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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-13T20:09:18+02:00</dc:date>
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   <title>Bruits de guerre : Saint-Simon en campagne aux Invalides</title>
   <pubDate>Wed, 01 Nov 2017 11:42:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Concerts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La saison musicale des Invalides (et son cycle "Confidences et complaintes de soldats") s'est ouverte Salle Turenne à l'Hôtel national des Invalides avec un spectacle conçu par le claveciniste Olivier Baumont et consacré à la musique qu'a pu connaître l'officier Saint-Simon durant sa carrière de soldat. L'auteur des fameux "Mémoires", devenu duc et pair de France à la mort de son père en 1693, servit en effet Louis XIV de 1691 à 1702.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17968317-22299476.jpg?v=1509535627" alt="Bruits de guerre : Saint-Simon en campagne aux Invalides" title="Bruits de guerre : Saint-Simon en campagne aux Invalides" />
     </div>
     <div>
      Olivier Baumont n'est pas seulement un des plus grands clavecinistes français, il est aussi un chercheur et un écrivain doué, auteur de plusieurs ouvrages dont un consacré à la musique dans les &quot;Mémoires&quot; de Saint-Simon <span style="font-style:italic">(1)</span>. Émaillé d'extraits de ces mémoires couvrant sa période militaire lus avec gourmandise par le comédien Denis Podalydès, le concert offrait un aperçu d'œuvres de compositeurs français des XVIIe et XVIIIe siècles composées en temps de guerre et de paix. Ces &quot;Bruits de guerre&quot; <span style="font-style:italic">(2)</span> et autres airs &quot;militaires&quot; pour clavecin ou petite formation orchestrale forment un répertoire quelque peu oublié aujourd'hui - cependant très en vogue à l'époque baroque.       <br />
              <br />
       Le sociétaire de la Comédie-Française ouvre le spectacle (et le terminera) par le rappel des derniers mots solennels de Louis XIV à son arrière petit-fils, le dauphin <span style="font-style:italic">(3)</span> rappelant les vertus de la paix ; ultime conseil aux portes de l'éternité d'un roi guerrier. Accompagné des violons volubiles de Julien Chauvin et Tami Troman, de la viole d'Atsushi Sakaï (quelque peu imprécise au début), le clavecin d'Olivier Baumont réalise la basse continue du &quot;Bruit d'armes&quot; du Prologue de l'acte cinq de &quot;David et Jonathas&quot; de Marc-Antoine Charpentier (1688). C'est le premier exemple brillant de la soirée de cette musique imitative des instruments d'une marche à la guerre : trompettes, timbales, tambours et hautbois.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17968317-22299506.jpg?v=1509535683" alt="Bruits de guerre : Saint-Simon en campagne aux Invalides" title="Bruits de guerre : Saint-Simon en campagne aux Invalides" />
     </div>
     <div>
      Puis Denis Podalydès lit le rappel que fait Saint-Simon (alors Vidame de Chartres) des circonstances de son entrée - grâce à son père - dans l'un des deux régiments de Mousquetaires en 1691. Rappel suivi de la &quot;Marche des Mousquetaires gris&quot; pour clavecin de Michel Corrette, extraite du Livre VIII des &quot;Amusements du Parnasse&quot; (1772).        <br />
              <br />
       La carrière de Saint-Simon s'égrène précisément avec ses mots mis en musique : 1692, il participe au siège de Namur en 1692 puis à la Bataille de Steinkerque - bataille qui donne lieu à une sonate de François Couperin (&quot;ordinaire de la musique du roi&quot; et &quot;Maître de clavecin des Enfants de France&quot;) avec ses parties notées &quot;Gayement&quot; ou &quot;Mouvement des Fanfares&quot;. Olivier Baumont s'y montre à la hauteur de celui qu'on appela &quot;Couperin le Grand&quot;, en virtuose imaginatif de l'instrument.       <br />
              <br />
       Les dates défilent, restituant les aléas de la vie militaire, des combats de l'Armée des Flandres et de ses maréchaux, que raconte avec esprit Saint-Simon jusqu'à sa démission en 1702 - fâché de n'avoir pas été reconnu selon lui à sa juste valeur par le Roi-Soleil - puisqu'une promotion décisive lui échappe. Les plaisantes figurations sonores telles la &quot;Boute-selle&quot; <span style="font-style:italic">(4)</span>, &quot;La Charge&quot; ou encore l'&quot;Allégresse des Vainqueurs&quot; animent tant &quot;La Triomphante&quot; du même Couperin que &quot;Les Caractères de la Guerre&quot; (1718) de Jean-François Dandrieu, organiste de la Chapelle Royale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17968317-22299570.jpg?v=1509536412" alt="Bruits de guerre : Saint-Simon en campagne aux Invalides" title="Bruits de guerre : Saint-Simon en campagne aux Invalides" />
     </div>
     <div>
      &quot;Les Caractères de la Paix&quot; de Pierre-Claude Foucquet (1751) concluent avec brio un spectacle passionnant qui vient rappeler ce que l'on sait peu : la richesse de la carrière de soldat du Duc de Saint-Simon comme celle des œuvres de salon écrites en écho aux brillants bruits d'armes louis-quatorziens.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Olivier Baumont est l'auteur notamment de &quot;À l'Opéra, Monsieur ! La musique dans les &quot;Mémoires&quot; de Saint-Simon&quot; (L'Infini Gallimard, 2015) et &quot;La Musique à Versailles&quot; (Actes Sud, 2007).       <br />
       (2) Le &quot;Bruit de guerre&quot; est ce moment où tous les instruments doivent sonner ensemble pendant une marche militaire pour effrayer l'ennemi.       <br />
       (3) Le 26 août 1715, Louis XIV sur son lit d'agonie déclare au Dauphin : &quot;Mon cher enfant, vous allez être le plus grand roi du monde, n'oubliez jamais les obligations que vous avez à Dieu. Ne m'imitez pas dans les guerres ; tâchez de maintenir toujours la paix avec vos voisins, de soulager votre peuple autant que vous pourrez …&quot;. Il meurt le premier septembre.        <br />
       (4) La &quot;Boutte-selle&quot; est le signal à la trompette pour seller les chevaux et mettre en marche l'armée, ici imité par l'orchestre.</span>       <br />
              <br />
       <b>Cycle &quot;Confidences et complaintes de soldats&quot;.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 13 octobre 2017 au 28 janvier 2018.</span>       <br />
              <br />
       <b>Programme complet :</b>       <br />
       <a class="link" href="http://www.musee-armee.fr/accueil.html" target="_blank">&gt;&gt; musee-armee.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Bruits-de-guerre-Saint-Simon-en-campagne-aux-Invalides_a1962.html</link>
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   <title>Scapin par Podalydès, une belle énergie déployée, générant des salves de rire, mais en léger manque de finesse</title>
   <pubDate>Wed, 04 Oct 2017 07:58:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans "Les fourberies de Scapin" de Molière, les amoureux peuvent se marier contre la volonté de leurs pères respectifs grâce aux intrigues et aux mensonges d’un valet. Les coups de bâton tombent comme grêle, la vengeance est brutale, la mise à sac pas forcément métaphorique, et les coups de théâtre sont invraisemblables.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17450816-21940247.jpg?v=1507097320" alt="Scapin par Podalydès, une belle énergie déployée, générant des salves de rire, mais en léger manque de finesse" title="Scapin par Podalydès, une belle énergie déployée, générant des salves de rire, mais en léger manque de finesse" />
     </div>
     <div>
      Le héros éponyme est un gredin, un faquin, un fourbe, un valet tout juste bon à être pendu, qu’on devrait écharper avant qu’il ne s’échappe. Mais son excellence en fourberies est telle que sa présence est indispensable à la résolution des problèmes de chacun. Et comme le valet ne résiste pas au plaisir de montrer tout son talent… Scapin joue gros et n’hésite pas à se venger méchamment de toutes les humiliations qu’il a subies. Quitte à n’échapper à la mort que par un miraculeux subterfuge de théâtre.       <br />
              <br />
       Dans la salle Richelieu, Denis Podalydès présente une nouvelle version des &quot;Fourberies de Scapin&quot; et le manteau d’Arlequin est noir. Tout un symbole. La Comédie-Française arbore les couleurs de Tiberio Fiorilli dit Scaramouche, l’ami et compagnon de scène de Molière. Ces deux-là partageaient, dans le respect mutuel, la même salle, en alternance. Ce qui n’allait pas toujours de soi mais stimulait une saine émulation.       <br />
              <br />
       Ainsi, en1671, Molière improvise-t-il, dans le bric-à-brac d’une salle de théâtre en plein travaux, une farce à l’italienne. Collage de textes anciens (notamment ceux de Térence et de Cyrano de Bergerac). Trouvailles plus ou moins spontanées de plateau . Molière dans sa capacité à emboîter les différents registres et les niveaux de réalité montre tout son savoir-faire et transcende le genre.       <br />
              <br />
       En soulignant les invraisemblances de son texte, en recourant aux possibilités de la machinerie théâtrale ou des adresses au public, il montre au-delà de ses qualités d’ensemblier, tout son génie, tout son art.       <br />
              <br />
       Dans les &quot;Fourberies de Scapin&quot;, l’improvisation créative, virtuose, alimente les lazzi, les intermèdes et… le rire. C’est un véritable <span style="font-style:italic">work in progress</span>. Sous la cape noire de Scaramouche, Molière traite des rapports entre les pères et les fils, de l’amour et du mariage entre filles et garçons, et de la violence physique, de la violence des rapports sociaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17450816-21940263.jpg?v=1507097353" alt="Scapin par Podalydès, une belle énergie déployée, générant des salves de rire, mais en léger manque de finesse" title="Scapin par Podalydès, une belle énergie déployée, générant des salves de rire, mais en léger manque de finesse" />
     </div>
     <div>
      Dans une mise en abyme vertigineuse, le valet du roi qu’est Jean-Baptiste Poquelin joue lui-même le rôle du valet Scapin et tutoie le danger en soulevant des questions dérangeantes. Les détails valent allusion.       <br />
              <br />
       Ainsi la scène de la galère qui est devenue la marque de fabrique des &quot;Fourberies&quot; renvoie-t-elle de manière subliminale à la personne de Cyrano de Bergerac poète, opposant politique, pamphlétaire, mort d’un coup sur la tête des plus suspects. Blessure qu’arbore Scapin comme par hasard (?) à la fin de la pièce.       <br />
              <br />
       La très célèbre épanalepse <span style="font-style:italic">&quot;que diable allait-il faire en cette galère ?&quot;</span> si drôle en devient inquiétante.       <br />
              <br />
       &quot;Les Fourberies de Scapin&quot;, porteuse de toute la conscience de son auteur (de sa valeur et de toute sa colère accumulée), est une pièce particulièrement retorse et ambiguë.       <br />
              <br />
       Face à une œuvre qui porte les traces d’un génie de l’improvisation, soumis à une forme écrite historique, plongé dans une tradition, Denis Podalydès se méfie de toute improvisation excessive et implicitement adopte un esprit d’humilité. Il a pour ambition de rappeler l’essence populaire du théâtre moliéresque et choisit d’inscrire ce travail dans une mémoire collective. De faire &quot;Signe&quot;, de faire &quot;mémoire&quot; en une forme de diorama vivant dans lequel les couleurs des costumes de Christian Lacroix sont savamment passées : comme vues à travers un vernis qui aurait un peu jauni. Comme pour marquer la distance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17450816-21940267.jpg?v=1507097386" alt="Scapin par Podalydès, une belle énergie déployée, générant des salves de rire, mais en léger manque de finesse" title="Scapin par Podalydès, une belle énergie déployée, générant des salves de rire, mais en léger manque de finesse" />
     </div>
     <div>
      L’espace scénique est contraint, évoque un lieu à l’écart refermé sur lui-même. Il est de cette partie oubliée des ports, entre grève et bassin qui sont soumis aux marées, où chacun peut se retrouver à l’abri des regards. Mais dans ce repliement, la machine de théâtre est très active.       <br />
              <br />
       Le jeu d’ensemble comme pour contrebattre le dispositif est plein d’énergie, dynamique, tonique, et s’autorise des danses déchaînées et des moments de guitare apaisés. Les comédiens surgissent des cintres et la trappe à apparition est ostensible bien que peu utilisée. Les répliques, les paroles et les postures sont appuyées, affirmées, amplifiées. Les pères tempêtent ou pleurent de rage ou s’effondrent de peur, Scapin manigance, les amoureux sont frivoles et craintifs, les retrouvailles inopinées. La scène du sac et des coups de bâtons est ainsi spectaculaire et stimule le public qui réagit comme à spectacle de marionnettes.       <br />
              <br />
       Cette forme de théâtralité produit toutefois au démarrage de l’excès et des aplats.       <br />
              <br />
       L’on souhaite dans le jeu un réglage plus fin, plus modulé, moins saturé. Avec la même énergie déployée, avec plus de malice et de finesse complices, la puissance du spectacle serait augmentée. On gagnerait en &quot;gueule&quot;, avec moins de vociférations.       <br />
              <br />
       Cela étant, ce Scapin-là apporte, déjà, ses salves de rire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Fourberies de Scapin"</b></div>
     <div>
      Texte : Molière.       <br />
       Mise en scène : Denis Podalydès.       <br />
       Scénographie : Éric Ruf.       <br />
       Avec : Bakary Sangaré, Gilles David, Adeline d'Hermy, Benjamin Lavernhe, Didier Sandre, Pauline Clément ou Claire de la Rüe du Can (en alternance), Julien Frison, Gaël Kamilindi, Maïka Louakairim, Aude Rouanet.       <br />
       Costumes : Christian Lacroix.       <br />
       Lumières : Stéphanie Daniel.       <br />
       Son : Bernard Valléry.       <br />
       Maquillages : Véronique Soulier-Nguyen.       <br />
       Collaboration artistique et chorégraphique : Leslie Menu.       <br />
       Assistanat à la mise en scène : Alison Hornus.       <br />
       Assistanat à la scénographie : Dominique Schmitt.       <br />
       Durée : 1 h 45 sans entracte.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 septembre 2017 au 11 février 2018.</span>       <br />
       Voir les jours et les horaires sur le site de la Comédie-Française.       <br />
       Comédie-Française, salle Richelieu, Paris 1er, 01 44 58 15 15.       <br />
       <a class="link" href="https://www.comedie-francaise.fr/" target="_blank">&gt;&gt; comedie-francaise.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime</title>
   <pubDate>Mon, 24 Apr 2017 09:44:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Éric Ruf met en scène une œuvre de Jean Racine peu jouée, "Bajazet", dans laquelle est décrite une tentative de coup d’État. Au palais, lors d’une vacance du pouvoir, pendant que le roi guerroie au loin, le vizir influence la maîtresse du roi qui rêve du titre d'impératrice, la pousse au mariage avec le frère du roi qui ne se sent pas à la hauteur. La confusion est extrême. Le retour du roi, inopinément victorieux, anéantit tout.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/12574717-19572992.jpg?v=1493025167" alt=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" title=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" />
     </div>
     <div>
      Dans sa mise en scène, Éric Ruf restitue l'atmosphère d'un palais au plus profond. Là où le monde extérieur entre à peine, où les bruits des événements sont assourdis, voire inexistants. Dans un garde-meuble, une antichambre. Comme au secret, dans une pénombre, un lacis d’armoires vides. Tout un champ du réel est occulté.       <br />
              <br />
       L’attention des protagonistes est sollicitée par une série d'incidents qui occupent le devant de la scène. Mus par leur désir, ou de pouvoir ou d'amour, ou simplement de changement, ils sont victimes de leurs illusions, leurs tergiversations qui n'empêchent même pas le déroulement de l'action principale. À peine esquissés, le complot et le mariage sont ratés. D'évidence.       <br />
              <br />
       Il n’est question au fond que d’une velléité, d’une hypothèse caressée, d'une manigance, d'une intrigue de couloir, d'un rêve avorté par la cécité, l'impuissance, la médiocrité des protagonistes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/12574717-19573691.jpg?v=1493026277" alt=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" title=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" />
     </div>
     <div>
      Cette vision peut paraître aride mais elle montre un profond et scrupuleux respect du texte. Dans ce monde, l'on tâtonne, l'on avance masqué, l'on se laisse aller à ses contradictions, ses incohérences. L'on est travaillé par les interactions des peurs et des espérances. La pièce avance par degrés instables.       <br />
              <br />
       Éric Ruf ne s'appuie que sur le texte mais l'effet-théâtre, qui est produit avec parcimonie, se lit sur les corps des comédiens. Tous sont tenus, sans échappatoire aucune, dans la répartition de leurs rôles respectifs. Jusqu'à leur instabilité voire leur discordance. Elle pourrait être un vaudeville pour un regard trop extérieur, une montée au calvaire pour un regard trop intérieur.       <br />
              <br />
       Cet aspect peut surprendre le spectateur mais celui-ci découvre une image unique, un instant éphémère. Celui de Clotilde de Bayser donnant corps à Roxane se drapant dans le rôle imaginaire de véritable héroïne de l'histoire, Roxane se rêvant impératrice. Acmé. Avant de disparaître. Moment pur. Bajazet est une œuvre musicale aux modalités complexes pour chaque personnage, avec Roxane au chant pur et le vizir Acomat (Denis Podalydès) à la basse continue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/12574717-19573705.jpg?v=1493026346" alt=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" title=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" />
     </div>
     <div>
      Dans l’espace et le temps de la représentation, les comédiens mettent en valeur une montée chromatique d’ensemble par laquelle s'opère la torsion du corps et de la voix, qui fait du vide un plein propre à recueillir plaisir et sens.       <br />
              <br />
       Le spectateur est ainsi pris au filet d’un théâtre subtil. Un presque rien. Une vacuité d'action qui ne cherche qu’à pointer la résonance de l'intime, qu’à montrer la montée du théâtre au point sublime, au point tragique qui est celui du sacrifice du sujet. Quelque chose d’essentiel.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Bajazet"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/12574717-19573907.jpg?v=1493026924" alt=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" title=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Racine.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Éric Ruf.       <br />
       Avec : Alain Lenglet, Denis Podalydès, Clotilde de Bayser, Laurent Natrella, Anna Cervinka, Rebecca Marder et Cécile Bouillot.       <br />
       Collaboration artistique : Claude Mathieu.       <br />
       Assistanat à la mise en scène : Thomas Gendronneau.       <br />
       Assistanat à la scénographie : Caroline Frachet, de l'Académie de la Comédie-Française.       <br />
       Costumes : Renato Bianchi.       <br />
       Lumières : Franck Thévenon.       <br />
       Maquillages  et  coiffures : Catherine Bloquère.       <br />
       Son : Dominique Bataille.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 avril au 7 mai 2017.</span>       <br />
       Mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Comédie-Française, Théâtre du Vieux-Colombier, Paris 6e, 01 44 58 15 15.       <br />
       <a class="link" href="http://www.comedie-francaise.fr/index.php" target="_blank">&gt;&gt; comedie-francaise.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/12574717-19572992.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Bajazet--pointer-la-resonance-de-l-intime-dans-une-montee-tragique-et-sublime_a1787.html</link>
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   <title>La Jeanne d'Arc de Honegger et le spectateur au bûcher</title>
   <pubDate>Tue, 31 Jan 2017 06:36:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jusqu'au 3 février 2017, le public peut découvrir la nouvelle production de "Jeanne d'Arc au bûcher", l'oratorio d'Arthur Honegger, à l'Opéra de Lyon dans la mise en scène radicale de Romeo Castellucci. Une lecture en forme de refus de la dimension spirituelle de l'œuvre que transcendent avec talent chanteurs et orchestre sous la direction de Kazushi Ono.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11073041-18366408.jpg?v=1485814282" alt="La Jeanne d'Arc de Honegger et le spectateur au bûcher" title="La Jeanne d'Arc de Honegger et le spectateur au bûcher" />
     </div>
     <div>
      En décembre 1935, Arthur Honegger, membre à sa façon affranchie du Groupe des Six, termine la partition d'un oratorio qui lui a été commandé par Ida Rubinstein - éminente figure de l'avant-garde de l'époque - sur un sujet qu'elle lui a suggéré. Ce sera Jeanne d'Arc, un personnage inspirant pour celle qui vient de découvrir le genre du mystère médiéval.       <br />
              <br />
       Honegger s'est donc adressé à Paul Claudel - une évidence - pour le livret. Malgré son refus initial de s'emparer d'un tel personnage et de sa légende dorée, le poète écrit le livret en onze jours, en versets où respire le fameux &quot;spiritus&quot; : cet esprit et ce souffle divins qui se communiquent à l'acteur dans son théâtre. Le sujet en sera l'avènement de la grâce après l'acceptation du martyre.       <br />
              <br />
       Claudel choisit d'évoquer la Passion de Jeanne en onze tableaux (le prologue sera rajouté en 1945) ; Jeanne d'Arc sur le bûcher (en 1431) en voit défiler les stations et des épisodes de sa vie dans un ordre chronologique inversé, du procès à l'enfance. C'est sur le livre que tient Frère Dominique (un saint qui a vécu au XIIIe siècle) et au rythme des voix des acteurs de son procès comme des saints, que se fait cette récapitulation jusqu'à la mort de celle qui sera canonisée au début du XXe siècle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11073041-18366693.jpg?v=1485814722" alt="La Jeanne d'Arc de Honegger et le spectateur au bûcher" title="La Jeanne d'Arc de Honegger et le spectateur au bûcher" />
     </div>
     <div>
      Honegger développe dans son &quot;oratorio dramatique&quot; (qui peut donc être mis en scène) sa formule rêvée d'un renouveau lyrique mêlant rôles parlés, danseurs, chanteurs, chœurs et un orchestre dominé par les vents et les bois (dont deux saxophones) et l'usage du piano, du célesta, des ondes Martenot.       <br />
              <br />
       La partition fait coexister (et parfois marie) musique populaire, carnavalesque même et un lyrisme mystique ou grandiose (Honegger, ce grand admirateur de Bach). Mêlant tous les arts, cette fresque digne d'un peintre primitif interroge ainsi chaque metteur en scène sur les places respectives du chant et du jeu, dans la tradition du souffle poétique claudélien. Auteur, metteur en scène et quasi plasticien, on comprend ce qui a pu plaire à Romeo Castellucci dans ce nouveau défi.       <br />
              <br />
       Las, si l'interprétation musicale, tant vocale qu'instrumentale, se révèle envoûtante dans ses jeux de lumières et d'ombres, équilibrée entre parodie et tragédie, la proposition du metteur en scène italien se révèle plus risquée, pour ne pas dire décalée quant aux enjeux de l'œuvre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11073041-18366696.jpg?v=1485814755" alt="La Jeanne d'Arc de Honegger et le spectateur au bûcher" title="La Jeanne d'Arc de Honegger et le spectateur au bûcher" />
     </div>
     <div>
      Dans cette radicale et implacable destruction du plateau (une salle de classe sous la IIIe République) sur lequel un homme de peine entend des voix et se défait, le temps d'endosser les oripeaux du personnage de Jeanne, le spectateur est invité à oublier tout ce qu'il croit savoir sur la sainte - que cette lecture s'ingénie à déconstruire sous nos yeux avec rage mais aussi pas mal de naïveté. De là un prologue avant le prologue, interminable, où (l'extraordinaire) Audrey Bonnet déguisée en homme de ménage déménage tables et chaises de ladite classe avec force han(s) - et grincements hideux. Le spectacle rallonge d'ailleurs l'œuvre d'une bonne demi-heure.       <br />
              <br />
       Quelques tableaux émergent, d'une beauté indéniable, mais la parodie recouvre tout, non sans autocitations et tics de Castellucci. Son pouvoir corrosif nous entraînant avec une réelle efficacité dans les limbes de la déréliction jusqu'à cette scène où l'actrice (qui subit plus qu'on ne saurait dire d'assez horribles épreuves) après avoir arraché plusieurs revêtements de la scène, s'enterre. Aucune grâce ici, et pas d'esprit divin (ou non). Pourquoi pas ? Mais à quoi bon ? Sauf à se dire que travailler contre l'œuvre est un art en soi… mais ô combien dépassé ? Plus performance que mise en scène lyrique, ce travail, qui fonctionnait très bien avec Schoenberg*, est assez décevant ici.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">*Romeo Castellucci a mis en scène brillamment &quot;Moïse et Aaron&quot; à l'Opéra de Paris en 2015.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11073041-18366703.jpg?v=1485814795" alt="La Jeanne d'Arc de Honegger et le spectateur au bûcher" title="La Jeanne d'Arc de Honegger et le spectateur au bûcher" />
     </div>
     <div>
      <b>Prochaines dates</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Mardi 31 janvier, jeudi 2 février, vendredi 3 février 2017 à 20 h.</span>       <br />
       Opéra de Lyon.       <br />
       Place de la Comédie, Lyon.       <br />
       Tél. : 04 69 85 54 54.       <br />
       <a class="link" href="http://www.opera-lyon.com/" target="_blank">&gt;&gt; opera-lyon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Jeanne d’Arc au bûcher&quot; (1938).</b>       <br />
       Oratorio dramatique en 11 scènes avec prologue.       <br />
       Musique d'Arthur Honegger.       <br />
       Livret de Paul Claudel.       <br />
       En français.       <br />
       Durée : 1 h 30 environ.       <br />
              <br />
       Direction musicale : Kazushi Ono.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11073041-18366853.jpg?v=1485815908" alt="La Jeanne d'Arc de Honegger et le spectateur au bûcher" title="La Jeanne d'Arc de Honegger et le spectateur au bûcher" />
     </div>
     <div>
      Mise en scène, décors, costumes et lumières : Romeo Castellucci.       <br />
       Dramaturgie : Piersandra Di Matteo.       <br />
       Collaboratrice artistique : Silvia Costa.       <br />
              <br />
       Audrey Bonnet, Jeanne d'Arc.       <br />
       Denis Podalydès, Frère Dominique.       <br />
       Ilse Eerens, La Vierge.       <br />
       Valentine Lemercier, Marguerite.       <br />
       Marie Karall, Catherine.       <br />
       Jean-Noël Briend, ténor solo (une voix, Porcus, 1er Héraut, Le Clerc).       <br />
       Sophie Lou, Pécus.       <br />
       Didier Laval, récitant.       <br />
       Louka Petit-Taborelli, récitant.       <br />
       Participation de Istvan Zimmermann et Giovanna Amoroso, Plastikart Studio.       <br />
              <br />
       Orchestre, Chœurs et Maîtrise de l’Opéra de Lyon.       <br />
       Philip White, Chef des chœurs.        <br />
       Karine Locatelli, Chef de chœur de la Maîtrise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/11073041-18366408.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Jeanne-d-Arc-de-Honegger-et-le-spectateur-au-bucher_a1737.html</link>
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