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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-19T03:08:09+02:00</dc:date>
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   <title>•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée</title>
   <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 11:41:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2026]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Si dans "La grande bouffe" en 1973, Marco Ferreri, "cinéaste primé du mauvais goût", avait poussé à son paroxysme la décadence de bourgeois, mâles blancs et nantis, transformant les femmes en objets de jouissance et s'empiffrant de nourriture jusqu'à en mourir, la metteuse en scène et performeuse de "Carte noire nommée désir" (2023), Rébecca Chaillon, s'en prend, elle aussi, à la folie contemporaine… mais pour magnifier la nécessaire résistance des exclus. Invité dans la cour du Cloître des Célestins, un bataillon représentatif des stigmatisés (racisés, croyants non orthodoxes, queers, trans, gros, malades, etc.) va faire communauté pour mettre à mal le monde réactionnaire, porte d'entrée du fascisme annoncé.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97340819-67801326.jpg?v=1784022929" alt="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" title="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" />
     </div>
     <div>
      Le lieu choisi n'est en rien anodin, il porte en ses murs – ouverts sur la voûte céleste – un sens religieux dont Rébecca Chaillon va s'emparer… pour <span style="font-style:italic">&quot;remuer ciel et terre&quot;</span> afin d'organiser la riposte. Accueillis par une hôtesse débonnaire, animant l'entrée des gradins par des slogans publicitaires à la gloire du &quot;Super Mammouth&quot;, le temple de la consommation qui l'emploie, les spectateurs sont mis à la place de clients convoités pour leur capacité d'achats. Consommateurs chouchoutés, ils ont même droit à participer (sic) à une grande loterie dotée de prix alléchants : 10 % de leur poids en produits Mammouth, <span style="font-style:italic">&quot;Ce soir c'est Mammouth qui remplit ton assiette…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Et l'imposante animatrice, mutine, d'ajouter : <span style="font-style:italic">&quot;Maintenant qu'on a bien rigolé, j'appelle mes camarades&quot;.</span> Changement de ton radical effectivement lorsque deux queers faits féministes à la carrure d'athlète déboulent dans les travées pour, d'un doigt ferme pointé sur les spectateurs, s'écrier en les désignant un à un : <span style="font-style:italic">&quot;Mince ! Blanc ! Vieux blanc ! Bourgeois ! ou encore : Gros (ticket gagnant) ! Arabe ! Emigré ! Noir !&quot;.</span> La discrimination au faciès, donnée sociétale en vigueur, ne pouvait être mieux actée…       <br />
              <br />
       Bascule dans la fable… Comme un contrepoison à la société de surconsommation, qui n'en est pas à une contradiction près en stigmatisant les gros <span style="font-style:italic">&quot;dégoulinant de gras et de beurre&quot;</span>, les actrices et acteurs aux formes généreuses, vont imaginer une rébellion rappelant celle mise en jeu naguère par un certain &quot;théâtre brut&quot; italien. Occuper collectivement les rayons du Mammouth pour s'empiffrer jusqu'à vomir de magrets graisseux à souhait, de chapelets de saucisses iconoclastes, de beurre saturé de matière &quot;grâce&quot; et autres aliments bien chargés en calories. Pour expier leurs péchés de consommation insatiable de gras, encapuchonnés dans une robe de bure, elles et ils graviront ad vitam æternam, pour mieux la dégringoler l'instant d'après, la pente d'un Golgotha reconstitué pour l'occasion dans un coin du plateau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97340819-67801338.jpg?v=1784022979" alt="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" title="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" />
     </div>
     <div>
      &quot;La parabole du Seum&quot;, ce récit allégorique destiné à conjurer le venin des discriminations multiples et (a)variées, prendra alors la forme de la &quot;parabole du gros remplacement&quot;, comme, avec un humour décapant, elle est renommée sur scène… Réactiver le 93, la Seine-Saint-Denis où Rébecca Chaillon a grandi – Aubervilliers, Clichy-sous-bois, Les Lilas, Romainville, Tremblay-en-France, autant de lieux marqués par l'exclusion – apparaît un viatique pour celle qui entend, dans une forme théâtrale investie, diffuser via des &quot;paraboles&quot; les horreurs d'un monde glissant tout droit vers la dictature d'un modèle unique.       <br />
              <br />
       Alors, les participants, dans une révolte jubilatoire, s'en donneront à ventre joie en s'empiffrant de kebabs, gâteaux avalés à pleine poignée, et autres substituts alimentaires, se vautrant dans une orgie de bouffe, allégée ou non, jusqu'à en vomir.       <br />
              <br />
       Alternant le ton de la dérision libératrice et celui plus grave de l'urgence – <span style="font-style:italic">&quot;Faut-il attendre la catastrophe pour détruire le magasin ?&quot;</span> – des tableaux réalistes rendront compte du calvaire quotidien imposé aux grosses et gros… Pas d'ascenseur dans les logements sociaux vétustes et la lave noircie brûlante entre les cuisses échauffées… entrainant comédiennes et comédiens à se mettre à nu, exposant fièrement leur corpulence… et suscitant la sortie immédiate de quelques spectateurs sensibles, ne pouvant – visiblement – supporter l'audace d'une vérité &quot;crue&quot;, vérité prise en l'occurrence en pleine figure.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97340819-67801339.jpg?v=1784023011" alt="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" title="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" />
     </div>
     <div>
      Les corps colonisés par leurs propres cellules gangrénées par les PFAS éternels, les canicules à répétition, les cohortes de gens tombant comme des mouches… et trouver ça normal, distraits que nous sommes par l'effervescence créée par La Coupe du Monde de foot ou encore par La Grande Boucle, pourraient donner l'envie de fuir dans un ailleurs à l'écart… Si récupérer des récits anciens éclaire les désastres de L'Histoire en marche, loin de toute résignation passive, le combat s'impose…       <br />
              <br />
       … y compris avec les armes du théâtre et de la communauté de spectateurs présents invités à signer en direct (QR code affiché à l'écran) la pétition nationale lancée sur les réseaux pour obtenir les 1 % pour la Culture, variable d'ajustement des politiques d'austérité néo-libérales, dont le taux vient d'être scandaleusement réduit à 0,7 %. La metteuse en scène fait alors son apparition sur le plateau pour préciser que, si le quota de signatures venait à ne pas être atteint ce soir, le spectacle s'arrêterait sur le champ... Portables en main, le QR code scanné, l'adhésion à la proposition sera massive et dans la foulée la date de la Manif du lundi 13 juillet, 18 h, sera annoncée signant un théâtre impliqué politiquement, un théâtre rappelant celui porté par les avant-gardistes des années soixante-dix-quatre-vingt où la vie infiltrait l'art.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97340819-67801340.jpg?v=1784023027" alt="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" title="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" />
     </div>
     <div>
      Quant à la chute, elle prendra la forme d'un somptueux oratorio (burlesque), à la gloire des Mammouth et consorts, conclu par un serment d'anthologie. La représentation se prolongera, dans L'Église des Célestins jouxtant le Cloître, par une performance de Rébecca Chaillon accompagnée d'une chanteuse guitariste compagnonne de route. Une opportunité offerte là à la Chevalière des Arts et Lettres, nue sous un tablier lamé découvrant ses arrières, de &quot;recoudre&quot; patiemment deux morceaux de la carcasse d'un agneau, avant de lui adjoindre sa tête extraite elle aussi du frigo de l'Histoire. Echo subliminal du rite de l'Agnus Dei où, Jésus-Christ dans le rôle de victime sacrificielle, est l'objet de célébrations afin de &quot;recoudre&quot; l'Humanité dépecée par le péché.       <br />
              <br />
       Ce que Rébecca Chaillon célèbre, de spectacle en spectacle, avec la même frénésie et sans concession possible, c'est la lutte pour la liberté de chacune et chacun – en dehors de tous facteurs discriminatoires liés aux couleurs de peau, aux morphologies, aux genres électifs, aux croyances religieuses – à être soi, tout simplement soi, en recousant les morceaux épars d'un tissu social fractionné en catégories hiérarchisées… Sa formidable troupe de comédiennes et comédiens à l'unisson en est à nouveau ce soir, sous le ciel d'Avignon, l'incarnation ô combien vivante.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 11 juillet 2026 au Cloître des Célestins, pour la 80ᵉ édition du Festival d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Parabole du Seum"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97340819-67801341.jpg?v=1784023073" alt="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" title="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" />
     </div>
     <div>
      France. Création 2026.       <br />
       En français, surtitré en anglais.       <br />
       Conception et texte : Rébecca Chaillon.       <br />
       Avec la participation de : Alexia Alexi, Yanis Boulahia, Solenne Capmas, Céline Champinot, Hassan Gourniz, Loulie Houmed, Camille Léon-Fucien, Living Smile Vidya, Nabila Mekkid, Élisa Monteil, Suzanne Péchenart, Chloé Roger, Camille Riquier, Julie Teuf.       <br />
       Mise en scène : Rébecca Chaillon, Céline Champinot.       <br />
       Stagiaire assistante à la mise en scène : Marie Delpit.       <br />
       Avec : Yanis Boulahia, Hassan Gourniz, Loulie Houmed, Camille Léon-Fucien, Nabila Mekkid, Julie Teuf, Living Smile Vidya.       <br />
       Scénographie : Camille Riquier.       <br />
       Son et régie son : Élisa Monteil.       <br />
       Lumière : Alexia Alexi, Chloé Roger.       <br />
       Costumes : Solenne Capmas.       <br />
       Régie générale de création et plateau : Suzanne Péchenart.       <br />
       Création et régie vidéo : Élisa Bernard, Boris Carré, Tao Klos et Pauline Millet (en alternance).       <br />
       Régie lumière : Chloé Roger.       <br />
       Régie son : Élisa Monteil.       <br />
       Surtitrage : Lisa Wegener.       <br />
       Traduction anglaise pour le surtitrage : Amelia Parenteau.       <br />
       Accompagnement technique : Nicolas Ahssaine.       <br />
       Durée : 2 h 45.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97340819-67801342.jpg?v=1784023091" alt="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" title="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" />
     </div>
     <div>
      Ce spectacle contient des scènes à caractère sexuel et des récits de violences grossophobes, queerphobes, racistes, islamophobes, transphobes, sexistes et sexuelles.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 6 et du 8 au 12 juillet 2026.</span>       <br />
       A été représenté à 22 h.       <br />
       Cloître des Célestins, Place des Corps Saints, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/?cat=1001" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 16 au 19 juillet 2026 : Nuits de Fourvière, Lyon (69).       <br />
       Du 26 novembre au 12 décembre 2027 : Théâtre Public de Montreuil dans le cadre du Festival d'Automne à Paris, Montreuil (93).       <br />
       Du 14 au 17 avril 2027 : La Criée - Théâtre national de Marseille, Marseille (13).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Une chasse à l’homme saisissante au Théâtre du Nord-Ouest</title>
   <pubDate>Sat, 04 Jun 2011 14:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Chaque saison, le Théâtre du Nord-Ouest offre une programmation autour d’un thème précis. Cette fois, il s’intitule : "Camus, Sartre, De Gaulle et la politique". La metteuse en scène, Nicole Gros, y présente une pièce poignante et remarquablement bien jouée : "Scènes de chasse en Bavière" de Martin Sperr. Le sujet a de quoi nous faire réfléchir…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3030179-4316812.jpg?v=1307282169" alt="Une chasse à l’homme saisissante au Théâtre du Nord-Ouest" title="Une chasse à l’homme saisissante au Théâtre du Nord-Ouest" />
     </div>
     <div>
      Si parfois on a pu s’interroger sur la qualité de certaines pièces jouées au Théâtre du Nord-Ouest, il est rare que le travail de Nicole Gros ne soit pas applaudi. Cette comédienne et metteuse en scène, permanente au Nord-Ouest, y monte un à deux spectacles par an. Après un Labiche, la saison dernière, elle a cette fois choisi un sujet beaucoup plus grave : observer l’ostracisme sous sa forme la plus ordinaire qui soit, à savoir l’homosexualité. Identifier le racisme à travers le rejet d’un peuple ou d’une religion est aujourd’hui chose acquise et même devenu un poncif auquel plus grand monde n’ose se frotter. Cependant, considérer toute forme d’exclusion, – y compris l’homosexualité – comme un acte &quot;raciste&quot;, n’est pas encore une idée tout à fait acquise.        <br />
              <br />
       Pourtant, lorsque Martin Sperr écrit cette pièce, qu'il situe deux ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la comparaison est nette. Abram (le prénom n’est pas sans rappeler celui du premier patriarche biblique) jeune mécanicien de vingt ans, revient chez sa mère qui habite un village de Bavière. Elle rejette son fils et le chasse de chez elle, parce qu’elle ne peut supporter l’idée qu’il soit homosexuel. Il est obligé d’aller habiter chez une voisine du village, qui accepte de le loger. Mais bientôt les commérages (colportés en partie par sa propre mère) empoisonnent l’atmosphère : on dit qu’Abram a été en prison à cause de ses penchants sexuels. Les persécutions commencent par des quolibets et des remarques perfides, jusqu’au jour où on le surprend avec l’idiot du village, dans un moment de tendresse. Quand Abram veut fuir, il est déjà trop tard. Commence alors une chasse à l’homme.       <br />
              <br />
       La grande qualité de cette mise en scène est d’avoir pensé la scénographie de manière aussi réaliste que l’aurait fait un Fassbinder (la lenteur en moins). Il faut dire que la grande salle du sous-sol du Nord-Ouest (sorte de cave voûtée et un peu poussiéreuse) plonge déjà le spectateur dans une atmosphère propice à la pièce. Sans trop se forcer, on y respire la poussière du village et ses cancans à la sortie de l’église le dimanche, ainsi que les effluves bien grasses d’une boucherie en pleine préparation de sa tripaille. Très vite, le ton est donné. Ce sera celui d’un tableau naturaliste saisissant. L’émotion ne nous quittera plus jusqu’à la fin de la pièce.        <br />
              <br />
       Nicole Gros n’a donc ni besoin de décor ni de beaucoup d’accessoires pour nous enfermer dans cette ambiance ouatée et parfois quasi étouffante. Beaucoup de talent et une pointe d’imagination suffiront. À commencer par l’utilisation pleine de l’espace scénique : des entrées et sorties à plusieurs endroits du plateau, la multiplication d’un jeu hors scène (les rires et les commérages que l’on entend mais que l’on ne voit pas). Puis, le beau travail réalisé sur la lumière, notamment au moment le plus angoissant de la pièce : la chasse à l’homme, orchestrée par les villageois, pendant la nuit. Plongés dans un noir total, on peut y entendre le souffle haletant d’Abram passer derrière nous, entrapercevoir la faible lumière des lampes tempêtes, qui se balancent de droite à gauche au rythme infernal de la traque. Enfin, le soin apporté au décor sonore (les cloches de l’église par exemple) permet de plonger rapidement le spectateur dans l’atmosphère du village. On se croirait revenu dans ces bourgades d’après guerre, qui portent les stigmates de la délation sur le front de ses villageois. Nous ne sommes pas non plus si éloignés du film de Peter Fleischmann, tourné peu après la sortie du livre de Martin Sperr.        <br />
              <br />
       Parmi les comédiens, figure Marie-Véronique Raban (qu’on avait moins aimé dans le rôle de Norine dans <span style="font-style:italic">L’Affaire de la rue de Lourcine</span>, la saison dernière) et qui, cette fois, est remarquable dans son interprétation de la mère d’Abram. Sa souffrance à n’avoir pas engendré un fils dit &quot;normal&quot;, la violence de ses propos, l’impossibilité à souffrir les cancans, ainsi que l’émotion qu’elle dégage, forcent presque l’empathie du spectateur. L’autre réussite est le personnage de Rovo (Ludovic Coquin), le fou du village : l’œil hagard, les mains et les pieds crispés, recroquevillé sur lui-même, et l’esprit perdu dans des hauteurs inatteignables, le rendent particulièrement attachants.        <br />
              <br />
       Un bémol cependant concernant la Tonca (Isabelle Desalos), qui, même si elle est dotée d’une très belle énergie, a une tendance désagréable à ne pas assez articuler ses phrases. Erreur de jeunesse, l’on suppose, dommageable au théâtre. Quand au rôle principal, Jeff Esperansa (Abram) était cette fois-là un peu inégal, le ton parfois trop haut ou trop bas au début, ne dégageant pas assez d’émotion et n’arrivant pas toujours à se placer correctement. Mais dans l’ensemble, (nous ne pouvons évidemment citer les quatorze comédiens en scène) figure une belle direction d’acteurs, mis en scène de manière remarquable par Nicole Gros.        <br />
              <br />
       Par avance, nous la remercions d’avoir choisi ce texte. Au-delà de son contexte historique, le sujet n’en demeure pas moins éminemment moderne. Cette pièce, peu adaptée, méritait d’être remise au goût du jour. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Scènes de Chasse en Bavière" </b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3030179-4316813.jpg?v=1307281828" alt="Une chasse à l’homme saisissante au Théâtre du Nord-Ouest" title="Une chasse à l’homme saisissante au Théâtre du Nord-Ouest" />
     </div>
     <div>
      (Vu le 25 mai 2011)       <br />
              <br />
       Texte : Martin Sperr.         <br />
       Traduction de Michel Dubois, chez L’Arche éditeur.       <br />
       Mise en scène : Nicole Gros.        <br />
       Avec : Muriel Adam, Laetitia Bertheuil, Guy Bourgeois, Gérard Cheylus, Jeanne Carre, Ludovic Coquin, Franck Delage, Isabelle Desalos, Jeff Esperansa, Jack Gallon, Julien Lifszyc, Jean Marzouk, Frédéric Morel, Marie-Véronique Raban, Stéphanie Truong.          <br />
       Costumes : Frédéric MOREL        <br />
       Lumière : Sylvain GIARDI        <br />
       Conseiller musical : Philippe ARIOTTI           <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Actuellement, depuis le 27 avril 2011.</span>       <br />
       Spectacle : Durée 1 h 35.       <br />
       Théâtre du Nord-Ouest, Paris 9e.       <br />
       Métro : Grands Boulevards.        <br />
       Tél. : 01 47 70 32 75, ou 01 42 23 71 57.       <br />
       <a class="link" href="http://http://theatredunordouest.com/programme" target="_blank">http://theatredunordouest.com/programme</a>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Calendrier des représentations jusqu’à Juin 2011</span> :       <br />
       Mercredi 27 avril à 20 h 45.       <br />
       Mardi 3 mai à 19 h.        <br />
       Vendredi 6 mai à 20 h 45.       <br />
       Mardi 10 mai à 20 h 45.       <br />
       Jeudi 12 mai à 20 h 45.        <br />
       Samedi 14 mai à 21 h.       <br />
       Dimanche 15 mai à 14 h 30.        <br />
       Mercredi 18 mai à 20 h 45.        <br />
       Jeudi 19 mai à 19 h.       <br />
       Samedi 21 mai à 20 h 45.       <br />
       Dimanche 22 mai à 14 h 30.       <br />
       Mercredi 25 mai à 19 h.       <br />
       Samedi 28 mai à 21 h.       <br />
       Dimanche 29 mai à 17 h.       <br />
       Jeudi 2 juin à 19 h.        <br />
       Dimanche 5 juin à 17 h.       <br />
       Mardi 7 juin à 20 h 45.       <br />
       Mercredi 8 juin à 19 h.       <br />
       Dimanche 12 juin à 14 h 30.       <br />
       Mardi 14 juin à 19 h.        <br />
       Mercredi 15 juin à 20 h 45.       <br />
       Jeudi 16 mai à 20 h 45.       <br />
       Dimanche 19 juin à 14 h 30.        <br />
       Mardi 21 juin à 20 h 45.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Un 2ème calendrier de représentations (de fin août à fin décembre) sera disponible fin juin.</span> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Une-chasse-a-l-homme-saisissante-au-Theatre-du-Nord-Ouest_a157.html</link>
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