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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-17T03:22:33+02:00</dc:date>
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   <title>"Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp</title>
   <pubDate>Wed, 18 Sep 2024 16:48:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La scène se déroule en avril 1944, dans une petite ville de Slovaquie, Zilina. Deux jeunes femmes, Marthe et Elsa, s'adressent au conseil juif de la ville pour demander de l'aide, mais surtout demander à être entendues. Elles semblent fatiguées, sont vêtues de hardes et n'ont aucun bagage. Elles disent s'être évadées d'un camp de prisonniers. Un camp en Pologne, dont la frontière n'est qu'à quelques dizaines de kilomètres. Un camp dont aucun des membres du conseil n'a entendu parler à cette époque : le camp d'Auschwitz.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400047.jpg?v=1726672840" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      En cette interminable période de guerre, la méfiance règne dans la communauté juive. Les plus folles rumeurs circulent un peu partout sur les exactions nazies. On se méfie des espionnages, toujours possibles. Le conseil décide alors de désigner deux personnages pour interroger les deux fugitives : un notable de la ville chez qui vont loger les deux jeunes femmes et un rabbin de Bratislava expressément appelé pour s'occuper de cette affaire.       <br />
              <br />
       Tout le fil dramatique de la pièce sera tendu dans une suite d'entretiens, d'interrogatoires aux allures bienveillantes, de révélations dont l'horreur aura toutes les peines du monde à être prise pour vérité tant elle semble inimaginable pour ceux dont la solution finale n'était pas encore connue. Par petites touches, par aveux successifs, par heurts plus ou moins violents, l'histoire se dévoile et les mises en doutes des deux enquêteurs, au début agressives, s'atténuent.       <br />
              <br />
       C'est passionnant de voir peu à peu, au fil des entretiens et des différentes révélations faites par les deux femmes, l'incrédulité des deux représentants de la communauté juive se fissurer, se fragiliser pour, à la toute fin, laisser place à l'effarement le plus total. Passionnant également de pouvoir assister alternativement aux deux points de vue : celui des deux hommes, leur méfiance vis-à-vis des deux jeunes femmes et de leur histoire, et celui des deux femmes, blessées par cette défiance, elles qui portent déjà blessures et honte des humiliations du camp.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400066.jpg?v=1726672900" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      Comment témoigner d'une chose affreuse que l'on a subie ? Voici une des questions sous-jacentes qui viennent à l'esprit en assistant à cette pièce. On assiste ainsi au dépouillement pudique de deux jeunes femmes devant deux vieux hommes méfiants ; et c'est à la fois beau et terrible. Car outre la question centrale de la révélation de la Shoah qui est le centre de toute la pièce, la question de la liberté féminine dans un monde régi par les hommes ne cesse de surgir.       <br />
              <br />
       Loin de ne jamais tomber dans le pathos, la mise en scène d'Olivier Hamel et sa direction d'acteur donnent la distance nécessaire pour être touché sans être meurtri. La présence d'un guitariste (Thomas Griffaut, tout en délicatesse), qui ponctue la totalité du spectacle, apporte de belles respirations qui permettent au spectacle de rejoindre parfois l'esprit du conte. Une lumière chaude apporte de l'humanité à la dureté de certains échanges et des passages de la vie courante, joués avec légèreté, contrebalancent également le côté glacial de l'histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400093.jpg?v=1726673019" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      Le jeu des comédiens et surtout celui des deux comédiennes qui interprètent les deux rescapées, Chloé Gigandon et Léonie Perriard, est suffisamment bien distancié pour faire sonner le ténébreux sans y sombrer, principalement lors de monologues aux descriptions terribles. Les cinq personnages aux caractères bien définis donnent une belle vie à cette pièce tirée d'une histoire vraie, dont s'est inspiré l'auteur, Alain Girodet, également interprète du rabbin. Un rabbin plutôt sévère face à un notable doux, mais faible (une très convaincante création de personnage d'Erik Chantry) dont la femme (d'une fausse légèreté d'apparence donnée par Ava Cohen) finit par s'émanciper.       <br />
              <br />
       Une histoire vraie dont le récit finit par parvenir aux alliés, avec une terrible question posée sur la table : faut-il bombarder Auschwitz ? Et tuer des dizaines de milliers de prisonniers pour peut-être sauver des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers d'autres ?       <br />
              <br />
       L'histoire est belle, le traitement intelligent, les scènes jouées avec sincérité et implication, voilà une pièce que l'on reçoit avec douceur et d'où l'on ressort avec une bribe de notre histoire en plus ; un peu plus riche, en quelque sorte.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dieu ne fait rien pour les faibles"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400094.jpg?v=1726673048" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      Texte : Alain Girodet.       <br />
       Mise en scène, scénographie, lumière et régie : Olivier Hamel.       <br />
       Avec : Erik Chantry, Ava Cohen, Chloé Gigandon, Alain Girodet, Léonie Perriard et Thomas Griffaut (guitare).       <br />
       Musique : Thomas Griffaut.       <br />
       Costumes et accessoires : Marie Javelaud.       <br />
       Production : Compagnie Être Ange et Art.       <br />
       À partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 au 29 septembre 2024.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, samedi et dimanche à 16 h 30.       <br />
       Théâtre de l'Épée de Bois, Salle Studio, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12ᵉ, 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/82884358-59400047.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…</title>
   <pubDate>Thu, 04 Jul 2024 07:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Paris, décembre 1942. La police française quitte à l'instant l'appartement d'Ita Laster. Les policiers viennent de lui laisser une heure pour se préparer avant de les suivre. Une heure entre la vie et la mort. Mais cela, Ita ne le sait pas… Tout ce qu'elle sait, c'est que l'un d'entre eux lui a conseillé "d'en profiter", bien qu’elle soit seule depuis longtemps… Quel choix lui reste-t-il alors que son propre fils a été amené à Drancy il y a quelques jours ? Que son mari est mort ! Fuir ou, peut-être, espérer aller le retrouver ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81341158-58608097.jpg?v=1720034149" alt="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" title="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" />
     </div>
     <div>
      &quot;Ita L. née Goldfeld&quot; d'Éric Zanettacci, spectacle basé sur la véritable histoire de sa grand-mère, est-il &quot;Le&quot; spectacle qu'il faut aller voir coûte que coûte cette année au Festival d'Avignon 2024, alors que notre pays vacille pour les raisons que l'on sait ?       <br />
              <br />
       Cette grande messe incontournable dédiée au Théâtre, et au spectacle vivant, ne doit-il pas plutôt se révéler le ferment d'une actualité nouvelle, ouverte sur le monde &quot; comme il va&quot;, et non pas comme il a été ? C'est une question qui nous taraude, mais nous détenons la réponse.       <br />
              <br />
       Il y a 24 ans, Elie Wiesel, dans un entretien au Yédioth A'haronoth, disait : <span style="font-style:italic">&quot;nous avons échoué dans la transmission du thème de la Shoah&quot;</span> ; et il poursuivait en disant qu'il craignait qu'un jour la Shoah puisse tomber dans l'oubli. Pire ! Que ce sujet soit banalisé ou qu'il soit rapproché d'autres événements, aussi tragiques et dramatiques soient-ils.       <br />
              <br />
       Cette pensée résonne particulièrement à nos oreilles quand on sait que cet homme a consacré la plus grande partie de sa vie à cette question et que, de nos jours, une très grande majorité de notre jeunesse ignore ce pan de l'Histoire ? L'Éducation Nationale n'a-t-elle plus au programme le célèbre documentaire &quot;Nuit et Brouillard&quot; ?       <br />
              <br />
       Au Théâtre de l'Oriflamme, ce sont les souvenirs de cette sombre période de l'Histoire européenne qui sont exposés à la lumière de sa flamme. Rien d'olympique, malheureusement, mais, comme elle, elle ne doit pas s'éteindre. Surtout pas. Jamais !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81341158-58608102.jpg?v=1720034182" alt="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" title="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" />
     </div>
     <div>
      Françoise Nahon mérite très largement le prix d'interprétation de Femmes en Scènes qu'elle a reçu pour cette pièce. Elle est bouleversante, au-delà des émotions tangibles qui peuvent être celles que l'on ressent en règle générale lorsqu'un spectacle nous emporte. Difficile de parler à la sortie. Difficile de retrouver la réalité, de tout effacer, de gommer, de continuer <span style="font-style:italic">&quot;comme si de rien n'avait jamais été&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Tout, dans ce spectacle, sonne tellement juste. Le spectateur est littéralement projeté en 1942 dans cet appartement chaleureux imaginé à la mise en scène par Patrick Zeff-Samet. Directeur de la compagnie &quot;La Comédie Nomade&quot; basée dans les Alpes-Maritimes, sa mise en scène n'a rien de nomade. Elle ancre au contraire chaque mot du texte d'Éric Zanettacci dans un écrin d'images à de nombreux moments, pourtant, difficilement soutenables.       <br />
              <br />
       Quid de cette mise en scène ? Ou du texte ? Ou de l'interprétation remarquable d'Ita par Françoise Nahon, pour que cette pièce nous laisse à croire que cette femme ordinaire aurait pu être aussi notre grand-mère ou, encore, qu'elle est la grand-mère de chacun et chacune d'entre nous ? Juive ou pas !       <br />
              <br />
       La comédienne, à travers son témoignage poignant, nous emporte dans l'histoire de sa vie, via chaque fait et geste, derrière le clignement attendrissant de ses paupières semblables à des papillons virevoltants, et nous retrace une vie d'amour entièrement dévouée à son mari et à ses deux fils.       <br />
              <br />
       Quand on écrit une tragédie, les silences, d'ordinaire, sont importants. Cependant, il y en a peu dans le texte de l'auteur, car c'est davantage une logorrhée lourde et pesante que la comédienne déverse entre les quatre murs de son appartement. Parce qu'on y est dans cet appartement, comme si le quatrième mur n'existait plus. L'humilité et la naïveté que Françoise Nahon parvient à interpréter ici, dans son jeu, est rare au théâtre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ita L. née Goldfeld"</b></div>
     <div>
      Seule en scène.       <br />
       Texte : Éric Zanettacci.       <br />
       Mise en scène : Patrick Zeff-Samet.       <br />
       Avec : Françoise Nahon.       <br />
       Musique originale : Élisa Munoz.       <br />
       Scénographie et décors : Tony Munoz.       <br />
       Lumières : Thibault Caligaris.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 17 h 30. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre de l'Oriflamme, 3-5, rue du Portail Matheron, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 88 61 17 75.       <br />
       <a class="link" href="https://loriflamme-avignon.fr/" target="_blank">&gt;&gt; loriflamme-avignon.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81341158-58608097.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Ita-L-nee-Goldfeld-Une-interpretation-magistrale-au-service-d-un-texte-sans-faille-qui-resonne-sourdement_a3986.html</link>
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   <title>"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal</title>
   <pubDate>Sun, 15 Oct 2023 13:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75866191-53454449.jpg?v=1663679820" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la &quot;banalité du mal&quot;. Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.       <br />
              <br />
       Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu &quot;Juste parmi les nations&quot;. D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.       <br />
              <br />
       Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, &quot;Les Mains du miracle&quot;, et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75866191-53454450.jpg?v=1663679881" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Félix Kersten est un médecin finlandais spécialisé dans les massages thérapeutiques. Le hasard veut qu'Himmler souffre de maux d'estomac violents qu'aucune médecine traditionnelle ne parvient à soulager. Félix Kersten, par sa pratique, y parvient. Il devient vite le médecin indispensable au nazi dont les crises gastriques se multiplient. Très vite, Félix Kersten demande comme honoraire contre ses services, la libération de prisonniers. Nous sommes un peu avant la guerre. Les prisonniers sont avant tout des marginaux et des ennemis du régime. Kersten reste durant tout le conflit ce médecin particulier, cet ange soulageant le mal. Il passe de quelques noms comme honoraire, à des dizaines, des centaines jusqu'à des milliers.       <br />
               <br />
       C'est dans son bureau que se déroule pratiquement toute la pièce depuis la première rencontre des deux hommes jusqu'à la dernière qui eut lieu pendant la débâcle allemande et les tentatives pitoyables que fit Himmler pour sauver sa peau avant la défaite de l'Allemagne. Une relation un peu trouble s'établit entre les deux hommes. Transaction entre celui qui détient le pouvoir de soulager et celui qui détient le pouvoir de vie ou de mort. Ce dernier appelant le premier &quot;son meilleur&quot; ami. Marché du sang qui fait par moments passer le frisson dans la nuque quand on pense que ces soins apportés au responsable de l'organisation de la Shoah l'aidèrent à construire cette machine de mort.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75866191-53454451.jpg?v=1663679968" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Antoine Nouel suit scrupuleusement la vérité de l'histoire qui nous est parvenue. Avec une belle écriture et une structure faite de scènes courtes, vives, qui évoluent sans cesse, la confrontation entre les deux hommes reste constamment dans une tension palpable, fascinante. Un troisième homme est également constamment présent. Rudolf Brandt, secrétaire particulier d'Himmler, qui, agissant en son nom propre, lui désobéit en transmettant les listes intégrales des prisonniers à libérer au lieu d'en tronquer une partie comme il lui est demandé. Étrange personnage qui révèle tout à coup la fausseté de ceux qui prétendirent qu'il était impossible désobéir.       <br />
               <br />
       Les trois comédiens réussissent à créer trois personnages originaux : Franck Lorrain, Rudolf Brandt raide militaire où apparaît par éclipse une fière humanité ; Philippe Bozo, Himmler, aux allures de gratte-papier, au verbe fanatique, à la fois glaçant et ordinaire ; Antoine Nouel, Félix Kersten, plus vrai que nature, la parole posée, impressionnant de justesse, oui, tellement juste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Deux mains, la liberté"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75866191-53454452.jpg?v=1663680053" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Texte : Antoine Nouel, avec la participation de Frank Baugin.       <br />
       Mise en scène : Antoine Nouel.       <br />
       Avec : Antoine Nouel, Philippe Bozo et Éric Aubrahn.       <br />
       Lumière : Denis Schlepp.       <br />
       Son et image : Philippe Bozo.       <br />
       Production : PAN.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 octobre 2023 au 31 mars 2024</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, dimanche à 14 h 30.       <br />
       Relâche les 2 et 3 novembre, 24 décembre 2023.       <br />
       Studio Hébertot, Paris 17ᵉ, 01 42 93 13 04.       <br />
       <a class="link" href="https://studiohebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; studiohebertot.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/75866191-53454449.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Deux-mains-la-liberte-Un-huis-clos-intense-qui-nous-plonge-aux-sources-du-mal_a3744.html</link>
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   <title>"Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire</title>
   <pubDate>Mon, 09 Oct 2023 16:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans un texte bien construit et une très belle mise en scène, Sylvain Creuzevault nous replonge dans les heures sombres de la collaboration avec ses hommes politiques et ses intellectuels. Mariant avec précision et fluidité, Histoire et fable, il montre avec humour les coulisses d'une époque habitée de figures autant tragiques qu'infâmes et où le conservatisme et l'antisémitisme étaient guidés par l'extermination des juifs.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75722405-53170558.jpg?v=1696864583" alt=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" title=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" />
     </div>
     <div>
      Nous sommes au cœur de la collaboration, dans la France fasciste des années quarante en pleine Seconde Guerre mondiale. On y rencontre, entre autres, Pierre Laval (Arthur Igual), Marcel Déat (Pierre-Félix Gravière), Lucien Rebatet (Lucie Rouxel), Louis-Ferdinand Destouches dit Céline (Frédéric Noaille), Robert Brasillac (Charlotte Issaly), Philippe Henriot et Pierre Drieu La Rochelle (Vladislav Galard). Toutes les figures de la collaboration sont présentes. Léon Blum (Arthur Igual) y apparaît rapidement, lui qui fut l'une des cibles les plus haïes de ce régime, car juif et symbole de la décadence – avec les congés payés – pour l'extrême droite collaborationniste.       <br />
              <br />
       C'est bien évidemment une pièce politique, mais également comique par biais des aspects. Le jeu est très vocal avec des orateurs, des discours et une emphase dans la voix. La scénographie, s'étalant sur un large espace, fait écho à celle-ci, montrant chaque personnage beaucoup plus petit que son époque, la scène pouvant symboliser celle-ci. Le rideau se lève sur Brasillac (1909-1945), écrivain, rédacteur en chef du journal antisémite et collaborationniste &quot;Je suis partout&quot;. Il raconte son positionnement politique, la voix sûre, avec conviction et sans regret.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75722405-53170561.jpg?v=1696864610" alt=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" title=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" />
     </div>
     <div>
      L'entame de la pièce est aussi des plus décalées où, entre autres, Déat remercie le public d'être présent pour cette &quot;réunion de collabos fascistes&quot; avec un clin d'œil à la pièce même d'&quot;Edelweiss&quot;. On est ainsi avec des protagonistes qui savent l'existence de la pièce qu'ils jouent en même temps, mais dans un autre lieu et pourtant à une autre époque. Télescopage truculent qui mêle des temporalités différentes à la réalité de moments historiques avec leurs pendants théâtraux. Ainsi qui parle ? Le comédien qui joue Déat ou le personnage ayant existé et ancré dans ses convictions et son époque ? Les deux ! Ce qui donne un décalage croustillant entre propos tragiques et comiques.       <br />
              <br />
       La scénographie présente une grande salle aux couleurs ocre et marron avec une station radio et un piano côté cour. Côté jardin, il y a une porte éteinte et un téléphone mural. Sur la même scène, plusieurs tableaux se déroulent comme la rencontre entre Otto Abetz (Vladislav Galard), ambassadeur d'Allemagne et Pierre Laval. On y voit aussi des danseurs à poil jouant une chorégraphie, passablement ridicule, comme un clin d'œil inversé à une époque où la virilité était revendiquée avec &quot;Travail, Famille, Patrie&quot; comme devise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75722405-53170579.jpg?v=1696864641" alt=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" title=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" />
     </div>
     <div>
      Ce décalage entre le fait historique et certains intermèdes, comiques ou dansés, donne à la pièce un cachet énigmatique où la véracité des faits est réelle et où la mise en scène de Creuzevault prend plaisir à l'accompagner d'un aspect décalé, peu coutumier de l'époque. Cette double focale inscrit la fable entre récit et imagination, permettant d'inscrire &quot;Edelweiss&quot; dans une temporalité croisée où l'instant prête assistance à certains propos ou situations qui ne peuvent trouver leur vérité que dans une irréalité.       <br />
              <br />
       Se retrouvent aussi deux paysans dans leur champ, semant déjà leur blé. Dans cette action, le temps est symbolisé par le blé grandissant en un clin d'œil, la seconde devenant alors semaine. La scénographie n'a pas changé pour autant, car elle est presque neutre avec son grand espace.       <br />
              <br />
       Les années, avec son fait historique, sont affichées en caractères noirs sur un grand rideau transparent qui se lève avant que la scène se joue. Sur cette découpe qui en est faite, est mis en exergue le rapport des protagonistes face à chacun d'entre eux et aux événements. On les voit, on les écoute, les entend plaider leur cause pour certains, tous face au public, sans se départir de leurs convictions. Ils sont jugés par l'Histoire, incarnée par le public, silencieux et n'ayant pas vocation à parler.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75722405-53170581.jpg?v=1696864668" alt=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" title=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" />
     </div>
     <div>
      Un moment, Céline (1894-1961) défèque au centre du plateau, dos au public, et l'excrément reste pendant plusieurs scènes. Il est même utilisé comme marqueur de moustache à la Hitler par certains caractères. On bascule ainsi sur une forme de burlesque, le corps devenant source d'expression dans sa plus forme la plus basique. La pièce a deux visages et peut se lire à plusieurs échelles. D'un côté, le sérieux de l'Histoire avec ses drames et ses exactions qui ne sont pas montrés, mais connus pour autant.       <br />
              <br />
       De l'autre, certains personnages qui se jouent de leur rôle en prenant à rebrousse-poil des situations. Par exemple, le &quot;Salut à Hitler&quot; fait au téléphone par Otto Abetz (1903-1958) permet ainsi de donner un aspect comique à la situation et de montrer l'avilissement de la France à l'égard du Führer. Cette familiarité fait ainsi écho à la politique plus que zélée du gouvernement français collaborationniste, jumelle de celle des Allemands dans leur chasse et extermination des juifs.       <br />
              <br />
       Il y a aussi une scène humoristique, de théâtre dans le théâtre, avec un accident de voiture de Pierre Laval (1889-1945) et Otto Abetz sur une route de campagne en direction d'un rendez-vous avec Hitler. Autre scène avec une remontée du temps où le terme &quot;Décadence&quot; est vu, entre autres, au travers de propos d'Houellebecq, Gainsbourg (1928-1991) et d'auteurs bien plus anciens, comme s'il avait été porté par toutes les époques pour désigner, sous des formes variées, soit un sentiment d'épanouissement et de laisser-aller jouissif, soit de noirceur caractérisée et raciste pour Zemmour.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75722405-53170807.jpg?v=1696865815" alt=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" title=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" />
     </div>
     <div>
      L'identité sexuelle reste ambiguë aussi dans la déclinaison qui en est faite pour Robert Brasillach et Lucien Rebatet (1903-1972), joués respectivement par Charlotte Issaly et Lucie Rouxel. Cela interpelle au premier abord et permet de fixer une attention particulière sur eux, l'ambiguïté des caractères donne un aspect énigmatique permettant de poser la question d'un &quot;Pourquoi ?&quot;, autant de ce qu'ils sont que de ce qu'ils ont fait.       <br />
              <br />
       La fable bascule entre récit, discours et Histoire. Les lieux, comme les zones Nord et Sud, sont aussi désignés par de grands caractères noirs situés en hauteur et qui descendent. Nous sommes aussi dans du théâtre dans le théâtre dans lequel les personnages font état de la scénographie ou jouent de certains événements théâtraux. Ce décentrage du regard qu'ils portent sur ce qu'ils les entourent donne un timbre humoristique à la pièce. Il permet aussi de prendre du recul, sans l'excuser pour autant, sur la politique collaborationniste infâme de ceux qui l'ont incarnée afin de décrypter le comportement de ceux qu'ils l'ont fait et soutenu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Edelweiss"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75722405-53170824.jpg?v=1696865845" alt=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" title=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" />
     </div>
     <div>
      Mise en scène : Sylvain Creuzevault.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Ivan Marquez.       <br />
       De et avec : Juliette Bialek, Valérie Dréville, Vladislav Galard, Pierre-Félix Gravière, Arthur Igual, Charlotte Issaly, Frédéric Noaille, Lucie Rouxel et Antonin Rayon (musicien).       <br />
       Avec l'amicale participation de Nicolas Bouchaud.       <br />
       Dramaturgie : Julien Vella.       <br />
       Lumière : Vyara Stefanova.       <br />
       Création musique, son : Antonin Rayon, Loïc Waridel.       <br />
       Scénographie : Jean-Baptiste Bellon, Jeanne Daniel-Nguyen.       <br />
       Vidéo : Simon Anquetil.       <br />
       Maquillage, perruques : Mityl Brimeur.       <br />
       Costumes : Constant Chiassai-Polin.       <br />
       Régie générale : Clément Casazza.       <br />
       Durée : 2 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 21 septembre au 22 octobre 2023.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre de l'Odéon, Atelier Berthier, Paris 17e, 01 44 85 40 40.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-odeon.eu/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       28 février au 5 mars 2024 : Théâtre Garonne - Scène européenne, Toulouse (31).       <br />
       12 au 15 mars 2024 : La Comédie de Saint-Étienne, Saint-Étienne (42).       <br />
       21 et 22 mars 2024 : Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).       <br />
       27 et 28 mars 2024 : L'Empreinte - Scène nationale, Brive (19).       <br />
       30 et 31 mai 2024 : Points communs - Scène nationale, Cergy-Pontoise (95).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/75722405-53170558.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal</title>
   <pubDate>Tue, 20 Sep 2022 14:49:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67470459-47705632.jpg?v=1663679820" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la &quot;banalité du mal&quot;. Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.       <br />
              <br />
       Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu &quot;Juste parmi les nations&quot;. D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.       <br />
              <br />
       Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, &quot;Les Mains du miracle&quot;, et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67470459-47705634.jpg?v=1663679881" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Félix Kersten est un médecin finlandais spécialisé dans les massages thérapeutiques. Le hasard veut qu'Himmler souffre de maux d'estomac violents qu'aucune médecine traditionnelle ne parvient à soulager. Félix Kersten, par sa pratique, y parvient. Il devient vite le médecin indispensable au nazi dont les crises gastriques se multiplient. Très vite, Félix Kersten demande comme honoraire contre ses services, la libération de prisonniers. Nous sommes un peu avant la guerre. Les prisonniers sont avant tout des marginaux et des ennemis du régime. Kersten reste durant tout le conflit ce médecin particulier, cet ange soulageant le mal. Il passe de quelques noms comme honoraire, à des dizaines, des centaines jusqu'à des milliers.       <br />
               <br />
       C'est dans son bureau que se déroule pratiquement toute la pièce depuis la première rencontre des deux hommes jusqu'à la dernière qui eut lieu pendant la débâcle allemande et les tentatives pitoyables que fit Himmler pour sauver sa peau avant la défaite de l'Allemagne. Une relation un peu trouble s'établit entre les deux hommes. Transaction entre celui qui détient le pouvoir de soulager et celui qui détient le pouvoir de vie ou de mort. Ce dernier appelant le premier &quot;son meilleur&quot; ami. Marché du sang qui fait par moments passer le frisson dans la nuque quand on pense que ces soins apportés au responsable de l'organisation de la Shoah l'aidèrent à construire cette machine de mort.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67470459-47705643.jpg?v=1663679968" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Antoine Nouel suit scrupuleusement la vérité de l'histoire qui nous est parvenue. Avec une belle écriture et une structure faite de scènes courtes, vives, qui évoluent sans cesse, la confrontation entre les deux hommes reste constamment dans une tension palpable, fascinante. Un troisième homme est également constamment présent. Rudolf Brandt, secrétaire particulier d'Himmler, qui, agissant en son nom propre, lui désobéit en transmettant les listes intégrales des prisonniers à libérer au lieu d'en tronquer une partie comme il lui est demandé. Étrange personnage qui révèle tout à coup la fausseté de ceux qui prétendirent qu'il était impossible désobéir.       <br />
               <br />
       Les trois comédiens réussissent à créer trois personnages originaux : Franck Lorrain, Rudolf Brandt raide militaire où apparaît par éclipse une fière humanité ; Philippe Bozo, Himmler, aux allures de gratte-papier, au verbe fanatique, à la fois glaçant et ordinaire ; Antoine Nouel, Félix Kersten, plus vrai que nature, la parole posée, impressionnant de justesse, oui, tellement juste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Deux mains, la liberté"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67470459-47705650.jpg?v=1663680053" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Texte : Antoine Nouel, avec la participation de Frank Baugin.       <br />
       Mise en scène : Antoine Nouel.       <br />
       Avec : Philippe Bozo, Franck Lorrain, Antoine Nouel.       <br />
       Lumière : Denis Schlepp.       <br />
       Son et image : Philippe Bozo.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 1er septembre au 6 novembre 2022.       <br />
       Prolongation jusqu'au 11 décembre 2022.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, dimanche à 14 h 30.       <br />
       Studio hébertot, Paris 17e, 01 42 93 13 04.       <br />
       <a class="link" href="https://studiohebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; studiohebertot.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/67470459-47705632.jpg</photo:imgsrc>
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