<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-12T15:36:50+01:00</dc:date>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-13908457</guid>
   <title>Une vérité de la conscience d'un Thomas Bernhard épris de liberté</title>
   <pubDate>Thu, 25 May 2017 11:27:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans "Le froid augmente avec la clarté", Claude Duparfait adapte deux romans autobiographiques de Thomas Bernhard, "L'Origine" et "La Cave", qui donnent au spectateur l'accès à une réelle compréhension de l'œuvre. L'itinéraire de vie d'un écrivain qui a de bonnes raisons de haïr le pays qui l'a vu naître.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13908457-20097552.jpg?v=1495704652" alt="Une vérité de la conscience d'un Thomas Bernhard épris de liberté" title="Une vérité de la conscience d'un Thomas Bernhard épris de liberté" />
     </div>
     <div>
      Les textes sont adaptés pour cinq présences humaines, cinq voix humaines, qui dialoguent dans l'espace. Et ce sont, dans un bel équilibre, les différents âges de la vie, les souvenirs, les sentiments d'alors et de maintenant qui apparaissent.       <br />
              <br />
       Il y a le grand père idéal, philosophe, qui dialogue avec son petit-fils dans un état d'intelligence qui s'épanouit dans la liberté, qui vibre naturellement avec ce qui entoure l'enfance.       <br />
              <br />
       Il y a le choc et la violence incompréhensible du monde à l'adolescence. L'enfermement à l'internat : l'éducation des <span style="font-style:italic">Hitlers jugend</span> ou plus tard des ultra catholiques. La guerre et les bombardements.       <br />
              <br />
       Il y a, pour le jeune adulte, le conformisme bourgeois de Salzbourg. Et, permanent, le désir de suicide et la recherche effrénée de l'humain : dans le sens opposé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13908457-20097568.jpg?v=1495704693" alt="Une vérité de la conscience d'un Thomas Bernhard épris de liberté" title="Une vérité de la conscience d'un Thomas Bernhard épris de liberté" />
     </div>
     <div>
      Il y a la littérature enfin qui, dans ses tâtonnements, ses hésitations, ses retours en arrière, le souci de sa précision, permet le rassemblement des souvenirs et le jeu avec le spectre sonore des mots. La littérature qui, avec ses mensonges, revêt et révèle un point de vue, un point d'accord. Qui s'oriente vers une vérité.       <br />
              <br />
       Le dispositif scénique appuie, par ses alternances d'apparitions et disparitions de personnages et de la couleur de leurs voix, les réitérations et leitmotivs du texte. Dans une forme fuguée rythmée par les belles voix graves de Thierry Bosc et d'Annie Mercier, l'espace et le temps se trouvent à la fois animés, apaisés avec intensité.       <br />
              <br />
       Le spectacle, dont l'ironie de la représentation s'esquisse dans un pas de l'oie gracieux, maladroit et inoffensif, culmine dans une scène de <span style="font-style:italic">kabaret</span> bouffe et féroce tout en puissance de <span style="font-style:italic">schuhplattler</span> et de polka sardonique. Digne de Karl Valentin. En contrepoint, des passages en allemand apportent une part de poésie et de mystère (d'intensité et de colorature) que l'accent trop français de la comédienne (hélas) amoindrit un peu.       <br />
              <br />
       Le spectateur accompagne avec bonheur ce spectacle qui sait apporter une vérité de la conscience. Celle d'un Thomas Bernhard épris de liberté.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le froid augmente avec la clarté"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13908457-20097569.jpg?v=1495704727" alt="Une vérité de la conscience d'un Thomas Bernhard épris de liberté" title="Une vérité de la conscience d'un Thomas Bernhard épris de liberté" />
     </div>
     <div>
      Librement inspiré de &quot;L'Origine&quot; et &quot;La Cave&quot; de Thomas Bernhard.       <br />
       Un projet de Claude Duparfait.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Kenza Jernite.       <br />
       Avec : Thierry Bosc, Claude Duparfait, Pauline Lorillard, Annie Mercier, Florent Pochet.       <br />
       Scénographie : Gala Ognibene.       <br />
       Son et image : François Weber.       <br />
       Lumière : Benjamin Nesme.       <br />
       Costumes : Mariane Delayre.       <br />
       Participation musicale au piano pour l'enregistrement de &quot;Ich bin der Welt…&quot; (extrait des Rückert-Lieder de Gustav Mahler) : François Dumont.       <br />
       Durée : 2 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13908457-20097579.jpg?v=1495704760" alt="Une vérité de la conscience d'un Thomas Bernhard épris de liberté" title="Une vérité de la conscience d'un Thomas Bernhard épris de liberté" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 19 mai au 18 juin 2017.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h, mardi à 19 h, dimanche à 16 h.       <br />
       La Colline - théâtre national, Petit Théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="http://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/13908457-20097552.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Une-verite-de-la-conscience-d-un-Thomas-Bernhard-epris-de-liberte_a1812.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-11990874</guid>
   <title>"La Résistible Ascension d'Arturo Ui", du bon usage du théâtre épique dans des temps troublés</title>
   <pubDate>Wed, 12 Apr 2017 07:30:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Retour en fanfare du théâtre épique de Bertold Brecht à la Comédie-Française jusqu'au 30 juin 2017 avec l'entrée au répertoire de sa pièce dans la production d'une des figures du Berliner Ensemble, Katharina Thalbach. Dans cette "Résistible Ascension d'Arturo Ui" très réussie, les comédiens du Français endossent brillamment les défroques des gangsters de Chicago dans cette parabole de l'ascension des Nazis écrite en exil en 1941.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11990874-19399501.jpg?v=1491895896" alt=""La Résistible Ascension d'Arturo Ui", du bon usage du théâtre épique dans des temps troublés" title=""La Résistible Ascension d'Arturo Ui", du bon usage du théâtre épique dans des temps troublés" />
     </div>
     <div>
      Célèbre depuis son &quot;Opéra de Quat'sous&quot; créé en 1928 au Deutsches Theater de Max Reinhardt, Bertold Brecht se voit cinq ans après contraint d'emprunter les routes de l'exil, alors que les Nazis viennent d'arriver au pouvoir, interdisant son œuvre avant de la brûler par autodafé le 10 mai 1933. Il a trente-six ans en 1934 quand il manifeste à Walter Benjamin son envie d'écrire sur l'ascension d'Adolf Hitler et de sa clique. Sans suite.        <br />
              <br />
       Un voyage en Amérique en 1935 <span style="font-style:italic">(1)</span> le pousse à s'intéresser au genre du film noir de gangster, alors à son apogée <span style="font-style:italic">(2)</span>, et le parallèle entre ces mondes se révèle enfin fécond en 1941 - alors que le dramaturge allemand est en attente de son visa pour les USA. Espérant intéresser les Américains à sa pièce, &quot;un show pour Broadway&quot;, il écrit une première version de &quot;La Résistible Ascension d'Arturo Ui&quot; en quelques semaines, de mars à avril.        <br />
              <br />
       Alors que les magnats du Trust du Chou-fleur ont corrompu le maire de Chicago, le vieil Hindsborough, Arturo Ui et sa mafia réussissent au prix du chantage, de la propagande et du meurtre à infiltrer puis à prendre la tête dudit trust et de la ville. Après un règlement de compte interne qui vise l'élimination de son lieutenant Ernesto Roma avec le soutien des deux autres, Giuseppe Gobbola (marchand de fleurs) et Manuele Gori, Arturo Ui parviendra à s'emparer de la ville voisine, Cicero - prélude à d'autres conquêtes sanglantes. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11990874-19406402.jpg?v=1491947953" alt=""La Résistible Ascension d'Arturo Ui", du bon usage du théâtre épique dans des temps troublés" title=""La Résistible Ascension d'Arturo Ui", du bon usage du théâtre épique dans des temps troublés" />
     </div>
     <div>
      Parabole grinçante sur les méthodes de prise de pouvoir des criminels nazis, la pièce ne sera pas jouée du vivant de Brecht. Elle sera créée en Allemagne de l'Ouest deux ans après sa mort, puis reprise à l'Est au Berliner Ensemble - compagnie créée par le dramaturge après son expulsion des Etats-Unis en 1949 pour marxisme par la Commission des Affaires anti-américaines.        <br />
              <br />
       La pièce pose en outre les bases de la théorie brechtienne de la &quot;distanciation&quot;, cette mise à mort de l'illusion théâtrale traditionnelle, qui permet à un public de réfléchir et de se saisir pédagogiquement de la fable pour son éducation politique. C'est ainsi que l'ascension d'Arturo Ui&quot; est &quot;résistible&quot; : renseignées, les masses pourraient l'empêcher dans une Histoire tragique qui se répète.        <br />
              <br />
       L'actualité de ce cauchemar, avec le péril d'une extrême-droite aux portes du pouvoir en Europe et ailleurs, motive évidemment la décision d'Eric Ruf de programmer la pièce dans la grande maison - outre sa quasi perfection d'écriture <span style="font-style:italic">(3)</span> - avec l'intention de &quot;revenir à la source&quot; de l'œuvre &quot;par le lien du plateau, des acteurs&quot; et en choisissant de confier la mise en scène à Katharina Thalbach, figure éminente de la scène allemande.       <br />
              <br />
       Avec le scénographe Ezio Toffolutti, elle choisit la transposition symbolique d'une énorme toile qui enserre le plateau. Un plateau figurant en pente un plan de la ville de Chicago, une maison close ou les hangars où se déroule le drame, espaces sur lesquels le gang d'Arturo Ui étend ses filets, avec la complicité des hommes politiques et du monde des affaires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11990874-19413774.jpg?v=1491948069" alt=""La Résistible Ascension d'Arturo Ui", du bon usage du théâtre épique dans des temps troublés" title=""La Résistible Ascension d'Arturo Ui", du bon usage du théâtre épique dans des temps troublés" />
     </div>
     <div>
      Comme dans le texte de Brecht, des panneaux rythment les différentes péripéties de cette ascension maléfique en rappelant les événements historiques qu'elles transposent : avènement de Hitler à la chancellerie grâce au chantage effectué sur le président Hindenburg, incendie du Reichstag, élimination du chef des SA Ernest Röhm puis du chancelier autrichien Dollfuss, entre autres.        <br />
              <br />
       Conservant les références aux années trente, Katharina Thalbach utilise le maquillage expressionniste, les costumes du film noir et tous les attributs du théâtre de foire pour rendre lisible la parabole, sans renoncer à la noirceur du &quot;grand style&quot; voulu par Brecht, avec ses scènes tout droit inspirées par Shakespeare (&quot;Richard III&quot;, &quot;Macbeth&quot;) ou Goethe (&quot;Faust&quot;).        <br />
              <br />
       Comment les acteurs du Français se coulent-ils dans les oripeaux de ces grotesques, aussi comiques qu'inquiétants ? Toute la troupe y prend manifestement un malin plaisir. Bruno Raffaelli (Hinsborough) cultive le double sens évoquant notre actualité (&quot;Oui, j'ai fait une erreur mais je ne suis pas coupable&quot;). 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11990874-19413808.jpg?v=1491948379" alt=""La Résistible Ascension d'Arturo Ui", du bon usage du théâtre épique dans des temps troublés" title=""La Résistible Ascension d'Arturo Ui", du bon usage du théâtre épique dans des temps troublés" />
     </div>
     <div>
      Laurent Stocker est un brillant Arturo Ui, pantin agité et monstre ridicule. Il est grandiose de bout en bout : dans sa leçon de rhétorique face au comédien ivre que joue avec son talent habituel Michel Vuillermoz ou dans la façon dont il incarne le verbe hystérique menaçant ses adversaires d'un tyran de plus en plus habile. Sinueux, mégalomaniaque et pathétique, il est autant Richard III (tentant de séduire Betty Dollfoot, cette nouvelle Lady Ann) que le dictateur ridicule du film de Charlie Chaplin.        <br />
              <br />
       Un grand comédien excellemment secondé par le Gobbola de Jérémy Lopez. Celui-ci, solide et subtil, impressionne en parvenant à donner à son personnage la séduction d'un nervi façon &quot;Scarface&quot; (celui de Hawks), et les repoussantes contorsions d'un serpent - capable de très bien chanter dans ce spectacle qui tient aussi du &quot;musical&quot;. Faculté qui n'est guère partagée, reconnaissons-le. Il n'a guère de challenger sérieux même dans une troupe d'un tel niveau.        <br />
              <br />
       Il est vrai que Thierry Hancisse nous bouleverse aussi en Ernesto Roma alors que son fantôme revient hanter le mentor adoré qui l'a trahi - Arturo Ui, ce nouveau Macbeth torturé par ses cauchemars. Cette &quot;Résistible Ascension&quot; n'est donc à manquer sous aucun prétexte, tant sa force de dévoilement et son pouvoir de démythification restent singulièrement entiers ici. Elle nous est exactement contemporaine.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Invité à suivre la création Outre-Atlantique de &quot;La Mère&quot;, Brecht se voit rapidement interdit de répétitions.        <br />
       (2) &quot;Little Caesar&quot; (Mervyn Le Roy), &quot;The Public Enemy&quot; (William Wellman), &quot;Scarface&quot; (Howard Hawks) par exemple, tous vus par Brecht. Lui-même participera à l'écriture de quelques scénarios à Hollywood après son arrivée en juillet 1941, dont un réalisé par Fritz Lang (&quot;Les Bourreaux meurent aussi&quot;).        <br />
       (3) Avec le choix heureux de la première version du Prologue, celle de 1941 et non de l'édition allemande de référence, qui permet au Bonimenteur une présentation savoureuse des protagonistes.</span>       <br />
              <br />
       Spectacle vu le 5 avril 2017.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Résistible Ascension d'Arturo Ui"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11990874-19413983.jpg?v=1491949184" alt=""La Résistible Ascension d'Arturo Ui", du bon usage du théâtre épique dans des temps troublés" title=""La Résistible Ascension d'Arturo Ui", du bon usage du théâtre épique dans des temps troublés" />
     </div>
     <div>
      Texte : Bertold Brecht.       <br />
       Traduction : Hélène Mauler et René Zahnd.       <br />
       Mise en scène : Katharina Thalbach.       <br />
       Avec : Thierry Hancisse (Ernesto Roma), Eric Génovèse (Flake et Greenwood), Bruno Raffaelli (le Vieil Hindsborough), Florence Viala (Dockdaisy et Betty Dollfoot), Jérôme Pouly (Clark et le Médecin), Laurent Stocker (Arturo Ui), Michel Vuillermoz (le Comédien et le Juge), Serge Bagdassarian (Manuele Gori), Bakary Sangaré (le bonimenteur et Hook), Nicolas Lormeau (le jeune Hindsborough et Ignace Dullfoot), Jérémy Lopez (Giuseppe Gobbola), Nâzim Boudjenah (Sheet, O’Casey, le Procureur et le Prêtre), Elliot Jenicot (Butcher et Bowl), Julien Frison (le jeune Inna et l’accusé Fish).       <br />
       Et les comédiens de l'Académie.       <br />
       Scénographie et costumes : Ezio Toffolutti.       <br />
       Lumières : François Thouret.       <br />
       Travail chorégraphique : Gysleïn Lefever.       <br />
       Son : Jean-Luc Ristord.       <br />
       Arrangements musicaux : Vincent Leterme.       <br />
       Collaboration artistique : Léonidas Strapatsakis        <br />
       Assistanat à la mise en scène : Ruth Orthmann        <br />
       Durée : 2 h 10 environ.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 1er avril au 30 juin 2017.</span>       <br />
       En alternance, matinée 14 h, soirée 20 h 30.       <br />
       Comédie-Française, Salle Richelieu, Paris 1er, 01 44 58 15 15.       <br />
       <a class="link" href="http://www.comedie-francaise.fr/index.php" target="_blank">&gt;&gt; comedie-francaise.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/11990874-19399501.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Resistible-Ascension-d-Arturo-Ui--du-bon-usage-du-theatre-epique-dans-des-temps-troubles_a1783.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-9315151</guid>
   <title>"Fission"… Fragilité des constructions humaines, inconsistance et puissance de tout rêve</title>
   <pubDate>Fri, 15 Apr 2016 11:35:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le théâtre de la Reine Blanche fait se rencontrer les mondes scientifiques et artistiques en usant d'un vecteur commun de la représentation théâtrale… Dans "Fission", il est question de l'atome, de l'énergie et de la bombe vue d'un point focal, peu connu de la Grande Histoire…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9315151-14890307.jpg?v=1460985902" alt=""Fission"… Fragilité des constructions humaines, inconsistance et puissance de tout rêve" title=""Fission"… Fragilité des constructions humaines, inconsistance et puissance de tout rêve" />
     </div>
     <div>
      Celui de ces savants allemands qui travaillaient, sous le régime nazi, sur le programme de la bombe atomique et qui, faits prisonniers, mis au secret en Angleterre, apprennent stupéfaits que les américains les ont doublé. Cela aurait du être de leur point de vue Londres, ce fut Hiroshima.       <br />
              <br />
       Hiroshima… Un événement dans la toute puissance de l'effroi qui modifie absolument l'échelle des mesures : quand un seul avion et une seule bombe, quand une fraction de seconde se substituent à des mois de bombardement, des milliers d'avions et des milliers de soldats et des milliers de tonnes de bombes. À la grande surprise de tous, un prodigieux écart de l'espace et du temps. Celui de la destruction instantanée et de l'abolition de la durée*. Celui du soulagement et du remords.       <br />
              <br />
       Ce 6 août 1945, ces hommes prirent conscience dans la stupeur de leur ratage. Sans forcément tout comprendre d'eux-mêmes, ils comprennent qu'ils avaient été dépassés brutalement dans la course à l'énergie, comprennent que leur méthode n'était pas bonne et qu'ils avaient été privés de leur l'entrée tonitruante et supposée glorieuse dans l'ère atomique. Écartés de la postérité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9315151-14893032.jpg?v=1460727816" alt=""Fission"… Fragilité des constructions humaines, inconsistance et puissance de tout rêve" title=""Fission"… Fragilité des constructions humaines, inconsistance et puissance de tout rêve" />
     </div>
     <div>
      Et se sentant soulagés de ne pas être accusés de l'avoir mis en œuvre : la bombe. Avec pour eux une seule alternative. Passer pour incompétents ou se revendiquer résistants passifs au régime nazi. À jamais non coupables… À la croisée des destins, ces savants allemands se firent tout petits redevenus simples serviteurs de l'aventure scientifique d'homo sapiens nobélisable.        <br />
              <br />
       Tout à leur désir de créer des éléments qui n'existent pas dans la nature, sans se poser de questions plus avant pour la simple raison que ces derniers figurent de manière virtuelle dans une table de classement logique des éléments (table de Mendeleïev) et que la compétition est lancée au niveau mondial. Concrétiser. De la connaissance à l'application, le passage à l'acte. &quot;Fission&quot; anime le débat sur les relations de la Science avec le pouvoir politique, la société et avec elle même.       <br />
              <br />
       Pour un tel sujet, la forme théâtrale qui excelle dans la dénonciation des travers des hommes par la satire et la farce s'avère pertinente. Le spectacle plein de rigueur et de précision scientifique et historique, retient l'attention du spectateur. Celui-ci apprend, comprend et perçoit que le rêve de toute puissance est accompagné d'une kyrielle de petitesses, de médiocrités, de curiosités à court terme, de hasards et de sens du bricolage, de coups bas, de jalousies qui excluent l'intelligence des autres et les autres intelligences.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9315151-14893175.jpg?v=1460728023" alt=""Fission"… Fragilité des constructions humaines, inconsistance et puissance de tout rêve" title=""Fission"… Fragilité des constructions humaines, inconsistance et puissance de tout rêve" />
     </div>
     <div>
      Le spectacle recèle, de fait, plein de pépites d'humour et d'ironie propres à propager le plaisir.       <br />
              <br />
       Le jeu part d'une forme archaïque de la théâtralité (qui est celle de la dispute) qui oppose des arguments en une succession de plaidoyers individuels. Il évolue de manière dynamique en un théâtre qui allie réflexion et comédie (fut-elle dramatique). L'action, concentrée en un huis clos, comme en un chaudron, exacerbe les contrastes entre les personnages, affirme les caractères. Il y a le couard, le vaniteux, le repentant, l'opportuniste et le cynique, la délaissée. Le choc est tel que la réaction en chaîne s'enclenche naturellement pour les protagonistes en un sauve-qui-peut panique, un désir de posture pour sauver sa réputation des plus pathétiquement risible.       <br />
              <br />
       Si l'histoire fait froid dans le dos, de manière alchimique, la machine théâtrale déclenche, en effet, le plaisir de vivre et de rire. À la fission des éléments obtenus par apport d'énergie des neutrons sur les noyaux, correspond la fission des caractères par l'apport de l'énergie des comédiens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9315151-14893248.jpg?v=1460728294" alt=""Fission"… Fragilité des constructions humaines, inconsistance et puissance de tout rêve" title=""Fission"… Fragilité des constructions humaines, inconsistance et puissance de tout rêve" />
     </div>
     <div>
      L'espace théâtral est bien un espace phénoménologique qui crée de l'énergie positive et qui, entre effroi et ridicule, pose immanquablement le problème de la fragilité des constructions humaines, l'inconsistance et la puissance de tout rêve, qu'il soit de toute puissance ou de postérité éternelle.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Avant d'apprendre plus tard l'apparition des très longues durées des radioéléments (radioactivité) et leurs effets sur la vie.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Fission"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9315151-14893250.jpg?v=1460728515" alt=""Fission"… Fragilité des constructions humaines, inconsistance et puissance de tout rêve" title=""Fission"… Fragilité des constructions humaines, inconsistance et puissance de tout rêve" />
     </div>
     <div>
      Texte : de Jacques et Olivier Treiner.       <br />
       Mise en scène : Vincent Debost.       <br />
       Avec : Romain Berger, Benoît Di Marco, Christian François, Alexandre Lachaux, Marie-Paule Sirvent, Stéphane Lara.       <br />
       Scénographie : Pascal Crosnier.       <br />
       Musique : Raphaël Treiner.       <br />
       Costumes : Vincent Debost.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 avril au 22 juin 2016.</span>       <br />
       Mercredi et vendredi à 21 h (sauf 25 et 27 mai), dimanche à 17 h.       <br />
       Théâtre La reine Blanche, Paris 18e, 01 40 05 06 96.       <br />
       <a class="link" href="http://www.reineblanche.com/" target="_blank">&gt;&gt; reineblanche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/9315151-14890307.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Fission-Fragilite-des-constructions-humaines-inconsistance-et-puissance-de-tout-reve_a1581.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-8929398</guid>
   <title>"Dialogues d'exilés" par Mellor : une version en expansion de bonheur dans le malheur des temps</title>
   <pubDate>Wed, 10 Feb 2016 18:57:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'un est physicien, l'autre est ouvrier. Ziffel et Kalle. Dans la proposition d'Olivier Mellor pour "Dialogues d'exilés" de Bertolt Brecht, l'un est grand et puissant, l'autre gringalet et un tantinet hargneux. Leur attelage épouse les contours de duos comiques.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8929398-14157786.jpg?v=1455127735" alt=""Dialogues d'exilés" par Mellor : une version en expansion de bonheur dans le malheur des temps" title=""Dialogues d'exilés" par Mellor : une version en expansion de bonheur dans le malheur des temps" />
     </div>
     <div>
      L'action se déroule dans une arrière-salle, lieu de nulle part où trois musiciens, trois caboches de balochards (joyeux drilles au demeurant), devant un rideau en lamé, entre futs de bière, viennent en répétition.       <br />
              <br />
       Tous sont concentrés. Pour l'un la batterie, l'autre le clavier, le troisième les cordes. Ziffel et Kalle poussent euxmêmes la chansonnette ou la passe de contrebasse entre deux discussions sérieuses. Leur fantaisie est en forme d'ukulélé, d'harmonica, de chant opératique. Complices dés que possible au rythme d'un bœuf immédiat et de bière ingurgités en commun. Béats et heureux des harmonies du hasard. Indifférents au reste. Goguenards peut-être. Complices toujours.       <br />
              <br />
       Ils ne se seraient sans doute jamais connus si les aléas de la vie ne les avaient jetés loin de chez eux dans ce lieu de bric et de bocks. Exil. Havre, rade, on ne sait. En tout cas, loin de la guerre, la dictature, la violence, ce qui permet d'en parler. Instant de répit dans une trajectoire de vie trahie par le malheur collectif. Sans lendemains assurés, Ziffel et Kalle se rencontrent, se racontent, s'écoutent, échangent, questionnent, rapprochent leurs points de vues : pertinents. Assaillis de la même nostalgie d'un monde qui reste encore le leur parce qu'ils y ont eu une enfance, quelque chose comme le bagage commun d'une civilisation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8929398-14157805.jpg?v=1455128137" alt=""Dialogues d'exilés" par Mellor : une version en expansion de bonheur dans le malheur des temps" title=""Dialogues d'exilés" par Mellor : une version en expansion de bonheur dans le malheur des temps" />
     </div>
     <div>
      Cette proposition scénique en formule cabaret n'hésite pas à distiller les pieds de nez, insère en toute évidence rythmique (et plaisir) des morceaux (qui ne sont pas tous de Kurt Weill, de ceux dont on comprend bien qu'ils sont des morceaux préférés des uns et des autres : Jean Yanne, Bernard Dimey, Jesse Garon, Léo Ferré, Raoul de Godewarsvelde). De blues en boogie-woogie, de chansons à texte en twist échevelé ou romance… la soirée réjouit, délasse. Le spectateur redécouvre combien, dans le partage d'une attente, la puissance et l'exubérance d'un instant font tout oublier. Que l'homme est un loup pour l'homme, certes. Mais qu'il n'est qu'un homme…       <br />
              <br />
       Dans ces &quot;Dialogues d'exilés&quot;, que Brecht travailla et ne finit jamais, Olivier Mellor rappelle aussi opportunément que Bertolt Brecht, homme de théâtre, aimait la comédie musicale et rêvait de l'Amérique. Et tout finit en chansons, dans cette version en expansion de bonheur dans le malheur des temps.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dialogues d'exilés"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8929398-14157854.jpg?v=1455128245" alt=""Dialogues d'exilés" par Mellor : une version en expansion de bonheur dans le malheur des temps" title=""Dialogues d'exilés" par Mellor : une version en expansion de bonheur dans le malheur des temps" />
     </div>
     <div>
      Texte : Bertolt Brecht.       <br />
       Traduction : Gilbert Badia et Jean Baudrillard.       <br />
       Mise en scène : Olivier Mellor.       <br />
       Avec : Olivier Mellor, Stephen Szekely.       <br />
       Musiciens : Séverin &quot;Toskano&quot; Jeanniard (direction musicale, contrebasse, shaker, tambourin), Romain Dubuis (piano, orgue, harmonica), Cyril &quot;Diaz&quot; Schmidt (percussions, guitares, grosse caisse) ; featuring Stephen Szekely (piano) et Olivier Mellor (sax alto, contrebasse, shaker, percussions).       <br />
       Chansons : Bertolt Brecht/Kurt Weill, Jean Yanne, Léo Ferré, Bernard Dimey, Raoul de Godewarsvelde, Jesse Garon, etc.       <br />
       Arrangements : Séverin &quot;Toskano&quot; Jeanniard, Romain Dubuis.       <br />
       Scénographie : Noémie Boggio, Alexandrine Rollin.       <br />
       Costumes : Hélène Falé.       <br />
       Lumière : Benoît André.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 février au 26 mars 2016.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21 h.       <br />
       Théâtre Lucernaire, Paris 6e, 01 45 44 57 34.       <br />
       <a class="link" href="http://www.lucernaire.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lucernaire.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/8929398-14157786.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Dialogues-d-exiles-par-Mellor-une-version-en-expansion-de-bonheur-dans-le-malheur-des-temps_a1541.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-3051278</guid>
   <title>Stefan Zweig, ou l’étonnante loquacité d’un pessimiste né</title>
   <pubDate>Mon, 13 Jun 2011 12:37:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Mickaël Duplessis</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Reprise au Petit Hébertot de "la Femme silencieuse", biopic classico-classique d’un écrivain mythique. Ce spectacle (très académique, un peu vieillot et parfois trop pathétique) nous interroge finalement sur l’intérêt artistique du théâtre historique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3051278-4350038.jpg?v=1307963369" alt="Stefan Zweig, ou l’étonnante loquacité d’un pessimiste né" title="Stefan Zweig, ou l’étonnante loquacité d’un pessimiste né" />
     </div>
     <div>
      Cette pièce, écrite par Monique Esther Rotemberg, désire nous plonger dans le Londres des années trente, où le célèbre auteur autrichien (Stefan Zweig) a décidé de s’exiler, très tôt conscient du danger que représente l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Là, sur les conseils de sa femme Fridericke, il embauche une nouvelle secrétaire pour l’aider à terminer sa biographie de Marie Stuart : ce sera Lotte, dont il tombera finalement amoureux, cette &quot;femme silencieuse&quot; (titre de son livret d’opéra créé à cette même époque).       <br />
              <br />
       Déception, oui da ! Déception par le travail scénographique d’abord (panneaux &quot;en dur&quot;, couleur boueuse et verdâtre) de Bernard Fau. On croyait d’ailleurs ne plus trouver qu’au boulevard ces décors réalistes. Ici, le mobilier (tout droit sorti d’une brocante) est recouvert de grands draps blancs, comme si l’appartement était vide depuis bien longtemps… Or Zweig n’y vit-il pas depuis un mois ? &quot;Effet visuel&quot; pas garanti, mais bien souligné… au détriment de tout bon sens ! En revanche, tout n’est pas à jeter aux orties, à partir du moment où l’on mise par touches : les projections vidéos évoquent poétiquement des gouttes de pluie contre une vitre ou des branchages agités par le vent.        <br />
              <br />
       Déception ensuite quant au personnage incroyablement loquace de Zweig. Le texte est incontestablement brillant. Il fourmille de phrases bien léchées et de bons mots d’esprit. Les dialogues sont chargés de sens, d’idées, de réflexions (le plaisir de l’auteure est évident) et l’écriture suffisamment théâtrale pour largement passer la rampe. Mais comment imaginer ce torturé, (pessimiste ou clairvoyant ?), avec un caractère si bien trempé et si enjoué ? Même le rire avec sa compagne est léger… Absurde, non ? Quand on sait qu’au même moment, ses livres brûlaient dans les autodafés Nazis. Ce parti pris nous laisse vraiment perplexe…        <br />
              <br />
       Déception pas moins grande devant Pierre-Arnaud Juin pour incarner le rôle principal. S’il est physiquement parfait (cheveux courts, moustache, visage fin : la ressemblance est admirable), il ne suffit pas à dépoussiérer son jeu et à pallier son insuffisance articulatoire. Il finit par lasser.       <br />
              <br />
       Face à lui, heureusement, Olivia Algazi  tire son épingle du jeu, mais (erreur de casting ?), le rôle n’est pas vraiment à sa taille, même si elle incarne avec finesse et douceur une Lotte au tempérament discret. Toutefois, plus le personnage s’efface, plus la comédienne attire notre attention par la sincérité de son jeu.       <br />
       	       <br />
       Enfin, on ne sent pas ce supplément d’âme si précieux qui fait qu’un spectacle vous marque durablement. Celui-ci pêche par son manque d’originalité, de fraîcheur et finalement… d’émotion. Peut-être est-ce à cause de Pascal Elso qui tartine sa mise en scène de poncifs redondants (temps nostalgique, longs fondus au noir pour symboliser les ellipses temporelles…) ? Cette histoire dans l’Histoire est pourtant passionnante. Les années sont charnières, à la fois pour Zweig et pour l’Europe. Le texte est certes très bien écrit, mais la mise en scène et l’interprétation apportent si peu. Et c’est là tout le problème.        <br />
              <br />
       À tous les passionnés de Zweig, je ne saurais que trop recommander plutôt la lecture de l’excellent roman de Laurent Seksik, <span style="font-style:italic">Les Derniers jours de Stefan Zweig</span>, publié chez Flammarion. Accepterons-nous de croire alors que l’Histoire conserve une place meilleure dans l’horizontalité des lignes d’un livre que dans la verticalité d’un comédien sur un plateau ?        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La femme silencieuse"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3051278-4350039.jpg?v=1307963371" alt="Stefan Zweig, ou l’étonnante loquacité d’un pessimiste né" title="Stefan Zweig, ou l’étonnante loquacité d’un pessimiste né" />
     </div>
     <div>
      (Vu le 07/06/2011)        <br />
              <br />
       Texte : Monique Esther Rotemberg.        <br />
       Mise en scène : Pascal Eslo.        <br />
       Assistante : Sonia Sariel.       <br />
       Avec : Pierre-Arnaud Juin, Corinne Jaber, Olivia Algazi.        <br />
       Décors : Bernard Fau.       <br />
       Lumières : Franck Thevenon.       <br />
       Costumes : Caroline Martel.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 juin au 10 juillet 2011.</span>       <br />
       Théâtre du Petit Hébertot, Paris 17e, 01 42 93 13 04.        <br />
       <a class="link" href="http://www.petithebertot.fr" target="_blank">petithebertot.fr</a> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/3051278-4350038.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Stefan-Zweig-ou-l-etonnante-loquacite-d-un-pessimiste-ne_a173.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
