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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux</title>
   <pubDate>Thu, 13 Feb 2025 09:48:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Cela commence comme une pièce réaliste à la Pinter. Un personnage qui descend à l'aide d'une torche dans une cave, entortillé dans une couverture sans âme, qui se couche en grognant vaguement et qui se met à rêver. Et comme dans certains films de Chaplin, le rêve apparaît à nos yeux, projeté sur le mur inégal de la cave. Gros plan sur un flic qui fait le brief à son équipe pour alpaguer le dangereux Machin qui doit débarquer dans tel aéroport à telle heure.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82203745-59038237.jpg?v=1711725086" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
     <div>
      Mais ce n'est pas un rêve, non, mais plutôt un cauchemar. Le cauchemar d'un comédien en train de jouer la scène d'un film de gangster et qui, tout à coup, bafouille, perd son texte, demande à ce qu'on la refasse, se voit soupçonné de ne plus être capable d'apprendre un texte. L'âge… La vieillesse… Le cauchemar…       <br />
               <br />
       Mais on finit par s'en réveiller d'un cauchemar quand ça devient trop flippant. C'est comme ça que le rêve disparaît et que l'homme se lève et commence à fulminer tout seul. Alors, tu arpentes ta cave, vieux comédien. Pas si vieux d'ailleurs, mais un brin dégarni et avec un terreau de culture gigantesque en toi : Racine, Shakespeare, Corneille, des pièces entières dans cette mémoire, des textes à frémir de tous les sens, à tomber, à s'envoler, tu les as là, dans ta mémoire, alors un petit passage stupide et sans intérêt d'un dialogue de polar qui t'échappe, qu'est-ce que ça peut faire, hein ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82203745-59038238.jpg?v=1711725277" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
     <div>
      Je m'excuse soudain de tutoyer ce personnage de comédien que je ne connais pas, ce n'est pas lui faire offense, mais c'est venu comme ça. Un peu comme ce qui lui arrive sur scène au bout de quelques minutes. Ce moment où Jaurès commence à lui parler quand le comédien finit de vilipender les tortueuses injustices de la vie d'artiste et ses casse-tête administratifs. Pour ma défense, je dirais que Jaurès non plus ne connaît pas ce personnage et, pourtant, il commence à lui parler avec son accent de rocaille du Sud-Ouest et un beau timbre de voix grave, bien que lui ne le tutoie pas.       <br />
              <br />
       Jaurès, c'est qui ? Un des fondateurs de la SFIO, un homme de gauche dans toute la noblesse qu'une telle dénomination peut contenir, un farouche adversaire de la guerre de 14-18 qui fut assassiné quelques jours avant le début de celle-ci. Ce ne sont que quelques lignes des faits marquants d'une vie qui fut une lente évolution et d'un orateur impressionnant, capable d'improviser un discours dont les mots coulaient comme d'une source de sincérité, de conviction. Bien que de Droite Opportuniste lorsqu'il devient député, dans le même clan que Jules Ferry aux basses opinions en faveur du colonialisme entre autres, il deviendra, à force de voir de ses propres yeux les conditions de la vie ouvrière, notamment dans le nord, il deviendra vite un adversaire dangereux pour le capitalisme et sa clique de bienfaiteurs de la misère humaine.       <br />
              <br />
       Le dialogue se poursuit ainsi entre le comédien et l'émanation de Jaurès. Ce dernier, lassé sans doute d'être classé aux archives du Panthéon comme antiquité poussiéreuse, pousse ce cher comédien en colère à l'incarner et propager quelques-uns de ses discours historiques. Il le coache en quelque sorte. Le critique un peu. C'est une joute complice, car tous les deux tombent bien d'accord sur l'état détérioré des ambitions politiques du monde dans lequel nous vivons et de la victoire quasi-totale du Grand Capital et des Grandes Religions. Soupir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82203745-59038239.jpg?v=1711725663" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
     <div>
      Ce sont avec des voltiges intérieures, du cœur, de l'esprit et de l'art que Patrick Bonnel parvient à habiter ces deux personnages éloignés de plus d'un siècle. Les discours, les pensées de Jaurès l'aident beaucoup à enjamber ce temps, car ce dont il était question alors, il en est hélas toujours question aujourd'hui et de façon tout aussi tragique. Pourtant, il ne s'agit pas ici, ni pour Jaurès, ni pour Bonnel de donner des leçons, mais de lancer des nuages d'espoirs par-dessus les discours sans rêves qui enterrent notre époque sous les cendres de la peur. Et c'est beaucoup de magie, beaucoup de cris ravalés, beaucoup de l'art du comédien qui font que le récit palpite comme un cœur ardent, amoureux d'une humanité toujours en peine d'elle-même, et qui fait de ce seul en scène un moment de source de vie bénéfique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Looking for Jaurès"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82203745-59038240.jpg?v=1723819172" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
     <div>
      Texte : Marie Sauvaneix et Patrick Bonnel.       <br />
       Mise en scène : Marie Sauvaneix.       <br />
       Avec : Patrick Bonnel.       <br />
       Création Musicale : David Venitucci.       <br />
       Lumières : Philippe Lagrue.       <br />
       Son : Nicolas Delbart.       <br />
       Cie DLM Productions.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
              <br />
       Du 18 septembre 2024 au 30 janvier 2025.       <br />
       Mercredi et jeudi à 19 h. Relâches : 25 décembre et 1ᵉʳ janvier.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 février au 1ᵉʳ avril 2025.</span>       <br />
       Mardi à 19 h. Supplémentaires : vendredi 7 et samedi 8 mars à 19 h.       <br />
       Théâtre Essaïon, Paris 4ᵉ, 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('essaionreservations@gmail.com')" >essaionreservations@gmail.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/82203745-59038240.jpg</photo:imgsrc>
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  </item>

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   <title>Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux</title>
   <pubDate>Fri, 29 Mar 2024 15:40:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Cela commence comme une pièce réaliste à la Pinter. Un personnage qui descend à l'aide d'une torche dans une cave, entortillé dans une couverture sans âme, qui se couche en grognant vaguement et qui se met à rêver. Et comme dans certains films de Chaplin, le rêve apparaît à nos yeux, projeté sur le mur inégal de la cave. Gros plan sur un flic qui fait le brief à son équipe pour alpaguer le dangereux Machin qui doit débarquer dans tel aéroport à telle heure.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79210955-57399439.jpg?v=1711725086" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
     <div>
      Mais ce n'est pas un rêve, non, mais plutôt un cauchemar. Le cauchemar d'un comédien en train de jouer la scène d'un film de gangster et qui, tout à coup, bafouille, perd son texte, demande à ce qu'on la refasse, se voit soupçonné de ne plus être capable d'apprendre un texte. L'âge… La vieillesse… Le cauchemar…       <br />
               <br />
       Mais on finit par s'en réveiller d'un cauchemar quand ça devient trop flippant. C'est comme ça que le rêve disparaît et que l'homme se lève et commence à fulminer tout seul. Alors, tu arpentes ta cave, vieux comédien. Pas si vieux d'ailleurs, mais un brin dégarni et avec un terreau de culture gigantesque en toi : Racine, Shakespeare, Corneille, des pièces entières dans cette mémoire, des textes à frémir de tous les sens, à tomber, à s'envoler, tu les as là, dans ta mémoire, alors un petit passage stupide et sans intérêt d'un dialogue de polar qui t'échappe, qu'est-ce que ça peut faire, hein ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79210955-57399447.jpg?v=1711725277" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
     <div>
      Je m'excuse soudain de tutoyer ce personnage de comédien que je ne connais pas, ce n'est pas lui faire offense, mais c'est venu comme ça. Un peu comme ce qui lui arrive sur scène au bout de quelques minutes. Ce moment où Jaurès commence à lui parler quand le comédien finit de vilipender les tortueuses injustices de la vie d'artiste et ses casse-tête administratifs. Pour ma défense, je dirais que Jaurès non plus ne connaît pas ce personnage et, pourtant, il commence à lui parler avec son accent de rocaille du Sud-Ouest et un beau timbre de voix grave, bien que lui ne le tutoie pas.       <br />
              <br />
       Jaurès, c'est qui ? Un des fondateurs de la SFIO, un homme de gauche dans toute la noblesse qu'une telle dénomination peut contenir, un farouche adversaire de la guerre de 14-18 qui fut assassiné quelques jours avant le début de celle-ci. Ce ne sont que quelques lignes des faits marquants d'une vie qui fut une lente évolution et d'un orateur impressionnant, capable d'improviser un discours dont les mots coulaient comme d'une source de sincérité, de conviction. Bien que de Droite Opportuniste lorsqu'il devient député, dans le même clan que Jules Ferry aux basses opinions en faveur du colonialisme entre autres, il deviendra, à force de voir de ses propres yeux les conditions de la vie ouvrière, notamment dans le nord, il deviendra vite un adversaire dangereux pour le capitalisme et sa clique de bienfaiteurs de la misère humaine.       <br />
              <br />
       Le dialogue se poursuit ainsi entre le comédien et l'émanation de Jaurès. Ce dernier, lassé sans doute d'être classé aux archives du Panthéon comme antiquité poussiéreuse, pousse ce cher comédien en colère à l'incarner et propager quelques-uns de ses discours historiques. Il le coache en quelque sorte. Le critique un peu. C'est une joute complice, car tous les deux tombent bien d'accord sur l'état détérioré des ambitions politiques du monde dans lequel nous vivons et de la victoire quasi-totale du Grand Capital et des Grandes Religions. Soupir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79210955-57399533.jpg?v=1711725663" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
     <div>
      Ce sont avec des voltiges intérieures, du cœur, de l'esprit et de l'art que Patrick Bonnel parvient à habiter ces deux personnages éloignés de plus d'un siècle. Les discours, les pensées de Jaurès l'aident beaucoup à enjamber ce temps, car ce dont il était question alors, il en est hélas toujours question aujourd'hui et de façon tout aussi tragique. Pourtant, il ne s'agit pas ici, ni pour Jaurès, ni pour Bonnel de donner des leçons, mais de lancer des nuages d'espoirs par-dessus les discours sans rêves qui enterrent notre époque sous les cendres de la peur. Et c'est beaucoup de magie, beaucoup de cris ravalés, beaucoup de l'art du comédien qui font que le récit palpite comme un cœur ardent, amoureux d'une humanité toujours en peine d'elle-même, et qui fait de ce seul en scène un moment de source de vie bénéfique.
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     <div><b>"Looking for Jaurès"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79210955-57399534.jpg?v=1711725684" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
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      Texte : Marie Sauvaneix et Patrick Bonnel.       <br />
       Mise en scène : Marie Sauvaneix.       <br />
       Avec : Patrick Bonnel.       <br />
       Création Musicale : David Venitucci.       <br />
       Lumières : Philippe Lagrue.       <br />
       Son : Nicolas Delbart.       <br />
       Cie DLM Productions.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 janvier au 2 avril 2024.</span>       <br />
       Lundi et mardi à 21 h.       <br />
       Théâtre Essaïon, Paris 4e, 01 42 78 46 42 .       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('essaionreservations@gmail.com')" >essaionreservations@gmail.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </description>
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  <item>
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   <title>"Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !</title>
   <pubDate>Wed, 14 Dec 2022 06:51:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pièce écrite par Michel Bellier en 2014, Johanna Boyé en donne ici une version où se croisent les horreurs d'une guerre avec ses moments de solidarité et d'amitié. La truculence des personnages jouée avec bonheur par les comédiennes donne un cachet plein d'espoir à une création qui montre les coulisses du combat des droits des femmes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69570852-48629649.jpg?v=1670958834" alt=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" title=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" />
     </div>
     <div>
      Lumière sur un atelier d'usine de fabrication d'obus durant la Première Guerre mondiale. On découvre quatre caractères : Julie (Anna Mihalcea), Rose (Élisabeth Ventura), Jeanne (Brigitte Faure) et Louise (Pamela Ravassard). Elles travaillent à leurs établis. Au travers de cette scénographie, c'est un retour à l'histoire du féminisme, à ses débuts en France, avec ce qui a porté ses couleurs durant une période où la place des femmes, alors que les hommes étaient au front, était essentiel à la vie de la nation et à ses objectifs de guerre. Les combats politiques menés et gagnés sur le plan législatif n'ont toutefois pas toujours donné lieu à des faits concrets. Encore aujourd'hui, ce qui a été voté le 22 décembre 1972 pour l'égalité salariale entre les hommes et les femmes reste sans écho avec un écart de rémunération, inférieur de 22 % pour celles-ci (2019) malgré d'autres lois (2006, 2014) pour rectifier ces différences.       <br />
              <br />
       Elle est seule, Louise, à porter les valeurs du féminisme quand elle arrive dans cette usine. Puis, comme dans la théorie des dominos, elle réussit à convaincre Rose, ensuite Julie puis Jeanne qui était très récalcitrante au début. Non pas forcément par rapport aux propos qu'elle tient, même si ceux-ci trouvent une oreille au début plutôt convaincue en la personne de Rose, mitigée pour Julie et revêche pour Jeanne. Mais pour toutes, cela est ou devient une caisse de résonance à ce qu'elles vivent dans leurs vies professionnelle et personnelle, avec un époux parti en guerre. Elles incarnent aussi ce que vivent beaucoup d'autres femmes en France à ce moment-là.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69570852-48629650.jpg?v=1670958870" alt=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" title=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" />
     </div>
     <div>
      Oubliées socialement, considérées comme mineures et secondes à leurs maris, mais reines toutefois du foyer et des ménages, elles endossent le premier rôle, durant cette Première Guerre mondiale. En remplacement des hommes, elles travaillent pour faire tenir debout le pays. C'est cette situation qui fait prendre conscience à Jeanne, Julie et Rose du rôle social et injuste dont elles sont victimes. Cette focale est intéressante, car elle donne à voir de chacune un éveil à la politique plus ou moins marqué. C'est ce qui fait la force de la pièce où la nuance est aux commandes avec, dès le départ, une vision légère, grave ou rieuse de la vie portée par des personnages truculents qui baignent dans leur quotidienneté et dans une période extraordinaire, celle d'une guerre.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Johanna Boyé montre l'absence et la mort, parfois, du mari parti en guerre dans des apartés scéniques où, toujours dans l'usine, l'intime et la solitude s'y voient tout en y mêlant des temps forts de contestation, de discussion, de divergences ou de recueillement. Il y a des moments où les personnages, telles Louise et Rose, se retrouvent seuls, avec un noir sur scène, face à elle-même et à ce qu'elles vivent durant ce conflit. Ainsi des confidences sont faites de temps en temps aux autres protagonistes même si nous restons dans une relation à l'autre faite de pudeur avec ses secrets et ses non-dits. Ainsi, l'usine semble se fondre dans leurs vies personnelles comme si elles faisaient corps avec elle, car happées par le monde du travail.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69570852-48629658.jpg?v=1670958899" alt=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" title=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" />
     </div>
     <div>
      Du titre, la couleur jaune représente un &quot;poison&quot; présent dans leur travail qui imprègne leurs mains en les rendant malades. Les conditions sont harassantes et nocives. C'était aussi une époque, et Louise en fait allusion, où le gouvernement souhaitait fouler les droits du travail pour cause de guerre.       <br />
              <br />
       Nos comédiennes déploient sur scène avec gourmandise et enthousiasme un jeu qui incarne avec délice chacune de leur personnalité. Cela donne au spectacle une dynamique dramaturgique de belle composition avec quelques moments flirtant avec la spontanéité. On y surprend aussi Julie avec une élocution heureuse et un vocabulaire plutôt châtié qui rentre quelque peu en contradiction avec le fait qu'elle ne sache pas lire.       <br />
              <br />
       Le jeu avec son naturel et sa truculence sont au rendez-vous aussi bien dans les propos que les attitudes et les émotions. Nous sommes dans une dynamique où le corps et la voix se donnent équitablement la repartie. La contestation et les revendications politiques sont servies par le verbe quand le travail et le labeur sont incarnés corporellement. Au travers de gestuelles synchronisées et différentes faites en cadence pour symboliser le travail à la chaîne, c'est un ensemble de gestiques que l'on découvre derrière les établis avec des bras qui montent au-dessus des têtes ou qui miment à poser des éléments sur l'établi d'à côté.       <br />
              <br />
       Nous sommes dans des ruptures de jeu avec le corps qui, parfois, bouscule la parole. Et l'inverse aussi. Au démarrage de la pièce, Louise, Julie, Rose et Jeanne sont des individualités qui deviennent ensuite un groupe puis une équipe. Cela s'opère par étapes. Au début, quand Louise arrive, les autres protagonistes prennent la parole, à tour de rôle, presque à se finir les phrases ou à les commencer comme issues d'une même homogénéité. Puis ce sont les caractères de chacune qui apparaissent alimentés par les revendications de Louise qui laisse voir leur point de vue sur ce qu'elles vivent et sur ce qui les entoure. La solidarité est installée dès le départ, mais une bascule est opérée quand elles finissent par partager les mêmes convictions.       <br />
              <br />
       C'est une pièce intéressante avec une belle scénographie où le regard de chacune, centré sur elle-même initialement, devient excentré pour embrasser les multiples formes de ce qu'elles peuvent vivre, en ce début du siècle dernier, en tant que femmes actives, motrices, ouvertes et responsables aussi du monde qui les entoure.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les filles ont les mains jaunes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69570852-48629659.jpg?v=1670958926" alt=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" title=""Les filles ont les mains jaunes"… Bonne poigne de jeu !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Michel Bellier, publié chez Lansman Éditeur.       <br />
       Mise en scène : Johanna Boyé.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Lucia Passantini.       <br />
       Avec : Brigitte Faure en alternance avec Brigitte Damiens, Anna Mihalcea, Pamela Ravassard, Élisabeth Ventura.       <br />
       Costumes : Marion Rebmann.       <br />
       Univers sonore : Mehdi Bourayou.       <br />
       Lumières : Cyril Manetta.       <br />
       Chorégraphies : Johan Nus.       <br />
       Scénographie : Olivier Prost.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 22 septembre au 31 décembre 2022.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 19 h, dimanche à 17 h 30.       <br />
       Relâches exceptionnelles les 24 et 25 décembre 2022.       <br />
       Théâtre Rive-gauche, Paris 14e, 01 43 35 32 31.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-rive-gauche.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-rive-gauche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/69570852-48629649.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-filles-ont-les-mains-jaunes-Bonne-poigne-de-jeu-_a3472.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>FAB 2019 "Retour à Reims" Reconstitution de scènes de crime… Histoire d'identités allègrement piétinées</title>
   <pubDate>Tue, 22 Oct 2019 09:25:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "Que sont mes amis devenus que j'avais de si près tenus et tant aimés. Je crois le vent les a ôtés…". Ces vers de François Villon pourraient s'appliquer à la cruelle désillusion ressentie par une classe ouvrière bafouée par la gauche qu'elle a portée au pouvoir. En adaptant, selon son angle de vue, l'essai très personnel de Didier Éribon sur son "retour sur images" de l'itinéraire d'un enfant de prolétaires, le metteur en scène de la Schaubühne de Berlin produit là une œuvre non consensuelle de nature à faire lever le vent du réveil nécessaire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38582986-33601887.jpg?v=1571730917" alt="FAB 2019 "Retour à Reims" Reconstitution de scènes de crime… Histoire d'identités allègrement piétinées" title="FAB 2019 "Retour à Reims" Reconstitution de scènes de crime… Histoire d'identités allègrement piétinées" />
     </div>
     <div>
      La question était sur toutes les lèvres : comment, quel que soit son avéré savoir-faire, Thomas Ostermeier allait-il pouvoir &quot;faire théâtre&quot; d'un essai de la densité de celui écrit par le sociologue rémois ? La réponse est donnée avec éclat par le plateau, transformé en studio de postproduction où s'activent un réalisateur, un propriétaire de studio et une actrice enregistrant le texte original pendant que des images d'époque défilent sur grand écran. Trois comédiens percutants se font les authentiques passeurs de ces mises en abyme bluffantes.       <br />
              <br />
       Quand la comédienne - jouant l'actrice - prend place derrière le micro, s'apprêtant à enregistrer le récit critique rédigé à la première personne, des images du voyage retour de Paris à Reims défilent à vive allure. Lignes de fuite de champs monotones et de rails fuyant vers l'horizon, compartiment où un homme assis - que l'on devine être Didier Éribon, l'auteur - semble perdu dans des pensées contemplatives se mêlant aux paysages entrevus.       <br />
              <br />
       Le dispositif liminaire perdurera, uniquement interrompu par les pauses suscitées par le débat &quot;en direct&quot; entre les trois personnages - doubles des spectateurs réunis pour les entendre -, se frottant les uns aux autres pour questionner, chacun, de la place sociale qu'il occupe, les dires du sociologue et l'interprétation que le réalisateur entend leur donner.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38582986-33601907.jpg?v=1571731015" alt="FAB 2019 "Retour à Reims" Reconstitution de scènes de crime… Histoire d'identités allègrement piétinées" title="FAB 2019 "Retour à Reims" Reconstitution de scènes de crime… Histoire d'identités allègrement piétinées" />
     </div>
     <div>
      Histoire d'un retour aux sources d'un jeune homme se questionnant enfin sur la honte sociale héritée. Né de parents cabossés par l'existence des prolétaires dont les organismes malmenés portent à jamais les stigmates de leur corps social d'appartenance, il a rompu délibérément avec ses origines et décide de &quot;se réparer&quot; en retissant le fil le reliant à son milieu.       <br />
              <br />
       Sans autres horizons d'attente que la misère qui l'engluait, répétant à l'envi le destin hérité, le père décédé récemment, semblable aux ouvriers de Zola trouvant dans l'alcool un refuge pour l'oubli, faisait figure de repoussoir. Mais que savait-il réellement de son existence, ce fils devenu grand clerc, échappant aux rigueurs de sa classe grâce (sic) à son homosexualité l'ayant conduit à la fuir très tôt pour fréquenter les milieux cultivés parisiens ?       <br />
              <br />
       Des fragments de passé fixé sur les clichés argentiques aux bords dentelés, extraits de boîtes à chaussures par une mère émue, au matériel critique apporté par les hautes études sociales vécues comme une planche de salut, tout fait sens pour le sociologue. L'approche sensible de la mémoire en miettes, étayée par des images d'archives réifiant en noir et blanc les cités ouvrières des années d'après-guerre et celles en couleur des grands événements du XXe siècle avec notamment l'arrivée sur nos petits écrans, un beau soir de mai 81, de la gauche aux postes de commande, tracent les étapes d'une réflexion à vif.       <br />
              <br />
       Tant que les deux plateaux de la balance - travailleurs de tous les pays unis contre les forces d'oppression du capital/travailleurs français unis contre travailleurs immigrés - penchaient en faveur du premier, le risque de l'instrumentalisation de la misère par l'extrême droite était écarté. Mais le concept de lutte des classes et de destins sociaux ayant été remplacé par celui du doucereux vivre ensemble, les frontières entre gauche et droite se sont délitées au profit d'un ordre néolibéral faisant du mérite individuel le sésame de la réussite. Faisant fi de Bourdieu et des mécanismes de reproduction sociale et d'oppression, la gauche a désespéré…       <br />
              <br />
       Dans le droit fil de cette analyse critique, et pour mieux faire théâtre, sera mise en scène la &quot;prise de micro&quot; du propriétaire du studio. Rompant alors avec le savoir savant, ce dernier interprète un rap décoiffant racontant l'histoire du &quot;bâtard de terroir&quot; qu'il est, lui dont l'ancêtre tirailleur sénégalais avait eu la chance d'échapper au peloton d'exécution de ces mêmes Français qu'il avait défendus en première ligne…       <br />
              <br />
       Théâtre engagé faisant feu de tout bois, ce &quot;Retour à Reims&quot; est un retour gagnant, propre à secouer les consciences assoupies en esquissant les contours de ce que pourrait être une nouvelle gauche.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Retour à Reims"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38582986-33602018.jpg?v=1571731371" alt="FAB 2019 "Retour à Reims" Reconstitution de scènes de crime… Histoire d'identités allègrement piétinées" title="FAB 2019 "Retour à Reims" Reconstitution de scènes de crime… Histoire d'identités allègrement piétinées" />
     </div>
     <div>
      D'après le livre Retour à Reims de Didier Éribon (Fayard, 2009).       <br />
       Mise en scène : Thomas Ostermeier, assisté de Lisa Como et Christèle Ortu.       <br />
       Avec : Cédric Eeckhout, Irène Jacob, Blade Mc Alimbaye.       <br />
       Scénographie et costumes : Nina Wetzel.       <br />
       Assistante costumes : Maïlys Leung Cheng.       <br />
       Musique : Nils Ostendorf.       <br />
       Son : Jochen Jezussek.       <br />
       Dramaturgie : Florian Borchmeyer, Maja Zade.       <br />
       Lumières : Erich Schneider.       <br />
       Durée : 1 h 55.       <br />
       <b>Film</b>       <br />
       Réalisation : Sébastien Dupouey, Thomas Ostermeier.       <br />
       Prises de vues : Marcus Lenz, Sébastien Dupouey, Marie Sanchez.       <br />
       Montage : Sébastien Dupouey.       <br />
       Bande originale : Peter Carstens, Robert Nabholz.       <br />
       Musique : Nils Ostendorf.       <br />
       Sound design : Jochen Jezussek.       <br />
       Recherche archives : Laure Comte.       <br />
       Technique vidéo : Jake Witlen, Sabrina Bruckner.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38582986-33602031.jpg?v=1571731428" alt="FAB 2019 "Retour à Reims" Reconstitution de scènes de crime… Histoire d'identités allègrement piétinées" title="FAB 2019 "Retour à Reims" Reconstitution de scènes de crime… Histoire d'identités allègrement piétinées" />
     </div>
     <div>
      A été représenté dans le cadre du FAB, les 16 et 17 octobre 2019, au Carré-Colonnes, Saint-Médard-en-Jalles (33).       <br />
       Le FAB s'est déroulé du <b>4 au 20 octobre 2019.</b>       <br />
       <a class="link" href="https://fab.festivalbordeaux.com/" target="_blank">&gt;&gt; fab.festivalbordeaux.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée 2019/2020</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 22 au 24 octobre 2019 :</span> Le lieu unique, Nantes (44).       <br />
       6 et 7 novembre 2019 : Théâtre Molière - Scène nationale archipel de Thau, Sète (34).       <br />
       du 13 au 15 novembre 2019 : Espace Malraux - Scène nationale Chambéry Savoie, Chambéry (73).       <br />
       19 et 21 novembre 2019 : La Criée - Théâtre national, Marseille (13).       <br />
       30 novembre 2019 : Theater Basel, Bâle (Suisse).       <br />
       6 et 7 décembre 2019 : Festival Temporada Alta, Salt, Gérone (Espagne).       <br />
       Du 16 au 25 janvier 2020 : Théâtre des Célestins, Lyon (69).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/38582986-33601887.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/FAB-2019-Retour-a-Reims-Reconstitution-de-scenes-de-crime-Histoire-d-identites-allegrement-pietinees_a2578.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières</title>
   <pubDate>Fri, 28 Sep 2018 10:35:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Il y a 50 ans éclatait mai 68, il y a 40 ans paraissant "L'Établi", il y a 25 ans naissait la Cie du Berger. Et en 2018, retour sur une expérience ouvrière peu ordinaire, oublié, mais à l'intérêt documentaire pertinent - et plein d'enseignement - en ces temps de dislocation syndicale, de désagrégation sociale sur fond de libéralisme exacerbé.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25939170-26945880.jpg?v=1530374307" alt=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
     </div>
     <div>
      C'est la proposition de la compagnie du Berger, troupe à l'expression militante récurrente, à la permanente combativité artistique et pourvue d'un engagement générateur d'une créativité ambitieuse, imprégnée de collectif, soucieuse d'authenticité. Tout en ayant gardé un esprit festif… et populaire… au sens où le peuple aime vraiment à l'entendre !       <br />
              <br />
       &quot;L’Établi&quot; est l'histoire d'une immersion, celle de Robert Linhart, sociologue et écrivain, qui entre en 67, dans le cadre du mouvement des &quot;établis&quot;, comme ouvrier spécialisé dans l'usine Citroën de la porte de Choisy à Paris. L'intention est ici de vivre le quotidien des ouvriers dans une grande entreprise industrielle parisienne. Assimiler les gestes sans cesse répétés, découvrir les cadences infernales des chaînes de production déshumanisées, apprendre la notion de rentabilité souveraine au détriment des conditions de travail, les relations faussées avec le patron, où la supériorité hiérarchique assène insidieusement sa violence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25939170-26945881.jpg?v=1530374353" alt=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
     </div>
     <div>
      Rarement une expérience aussi inhabituelle - des centaines de militants intellectuels iront travailler dans les usines - aura été tentée dans cette bonne vieille Europe, et en France en particulier où une révolution &quot;moderne&quot; modifia pour des décennies non pas les modes de pensée mais le cadre dans lequel celles-ci s'inscrivaient, offrant ainsi plus de liberté à certaines d'entre elles.       <br />
              <br />
       Sur scène, une dizaine d'artistes accompagnés par la musique - jouée en direct - pour restituer la véracité de la lutte des classes dans un univers industriel sonore et bruyant, métallique et rude. Un immense montage &quot;tôles et ferrailles&quot; cadre un décor où l'acier semble suer de l'huile ; où les carcasses automobiles - vidéos dévoilant les différentes chaînes de fabrication dont l'infernale presse d'emboutissage - attendent le début de leur vie mécanique.       <br />
              <br />
       Musiques et bruitages imposent leur présence, entre sirènes stridentes, entrechocs de métaux et riffs guerriers de guitare émanant d'un second plan vitré et enfumé, atelier imaginaire d'un probable enfer sonore et musicale. Chacun vaque à ses occupations laborieuses dans une manière de chronique prolétarienne qui démarre par le jour d'embauche de &quot;l'établi&quot;… Et se poursuit jusqu'aux premières grèves qui détermineront le destin de nos protagonistes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25939170-26945882.jpg?v=1530374382" alt=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
     </div>
     <div>
      On est ici dans un mix réussi de formes théâtrales documentaire, historique et politique, où différentes situations ou attitudes - dramatiques, sociales, sociétales, idéologiques - apparaissent ouvertement ou en filigrane : le communautarisme et la variété des nationalités représentative des vagues d'émigration des années cinquante, le syndicalisme et sa légitimité, le pouvoir des cadres, la justification du militantisme quel qu'il soit, les relations ouvrières, le choix des revendications, etc.       <br />
              <br />
       La mise en scène d'Olivier Mellor vise la reconstitution manufacturière, d'où émane la sueur travailleuse, les fumées et les poussières industrieuses et le brouhaha des machines-outils vomissant leurs tonitruantes partitions. En appui de cette astucieuse mise en espace, immense atelier où s'exercent, simultanément ou successivement, les diverses activités voués à l'assemblage de la &quot;deudeuche&quot;, des vidéos montrent, dans un réalisme documentaire, des déambulations humaines et d'autres, plus monstrueuses, de pièces sur les chaînes d'assemblage ou de façonnage. Les comédiens, interprètent, avec précision, avec une réelle énergie, une densité dévoilant une forte implication, une reconstitution qui n'en est pas une mais dont la puissance de jeu ne trahit aucune prise de position, si ce n'est celle collective, connue, de la Cie du Berger.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25939170-26945883.jpg?v=1530374415" alt=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
     </div>
     <div>
      Celle-ci n'use pas de prise de recul analytique sur une période riche en multiples interprétations, ne voulant pas dogmatiser le propos, mais aborde les dix mois d'immersion de Robert Linhart comme un terrain, une friche, toujours à explorer, à questionner, source d'étonnement mais aussi d'espoirs à renouveler. Le livre de Linhart, la création de la compagnie du Berger sont une représentation d'un fait nécessaire, pertinente, utile, entrant dans leur engagement artistique et humain, ce qui est également peut-être encore le cas pour certains d'entre nous.       <br />
              <br />
       N'oublions jamais qu'un jour, un peuple (du moins une partie de celui-ci) essaya de prendre son destin en main. Et créa mille infimes espoirs, mille petits décalages idéologiques, mille petites joyeuses vibrations pour changer notre société, mille petits riens qui changèrent le quotidien… et perdurent encore… parfois. Il serait peut-être temps de renouveler cette espérance !       <br />
              <br />
       Encore aujourd'hui, la négation de mai 68, ou la volonté d'en effacer l'héritage, est le résultat - comme un effet de bombe à retardement révolutionnaire - de l'importance de ce qui s'est produit il y a cinquante ans. Cette réfutation, cette volonté d'effacement sont les meilleures preuves de son inexorable empreinte.       <br />
              <br />
       Spectacle vu au Théâtre de Théâtre de l'Épée de Bois à Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Établi"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25939170-26945884.jpg?v=1530462003" alt=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
     </div>
     <div>
      Auteur : Robert Linhart.       <br />
       Mise en scène : Olivier Mellor.       <br />
       Avec : Aurélien Ambach-Albertini, Mahrane Ben Haj Khalifa, François Decayeux, Hugues Delamarlière, Romain Dubuis, Éric Hémon, Séverin “Toskano” Jeanniard, Olivier Mellor, Stephen Szekely, Vadim Vernay et la voix de Robert Linhart.       <br />
       Musiciens, musique originale : Séverin &quot;Toskano&quot; Jeanniard, Romain Dubuis, Olivier Mellor, Vadim Vernay.       <br />
       Son : Séverin Jeanniard, Benoit Moreau, Vadim Vernay.       <br />
       Lumière : Olivier Mellor.       <br />
       Scénographie : Séverin Jeanniard, Olivier Mellor, François Decayeux.       <br />
       Vidéo : Mickael Titrent, Ludo Leleu.       <br />
       Par la Compagnie du Berger.       <br />
       Durée : 1 h 30.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25939170-26945944.jpg?v=1538125719" alt=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
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      <b>A été représenté du 7 juin au 1er juillet 2018.</b>       <br />
       Au Théâtre de l'Épée de Bois, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e.       <br />
       <b>A été représenté du 6 au 29 juillet 2018.</b>       <br />
       À Présence Pasteur, Grande Salle, dans le cadre d'Avignon Off.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 12 octobre 2018.</span>       <br />
       Mercredi à 19 h 30, jeudi et venderdi à 20 h 30.       <br />
       Comédie de Picardie, Amiens (80), 03 22 22 20 20.       <br />
       <a class="link" href="http://www.comdepic.com/" target="_blank">&gt;&gt; comdepic.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25939170-26946129.jpg?v=1538125739" alt=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
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     <br style="clear:both;"/>
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