<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-12T17:16:17+02:00</dc:date>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-85391100</guid>
   <title>"Les Historiennes"… Trois histoires de femmes (extra)ordinaires et une voix contemporaine pour les faire résonner jusqu'à nous</title>
   <pubDate>Tue, 07 Jan 2025 17:18:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Qui se cache derrière le titre de cette lecture théâtralisée à corps perdu par Jeanne Balibar ? Les "Historiennes" sont-elles les autrices ayant documenté et analysé le parcours singulier à portée universelle de trois femmes, unies au-delà des époques et des lieux par le même combat existentiel ? Ou s'agit-il de l'historicité des rébellions inscrite dans la chair même de Violette Nozière, meurtrière en 1933 de son père qui la violentait, de Delphine Seyrig, actrice fétiche des réalisateurs de la nouvelle vague et impliquée dans les luttes féministes des années soixante-dix, ou encore de Páscoa Vieira, esclave noire portugaise poursuivie implacablement en l'an 1700 par le tribunal de l'Inquisition pour bigamie ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85391100-60864903.jpg?v=1736268977" alt=""Les Historiennes"… Trois histoires de femmes (extra)ordinaires et une voix contemporaine pour les faire résonner jusqu'à nous" title=""Les Historiennes"… Trois histoires de femmes (extra)ordinaires et une voix contemporaine pour les faire résonner jusqu'à nous" />
     </div>
     <div>
      Ce qui est pour autant avéré, c'est que ces &quot;histoires&quot; de femmes insoumises résonnent intensément à l'ère du mouvement #Metoo. Pendant trois heures trente de représentation, sans la moindre baisse d'intensité, l'actrice au firmament de son talent fait revivre avec une conviction jamais prise en défaut les parcours de ces femmes emblématiques, porteuses d'un combat à jamais inachevé. Le combat pour la reconnaissance de leur droit inaliénable à disposer de l'entièreté de leur corps, en dehors de tous diktats patriarcaux et/ou étatiques. Ni père, ni maître ne peuvent s'arroger le droit de les soumettre…       <br />
              <br />
       <b>Violette Nozière, une histoire des années trente…</b> où l'on &quot;entend&quot; une toute jeune femme, un soir d'été 1933, entrer dans la grande histoire des affaires criminelles en administrant des doses de barbituriques à ses parents, son père n'y survivant pas. Ce que les archives vont livrer de ce parricide s'inscrit dans l'histoire de l'infamie criminelle au féminin. Se hissant alors sur la table placée sur l'avant-scène, son ombre projetée derrière elle, Jeanne Balibar chante a cappella les morceaux choisis de cette abjection.       <br />
              <br />
       La lecture des dépositions de la meurtrière dans lesquelles elle révèle les violences sexuelles que son père lui faisait subir depuis ses six ans est édifiante. Mais son récit bien vite lui échappe, formaté qu'il est par le greffier entendant produire un texte formalisé mêlant aux paroles prononcées des formulations standardisées de &quot;la fille Nozière&quot;. Ainsi est-elle nommée dans l'archive judiciaire, s'inspirant dans sa rédaction des règles de la tragédie grecque rendant compte des récits du quotidien.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85391100-60864904.jpg?v=1736269001" alt=""Les Historiennes"… Trois histoires de femmes (extra)ordinaires et une voix contemporaine pour les faire résonner jusqu'à nous" title=""Les Historiennes"… Trois histoires de femmes (extra)ordinaires et une voix contemporaine pour les faire résonner jusqu'à nous" />
     </div>
     <div>
      En revanche, la lecture des archives concernant le père nourricier colle parfaitement à l'image du <span style="font-style:italic">&quot;bon père, bon ouvrier, excessivement moral, à l'écart des boissons et des prostituées&quot;.</span> Et la voix de l'actrice se fait alors plus lente, détachant chaque segment de phrase afin de les faire résonner dans le silence de la représentation. Quant à la mère, il est entendu qu'elle s'occupe de son ménage en chérissant son époux. Dorénavant – le corps de la récitante &quot;accusant&quot; la douleur maternelle – elle n'est plus qu'une mater dolorosa, veuve d'un martyr et mère d'un monstre… Quant à la confrontation des deux femmes, la mère et la fille face au juge, elle donne lieu à une scène chargée d'émotions, la comédienne exposant la tragédie de la fille suppliant la mère de lui pardonner et se heurtant à une mère justicière véhémente.       <br />
              <br />
       Au-delà du drame relaté dans ses détails, la mise en abyme sociologique du parcours de l'acculturation du bon ouvrier converti aux valeurs bourgeoises le détournant des infamies prolétaires, point de vue moral relayé par une presse bien-pensante prenant unanimement parti pour les parents Nozière, apporte une dimension socio-politique à l'événement. De même, le parti pris inverse, représenté par les textes et dessins d'artistes appartenant au mouvement surréaliste (Paul Éluard, André Breton, Pablo Picasso, Man Ray, Salvador Dali) érigeant Violette en mythe vivant d'un père incestueux, donne un autre éclairage. Ainsi du poème de Paul Éluard dédié à Violette Nozière, lu avec grâce par Jeanne Balibar… avant qu'elle n'entame la lecture de lettres d'anonymes sortant enfin du silence où l'inceste les a emmurées.       <br />
              <br />
       Devenir coupable pour se déclarer victime, telle a été la seule issue envisageable par celle qui, après avoir été condamnée à mort par la Cour de justice, fut graciée puis réhabilitée. Violette Nozière, une histoire des années trente dont les rhizomes sont toujours vivaces.       <br />
              <br />
       <b>Delphine Seyrig, une histoire des années soixante-dix…</b> Allongée sur un divan, un bras recourbé soutenant son corps tendu vers l'écran en fond de scène, Jeanne Balibar visionne (et nous avec elle) des séquences de films cultes où la seule présence de Delphine Seyrig est sujet de fascination… &quot;Mister Freedom&quot; de William Klein, &quot;L'Année dernière à Marienbad&quot; d'Alain Resnais, &quot;Baisers volés&quot; de François Truffaut, autant de rappels de ce que fut à l'écran cette comédienne hors du commun, <span style="font-style:italic">&quot;une femme exceptionnelle… comme toutes les femmes&quot;</span> (réplique adressée à Antoine Doinel).       <br />
              <br />
       Entre les séquences filmées, Jeanne Balibar reprend sa lecture, citant Marguerite Duras avec laquelle Delphine Seyrig a partagé plusieurs films et de longs entretiens. Marguerite Duras <span style="font-style:italic">&quot;qui parle si bien d'elle, du mystère Delphine Seyrig et de sa façon si particulière d'habiter la vie&quot;.</span> Ainsi du film de Chantal Akerman, &quot;Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, Bruxelles&quot;, où elle incarne une veuve rangée se prostituant dans un intérieur impeccablement tenu. Car Delphine Seyrig n'est pas seulement l'icône de la nouvelle vague, intellectuelle éthérée, hiératique, porteuse d'une fascinante étrangeté, mais aussi une femme insoumise, confrontant son aura d'actrice adulée au risque de ses engagements militants.       <br />
              <br />
       Ainsi de son combat féministe et pro-avortement l'amenant à signer le &quot;Manifeste des 343&quot; en 1971 aux côtés de Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Agnès Varda, Catherine Deneuve, Françoise Sagan, Jeanne Moreau, Gisèle Halimi et beaucoup d'autres femmes connues ou anonymes ayant eu recours à l'IVG les exposant alors au couperet de la loi… Un engagement sans équivoque qui vaut à Delphine Seyrig les sarcasmes conjugués du &quot;Figaro&quot; et de &quot;L'Aurore&quot; lesquels, se moquant de sa blondeur bourgeoise, s'en prennent à une image féminine qui prétend donner de la voix (&quot;Elle est bien jolie, dommage qu'elle parle&quot;).       <br />
              <br />
       Jeanne Balibar se fait l'écho vibrant de la détermination de celle qui, ridiculisée par ses détracteurs pour son apparence distinguée de femme du monde détonnant avec ses opinions, s'est engagée corps et âme pour une évolution radicale des rapports entre hommes et femmes. Révolution du même ordre, rappelle-t-elle, que celle opposant l'Amérique impérialiste au peuple vietnamien opprimé. Ainsi du film &quot;Sois belle et tais-toi&quot; (titre clin d'œil aux journalistes cités plus haut), dont elle est l'ardente réalisatrice et où elle donne la parole à vingt-trois actrices s'exprimant librement sur la place que le cinéma des hommes leur réserve.       <br />
              <br />
       La lecture des critiques patentés et des gens ordinaires clouant au pilori cette &quot;D.S.&quot; aux engagements progressistes complète le portrait de cette guériillère au charme fou… Même dans l'après 68, il n'est pas bon de s'en prendre à l'ordre établi… Et pour en rendre compte en ce XXIe siècle, son alter ego Jeanne Balibar, étonnante de pugnacité gracieuse.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85391100-60864971.jpg?v=1736269030" alt=""Les Historiennes"… Trois histoires de femmes (extra)ordinaires et une voix contemporaine pour les faire résonner jusqu'à nous" title=""Les Historiennes"… Trois histoires de femmes (extra)ordinaires et une voix contemporaine pour les faire résonner jusqu'à nous" />
     </div>
     <div>
      <b>Páscoa Vieira, une histoire des années 1700…</b> Une autre histoire de femme, celle-ci est née noire et esclave en Angola. Vendue par son premier maître à un autre, Brésilien celui-ci, elle contracta un nouveau mariage. Ce qui lui valut d'être persécutée pendant pas moins de dix longues années pour crime de bigamie par la Sainte Inquisition. Ce procès qui l'a fait connaître, Jeanne Balibar s'appuyant sur le monceau de feuillets qu'elle envoie voler, va le raconter avec passion. Le bras levé en signe de véhémence, la voix s'enflant au gré des phrases écrites dans les minutes du procès.       <br />
              <br />
       Ce qui ressort de la lecture des pièces de cet interminable procès et des analyses aiguisées qui l'accompagnent, c'est le portrait d'une société. Celle des hommes ayant jugé cette femme analphabète, laquelle, contre vents et marées, n'a rien cédé aux inquisiteurs. Leur refusant d'avouer une quelconque culpabilité, refusant de donner la version attendue par eux, celle de mauvaises intentions vis-à-vis de la foi catholique.       <br />
              <br />
       Trois continents parcourus, trois pays, Angola, Brésil, Portugal, distants de milliers de kilomètres pour instruire &quot;un crime&quot; commis par une simple esclave, femme non soumise tenant tête à la Sainte Inquisition et écopant de trois années d'exil avant d'être rapatriée au Brésil par son maître… Une page de l'histoire inscrite pour toujours en lettres de feu et portée à son incandescence par une actrice contemporaine épousant le combat en sororité.       <br />
              <br />
       Porter au plateau les textes de Charlotte de Castelnau-L'Estoile, d'Anne-Emmanuelle Demartini et d'Emmanuelle Loyer, foisonnant de témoignages polyphoniques passés au crible d'analyses lumineuses, relevait d'un défi de lecture que seule une actrice d'exception pouvait relever. Médiatrice des autrices, Jeanne Balibar a su s'approprier leurs mots comme des matières vivantes. Par la seule force de son interprétation, mêlant sa voix à la leur et faisant corps avec elles, ces figures de femmes emblématiques revivent. Tel est l'exploit de cette femme-actrice, fragile et puissante, à l'image des héroïnes du quotidien dont elle incarne la cause de façon époustouflante.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le samedi 7 décembre 2024 dans la grande salle Vitez du tnba, Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Historiennes"</b></div>
     <div>
      Mise en scène : Jeanne Balibar.       <br />
       Avec : Jeanne Balibar.       <br />
       Assistante : Andrea Mogilewsky.       <br />
       Costume : Glen Mban.       <br />
       Régie générale : Martine Staerk.       <br />
       Avec les équipes techniques, administratives, de production et de développement des publics &amp; communication du Théâtre Vidy-Lausanne       <br />
       Textes : Charlotte de Castelnau-L'Estoile, Anne-Emmanuelle Demartini, Emmanuelle Loyer.       <br />
       Extraits audiovisuels cités : &quot;Mister Freedom&quot; de William Klein (1969) ; &quot;L'année dernière à Marienbad&quot; d'Alain Resnais (Bande Annonce, 1961) ; &quot;Baxter, Vera Baxter&quot; de Marguerite Duras (1977) ; &quot;Baisers Volés&quot; de François Truffaut (1968) ; &quot;Peau d'âne&quot; de Jacques Demy (1970) ; &quot;Conversation Varda/Seyrig&quot; (1972) ; &quot;Jeanne Dielman, 23 Quai du Commerce, 1080 Bruxelles&quot; de Chantal Akerman (1976).       <br />
       Durée : 3 h 30 avec entracte.       <br />
              <br />
       <b>Représenté le samedi 7 décembre 2024 au tnba, Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/85391100-60864903.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Historiennes-Trois-histoires-de-femmes-extra-ordinaires-et-une-voix-contemporaine-pour-les-faire-resonner-jusqu-a_a4118.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-60754031</guid>
   <title>"La vie de Galilée" Une vie (presque) ordinaire, entre foi et loi</title>
   <pubDate>Fri, 03 Dec 2021 09:51:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Bertolt Brecht en réécrivant la vie du savant italien confronté à la "justice" de l'inquisition savait de quoi il parlait, lui l'écrivain allemand né en Bavière qui, dans ces années de montée de la peste brune, avait dû s'exiler au Danemark. À trois siècles d'intervalle, les mêmes démons hégémoniques produiraient les mêmes effets, la condamnation à la mort de ceux qui avaient l'outrecuidance de penser autrement. Un siècle encore plus tard, Claudia Stavisky s'empare de l'œuvre brechtienne pour la faire résonner jusqu'à nous en confiant au charismatique Philippe Torreton un rôle taillé à sa mesure.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60754031-44429758.jpg?v=1638522745" alt=""La vie de Galilée" Une vie (presque) ordinaire, entre foi et loi" title=""La vie de Galilée" Une vie (presque) ordinaire, entre foi et loi" />
     </div>
     <div>
      Quel est donc l'inqualifiable crime commis par Galileo Galilei, honorable professeur de mathématiques à Padoue dans la Sérénissime République de Venise, lieu de l'effervescence artistique de ce XVIIe siècle débutant ? Est-ce d'avoir pointé sa lunette astronomique sur les planètes pour &quot;dévoiler&quot; qu'elles n'étaient pas fixées à la voûte de cristal aristotélicienne, mais qu'elles tournaient bel et bien autour du soleil ? Ou est-ce les effets collatéraux de cette découverte, certes irréfutable d'un point de vue scientifique, remettant en cause le dogme de la Terre centre du monde et, par ricochet, celui du dogme d'un Dieu au centre de la création ?       <br />
              <br />
       Dans un décor de friches atemporelles (deux immenses portes s'ouvrant et se refermant sur Padoue, Venise, Florence, Rome…) créant ainsi un lien avec le monde contemporain, Galilée va vivre devant nous. On le suit pas à pas dans sa vie quotidienne occupée par ses recherches, dans un thriller haletant construit selon le rythme des séries (dates et lieux annoncés sur un panneau défilant) dont on connaît d'avance la fin sans que l'intérêt n'en soit nullement altéré.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60754031-44429770.jpg?v=1638522778" alt=""La vie de Galilée" Une vie (presque) ordinaire, entre foi et loi" title=""La vie de Galilée" Une vie (presque) ordinaire, entre foi et loi" />
     </div>
     <div>
      Adepte inconditionnel d'une recherche scientifique se refusant toute facilité, il reprendra son élève et disciple, le fils de sa servante, pour lui inculquer une rigueur sans concession. En effet, il ne s'agira pas de vouloir vérifier ce que l'on croit être, mais de tenter de prouver ce qui va à l'encontre de ce que l'on suppose être, afin d'écarter tout aveuglement, serait-il cognitif. Tenter de prouver l'immobilité de la terre et, quand on aura échoué - et alors seulement - se demander si la terre ne tourne pas autour du soleil.       <br />
              <br />
       Refusant de quitter Florence envahie par la peste, refusant d'abdiquer sa foi… en la science, la Sainte Église n'aura de cesse de lui opposer que &quot;L'Homme est un joyau de Dieu&quot;, qu'il est au centre de la Terre, elle-même au centre de l'univers, et que prétendre l'inverse n'est que pure hérésie. Et pour clore tout débat, lui sera rappelé qu'il ressemble fort à celui que l'Église a brûlé vif, dix ans auparavant, pour avoir défendu la théorie nébuleuse de Copernic…       <br />
              <br />
       Cependant, contre vents et croyances religieuses, l'homme de science ne cessera de &quot;croire&quot; en l'homme et sa raison, pariant pour la séduction attachée à la preuve. Force est de constater que cette &quot;croyance&quot; n'a pas plus lieu d'être que celle animant les adorateurs de Dieu… puisque les hautes autorités scientifiques iront jusqu'à refuser de jeter un œil dans sa lunette afin de ne pas risquer remettre en cause le système de Ptolémée, sauveur du géocentrisme étayant l'existence d'un Dieu créateur de la Terre placée au centre de l'univers.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60754031-44429856.jpg?v=1638523174" alt=""La vie de Galilée" Une vie (presque) ordinaire, entre foi et loi" title=""La vie de Galilée" Une vie (presque) ordinaire, entre foi et loi" />
     </div>
     <div>
      Petite histoire individuelle (on &quot;accompagne&quot; Galilée dans les différents lieux qu'il habite successivement, entouré des personnes qui lui sont chères) rejoignant la grande histoire des idées, la dramaturgie ouvre à des horizons dépassant le conflit croyances et science. Ainsi de la dernière partie - celle qui suit son abjuration face aux &quot;instruments&quot; auxquels la Sainte- Inquisition s'apprêtait à recourir pour imposer sa foi en un Dieu Créateur -, riche de questionnements sur le mode de résistance à opposer à toute dictature…       <br />
              <br />
       Au soir de sa vie, avec un naturel extatique, Galilée (incarné de manière confondante par un très grand Philippe Torreton à la tête d'une troupe dans son sillage) se plaît en effet à ironiser sur la force coercitive d'autorités religieuses ayant voulu le réduire au silence éternel, lui qui, de la résidence surveillée où il est cantonné, continue incognito de rédiger ses &quot;Discori&quot; destinés à être passés sous le manteau pour être diffusés au-delà des frontières. Le monde, pour se sauver des dictatures religieuses ou politiques, y compris les plus implacables, a-t-il besoin de héros sacrificiels… ou d'esprits bien vivants déjouant les pouvoirs établis ?       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Vu le vendredi 26 novembre 2021 au TnBA - Grande Salle Vitez.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Vie de Galilée"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60754031-44429875.jpg?v=1638523239" alt=""La vie de Galilée" Une vie (presque) ordinaire, entre foi et loi" title=""La vie de Galilée" Une vie (presque) ordinaire, entre foi et loi" />
     </div>
     <div>
      D'après Bertolt Brecht.       <br />
       Traduction : Éloi Recoing (chez L'Arche Éditeur).       <br />
       Mise en scène : Claudia Stavisky, assistée d'Alexandre Paradis.       <br />
       Avec : Philippe Torreton, Gabin Bastard, Alexandre Carrière, Guy-Pierre Couleau, Matthias Distefano, Michel Hermon, Benjamin Jungers, Fabienne Lucchetti, Nils Ohlund, Martin Sève, Marie Torreton.       <br />
       Scénographie et costumes : Lili Kendaka, assistée de Malika Chauveau.       <br />
       Lumière : Franck Thévenon.       <br />
       Son : Jean-Louis Imbert.       <br />
       Création vidéo : Michaël Dusautoy.       <br />
       Maquillage et coiffure : Catherine Bloquère, Kim Ducreux.       <br />
       Construction du décor : société Albaka.       <br />
       Accessoires : Fabien Barbot, Sandrine Jas, Marion Pellarini.       <br />
       Responsable couture et habillage : Bruno Torres.       <br />
       Réalisation des costumes : Grain de taille, Atelier BMV et l'atelier des Célestins.       <br />
       Patineuse : Marjory Salles.       <br />
       Réalisation des masques : Patricia Gatepaille.       <br />
       Casting enfants : Maguy Aimé.       <br />
       Directeur des productions et conseiller artistique : Emmanuel Serafini.       <br />
       Régisseur général : Laurent Patissier.       <br />
       Régisseurs plateau : Mattia Lercari, Fabien Barbot.       <br />
       Régisseur son/vidéo : Pierre Xucla.       <br />
       Régisseur lumière : Jérôme Simonet.       <br />
       Chef habilleuse : Jessica Chomet.       <br />
       Production Célestins - Théâtre de Lyon.       <br />
       Durée : 2 h 45.       <br />
              <br />
              <br />
       A été représenté au TnBA, Grande salle Vitez (Bordeaux), du 23 au 27 novembre 2021.       <br />
              <br />
       <b>Tournée 2021</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 5 décembre 2021 :</span> Théâtre-Sénart - Scène nationale, Lieusaint (77).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 12 décembre 2021 :</span> Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).       <br />
       <span class="fluo_jaune">16 et 17 décembre 2021 :</span> Théâtre des Salins, Martigues (13).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/60754031-44429758.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-vie-de-Galilee-Une-vie-presque-ordinaire-entre-foi-et-loi_a3119.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-27983769</guid>
   <title>"Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants</title>
   <pubDate>Thu, 22 Nov 2018 09:09:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Depuis la nuit des temps, on voit les religions (surtout monothéistes) s'affronter, s'opposer et pour finir se faire la guerre avec la volonté de détruire l'autre (ce qui n'est pas vraiment dans leurs discours mais qui est certainement dans la moelle même de leurs existences). Une guerre donc, qui semble frontale, chacun son dieu, sa foi, son camp, ennemis pour toujours !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/27983769-27870677.jpg?v=1542875845" alt=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" title=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" />
     </div>
     <div>
      Comme les conquérants avides qui ne peuvent partager un monde qu'ils considèrent comme leurs propriétés personnelles, c'est à moi, pousse-toi de là ! Mais quand il s'agit des hérétiques, des athées, des marginaux de tous poils qui refusent de porter les habits, les rites et les soumissions aux Lois, alors toutes se liguent miraculeusement contre l'ennemi commun.       <br />
              <br />
       Perdue dans un futur imaginaire qui ressemble comme deux gouttes d'eau (bénites ?) à notre présent, une femme, toute façonnée de laïcité, s'effraie de la montée des intégristes de tous bords. Heurts avec des groupes qui interdisent l'accès à certains théâtres et cinémas (on connaît), pressions diverses sur ses choix vestimentaires, mais aussi instauration d'un arsenal de loi &quot;laïques&quot; visant à cantonner ces excès religieux, un arsenal qui l'atterre au même titre qu'un dérapage autoritaire car il éloigne la république de ses propres valeurs.       <br />
              <br />
       Et cette femme, cherchant son chemin comme un pèlerin dans la nuit profonde, découvre alors l'existence de combattantes qui semblent savoir ce contre quoi elles se battent. Elle les retrouve dans un endroit étrange (une salle de classe désaffectée, envahie par les végétaux morts, symbole encore d'un système éducatif qui semble jeté à la ruine).       <br />
              <br />
       Ce sont des sorcières. Des sorcières revenues des siècles passés où elles furent, à partir de l'inquisition, &quot;bonnes&quot; boucs émissaires pour presque tous les malheurs des hommes : brûlées, noyées, questionnées pour satisfaire le besoin en coupables de ces sociétés anciennes déjà boursouflées de mysticisme et surtout de la peur des autres, des différents, soigneusement entretenus par les dirigeants, soit dit en passant !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/27983769-27870706.jpg?v=1542875885" alt=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" title=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" />
     </div>
     <div>
      Mariette  Navarro répond par cette idée ingénieuse à une commande d'écriture proposée par François Rancillac sur le thème de la laïcité. Il fallait donc mettre en acte les religions pour faire résonner les interrogations que la laïcité (qui accorde par principe la liberté aux personnes de leurs choix religieux) se pose de manière brûlante aujourd'hui : que faire face à la prise de pouvoir des religieux, des sectaires et des morales de plus en plus intolérantes, rien ?       <br />
              <br />
       Un questionnement incarné par cette femme lambda (interprétée par Stéphanie Schwartzbrod) qui rebondit sur les réponses à la fois concernées et gratuites (et libérées) de sorcières victimes de ces mouvements. Apparaît aussi Sainte Blandine (apparition irritante pour les trois sorcières), Sainte Blandine, martyre des Romains, histoire de mettre aussi en jeu les despotismes d'état ordinaires.       <br />
              <br />
       Grâce à ce poudroiement d'imaginaires jeté sur notre réalité, c'est une multitude de questions, de peurs, de délires aussi, de fantaisies qui parviennent à créer le discours de la pièce. Des pensées qui nous ont traversés parfois, face aux violences des actualités. Des doutes aussi que chaque citoyen a eu, a ou aura s'il reste fidèle à ses valeurs. Mais Mariette Navarro suit un axe principal : elle a la volonté d'exposer sans prendre parti. Et c'est peut-être là que son texte a du mal à devenir acte de théâtre polémique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/27983769-27870720.jpg?v=1542875920" alt=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" title=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" />
     </div>
     <div>
      Mais dans ce faux futur qui fait appel à des fantômes de notre civilisation pour voir un peu plus clairement le présent, c'est de lumières qu'il s'agit. Celles, actuelles, à trouver, perdus que nous sommes dans ce labyrinthique monde à chausse-trappes, &quot;fakes&quot;, et guerres comme fièvres purulentes. Celles en passe d'ensevelissement dans l'oubli, les Lumières du XVIIIe. Celle aussi, des feux follets, des feux de Bengale, de joie, des fêtes réconciliatrices qui manquent au monde.       <br />
              <br />
       Armée du prétexte fondamental de la laïcité, Mariette Navarro joue un tour de magie en faisant décoller le sérieux du propos vers l'imaginaire. Et elle prouve de façon incontournable, comme en direct, au fil de la pièce, que la seule force à mettre en œuvre dans ce combat où nous sommes contre l'obscurantisme, l'ostracisme et la béance ouverte à tous les despotes est l'esprit. Voilà en acte un cri doux et sincère qui murmure que ce ne sont pas les lois, ni la force,  ni les frontières, ni les exclusions, ni les peurs à mettre en opposition à tous les fanatismes mais la lumière.       <br />
              <br />
       François Rancillac et ses cinq comédiennes (qui ont créés des personnalités hors normes et magnifiques, tonitruantes, débordante du plaisir d'incarner ces personnages !) jouent habilement de cette partition, et parviennent sans cesse à infuser du rire et de la distance, drôleries et magies scéniques, qui amusent autant qu'ils impliquent.       <br />
              <br />
       Petit pincement au cœur en sachant que ce spectacle sera le dernier monté par François Rancillac en tant que directeur du Théâtre de l'Aquarium. Une pièce qui possède la facture de l'ensemble de ses productions passées : intelligence, finesse, précision et beauté de la mise en scène, et une direction d'acteur toujours excellente et généreuse.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Hérétiques"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/27983769-27870730.jpg?v=1542875954" alt=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" title=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" />
     </div>
     <div>
      Texte : Mariette Navarro (Quartett Editions).       <br />
       Commande et résidence d'écriture à l'Aquarium soutenue par la Région Île-de-France.       <br />
       Mise en scène : François Rancillac.       <br />
       Assistante-stagiaire à la mise en scène : Alexandra Maillot.       <br />
       Avec : Andréa El Azan, Christine Guênon, Yvette Petit, Stéphanie Schwartzbrod, Lymia Vitte.       <br />
       Scénographie : Raymond Sarti.       <br />
       Costumes : Sabine Siegwalt.       <br />
       Lumière : Guillaume Tesson.       <br />
       Son : Tal Agam.       <br />
       Travail chorégraphique : Marion Lévy.       <br />
       Illusion et magie : Benoît Dattez.       <br />
       Maquillage et coiffures : Catherine Saint-Sever.       <br />
       Réalisation des costumes : Séverine Thiébault.       <br />
       Construction du décor : Eric Den Hartog et Mustafa Benyahia.       <br />
       Peinture du sol : Anaïs Ang, assistée de Nathalie Nöel.       <br />
       Durée : 1 h 55.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 novembre au 9 décembre 2018.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de l'Aquarium, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 43 74 99 61.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaquarium.net/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaquarium.net</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée 2019</b>       <br />
       5 au 8 février 2019 : Théâtre Dijon Bourgogne, Dijon (21).       <br />
       26 au 28 février 2019 : La Comédie, Béthune (62).       <br />
       26 mars 2019 : Théâtre Jean Lurçat - Scène nationale, Aubusson (23).       <br />
       16 avril 2019 : La Ferme de Bel Ébat, Guyancourt (78).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/27983769-27870677.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Heretiques-Evoquer-les-intolerances-religieuses envers-les-femmes-et-les-incroyants_a2287.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
