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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>"Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !</title>
   <pubDate>Fri, 19 Jun 2026 19:20:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Avec la troupe de la Comédie Française, Ivo Van Hove reprend une version inédite du classique de Molière, "Tartuffe", datant de 1664, qui avait été interdite à sa parution. Le metteur en scène belge prend parfois à dessein et à rebours, ou en forçant le trait, les personnages qui basculent, selon les uns ou les autres, dans des moments d'attirance sexuelle, d'aveuglement béat, de diplomatie incarnée et de conflits physiques, dans une trame faite de tension où l'humour pointe parfois son nez.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97049033-67627204.jpg?v=1781894666" alt=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" title=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" />
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      Le plateau est large et sobre. Se presse un ensemble de suivants autour d'un protagoniste qui, à nu, se loge dans une baignoire pour se laver. Il se sèche pour repartir toujours accompagné par ceux-ci. Il n'y a nul contact entre eux.       <br />
              <br />
       En arrière-scène, en lettres blanches sur fond noir, se glisse, affichée, une question sur l'identité de cet homme. Comme si un doute pouvait naître quant à la réponse. Tartuffe (Christophe Montenez), ce faux dévot, se lave le corps comme Pilate pouvait bien se laver les mains. La scénographie de Koen Tachelet est de couleur noire et blanche. Les éléments sont disposés par des accessoiristes, situés en arrière-scène, qui se mêlent aux protagonistes. Ils interviennent en tant que témoins d'un drame qui se construit par leur aide, sans pouvoir intervenir pour le faire modifier.       <br />
              <br />
       Les rituels sont très présents dans l'adaptation de Ivo Van Hove. Ce sont des rituels d'entrée et de présentation des personnages. Pour Tartuffe, ces deux procédés sont combinés. À l'entame du spectacle, comme nous l'avons vu précédemment, on le découvre, entouré, dans un toilettage fait en silence et plus loin, il se fouette le dos pour rejoindre les escaliers et ensuite le plateau, comme pour se laver de ses pêchés dans le premier cas et s'en punir pour le second.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97049033-67627647.jpg?v=1781894714" alt=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" title=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" />
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     <div>
      Durant la représentation, en arrière-scène, s'étalent sur un écran noir et en lettres blanches des propos et des questionnements en relation directe avec ce qui se joue sur les planches. Comme si le public devait se questionner sur certains temps forts ou à découvrir leur contexte par ces indications, parfois ouvertes ou fermées. L'approche est presque brechtienne, sans que le jeu le soit.       <br />
              <br />
       Tartuffe est savamment mis en exergue dans ses caricatures. On le voit se fouetter le dos, recouvert de sa chemise. Dans chaque tableau se joue un suspense dramaturgique. Chaque séquence est un temps fort qui débute scénographiquement avec une lumière blanche, accompagnée d'un son sec et claquant, qui éclaire la scène et deux protagonistes, souvent face à face, dans un périmètre de jeu délimité par un plateau blanc. Tout est à distance, mais les contacts sont constants. On s'empoigne, on se bat, on s'engueule, on crie, on gesticule, on se caresse, on s'enjambe, on se cache, on se voit, on s'espionne. Tout le panel des émotions est décliné autant par le verbe que par le geste, autant par la parole que par le corps, autant par le cri que par l'éclat. Le silence fait aussi ses entrées en donnant aux propos une résonance qui va au-delà des mots pour les habiller du costume du ressenti.       <br />
              <br />
       Tout est tension. Tartuffe, superbement interprété par Christophe Montenez, est presque diabolique quand il hurle, ses cris accompagnant une gestuelle des mains très physique, ample et parfois violente. Le reste du temps, sa voix est posée, à dessein traînante et pesante, pour porter avec elle une obole de suspicion, de doute. Ainsi, avant même qu'un mot ne sorte de sa bouche, c'est par son maintien et son attitude qu'est décliné Tartuffe. L'habit fait ainsi le moine.       <br />
              <br />
       Ivo Van Hove a adapté la version du classique de Molière en trois actes, interdite en 1664. C'est un inédit. Celui-ci est plus tranché, rapide, violent dans les ruptures dramaturgiques et dans le conflit familial qui oppose Orgon (Thierry Hancisse) à son fils Cléante (Loïc Corbery), et dans l'attrait sexuel et de fausse séduction entre Elmire (Marina Hands), la femme d'Orgon, et Tartuffe.       <br />
              <br />
       La musique apporte une touche presque tragique. L'habillement est contemporain. Costumes, cravates pour les hommes, tailleurs et jupes pour les femmes. C'est assez strict, comme les mots qui sont pesés et dits avec beaucoup d'intention et d'attention pour, entre autres, Tartuffe qui reste un parangon dans ses démonstrations religieuses et lubriques. Son hypocrisie, dénoncée par les autres personnages, emporte avec elle un maniérisme qui lui sied.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97049033-67627649.jpg?v=1781894747" alt=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" title=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" />
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     <div>
      La mise en scène de Van Hove est simple et directe, comme en écho à la sobriété des décors très bien agencés. Un voile très énigmatique entoure le final où les personnages sont en costumes de ville avec, entre autres, Orgon portant une longue cape rapiécée et Cléante, habillé d'un jean, avec un porte-voix à la main. C'est un retournement situationnel autant dans les mœurs, contestataire dans cette scène, que social, par leur urbanité populaire, où les mœurs religieuses du XVIIe siècle ont quitté leur lit pour aller épouser celle d'une modernité beaucoup plus épanouissante. Comme celle que nous a donnée à voir Ivo Van Hove !       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Tartuffe ou l'hypocrite"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97049033-67627666.jpg?v=1781894933" alt=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" title=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" />
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     <div>
      Version interdite en trois actes de 1664.       <br />
       Restituée par Georges Forestier avec la complicité d'Isabelle Grellet.       <br />
       Mise en scène : Ivo Van Hove.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Laurent Delvert.       <br />
       Avec la troupe de la Comédie-Française : Thierry Hancisse, Sylvia Bergé, Loïc Corbery ou Stéphane Varupenne en alternance, Christophe Montenez, Julien Frison, Marina Hands, Christine Brücher, Diego Andres, Chahna Grevoz, Hippolyte Orillard, Lila Pelissier, Alessandro Sanna, Sara Valeri.       <br />
       Dramaturgie : Koen Tachelet.       <br />
       Scénographie et lumières : Jan Versweyveld.       <br />
       Assistant à la scénographie : Jordan Vincent.       <br />
       Assistant aux lumières : François Thouret.       <br />
       Costumes : An D'Huys.       <br />
       Musique originale : Alexandre Desplat.       <br />
       Collaboration musicale : Solrey.       <br />
       Édition musicale : Galilea Music.       <br />
       Son : Pierre Routin.       <br />
       Vidéo : Renaud Rubiano.       <br />
       Production : Comédie-Française. Coréalisation : La Villette.       <br />
       Déconseillé au moins de 15 ans.       <br />
       Durée : 2 h avec entracte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97049033-67627670.jpg?v=1781894968" alt=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" title=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" />
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      <span class="fluo_jaune">Du 21 mai au 11 juillet 2026.</span>       <br />
       Grande Halle de la Villette, 211 avenue Jean Jaurès, Paris 19ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 40 03 75 75.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.villette.com/spectacle?lng=1&amp;id_spectacle=9361&amp;__hstc=130624528.27492a2b16ec45a7508ddd0aab57345c.1781895207874.1781895207874.1781895207874.1&amp;__hssc=130624528.2.1781895207874&amp;__hsfp=9bad843ae3db7a57969755449f9f5963&amp;_gl=1*17t1qb7*_gcl_au*MTQ1NTY4NDE4NC4xNzgxODk1MjU2*_ga*NDU2NjUwMDAxLjE3ODE4OTUyMDg.*_ga_5SQ24GLP5D*czE3ODE4OTUyMDckbzEkZzEkdDE3ODE4OTUyODYkajI5JGwwJGgw&amp;axeptio_token=7ishbDFEqQseWWH-Mqjb-PtLRn" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.lavillette.com/programmation/" target="_blank">&gt;&gt; lavillette.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>"La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon</title>
   <pubDate>Mon, 06 Apr 2026 06:59:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Drame de l'enfermement et des névroses familiales ou sociales, cette pièce de Federico Garcia Lorca – "le pédé au nœud papillon" comme se plaisait à le railler la bourgeoisie réactionnaire franquiste – résonne profondément près d'un siècle après son écriture. Son thème, universel et intemporel, est au cœur de l'intérêt suscité. Mais ici sa "représentation", au travers de la nouvelle traduction de Thibaud Croisy qui en assure aussi la mise en scène et la direction d'actrices, rend encore plus percutant son impact.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917603.jpg?v=1775407326" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Dans un décor sobre au sol uniforme borné par une galerie de colonnes limitant l'espace des joutes à venir, vont s'affronter cinq sœurs soumises à l'impérieuse loi matriarcale et se déchirant entre elles. L'enjeu ? Survivre ! S'opposer aux huit années de deuil décrétées dès la mort du patriarche par Bernarda, leur mère, maîtresse femme, (faussement) pieuse et obscène, obsédée par le qu'en-dira-t-on et opposant un véto péremptoire aux désirs amoureux et/ou sexuels de ses filles. Elle qui, portes et fenêtres murées, entend dorénavant exercer un pouvoir absolu sur son domaine érigé en forteresse. <span style="font-style:italic">&quot;Je n'ai pas raison, ça ne sert à rien la raison. J'ordonne, moi&quot;</span>. Ainsi soit-il.       <br />
              <br />
       Dès l'entrée sur le plateau d'Angustias (l'aînée, <span style="font-style:italic">&quot;la plus moche&quot;</span>, mais la plus riche aussi, ayant hérité naguère d'un autre père, le premier mari de Bernarda), de Magdalena (la fille préférée, la seule qui pleure à l'enterrement du père), d'Amelia, de Martirio (souffrante et le ventre déchiré par l'envie), et d'Adela (la plus jeune, la plus belle et rebelle), une atmosphère lourde de désirs étouffés transpire. Surexposés par les poses délibérément surjouées, croisements de jambes étudiés, tenues seyantes surhaussées par de hauts talons aiguilles, les corps des cinq filles de Bernarda dans leurs postures aguichantes disent (à des degrés différents) ce qui leur est refusé : le droit légitime à jouir de la vie, à jouir tout simplement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917642.jpg?v=1775407379" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Pour compléter cette galerie de portraits exclusivement féminins (même si l'une d'entre elles est interprétée non sans bonheur par un homme, les autres mâles n'étant évoqués qu'au travers de leur absence obsédante ou de qualificatifs bestiaux), il y a aussi La Poncia, au service de Bernarda, &quot;amie&quot; depuis plus de trente ans ; elle, à qui sa patronne rappelle brutalement qu'elle la paie pour servir, elle qui est aussi sa confidente, voire sa conseillère et qui ne rêve que de cracher sur Bernarda (ce qu'elle fait d'ailleurs en son absence, en regardant la salle droit dans les yeux). L'autre domestique, elle, ne sera jamais dénommée que par sa fonction, &quot;servante&quot;. L'une et l'autre maudissant cette maison carcérale qui les nourrit chichement, elles et leurs enfants. L'une et l'autre regardant passer la vie des autres, des femmes qu'elles n'envient aucunement, elles qui pourtant n'ont pour seules richesses que leurs mains… et &quot;un trou qui les attend dans le cimetière&quot;.       <br />
              <br />
       Enfin, il y a la mère très âgée de Bernarda, elle, que l'on enferme dans sa chambre par peur que les voisins ne surprennent sa folie ordinaire. Elle, désinhibée, qui revendique haut et fort le droit d'être amoureuse, de sentir encore la brûlure d'un sexe d'homme en elle (elle relève sa robe et caresse son ventre) et qui se promène avec un chiffon sur l'épaule qu'elle se plait à prendre pour son bébé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917683.jpg?v=1775407432" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Cette atmosphère irrespirable (<span style="font-style:italic">&quot;Ouvre la porte, on étouffe ici&quot;</span>), saturée des frustrations à fleur de peau des demoiselles en mal d'amour et de sexe, va crever comme un abcès à la faveur de la rumeur colportée jusqu'à cet endroit retiré du monde… Le beau et jeune Pepe le Romano ne va-t-il pas convoler avec Angustias (et son héritage), l'aînée des filles n'en revenant pas elle-même d'avoir été l'élue… Dès lors, la jalousie entre les sœurs est portée à son incandescence. Le plateau, devenant champ de bataille, explose de remarques sournoises et d'invectives cruelles (Adela traitant Martirio, rêvant, elle aussi, du grand amour, de &quot;fouille-merde&quot;, après lui avoir jeté à la figure <span style="font-style:italic">&quot;qu'une chose est en train de pourrir en elle et qu'elle va bientôt la faire crever&quot;</span>), insultes violentes à l'envi, redoublées de corps à corps orchestrés en chorégraphies musclées.       <br />
              <br />
       Ce torrent de haine et de fureur se déversant à flux continu ne manquera pas d'être blâmé par Bernarda… la même qui hurle <span style="font-style:italic">&quot;Tuez-la !&quot;</span>, à l'encontre d'une jeune femme du village s'étant fait engrosser par un inconnu. Ce grand écart de Bernarda, des plus grotesques, donne l'occasion à Thibaud Croisy d'éclairer l'hystérie régnante dans un tableau rougeoyant où l'on voit défiler rageuses les sœurs armées d'un râteau, d'une faucille, d'une fourche… mise à part Adela qui, se tenant le ventre plein de l'embryon fœtus, tente de s'opposer à la mise à mort de celle dont sa mère réclame <span style="font-style:italic">&quot;qu'elle soit brûlée par où elle a pêché&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917687.jpg?v=1775407461" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      L'étalon en rut, enfermé dans la remise et faisant trembler les murs de l'édifice de ses coups de sabots répétés, sonne le glas… Il annonce le &quot;mâle&quot; qui s'est abattu sur la maison de Bernarda et de ses filles privées d'hommes, s'entredéchirant à mort. Et lorsque la chute surviendra, les seuls mots prononcés par Bernarda seront : <span style="font-style:italic">&quot;La fille de Bernarda est morte vierge. Vous m'avez entendue ? Silence, j'ai dit Silence !&quot;.</span> Un cri à la hauteur de son impuissance…       <br />
              <br />
       Drame individuel, social et politique, &quot;La maison de Bernarda Alba&quot;, écrite en 1936, fait effraction dans notre contemporanéité au travers de cette représentation traversée de part en part par les pulsions vitales mises sous couvercle. Thibaud Croisy et ses interprètes à l'unisson ont su splendidement transcender ce manifeste libertaire de Federico Garcia Lorca, fusillé par les sbires de Franco, pour questionner notre rapport présent aux injonctions liberticides. Les pulsions sexuelles des protagonistes crèvent le plafond des conventions – encore visibles dans les traces déliquescentes de l'ordre moral judéo-chrétien – au travers de leur incarnation dans des actrices surjouant délibérément l'option sexe.       <br />
              <br />
       Et même si les coups de boutoir répétés des cinq sœurs travaillées par le désir auront pour prix la mort de celle qui avait précisément eut l'audace de transgresser l'ordre établi, ils ébranleront – bien au-delà de la canne brisée de la tenancière des lieux – l'édifice forclos du monde selon Bernarda Alba… Un vrai &quot;plaisir des sens&quot; auquel nous, spectateurs, sommes conviés… en toute impunité.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 25 mars 2026, Grande Salle Vitez du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine à Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La maison de Bernarda Alba"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917717.jpg?v=1775408251" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Création le 4 mars 2026 à La Filature (Mulhouse).       <br />
       Texte : Federico García Lorca.       <br />
       Nouvelle traduction : Thibaud Croisy et Laurey Braguier (publiée chez L'Arche éditeur - février 2026).       <br />
       Mise en scène : Thibaud Croisy.       <br />
       Avec : Elsa Bouchain, Charlotte Clamens, Helena de Laurens, Céline Fuhrer, Michèle Gurtner, Emmanuelle Lafon, Frédéric Leidgens, Lucie Rouxel, Laurence Roy, Hélène Schwaller.       <br />
       Scénographie : Sallahdyn Khatir.       <br />
       Lumières : Caty Olive.       <br />
       Son : Manuel Coursin.       <br />
       Costumes : Angèle Micaux.       <br />
       Collaboration artistique : Élise Simonet.       <br />
       Régie générale : Thomas Cany ou Raphaël de Rosa.       <br />
       Régie son : Romain Vuillet ou Tom Balay.       <br />
       Régie Plateau : Maureen Cléret.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 25 au 28 mars 2026 au tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine à Bordeaux (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 au 17 avril 2026 :</span> T2G – CDN, Gennevilliers (92).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95855748-66917603.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-maison-de-Bernarda-Alba-Une-mise-en-demeure-adressee-a-ses-filles-le-sexe-maudit-a-jamais-la-claustration-comme_a4522.html</link>
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   <title>"La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique</title>
   <pubDate>Thu, 08 Jan 2026 17:57:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Première pièce d'Éric-Emmanuel Schmitt, écrite en 1991, "La nuit de Valognes" est le procès d'un invétéré séducteur, le ci-devant Don Juan, se retrouvant confronté à cinq anciennes victimes au cours d'une nuit mouvementée. C'est ce texte, pas forcément aisé à monter, dont s'est emparée la jeune compagnie Les Enfants du Hibou, basée à Saint-Brieuc dans les Côtes-d'Armor, qui commence avec rigueur et enthousiasme sa toute nouvelle existence.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389612.jpg?v=1767892185" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
     </div>
     <div>
      Une nuit, cinq femmes se retrouvent dans un manoir perdu de la lande normande pour instruire le procès de Don Juan. Celles-ci sont toutes d'anciennes victimes qui veulent l'obliger à épouser la dernière de ses conquêtes, ultime sentence pour un incorrigible enjôleur volage qui devra ainsi subir une paradoxale permanence maritale. Mais curieusement, Don Juan accepte. Est-ce une forme de lassitude qui alors l'envahit ? Qu'est exactement ce procès ? Celui de la séduction et de son unique objectif qu'est sa finalité sexuelle ? Est-ce celui sur le jeu de l'amour et ses abus ?       <br />
              <br />
       Dans &quot;La Nuit de Valognes&quot;, Éric-Emmanuel Schmitt propose une vision personnelle de Don Juan. Même s'il s'attache à reprendre d'anciens traits empruntés à d'autres auteurs, se référant en particulier à Molière, il revisite à sa manière le célèbre mythe et il place son héros dans une situation nouvelle, portant sur une forme plus moderne de spiritualité et posant des questions plus en relation avec des interrogations contemporaines…       <br />
              <br />
       Pourquoi y aurait-il d'un côté que des êtres en quête de l'amour absolu et, de l'autre, les méchants séducteurs ? Les choses ne seraient pas, en réalité, plus complexes ? Connaissons-nous vraiment ces femmes séduites par Don Juan, anciennes victimes ou fraîche victime – Angélique – aux apparences presque trop pures et fragiles, devenues, le temps d'une nuit, des juges ? Il est impossible qu'elles n'aient eu que ce rôle passif…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389615.jpg?v=1767892253" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
     </div>
     <div>
      Dans la vie, on ne peut pas être que victime. Pendant cette longue nuit, nos certitudes se craquellent. Et c'est justement ce que nous allons découvrir à travers les &quot;nouveautés et ruses&quot; dramaturgiques que l'auteur utilise pour faire surgir de nouvelles significations. C’est cela que nous voulons voir : ce qu’il y a derrière.       <br />
              <br />
       Certes, Don Juan raisonne comme un soldat, en perpétuel mouvement, conquérant et seulement conquérant. Dans cette course sans fin, il semble n'éprouver rien d'orgasmique dans l'orgasme, juste la délivrance d'une tension. Et chacune des femmes présentes ce soir-là demandent à Don Juan de les épouser pour expier sa faute et ses crimes passés ? Toutes ou presque toutes raccrocheraient bien à la joute amoureuse… L'art du compliment amoureux, même s'il est pernicieux, ravit les oreilles et les cœurs. Et l’amour dans tout ça ? Enfin, quel est le véritable visage de l’objet amoureux qui suscita, un jour, le plus grand émoi de Don Juan ? Femme ou homme ?       <br />
              <br />
       Tout cela est contenu dans cette version contemporaine de Don Juan. Ce sont les choix d'Éric-Emmanuel Schmitt qu'a très bien retranscrits la Compagnie Les Enfants du Hibou. Appuyée par une mise en scène souvent dynamique, mais toujours précise, d'Émeline Dupuis, les comédiennes, très bien distribuées, donnent à chaque amante séduite et abandonnée, la bonne mesure, la bonne tonalité de leur personnalité. Leurs interprétations éclairent parfaitement les caractères et les humeurs de chacune. Exubérance pour certaines, retenue pour d'autres, envie de récidive marquée pour les unes, plus timides pour les autres.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389647.jpg?v=1767892363" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
     </div>
     <div>
      Ces jeux, bien différenciés par une bonne direction d'acteurs et une mise en espace intelligente, nous permettent d'assister à quelques belles scènes très réussies, dont celle où trois d'entre elles racontent l'histoire de leur rencontre avec le séducteur. Chacune, successivement, continue la phrase de l'autre. Mise en scène au point et interprétation parfaite. Très bonne diction et phrasé fluide, une séquence &quot;aux petits oignons&quot; très agréable.       <br />
              <br />
       De son côté, Don Juan varie les plaisirs et nous offre un large éventail d'émotions et de sentiments, parfois très fougueux, parfois à la frontière d'une lassitude suicidaire. Oui, Don Juan est las… La belle, la douce Angélique en profiterait-elle ? Elle opère, au moins, à minima une réelle prise en main de la situation. Cela vaudra de beaux échanges, à la dramaturgie maîtrisée entre Don Juan et Angélique… Finalement, &quot;Le paon est mort&quot; ! Don Juan a-t-il changé ? Sans aucun doute, et la belle rencontre amoureuse ne sera pas forcément là où on s'y attend.       <br />
              <br />
       La proposition de la Compagnie Les Enfants du Hibou révèle une grande fidélité au texte d'Éric-Emmanuel Schmitt. Toute la troupe, metteuse en scène, comédiennes et comédiens, font montre d'une véritable et enthousiaste implication dans cette création théâtrale. Bien sûr, quelques faiblesses apparaissent parfois dans l'intensité de jeu, on peut ressentir parfois un petit manque d'énergie, mais cela est dû, à mon sens, à la longueur de certains passages du texte. D'une manière générale, cette première pièce de la compagnie de Saint-Brieuc est prometteuse et nous attendons avec impatience leur prochain spectacle.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La nuit de Valognes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389656.jpg?v=1767892397" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
     </div>
     <div>
      Texte : Éric-Emmanuel Schmitt.       <br />
       Mise en scène : Émeline Dupuis.       <br />
       Avec : François Pianetti, Marie-Annick Siméon, Émeline Dupuis, Michel Gaboriau, Hélène Lebouché, Annabel Kerjan, Aurélie Rodrigue, Élodie Le Corvaisier, David Tronel, Anne Verdier.       <br />
       Regard extérieur : Ludovic Pestan.       <br />
       Costumes : Laurent Désille       <br />
       Technique : Frédéric Bouillin et Tom.       <br />
       Par la Compagnie Les Enfants du Hibou.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">17 et 18 janvier 2026.</span>        <br />
       Théâtre de Poche, 6, rue de la Tullaye, Saint-Brieuc (22).       <br />
       Téléphone : 02 56 44 68 68       <br />
       <a class="link" href="https://cie-quaiouest.fr/saison-2025-2026/" target="_blank">&gt;&gt; Théâtre de Poche</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93596443-65389612.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Nuit-de-Valognes-Une-version-revisitee-de-Don-Juan-pour-un-regard-plus-contemporain-mais-aussi-plus-vif-et-plus_a4447.html</link>
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   <title>FAB 2025 "Gathering" Leur terre – celle de Palestine –  promise… à d'autres… Heurs et malheurs d'un peuple à la recherche de ses territoires confisqués</title>
   <pubDate>Thu, 16 Oct 2025 06:56:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au centre de la scène circulaire, une montagne d'oranges aux couleurs éclatantes… Le spectateur, invité au grand "rassemblement" ("Gathering" en arabe) d'un mariage palestinien, est gagné dès les coursives par les musiques enivrantes accompagnées de confidences joyeuses sur la fête qui se prépare. De sa place d'invité(e) de choix, chaussures retirées, chacune, chacun s'apprête à revivre in situ la traversée d'une existence particulière, celle d'une jeune femme déracinée. Une vie jalonnée par les plaisirs des festivités autant que par les deuils liés à son statut de Palestinienne, ballotée comme un fétu de paille par l'Histoire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91734913-64407042.jpg?v=1760364466" alt="FAB 2025 "Gathering" Leur terre – celle de Palestine –  promise… à d'autres… Heurs et malheurs d'un peuple à la recherche de ses territoires confisqués" title="FAB 2025 "Gathering" Leur terre – celle de Palestine –  promise… à d'autres… Heurs et malheurs d'un peuple à la recherche de ses territoires confisqués" />
     </div>
     <div>
      Les fiançailles d'un couple fictif – Israa et Ali – vont servir de &quot;pré-texte&quot; à l'évocation, splendidement chorégraphiée, de fragments d'une mémoire brisée assaillie par un passé traumatique. S'invitant en effet comme des éclats non déminés, la petite histoire et la grande entrelacent leurs rhizomes pour donner à voir et à entendre les heurs et malheurs d'un peuple spolié. Tourbillon &quot;insensé&quot; dont le rythme épouse le chaos à l'œuvre, au risque de nous perdre parfois…       <br />
              <br />
       Si l'on met à part les oranges omniprésentes tant physiquement que symboliquement (oranges avec lesquelles les spectateurs seront invités à prendre part au jeu), les échelles constituent les uniques éléments d'une scénographie habitée superbement par les corps d'artistes palestiniens, arabes, français rejoignant pour la tournée européenne la troupe de YSDT (Yaa Samar ! Dance Theatre) de Samar Haddad King. Ces échelles, à très haute valeur symbolique également, seront régulièrement dressées et gravies par les protagonistes à la recherche de trouées providentielles leur permettant d'échapper &quot;par le haut&quot; à l'enfermement des zones où d'autres qu'eux entendent les circonscrire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91734913-64407044.jpg?v=1760364504" alt="FAB 2025 "Gathering" Leur terre – celle de Palestine –  promise… à d'autres… Heurs et malheurs d'un peuple à la recherche de ses territoires confisqués" title="FAB 2025 "Gathering" Leur terre – celle de Palestine –  promise… à d'autres… Heurs et malheurs d'un peuple à la recherche de ses territoires confisqués" />
     </div>
     <div>
      Des corps dont la tension éclate en impérieux jets au sol, frappes violentes de pieds et de mains. Autant de postures générées par la présence de l'ennemi invisible, des attitudes contrastant avec les explosions de joies festives accompagnées de chants envoûtants et de musiques à fort pouvoir suggestif, dont celles des &quot;Quatre Saisons&quot; de Vivaldi réinterprétées par Max Richter. Ainsi en va-t-il de ce kaléidoscope géant où s'invitent pêle-mêle les éclats de la mémoire post-traumatique mâtinée des moments heureux volés aux tragédies vécues.       <br />
              <br />
       Aux moments de liesse, les spectateurs seront invités, battant des mains, participant pleinement à la transe gagnant les corps des danseurs. Certains même, appartenant au premier cercle des &quot;invités&quot;, les rejoindront sur l'aire centrale pour faire de plus près communauté… Contre toute attente, la vie continue donc à battre dans ces contrées soumises à la destruction massive. Un mariage… une maison… un enfant, ces rêves de bonheur simple seront partagés généreusement avec les spectateurs convives… Mais ces aspirations, si légitimes soient-elles, seront mises à mal l'instant d'après. Ainsi du tableau chorégraphié où Ali, mort, est transporté sur une échelle mise à l'horizontale en guise de brancard funèbre. De même, hissée au sommet du dernier barreau, Israa n'apercevra que des gerbes de feu dévorant les maisons du village.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;La terre est bleue comme une orange&quot;</span>, l'un des plus lumineux vers de Paul Éluard semble ce soir flotter sur l'aire de jeu pour nous envelopper de son baume lénifiant… La couleur bleue attribuée par le poète à la terre, porteuse d'un désir azuréen, suggère de façon fulgurante un trait d'union entre la quête fervente de leur sol par les Palestiniens et l'orange, symbole, s'il en est, de la &quot;culture&quot; de ce peuple condamné à l'exode.        <br />
              <br />
       Entre tragédies vécues au quotidien et moments festifs vécus passionnellement, c'est l'histoire tourmentée de ces hommes et femmes privés de leur territoire depuis la &quot;Nakba&quot; (catastrophe) de 1948, qui nous est contée, chorégraphiée et jouée avec une ardeur sans pareille. Un moment festif aussi délicieux que peut l'être le goût d'une orange dans le désert… même si sa saveur se charge immanquablement d'amertume puissante au gré des déflagrations meurtrières ponctuant ce temps de représentations partagées.        <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mercredi 8 octobre 2025 au tnba avec le FAB, la Scène nationale Carré-Colonnes, La Manufacture CDCN dans le cadre de sa saison hors les murs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Gathering"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91734913-64407486.jpg?v=1760365831" alt="FAB 2025 "Gathering" Leur terre – celle de Palestine –  promise… à d'autres… Heurs et malheurs d'un peuple à la recherche de ses territoires confisqués" title="FAB 2025 "Gathering" Leur terre – celle de Palestine –  promise… à d'autres… Heurs et malheurs d'un peuple à la recherche de ses territoires confisqués" />
     </div>
     <div>
      Texte : Samar Haddad King.        <br />
       Conception et direction : Samar Haddad King.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Stephanie Sutherland.       <br />
       Créé par : Yaa Samar ! Dance Theatre.       <br />
       Chorégraphie : Samar Haddad King, en collaboration avec les performeuses et performeurs.       <br />
       Avec : Samaa Wakim, Mehdi Dahkan, Adan Azzam, Nadim Bahsoun, Charles Brecard, Dounia Dolbec, Yukari Osaka, Zoé Rabinowitz, Arzu Salman, Natalie Salsa, Yousef Sbieh, Enrico Dau Yang Wey, Ash Winkfield et Mohammed Fouad en doublure.       <br />
       Dramaturgie : Enrico Dau Yang Wey.       <br />
       Direction des répétitions : Zoe Rabinowitz.       <br />
       Création lumière : Muaz Aljubeh.       <br />
       Musique : &quot;Les Quatre Saisons&quot; de Vivaldi, recomposé” par Max Richter.       <br />
       Musique originale de : Samar Haddad King.       <br />
       Création costumes et décor : Nancy Mkaabal.       <br />
       Régisseuse plateau : Frances Caperchi.       <br />
       Tout public à partir de 6 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du mercredi 8 au samedi 11 octobre 2025 au tnba (Théâtre national de Bordeaux Métropole) dans le cadre du FAB, en partenariat avec La Manufacture CDCN.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91734913-64407512.jpg?v=1760366029" alt="FAB 2025 "Gathering" Leur terre – celle de Palestine –  promise… à d'autres… Heurs et malheurs d'un peuple à la recherche de ses territoires confisqués" title="FAB 2025 "Gathering" Leur terre – celle de Palestine –  promise… à d'autres… Heurs et malheurs d'un peuple à la recherche de ses territoires confisqués" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée :</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">14 octobre 2025 :</span> Scène nationale du Sud-Aquitain (Bayonne), au Théâtre d'Anglet (64).       <br />
       <span class="fluo_jaune">14 et 15 novembre 2025 :</span> L'Empreinte - Scène nationale Brive-Tulle, au Théâtre de Brive (19).       <br />
       18 novembre 2025 : Scène nationale, Angoulême (16).       <br />
       20 novembre 2025 : Scène nationale de Grand Poitiers et Le Méta – CDN, Poitiers (86).       <br />
       22 novembre 2025 : Le Moulin du Roc - Scène nationale, Niort (79).       <br />
       25 novembre 2025 : La Coursive - Scène nationale, La Rochelle (17).       <br />
       27 novembre 2025 : Théâtre Jean Lurçat - Scène nationale, Aubusson (23).       <br />
              <br />
       <b>FAB - 10ᵉ Festival International des Arts de Bordeaux Métropole.       <br />
       A lieu du 26 septembre au 11 octobre 2025.</b>       <br />
       9 rue des Capérans, Bordeaux (33).       <br />
       <a class="link" href="https://fab.festivalbordeaux.com/" target="_blank">&gt;&gt; fab.festivalbordeaux.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/91734913-64407042.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/FAB-2025-Gathering-Leur-terre-celle-de-Palestine-promise-a-d-autres-Heurs-et-malheurs-d-un-peuple-a-la-recherche-de-ses_a4380.html</link>
  </item>

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   <title>•Off 2025• Dans le paysage blanc, "Funérailles d'hiver" brille d'éclats de rires puissants et noirs</title>
   <pubDate>Tue, 08 Jul 2025 15:31:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2025]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Bah… l'histoire est un peu tristouille, c'est vrai, puisque, dès la première scène, la maman de Latshek Bobitshek est sur le point de décéder et voici, sans attendre, ses dernières paroles données à son fils unique et solitaire, ses dernières volontés, et surtout sa dernière peur : la peur que Latshek se retrouve seul à son enterrement parce que toute la famille doit se rendre à la grande fête pour le grand mariage de la petite cousine, Vélvétsia, justement, le lendemain. Et voilà que le fils promet qu'il y aura du monde avec lui, demain, pour ton enterrement, maman, au moins ton cousin et ta cousine, parents de la mariée et la mariée elle-même, car sans aucun doute, la fête sera reportée pour rendre hommage à la morte… car la maman meurt. Il est deux heures du matin.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89787803-63432019.jpg?v=1751982190" alt="•Off 2025• Dans le paysage blanc, "Funérailles d'hiver" brille d'éclats de rires puissants et noirs" title="•Off 2025• Dans le paysage blanc, "Funérailles d'hiver" brille d'éclats de rires puissants et noirs" />
     </div>
     <div>
      Plongeant dans les méandres abyssaux des hypocrisies familiales, Hanokh Levin lance ainsi le poison qui va donner lieu à une course-poursuite haletante entre ce fils qui tient à respecter les vœux de sa maman et le reste de la famille qui refuse même d'entendre cette nouvelle de crainte… de crainte d'être obligé de prendre une décision : reporter ce mariage qui est l'aboutissement, l'apothéose de toute la vie des parents de la mariée (et toute la fortune y est d'ailleurs passée pour accueillir les deux cents invités et acheter les quatre cents poulets de ce festin) ou alors, ne pas respecter les dernières volontés de l'ancêtre, mais aussi les règles et coutumes qui sont les fondations de la société.         <br />
              <br />
       Le loufoque, l'absurde et la fantaisie la plus débridée insufflent une vie palpitante à cette comédie noire. Le danger de cette écriture est de se laisser emporter sans freins par l'imagination débordante de l'auteur israélien dont la fantaisie et la verve peuvent déclencher des rires en rafales, quitte à perdre le fond et la noirceur de sa vision, mais la compagnie Aitvaras a l'habitude de cette écriture et elle réussit ici encore à créer des portraits truculents qui flirtent, mais ne tombent jamais dans la caricature.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89787803-63432020.jpg?v=1751982220" alt="•Off 2025• Dans le paysage blanc, "Funérailles d'hiver" brille d'éclats de rires puissants et noirs" title="•Off 2025• Dans le paysage blanc, "Funérailles d'hiver" brille d'éclats de rires puissants et noirs" />
     </div>
     <div>
      Les six interprètes, qui se partagent plusieurs rôles, jouent au diapason, avec une énergie sans faille et le grand art de donner à voir toute la folie, mais aussi toutes les bassesses dont sont capables les humains quand il s'agit de ne pas vouloir voir, ne pas vouloir entendre, pour ne pas avoir à choisir. Bref, la lâcheté.       <br />
              <br />
       Le jeu de masque qui renvoie avec justesse à la commedia dell'arte et ses personnages codifiés, les marionnettes pour représenter la toute-puissante soumission des futurs mariés, le jeu corporel très travaillé, presque chorégraphié et quelques intermèdes musicaux (jazz manouche tonique de Victor Breda en live) donnent rythme, fougue et variations à ce spectacle dans lequel l'on entend sans cesse au fond, le rire carnassier et généreux d'Hanokh Levin.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Funérailles d'hiver"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89787803-63432025.jpg?v=1751982240" alt="•Off 2025• Dans le paysage blanc, "Funérailles d'hiver" brille d'éclats de rires puissants et noirs" title="•Off 2025• Dans le paysage blanc, "Funérailles d'hiver" brille d'éclats de rires puissants et noirs" />
     </div>
     <div>
      De Hanokh Levin.       <br />
       Mise en scène : Arno Léon.       <br />
       Avec : Lise Gillet, Arno Léon, Thibault Schrevelle, Lois Vial, Victor Breda, Estelle Ruffin, Anthony Rodriguez.       <br />
       Création musique: Victor Breda.       <br />
       Création lumière: Yanis Charvet.       <br />
       Conception : Noémie Schrevelle.       <br />
       Tout public à partir de 8 ans.       <br />
       Par la Cie Aitvaras.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h 50. Relâche le mardi.       <br />
       Théâtre de l'Adresse, 2, avenue de la Trillade, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 65 81 17 85.       <br />
       <a class="link" href="https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/representations/6410-funerailles-d-hiver" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatredeladresse.com/" target="_blank">>> theatredeladresse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89787803-63432032.jpg?v=1751982270" alt="•Off 2025• Dans le paysage blanc, "Funérailles d'hiver" brille d'éclats de rires puissants et noirs" title="•Off 2025• Dans le paysage blanc, "Funérailles d'hiver" brille d'éclats de rires puissants et noirs" />
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/89787803-63432019.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Dans-le-paysage-blanc-Funerailles-d-hiver-brille-d-eclats-de-rires-puissants-et-noirs_a4293.html</link>
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