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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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   <title>•Off 2024• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial</title>
   <pubDate>Mon, 24 Jun 2024 07:56:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le 14 septembre 1898, Célestine R., jeune femme de chambre, prend sa nouvelle place de domestique, au Mesnyl-Roy en Normandie, dans une famille bourgeoise et décide de tenir son journal en se promettant de n'employer aucune réticence, pas plus vis-à-vis d'elle que des autres, notamment ses employeurs.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81154335-58497984.jpg?v=1689849892" alt="•Off 2024• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" title="•Off 2024• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" />
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     <div>
      Observant ses maîtres par le petit trou de la serrure, fouillant dans le linge sale, elle nous dévoile, derrière le masque de respectabilité de tout ce petit monde, un profond cloaque empli de bassesses et de laideur morale, de misère affective et sexuelle, de vilenies, mesquineries, cruautés, fourberies, tant des maîtres que des serviteurs, de turpitudes sociales et politiques, de perversions et dépravations en tous genres et autres ignominies.       <br />
              <br />
       Entreprise de démolition et de démystification, ce roman nous révèle l'envers du décor et nous amène à faire nôtre le constat vengeur de Célestine : <span style="font-style:italic">&quot;Si infâmes que soient les canailles, ils ne le sont jamais autant que les honnêtes gens&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Certes, le résumé ci-dessus est une parfaite vitrine de ce célèbre roman écrit par Octave Mirbeau et publié en 1900. Pourtant, le choix de Patrick Valette, metteur en scène, auteur et directeur de la Compagnie l'Escabotée, s'est porté exclusivement sur le prisme particulier de l'identité féminine incarnée dans le roman par Célestine, cette employée de maison battante, lucide face aux choses de sa vie et profondément sensible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81154335-58497985.jpg?v=1689849928" alt="•Off 2024• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" title="•Off 2024• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" />
     </div>
     <div>
      Pas de circonstances atténuantes pour la gent masculine dans cette adaptation, mais un très bel hommage à la femme, à ses combats opiniâtres, ses abnégations, ses sacrifices.       <br />
              <br />
       Comment ne pas avoir cerné, à ce point, le combat de cette femme lors de nos études universitaires en littérature comparée et comment être passée à côté de ce qui constitue de toute évidence la substantifique moelle du roman : le cri d'une femme engluée dans un ordre social dévastateur dont les rêves et l'amour permettent de tenir debout et de se battre ! Une chambrière, le double de Mirbeau s'il en est, à travers laquelle le romancier va réaliser l'objectif qu'il s'était fixé dès 1877 : obliger la société <span style="font-style:italic">&quot;à regarder Méduse en face&quot;</span> et à <span style="font-style:italic">&quot;prendre horreur d'elle-même&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Quel magnifique travail d'adaptation réalisé là par Patrick Valette. On se dit qu'il a dû être considérable. Mais une adaptation pour le théâtre n'est rien bien entendu, aussi brillante soit-elle, tant qu'elle n'est pas incarnée par les comédiens et les comédiennes…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81154335-58497986.jpg?v=1689849952" alt="•Off 2024• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" title="•Off 2024• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" />
     </div>
     <div>
      Ici, de comédienne, il n'y en a qu'une sur scène, Dorothée Hardy, formidablement convaincante dans son rôle de femme, proie de la laideur morale du bourgeois et plus globalement de l'humanité toute entière, esclave de la domesticité et du regard des mâles. Il est fort probable qu'Octave Mirbeau serait fier de cette pièce à voir ainsi évoluer ainsi son personnage dans la misère affective et sexuelle.       <br />
              <br />
       Dorothée Hardy en Célestine rit beaucoup. D'aucuns(es) ont reproché à cette direction d'acteurs un trop-plein dérangeant et redondant. Mais il n'en est rien. Le rire de la comédienne, particulièrement sensible et superbement interprété, accorde à son personnage un geste libératoire et ô combien émancipateur.       <br />
              <br />
       &quot;Célestine Mirbeau&quot; aurait très bien pu être la lanceuse d'alerte du mouvement &quot;Me Too&quot; ou de &quot;Balance ton porc&quot; tant la mise en scène et l'interprétation de Dorothée Hardy, portée par l'adaptation de Patrick Valette, sonnent juste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81154335-58497987.jpg?v=1689850011" alt="•Off 2024• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" title="•Off 2024• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" />
     </div>
     <div>
      Derrière la simple figure féminine soumise, qui est une femme purement et simplement, la pièce qui se joue au Verbe Fou met aussi en exergue le thème du domestique, être déclassé, de son instabilité (les femmes de chambre sont ballottées de place en place, au gré des caprices des maîtres et des employeurs), humiliées comme du cheptel, aliénées idéologiquement. De nombreux exemples contemporains pourraient abonder largement dans ce sens. <span style="font-style:italic">&quot;Et dire qu'il existe une ligue de défense des droits des animaux&quot;.</span>       <br />
              <br />
       &quot;Le Journal intime d'une femme de chambre&quot;, à l'affiche du Théâtre de la Tache d'Encre, nous offre, en ce 58ᵉ festival Off, une remarquable adaptation du roman de Mirbeau.       <br />
              <br />
       Courez-y. Vite, vite avant qu'il ne soit trop tard…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le journal d'une femme de chambre"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81154335-58497988.jpg?v=1689850036" alt="•Off 2024• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" title="•Off 2024• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" />
     </div>
     <div>
      Texte : Patrick Valette, d'après Octave Mirbeau.       <br />
       Mise en scène : Patrick Valette.       <br />
       Avec : Dorothée Hardy.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1h 05.       <br />
       Par la Compagnie l'Escabotée.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 juin au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 15 h. Relâche le mardi.       <br />
       Théâtre de la Tache d'Encre, Salle du Rat, 1, rue de la Tarasque, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 85 97 13.       <br />
       <a class="link" href="https://www.latachedencre.com/categorie-produit/theatre/" target="_blank">&gt;&gt; latachedencre.com/</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique</title>
   <pubDate>Fri, 05 Jan 2024 18:34:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Précédant "Extinction" dont le titre prend valeur de testament, "Maîtres anciens" – roman éponyme de Thomas Bernhard adapté ici par Nicolas Bouchaud, Véronique Timsit et Éric Didry – est l'avant-dernier de l'écrivain autrichien. Dans un jeu de massacre haut en couleur, animé par sa haine récurrente de l'État catholique, remugle de l'État national-socialiste, et son non moins irrésistible humour corrosif poussé là à son incandescence, l'auteur déglingue allègrement les Stifter, Heidegger, Bruckner, Beethoven, Mahler et autres figures tutélaires d'un art vicié, instrumentalisé autant par ses auteurs que par ses destinataires.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77643285-56408850.jpg?v=1704479747" alt=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" title=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" />
     </div>
     <div>
      Fossilisés par une culture d'État les ayant accaparés, ces &quot;maîtres anciens&quot; serviles hantent de leur présence-absence le Musée d'art ancien de Vienne où un vieux critique musical vient compulsivement s'asseoir, <span style="font-style:italic">&quot;tous les deux jours, sauf le lundi, depuis plus de trente ans&quot;</span>, pour contempler &quot;L'homme à la barbe blanche&quot; de Tintoret… Tel est ici l'argument de départ donnant lieu à des saillies qui, au-delà de leur folle drôlerie (le sous-titre &quot;Comédie&quot; nous en avertit) ouvre à une vraie réflexion sur l'art et ses avatars.       <br />
              <br />
       Rendant compte par le menu des pensées et gestes en boucle de l'antique critique en musicologie, Nicolas Bouchaud égal à lui-même – lire transcendant – parcourt d'une seule traite ce roman fleuve pour en exprimer, comme on exprime le jus d'un fruit, toute la quintessence. Se coulant à la perfection dans le personnage dont il endosse les tics répétitifs, c'est en état de grâce artistique qu'il délivre mot à mot, phrase à phrase, page à page, le flux et reflux d'une pensée déferlante où la répétition du même a valeur de ponctuation, et où les fragments de nos vies minuscules font effraction dans la cour des soi-disant grands hommes.       <br />
              <br />
       Alors que les derniers spectateurs viennent de prendre place, le comédien assis en bord de travée scrute la salle pour lancer à son adresse : <span style="font-style:italic">&quot;Vous devez vous demander pourquoi je vous ai convoqué ici ? Je vous le dirai, mais laissez-moi le temps…&quot;.</span> D'emblée, la connivence acteur-spectateurs est établie et, durant l'heure et demie qui suivra, elle ne sera jamais rompue tant l'attraction opère, faisant de nous &quot;les victimes – ô combien consentantes – du maître en logorrhée musicologique&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77643285-56408853.jpg?v=1704479780" alt=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" title=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" />
     </div>
     <div>
      Jeux de miroirs entre l'acteur, contemplant de dos une série de toiles blanches où, sur l'une d'entre elles, on peut imaginer entrevoir &quot;L'homme à la barbe blanche&quot; de Tintoret, et nous, nous projetant dans son regard magnétique tant la vérité se donne à voir dans le tourbillon des fragments qui la composent. Une expérience étourdissante, au propre comme au figuré, où l'on perd pied pour mieux se dessaisir des interprétations manufacturées conduisant à une lecture fossilisée des enjeux de l'art vivant.       <br />
              <br />
       Du magma fusionnant les considérations sur la récupération par l'État des artistes &quot;normalisés&quot;, à l'insu de leur plein gré, avec les épreuves des deuils imposés par le fait même de vivre, la pensée fuse faisant corps avec celui de l'acteur l'incarnant. Ainsi, mises en mouvement, les réflexions nous atteignent par vagues successives, aussi imprévisibles qu'impétueuses, propres à nous laver de tous &quot;pré-jugés&quot;. Comme on pourra en juger par ces quelques morceaux choisis extraits de ce bouillon de cultures revisitées…       <br />
              <br />
       Stifter, ce grand maître de la prose vénéré par toute l'élite autrichienne ? Un plumitif minable, un bavard insupportable au style mal fichu, l'auteur en vérité le plus ennuyeux et le plus hypocrite de la littérature allemande, d'une sentimentalité et d'une lourdeur petite-bourgeoise, un pédagogue à l'odeur de moisi… Heidegger, ce philosophe de la Forêt Noire ? Un ridicule petit-bourgeois national-socialiste en culotte de golf, un faible penseur préalpin, un ruminant philosophe foncièrement allemand… Beethoven, cet éminent représentant du classicisme viennois ? Un dépressif chronique, le compositeur d'État par excellence, compositeur plus de tintamarre que de musique, expert de la marche à pas cadencés des notes… Mahler ? Une aberration, le type du compositeur à la mode provoquant l'hystérie de masse, bien plus mauvais encore que Bruckner avec lequel il partage le même kitsch…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77643285-56408862.jpg?v=1704479815" alt=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" title=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" />
     </div>
     <div>
      S'entremêlant à ces portraits au vitriol visant à désacraliser ce que l'art sanctuarisé et ses serviteurs zélés peuvent représenter de forces réactionnaires, des considérations sur les toilettes viennoises dégoûtantes – les Autrichiens étant incultes en matières… de toilettes – voisinent avec des remarques à l'emporte-pièce sur les historiens d'art bêlant devant des troupeaux de moutons au regard vide. Quant aux enseignants, ces profs rabougris, petits-bourgeois cadenassés dans leurs certitudes apprises, empêcheurs de vivre, suppôts de l'État, ils dégoûtent à jamais les enfants autant des musées que de l'existence qu'ils abîment en eux.       <br />
              <br />
       Tableaux peu reluisants s'il en est d'un État catholique post national-socialiste, destructeur des forces de vie, mais brossés avec tant de frénésie vitale que ce qui ressort, derrière les charges des plus appuyées, c'est le bonheur hautement contagieux d'entendre et de voir ce pourfendeur – certes névrosé à l'excès, mais aussi excessivement lucide – d'un système porteur d'une morbidité avérée, rayonner d'humanité vibrante. L'incarnation par l'acteur, revêtant à l'occasion la culotte de peau de l'archétype autrichien, rend encore plus savoureuse la &quot;comédie&quot; humaine ayant trouvé là refuge sur un plateau de théâtre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77643285-56408865.jpg?v=1704479839" alt=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" title=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" />
     </div>
     <div>
      D'autres épisodes plus personnels, comme celui de l'enfance malheureuse à conjurer, ou comme celui du deuil impossible de la femme aimée, rencontrée justement devant ce fameux tableau de Tintoret, font effraction comme des bulles d'oxygène venant crever à la surface de sa mémoire tourmentée. Affres trouvant in fine dans l'art le lieu de la consolation ultime, car même si Shakespeare et Kant nous laissent en plan lorsque l'on aurait besoin d'eux, Schopenhauer peut devenir un médicament de survie. Quant aux gens, même si légitimement on aurait toutes les raisons de les détester, nous voulons vivre avec eux parce que c'est l'unique chance que nous ayons de survivre… sans devenir fous.       <br />
              <br />
       Quant à la chute – la raison pour laquelle le vieux critique de musique nous a invités ce jour-là au Musée d'art ancien –, elle donnera lieu à deux billets… offerts ici par Nicolas Bouchaud pour <span style="font-style:italic">&quot;partager le plaisir de cette folie perverse&quot;</span> qu'est le théâtre en allant découvrir prochainement au Théâtre 14 &quot;Être peintre&quot; d'après la correspondance de Nicolas de Staël.       <br />
              <br />
       De cette comédie au parfum tragique, on ressort rassérénés, voire carrément heureux… En effet, au cœur de la noirceur de l'univers dépeint avec une férocité joyeuse par Thomas Bernhard, se lovent des moments de pur émerveillement transcendant pour la magnifier la lucidité du regard nihiliste. Quant au rôle superbement interprété par Nicolas Bouchaud, définitivement &quot;maître ès-arts&quot;, il amplifie le bonheur offert par ces &quot;Maîtres Anciens&quot;.       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 9 décembre 2023 au Théâtre 14, Paris 14e.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Maîtres anciens (Comédie)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77643285-56408869.jpg?v=1704479878" alt=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" title=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" />
     </div>
     <div>
      Texte : Thomas Bernhard,       <br />
       Un projet de Nicolas Bouchaud.       <br />
       Mise en scène : Éric Didry.       <br />
       Traduction française : Gilberte Lambrichs (publiée aux Éditions Gallimard).       <br />
       Adaptation : Véronique Timsit, Nicolas Bouchaud, Éric Didry.       <br />
       Avec : Nicolas Bouchaud.       <br />
       Collaboration artistique : Véronique Timsit.       <br />
       Scénographie et costumes : Élise Capdenat, Pia de Compiègne.       <br />
       Lumière : Philippe Berthomé, en collaboration avec Jean-Jacques Beaudouin.       <br />
       Son : Manuel Coursin.       <br />
       Voix : Judith Henry.       <br />
       Régie générale, régie son : Ronan Cahoreau-Gallier.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 5 au 23 décembre 2023,       <br />
       au Théâtre 14, 20, avenue Marc Sangnier, Paris 14e.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 12 janvier 2024 :</span> Théâtre des 13 vent - CDN, Montpellier (34).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/77643285-56408850.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Maitres-anciens-Comedie-La-detestation-promue-a-l-etat-de-grace-artistique_a3787.html</link>
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   <title>•Off 2023• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial</title>
   <pubDate>Thu, 20 Jul 2023 12:17:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2023]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le 14 septembre 1898, Célestine R., jeune femme de chambre, prend sa nouvelle place de domestique, au Mesnyl-Roy en Normandie, dans une famille bourgeoise et décide de tenir son journal en se promettant de n'employer aucune réticence, pas plus vis-à-vis d'elle que des autres, notamment ses employeurs.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      Observant ses maîtres par le petit trou de la serrure, fouillant dans le linge sale, elle nous dévoile, derrière le masque de respectabilité de tout ce petit monde, un profond cloaque empli de bassesses et de laideur morale, de misère affective et sexuelle, de vilenies, mesquineries, cruautés, fourberies, tant des maîtres que des serviteurs, de turpitudes sociales et politiques, de perversions et dépravations en tous genres et autres ignominies.       <br />
              <br />
       Entreprise de démolition et de démystification, ce roman nous révèle l'envers du décor et nous amène à faire nôtre le constat vengeur de Célestine : <span style="font-style:italic">&quot;Si infâmes que soient les canailles, ils ne le sont jamais autant que les honnêtes gens&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Certes, le résumé ci-dessus est une parfaite vitrine de ce célèbre roman écrit par Octave Mirbeau et publié en 1900. Pourtant, le choix de Patrick Valette, metteur en scène, auteur et directeur de la Compagnie l'Escabotée, s'est porté exclusivement sur le prisme particulier de l'identité féminine incarnée dans le roman par Célestine, cette employée de maison battante, lucide face aux choses de sa vie et profondément sensible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74154991-51585897.jpg?v=1689849928" alt="•Off 2023• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" title="•Off 2023• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" />
     </div>
     <div>
      Pas de circonstances atténuantes pour la gent masculine dans cette adaptation, mais un très bel hommage à la femme, à ses combats opiniâtres, ses abnégations, ses sacrifices.       <br />
              <br />
       Comment ne pas avoir cerné, à ce point, le combat de cette femme lors de nos études universitaires en littérature comparée et comment être passée à côté de ce qui constitue de toute évidence la substantifique moelle du roman : le cri d'une femme engluée dans un ordre social dévastateur dont les rêves et l'amour permettent de tenir debout et de se battre ! Une chambrière, le double de Mirbeau s'il en est, à travers laquelle le romancier va réaliser l'objectif qu'il s'était fixé dès 1877 : obliger la société <span style="font-style:italic">&quot;à regarder Méduse en face&quot;</span> et à <span style="font-style:italic">&quot;prendre horreur d'elle-même&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Quel magnifique travail d'adaptation réalisé là par Patrick Valette. On se dit qu'il a dû être considérable. Mais une adaptation pour le théâtre n'est rien bien entendu, aussi brillante soit-elle, tant qu'elle n'est pas incarnée par les comédiens et les comédiennes…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74154991-51585914.jpg?v=1689849952" alt="•Off 2023• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" title="•Off 2023• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" />
     </div>
     <div>
      Ici, de comédienne, il n'y en a qu'une sur scène, Dorothée Hardy, formidablement convaincante dans son rôle de femme, proie de la laideur morale du bourgeois et plus globalement de l'humanité toute entière, esclave de la domesticité et du regard des mâles.       <br />
       Il est fort probable qu'Octave Mirbeau serait fier de cette pièce à voir ainsi évoluer ainsi son personnage dans la misère affective et sexuelle.       <br />
              <br />
       Dorothée Hardy en Célestine rit beaucoup. D'aucuns(es) ont reproché à cette direction d'acteurs un trop-plein dérangeant et redondant. Mais il n'en est rien. Le rire de la comédienne, particulièrement sensible et superbement interprété, accorde à son personnage un geste libératoire et ô combien émancipateur.       <br />
              <br />
       &quot;Célestine Mirbeau&quot; aurait très bien pu être la lanceuse d'alerte du mouvement &quot;Me Too&quot; ou de &quot;Balance ton porc&quot; tant la mise en scène et l'interprétation de Dorothée Hardy, portée par l'adaptation de Patrick Valette, sonnent juste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74154991-51585920.jpg?v=1689850011" alt="•Off 2023• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" title="•Off 2023• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" />
     </div>
     <div>
      Derrière la simple figure féminine soumise, qui est une femme purement et simplement, la pièce qui se joue au Verbe Fou met aussi en exergue le thème du domestique, être déclassé, de son instabilité (les femmes de chambre sont ballottées de place en place, au gré des caprices des maîtres et des employeurs), humiliées comme du cheptel, aliénées idéologiquement. De nombreux exemples contemporains pourraient abonder largement dans ce sens. <span style="font-style:italic">&quot;Et dire qu'il existe une ligue de défense des droits des animaux&quot;.</span>       <br />
              <br />
       &quot;Le Journal intime d'une femme de chambre&quot;, à l'affiche du 95-Le Verbe Fou Théâtre littéraire, nous offre, en ce 57e festival Off, une remarquable adaptation du roman de Mirbeau.       <br />
              <br />
       Courez-y. Vite, vite avant qu'il ne soit trop tard…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le journal d'une femme de chambre"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74154991-51585927.jpg?v=1689850036" alt="•Off 2023• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" title="•Off 2023• "Le journal d'une femme de chambre" Quand une "seule en scène" redore et condense joliment l'ouvrage initial" />
     </div>
     <div>
      Texte : Patrick Valette, d'après Octave Mirbeau.       <br />
       Mise en scène : Patrick Valette.       <br />
       Avec : Dorothée Hardy.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1h 05.       <br />
       Par la Compagnie l'Escabotée.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 29 juillet 2023.</span>       <br />
       Tous les jours à 17 h 30. Relâche le mercredi.       <br />
       Le Verbe Fou Théâtre littéraire, 95, rue des Infirmières, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 85 29 90.       <br />
       <a class="link" href="https://www.leverbefou.fr/" target="_blank">&gt;&gt; leverbefou.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74154991-51585896.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-Le-journal-d-une-femme-de-chambre-Quand-une-seule-en-scene-redore-et-condense-joliment-l-ouvrage-initial_a3689.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-74060437</guid>
   <title>•Off 2023• "Mes élèves vont bien" Les maîtres d'écoles sont des jardiniers en intelligences humaines*</title>
   <pubDate>Sat, 15 Jul 2023 10:36:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Lauriou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2023]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le Festival d'Avignon me fait penser par moments à une immense école. Le programme, composé de près de 1 500 spectacles, tel un guide incontournable, incarne l'instituteur ou l'institutrice. Les élèves sont joués par les nombreux festivaliers et les salles se transforment, le temps d'un été, en salle de classe. Les élèves, ce grand public qui déambule dans les brûlantes rues de la cité, sont sympathiques, rabat-joie, souriants, curieux, concentrés ou indisciplinés. Exactement comme des élèves dans une salle de classe. De tout, il faut de tout pour faire un monde. N'est-ce pas cela l'humanité ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74060437-51508157.jpg?v=1689411719" alt="•Off 2023• "Mes élèves vont bien" Les maîtres d'écoles sont des jardiniers en intelligences humaines*" title="•Off 2023• "Mes élèves vont bien" Les maîtres d'écoles sont des jardiniers en intelligences humaines*" />
     </div>
     <div>
      Justement ! Parlons-en de cette salle de classe représentée parfaitement sur le plateau du théâtre de l'Atelier Florentin. Un grand bravo à la &quot;scéno&quot; d'Achille Jourdain. Celui qui joue est désormais comédien et relate son histoire alors qu'il était instituteur et directeur d'école. Il s'appelle Christophe Som. Il était cette humanité pendant plusieurs années jusqu'à ce qu'il démissionne pour une raison qu'il exprime simplement : <span style="font-style:italic">&quot;j'avais l'impression de ne pas pouvoir bien faire mon métier&quot;</span>. &quot;Bien faire son métier&quot; quand on est passionné, qu'on donne tout, de sa vie, de son temps, de ses moments de repos pour toujours plus, encore mieux partager son savoir et enseigner.       <br />
              <br />
       Rattrapé par ce mastodonte contraignant plus connu sous le nom &quot;d'Éducation nationale&quot;, regroupant des fonctionnalités toutes plus incompréhensibles qu'incohérentes pour ne pas dire &quot;tordues&quot;, nombreux sont ces enseignants dont la vocation pourtant motivée, laissent tomber tableau, stylos et cahiers pour retrouver sérénité et santé. Ne pas se faire démolir alors que leur seule mission était d'accueillir, partager et instruire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74060437-51508158.jpg?v=1689411753" alt="•Off 2023• "Mes élèves vont bien" Les maîtres d'écoles sont des jardiniers en intelligences humaines*" title="•Off 2023• "Mes élèves vont bien" Les maîtres d'écoles sont des jardiniers en intelligences humaines*" />
     </div>
     <div>
      Christophe Som, tel un conteur – douceur à l'état pur – nous parle de son parcours semé d'embûches tout en ajoutant les moments de joie et de bonheur. Ces élèves, pendant toutes ces années, lui ont tant apporté. Pourquoi alors démissionner ? Pour tout le reste. Ces courriers, ces mails, les parents mécontents, l'inspectrice ou inspecteur qui écrasent plutôt que soutenir. Tous qui devraient marcher dans la même direction se retrouvent à faire bande à part. Et au milieu, pourtant, les enfants et leur devenir.       <br />
              <br />
       Tous, nous sommes allés à l'école. Beaucoup ont connu l'ère du &quot;maître d'école&quot;, celui qu'on écoutait, qu'on respectait et qui souvent faisait preuve d'une grande humanité, privilégiant d'abord l'égalité. La chance pour toutes et tous, qu'un élève soit handicapé, de couleurs différentes, moins riche que l'autre ou en difficulté. En laissant partir un homme comme Christophe Som, l'Éducation nationale perd encore un &quot;BON&quot; homme, simple, généreux et passionné. Un homme lassé de se battre contre vents et marées. Si seulement cela pouvait nous faire &quot;marrer&quot; ? Pas vraiment. De bons enseignants, on va en manquer terriblement.       <br />
              <br />
       Une salle de classe pleine à craquer n'a pas la même saveur qu'une salle de théâtre bondée, c'est vrai. Moins d'élève dans les classes, pour mieux accompagner, serait une des solutions à trouver. En revanche, des festivaliers nombreux à 21 h 15 à l'Atelier Florentin pour partager ce doux moment de générosité, de talent et d'humanité, est une solution toute trouvée pour comprendre à quel point perdre ces maîtresses et maîtres d'école va devenir un réel problème de notre société.       <br />
              <br />
       &quot;Mes élèves vont bien&quot; est une bulle de tendresse dans cet océan de requins qui, de l'éducation, ne comprennent décidément plus rien !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Victor Hugo.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mes élèves vont bien"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74060437-51508159.jpg?v=1689411773" alt="•Off 2023• "Mes élèves vont bien" Les maîtres d'écoles sont des jardiniers en intelligences humaines*" title="•Off 2023• "Mes élèves vont bien" Les maîtres d'écoles sont des jardiniers en intelligences humaines*" />
     </div>
     <div>
      Texte : Christophe Som.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Achille Joudrain.       <br />
       Avec : Christophe Som.       <br />
       Compagnie Théâsique.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Off 2023•</b>        <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 29 juillet 2023.</span>        <br />
       Tous les jours à 21 h 15. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre Atelier Florentin, 28 rue Guillaume Puy, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 84 51 07 00.       <br />
       <a class="link" href="http://atelierflorentin.com/" target="_blank">&gt;&gt; atelierflorentin.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74060437-51508157.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-Mes-eleves-vont-bien-Les-maitres-d-ecoles-sont-des-jardiniers-en-intelligences-humaines_a3674.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"La leçon"… Décalée et toute en couleur !</title>
   <pubDate>Thu, 17 Nov 2022 07:33:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Après "Les chaises ?" et "M. & Mme Rêve", le couple Pietragalla-Derouault renoue avec l'œuvre d'Eugène Ionesco. Dans une mise en scène où les chorégraphies alimentent les dialogues théâtraux, le verbe devient dansé et est porté par celles-ci en redessinant la création du dramaturge roumano-français dans un rapport, à l'autre et à l'espace, vif, mais tout en nuances.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68788804-48310472.jpg?v=1668525068" alt=""La leçon"… Décalée et toute en couleur !" title=""La leçon"… Décalée et toute en couleur !" />
     </div>
     <div>
      Voilà une scénographie aux couleurs sombres, mais avec des chorégraphies éclatantes autour de sept danseurs dont Marie (Solène Ernaux Messina), le professeur (Julien Derouault) et l'élève (Caroline Jaubert), les trois protagonistes de &quot;La leçon&quot; (1951) de Ionesco (1909-1994). Cette pièce est jouée, avec &quot;La cantatrice chauve&quot;, au théâtre de la Huchette depuis le 16 février 1957. Toujours d'actualité, car mettant en lumière savoir et autorité, elle peut avoir plusieurs grilles de lecture. Celle du couple Pietragalla-Derouault fait du corps un médium d'expressivité en appui de la voix pour incarner les différentes figures de l'autorité et de l'asservissement.       <br />
              <br />
       Les chorégraphies intègrent du chant entonné en chœur. Nous sommes ainsi au carrefour de trois arts qui crée une dynamique de groupe dans laquelle chaque artiste se lie à l'autre dans un rapport autant physique qu'oral, l'oralité étant scandée par des répliques théâtrales ou des chants faisant de la voix un élément à différentes tonalités où se mêlent la domination, la souffrance et l'entêtement.       <br />
              <br />
       Cette gamme d'émotions est recouverte d'un voile chorégraphique où les corps, tendus, se libèrent d'une tension, mais où la discipline et les propos d'un maître d'école les ploient aussi dans une souplesse et des torsions multiples. L'ensemble se retrouve dans des positions autant droites, allongées, assises, qu'en diagonale ou en cercle. Les courbures et les angles cohabitent dans des mouvements qui se disputent à la parole. Les membres supérieurs se plissent, les troncs se courbent et se tendent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68788804-48310477.jpg?v=1668525101" alt=""La leçon"… Décalée et toute en couleur !" title=""La leçon"… Décalée et toute en couleur !" />
     </div>
     <div>
      Les interprètes jaillissent, se regroupent, s'étirent. On sort, on entre comme dans un vaudeville dont la vivacité et le dynamisme sont empruntés. La tension est continuelle par la voix qui devient un baromètre rythmique où les mots lancés tapent comme sur un tambour. Le groupe reste compact comme une galaxie où, de temps en temps, certaines étoiles, comme le professeur, l'élève et Marie, sortent pour en revenir.       <br />
              <br />
       Torsions et contorsions alternent à l'image des relations névrotiques entre les différents protagonistes. Le ton rudement professoral parfois est transformé en gestuelles amples dans un rythme rapide et presque tourbillonnant. Il n'y a pas de moment de pause, tout est en mouvement.       <br />
              <br />
       Au centre, Julien Derouault est comme un chef d'orchestre, le tronc souvent redressé. Sa prestation très physique le pose comme le chef du plateau où, sous le couvert de répliques lancées comme des ordres, une trame corporelle très dynamique s'exécute. La dramaturgie d'Eugène Ionesco est respectée même si une partie de la pièce a dû être amputée afin d'avoir un équilibre entre danse et théâtre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Ça saute, ça tombe avec les bras hauts levés et les mains ouvertes, les danseurs, en tension, se courbent pour se déployer ensuite. En cercle, en file indienne, cela avance comme une armée tout à la fois disciplinée et poétique. Massif, dominateur, le professeur s'impose corporellement avec l'esthétique du danseur. Avec la fermeté de l'autorité et la tyrannie d'un sachant autocratique, Julien Derouault incarne toutes ces figures. Sa voix questionne, interpelle, répète. Nous sommes dans un savoir professoral, en dehors de toute réflexion, faisant de l'élève une simple marionnette.       <br />
              <br />
       C'est beau et coloré avec une très belle mise en scène qui laisse voir un tournoiement chorégraphique où les voix font écho à une dynamique corporelle en respectant le fameux adage &quot;faire corps avec son esprit&quot;. Un pur délice.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La leçon"</b></div>
     <div>
      D'après l'œuvre originale d'Eugène Ionesco.       <br />
       Pièce pour 7 danseurs.       <br />
       Conception et chorégraphie : Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault.       <br />
       Avec : Julien Derouault, Caroline Jaubert, Solène Ernaux Messina, Amélie Lampidecchia, Carla Béral, Robin Sallat, Antonin Vanlangendonck.       <br />
       Conception visuelle et scénographie 3D : Christophe Rendu.       <br />
       Lumière : Alexis David.       <br />
       Costumes : Marie-Claude Pietragalla.       <br />
       Production Théâtre du Corps.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 octobre au 3 décembre 2022.</span>       <br />
       Vendredi et samedi à 19 h, dimanche à 14 h 30, en alternance avec &quot;La Femme Qui Danse&quot;.       <br />
       Théâtre de la Madeleine, Paris 8e, 01 42 65 07 09.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-madeleine.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-madeleine.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/68788804-48310472.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-lecon-Decalee-et-toute-en-couleur-_a3446.html</link>
  </item>

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