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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>"La Langue de mon père" Se reconstruire avec l'absence du père dans une quête linguistique à dessein identitaire</title>
   <pubDate>Fri, 02 Feb 2024 11:25:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Se raconter pour se réconcilier avec son passé, avec les siens, avec les absences assumées ou occultées… et éclaircir, comprendre, assimiler la problématique d'une identité compliquée à endosser, à vocation d'interdiction, celle d'être kurde (ou à moitié kurde, ici la différence n'a pas d'incidence) dans une Turquie qui applique encore une répression régulière (politique, militaire, sociale…) envers ce peuple dont même la langue fut longtemps considérée comme illégale.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78141208-56743498.jpg?v=1706871151" alt=""La Langue de mon père" Se reconstruire avec l'absence du père dans une quête linguistique à dessein identitaire" title=""La Langue de mon père" Se reconstruire avec l'absence du père dans une quête linguistique à dessein identitaire" />
     </div>
     <div>
      Comment faire récit pour interroger la honte d'appartenir à un peuple, pour questionner les raisons d'un racisme au quotidien et pour réaliser un voyage salvateur sur son passé, aussi difficile soit-il lorsqu'il y est question de violences – tant dans la famille que dans la société où l'on s'est construite – et d'abandon. L'état d'autrice et de comédienne donne cette possibilité d'établir une histoire, un témoignage écrit et d'en faire sa transmission orale. Sultan Ulutas Alopé s'en est emparé pour concevoir une pièce inspirée de son propre parcours.       <br />
              <br />
       Sultan Ulutas Alopé est née à Istanbul en 1988 d’une mère turque et d’un père kurde. Comme son personnage, elle effectue le voyage vers la France en 2017 pour compléter un Master en cinéma et art dramatique. Comme toute étrangère, elle fait une demande de permis de séjour. Elle se saisit du temps de la procédure, durant lequel travailler lui est interdit, pour faire ce qu’elle n’avait pas osé jusqu’alors : apprendre le kurde, la langue de son père, dans un institut français. Au travers de cet apprentissage, elle exhume la honte d’être kurde, inconsciemment ressentie pendant l’enfance et l’adolescence, et effectue un voyage à l'envers dans sa mémoire, dans ses ressentis intimes, longtemps restés enfouis dans un passé confus et peu joyeux.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78141208-56743499.jpg?v=1706871180" alt=""La Langue de mon père" Se reconstruire avec l'absence du père dans une quête linguistique à dessein identitaire" title=""La Langue de mon père" Se reconstruire avec l'absence du père dans une quête linguistique à dessein identitaire" />
     </div>
     <div>
      Et ce texte autographique devient alors en toute logique celui documentaire de la vie en Turquie dans les années quatre-vingt-dix. Au fil des souvenirs personnels surgissent des détails propres aux pratiques de la société turque à cette époque.        <br />
              <br />
       Prenant le parti de commencer la narration avec sa voix en off, elle entame son récit dans une forme à la fois de mise en situation et de justification. <span style="font-style:italic">&quot;Rassurez-vous, je ne suis pas une terroriste&quot;</span>, précise-t-elle. Pourtant, elle est étonnamment souriante, lumineuse, faisant montre d'une forme d'humour… un peu grinçant. <span style="font-style:italic">&quot;Comment cela peut-il être dangereux de chanter, de parler dans sa langue ?&quot;</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Comme le français n’est pas ma langue maternelle, j’ai une manière différente de m’exprimer dans cette langue. Dans le texte, il y a un langage particulier qui vient d’une &quot;étrangère&quot;. Cela crée une cohérence avec la manière de parler de ce personnage immigré en France récemment. Les fautes et les anomalies de la langue du texte sont les bienvenues tant que le sens n’est pas altéré. Pour raconter cette histoire intime et politiquement très sensible dans mon pays, en Turquie, j’avais besoin de passer majoritairement par la langue française.&quot;</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78141208-56743511.jpg?v=1706871201" alt=""La Langue de mon père" Se reconstruire avec l'absence du père dans une quête linguistique à dessein identitaire" title=""La Langue de mon père" Se reconstruire avec l'absence du père dans une quête linguistique à dessein identitaire" />
     </div>
     <div>
      Puis apparaissent, au fil de cette exploration orale, la notion de l'absence, celles du père, devenant une véritable habitude durant son enfance, parfois courtes, de quelques jours, parfois longues, pouvant durer des mois. D'autres souvenirs surgissent, de temps en temps plus douloureux… ou pas, comme la rencontre entre le père kurde et la mère turque, avec, en second plan, les relations quelques fois violentes entre les deux.       <br />
              <br />
       Ce parcours mémoriel, c'est aussi prendre conscience de certaines évidences peu aisées à comprendre lorsqu'on est une petite fille : <span style="font-style:italic">&quot;En tant qu’enfants Kurdes qui grandissent dans une région nationaliste Turque, nous comprendrons vite qu’il faut se camoufler comme des caméléons. Ma petite sœur, par exemple, le comprend en perdant sa meilleure amie parce que ses parents ont appris que notre père est Kurde. Moi, je n’ai pas envie de rester toute seule pendant toute ma vie. Donc, je me tais. Nous sommes deux de cette race dite &quot;maudite&quot; dans la classe, Salim et moi. Nous ne nous sommes jamais dits que nous sommes Kurdes, mais nous le savons.&quot;</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78141208-56743521.jpg?v=1706871224" alt=""La Langue de mon père" Se reconstruire avec l'absence du père dans une quête linguistique à dessein identitaire" title=""La Langue de mon père" Se reconstruire avec l'absence du père dans une quête linguistique à dessein identitaire" />
     </div>
     <div>
      Bien plus tard, une fois partie à l'étranger, ici en France, viennent s'ajouter, comme de nouvelles épreuves, le statut de réfugiée et son cercle vicieux de l'obtention du permis de séjour. Mais, au travers de tout cela, est mis en exergue la problématique identitaire par la découverte d'une autre culture. Sultan Ulutas Alopé traite le sujet avec une réelle densité tout en gardant une certaine fraîcheur, tant dans le phrasé de son texte que dans son attitude ouverte et généreuse, osant parfois, avec le sourire, les adresses directes au public.       <br />
              <br />
       Ayant pris le parti d'une mise en scène sobre – excepté une séquence &quot;dancefloor&quot;, comme un défouloir et une prise de conscience de l'occidentalité –, d'une scénographie dépouillée – seule une chaise est présente sur le plateau –, Sultan Ulutas Alopé nous offre, sous couvert d'apprentissage légitime de &quot;La Langue de son père&quot;, une exploration instructive et documentée par l'expérience de ce que peut être une quête de l'identité. De l'autobiographie initiale à la fiction écrite et théâtralisée, elle rend cette problématique à nouveau universelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Langue de mon père"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78141208-56743550.jpg?v=1706871251" alt=""La Langue de mon père" Se reconstruire avec l'absence du père dans une quête linguistique à dessein identitaire" title=""La Langue de mon père" Se reconstruire avec l'absence du père dans une quête linguistique à dessein identitaire" />
     </div>
     <div>
      Texte : Sultan Ulutas Alopé.       <br />
       Texte publié aux éditions L'Espace d'un instant, 2023.       <br />
       Conception et jeu : Sultan Ulutas Alopé.       <br />
       Collaboration à la mise en scène : Jeanne Garraud.       <br />
       Création et régie lumière : Vincent Chrétien.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 janvier au 2 février 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h, samedi 27 janvier à 18 h.       <br />
       Relâche le dimanche 28 janvier.       <br />
       TNS, Espace Grüber, Strasbourg, 03 88 24 88 24.       <br />
       <a class="link" href="https://www.tns.fr/" target="_blank">&gt;&gt; tns.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">6 février 2024 :</span> La Mouche, Saint-Genis-Laval (69).       <br />
       Du 12 au 14 mars 2024 : Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon 4e (69).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/78141208-56743498.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>•Avignon Off 2018• Une chambre d’hôtel en Turquie comme un entre-deux-mondes, entre l’Europe et le Moyen-Orient, entre un homme et une femme</title>
   <pubDate>Tue, 24 Jul 2018 10:56:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2018]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans un hôtel de Turquie, un père de famille de la France ordinaire attend son fils parti se battre dans les rangs de Daesh. Dans ce même hôtel de Turquie, une mère de famille kurde gagne sa vie en tant que femme de chambre, elle attend elle aussi quelque chose.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23977255-26010816.jpg?v=1532423810" alt="•Avignon Off 2018• Une chambre d’hôtel en Turquie comme un entre-deux-mondes, entre l’Europe et le Moyen-Orient, entre un homme et une femme" title="•Avignon Off 2018• Une chambre d’hôtel en Turquie comme un entre-deux-mondes, entre l’Europe et le Moyen-Orient, entre un homme et une femme" />
     </div>
     <div>
      Ces deux êtres, au fil des jours où il ne passe rien, vont peu à peu s'apprivoiser, se découvrir, s'attacher dans cet espace vaguement intemporel de l'attente hors du quotidien, hors de l'intime, où pourtant l'intime va éclater de toute sa force.       <br />
              <br />
       Le français moyen inventé par Gilles Granouillet possède toutes les caractéristiques du genre : il est normal en tout. Marié, père d'une fille et d'un fils, il a pu construire une maison pour sa famille grâce à son travail de VRP en machines agricoles et offrir le confort, la sécurité et les études à ses enfants. Tout ce qui définit une existence banale, parfaitement ordinaire, idéalement ordinaire pourrait-on dire, il le réalise jusqu'au jour où son fils disparaît dans le désert pour se battre dans le camp d'un dieu dont il ignore tout, pour une cause inconnue de lui.       <br />
              <br />
       La disposition scénique présente la chambre, où se déroule l'action, comme un lieu très théâtralisé, comme pour s'extraire du documentaire. Les meubles et les murs sont autant d'écrans où l'obsession de la guerre explose sporadiquement. Un écran de télé retransmet également en continu des informations sur la guerre. C'est le lointain mais aussi l'espace mental du personnage que l'on partage. Un peu à l'écart, hors de l'action, Simon Chomel rythme la suite des jours de sa musique jouée en live. Une présence qui renforce la distance de cette chambre avec la réalité. Elle est malgré l'endroit où elle se trouve, en Turquie, une bulle pour l'instant épargnée du monde.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23977255-26010849.jpg?v=1532423829" alt="•Avignon Off 2018• Une chambre d’hôtel en Turquie comme un entre-deux-mondes, entre l’Europe et le Moyen-Orient, entre un homme et une femme" title="•Avignon Off 2018• Une chambre d’hôtel en Turquie comme un entre-deux-mondes, entre l’Europe et le Moyen-Orient, entre un homme et une femme" />
     </div>
     <div>
      Et c'est dans cet esprit et ce no man's land virtuel que va se développer la découverte mutuelle des deux personnages. Le petit français ordinaire y perdra quelques préjugés (Ecer, la femme de chambre, est en fait une intellectuelle dont les connaissances dépassent de loin les siennes). Une manière fine et belle de mettre en avant, dans ce canevas tragique, l'humain plutôt que de discourir des raisons générales de cette guerre.       <br />
              <br />
       Pourtant, les deux personnages sont intégralement impliqués dans le conflit, et pas exactement dans le même camp. C'est une part primordiale de cette rencontre, une part souvent non dite mais largement exprimée par les actes. Il est le père d'un combattant de Daesh tandis qu'elle, information que l'on apprend bien plus tard, est combattante peshmerga, une kurde devenue guerrière contre Daesh.       <br />
              <br />
       &quot;Une Chambre en attendant&quot; raconte cette belle histoire, une rencontre improbable mais que les événements de la planète ont provoquée, une rencontre qui, dans un monde merveilleux, se terminerait dans l'espoir, mais qui dans la réalité qui nous occupe, et c'est toute la beauté de cette pièce, fait échouer pour l'instant cet espoir. Pour l'instant. Elle est aussi une manière de rendre hommage aux femmes, à leur courage, à leur implication dans la guerre, car ici, c'est Ecer qui agit.       <br />
              <br />
       Une mise en scène bien servie par le jeu brut, rugueux, presque nature des deux interprètes qui donne aux deux personnages une réalité palpable, une simplicité efficace.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Une chambre en attendant"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23977255-26010854.jpg?v=1532423849" alt="•Avignon Off 2018• Une chambre d’hôtel en Turquie comme un entre-deux-mondes, entre l’Europe et le Moyen-Orient, entre un homme et une femme" title="•Avignon Off 2018• Une chambre d’hôtel en Turquie comme un entre-deux-mondes, entre l’Europe et le Moyen-Orient, entre un homme et une femme" />
     </div>
     <div>
      Texte : Gilles Granouillet.       <br />
       Mise en scène : Claudine Van Beneden.       <br />
       Assistant mise en scène : Raphaël Fernandez.       <br />
       Avec : François Font, Claudine Van Beneden, Rapahaël Fernandez, Simon Chomel.       <br />
       Musicien et compositeur : Simon Chomel.       <br />
       Scénographe : Blandine Vieillot.       <br />
       Création vidéo : Catherine Demeure.       <br />
       Lumières : Guillaume Lorchat.       <br />
       Son : Magali Burdin.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>● Avignon Off 2018 ●</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 au 29 Juillet 2018.</span>       <br />
       Présence Pasteur,       <br />
       13, rue du Pont Trouca, Avignon.       <br />
       Tous les jours à 12 h 05, relâche le lundi.       <br />
       Réservation : 04 32 74 18 54.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.compagnienosferatu.com/" target="_blank">&gt;&gt; compagnienosferatu.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/23977255-26010816.jpg</photo:imgsrc>
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