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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-16T00:14:17+02:00</dc:date>
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   <title>•Off 2024• "Le papier peint jaune" Une femme sous influence…</title>
   <pubDate>Thu, 04 Jul 2024 07:51:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Troublant ce sentiment déclenché in vivo par cette saisissante mise en scène et interprétation à l'unisson du roman éponyme de Charlotte Perkins Gilman… Un choc émotif renvoyant de manière fulgurante à deux monuments du cinéma et de la littérature… "Une chambre à soi" (1929) de Virginia Woolf où la romancière disséquait l'empêchement des femmes, privées de lieu à elles, privées de création. "Une femme sous influence" (1974) de John Cassavetes où l'héroïne, captive du rôle de mère exemplaire et de bonne épouse, luttait jusqu'à en perdre la raison pour se sortir des rets d'un entourage asphyxiant. Une problématique hautement toxique appartenant à un passé révolu… ou résistante au temps qui passe comme la trace d'une vérole machiste ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81330534-58604247.jpg?v=1720013249" alt="•Off 2024• "Le papier peint jaune" Une femme sous influence…" title="•Off 2024• "Le papier peint jaune" Une femme sous influence…" />
     </div>
     <div>
      Ce fut comme une apparition nimbée d'une douce musique (de chambre)… Celle d'une longue dame blanche, impeccable dans sa vêture immaculée, accrochant au coin de ses lèvres un sourire angélique. Sourire factice que l'on devinera vite construit de toutes pièces par la loi des hommes qui l'enserrent dans leur condescendance. Derrière elle, un pan de tapisserie où des motifs confus s'entrelacent. Face à nous, figée dans une attitude de haute couture, sa robe étrangement ne fait qu'une avec le drap du lit qui la retient &quot;attachée&quot;, captive des murs de cette chambre.       <br />
              <br />
       Dans ce manoir colonial à l'écart, loué le temps d'un repos forcé prescrit par son époux médecin, appuyé dans le diagnostic posé de dépression post-partum par son propre frère médecin, &quot;elle&quot; s'apprête à saisir l'occasion de notre présence pour dérouler le récit d'une existence lui échappant… Sa parole épouse le ton des convenances apprises. Aucune révolte, jugée par avance indécente, ne pointe. Seulement un désaccord est-il formulé avec respect, celui de l'opposition à écrire que l'autorité des hommes lui impose &quot;pour son bien&quot;, évidemment. Tant qu'elle sera dans cet état dépressif, il est exclu qu'elle se laisse aller à coucher sur le papier les affres qui la travaillent. De même son cher mari, refuse-t-il catégoriquement qu'elle lui parle de son mal. De la maison et du beau jardin, oui, elle le peut.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81330534-58604366.jpg?v=1720013295" alt="•Off 2024• "Le papier peint jaune" Une femme sous influence…" title="•Off 2024• "Le papier peint jaune" Une femme sous influence…" />
     </div>
     <div>
      Dans ce huis clos policé, très vite se glissent par effraction des éléments disruptifs perturbant la chaîne parlée et résonnant comme des lanceurs d'alerte du vacillement de la raison mise à mal par l'enfermement. Ainsi de l'inquiétante étrangeté qu'elle dit suinter des murs de cette chambre. Mais elle n'en parlera surtout pas à son époux, aimant et attentionné, ayant choisi pour elle ce manoir afin qu'elle puisse &quot;prendre l'air&quot;…        <br />
              <br />
       Pourtant, que penser de ce papier peint arraché à plusieurs endroits, comme si une bande de garçons rageurs (la chambre servait autrefois de nursery) n'en finissait pas de sévir ? Et que dire des motifs flamboyants et tentaculaires de la tapisserie, sans évoquer sa couleur jaune sale qui l'asphyxie littéralement ?       <br />
              <br />
       La scénographie des plus &quot;parlantes&quot; dévoile plastiquement les mécanismes de l'aliénation (être possédé suite à une dépossession de soi, être entravé par des liens invisibles) au travers notamment de la longue robe de l'actrice ne faisant plus qu'une avec la literie où elle est arrimée. Plus tard, on la verra faire littéralement corps avec le papier peint, se fondant dans ses motifs qu'elle escaladera comme une échelle de secours.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81330534-58604379.jpg?v=1720013325" alt="•Off 2024• "Le papier peint jaune" Une femme sous influence…" title="•Off 2024• "Le papier peint jaune" Une femme sous influence…" />
     </div>
     <div>
      Les confidences de cette mère privée de son bébé confié à une nourrice résonnent d'autant plus fort qu'on lui interdit strictement de parler de ses frustrations réelles, y compris des angoisses générées par ce papier peint vécu comme une menace permanente. Pour seul apaisement, elle aura droit à être prise dans les bras de son époux, docteur ès-sciences, comme on le ferait pour un enfant qu'on voudrait consoler d'un vilain cauchemar ; et en guise de douceurs, elle bénéficiera de quelques mots gentils qu'on lui donnera à sucer… Et puis, des fenêtres de sa chambre, ne jouit-elle pas d'une belle vue ?       <br />
              <br />
       Cependant, le papier peint impose sa présence, de plus en plus obsédante. &quot;Il&quot; la regarde constamment, l'épie. Tenter de l'apprivoiser coûte que coûte… Heureusement que son mari bienveillant veille sur elle, car s'il lui refuse catégoriquement d'aborder le sujet de ses angoisses, il la comble de foie de morue et viande rouge pour qu'elle reprenne des forces… Malheureusement, les motifs du papier n'en ont que faire et bourgeonnent comme des champignons pourris. Quant à l'odeur qu'ils dégagent, elle est irrespirable… Et puis cette femme hallucinée qui sort au grand jour… En faire une alliée avant qu'il ne soit trop tard, car demain elle et son mari rentrent par bateau… Hissée tout en haut du mur de la chambre close, enfermée au propre comme au figuré, les yeux hagards, elle joue là sa dernière carte…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81330534-58604389.jpg?v=1720013376" alt="•Off 2024• "Le papier peint jaune" Une femme sous influence…" title="•Off 2024• "Le papier peint jaune" Une femme sous influence…" />
     </div>
     <div>
      Récit fantastique (on pense immanquablement au &quot;Horla&quot; de Guy de Maupassant) incarné fabuleusement par Laetitia Poulalion – à qui l'on doit la saisissante mise en jeu partagée avec Mathilde Levesque – d'un cas de folie hystérique. Une folie ici entièrement construite par les hommes de son entourage, renvoyant à &quot;L'effort pour rendre l'autre fou&quot; (1959) d'Harold Searles, psychiatre et psychanalyste américain : <span style="font-style:italic">&quot;Rendre l'autre fou est dans le pouvoir de chacun : qu'il ne puisse pas exister pour son compte, penser, sentir, désirer en se souvenant de lui-même et de ce qui lui revient en propre&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Un moment théâtral d'une grande intensité dramatique – dans tous les sens du terme – s'inscrivant dans le droit fil de l'extraordinaire épopée de la condition féminine… victime du machisme ordinaire.       <br />
              <br />
       <b>Vu le dimanche 30 juin au théâtre Transversal d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le papier peint jaune"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81330534-58604397.jpg?v=1720013407" alt="•Off 2024• "Le papier peint jaune" Une femme sous influence…" title="•Off 2024• "Le papier peint jaune" Une femme sous influence…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Charlotte Perkins Gilman.       <br />
       Traduction : Marine Boutroue et Florian Targa.       <br />
       Mise en scène : Lætitia Poulalion et Mathilde Levesque.       <br />
       Avec : Lætitia Poulalion.       <br />
       Scénographie : Sandrine Lamblin.       <br />
       Création sonore : Émilie Tramier.       <br />
       Musiques : Alexandre Saada.       <br />
       Guitare : Martial Bort.       <br />
       Lumières : Richard Arselin.       <br />
       Travail corporel : Leïla Gaudin.       <br />
       Costumes : Mariannick Poulhes.       <br />
       Compagnie La Patineuse.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.        <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 juin au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 14 h 30. Relâche le mardi.       <br />
       Théâtre Transversal, Salle 1, 10-12, rue d'Amphoux, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 86 17 12.       <br />
       <a class="link" href="https://theatretransversal.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatretransversal.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81330534-58604247.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Le-papier-peint-jaune-Une-femme-sous-influence_a3985.html</link>
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   <title>•Off 2024• "Nos Histoires" Une évocation subtile et profonde de la notion d'emprise, interprétée avec justesse</title>
   <pubDate>Wed, 12 Jun 2024 18:31:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Vicky, une Québécoise vivant à Paris, fait la rencontre de Maxime dans le café-brasserie dont il est le gérant. Chacun d'entre eux vit une relation d'emprise parallèle. Pour Vicky, c'est autour de Didier, son partenaire que cela s'opère, et pour Maxime, c'est autour de sa mère, qui est aussi sa patronne, une mère castratrice, étouffante et très intrusive. Mutuellement, ils vont s'entraider dans leur quête de liberté et une belle amitié va naître entre eux deux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80930927-58344223.jpg?v=1718211354" alt="•Off 2024• "Nos Histoires" Une évocation subtile et profonde de la notion d'emprise, interprétée avec justesse" title="•Off 2024• "Nos Histoires" Une évocation subtile et profonde de la notion d'emprise, interprétée avec justesse" />
     </div>
     <div>
      On attribue à André Gide la célèbre réflexion : <span style="font-style:italic">&quot;Choisir, c'est renoncer pour toujours, pour jamais, à tout le reste, et la quantité nombreuse de ce qui reste demeure préférable à n'importe quelle unité&quot;.</span> Il est fort probable que la dramaturge comédienne québécoise, Frédérique Auger, se soit inspirée de cette profonde pensée philosophique pour bâtir en partie le synopsis de sa pièce. Pour nous, en tout cas, c'est ce qui nous est rapidement venu à l'esprit en y assistant. Faire des choix, c'est ne jamais vraiment en mesurer les retombées, juste parce qu'il peut s'agir simplement d'une zone de confort qui convient bien à l'autre. À l'autre, seulement ! Pas à soi !       <br />
              <br />
       &quot;Nos Histoires&quot; parle d'emprise, d'attachement XXL, de relations toxiques, de non-choix. Des thèmes qui risquent fort de parler à beaucoup d'entre nous. De toute évidence, c'est ce qui s'est passé l'an dernier lors du Off d'Avignon, car la pièce y a obtenu un vif succès auquel, d'ailleurs, l'autrice ne s'attendait pas… Elle venait juste à Avignon pour rencontrer le public français, sans autres intentions, mais sa pièce a fait mouche, et ce n'est pas anodin qu'il en ait été ainsi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80930927-58344225.jpg?v=1718211377" alt="•Off 2024• "Nos Histoires" Une évocation subtile et profonde de la notion d'emprise, interprétée avec justesse" title="•Off 2024• "Nos Histoires" Une évocation subtile et profonde de la notion d'emprise, interprétée avec justesse" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Je précise que ma pièce ne parle pas de pervers narcissiques, ni de violences conjugales ou physiques. Elle parle davantage des relations difficiles entre êtres humains, de relations toxiques dont on ne peut pas toujours prendre conscience au départ, mais qui nous briguent et ensorcellent&quot;</span>, Frédérique Auger.       <br />
              <br />
       Mais de quoi parle-t-on exactement quand on évoque une relation &quot;difficile&quot; ? Question complexe, s'il en est.       <br />
              <br />
       Grâce à la combinaison fine du texte de la pièce et à la mise en scène intelligente de Giorgia Sinicorni, le public en a un semblant de réponse. Dès les premières secondes, d'ailleurs, à bien y regarder, via la simple manipulation d'une structure métallique ingénieusement pensée, qui se transforme et représente différents espaces très explicites, nimbés au plateau de lumière sombre. Un espace exigu, comme rétréci, aux allures de huis clos, mais qui fait une large place à l'imaginaire collectif.       <br />
              <br />
       Le thème de la pièce est sensible et complexe, probablement inspiré d'une large part autobiographique. Certaines scènes, orchestrées par la fine scénographie déjà évoquée plus haut et secondée par des choix musicaux aux allures rock dans laquelle la comédienne et le comédien incarnent quatre rôles distincts, revêtent des allures parfois angoissantes et dérangeantes.       <br />
              <br />
       Comme dans une sorte de kaléidoscope où les scènes s'enchaînent avec justesse, Frédérique Auger et son partenaire Jean-Charles Chagachbanian, incarnent tour à tour les quatre personnages de la pièce avec fluidité et une belle incarnation.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Nos Histoires&quot;, le duo fonctionne à merveille et parvient, avec talent, à mettre en lumière ce que peuvent être les mécanismes sournois et destructeurs de l'emprise sur un être.       <br />
              <br />
       Le format plutôt court de la durée de la pièce (1 h 05) renforce encore davantage le sentiment de claustration. On ne voit pas le temps passer, tout comme (bien souvent) on ne voit pas non plus les mois et les années s'écouler aux côtés de celui ou de celle qui nous tient sous sa coupe…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Nos Histoires"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80930927-58344234.jpg?v=1718211404" alt="•Off 2024• "Nos Histoires" Une évocation subtile et profonde de la notion d'emprise, interprétée avec justesse" title="•Off 2024• "Nos Histoires" Une évocation subtile et profonde de la notion d'emprise, interprétée avec justesse" />
     </div>
     <div>
      Théâtre contemporain franco-québécois.       <br />
       Texte : Frédérique Auger.       <br />
       Mise en scène : Giorgia Sinicorni.       <br />
       Avec : Frédérique Auger Jean-Charles Chagachbanian.       <br />
       Scénographie : Pauline Gallot.       <br />
       Lumières : Stéphane Balny.       <br />
       Chorégraphie : Carole André.       <br />
       Musique : Vivien Lenon, avec la collaboration de Marc Auger Gosselin.       <br />
       Coproduction Cie Entre Vos Mains (France) et Théâtre du Dream Team (Canada).       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 juin au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 19 h 45. Relâche le jeudi.       <br />
       Théâtre La Luna, Salle 2, 1, rue Séverine, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 86 96 28.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-laluna.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-laluna.fr</a>       <br />
              <br />
       Ce spectacle a obtenu un des Coups de cœur du Club de la Presse Vaucluse Avignon Off 2023.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80930927-58344265.jpg?v=1718211568" alt="•Off 2024• "Nos Histoires" Une évocation subtile et profonde de la notion d'emprise, interprétée avec justesse" title="•Off 2024• "Nos Histoires" Une évocation subtile et profonde de la notion d'emprise, interprétée avec justesse" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80930927-58344223.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"Nora, Nora, Nora ! De l'influence des épouses sur les chefs-d'œuvre"… sous les yeux grands ouverts d'Elsa Granat</title>
   <pubDate>Mon, 18 Mar 2024 18:03:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans cette maison bourgeoise semblable à tant d'autres, avec deux hommes, un grand salon et un ami constant qui vient faire des visites régulières, la femme est une simple poupée aux côtés de ses trois enfants. Elle n'est que ça ! Pourtant, elle sauve son mari, à son insu, d'un mal pulmonaire en payant en secret un voyage à Naples pour son rétablissement. Pour réunir cet argent, elle travaille jusqu'au désespoir, la nuit, en cachette, et elle fait un faux en écriture auprès d'un huissier.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78984487-57269277.jpg?v=1710783125" alt=""Nora, Nora, Nora ! De l'influence des épouses sur les chefs-d'œuvre"… sous les yeux grands ouverts d'Elsa Granat" title=""Nora, Nora, Nora ! De l'influence des épouses sur les chefs-d'œuvre"… sous les yeux grands ouverts d'Elsa Granat" />
     </div>
     <div>
      Le prêteur menace de révéler ceci à son mari, mais il finit par l'apprendre et craint pour sa réputation. Effondrée par sa réaction mesquine, elle décide de tout quitter. Les hommes sont des pantins, veules et pleutres, à part peut-être le docteur Rank. Sans doute Nora incarne-t-elle une sorte de moment auroral du féminisme.       <br />
              <br />
       Une question nous a taraudée d'emblée à l'occasion de l'annonce d'une nouvelle adaptation de &quot;La Maison de poupée&quot;, célèbre pièce d'Ibsen, inscrite au registre international de la mémoire du monde de l'Unesco : pourquoi revisiter encore ce qui, a priori, a sans doute déjà été dit au fil des siècles ? Il est certain que l'œuvre d'art doit être aux prises avec le monde d'aujourd'hui et en refléter la nouveauté et la variété. Y baliser de nouvelles pistes d'interprétation est tout à fait légitime…       <br />
              <br />
       Gaston Bachelard n'a-t-il pas dit que <span style="font-style:italic">&quot;le passé de la culture a pour véritable fonction de lui préparer un avenir&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78984487-57269291.jpg?v=1710783254" alt=""Nora, Nora, Nora ! De l'influence des épouses sur les chefs-d'œuvre"… sous les yeux grands ouverts d'Elsa Granat" title=""Nora, Nora, Nora ! De l'influence des épouses sur les chefs-d'œuvre"… sous les yeux grands ouverts d'Elsa Granat" />
     </div>
     <div>
      De plus, cette nouvelle proposition soulevait aussi, pour nous, un double questionnement émaillé d'appréhensions tangibles : encore une pièce sur le féminisme. Beaucoup d'interrogations, donc… De plus, cette pièce, nous la connaissions pour l'avoir vue quelques fois déjà, car à nos yeux, il s'agit là d'une pièce essentielle sur le thème du mensonge, de la morale féminine opposée à la morale masculine, mais surtout du désir d'être soi et de s'accomplir coûte que coûte hors des conventions, de la société, du travail ou encore de la famille.       <br />
              <br />
       Mais convaincue que le théâtre est souvent capable du meilleur, nous avons malgré tout décidé de voir cette nouvelle version mise en scène par Elsa Granat.       <br />
              <br />
       Dans son adaptation toute personnelle de la pièce écrite en 1879, la metteuse en scène a choisi un angle tout particulier pour le moins subtil : celui de donner la parole aux enfants que Nora a abandonnés sans donner d'explication.  Elle s'en justifie ainsi : <span style="font-style:italic">&quot;réécrire des fictions en leur rajoutant des compléments circonstanciels, c'est un moyen de permettre à ces histoires de devenir réparatrices&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Et c'est là un véritable trait de génie qu'a eu l'autrice et metteuse en scène, à la tête de sa compagnie &quot;Tout Un Ciel&quot; depuis 2015. Assistée de Laura Grisinger à la dramaturgie, Elsa Granat nous fait découvrir quatorze comédiens et comédiennes en alternance, tout droit sortis(es) de l'ESAD (École supérieure d'Art Dramatique de Paris), et deux comédiennes amatrices de 70 ans incarnant Nora et Mme Linde âgées, Gisèle Antheaume et Victoria Chabran. L'énergie au plateau de tout ce petit monde est jubilatoire, virevoltant, remarquablement interprété et d'une grande justesse.       <br />
              <br />
       Elsa Granat, contrairement à Nora, ne fuit pas le patriarcat… Loin de là. Elle l'affronte de plein fouet, bille en tête, via la jeunesse et la fougue de son interprétation, et revisite la pièce d'Ibsen avec brio et grande originalité.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;J'ai vu une rencontre importante à tisser entre cette très ancienne Nora et ces très jeunes gens d'aujourd'hui. Et je voulais les questionner sur la manière dont ils pouvaient s'emparer du patrimoine de cette chose écrite par un homme du temps passé&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Bien lui en a pris ! Le public entend haut et fort les choix de Nora, cette femme qui est parvenue à se dire qu'elle aussi a des devoirs envers elle-même et que, pour cela, sans doute, il faut fuir, loin du patriarcat. Ses trois enfants n'ont pas l'intention de pardonner à leur mère, pourtant devenue vieille, mais ils vont tout de même prendre le temps de la visiter dans l'Ehpad où elle se trouve, de l'écouter, de l'entendre. Quand bien même, elle ne parvient pas véritablement à leur donner d'explications parce qu'elle est sénile.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78984487-57269299.jpg?v=1710783292" alt=""Nora, Nora, Nora ! De l'influence des épouses sur les chefs-d'œuvre"… sous les yeux grands ouverts d'Elsa Granat" title=""Nora, Nora, Nora ! De l'influence des épouses sur les chefs-d'œuvre"… sous les yeux grands ouverts d'Elsa Granat" />
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      Les seize comédiens et comédiennes, en ce moment sur le plateau de La Tempête, sous la houlette d'Elsa Granat et de Laure Grinsinger, ont bien des choses à dire dans la lignée du hashtag Metoo, mais le vent qui mugit dans ce célèbre théâtre de la Cartoucherie n'emporte pourtant pas leurs paroles. Notamment celle de la jeune comédienne interprétant Nora ce vendredi 15 mars, tout comme celle d'une de ses deux filles au début de la pièce !       <br />
              <br />
       &quot;Je vois une pièce bourgeoise et révolutionnaire où je pourrais coller au mur cette femme et la faire parler pour qu'elle dise enfin ce qu'elle peut pour nous aujourd'hui, dans notre couple bouleversé par ceux qui paternent, bouleversé par celles qui parlent trop vite pour dire tout ce qu'elles ont tu pendant des années&quot;.       <br />
              <br />
       Elsa Granat a bien fait de se projeter ainsi, ses yeux grands ouverts sur la pièce datée d'Ibsen et en a fait un véritable bijou autour de l'héritage du passé.       <br />
              <br />
       La dramaturgie est finement agencée, laissant une grande place aux interrogations viscérales des trois enfants de Nora, remarquablement transposées par le jeu et la maturité des jeunes comédiens et comédiennes. Les propos des personnages s'enchevêtrent entre le XIXe siècle révolu et le XXe siècle, parfois en double voix, en sollicitant doublement le public dans les intentions.       <br />
              <br />
       Courez au théâtre de la Tempête avant le 31 mars pour assister à un spectacle d'une remarquable facture et ne négligez pas de considérer aussi le sous-titre, car il y a beaucoup de choses à y découvrir.
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     <div><b>"Nora, Nora, Nora ! - De l'influence des épouses sur les chefs-d'œuvre"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78984487-57269302.jpg?v=1710783318" alt=""Nora, Nora, Nora ! De l'influence des épouses sur les chefs-d'œuvre"… sous les yeux grands ouverts d'Elsa Granat" title=""Nora, Nora, Nora ! De l'influence des épouses sur les chefs-d'œuvre"… sous les yeux grands ouverts d'Elsa Granat" />
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      D'après &quot;Une Maison de poupée&quot; d'Henrik Ibsen.       <br />
       Texte et mise en scène : Elsa Granat.       <br />
       Assistante mise en scène : Zelda Bourquin.       <br />
       Avec, en alternance : Maëlys Certenais , Antoine Chicaud, Hélène Clech, Victor Hugo Dos Santos Pereira, Niels Herzhaft, Chloé Hollandre, Juliette Launay , Anna Longvixay, Clémence Pillaud, Luc Roca, Lucile Roche, Clément-Amadou-Sall, Juliette Smadja et deux actrices amatrices Gisèle Antheaume, Victoria Chabran.       <br />
       Scénographie : Suzanne Barbaud.       <br />
       Lumières : Véra Martin.       <br />
       Son : Mathieu Barché.       <br />
       Collaboration à la dramaturgie : Laure Grisinger.       <br />
       Régie générale et plateau : Quentin Maudet.       <br />
       Régie plateau et habillage : Sabrina Durbano       <br />
       Approche chorégraphique de la tarentelle : Tullia Conte, Mattia Doto.       <br />
       Compagnie Tout Un Ciel.       <br />
       Durée estiméee : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 1er mars au 31 mars 2024.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h 30, dimanche à 16 h 30.       <br />
       Théâtre de la Tempête, Salle Copi, Cartoucherie, Paris 12e, 01 43 28 36 36.       <br />
       <a class="link" href="https://www.la-tempete.fr/" target="_blank">&gt;&gt; la-tempete.fr</a>
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     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78984487-57269478.jpg?v=1710784346" alt=""Nora, Nora, Nora ! De l'influence des épouses sur les chefs-d'œuvre"… sous les yeux grands ouverts d'Elsa Granat" title=""Nora, Nora, Nora ! De l'influence des épouses sur les chefs-d'œuvre"… sous les yeux grands ouverts d'Elsa Granat" />
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   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/78984487-57269277.jpg</photo:imgsrc>
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