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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-16T05:02:36+02:00</dc:date>
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   <title>Torsten Kerl, fabuleux Tristan au Théâtre des Champs-Elysées</title>
   <pubDate>Tue, 17 May 2016 15:10:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Nouvelle production de "Tristan und Isolde" avec Pierre Audi à la mise en scène et l'Orchestre national de France sous la baguette de Daniele Gatti, son directeur musical. Avec une distribution de haut niveau dominée par le fabuleux ténor Torsten Kerl, l'opéra de Richard Wagner distille son philtre puissant et hypnotique. Interview de Torsten Kerl.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9493537-15236003.jpg?v=1463562916" alt="Torsten Kerl, fabuleux Tristan au Théâtre des Champs-Elysées" title="Torsten Kerl, fabuleux Tristan au Théâtre des Champs-Elysées" />
     </div>
     <div>
      Fortes impressions à la sortie du &quot;Tristan und Isolde&quot; pour cette deuxième représentation : l'impression évidemment toujours produite par cet opéra hors-norme, sans action réelle hormis &quot;l'action intérieure&quot; dont parlait le compositeur, et pourtant aux effets très puissants avec son écriture musicale inédite, son sujet mythique : la plus belle (et longue) nuit d'amour de l'histoire de l'opéra. Mais s'ajoute l'impression délectable d'avoir entendu cette fois le plus beau Tristan dont on puisse rêver - nous qui n'avons pas connu les Melchior, les Vickers, les Windgassen sur scène.       <br />
              <br />
       Si la mise en scène de Pierre Audi propose un théâtre de spectres, une épure dessinée dans un clair-obscur radical (les lumières de Jean Kalman sont très belles), elle n'est pas toujours d'une lisibilité absolue. Qu'en est-il de cette laide actualisation au troisième acte ?       <br />
              <br />
       L'Orchestre national de France est splendide - même si certains choix de leur chef du point de vue des dynamiques étonnent. Des moments de pure beauté, des fulgurances sublimes succèdent à un véritable fracas de la fosse quelque peu perturbant (par exemple dans la première partie du duo du deuxième acte, appelée &quot;La jubilation de l'amour&quot; au moment des retrouvailles des amants, où le spectateur ne jubile pas du tout). Daniele Gatti aurait-il oublié le sacro-saint &quot;art de la transition&quot; dont s'est enorgueilli R. Wagner ? 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9493537-15236010.jpg?v=1463563007" alt="Torsten Kerl, fabuleux Tristan au Théâtre des Champs-Elysées" title="Torsten Kerl, fabuleux Tristan au Théâtre des Champs-Elysées" />
     </div>
     <div>
      La distribution est excellente, même si on peut regretter que certains (Brangäne et Isolde en particulier) aient quelquefois à s'époumoner pour passer la fosse - trop insoucieuse d'eux. La jeune soprano Rachel Nicholls impressionne de toute façon et livre une belle Isolde. Vivons-nous l'époque du retour des grands chanteurs wagnériens ? Torsten Kerl en serait aussi la preuve. Sa puissante voix, capable de géniales nuances, lyrique avec éclat ou déchirante dans la morbidezza, et son aura sur scène en font un immense Tristan. La revue a souhaité en savoir plus.       <br />
              <br />
       <b>Christine Ducq - Dans quelles circonstances avez-vous choisi de devenir chanteur alors que vous étiez musicien d'orchestre ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Torsten Kerl -</b> Le chant m'a toujours intéressé mais ce n'était qu'un hobby au départ. Alors que j'étais hautboïste au conservatoire (d'où je suis sorti diplômé), je prenais à l'extérieur des cours de chant avec un professeur particulier. Plus tard, j'ai décidé que je serai chanteur et que je deviendrai moi-même l'instrument.       <br />
              <br />
       <b>Vous avez chanté le rôle de Paul dans la création à Paris de l'opéra de Korngold &quot;La Ville morte&quot;, ainsi que Siegfried. Aimez-vous particulièrement chanter à Paris ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Torsten Kerl -</b> J'aime beaucoup chanter ici. C'est à Paris que j'ai commencé ma carrière : Paul est mon premier rôle. J'ai également choisi d'y chanter pour la première fois Siegfried, avec le chef Philippe Jordan. Sans compter les nombreux concerts donnés car le public ici est friand de mon répertoire. Wagner y a vécu d'ailleurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9493537-15246131.jpg?v=1463563067" alt="Torsten Kerl, fabuleux Tristan au Théâtre des Champs-Elysées" title="Torsten Kerl, fabuleux Tristan au Théâtre des Champs-Elysées" />
     </div>
     <div>
      <b>Quand avez-vous chanté Tristan pour la première fois ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Torsten Kerl -</b> C'était en 2009 au Festival de Glyndebourne, en Angleterre.       <br />
              <br />
       <b>Dans quel état d'esprit abordiez-vous ce rôle épuisant alors ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Torsten Kerl -</b> D'abord, c'est un rôle extrêmement long, et puissamment émotionnel. Mon premier sentiment fut la conviction que je ne devais pas me laisser submerger par les sentiments forts qu'il pouvait provoquer et que je devais être très prudent, ne pas perdre de vue la technique. Ensuite, j'ai ressenti la fierté d'avoir à relever un tel défi artistique. Je pense au troisième acte où Tristan, seul, chante plus de cinquante minutes car Kurwenal intervient peu.        <br />
              <br />
       <b>Et aujourd'hui, votre approche est-elle différente ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Torsten Kerl -</b> Chanter cet opéra, vraiment unique, est toujours un défi. Peu importe que vous le chantiez pour la première fois ou la trentième. C'est la même chose avec Siegfried ou Rienzi (un rôle encore plus long). Avec l'expérience, ce sont toujours des rôles très difficiles où je dois être endurant. Pour Tristan, je dois pouvoir proposer vocalement une évolution de mon personnage, du premier au troisième acte.       <br />
              <br />
       Avec l'âge, la voix change - et la mienne est plus puissante depuis quelques années - et des difficultés peuvent surgir, même si beaucoup de choses sont aussi plus faciles. Je sais aujourd'hui ce que je peux faire de ma voix.        <br />
              <br />
       <b>Peut-on oublier Tristan, sa morbidité, en quittant la scène le soir ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Torsten Kerl -</b> À la différence d'un acteur de cinéma, le chanteur ne peut être entièrement possédé par son personnage. La musique fait toute la différence et il doit être attentif en permanence aux autres, écouter le chef, l'orchestre et ses collègues. Donc, le chanteur garde toujours une distance - même si, naturellement la musique de Wagner m'affecte toujours sur scène. Mais quand je rentre chez moi, j'ai laissé Tristan au théâtre !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9493537-15246156.jpg?v=1463563193" alt="Torsten Kerl, fabuleux Tristan au Théâtre des Champs-Elysées" title="Torsten Kerl, fabuleux Tristan au Théâtre des Champs-Elysées" />
     </div>
     <div>
      <b>Que pensez-vous de la vision de l'œuvre proposée par Pierre Audi ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Torsten Kerl -</b> Je pense qu'il s'agit d'une production très visuelle. Je la trouve d'esprit germanique - même si Pierre Audi n'est pas allemand - avec cette scénographie. En tant que chanteur, il m'est cependant difficile de la juger car je n'en ai pas la vision globale comme les spectateurs. J'aimerais en voir plus tard la vidéo.        <br />
              <br />
       <b>Il met en scène un monde inquiétant, me semble-t-il ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Torsten Kerl -</b> C'est un monde détruit, quasi post-apocalyptique, où chacun vit seul, replié dans sa communauté. Une société unie n'existe plus.        <br />
              <br />
       <b>Votre personnage ne rencontre et ne touche que très rarement celui d'Isolde. Pourquoi, à votre avis ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Torsten Kerl -</b> Pierre Audi s'est focalisé sur la dimension philosophique de l'opéra. Il ne s'intéresse qu'à la dimension désincarnée de l'amour, celui-ci étant lié à la mort.        <br />
              <br />
       <b>Qu'en est-il de la direction du chef Daniele Gatti ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Torsten Kerl -</b> Ce que j'ai retenu de nos discussions pendant les répétitions, c'est qu'il veut livrer une version élégiaque de l'œuvre avec des moments aux tempi très lents. Et d'autres où les tempi sont très rapides. Il souhaite souligner les extrêmes de la partition, qui sont bien présents selon moi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9493537-15246236.jpg?v=1463563619" alt="Torsten Kerl, fabuleux Tristan au Théâtre des Champs-Elysées" title="Torsten Kerl, fabuleux Tristan au Théâtre des Champs-Elysées" />
     </div>
     <div>
      <b>Quel est votre rôle préféré dans l'œuvre de Wagner ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Torsten Kerl -</b> Difficile à dire ! (Il rit). J'aime beaucoup Tannhäuser que j'ai chanté à Bayreuth. Et, bien-sûr, Tristan qui remporte toujours beaucoup de succès, quel que soit le pays.        <br />
              <br />
       <b>Et dans votre vaste répertoire ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Torsten Kerl -</b> Richard Wagner et Richard Strauss me plaisent plus que tout. De même que Korngold - j'ai chanté le rôle de Paul cent-six fois ! Mais j'aime beaucoup aussi les musiques italienne, française et russe. Cela dépend des saisons.        <br />
              <br />
       <b>Quels sont vos prochains engagements ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Torsten Kerl -</b> Je chanterai en octobre &quot;La Dame de Pique&quot; de Tchaïkovski (rôle d'Herman, Ndlr) puis en 2017 le rôle d'Enée dans &quot;Les Troyens&quot; de Berlioz au Staatsoper d'Hambourg. Je vais aussi donner un grand concert à Londres en avril 2017 avec, au programme, la Symphonie n°8 de Gustav Mahler (avec le London Philharmonic Orchestra, NDLR). Et je reviens en juin en France au Festival de Saint-Denis (les 23 et 24 juin 2016, NDLR) pour la 9e symphonie de Beethoven avec l'Orchestre national de France.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Interview réalisée le 16 mai 2016 (Propos traduits de l'anglais par nos soins).</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9493537-15246252.jpg?v=1463563737" alt="Torsten Kerl, fabuleux Tristan au Théâtre des Champs-Elysées" title="Torsten Kerl, fabuleux Tristan au Théâtre des Champs-Elysées" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Prochaines dates : 18, 21 et 24 mai 2016 à 18 h.</span>       <br />
       <b>Diffusion sur France Musique le 25 juin 2016 à 19 h.</b>       <br />
              <br />
       Théâtre des Champs-Élysées, 15, avenue Montaigne Paris 8e.       <br />
       Tél. : 01 49 52 50 50.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatrechampselysees.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatrechampselysees.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Tristan und Isolde&quot; (1865).</b>       <br />
       Action musicale en trois actes.       <br />
       Musique et livret de Richard Wagner (1813-1883).       <br />
       En allemand surtitré en français.       <br />
       Durée : 5 h 20 (avec deux entractes).       <br />
              <br />
       Daniele Gatti, direction musicale.       <br />
       Pierre Audi, mise en scène.       <br />
       Willem Bruls, dramaturgie.       <br />
       Christof Hetzer, scénographie &amp; costumes.       <br />
       Jean Kalman, lumières.        <br />
       Anna Bertsch, vidéo.       <br />
              <br />
       Torsten Kerl, Tristan.       <br />
       Rachel Nicholls, Isolde.       <br />
       Michelle Breedt, Brangäne.       <br />
       Steven Humes, König Marke.       <br />
       Brett Polegato, Kurwenal.       <br />
       Andrew Rees, Melot.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9493537-15246297.jpg?v=1463563853" alt="Torsten Kerl, fabuleux Tristan au Théâtre des Champs-Elysées" title="Torsten Kerl, fabuleux Tristan au Théâtre des Champs-Elysées" />
     </div>
     <div>
      Marc Larcher, Ein Hirt, Ein junger Seemann.       <br />
       Francis Dudziak, Ein Steuermann.        <br />
              <br />
       Orchestre national de France.       <br />
       Chœur de Radio France.        <br />
       Stéphane Petitjean, direction du chœur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/9493537-15236003.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Torsten-Kerl-fabuleux-Tristan-au-Theatre-des-Champs-Elysees_a1598.html</link>
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   <title>Wagner et Stravinski par l’Orchestre national de France dirigé par Daniele Gatti… La fête dionysiaque, c’est maintenant !</title>
   <pubDate>Mon, 10 Jun 2013 10:08:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Concerts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La célébration du centenaire du Théâtre des Champs-Élysées à Paris est aussi celle de la création d’une partition et d’un ballet restée célèbre, "Le Sacre du Printemps", le 29 mai 1913. Et vous revenez sans doute d’un voyage intersidéral si vous ignorez encore que nous fêtons le bicentenaire de la naissance de Richard Wagner, heureusement survenue le 22 mai 1803.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5597035-8347742.jpg?v=1370853235" alt="Wagner et Stravinski par l’Orchestre national de France dirigé par Daniele Gatti… La fête dionysiaque, c’est maintenant !" title="Wagner et Stravinski par l’Orchestre national de France dirigé par Daniele Gatti… La fête dionysiaque, c’est maintenant !" />
     </div>
     <div>
      Coïncidence de la programmation ? Sûrement pas. Alors que Gabriel Astruc préside aux destinées d’un nouveau théâtre à Paris en 1913, il invite les &quot;Ballets russes&quot; de Serge Diaghilev, non sans espérer qu’ils feront trembler le Tout Paris. Grâce à une collaboration explosive entre le directeur du ballet, un jeune chorégraphe inspiré Vaslav Nijinski, et un jeune compositeur de trente et un ans, Igor Stravinski, auréolé d’une gloire incroyable pour son &quot;Petrouchka&quot;, il ne sera pas déçu. Plus fort que les bombes des anarchistes à Saint-Pétersbourg, un nouveau complot russe !        <br />
              <br />
       Un an plus tard, au printemps 1914, alors que le théâtre a déjà connu une faillite pleine de panache moins d’un an après son ouverture, il réserve une entrée au répertoire restée célèbre (par le Boston Company Orchestra et Covent Garden) de trois opéras (1) de Richard Wagner en langue allemande. C’est alors un événement inédit en France et, ce, à un de ces moments tragiques des relations franco-allemandes. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5597035-8347743.jpg?v=1370853235" alt="Wagner et Stravinski par l’Orchestre national de France dirigé par Daniele Gatti… La fête dionysiaque, c’est maintenant !" title="Wagner et Stravinski par l’Orchestre national de France dirigé par Daniele Gatti… La fête dionysiaque, c’est maintenant !" />
     </div>
     <div>
      Ce n’est pas ce seul point qui réunit les compositeurs. Car Wagner et Stravinski révolutionnent les canons esthétiques qui prédominent à leur époque respective. Au XIXe siècle, le compositeur allemand crée son propre mythe et une nouvelle religion… de l’art, en proposant à l’humanité le salut par ses œuvres, et un temple néo-grec pour ses offices : Bayreuth. Le géant de Leipzig, sauvé par Louis II, dernier roi de droit divin et de Bavière, bouleverse la musique en général et l’art lyrique en particulier, en imposant magistralement la puissance stratosphérique d’une mélodie dramatique continue, et une méthode de composition parfois inouïe.        <br />
              <br />
       Adulé par un roi, de nombreuses femmes extraordinaires et de grands hommes tels Charles Baudelaire et Friedrich Nietzsche, il est aussi responsable indirectement de l’effervescence regrettable de quelques poètes bien oubliés à juste titre aujourd’hui, coupables d’avoir écrit à sa gloire les pires sonnets qui soient, dans &quot;La Revue wagnérienne&quot; par exemple (je vous épargne les autres pays...). Wagner ne se fait pas que des amis cependant, perpétuellement en but aux controverses et aux mauvais procès - jusqu’à nos jours (2). Un admirateur, le romancier Thomas Mann, fera dire à un des personnages satiriques de son roman, &quot;Les Buddenbrock&quot;, au sujet du Prélude de &quot;Tristan et Isolde&quot; : <span style="font-style:italic">&quot;Ce n’est que démagogie, blasphème, extravagance ! (…) la fin de toute morale&quot;</span>. Rien que ça !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5597035-8347749.jpg?v=1370853236" alt="Wagner et Stravinski par l’Orchestre national de France dirigé par Daniele Gatti… La fête dionysiaque, c’est maintenant !" title="Wagner et Stravinski par l’Orchestre national de France dirigé par Daniele Gatti… La fête dionysiaque, c’est maintenant !" />
     </div>
     <div>
      En cette soirée chaude de mai 1913, les réactions ne seront pas moins scandalisées ou enthousiastes devant ce &quot;Sacre du Printemps&quot; qui propose une partition aux rythmes sauvages et telluriques, avec de surcroît de formidables et jouissives dissonances, des transgressions tonales aux effets paniques. Une liturgie païenne cosmique au sujet incendiaire : il s’agit d’une jeune fille que de &quot;vieux sages&quot; sacrifient aux forces divines du printemps en la faisant danser jusqu’à la mort. Ce soir du 29 mai, le chahut est indescriptible, on doit faire appel à la police ! D’après les témoins, Maurice Ravel crie : <span style="font-style:italic">&quot;Génie ! Génie !</span>, une certaine comtesse de Pourtalès s‘égosille car on lui manque de respect pour la première fois ! Et le compositeur Camille Saint-Saëns quitte la salle avant la fin du ballet. La soirée tourne à l’échauffourée, dans une chaude ambiance où s’échangent mêmes des coups !       <br />
              <br />
       Mais rien de tel ne se produira jeudi prochain au TEC. Les œuvres de Wagner et Stravinski sont devenues des classiques - toujours passionnants. Elles ont toujours leurs idolâtres (dont moi), c’est bien le moins. Les coups s’échangent ailleurs. Bien que la cérémonie wagnérienne nécessite de longs espaces-temps idoines pour qu’elle s’accomplisse vraiment (Ah ce scandale des deux entractes à l’opéra !), les préludes et autres extraits de choix du grand compositeur sont de vastes symphonies autonomes qui sont conçues pour un grand orchestre. Nous retrouverons avec plaisir le chef italien Daniele Gatti, directeur musical reconduit jusqu’en 2016 à la tête de l’Orchestre National de France, en résidence au TEC. Cet orchestre n’y donne pas moins de 27 concerts cette année pour fêter ce centenaire. Il nous offre donc logiquement sa version du &quot;Sacre&quot;. Gageons que cette soirée nous ravisse… au sens premier du terme !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Notes :       <br />
       (1) Il s’agit de &quot;Tristan und Isolde&quot;, &quot;Die Meistersinger von Nürnberg&quot; et &quot;Parsifal&quot;.        <br />
       (2) Ceux qui ont vu l’imbécile documentaire diffusé sur la chaîne Arte le soir du 22 mai 2013, pour soi-disant commémorer la naissance du grand homme, me comprendront…</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5597035-8347755.jpg?v=1370853236" alt="Wagner et Stravinski par l’Orchestre national de France dirigé par Daniele Gatti… La fête dionysiaque, c’est maintenant !" title="Wagner et Stravinski par l’Orchestre national de France dirigé par Daniele Gatti… La fête dionysiaque, c’est maintenant !" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Concert le jeudi 13 juin 2013 à 20 h.</span>       <br />
       Théâtre des Champs-Élysées, 01 49 52 50 50.       <br />
       15 avenue Montaigne 75008 Paris.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatrechampselysees.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatrechampselysees.fr</a>       <br />
       Durée du concert : 2 h 20.       <br />
              <br />
       <b>Programme :</b>       <br />
       Richard Wagner (1813 – 1883).       <br />
       &quot;Le Vaisseau fantôme&quot;, Ouverture.       <br />
       &quot;Tannhäuser&quot;, Ouverture.       <br />
       &quot;Lohengrin&quot;, Prélude de l’acte I.       <br />
       &quot;Tristan et Isolde&quot;, Prélude et Mort d’Isolde.       <br />
       &quot;Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg&quot;, Prélude.       <br />
       Igor Stravinski (1882 – 1971).       <br />
       &quot;Le Sacre du Printemps&quot;.        <br />
              <br />
       Orchestre national de France.       <br />
       Daniele Gatti, direction.        <br />
              <br />
       Concert diffusé ultérieurement sur France Musique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/5597035-8347742.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Wagner-et-Stravinski-par-l-Orchestre-national-de-France-dirige-par-Daniele-Gatti-La-fete-dionysiaque-c-est-maintenant-_a925.html</link>
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   <title>"Parsifal" et "Tristan et Isolde", retour de Bayreuth et du Théâtre des Champs-Élysées</title>
   <pubDate>Fri, 23 Mar 2012 10:46:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au Théâtre des Champs-Élysées, Richard Wagner est à l’honneur cette année encore. Avant "La Walkyrie" en avril prochain au TEC, et les festivités de la commémoration de la naissance de génie allemand en 2013 dans le monde musical. Nous ne remercierons jamais assez le Théâtre, en bons wagnéristes insensés que nous sommes !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4032424-6117690.jpg?v=1332595913" alt=""Parsifal" et "Tristan et Isolde", retour de Bayreuth et du Théâtre des Champs-Élysées" title=""Parsifal" et "Tristan et Isolde", retour de Bayreuth et du Théâtre des Champs-Élysées" />
     </div>
     <div>
      Car il est devenu presque inutile de se rendre à Bayreuth (ce qui relève de la plus &quot;ardente patience&quot; pour les simples mortels, dix ans d’attente minimum pour obtenir un billet !). C’est Bayreuth qui vient aux Champs-Élysées, au 15 avenue Montaigne exactement.       <br />
              <br />
       Daniele Gatti, chef invité du temple du wagnérisme mondial depuis 2008, a dirigé &quot;Parsifal&quot; à la tête de l’Orchestre national de France (dont il est le directeur musical depuis septembre 2008), cette première semaine de mars, avec la même distribution qu’en Bavière (été 2011). Profitant du nouveau plateau du Théâtre des Champs-Élysées, Daniele Gatti a souhaité redistribuer les pupitres de l’orchestre sur scène.       <br />
              <br />
       Les spectateurs ont pu découvrir une nouvelle configuration (ou placement) des instruments calquée sur celle du Philharmonique de Vienne au début du XXe siècle : contrebasses de face au fond du plateau et sur gradin, dominant les bois situés au-dessus du parterre de cordes ; premiers violons à gauche et seconds à droite du Chef. Devant lui, les violoncelles et les altos ; sur l’avant-scène, de part et d’autre, quatre harpes ; et les cuivres en hauteur, au-delà des cordes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4032424-6117931.jpg?v=1332590158" alt=""Parsifal" et "Tristan et Isolde", retour de Bayreuth et du Théâtre des Champs-Élysées" title=""Parsifal" et "Tristan et Isolde", retour de Bayreuth et du Théâtre des Champs-Élysées" />
     </div>
     <div>
      L’effet s’est fait immédiatement sentir : un son très clair, des lignes orchestrales secondaires aux contours nets. Cependant les choix de la direction d’orchestre ne m’ont guère convaincue - au rebours de la majorité du public et des critiques. Je ne suis pas sensible à cette pâte sonore riche (trop ?) de cuivres, quasiment <span style="font-style:italic">&quot;Verdisante&quot;</span>. Bref, trop italienne à mon goût. Et ce parti pris d’étirement de la partition ! Vrai moyen de miner une musique transcendante, et d’affaiblir la magie d’une distribution exceptionnelle (Christopher Ventris dans le rôle titre, Kurt Rydl en Gurnemanz, Mihoko Fujimura en Kundry, etc.). N’oublions pas le Chœur, ni la Maîtrise de Radio-France, absolument confondants.       <br />
              <br />
       Non, décidément, &quot;L’Enchantement du Vendredi Saint&quot;, ce &quot;Festival scénique sacré&quot;, cette musique miraculeuse de la transsubstantiation de nos âmes a été (selon moi) mieux dirigée en 2008 à Bastille sous la direction du dresdois Hartmut Haenchen. Luxuriance italienne contre puissante intériorité allemande ? Mon choix est fait (Et Kent Nagano en a donné une version parfaite un an auparavant, sur cette même scène).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Tristan und Isolde" : l’opéra qu’on emmènerait sur une île déserte...</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4032424-6118075.jpg?v=1332591293" alt=""Parsifal" et "Tristan et Isolde", retour de Bayreuth et du Théâtre des Champs-Élysées" title=""Parsifal" et "Tristan et Isolde", retour de Bayreuth et du Théâtre des Champs-Élysées" />
     </div>
     <div>
      Cette profession de foi &quot;schopenhauerienne&quot;, ce manifeste sublime de l’Art (comme seule manière de ne pas être soumis au vouloir-vivre et à la Volonté*, source de malheurs éternels) nous a été délivré par l’Orchestre symphonique de Birmingham sous la baguette du jeune chef letton Andris Nelson. Ce jeune prodige a dirigé &quot;Lohengrin&quot; cet été à Bayreuth.       <br />
              <br />
       Ce chant amoébée du désir de &quot;l’immense empire de la Nuit universelle&quot; et de l’appel au &quot;sublime anéantissement&quot; (puisque l’amour est lié ici à l’horreur de vivre) a été interprété avec une fougue et une passion entraînantes. Quelques maladresses néanmoins dans cette &quot;Prova d’Orchestra&quot; (souvenirs de Fellini !) : des bruits malencontreux dus à des chutes d’objets, quelques mauvaises attaques de notes dans certains pupitres, quelques imprécisions dans les débuts de phrases pour le Chœur &quot;Accentus&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4032424-6118143.jpg?v=1332596219" alt=""Parsifal" et "Tristan et Isolde", retour de Bayreuth et du Théâtre des Champs-Élysées" title=""Parsifal" et "Tristan et Isolde", retour de Bayreuth et du Théâtre des Champs-Élysées" />
     </div>
     <div>
      Mais ne boudons pas notre plaisir. La distribution homogène et talentueuse a bien fait passer sur nos peaux le frisson d’horreur sacrée et de sensualité mystique attendu : Lioba Braun en Isolde, Stephen Gould impressionnant en Tristan, Matthiew Best pour le roi Mark, et Christianne Stotijn en Brangäne. Une bien jolie soirée et des acclamations méritées pour une version concert qui permet de se concentrer sur le chant et la musique. Le 24 avril, ne ratez pas Kent Nagano pour &quot;La Walkyrie&quot; dans ce même théâtre (version concert).        <br />
              <br />
       Opéras en version concerts entendus les 6 et 11 mars 2012.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">*&quot;Le Monde comme Volonté et comme Représentation&quot; de Arthur Schopenhauer, 1818-1819.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/4032424-6117690.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Parsifal-et-Tristan-et-Isolde--retour-de-Bayreuth-et-du-Theatre-des-Champs-Elysees_a569.html</link>
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