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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-10-17T05:11:31+02:00</dc:date>
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   <title>•Off 2024• "Zembla et les trois sœurs" Comédie sensible nous plongeant avec transparence au cœur des sentiments humains</title>
   <pubDate>Thu, 25 Apr 2024 17:22:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Suzon, professeur auxiliaire à la retraite et militante engagée, organise des repas pour les migrants dans une petite camionnette. Mais, un soir, elle est emmenée au poste de police pour n'avoir pas respecté le règlement de la Préfecture. Pour payer l'amende, elle demande de l'argent à ses deux sœurs avec qui elle vit. Hélas, l'appartement est hypothéqué et Suzon a déjà vendu tous les meubles…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79795661-57727787.jpg?v=1714060506" alt="•Off 2024• "Zembla et les trois sœurs" Comédie sensible nous plongeant avec transparence au cœur des sentiments humains" title="•Off 2024• "Zembla et les trois sœurs" Comédie sensible nous plongeant avec transparence au cœur des sentiments humains" />
     </div>
     <div>
      Lili, la sœur aînée, ex-danseuse contemporaine, a fait un AVC sur scène et est désormais invalide, clouée dans un fauteuil roulant. Quant à la cadette, Anne, elle n'a aucun revenu et a déjà fréquenté plusieurs maisons de repos pour des problèmes psychiatriques. Un jour, Suzon croise la route de Zembla qui lui vient en aide au sujet de la fourrière et la vie des trois sœurs va être littéralement bouleversée. Mais qui est exactement ce Zembla ?       <br />
              <br />
       Cette pièce, dernière écriture de Christophe Guichet, est un moment de spectacle émouvant, non dénué d'humour, dont la dimension humaniste ne laissera personne indifférent. Pourtant, il aurait pu en être tout autrement, tant le propos regorge de situations déjà bien souvent traitées au théâtre ou au cinéma : la prof, trop catégorique et radicale dans les contenus de son enseignement et, de ce fait, rejetée par le rectorat pour sa titularisation ; la jeune femme malmenée dans son couple, tombant dans la dépression et faisant régulièrement des séjours en hôpital psychiatrique ; le passé artistique brisé d'une danseuse atteinte d'un AVC ; sans compter le migrant sorti de nulle part, plein de bonnes intentions auprès de ces trois sœurs, noir forcément, et ne parlant pratiquement pas le français…       <br />
              <br />
       Ce migrant, c'est Zembla, un héros de comics dont Christophe Guichet, alors jeune gamin, s'impatientait chaque dimanche de découvrir les nouvelles aventures victorieuses dans lesquelles il combattait le mal. Et comme l'auteur ne sait pas choisir entre histoires personnelles et événements politiques, il y a aussi la périlleuse question politique des migrants et des associations leur venant en aide pour <span style="font-style:italic">&quot;pallier la froideur de l'accueil français&quot;</span> (sic).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Le propos de ma pièce, c'est la rencontre d'un ancien monde qui se délite et d'un nouveau monde qui se cherche.&quot;</span> Celui de ces trois sœurs vivant sous le même toit dans une routine qui ne permet pas l'expression des sentiments, ni des révélations secrètes, et celui de ce jeune homme de 28 ans qui, apparemment, se cherche et qui va bousculer ce quotidien routinier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79795661-57727790.jpg?v=1714060538" alt="•Off 2024• "Zembla et les trois sœurs" Comédie sensible nous plongeant avec transparence au cœur des sentiments humains" title="•Off 2024• "Zembla et les trois sœurs" Comédie sensible nous plongeant avec transparence au cœur des sentiments humains" />
     </div>
     <div>
      Encore une fois, Christophe Guichet aurait pu, lui aussi, se chercher autour de tous ces thèmes distincts, et finalement ne pas trouver… Mais il n'en est rien.       <br />
              <br />
       La pièce &quot;Zembla et les trois sœurs&quot; est une sorte de huis clos dans lequel le monde extérieur, à la fois présent et absent, est traité, avec une grande intelligence et une harmonie toute en subtilité, sous la forme de neuf séquences distinctes entrecoupées de noirs musicaux dans l'intention, peut-être, de sensibiliser le public, l'interpeller ou créer en lui une forme de catharsis.       <br />
              <br />
       C'est le premier grand rôle au théâtre pour le comédien Yacouba Condé, interprétant Zembla, et gageons que ce ne sera pas le dernier. Son jeu convaincant et maîtrisé est comme un pilier bien solide sur les planches, autour duquel gravitent aussi de façon très assurée les trois autres comédiennes.       <br />
              <br />
       Tout au long de la pièce, les âmes humaines s'adoucissent dans le rapport à l'autre, à l'étranger, les désirs se révèlent et on trouve la force d'aller jusqu'au bout de ses désirs enfouis. L'étranger, celui qui sait dire à Suzon qu'elle est belle, qui fait redanser Lilie, ou encore qui va se mettre en scène dans un conte avec Anne comme partenaire.       <br />
              <br />
       Il s'agit là, d'ailleurs, d'un moment très fort de théâtre, de méta-théâtre, conférant à la représentation des allures de fable humaniste contemporaine intense de la plus belle teneur. Une mention particulière pour l'interprétation de Chantal Lavallée dans le rôle de la gardienne d'un cimetière voyant arriver de plus en plus de corps de migrants ayant péri en mer.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Oublie tout de ta vie ici ! Sois léger comme une plume. Si les hommes te rejettent, alors tu seras libre, mais tes souvenirs resteront.&quot;</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Zembla et les trois sœurs"</b></div>
     <div>
      Texte : Christophe Guichet.       <br />
       Mise en scène : Christophe Guichet.       <br />
       Avec : Claire Cafaro, Chantal Lavallée, Désirée Olmi et Vincent Vespérant.       <br />
       Scénographie et costumes : Christophe Guichet.       <br />
       Musique : Tom Lemann.       <br />
       Lumières : Sara Cornu.       <br />
       Production : Gaby Théâtre en coproduction avec La Cie Drôles de Dames.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre de l'Oriflamme, 3/5, rue Portail Matheron, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 88 61 17 75.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('theatredeloriflamme@gmail.com')" >theatredeloriflamme@gmail.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://loriflamme-avignon.fr/" target="_blank">&gt;&gt; loriflamme-avignon.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Mme Ming" Une vie rêvée de progénitrice</title>
   <pubDate>Wed, 08 Mar 2023 07:53:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Du roman d'Éric-Emmanuel Schmitt "Les dix enfants que Mme Ming n'a jamais eus", Xavier Lemaire en décline une adaptation théâtrale qu'il met en scène, nous faisant redécouvrir la poésie de l'auteur et son rapport à la Chine et à la fable romanesque avec ses méandres de sagesse.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71279308-49661120.jpg?v=1678260000" alt=""Mme Ming" Une vie rêvée de progénitrice" title=""Mme Ming" Une vie rêvée de progénitrice" />
     </div>
     <div>
      Sur scène, un homme d'affaires (Benjamin Egner) dans son costume cintré, la cinquantaine, venu tout droit de France. Durant toute la représentation, il expose, dans un fil narratif, des lieux, personnages et situations. Il n'a ni nom, ni âge, seul son métier, un statut parental, celui d'être oncle de deux nièces, et une relation sexuelle, avec une femme incarnée par la violoniste (Elsa Moatti), le définissent. De protagoniste, il est aussi narrateur d'une fable dont il en dessine les contours. Au centre de la dramaturgie et d'une scénographie de couleur noire, Mme Ming (Isabelle Andréani) est assise sur son tabouret. Elle habite en Chine et est dame pipi. Passive dans sa posture, mais active dans sa gestuelle, elle raconte sa progéniture imaginaire où elle fait vivre chacun de ses enfants rêvés, au nombre de dix selon elle.       <br />
              <br />
       La Chine, vue en dehors de toute considération géopolitique, est appréhendée au travers de propos plein de sagesse où la mémoire de Confucius est rappelée à plusieurs reprises par l'interprète principale. Le pays est mis en exergue par Éric-Emmanuel Schmitt, avec sa culture ancestrale que portent les Chinois encore en eux selon l'auteur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71279308-49661126.jpg?v=1678260031" alt=""Mme Ming" Une vie rêvée de progénitrice" title=""Mme Ming" Une vie rêvée de progénitrice" />
     </div>
     <div>
      Au-dessus du plateau, se jouent des moments théâtraux le plus souvent avec notre homme d'affaires et des marionnettes de taille humaine avec lesquelles il échange. Celles-ci nous portent dans d'autres lieux et d'autres espace-temps. Créant des ruptures de jeu, elles font basculer notre cadre d'entreprise, porteur du récit, dans des contextes privé et professionnel manquant toutefois parfois de clarté.       <br />
              <br />
       Mme Ming est quant à elle porteuse de la fable autour de ses gamins imaginaires dont l'un d'eux peut être matérialisé, au-dessus d'elle, sous la forme d'un visage de pantin de couleur vive. Quant à notre homme d'affaires, il mène lui aussi une vie parallèle en s'inventant deux gamins et en jouant sur des échelles de temps et de lieu variées dues à son métier quand Mme Ming n'est, elle, située qu'à un seul lieu fixe. Des irruptions musicales, portées par quelques envolées de violon, font aussi leurs apparitions permettant de bousculer la linéarité de la narration.       <br />
              <br />
       Ses différentes ruptures donnent une dynamique de jeu dans laquelle le récit prend forme et vie. De celui-ci, on bascule à des situations rêvées, pensées, vécues intérieurement par les protagonistes et extériorisées par le biais d'un dialogue avec les marionnettes et pantins. Leurs voix s'entremêlent, comme celle de chaque enfant imaginaire de Mme Ming, à son récit qui viennent le nourrir. Scéniquement, les marionnettes bougent par le corps de Pascale Blaison qui s'immisce en ceux-ci pour les mouvoir. Ils matérialisent ainsi le rêve d'une grande progéniture de notre dame pipi. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71279308-49661130.jpg?v=1678260055" alt=""Mme Ming" Une vie rêvée de progénitrice" title=""Mme Ming" Une vie rêvée de progénitrice" />
     </div>
     <div>
      C'est une image de la modernité, nourrie d'une course au temps, de &quot;business&quot; et d'ébats sexuels face à une tradition chinoise, sereine et sûre de ce qu'elle est, à l'image de notre héroïne assise sur son tabouret et lançant parfois des propos pleins de sagesse. L'homme est lui toujours debout, gesticulant de temps en temps avec un débit très animé. On voit ainsi, d'un côté, un rapport amoureux, calme et serein au temps quand de l'autre, il est haché et bousculé.       <br />
              <br />
       C'est un entre-deux entre les deux personnages et non uniquement un dialogue entre eux, car leurs relations s'échappent parfois pour l'homme dans des situations toujours extérieures quand, pour la femme, elles sont toujours intérieures et centrées sur elle et sa famille imaginaire. L'un est souvent happé par des éléments extérieurs quand pour l'autre, rien ne la trouble, même pas son rôle de dame pipi qui n'est nullement perturbé par une clientèle qui n'existe pas.       <br />
              <br />
       Quant au texte, le style d'Éric-Emmanuel Schmitt recèle une manifeste beauté, frôlant certaines formes de classicisme avec des phrases structurées par une charpente grammaticale nourrie d'attributs et d'épithètes. La pièce est tirée de son roman &quot;Les dix enfants que Mme Ming n'a jamais eus&quot; (2012) avec un verbe baigné de poésie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71279308-49661134.jpg?v=1678260084" alt=""Mme Ming" Une vie rêvée de progénitrice" title=""Mme Ming" Une vie rêvée de progénitrice" />
     </div>
     <div>
      La pièce pèche toutefois par quelques longueurs. La trame se construit autour de la présentation imaginaire de la grande progéniture de notre héroïne dans un pays où de 1979 à 2015, il y a eu la politique de l'enfant unique. La trame devient prévisible dès la présentation de l'un d'eux qui se poursuit ensuite avec les autres. L'humour, parfois au travers d'un propos plein de sagesse, apporte un souffle nouveau, une lumière, voire une pause théâtrale. Les maximes de sagesse donnent à la pièce du cachet pour rappeler aussi la figure marquante et toujours d'actualité en Chine de Confucius (551-479 avant J-C).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mme Ming"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71279308-49661265.jpg?v=1678261426" alt=""Mme Ming" Une vie rêvée de progénitrice" title=""Mme Ming" Une vie rêvée de progénitrice" />
     </div>
     <div>
      D'après le roman &quot;Les dix enfants que Madame Ming n'a jamais eus&quot; d'Éric-Emmanuel Schmitt (Éditions Albin Michel).       <br />
       Adaptation et mise en scène : Xavier Lemaire.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Silvio Marteel.       <br />
       Avec : Isabelle Andréani, Benjamin Egner, Pascale Blaison (jeu et marionnettes), Elsa Moatti (jeu et violon).       <br />
       Scénographie : Caroline Mexme.       <br />
       Costumes : Virginie H.       <br />
       Lumières : Didier Brun.       <br />
       Création marionnettes : Pascale Blaison.       <br />
       Création musicale : Elsa Moatti.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 janvier au 16 avril 2023.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 19 h, dimanche à 17 h 30.       <br />
       Relâche exceptionnelle le 24 mars 2023.       <br />
       Théâtre Rive-Gauche, Paris 14e, 01 43 35 32 31.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-rive-gauche.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-rive-gauche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Voyage oriental et splendeur viennoise au Festival de Saintes</title>
   <pubDate>Mon, 31 Jul 2017 08:44:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Concerts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Depuis 1972, l'Abbaye aux Dames est la Cité Musicale de Saintes (Charente-Maritime) et son festival de juillet a grandement contribué, en quarante ans, au renouveau baroque. Programmes éclectiques et grands artistes attirent chaque année un public fidèle. Le festival s'est conclu en beauté avec les ensembles Sultan Veled et L'Achéron ; et les chefs, fidèles de la manifestation, William Christie et Philippe Herreweghe.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/16184499-21108790.jpg?v=1501485126" alt="Voyage oriental et splendeur viennoise au Festival de Saintes" title="Voyage oriental et splendeur viennoise au Festival de Saintes" />
     </div>
     <div>
      Implantée en pays de Saintonge au XIIe siècle, l'Abbaye aux Dames fut le premier monastère de femmes dans cette belle région du Poitou-Charentes. Avec son abbatiale de style roman et ses bâtiments conventuels classiques, ce monument élégant non loin des bords de la Charente offre depuis quatre décades son cadre exceptionnel au Festival de Saintes. Mais la Cité musicale est aussi un lieu de formation pour de jeunes artistes recrutés, depuis vingt ans, au sein du Jeune Orchestre de l'Abbaye jouant sur instruments anciens, dirigé chaque année en juillet par les meilleurs chefs.       <br />
              <br />
       Parmi tant de rendez-vous et de répertoires variés (la programmation du festival s'est depuis longtemps diversifiée), les deux dernières journées du festival ont offert un feu d'artifice musical inoubliable. Grâce en soit rendue au directeur artistique de la manifestation depuis 2002, Stephan Maciejewski, ancien des Arts Florissants et de la Chapelle Royale.       <br />
              <br />
       La soirée du 21 juillet a proposé d'abord deux des symphonies parisiennes de Joseph Haydn interprétées par le Jeune Orchestre de l'Abbaye, dirigé pour la première fois avec une jeunesse contagieuse par William Christie. La n°85 (&quot;La Reine&quot;) et la n°82 (&quot;L'Ours&quot;) ont retrouvé sous la baguette du chef anglais pétillant, vigueur et humour. Deux airs de Mozart donnés par la soprano Emmanuelle de Negri en ont constitué l'ornement radieux et enchanteur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/16184499-21109008.jpg?v=1501487193" alt="Voyage oriental et splendeur viennoise au Festival de Saintes" title="Voyage oriental et splendeur viennoise au Festival de Saintes" />
     </div>
     <div>
      La soirée s'est poursuivie à 22 heures par un concert qui sera redonné en octobre au Festival de Royaumont, &quot;L'Orgue du Sultan&quot; <span style="font-style:italic">(1)</span>. L'ensemble L'Achéron dirigé par François Joubert-Caillet a eu l'excellente idée d'inviter l'ensemble Sultan Veled pour raconter en musique le voyage fait au tournant des XVe et XVIe siècles par Thomas Dallam à destination de la Sublime Porte. Chargé de convoyer un orgue semi-mécanique offert par la reine Elisabeth I au sultan Mehmet III entre Londres et Constantinople, le facteur d'orgues anglais a découvert avec enthousiasme l'Orient et sa culture avec une ouverture d'esprit peu commune.       <br />
              <br />
       Chacune des formations incarne ainsi la rencontre féconde entre l'Occident renaissant (avec des airs d'Anthony Holborne, John Dowland, Alfonso Ferrabosco) et l'Empire ottoman (avec ses airs traditionnels), un mariage magique entre les instruments de la cour anglaise (violon, flûte, hautbois, clavecin, orgue) et ceux de la cour du sultan (qanun, oud, tombak, bendir, entre autres), entre polyphonie et mélisme monodique, modes occidentaux et makams.        <br />
              <br />
       Un mariage que vérifie la cohésion des artistes très complices sur scène. La superbe soprano Amel Brahim-Djelloul, incarnation de la Muse, triomphe avec art en incarnant idéalement cette rencontre. Elle passe sans aucune peine les deux rives du chant tant européen qu'ottoman. Un voyage passionnant, voire extatique pour l'auditeur tant cette soirée transporte. On ne peut que trouver géniale cette proposition dans notre contexte d'intolérance et de peur de l'autre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/16184499-21109080.jpg?v=1501487264" alt="Voyage oriental et splendeur viennoise au Festival de Saintes" title="Voyage oriental et splendeur viennoise au Festival de Saintes" />
     </div>
     <div>
      Pour clore la fête le compagnon des premiers jours du festival, Philippe Herreweghe, a dirigé l'Orchestre des Champs-Élysées, son vieux complice dans un programme résolument germanique <span style="font-style:italic">(2)</span>, accompagné d'un autre de ses fidèles, le baryton Dietrich Henschel. Six des Mörike-Lieder composés en 1888 par Hugo Wolf ont précédé les quatre Lieder eines fahrenden Gesellen (&quot;Chants d'un Compagnon errant&quot;) écrits dès 1880 par Gustav Mahler - son condisciple au Conservatoire de Vienne. Avec son sens du mot, son élégance, son lyrisme fiévreux et son incarnation transcendante, le baryton allemand a bouleversé le public qui l'a acclamé à juste titre.       <br />
              <br />
       L'orchestre a aussi emporté tous les suffrages avec la première symphonie en ut mineur de Johannes Brahms. Terminée au terme de trente ans de réflexion (entre 1850 et 1876), Brahms y rend hommage au génie de Beethoven et invente sa propre formule en remplaçant le scherzo attendu par un troisième mouvement &quot;un poco Allegretto e gracioso&quot;.        <br />
              <br />
       Le romantisme y joue pourtant déjà à plein avec un premier mouvement plein d'inquiétude et son deuxième &quot;Andante sostenuto&quot; à l'orchestration savante. Le mouvement final, citant l'Ode à la joie de la neuvième de Beethoven, court son train - de l'angoisse au triomphe glorieux. L'interprétation donnée ce soir-là est tout simplement admirable.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/16184499-21109435.jpg?v=1501488231" alt="Voyage oriental et splendeur viennoise au Festival de Saintes" title="Voyage oriental et splendeur viennoise au Festival de Saintes" />
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      Exigence, qualité et convivialité sont décidément les maîtres mots du festival. On comprend dès lors que le public lui soit attaché depuis plus de quarante ans.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) &quot;L'Orgue du Sultan&quot;, concert le 8 octobre 2017 à 15h au Festival de Royaumont (95).       <br />
       (2) Ce concert sera redonné le 9 octobre 2017 à 20h30 au Théâtre des Champs-Élysées (75).</span>       <br />
              <br />
       <b>Festival de Saintes.</b>       <br />
       S'est déroulé du 14 au 22 juillet 2017.       <br />
       Abbaye aux Dames, la Cité Musicale.       <br />
       <a class="link" href="http://www.abbayeauxdames.org/festival-de-saintes/" target="_blank">&gt;&gt; abbayeauxdames.org</a>       <br />
              <br />
       <b>Siestes sonores sous les étoiles.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 1er août au 29 août 2017 inclus.</span>       <br />
       Mardi de 17 h à 20 h.       <br />
       Dans les jardins de l’abbaye.       <br />
       Équipé d’un casque, confortablement installé dans un transat, des concerts inédits enregistrés en son binaural dans l’abbatiale pendant le Festival de Saintes.       <br />
       <b>Au choix :</b>       <br />
       L.v. Beethoven - La Symphonie Pastorale n°6.       <br />
       G. Onslow - &quot;L’ouverture et la cantate de Caïn maudit, ou la mort d’Abel&quot;. C. Monteverdi - &quot;Les Vêpres pour la bienheureuse Vierge&quot;.       <br />
       Durée : entre 1 h et 1 h 30.
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     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Voyage-oriental-et-splendeur-viennoise-au-Festival-de-Saintes_a1889.html</link>
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