comme un roman graphique. Debout derrière une table, &quot;armée&quot; de feutres, pinceaux et encres de chine, elle réifie avec brio les personnages et leur décor, mêlant les vues des champs cotonniers des exploitations sudistes ou celle de noirs pendus se faisant face. Une caméra filme et projette sur grand écran le décor en cours de réalisation, écran qui se prolonge au sol comme pour ménager une marche entre l'histoire racontée et le commentaire présent. L'effet de réel est bluffant : le temps aboli, la ségrégation fait irruption dans notre réalité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39519278-33986318.jpg?v=1573745397" alt=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" title=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, lorsque l'actrice &quot;écrit&quot; rageusement avec son micro utilisé comme stylet les majuscules sonores de NOIRE - peintes par sa complice -, un choc vibratoire parcourt la salle pour inscrire dans les corps la négritude violentée. Les photos qui suivent, exhibant les multiples pancartes discriminatoires (Rest Rooms Colored/White ; We Serve White's Only No Spanish or Mexicans, etc.), accentuent l'immersion dans l'univers quotidien d'un noir de l'Alabama ségrégationniste, devenant nôtre, comme nous devenons &quot;noirs de Montgomery&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Séparés mais égaux&quot;, telle était l'exorbitante hypocrisie des blancs dominants pour faire accepter aux noirs l'impensable ségrégationniste. Mimant théâtralement les postures à adopter dans les bus pour se cantonner à la place qui leur était assignée (à l'arrière, et si seulement un blanc ne venait pas occuper l'un des sièges de la rangée), l'actrice se lance dans une suite épuisante de &quot;assis debout assis debout assis debout&quot;. Jusqu'aux rêves des enfants noirs - se réveiller blancs - qui portaient la trace de l'infamie vécue dans la chair et l'âme.       <br />
              <br />
       Alors, lorsque au terme de cette histoire véridique d'une jeune fille anonyme et rebelle, jugée peu exemplaire aux yeux mêmes des mâles noirs (elle sera enceinte d'un homme marié, ce qui déplaît fort à la communauté noire religieuse, choquée dans ses convictions puritaines empruntées aux blancs), le mouvement de boycott des bus de la ville orchestré par des figures féminines (et un jeune pasteur inconnu répondant au nom de Martin Luther King) se traduira par les tracts manuscrits jetés à la volée, ouvrant la voie à la fin - officielle - de la ségrégation, on se dit que l'exemple de Claudette Colvin est présentement à méditer…       <br />
              <br />
       Question de couleurs… du noir au jaune, la désobéissance civile ouvreuse de droits, prônée dès 1849 par un certain Henry David Thoreau vent debout contre l'esclavage des noirs, serait-elle l'apanage d'héroïnes anonymes ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Noire"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39519278-33986433.jpg?v=1573745435" alt=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" title=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" />
     </div>
     <div>
      D'après &quot;Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin&quot; de Tania de Montaigne (Éditions Grasset, 2015, prix Simone Veil).       <br />
       Adaptation : Lucie Nicolas et Charlotte Melly.       <br />
       Mise en scène : Lucie Nicolas.       <br />
       Collaboration artistique : collectif F71.       <br />
       Avec : Sophie Richelieu (jeu et chant) et Charlotte Melly (dessin en direct et manipulation).       <br />
       Scénographie et dispositif vidéo : Charlotte Melly.       <br />
       Création lumière : Laurence Magnée.       <br />
       Musique et son : Fred Costa.       <br />
       Construction décors : Max Potiron.       <br />
       Collaboration dispositif vidéo : Sébastien Sidaner.       <br />
       Régie générale et lumière : Emeric Teste et Coralie Pacreau (en alternance).       <br />
       Régie son : Clément Roussillat et Lucas Chasseré (en alternance).       <br />
       Stagiaire en dramaturgie : Pauline Allier-Carolo.       <br />
       Administration de production : Gwendoline Langlois.       <br />
       Production : La Concordance des Temps/collectif F71.       <br />
       Spectacle tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39519278-33986445.jpg?v=1573745478" alt=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" title=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 5 au 16 novembre 2019.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 19 h.       <br />
       TnBA - Studio de création, Bordeaux, 05 56 33 36 80.       <br />
       <a class="link" href="https://www.tnba.org/" target="_blank">&gt;&gt; tnba.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/39519278-33986228.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Noire-Claudette-Colvin-une-adolescente-ordinaire-dans-l-Amerique-segregationniste_a2597.html</link>
  </item>

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   <title>Olympe de Gouges… La femme naît libre et doit être égale à l’homme en droits…</title>
   <pubDate>Wed, 05 Sep 2018 16:17:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Lauriou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Trib'Une]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Reprise ! "Un commerce d’hommes ! Grand Dieu ! Et la nature ne frémit pas ? S’ils sont des animaux, ne le sommes-nous pas comme eux ?" Olympe de Gouges. Réflexions sur les hommes nègres, 1788 (France). "Des commerces ouverts le dimanche et les hommes laissent faire cela ? Gagner plus en travaillant le dimanche… le plus simple ne serait-il pas d’augmenter le Smic ?" Isabelle Lauriou. Réflexions sur les salaires, 2012 (France).     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25209151-26604258.jpg?v=1536158890" alt="Olympe de Gouges… La femme naît libre et doit être égale à l’homme en droits…" title="Olympe de Gouges… La femme naît libre et doit être égale à l’homme en droits…" />
     </div>
     <div>
      J’ai pris du retard Olympe. J’ai troqué ta plume contre un clavier et me suis endormie sur ta biographie. Tel est le monde d’aujourd’hui. Tout ce que tu veux savoir sur quelqu’un, tu le trouves en deux temps trois mouvements. J’ai tapé sur mon &quot;ordi&quot; : &quot;Olympe de Gouges&quot;, après avoir applaudi la prestation d’une troupe aux multiples talents et, <span style="font-style:italic">&quot;portée par ta fougue, je me suis emportée au loin mais le son de ta voix m’est revenu ce matin car cette chronique, je te la dois bien&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Olympe de Gouges n’a pas manqué d’enthousiasme. Je lui ressemble un peu. En revanche, je préférerais ne pas finir comme elle. Bien qu’encore à notre époque, tout ne soit pas simple pour les langues bien &quot;pendues&quot;. Les femmes préférant ouvrir leurs bouches que dégrafer leurs soutiens gorges sont rangées illico dans la catégorie &quot;caractérielles&quot; ou deviennent : &quot;black listées&quot; - nouvelle expression de l’année. Très en vogue dans le milieu du spectacle.       <br />
              <br />
       Olympe, je ne suis pas certaine que ce monde d’aujourd’hui, &quot;moderne&quot; comme on dit, te plairait tant que cela si tu y trainais ta robe en taffetas. L’électricité a remplacé les chandelles, le clavier : la plume et les encriers, la langue française s’anglicise à la moindre contrariété, les laissés pour compte se comptent par millions, l’égalité homme femme n’a guère progressé et pourtant, en matière d’égalité, tu n’as pas lésiné avec ta déclaration des <span style="font-style:italic">&quot;droits de la femme et de la citoyenne&quot;</span>. (1791)
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25209151-26604259.jpg?v=1536159110" alt="Olympe de Gouges… La femme naît libre et doit être égale à l’homme en droits…" title="Olympe de Gouges… La femme naît libre et doit être égale à l’homme en droits…" />
     </div>
     <div>
      Ton nom, Olympe de Gouges, m’est apparu au Mémorial de l’abolition de l’esclavage. Je ne te connaissais pas et voilà que je tombe, si j’ose dire, sur cette réflexion sur les hommes nègres. J’ai su d’emblée que j’allais beaucoup t’apprécier.       <br />
              <br />
       J’en reviens au présent et au Guichet Montparnasse. Au spectacle que j’ai vu l’autre soir.       <br />
       Voici donc ma nouvelle chronique avant cette fin du monde, annoncée le 21 décembre, quelques jours avant Noël. Voici mon cadeau déballé pour une citoyenne féministe enRagée.       <br />
              <br />
       Une grande dame dans un petit espace. Olympe de Gouges au Guichet Montparnasse. Elle mériterait bien le stade de France ou l’Olympia. Oui. L’Olympia pour Olympe fallait y penser !       <br />
       La vie est mal faite quand même ! Quand je pense qu’un pseudo comique désengagé a bénéficié d’un stade pour balancer des propos aussi gras que plats, aussi graveleux que vulgaires. Le monde a changé. Le pire, c’est que ce &quot;comique&quot;, personne ne peut le faire taire. Si cette fin du monde qu’on nous prédit est toujours d’actualité, la bonne nouvelle c’est qu’on en sera débarrassé.       <br />
              <br />
       Pendant que le monde tremble à l’idée de se voir définitivement engloutit, Olympe de Gouges ressuscite. Au guichet Montparnasse vous en avez deux pour le prix d’une. Quand je dis qu’elle ressuscite, je ne raconte pas de cracks. Elle revient, sous les traits d’Annie Vergne d’abord. Vieillie. Quelques deux cents années plus tard, imaginez ! Elle a plutôt bonne mine pour quelqu’un qui a traversé les siècles. Elle atterrit dans un appartement où un jeune homme se prend la tête préparant une thèse sur les droits de la femme. Le théâtre est un lieu incroyable. Où tout devient possible, où tout devient crédible. Olympe surgit, l’homme bondit et se demande bien qui elle est, d’où elle vient et le calme renaît. Les femmes sont douées pour apaiser.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25209151-26604260.jpg?v=1536159146" alt="Olympe de Gouges… La femme naît libre et doit être égale à l’homme en droits…" title="Olympe de Gouges… La femme naît libre et doit être égale à l’homme en droits…" />
     </div>
     <div>
      Olympe de Gouges. La femme qui tombe à pic. La femme qui vient de loin.        <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;La vie entre mes mains. Elle prend des risques. Ça n’est jamais, jamais en vain. D’aventure en aventure, elle poursuit son chemin. Elle prend la vie comme elle vient. Car elle croit au destin&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Je n’ai jamais accroché sur la série &quot;L’homme qui tombe à pic&quot;, mais je pique les paroles du générique, et toc !        <br />
              <br />
       Je reprends ma chronique. Clavier face à l’écran. J’irai moins vite avec de l’encre. Logique !       <br />
              <br />
       Sur la scène du Guichet Montparnasse. Peu de décor, c’est toujours mieux pour profiter des acteurs. Il y a donc la vraie Olympe à qui, Juliette Stevez, comédienne très classe, donne toute sa grâce. Il y a Olympe, deux cents ans plus tard, incarnée par Annie Vergne, touchante. Puis ce beau et talentueux Ghislain Geiger à la voix délicieusement ensorceleuse.       <br />
              <br />
       Un trio délicat, impliqué et magistral, au service d’une femme, artiste indépendante et engagée. Aucun rapport, mais je pense à ce comique qui a sévi au Stade de France. J’imagine Olympe de Gouges lui adressant la parole et lui, incapable de dialoguer sans émettre une grossièreté. La célébrité fait mal au cœur. Quand on l’acquiert on perd neurones et notions de politesse. Une cure d’Olympe de Gouges vaut tous les coups de pieds aux fesses !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25209151-26604261.jpg?v=1536159825" alt="Olympe de Gouges… La femme naît libre et doit être égale à l’homme en droits…" title="Olympe de Gouges… La femme naît libre et doit être égale à l’homme en droits…" />
     </div>
     <div>
      Olympe de Gouges pourrait être une amie à moi. Sa plume est mon clavier. Son papier est mon écran. Sa colère est légitime, son combat héroïque. C’est bien qu’elle ressuscite un moment. Pour les hommes, ce soir-là, très présents.       <br />
              <br />
       Je saute une ligne et je reviens à Juliette. La comédienne qui incarne Olympe au XVIIIe siècle. Épatante. Émouvante. Captivante. Sidérante.       <br />
       C’est l’avantage des petites salles ça. La découverte. Vive Juliette ! Et je saute une ligne de nouveau.       <br />
              <br />
       De Juliette à Olympe, d’Annie à Ghislain, je vais devenir schizo ! Ou sténo dactylo. En revanche, j’aurais galéré avec mon encrier !       <br />
              <br />
       Olympe de Gouges, je l’ai donc rencontrée par hasard au Mémorial dédié à la lutte négrière. Je longeais ce site assez incroyable, où s’entremêlaient aux mots : la pluie et le vent. Il ne faisait pas beau. Visiter un mémorial sous les gouttes, c’est bien. On s’y abrite en se cultivant. J’ai donc découvert à l’ombre de mon parapluie, le texte court mis en exergue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25209151-26604262.jpg?v=1536159927" alt="Olympe de Gouges… La femme naît libre et doit être égale à l’homme en droits…" title="Olympe de Gouges… La femme naît libre et doit être égale à l’homme en droits…" />
     </div>
     <div>
      Au théâtre du Guichet Montparnasse, la thèse de notre jeune homme a pris un nouveau tournant, progressivement les pages se sont noircies. Olympe, calmement, lui a tout dit.        <br />
              <br />
       Dans le noir, j’ai regardé un homme assis non loin de moi. Il a soufflé deux ou trois fois.        <br />
       Chaud ? Mal à l’aise ? Agacé ?        <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits&quot;. Article premier de la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne – Olympe de Gouges – 1791.</span>       <br />
              <br />
       Dans le noir, j’ai regardé un homme assis non loin de moi. Il a soufflé deux ou trois fois.       <br />
       Impressionné ?       <br />
              <br />
       Olympe de Gouges, j’ai été ravie de vous rencontrer. Et de vous voir ressusciter, le temps d’un soir.       <br />
              <br />
       NOIR (ou black).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Olympe de Gouges porteuse d'Espoir"</b></div>
     <div>
      Texte : Annie Vergne et Clarissa Palmer.       <br />
       D’après les écrits d’Olympe de Gouges.       <br />
       Mise en scène : Annie Vergne.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Julien Séchaud.       <br />
       Avec : Ghislain Geiger (Sébastien), Juliette Stevez (Olympe de Gouges au XVIIIe siècle), Annie Vergne (Olympe vue par l’imaginaire de Sébastien).       <br />
       Décor : Pierre Bailly.       <br />
       Musique originale : Nicolas Van Melle.       <br />
       Costumes : Clarissa Palmer.       <br />
              <br />
       <b>À lire absolument : &quot;Olympe de Gouges, porteuse d’Espoir&quot; de Annie Vergne et Clarissa Palmer (version bilingue français et anglais), Collection Théâtre des 5 continents, Éditions de L’Harmattan.</b>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Reprise du 9 septembre au 16 décembre 2018.</span>       <br />
       Dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre Le Guichet Montparnasse, Paris 14e, 01 43 27 88 61.       <br />
       <a class="link" href="http://www.guichetmontparnasse.com/" target="_blank">&gt;&gt; guichetmontparnasse.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Première publication le 19 décembre 2012.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/25209151-26604258.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Olympe-de-Gouges-La-femme-nait-libre-et-doit-etre-egale-a-l-homme-en-droits_a2230.html</link>
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   <title>"Les Damnés de la Terre"… Poésie de lutte et de dignité</title>
   <pubDate>Fri, 29 Nov 2013 20:11:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidine Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jacques Allaire reprend ce livre culte de l’anticolonialisme dans une mise en scène superbe de sobriété. Les comédiens incarnent avec beaucoup de truculence l’œuvre de Frantz Fanon dans une très belle scénographie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6089973-9089982.jpg?v=1385668095" alt=""Les Damnés de la Terre"… Poésie de lutte et de dignité" title=""Les Damnés de la Terre"… Poésie de lutte et de dignité" />
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      On en avait besoin, vraiment besoin d’entendre cette parole forte, brillante, poétique qui dénonce le colonialisme, qui dénonce la torture, qui dénonce le racisme, cette bêtise étoffée de peur irraisonnée habillée d’un manteau d’exclusion. On avait besoin de réentendre cette parole dans une actualité qui, depuis quelques années, fait le lit d’un racisme rampant.        <br />
              <br />
       Se remémorer cette parole : &quot;Je suis noir et je vous emmerde !&quot;. La reprendre en cœur pour dire… Minute… Messieurs… elle est noire et nous vous emmerdons.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6089973-9089988.jpg?v=1385668095" alt=""Les Damnés de la Terre"… Poésie de lutte et de dignité" title=""Les Damnés de la Terre"… Poésie de lutte et de dignité" />
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      Ils sont six sur scène, superbe de présence, tous noirs de peau ou de maquillage, clin d’œil à &quot;peau noire, masques blancs&quot; (1952) du même auteur, Frantz Fanon. Grande figure intellectuelle de l’anticolonialisme, psychiatre de métier, il a pris part à la guerre d’Algérie au côté du FLN. &quot;Les Damnés de la Terre&quot; (1961) est devenu le crédo de la révolte anti-coloniale et de la dignité du révolté.        <br />
              <br />
       La voix des comédiens oscille entre différents états. À la fois vibrantes de dignité, de lutte et de combat, elles semblent être portées par la chaleur de la révolte et de la revendication. Sur scène, la politique devient poésie de combat. Les comédiens incarnent avec beaucoup de truculence le message politique de l’œuvre de Fanon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6089973-9090038.jpg?v=1385668095" alt=""Les Damnés de la Terre"… Poésie de lutte et de dignité" title=""Les Damnés de la Terre"… Poésie de lutte et de dignité" />
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     <div>
      Le jeu est sans tiédeur, jamais de colère feinte ou de révolte jouée. Les répliques sont portées avec beaucoup de naturel et de force. Le metteur en scène Jacques Allaire a su faire un choix très intelligent du texte. La scénographie est superbe dans les décors et les lumières. Une atmosphère s’y dégage, colorée par une lumière habillée de poussière.        <br />
              <br />
       Torture, colonialisme, racisme, les grands thèmes du livre sont traités. Les comédiens portent superbement la voix politique de l’auteur et incarnent, à tour de rôle, des personnes marquées par les atrocités de la guerre que Fanon avait côtoyées. L’élocution des comédiens cisaille à merveille la poésie de Fanon. Le texte, poésie de lutte et de combat, bruisse malheureusement encore avec éclat dans notre actualité.        <br />
              <br />
       Rare sont les œuvres politiques mises en scène au théâtre. Le challenge était de taille. Il est réussi. C’est à voir et à revoir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Damnés de la Terre"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6089973-9090043.jpg?v=1385669631" alt=""Les Damnés de la Terre"… Poésie de lutte et de dignité" title=""Les Damnés de la Terre"… Poésie de lutte et de dignité" />
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     <div>
      D’après l’œuvre de Frantz Fanon.       <br />
       Mise en scène : Jacques Allaire.       <br />
       Stagiaire assistant à la mise en scène : Marcel Camilleri.       <br />
       Scénographie : Jacques Allaire, Dominique Schmitt.       <br />
       Avec Amine Adjina, Mohand Azzoug, Mounira Barbouch, Jean-Pierre Baro, Criss Niangouna, Lamya Regragui.       <br />
       Lumière : Christophe Mazet.       <br />
       Son : Guillaume Allory, Jacques Allaire.       <br />
       Costumes : Wenda Wellard.       <br />
       Stagiaire costumes : Emilie Paquet.       <br />
       Accessoires : Dominique Schmitt, Guillaume Allory, Camille Artigues.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 novembre au 6 décembre 2013.</span>       <br />
       Mardi, mercredi, vendredi à 20 h, jeudi à 14 h 30 et à 20 h, samedi à 16 h.       <br />
       Le Tarmac - Scène internationale francophone, Paris 20e, 01 43 64 80 80.       <br />
       <a class="link" href="http://www.letarmac.fr/" target="_blank">&gt;&gt; letarmac.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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