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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>"La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique</title>
   <pubDate>Thu, 08 Jan 2026 17:57:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Première pièce d'Éric-Emmanuel Schmitt, écrite en 1991, "La nuit de Valognes" est le procès d'un invétéré séducteur, le ci-devant Don Juan, se retrouvant confronté à cinq anciennes victimes au cours d'une nuit mouvementée. C'est ce texte, pas forcément aisé à monter, dont s'est emparée la jeune compagnie Les Enfants du Hibou, basée à Saint-Brieuc dans les Côtes-d'Armor, qui commence avec rigueur et enthousiasme sa toute nouvelle existence.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389612.jpg?v=1767892185" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
     </div>
     <div>
      Une nuit, cinq femmes se retrouvent dans un manoir perdu de la lande normande pour instruire le procès de Don Juan. Celles-ci sont toutes d'anciennes victimes qui veulent l'obliger à épouser la dernière de ses conquêtes, ultime sentence pour un incorrigible enjôleur volage qui devra ainsi subir une paradoxale permanence maritale. Mais curieusement, Don Juan accepte. Est-ce une forme de lassitude qui alors l'envahit ? Qu'est exactement ce procès ? Celui de la séduction et de son unique objectif qu'est sa finalité sexuelle ? Est-ce celui sur le jeu de l'amour et ses abus ?       <br />
              <br />
       Dans &quot;La Nuit de Valognes&quot;, Éric-Emmanuel Schmitt propose une vision personnelle de Don Juan. Même s'il s'attache à reprendre d'anciens traits empruntés à d'autres auteurs, se référant en particulier à Molière, il revisite à sa manière le célèbre mythe et il place son héros dans une situation nouvelle, portant sur une forme plus moderne de spiritualité et posant des questions plus en relation avec des interrogations contemporaines…       <br />
              <br />
       Pourquoi y aurait-il d'un côté que des êtres en quête de l'amour absolu et, de l'autre, les méchants séducteurs ? Les choses ne seraient pas, en réalité, plus complexes ? Connaissons-nous vraiment ces femmes séduites par Don Juan, anciennes victimes ou fraîche victime – Angélique – aux apparences presque trop pures et fragiles, devenues, le temps d'une nuit, des juges ? Il est impossible qu'elles n'aient eu que ce rôle passif…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389615.jpg?v=1767892253" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
     </div>
     <div>
      Dans la vie, on ne peut pas être que victime. Pendant cette longue nuit, nos certitudes se craquellent. Et c'est justement ce que nous allons découvrir à travers les &quot;nouveautés et ruses&quot; dramaturgiques que l'auteur utilise pour faire surgir de nouvelles significations. C’est cela que nous voulons voir : ce qu’il y a derrière.       <br />
              <br />
       Certes, Don Juan raisonne comme un soldat, en perpétuel mouvement, conquérant et seulement conquérant. Dans cette course sans fin, il semble n'éprouver rien d'orgasmique dans l'orgasme, juste la délivrance d'une tension. Et chacune des femmes présentes ce soir-là demandent à Don Juan de les épouser pour expier sa faute et ses crimes passés ? Toutes ou presque toutes raccrocheraient bien à la joute amoureuse… L'art du compliment amoureux, même s'il est pernicieux, ravit les oreilles et les cœurs. Et l’amour dans tout ça ? Enfin, quel est le véritable visage de l’objet amoureux qui suscita, un jour, le plus grand émoi de Don Juan ? Femme ou homme ?       <br />
              <br />
       Tout cela est contenu dans cette version contemporaine de Don Juan. Ce sont les choix d'Éric-Emmanuel Schmitt qu'a très bien retranscrits la Compagnie Les Enfants du Hibou. Appuyée par une mise en scène souvent dynamique, mais toujours précise, d'Émeline Dupuis, les comédiennes, très bien distribuées, donnent à chaque amante séduite et abandonnée, la bonne mesure, la bonne tonalité de leur personnalité. Leurs interprétations éclairent parfaitement les caractères et les humeurs de chacune. Exubérance pour certaines, retenue pour d'autres, envie de récidive marquée pour les unes, plus timides pour les autres.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389647.jpg?v=1767892363" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
     </div>
     <div>
      Ces jeux, bien différenciés par une bonne direction d'acteurs et une mise en espace intelligente, nous permettent d'assister à quelques belles scènes très réussies, dont celle où trois d'entre elles racontent l'histoire de leur rencontre avec le séducteur. Chacune, successivement, continue la phrase de l'autre. Mise en scène au point et interprétation parfaite. Très bonne diction et phrasé fluide, une séquence &quot;aux petits oignons&quot; très agréable.       <br />
              <br />
       De son côté, Don Juan varie les plaisirs et nous offre un large éventail d'émotions et de sentiments, parfois très fougueux, parfois à la frontière d'une lassitude suicidaire. Oui, Don Juan est las… La belle, la douce Angélique en profiterait-elle ? Elle opère, au moins, à minima une réelle prise en main de la situation. Cela vaudra de beaux échanges, à la dramaturgie maîtrisée entre Don Juan et Angélique… Finalement, &quot;Le paon est mort&quot; ! Don Juan a-t-il changé ? Sans aucun doute, et la belle rencontre amoureuse ne sera pas forcément là où on s'y attend.       <br />
              <br />
       La proposition de la Compagnie Les Enfants du Hibou révèle une grande fidélité au texte d'Éric-Emmanuel Schmitt. Toute la troupe, metteuse en scène, comédiennes et comédiens, font montre d'une véritable et enthousiaste implication dans cette création théâtrale. Bien sûr, quelques faiblesses apparaissent parfois dans l'intensité de jeu, on peut ressentir parfois un petit manque d'énergie, mais cela est dû, à mon sens, à la longueur de certains passages du texte. D'une manière générale, cette première pièce de la compagnie de Saint-Brieuc est prometteuse et nous attendons avec impatience leur prochain spectacle.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La nuit de Valognes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389656.jpg?v=1767892397" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
     </div>
     <div>
      Texte : Éric-Emmanuel Schmitt.       <br />
       Mise en scène : Émeline Dupuis.       <br />
       Avec : François Pianetti, Marie-Annick Siméon, Émeline Dupuis, Michel Gaboriau, Hélène Lebouché, Annabel Kerjan, Aurélie Rodrigue, Élodie Le Corvaisier, David Tronel, Anne Verdier.       <br />
       Regard extérieur : Ludovic Pestan.       <br />
       Costumes : Laurent Désille       <br />
       Technique : Frédéric Bouillin et Tom.       <br />
       Par la Compagnie Les Enfants du Hibou.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">17 et 18 janvier 2026.</span>        <br />
       Théâtre de Poche, 6, rue de la Tullaye, Saint-Brieuc (22).       <br />
       Téléphone : 02 56 44 68 68       <br />
       <a class="link" href="https://cie-quaiouest.fr/saison-2025-2026/" target="_blank">&gt;&gt; Théâtre de Poche</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93596443-65389612.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"Au Banquet de Gargantua", suivre les cycles naturels du désir, de la jouissance, de la satiété</title>
   <pubDate>Tue, 17 Jul 2018 09:06:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est à Brioux, un festival au village, par le village, pour le village. Un village heureux d'accueillir des artistes qui s'y trouvent bien et des visiteurs venant de l'extérieur. Pour la trentième édition, un long prologue a été comme une joyeuse mise en abyme du festival lui-même.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23788630-25911445.jpg?v=1531812554" alt=""Au Banquet de Gargantua", suivre les cycles naturels du désir, de la jouissance, de la satiété" title=""Au Banquet de Gargantua", suivre les cycles naturels du désir, de la jouissance, de la satiété" />
     </div>
     <div>
      Aymeri Suarez-Pazos (avec sa Compagnie des Puys) entend partager le goût des mots, le goût des mets, le goût des êtres, et rend hommage à François Rabelais, grand médecin, écrivain philosophe, et propose la tenue d'un banquet en l'honneur de Gargantua héros célèbre et méconnu.       <br />
              <br />
       Pantagruel, le père, préside avec toute sa faconde et invite à sa table un récitant, des musiciens, des chanteurs, des comédiens, des convives venus pour l'art, avec, au service de ses hôtes d'un soir, son panetier, ses échansons, le ballet des serviteurs et, en vis-à-vis, le traiteur du village muni de ses tranchoirs qui attaque son jambon au bouillon.       <br />
              <br />
       L'ordonnancement séquence la prise de victuailles et le récit. Le repas avance par le menu. Comme en entremets des intermèdes musicaux, des récits, des saynètes alternent qui illustrent des épisodes de la vie de Gargantua.       <br />
              <br />
       De sa naissance tumultueuse, de nourrisson jouisseur, de l'étudiant farceur à Paris, de guerrier valeureux et vainqueur de la guerre des fouaces picrocholines, du prince élégant tolérant et humaniste qu'il devient.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23788630-25911453.jpg?v=1531812587" alt=""Au Banquet de Gargantua", suivre les cycles naturels du désir, de la jouissance, de la satiété" title=""Au Banquet de Gargantua", suivre les cycles naturels du désir, de la jouissance, de la satiété" />
     </div>
     <div>
      Et tout cela à suffisance, sans excès, ni goinfrerie dans le grand respect des principes de son auteur.       <br />
              <br />
       Rabelais a le sens du bien-être et de la bonne chère. Et les mots plaident la liberté. La tolérance. Avec ferveur. Goulûment. Dans la créativité, la crudité, l'opulence. L'auteur ne rechigne pas au merveilleux, au scabreux, au picaresque, aux envolées chevaleresques, à la gravité. Les mots ont l'esprit joyeux. À suffisance pour une pensée heureuse. L'œuvre, suivant en cela des cycles naturels du désir, de la jouissance, de la satiété, de la f(a)in(m), n'est pas exempte de mélancolie.       <br />
              <br />
       Ce banquet est vraiment délicieux.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Vu lors du Festival au village, à Brioux-sur-Boutonne (Deux-Sèvres), qui s'est déroulé du 6 au 13 juillet 2018.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Au Banquet de Gargantua"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23788630-25911461.jpg?v=1531812623" alt=""Au Banquet de Gargantua", suivre les cycles naturels du désir, de la jouissance, de la satiété" title=""Au Banquet de Gargantua", suivre les cycles naturels du désir, de la jouissance, de la satiété" />
     </div>
     <div>
      Écriture originale d'après l'œuvre de François Rabelais.       <br />
       Écriture, mise en scène : Aymeri Suarez-Pazos.       <br />
       Musique : Charlène Martin.       <br />
       Avec : Aymeri Suarez-Pazos, Jacques Tresse, Eric Chaussebourg et Jean-François       <br />
       Lapalus (ancien Pensionnaire de la Comédie Française).       <br />
       Chanteuses : Charlène Martin, Bérengère Suarez-Pazos.       <br />
       Musicien : Emmanuel Gaydon.       <br />
       Chef gastronomique : André Point avec les artisans de bouches de la commune.       <br />
       Création lumières : Philippe Quillet.       <br />
       Création costumes : Alexandrine Brisson.       <br />
       Botanique : Monique Curtat.       <br />
       Compagnie des Puys.       <br />
       Durée : 4 h.       <br />
              <br />
       <b>Tournée </b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">19, 20 , 21, 26, 27, 28 juillet 2018</span> : Au Jardin Public/Théâtre Charles Trenet, Chauvigny (86).       <br />
       <span class="fluo_jaune">2 août 2018</span> : Festival d'été, Association Ah !, Parthenay (79).       <br />
       <span class="fluo_jaune">4 août 2018</span> : Festival d'été, Association Ah !, Saint-Loup (79)       <br />
       2 novembre 2018 : Festival de l'Escabeau, Briare (42).       <br />
       5 février 2019 : Université de Poitiers (86).       <br />
       8 février 2019 : Espace Tartalin/La Maison pour tous, Aiffres (79).       <br />
       5 mai 2019 : Cap cavale, Penmar'ch (29).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/23788630-25911445.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>•Avignon Off 2017• "Looking for Lulu"… Tirée de l'œuvre de Wedekind, une adaptation revigorante comme une gifle</title>
   <pubDate>Thu, 20 Jul 2017 12:46:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2017]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est une course. Folle. Une frénésie de vie qui passe comme une boule de feu au travers d'un monde bourgeois engoncé dans ses meubles et ses plaisirs. Lulu, la fille de rien que le désir des hommes élève au rang d'idole pour, l'heure d'après, la rabaisser au rang de putain. Elle est comme une marionnette que les mains habillent de pureté ou ouvrent comme un coffre rempli de vice.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15886539-20949403.jpg?v=1500547937" alt="•Avignon Off 2017• "Looking for Lulu"… Tirée de l'œuvre de Wedekind, une adaptation revigorante comme une gifle" title="•Avignon Off 2017• "Looking for Lulu"… Tirée de l'œuvre de Wedekind, une adaptation revigorante comme une gifle" />
     </div>
     <div>
      L'héroïne de Wedekind est un pur fantasme masculin. Une fille innocente comme l'enfant, vicieuse comme le diable, qui sème les désirs derrière ses pas comme le joueur de flute entraîne les rats après lui.       <br />
              <br />
       Natascha Rudolf et Sabrina Bus ont extrait du texte original de Wedekind une vision extrêmement réelle, actuelle et sans pathétisme du personnage. Un peu l'opposé de celle incarnée par Louise Brrooks dans le film de G. W. Pabst, &quot;Loulou&quot;. Une version hautement intelligente puisqu'elle s'attache de près à tenter de montrer le point de vue de Lulu. Et c'est le monde qui l'entoure, ce monde d'hommes, dirigés par les hommes, avec leurs désirs d'hommes qui sautent aux yeux dans cette pièce.       <br />
              <br />
       Mais rien de manichéen pourtant. Aucune victimisation de l'héroïne. Simplement comprendre que, pour survivre, il faut s'adapter aux règles de la société qui domine. Alors une fille de rien, sans famille, sans appui, que l'on marie parce qu'elle est belle ou qu'elle provoque tout autour d'elle cette chose indicible qui empêche l'indifférence, qui tord le ventre des hommes et des femmes, qui est à la fois toute vérité et tout mensonge, les deux faces du monde réunies, une tentation que certains veulent posséder, d'autres vénérer, d'autres détruire, quelles cartes a-t-elle à jouer ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15886539-20949428.jpg?v=1500547958" alt="•Avignon Off 2017• "Looking for Lulu"… Tirée de l'œuvre de Wedekind, une adaptation revigorante comme une gifle" title="•Avignon Off 2017• "Looking for Lulu"… Tirée de l'œuvre de Wedekind, une adaptation revigorante comme une gifle" />
     </div>
     <div>
      Elle est un mythe : celle qui déclenche les désirs les plus bizarres. Elle est aussi celle qui a toujours été abusée, violentée, celle que l'on a prise, celle que l'on a dirigée, dont on a usé le corps et le cœur pour en jouir, pour qu'elle devienne victime volontaire, consentante, aimante. Cela pourrait s'appeler Alice aux enfers pour faire le pendant avec celle de Lewis Carroll. Mais quand Alice cherche à rejoindre le monde réel, Lulu, elle, n'a pas d'autre horizon, d'autre échappatoire que la réalité venimeuse qui l'entoure, et nul au-delà.       <br />
              <br />
       Pourtant, cette Lulu-là n'est pas une victime : elle donne au monde ce que le monde veut d'elle. Du moins, à cette partie du monde qui baigne dans la richesse, qui organise des mariages d'intérêts, qui échange les bons procédés, achète les talents et manipule les medias : le monde cynique des puissants et des affaires qui n'a pas changé depuis plus d'un siècle. Dans ce bain acide et sec, Lulu apparaît comme la seule part vraiment humaine, tendre, sensible. Tous la battent haut la main au grand concours de l'indifférence et de l'égocentrisme qu'ils pratiquent.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Natascha Rudolf, tout entière tournée vers la jubilation de l'instant et l'animalité - car c'est là que se retranche l'esprit humain lorsqu'il est traqué - jette elle aussi tout par terre, en l'air, fait parler les corps et les torsions des âmes, brise les éléments scéniques et les tabous.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15886539-20950502.jpg?v=1500551684" alt="•Avignon Off 2017• "Looking for Lulu"… Tirée de l'œuvre de Wedekind, une adaptation revigorante comme une gifle" title="•Avignon Off 2017• "Looking for Lulu"… Tirée de l'œuvre de Wedekind, une adaptation revigorante comme une gifle" />
     </div>
     <div>
      Dans une vivifiante joie, l'histoire de Lulu (incarnée avec une vérité, une franchise et une énergie palpable par Sabrina Bus) se fait fi de tous les traquenards, toutes les humiliations que les hommes tentent sur elle. Ils gagneront, certes, à la fin, ces hommes opportunistes et faibles, et pitoyables qui abandonnent leurs principes dès que nécessité parle, capables de se transformer en mac sans aucun scrupule, avec tout le mépris possible pour l'intégrité.       <br />
              <br />
       Oui, c'est un réquisitoire sans concessions contre l'injustice de ce que la société réclame aux femmes : qu'elle leur demande d'être splendides, admirables, désirables, épousables, iconique ou qu'elle leur commande d'être amoureuse, soumise, trophée ou putain. Ainsi, les scènes vives, sans pathos, semée de comique cocasse,  et jouée avec un réalisme efficace transcendent cette pièce, émeuvent, bouleversent par instants, fascinent comme la mise à mort annoncée fascine. Elle est le taureau dans l'arène face à la multitude de picadors, de toreros.       <br />
              <br />
       Un bel exploit de la part de toute la distribution, tous excellents, et aussi et surtout de Natascha Rudolf et Sabrina Bus dont ce projet semble être l'enfant chéri : elles ont créé en cette nouvelle Lulu un être palpitant, moderne, loin des clichés sulfureux sous lesquels elle était enfouie. Un être dont le point de vue sans cynisme renvoie aux héroïnes des bas-fonds, dont la lucidité, l'ironie et le courage sont un exemple, une parabole, une image que l'on porte accroché dans son ventre longtemps après le spectacle comme un morceau d'humanité en pleurs et en rires.
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     <div><b>"Looking for Lulu"</b></div>
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      D'après &quot;La Boîte de Pandore, une tragédie monstre&quot; de Frank Wedekind.       <br />
       Traduction : Jean-Louis Besson et Henri Christophe (publiée aux éditions Théâtrales).       <br />
       Adaptation : Natascha Rudolf &amp; Sabrina Bus.       <br />
       Mise en scène : Natascha Rudolf.       <br />
       Avec : Brice Beaugier, Olivier Boudrand, Sabrina Bus , Benoît Hamelin, Alexandre Jazédé.       <br />
       Univers sonore : Yann Richard.       <br />
       Lumières : Cédric Enjoubault.       <br />
       Par la Compagnie Véhicule.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2017•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 30 juillet 2017.</span>       <br />
       Tous les jours à 12 h 30 (relâche le mercredi).        <br />
       Espace Roseau, Salle Jacques Brel,       <br />
       8, rue Pétramale, Avignon.        <br />
       Réservations : 04 90 25 96 05.       <br />
       <a class="link" href="http://www.roseautheatre.org/" target="_blank">&gt;&gt; roseautheatre.org</a>
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     <br style="clear:both;"/>
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   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/15886539-20949403.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Avignon-Off-2017-Looking-for-Lulu-Tiree-de-l-oeuvre-de-Wedekind-une-adaptation-revigorante-comme-une-gifle_a1876.html</link>
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