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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-06T16:28:09+02:00</dc:date>
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   <title>Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"</title>
   <pubDate>Mon, 05 Feb 2024 07:19:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Deuxième samedi de Festival, deuxième parcours Le Bouscat-Bordeaux pour découvrir quatre performances convoquant la danse, la musique, le théâtre, et ressentir la même sensation… Celle d'assister à des "créations" qui n'en portent pas que le nom mais résultent d'un processus de maturation intérieure dont les artistes livrent ici l'objet se détachant d'eux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56761108.jpg?v=1707042200" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Dark Horse"</strong></span>… Meytal Blanaru – danseuse chorégraphe découverte à l'Atelier des Marches il y a quatre ans pour sa performance "Rain" inscrite en lettres de feu dans nos mémoires – est à nouveau invitée par Jean-Luc Terrade pour présenter un mystérieux moment chorégraphié, fascinant tant ses interprétations sont libres… Surtout ne pas se laisser égarer par une traduction littérale du titre, mais se laisser gagner par le champ des possibles contenus dans l'expression idiomatique "Dark Horse" suggérant l'idée d'un secret à révéler…       <br />
              <br />
       Dans un dispositif bi-frontal qui la fera "découvrir" alternativement (deux cycles d'un quart d'heure chacun), soit de dos, soit de face selon les gradins où l'on a pris place, la performeuse fondatrice du Fathom High – approche de la danse basée sur la méthode Feldenkrais accordant la part belle aux relations sensibles entre la personne en mouvement et son environnement – met son corps en vibrations avec l'espace qui l'entoure.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56761121.jpg?v=1707042469" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      Après avoir croisé avec une infinie douceur notre regard et nous avoir adressé un sourire amène nous incluant dans son univers, avec la lenteur qui sied à la rencontre, elle se défait du haut de son vêtement pour entamer sa danse… De dos nue ou de face où les ailes de l'étrange papillon noir peint délicatement sur son buste traduisent la mue à l'œuvre, elle livre son corps au rythme de la musique répétitive. Ses pieds glissent latéralement sur le sol immaculé tandis que ses bras et mains s'abandonnent à un ballet hypnotique, alternant moulinets rapides et mouvements amples au gré d'une fantaisie inspirée par l'énergie qui la traverse.       <br />
              <br />
       Parfois, des tressaillements peuvent laisser entrevoir le passage d'émotions plus sombres, mais toujours la confiance en la vie transcende les épreuves pour illuminer son visage diaphane. Sa fragilité à fleur de peau, sa force intranquille, son énergie vitale, bouleversent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56761128.jpg?v=1707055460" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"In the Wood"</strong></span>. Frédéric Jouanlong, clavier et voix, et Sophie Agnel, au piano à queue, nous immergent dans l'univers intime d'une grande voix féminine du jazz, Nina Simone, chantre des Blacks Power. The wood, c'est le bois de sa maison et celui qui l'entoure, bruissant encore de sa présence iconique et de ses combats "encrés" dans le mouvement des droits civiques des Afro-Américains.       <br />
              <br />
       Au gré des fantaisies musicales et vocales des deux complices réunis dans le même trip sur le plateau, le piano devient boîte à musiques libérant ses marteaux frappés à la main, les bruits de pluie s'échappent des contorsions ludiques de la bouche, ceux du vent du souffle rapproché du micro. La traversée onirique, ponctuée de chants envoutants, évoque des fragments du monde iconique du jazz et de ses voix ô combien prenantes, Billie Holiday, John Coltrane, Prince, Aretha Franklin… Une ballade musicale et sonore qui fait chaud au cœur en ses temps atones.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775009.jpg?v=1707138035" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Storytelling"</strong></span>, de Nicolas Meunier… que nous avions laissé en novembre dernier à la Halle des Chartrons, la tête de son personnage-personne posée contre celle froide de sa mère morte sans qu'il ne ressente alors la moindre émotion (cf. "Sitcom")… et que nous retrouvons là au Glob Théâtre pour creuser dans "Storytelling" le même sillon, celui d'un artiste protéiforme extrayant de son existence la matière première de ses performances à fort potentiel émotionnel.       <br />
              <br />
       Sa mère, elle, sera à nouveau présente ce soir par le truchement d'une séance de "spiritisme maison" la faisant revenir de l'au-delà pour "parler" à sa progéniture avide d'établir avec elle ce qui n'a jamais pu être de son vivant… Elle ne sera pas seule, la mère, à venir hanter le présent de la représentation. Il y aura aussi la grand-mère, personnage étayé par la logorrhée vindicative qui lui tient lieu de béquilles. D'autres voix encore s'immisceront dans ce maelström aux dimensions de huis clos familial ; celle de sa petite sœur Manon, ou encore celle d'un ancien amant venant alimenter l'intranquillité consubstantielle à son existence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775768.jpg?v=1707140307" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      Seul en scène, mais habité tour à tour par toutes les voix qui le traversent, ses éternels feuillets en main (papiers qu'il jette au fur et à mesure de la progression du récit, comme des notes de mise en scène devenues inutiles, nous rappelant que l'on est bien au théâtre et non chez le psy), l'homme-orchestre déroule son synopsis où, dans une cacophonie maitrisée, se dit le chaos d'un parcours dysharmonique, le sien.       <br />
              <br />
       D'emblée, entre réalité et fiction, l'acteur secoué par les sanglots qui le gagnent lit une lettre d'un amant lui annonçant son suicide par pendaison, &quot;dans le verger&quot; précise-t-il. Ayant laissé se confondre &quot;baiser et s'aimer&quot;, l'ami désespéré propose sa propre fin comme début du spectacle… Musiques et lumières stéréoscopiques découvrent alors une table ronde, tendue d'une nappe blanche, avec trois chaises disposées autour, l'acteur occupant la centrale…       <br />
              <br />
       La voix de la grand-mère, une bordée d'injures qui tonitruent… Enculés, ils m'ont fait sauter le courant ! Hors de question que tu fasses du spiritisme ! Celle du petit-fils… Le bruit d'une femme qui boite… Maman, c'est toi ? Mon amoureux s'est suicidé… Était-ce la corde avec laquelle il s'attachait ? À nouveau, la grand-mère… Bordel, la chouette sur le toit, tiens-moi l'échelle, il faut la déloger sinon c'est l'annonce d'une mort ou d'une naissance ! T'es pas en cloque Manon ?       <br />
              <br />
       Et puis, la tête entre les mains, la désolation attachée à la disparition tragique de l'amant. La cohorte des pensées qui défilent dans une nuit épaisse, auxquelles se mêlent des cris de bébé… Présent et passé se confondant dans les mêmes affres, voix se recouvrant… Table renversée… Qui m'a consolé quand j'étais petit ? Personne ! Vous m'abandonnez tous ! Regarde Nico, tu lui as dévissé la tête à ton poupon ! La folie est-elle contagieuse maman ? Ta mère, maintenant tu sais, c'était pas un accident… Tu veux lui parler par l'intermédiaire des Esprits ? Peuh, elle n'a jamais voulu dialoguer ta mère ! Maman ça va ?       <br />
              <br />
       Charriées par les frustrations accumulées, les blessures s'ouvrent… La peine de la grand-mère ayant dû se substituer à sa fille défaillante pour élever le petit… La rage de la mère ne s'étant - elle aussi – jamais sentie protégée par quiconque et qui, de l'au-delà où elle séjourne désormais, révèle l'inentendable vœu qui fut le sien lorsqu'elle s'est retrouvée enceinte… La prière du fils adressé à sa mère d'avancer maintenant ensemble vers le jour…       <br />
              <br />
       La chute, accompagnée de la voix chaude de Paolo Conte, exauce un temps ce désir en projetant, au centre du plateau débarrassé symboliquement de toutes scories, un rayon de lumière nimbant l'acteur dansant lascivement… De performance en performance, Nicolas Meunier, sans rien perdre de son authenticité à fleur de peau mise au service d'un théâtre total, maîtrise de mieux en mieux son art pour porter jusqu'à nous le chaos d'un passé familial qui n'arrête pas de passer en lui. Chapeau l'artiste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775826.jpg?v=1707140778" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Home"</strong></span>, de Sebastian Abarbanell, présente le corps du performeur dans tous ses états. Jouant avec tous les possibles offerts par une boîte cubique qu'il a élue comme refuge, il multiplie des compositions plastiques à fort potentiel artistique. Cette première partie, d'un esthétisme parlant, le montre tel le voyageur céleste faisant corps avec sa roulotte… Cependant, lorsqu'il vient à se défaire de "sa coquille" pour continuer sa mue nu comme un ver, des convulsions le traversent de part en part… et le charme tout d'abord ressenti se dissipe sous l'effet de monstrations trop appuyées.       <br />
              <br />
       <b>Spectacles vus le samedi 27 janvier lors du Parcours Le Bouscat-Bordeaux organisé dans le cadre du Festival Trente Trente de Bordeaux Métropole – Boulazac.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775857.jpg?v=1707141368" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Dark Horse"</strong></span>       <br />
       Danse - Avant-première.       <br />
       Conception et interprétation : Meytal Blanaru.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
       <b>Représenté les 26 et 27 janvier à L'Atelier des Marches, Le Bouscat (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775901.jpg?v=1707141430" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"In the Wood"</strong></span>       <br />
       Musique, voix – Création.       <br />
       Voix et boucles : Fred Jouanlong.       <br />
       Piano à queue et objets : Sophie Agnel.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
       <b>Présenté le 27 janvier au Marché de Lerme à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775902.jpg?v=1707141504" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Storytelling"</strong></span>       <br />
       Performance, théâtre – Création.       <br />
       Conception et interprétation : Nicolas Meusnier.       <br />
       Régie : Marius Bichet.       <br />
       Regard technique : Jean-Luc Terrade.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
       <b>A eu lieu le 27 janvier (2 représentations) au Glob Théâtre à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775903.jpg?v=1707141568" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Home"</strong></span>       <br />
       Danse, performance - Première française.       <br />
       Direction artistique et chorégraphie : Sebastian Abarbanell.       <br />
       Création lumière : Barnaby Booth.       <br />
       Dramaturgie : Tuan Ly.       <br />
       Direction technique : Shaly Lopez.       <br />
       Musique originale : slowdanger, Seb Brun &amp; SUM1.       <br />
       Projection vidéo : Sina Lesnik &amp; César Brodermann.       <br />
       Costumes : Sebastian Abarbanell.       <br />
       Construction boîtes : Alex Varenne.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
       <b>Présenté le 27 janvier au Glob Théâtre à Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente</b>       <br />
       <b>A eu lieu du 16 janvier au 2 février 2024.</b>       <br />
       XXIe Rencontres de la Forme Courte dans le Spectacle Vivant       <br />
       Bordeaux Métropole - Boulazac.       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Gloucester Time, Matériau Shakespeare, Richard III"… Humain trop humain !</title>
   <pubDate>Tue, 24 May 2022 07:06:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Vingt-sept ans après les premières représentations au festival d'Avignon, Marcial Di Fonzo Bo et Frédérique Loliée, deux comédiens ayant joué dans celles-ci, reprennent la mise en scène surprenante qu'avait faite en 1995 Matthias Langhoff qui avait réécrit scéniquement "Richard III". Dans un décor très original, la tragédie historique du génie anglais est vue sous le regard très libre du metteur en scène allemand.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64830642-46391662.jpg?v=1653330460" alt=""Gloucester Time, Matériau Shakespeare, Richard III"… Humain trop humain !" title=""Gloucester Time, Matériau Shakespeare, Richard III"… Humain trop humain !" />
     </div>
     <div>
      C'est d'abord une scénographie, superbe avec ses deux roues à moulin qui montent et descendent au sens propre les planches sur lesquelles est jouée la pièce. Richard III joue au diable caché pour accéder au pouvoir sans nervosité, avec une délicatesse, une nonchalance respirant parfois d'humour. Shakespeare (1564-1616) est respecté dans le texte avec ses envolées lyriques. Dans l'esprit, la tragédie tient lieu parfois d'une comédie faite avec beaucoup d'audace.       <br />
              <br />
       En 1995, Matthias Langhoff avait monté cette pièce et choisi dans la distribution Marcial Di Fonzo Bo (Richard III) et Frédérique Loliée (Margaret, veuve d'Henry VI). Nous les retrouvons, vingt-sept ans après, très bons dans ces mêmes rôles respectifs. Richard III (1452-1485) est le dernier roi d'Angleterre de la famille d'York de 1483 à sa mort. Un règne de deux courtes années qui sont restées dans la mémoire collective grâce à Shakespeare. Il incarne un condensé machiavélique de froid calculateur violent et cynique ayant pour seule vertu le vide et ne se raccrochant à aucune considération humaine. Tout s'enchaîne autour de meurtres, de déclarations solennelles et d'exécutions sous son joug afin de conquérir le pouvoir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64830642-46391663.jpg?v=1653330501" alt=""Gloucester Time, Matériau Shakespeare, Richard III"… Humain trop humain !" title=""Gloucester Time, Matériau Shakespeare, Richard III"… Humain trop humain !" />
     </div>
     <div>
      On y retrouve tout le suc de ce qui fait le sel des tragédies shakespeariennes. La fable est revisitée avec un regard décalé, laissant à distance la cruauté tragique et politique de celle-ci pour en présenter des atours élégamment humoristiques. Ce sont des matériaux de la pièce de Shakespeare qui sont réagencés, au travers d'une nouvelle réécriture de Matthias Langhoff. Il s'agissait pour lui de ne pas monter un texte figé par le temps, mais de le faire vivre au moment de sa représentation.       <br />
              <br />
       D'où cette impression parfois de se retrouver dans une configuration qui se construit au fil de l'eau et où les ressorts en sont montrés sans fard. L'envers et l'avers du spectacle y sont mis à nu. On y découvre un petit escalier étroit côté cour et un endroit niché au fond côté jardin où est exécuté George de Clarence. Au final, le champ de bataille où meurt le roi est agencé dans une nudité aride. Ce qui prime à chaque fois sont les protagonistes, ici principal quand celui-ci meurt dans une réplique laissée à la postérité : <span style="font-style:italic">&quot;A horse ! A horse ! My kingdom for a horse&quot;(1)</span>. Elle est dite sans emphase, dans le souffle d'un homme déjà mourant et sans espoir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64830642-46391669.jpg?v=1653330574" alt=""Gloucester Time, Matériau Shakespeare, Richard III"… Humain trop humain !" title=""Gloucester Time, Matériau Shakespeare, Richard III"… Humain trop humain !" />
     </div>
     <div>
      Il y a aussi du théâtre dans le théâtre avec une admiratrice, à l'accent hispanique, demandant un autographe à l'un des personnages. Ce qui donne lieu à un décalage de temps, de lieu et de situation. Ce protagoniste, dans sa représentativité, est extirpé un instant du spectacle par cette admiratrice entrant en contact avec lui pour ce qu'il est ou ce qu'il représente. Nul ne le sait et c'est au spectateur d'en faire sa propre version.         <br />
              <br />
       Le décor est superbe et ressemble, dans sa disposition, à celui d'une grange. Tout est en bois, les coulisses sont visibles derrière, côté cour. Pour certains changements, de simples rideaux blancs ou chamarrés, de petite taille, sont tirés. Un protagoniste est installé au milieu des spectateurs avant d'être cherché par Richard III. Une autre fois, celui-ci va vers le public, en touchant quelques personnes. La reine en descend, installant la tragédie dans un périmètre beaucoup plus humain, concret et tactile. Le roi devient un acteur se désincarnant, à dessein, de son rôle pour se montrer avec un visage plus humain. Il fait du public, un témoin et un confident de ses actions. Sans doute par machiavélisme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64830642-46391688.jpg?v=1653330634" alt=""Gloucester Time, Matériau Shakespeare, Richard III"… Humain trop humain !" title=""Gloucester Time, Matériau Shakespeare, Richard III"… Humain trop humain !" />
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      Ce regard subjectif de Matthias Langhoff est une prise de position dans la perception des personnages et de la fable. L'exécution de George de Clarence participe à une action quasi secondaire qui est effectuée dans un coin de scène. La mort de Richard III, presque banale et sans éclat aucun, n'est vu qu'au travers d'une suite logique historique qu'il a créée et qui l'a conduit à sa perte. Sur ces deux temps forts de la pièce, il en est fait une succession rigoureuse d'actions, à l'instar d'une dialectique de l'Histoire qui déroule son mécanisme en emportant tout sur son passage.       <br />
              <br />
       L'attention portée sur la psychologie et les attitudes de Richard III et Margaret donne une focale très personnelle des événements avec une Histoire faite avant tout par des héros, ici négatifs. Nous sommes loin de la dialectique marxiste avec le peuple au centre de l'action ou encore la distanciation brechtienne avec une absence de héros et un lien très fort unissant les personnages à leur environnement. Ici, les événements ne sont incarnés que par ceux-là, en premier lieu Richard III. C'est au travers de ses ambitions mais surtout de ses émotions feintes qu'il écrit en lettres de sang, sang à aucun moment visible, la tragédie qui le mène à sa perte. L'Histoire faite homme jusqu'à son dernier souffle !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) En français : &quot;Un cheval ! Un cheval ! Mon royaume pour un cheval&quot;.</span>       <br />
              <br />
       <b>Le spectacle a été joué à la Grande Halle de la Villette, Espace Charlie Parker, du 12 au 15 mai 2022.</b>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Gloucester Time, Matériau Shakespeare, Richard III"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64830642-46391715.jpg?v=1653330837" alt=""Gloucester Time, Matériau Shakespeare, Richard III"… Humain trop humain !" title=""Gloucester Time, Matériau Shakespeare, Richard III"… Humain trop humain !" />
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      Texte : William Shakespeare.       <br />
       Reprise de la mise en scène de Matthias Langhoff (1995) par Frédérique Loliée et Marcial Di Fonzo Bo.       <br />
       Nouvelle traduction : Olivier Cadiot.       <br />
       Conseillère à la traduction : Sophie Mckeown.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Marianne Ségol-Samoy       <br />
       Avec : Manuela Beltrán Marulanda, Nabil Berrehil, Michele De Paola, Marcial Di Fonzo Bo, Isabel Aimé González Sola, Victor Lafrej, Kévin Lelannier, Frédérique Loliée, Margot Madec, Anouar Sahraoui, Raha Sepehr<span style="font-style:italic">(2)</span>, Arnaud Vrech.        <br />
       Et Claudio Codemo, Maud Dufour, Grégory Guilbert, Laura Lemaître, David Marain, Thomas Nicolle.       <br />
       Collaboratrice artistique : Marianne Ségol-Samoy.       <br />
       Décor et costumes : Catherine Rankl.       <br />
       Assistante aux costumes : Charlotte Le Gall.       <br />
       Lumière : Laurent Bénard.       <br />
       Perruques, masques et maquillages : Cécile Kretschmar.       <br />
       Décor construit par les ateliers de la Comédie de Caen sous la direction de Carine Fayola.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée estimée : 2 h 45.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(2) Raha Sepehr fait partie des artistes afghans qui ont été accueilli en Normandie grâce au réseau de solidarité initié par l'association des centres dramatiques de France suite aux événements de l'été 2021.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Gloucester-Time-Materiau-Shakespeare-Richard-III-Humain-trop-humain-_a3252.html</link>
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