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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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   <title>Un "Chevalier à la rose" bouleversant à l'Opéra de Paris</title>
   <pubDate>Sat, 14 May 2016 09:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'Opéra de Paris met à l'affiche pour huit représentations "Le Chevalier à la rose" de Richard Strauss, un opéra créé à Dresde en 1911 sur un livret de Hugo von Hofmannsthal. Avec la reprise d'une production de Herbert Wernicke qui a fait date depuis sa création, la maison lyrique offre un des plateaux les plus homogènes qui soient, et une soirée de pure émotion.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9478688-15207903.jpg?v=1463214823" alt="Un "Chevalier à la rose" bouleversant à l'Opéra de Paris" title="Un "Chevalier à la rose" bouleversant à l'Opéra de Paris" />
     </div>
     <div>
      Fruit de la deuxième collaboration du compositeur avec l'écrivain autrichien Hugo von Hofmannsthal, après ce diamant noir qu'était &quot;Elektra&quot; - véritable bombe jetée sur la scène musicale en 1909 -, &quot;Le Chevalier à la rose&quot; pouvait sur le papier sembler bien inoffensif, avec son intrigue située dans la Vienne de l'impératrice Marie-Thérèse et ses personnages dignes de figurer dans une vieille opérette : une Maréchale, deux chevaliers - un jeune plein de grâce, un vieux barbon - et un parvenu cherchant à marier sa fille à un noble.       <br />
              <br />
       Que penser d'un livret mettant en scène les amours d'Octavian, un jeune chevalier de dix-sept ans surnommé Quinquin (chanté par une femme donc un personnage travesti), et de la Princesse von Werdenberg, alias la Maréchale, alias Bibiche, aux accents d'une valse viennoise bien dans la manière des Strauss père et fils <span style="font-style:italic">(1)</span> ? Était-ce une sorte de vaudeville musical anachronique ? Cet Octavian, ce fameux &quot;Chevalier à la rose&quot; envoyé en émissaire pour le compte d'un rustre <span style="font-style:italic">(2)</span> faire sa demande en mariage d'une belle débutante, n'était-il que le nouveau Chérubin d'un brillant pastiche des &quot;Noces&quot; au service d'un nouveau Falstaff ?       <br />
              <br />
       Évidemment, non. Parce que Richard Strauss se voyait en héraut de la nouvelle école allemande de l'expression (un &quot;Ausdrucksmusiker&quot;), un maître de l'orchestration et d'une écriture orfévrée toute en munificence harmonique et mélodique. Une musique épousant les mouvements de l'âme, toujours originale car retrempée aux procédés de la polytonalité <span style="font-style:italic">(3)</span>, écrite pour un effectif de cent douze instruments ! 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9478688-15208424.jpg?v=1463219644" alt="Un "Chevalier à la rose" bouleversant à l'Opéra de Paris" title="Un "Chevalier à la rose" bouleversant à l'Opéra de Paris" />
     </div>
     <div>
      Parce que Hugo von Hofmannsthal était cet écrivain majeur dont les œuvres (comme celle-ci) étaient hantées par les motifs du temps, de son écoulement implacable et de son action sur les êtres. Un maître qui écrirait en 1922 qu'<span style="font-style:italic">&quot;il faut dissimuler la profondeur. Où donc ? À la surface.&quot; (4)</span> Ce serait donc l'avènement d'un genre nouveau : la &quot;comédie pour musique&quot;, brillante synthèse de la conversation musicale et de l'opéra.       <br />
              <br />
       Thèmes éminemment baroques que la mise en scène du scénographe et metteur en scène Herbert Wernicke (mort en 2002) avait su idéalement traduire dans un dispositif élégant avec ses immenses miroirs, propices aux miroitements des illusions et de la fugacité des reflets - ceux des personnages et du public. Le spectacle créé en 1995 au Festival de Salzbourg - sous le mandat de Gerard Mortier - n'oubliait pas d'être moderne, et même universel, tout en choisissant de transposer l'intrigue à la Belle-époque (de sa conception).       <br />
              <br />
       Qu'en est-il en 2016 ? Reconnaissons-lui une direction d'acteurs d'une rare subtilité, mais le chef-d'œuvre ne méritait-il pas une vision neuve ? La production a perdu de son acuité avec les années - jusque dans son inspiration revendiquée de la comédie musicale hollywoodienne au deuxième acte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9478688-15211026.jpg?v=1463248221" alt="Un "Chevalier à la rose" bouleversant à l'Opéra de Paris" title="Un "Chevalier à la rose" bouleversant à l'Opéra de Paris" />
     </div>
     <div>
      Côté distribution, le plateau a tout pour enchanter. Entre rires et larmes, on ne peut être que subjugué par des chanteurs au service de l'émotion pure distillée par ce &quot;Chevalier à la rose&quot; capiteux et léger. Si Michaela Kaune n'est pas toujours à l'aise dans la tessiture du rôle, sa Maréchale est pourtant bouleversante, comme suspendue entre rêve mélancolique et tendresse.        <br />
              <br />
       Erin Morley est une Sophie von Fanninal non moins réussie (son duo à l'acte II avec Octavian, <span style="font-style:italic">&quot;Wo war ich schon einmal …&quot;</span>, émeut au plus profond du cœur). Si le cousin Ochs von Lerchenau est un grotesque irrésistible grâce à la basse Peter Rose (un vieux routier du rôle), tous les seconds rôles sont au diapason : Eve-Maud Hubeaux, Francesco Demuro, entre autres.        <br />
              <br />
       L'orchestre de l'Opéra de Paris offre un feu d'artifice joyeux et une palette sonore d'une rare transparence, ne sacrifiant rien ni à l'allégresse ni à la poésie précieuse de la partition. Tour à tour ironique ou entêtant comme la valse de Lerchenau, il chante parfois littéralement sous la direction de Philippe Jordan. Nec plus ultra de la soirée, le chevalier de la mezzo Daniela Sindram crée un trouble plus que fascinant. Dotée d'une voix remarquable, soyeuse, mordorée, d'une jolie ampleur et capable d'un jeu raffiné, la chanteuse est tout simplement inoubliable.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9478688-15211036.jpg?v=1463248267" alt="Un "Chevalier à la rose" bouleversant à l'Opéra de Paris" title="Un "Chevalier à la rose" bouleversant à l'Opéra de Paris" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">(1) Quand Johann Strauss fils meurt en 1899, Richard Strauss (sans aucun lien de parenté) a trente ans.       <br />
       (2) C'est le cousin de la Maréchale, Ochs von Lerchenau, qui fait office d'opposant d'un point de vue dramaturgique aux amours des uns et des autres.       <br />
       (3) Une dame dans le public regrettait encore, à l'entracte de cette soirée de première, une musique &quot;difficile&quot;. Comment dire…        <br />
       (4) La &quot;surface&quot;, ce sera donc le sacrifice de la Maréchale par amour pour son amant Octavian (qui a la moitié de son âge).</span>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 au 31 mai 2016.</span>       <br />
       Opéra national de Paris.       <br />
       Place de la Bastille 75012.       <br />
       Tel : 08 92 89 90 90.        <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9478688-15211039.jpg?v=1463248338" alt="Un "Chevalier à la rose" bouleversant à l'Opéra de Paris" title="Un "Chevalier à la rose" bouleversant à l'Opéra de Paris" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Der Rosenkavalier&quot; (1911).</b>       <br />
       Comédie pour musique en trois actes.       <br />
       Musique de Richard Strauss (1864-1949).       <br />
       Livret de H. von Hofmannsthal.       <br />
       En allemand surtitré en français et en anglais.       <br />
       Durée : 4 h 10 avec deux entractes.        <br />
              <br />
       Philippe Jordan, direction musicale.       <br />
       Herbert Wernicke, décors, costumes et mise en scène (réalisée par Alejandro Stadler).       <br />
       Werner Breitenfelder, lumières.       <br />
              <br />
       Michaela Kaune, die Feldmarschallin.       <br />
       Peter Rose, Der Baron Ochs.       <br />
       Daniela Sindram, Octavian.       <br />
       Stéphanie Houyzeel, Octavian (31 mai).        <br />
       Martin Gantner, Herr von Fanninal.       <br />
       Erin Morley, Sophie.       <br />
       Dietmar Kerschbaum, Valzacchi.       <br />
       Eve-Maud Hubeaux, Annina.       <br />
       Francesco Demuro, Ein Sänger.        <br />
              <br />
       Orchestre et Chœurs de l'Opéra de Paris.       <br />
       Maîtrise des Hauts-de-Seine, Chœur d'enfants de l'Opéra de Paris.       <br />
       José Luis Basso, chef des chœurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Elektra" à l’Opéra de Marseille : règlements de compte sanglants chez les Atrides !</title>
   <pubDate>Thu, 31 Jan 2013 08:28:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L’Opéra de Marseille produit une nouvelle "Elektra", le chef d’œuvre de Richard Strauss, du 7 au 16 février avec Jeanne-Michèle Charbonnet dans le rôle-titre. Un événement majeur parmi les nombreux rendez-vous de la ville, Capitale européenne de la Culture 2013.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5180424-7729196.jpg?v=1359619430" alt=""Elektra" à l’Opéra de Marseille : règlements de compte sanglants chez les Atrides !" title=""Elektra" à l’Opéra de Marseille : règlements de compte sanglants chez les Atrides !" />
     </div>
     <div>
      C’est donc à Mycènes et dans l’Antiquité que le sang va couler ! Et dans la fosse aussi. Ce quatrième opéra du compositeur autrichien - sur un total de quinze - trouve son sujet chez Sophocle. Occasion pour Richard Strauss d’initier sa collaboration avec l’écrivain Hugo von Hofmannsthal, rencontré à Paris en 1900. Une coopération qui se poursuivra pour six opéras, dont certains sont des sommets lyriques du XXe siècle. Le mythe, nous le connaissons : à la fin de la Guerre de Troie, le chef de la flotte grecque, Agamemnon, est assassiné à la hache par l’amant de son épouse Clytemnestre, le jour même de son retour après dix ans d’absence. Retrouvailles sympathiques qui ne signent pas la fin de la barbarie ! Cette famille royale est maudite depuis longtemps par les Dieux : ce sont les Atrides. La tragédie se déploie avec sa spirale infernale de vengeances, sombres prestiges de la &quot;dikè contre dikè&quot;* (ou loi du Talion).       <br />
              <br />
       Car le sang appelle le sang et la fille d’Agamemnon, Electre, ne peut que ronger son frein en l’absence de son frère, Oreste. Quand le rideau se lève, quelques années ont passé. Elle est prisonnière dans le palais, forcée de crier ses imprécations avec les chiens qui la cernent, de par un décret du nouveau roi assassin, Egisthe. Ivre de rage et de douleur, la bacchante, à qui on a annoncé la mort d’Oreste, tente en vain de rallier sa sœur Chrysothémis à son affreux projet. Tuer à la hache sa mère et son beau-père haïs ! Son frère survient déguisé, et c’est dans le sang et la folie que se conclut cette &quot;tragédie musicale&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5180424-7729197.jpg?v=1359619430" alt=""Elektra" à l’Opéra de Marseille : règlements de compte sanglants chez les Atrides !" title=""Elektra" à l’Opéra de Marseille : règlements de compte sanglants chez les Atrides !" />
     </div>
     <div>
      Les rôles ont immédiatement été déclarés impossibles à chanter : la créatrice du rôle de Clytemnestre en 1909 ayant jugé l’opéra &quot;horrible&quot;, et les performances vocales dangereuses, au-delà de la frontière déjà extrême du chant wagnérien. Quant à Richard Strauss, il demanda à l’orchestre de &quot;hurler&quot; lors de la première, bien plus intéressé par ses audaces de composition musicale que par ses chanteurs ! Polytonalité et limites de l’atonalité se rechargent dans la violence maximale de la musique du futur chef de l’Opéra de Vienne. Une partition osée, mais qui exclut toute écriture dodécaphonique, (comprenez : c’est audible !). Un chef d’œuvre.       <br />
              <br />
       Espérons que la soprano dramatique, Jeanne-Michèle Charbonnet, aura retrouvé ses moyens pour le rôle d’Elektra, depuis Dijon**, grâce à la météo clémente marseillaise. Nous attendons aussi l’Oreste de Nicolas Cavallier, un habitué des lieux. Et nous sommes curieux de retrouver le chef israélien, Pinchas Steinberg, déjà entendu à l’Opéra de Paris, dans une excellente &quot;Salomé&quot; de ce même Richard Strauss.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Notes :       <br />
       * Voir &quot;L’Orestie&quot; d’Eschyle et &quot;Electre&quot; de Sophocle.       <br />
       ** Voir notre article &quot;Les filles d’Ariane à l’Opéra de Dijon&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 7 au 16 février 2013.</span>       <br />
       Jeudi 7, mercredi 13, samedi 16 à 20 h ; dimanche 10 à 14 h 30.       <br />
       Opéra de Marseille, 2, rue Molière, Marseille 1er, 04 91 55 11 10.       <br />
       <a class="link" href="http://opera.marseille.fr/" target="_blank">&gt;&gt; opera.marseille.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Elektra&quot;, tragédie musicale en un acte (1909).</b>       <br />
       Livret en allemand de Hugo von Hofmannsthal.       <br />
       Musique de Richard Strauss (1864-1949).       <br />
       Surtitré en français.        <br />
       Durée : environ 1 h 50 sans entracte.       <br />
              <br />
       Pinchas Steinberg, direction musicale.       <br />
       Charles Roubaud, mise en scène.       <br />
       Emmanuelle Favre, décors.       <br />
       Katia Duflot, costumes.       <br />
       Marc Delamézière, lumières.       <br />
              <br />
       Jeanne-Michèle Charbonnet, Elektra.       <br />
       Ricarda Merbeth, Chrysothémis.       <br />
       Marie-Ange Todorovitch, Clytemnestra.       <br />
       Patrick Raftery, Aegisthe.       <br />
       Nicolas Cavallier, Orest.       <br />
              <br />
       Orchestre et Chœur de l’Opéra de Marseille.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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