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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-09-10T02:53:29+02:00</dc:date>
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   <title>•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun</title>
   <pubDate>Wed, 22 Apr 2026 15:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2026]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Aujourd'hui, dans les discussions (politiques, médiatiques, "de bistrot"), les problématiques de l'émigration, des réfugiés arrivant sur nos territoires, sont plus évoquées de manière négative, voire anxiogène… mettant en avant les notions d'envahissements, de grand remplacement… et, finalement, peu de personnes se préoccupent de l'origine de ces déplacements de population, des douleurs et des souffrances vécues, des obligations compliquées de devenir transparents, invisibles, pour tenter l'intégration. Il est indéniable que la compréhension et l'empathie ne sont pas actuellement des valeurs très cotées dans nos sociétés. Alors quid des Aberhamane, Khadija, Marwan, Kadhem, Wejdan, Ablema, Wasim, Seif, Omar et tant d'autres ? Devons-nous les ignorer et laisser les effluves nauséabondes sortant des nappes xénophobes de certaines politiques nous envahir ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099688.jpg?v=1776779154" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      Non... et c'est justement tout l'inverse que nous propose Bertrand Sinapi et Amandine Truffy en portant au plateau le livre de l'autrice syrienne Wejdan Nassif. Faisant partie d'un diptyque dont le premier volet, &quot;Après les ruines&quot;, fut créé en 2019, &quot;À vau l'eau&quot; (création 2020 reprise pour Avignon) va nous amener à porter notre regard sur les réfugiés, les immigrés que nous croisons peut-être dans la rue sans leur prêter attention. Ce texte est une invitation à découvrir et comprendre ce qu'est la réalité de ces êtres exilés, d'entendre parfois la raison de leur départ de leurs pays d'origine, leurs parcours semés d'embûches... Mais, ici, sont dites autant les difficultés que les joies de vivre en France.       <br />
              <br />
       Wejdan Nassif, syrienne (ancienne institutrice à Damas), réfugiée dans l'hexagone depuis 2014, esquisse, dans ce premier texte écrit en France*, son portrait et raconte la vie en exil de celles et ceux qui ont dû partir de chez eux. Ses entretiens ont été réalisés par l'autrice suite à une proposition de France Travail (dans le cadre de sa recherche d'emploi) d'interroger des réfugiés et immigrés du quartier où elle réside, Borny à Metz. Ces échanges se révèlent être de précieux témoignages pour appréhender la réalité de ces vies à reconstruire, pour répondre à l'obligation d'intégration dans une société occidentale souvent mal connue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099734.jpg?v=1776779186" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;À travers eux, à travers la diversité de leur histoire, je me suis posé la question de mon propre exil. Et une question plus lancinante est apparue : maintenant que nous sommes ici, nos histoires sont-elles finies ou est-ce le début de nouvelles ?&quot;</span> Et en les interrogeant, elle se rend compte combien elle est comme ces réfugiés qu'elle interroge, avec qui elle discute. <span style="font-style:italic">&quot;Je sais leur périple, leur terreur. Je sais ce que c'est de tout laisser derrière soi. Je sais que ce que l'on veut, c'est que les enfants aient un avenir&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Côté plateau, l'espace est réduit, la scénographie (imaginée par Goury) est épurée tout en associant le ludique et l'expressif. Dans un carré en papier kraft, représentant une forme de territoire protégé, de lieu où naît le théâtre, se trouve quelques objets, dont quelques bouts de bois dessinés représentant les barres d'immeubles du quartier de Borny. La comédienne (Amandine Truffy) sort d'une petite boîte quelques arbres miniatures en carton, quelques personnages à la fragile symbolique : couple enlacé, homme assis, footballeur… Ce petit monde naissant sous nos yeux, comme un imaginaire documenté sur une vie de quartier, sans proportions respectées, dit la réalité instable d'un monde réduit à construction/reconstruction, à la fragilité de l'être hors de son territoire et de ses repères natifs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099742.jpg?v=1776779214" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      Comme dans &quot;Après les ruines&quot;, l'utilisation du théâtre d'objets, dans sa simplicité presque enfantine, illustre des sujets graves, des questions préoccupantes, pour certaines essentielles, dans une forme de nudité poétique, avec une étrange douceur – propre à Amandine Truffy, toujours talentueuse dans la pratique d'une narration mystérieusement empathique et pédagogique – portée par sa voix parfaitement expressive, usant de variations tonales qui captent l'attention du public et celles, en off, de l'autrice, ainsi que des exilés(es) interviewés(es). Ici, les objets sortent de leur logique utilitaire pour entrer dans une logique poétique où leur pouvoir d'évocation se déploie. Cette mise sous les projecteurs d'une forme dite &quot;mineure&quot; pour parler de populations perçues comme telles devient un geste politique.       <br />
              <br />
       L'attitude de la comédienne évolue au fil du spectacle, dans une forme d'osmose, se mettant pieds nus à l'approche de l'Afrique, de la Côte d'Ivoire, puis allant jusqu'à les mettre dans la peinture rouge sang. La force de ce spectacle réside dans les choix faits, par Bertrand pour la mise en scène et Amandine pour la dramaturgie, des passages du livre de Wejda, ainsi que dans le choix des séquences de récit en off et ceux exprimés par Amandine, accompagnées de musiques et de sons associés ou distincts de la narration (création de Lionel Marchetti).       <br />
              <br />
       Au fil des récits des réfugiés(es), aux origines variées, aux diverses raisons (guerre, maltraitances des femmes, religions, etc.), ayant fui tant la Syrie que l'Irak, le Pakistan, le Soudan, le Maroc, le Koweït que la Côte d'Ivoire, la comédienne entreprend le dessin au sol d'une sorte de carte des migrations internationales. Celle-ci, entre chaque témoignage, porte avec une conviction dynamique, sans pathos exagéré, les propos de Wejdan Nassif qui, au fil de ses rencontres dans ce quartier dédié en partie à l'immigration, ressent cet effet de miroir la renvoyant à sa propre histoire, à sa fuite de la Syrie… et à ses incontournables questionnements sur l'avenir dans un pays loin de ses réalités originelles.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Bertrand Sinapi nous fait voyager au sens propre comme au figuré. En effet, celui-ci dose savamment l'illustratif, via le dessin et la manipulation d'objets, le descriptif documentaire et l'appel à l'imaginaire dans les descriptions évoquées de &quot;l'avant exil&quot; (prison, voyage, conflits armés, etc.). Indirectement, subtilement, les options scéniques choisies par celui-ci conduisent à questionner notre propre identité, nos propres origines, nos propres mouvements géographiques et la sociologie sociétale qui en découle aussi bien en tant que Nation que &quot;Communauté&quot; européenne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099756.jpg?v=1776779242" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      Tous les récits ne sont pas dramatiques et de belles réussites, des intégrations positives, sont mises en avant, même si beaucoup d'êtres &quot;déplacés&quot; continuent à faire des cauchemars liés à leur périple, à leur départ, à leur vie durant l'exil. Le format choisi, petite forme d'une heure et délimitation du plateau réduite, ouvre grand les portes de la transmission avec une parfaite adaptation à tous types de lieux, de la salle de classe au petit théâtre en passant par des extérieurs type placette.       <br />
              <br />
       Bertrand Sinapi et Amandine Truffy font, avec &quot;À vau l'eau&quot; de Wejdan Nassif, une proposition singulière de théâtre documentaire où l'adulte, tout comme l'enfant, peut se créer les images de l'ailleurs, questionner ces endroits d'accueil où les souvenirs peuvent se partager, où la tradition n'est pas taboue, mais fait partie de l'histoire des pays abandonnés. Comprendre également ce que peuvent être ces autres enfants qui ont subi la guerre, la misère… qui s'exprime alors, parfois, avec ou par la violence, la force… à l'école, entre autres. Et s'interroger sur ce qu'ils et elles penseront plus tard de tout ça, de leur capacité à bâtir ensemble, à faire société, à créer un nouveau &quot;vivre ensemble&quot;, comme nous l'avons, nous, les soi-disant &quot;pures souches&quot; faits quelques décennies ou siècles auparavant.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Wejdan Nassif commence à écrire en mars 2012, au moment où la révolution syrienne a changé de nature et a pris une tournure sanglante. Ses lettres et correspondances durant cette révolution, &quot;Lettres de Syrie&quot;, sont publiées aux éditions Buchet Castel (sous le pseudonyme de Joumana Maarouf).</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"À vau l'eau"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099848.jpg?v=1776779695" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      Texte : Wejdan Nassif.       <br />
       Mise en scène : Bertrand Sinapi.       <br />
       Dramaturgie : Amandine Truffy.       <br />
       Avec : Amandine Truffy.       <br />
       Voix : Ablema, Anwar, Elisabeth, Irfan, Jamal, Rafiq, Shahid, Wacila, Wejdan et les enfants de l’école des 4 bornes.       <br />
       Composition musicale et sonore : Lionel Marchetti.       <br />
       Lumière : Jeff Metten.       <br />
       Scénographie : Goury.       <br />
       Par la Cie Pardès Rimonim.       <br />
       Tout public à partir de 13 ans.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">28 avril 2026 :</span> lycée Saint-Pierre Chanel, Thionville (57).       <br />
       11 mai 2026 : Espace Koltès - Scène conventionnée, Metz (57).       <br />
       3 et 4 juin 2026 : Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099849.jpg?v=1776779743" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 23 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 15 h 45. Relâche le vendredi.       <br />
       Théâtre 11• Avignon, Salle 2, 11, boulevard Raspail, Avignon.       <br />
       Tél. : 04 84 51 20 10.       <br />
       <a class="link" href="https://11avignon.mapado.com/event/734822-a-vau-leau" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.11avignon.com/" target="_blank">>> 11avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96176278-67099688.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-A-vau-l-eau-A-travers-l-exil-l-immigration-questionner-explorer-notre-propre-identite-et-imaginer-notre_a4537.html</link>
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   <title>•Off 2022• "Leurs enfants après eux" Portrait doux-amer d'une génération à réenchanter</title>
   <pubDate>Thu, 14 Jul 2022 13:44:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2022]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Porter au plateau l'univers tissé de nuances subtiles de Nicolas Mathieu (prix Goncourt 2018 pour son roman éponyme) apparaissait "sur le papier" de l'ordre de la pure gageure. Sous l'impulsion d'un jeune metteur en scène audacieux, sept jeunes filles et garçons débordant d'envie de relever le défi "livrent" là une version époustouflante de vérité, exhalant l'essence de l'écrit original pour en délivrer les substances enivrantes. Un grand moment de théâtre à mettre à l'actif d'une troupe plus que prometteuse.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66048001-47009667.jpg?v=1657800679" alt="•Off 2022• "Leurs enfants après eux" Portrait doux-amer d'une génération à réenchanter" title="•Off 2022• "Leurs enfants après eux" Portrait doux-amer d'une génération à réenchanter" />
     </div>
     <div>
      Tout commence par la musique d'un ovni musical venu de Seattle et déferlant sur le plateau où sept jeunes gens, d'une petite ville de l'est de la France - où les hauts fourneaux ne sont plus que des taches assombrissant l'horizon des zones pavillonnaires -, s'apprêtent à faire leur éducation sentimentale. Pendant que Nirvana secoue les consciences, percutant le vague à l'âme de ses beats explosifs - on est au début des années quatre-vingt-dix où l'idée soixante-huitarde de révolution est déjà à classer aux archives de l'Histoire -, eux vont vivre les émois de trajectoires amplement déterminées à leur insu par leur milieu d'appartenance.       <br />
              <br />
       S'enchaîneront des tableaux traversant six années (du tube stupéfiant &quot;Smells Like Teen Spirit&quot; en 92 à la coupe du monde 98) de la vie de ses ados pubères (Anthony, le protagoniste, ayant quatorze ans quand commence l'action) devenant de jeunes adultes, et de leurs aînés (leurs parents) confrontés, eux aussi, au dur de la réalité qui résiste. Ces fragments bruts d'existences prises entre émois, rêves et revers, constituent la matière vivante &quot;travaillée&quot; par ces jeunes acteurs, affichant dans leurs vêtements et leurs postures les traces du temps qui passe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66048001-47009718.jpg?v=1657800996" alt="•Off 2022• "Leurs enfants après eux" Portrait doux-amer d'une génération à réenchanter" title="•Off 2022• "Leurs enfants après eux" Portrait doux-amer d'une génération à réenchanter" />
     </div>
     <div>
      L'emprunt clandestin de la moto du père (modèle 82 !) par le fils, voulant rejoindre son cousin afin d'entreprendre une virée nocturne, se révèle être la scène primitive &quot;embrayant&quot; le courant déferlant qui, sans jamais faiblir, va irriguer le plateau, sorte de kaléidoscope géant reconstituant des moments de vie à vif. Succède, à celle de la rentrée à pied (la moto a été volée…) au petit matin d'une nuit piteuse où les velléités de flirt d'Anthony sont tombées à l'eau, la scène de l'entretien d'embauche d'Hacine (le voleur potentiel de la précieuse bécane) où la césure entre deux mondes (celui d'un fils d'immigré refusant d'avoir la même vie que celle de ses parents exploités, et celui décalé d'une conseillère au retour à l'emploi) éclate.       <br />
              <br />
       Et quand il prend l'idée à Anthony de se rapprocher du caïd local pour tenter de récupérer la moto du paternel, on est pris avec lui dans les rets des réseaux des petits trafiquants de coke, eux-mêmes victimes d'un système qui les broie. Ainsi, dans les friches industrielles du monde de la consommation libérale de ces années sida, se développe une économie souterraine de survie. L'action, en même temps qu'elle est investie par chaque acteur, est commentée en direct par le personnage marquant une pause face au public, ou encore par les autres personnages commentant &quot;de l'extérieur&quot; le contexte et apportant en écho un éclairage sociologique sur ces événements microscopiques.       <br />
              <br />
       On retrouve dans cette mise en abyme permanente, les mêmes préoccupations que celles qui animaient Didier Eribon (&quot;Retour à Reims&quot;) ou encore Victor Louis (&quot;Qui a tué mon père ?&quot;) pour éclairer les destins individuels par l'analyse du contexte social qui les co-produit. Défileront à un rythme soutenu les tableaux des émois amoureux plus ou moins heureux du &quot;héros&quot; de cette histoire, ses premières extases, ses déboires. Il y aura l'amoureuse de &quot;la première fois&quot; dont les parents vivaient une vie tranquille dans leur pavillon confortable, avec les mantras réglant les existences des gens rangés - <span style="font-style:italic">&quot;à chacun ses goûts, quand on veut on peut&quot;</span> - avant qu'un cancer ne vienne perturber ce monde millimétré.  Elle le larguera d'ailleurs en douceur à son retour du service militaire, sans qu'il ne puisse jamais revoir ses seins à jamais manquant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66048001-47009722.jpg?v=1657801032" alt="•Off 2022• "Leurs enfants après eux" Portrait doux-amer d'une génération à réenchanter" title="•Off 2022• "Leurs enfants après eux" Portrait doux-amer d'une génération à réenchanter" />
     </div>
     <div>
      Il y aura la rixe avec Hacine, enfant d'un père marocain ayant quitté le bled pour la Terre Promise du pays d'accueil, et lui le fils retournant au Maroc pour en revenir avec 45 kg de résine de cannabis dans ses bagages. Il y aura le père d'Anthony, cet homme blessé, ayant perdu son premier travail et croyant trouver dans l'alcool une rémission à ses peines, alors que ce faux ami lui fera tout perdre, jusqu'à la vie. Il y aura la mère d'Anthony, femme découvrant une liberté confisquée jusque-là. Et bien d'autres personnages encore, tous évoqués avec grande justesse. On les suivra pendant un peu moins d'une décennie. Ainsi d'Hacine, passager clandestin de sa propre vie, marié avec une jeune femme gentille et &quot;adopté&quot; par des beaux-parents, gentils, eux aussi, dont la vie manque cependant cruellement d'horizon d'attente.       <br />
              <br />
       Jusqu'à la chute où, dans le délicieux parfum des gaz d'échappement de la mob empruntée à Hamid - juste retour de l'histoire -, le héros sans qualités savourera l'effroyable douceur d'appartenir à ce monde, si implacable soit-il. Dans un dispositif scénique autant épuré qu'efficace, &quot;leurs enfants après eux&quot; se mettent à vivre de manière autonome, sans rien perdre de la beauté de la langue initiale alliant oralité et narrations écrites. Quant aux comédiens, ils semblent - tout comme le personnage de &quot;La Rose pourpre du Caire&quot; de Woody Allen - sortir en droite ligne des pages du roman de Nicolas Mathieu pour s'approprier, non sans jouissance, l'espace du plateau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Leurs enfants après eux"</b></div>
     <div>
      Texte :  Nicolas Mathieu (texte publié chez Actes Sud, prix Goncourt 2018).       <br />
       Adaptation : Hugo Roux.       <br />
       Mise en scène : Hugo Roux.       <br />
       Avec : Tristan Cottin, Soufian Khalil, Jeanne Masson, Adil Mekki, Lauriane Mitchell, Eva Ramos, Édouard Sulpice.       <br />
       Scénographie : Juliette Desproges.       <br />
       Costumes : Alex Costantino.       <br />
       Lumières et régie générale : Hugo Fleurance.       <br />
       Habilleuse : Françoise Léger.       <br />
       Son : Camille Vitté.       <br />
       Collaboration artistique : Ferdinand Flame.       <br />
       Stagiaire scénographie : Aouregan Floc'h.       <br />
       Conception et réalisation perruques : Françoise Chaumayrac.       <br />
       Production : Cie Demain dès l'Aube.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 30 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 22 h 15, relâche le mardi.       <br />
       Théâtre Le 11 Avignon, Salle 2, 11, boulevard Raspail, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 84 51 20 10.       <br />
       <a class="link" href="https://www.11avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; 11avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       11 et 12 mai 2023 : Théâtre Les Allos, Cluses (74).
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     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Leurs-enfants-apres-eux-Portrait-doux-amer-d-une-generation-a-reenchanter_a3344.html</link>
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   <title>La désintégration : l’appel du néant</title>
   <pubDate>Wed, 15 Feb 2012 12:40:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gérard Biard</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Coin de l’œil]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Si "l’intégration", cette fameuse adhésion sociale au "modèle républicain" que nombre de politiques invoquent avec plus ou moins d’arrières pensées, est un long et chaotique processus, l’inverse, en revanche, peut aller très vite. Et être irréversible.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3842494-5767183.jpg?v=1329307158" alt="La désintégration : l’appel du néant" title="La désintégration : l’appel du néant" />
     </div>
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      C’est ce que montre &quot;La désintégration&quot;, dont le titre doit impérativement s’entendre dans son double sens. Car quand Ali (Rashid Debbouze, frère de, plutôt convaincant), jeune beur de l’agglomération lilloise, déchire rageusement son CV de bon élève diplômé auquel personne ne daigne répondre parce qu’il comporte deux mentions de trop - son nom et son adresse -, pour se jeter dans les griffes d’un habile recruteur de chair à attentats suicides, c’est non seulement son &quot;insertion&quot; dans la société qui vole en éclats, mais aussi toute son identité. Tout ce qui le constituait, physiquement, socialement et intimement se voit bel et bien désintégré.       <br />
              <br />
       Sur un ton très naturaliste, Philippe Faucon retrace le parcours autodestructeur d’un apprenti Zacharias Moussaoui, manipulé par un &quot;saint homme&quot; à l’allure anodine et posée - référence évidente à Tarik Ramadan -, qui sait exploiter les frustrations et les colères de ses proies déboussolées. Évitant les clichés sur les &quot;quartiers&quot; et sur &quot;l’islam des banlieues&quot;, &quot;La désintégration&quot; parvient à sortir l’intégrisme islamiste du champ de la paranoïa collective et de ses excès, pour en faire au contraire un danger bien réel, qu’une partie de la population française - celle autour de laquelle tourne justement le débat de &quot;l’intégration&quot; - peut toucher du doigt au quotidien. Jusqu’à en faire largement les frais.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3842494-5767257.jpg?v=1329307182" alt="La désintégration : l’appel du néant" title="La désintégration : l’appel du néant" />
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      <b>● La Désintégration</b>       <br />
       Réalisation : Philippe Faucon.       <br />
       Scénario original : Éric Nebot.       <br />
       Adaptation et dialogues : Éric Nebot, Mohamed Sifaoui, Philippe Faucon.       <br />
       Directeur de la photographie : Laurent Fenart.       <br />
       Avec : Rashid Debbouze, Yassine Azzouz, Ymanol Perset, Mohamed Nachit, Zahra Addioui.       <br />
       En salles à partir du 15 février 2012.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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