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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>Berutti ou la figure de Protée</title>
   <pubDate>Tue, 19 Nov 2013 23:10:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Claude Berutti est pour la troisième et dernière année consécutive artiste associé au Théâtre des Salins. Toutefois, depuis la fin de son mandat à la Comédie de Saint-Étienne, il est véritablement devenu un comédien et metteur en scène européen. Et le suivre dans une de ses très nombreuses créations européennes (quand elles ne sont pas internationales) relève du défi sportif. Pour cette fois, il signe à Martigues une très belle mise en scène du Russe Nikolaï Roudkovski, "Les femmes de Bergman". Celle-ci fut d’abord jouée au ZKM de Zagreb (1) en avril 2013 avec des acteurs croates. Ce sont ces mêmes comédiens qui interprètent la pièce en français.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6055726-9035308.jpg?v=1384729062" alt="Berutti ou la figure de Protée" title="Berutti ou la figure de Protée" />
     </div>
     <div>
      Voir le travail de Jean-Claude Berutti est toujours une expérience. Car on ne sait pas à quoi s’attendre. Ni dans le choix du sujet ni dans celui de l’auteur. Il nous attrape au détour d’une œuvre, très souvent contemporaine et parfois peu jouée en France. C’est le cas de cette pièce, <span style="font-style:italic">Les femmes de Bergman</span>. Fidèle à ses choix lorsqu’il était directeur de la Comédie de Saint-Étienne, Berutti est dans l’exact prolongement de ce qu’il avait déjà mis en place : ouvrir le plus possible la scène française à l’Europe. Et il amène avec lui un sujet et une façon de jouer bien différents de ce qu’on a l’habitude de voir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6055726-9035309.jpg?v=1384729063" alt="Berutti ou la figure de Protée" title="Berutti ou la figure de Protée" />
     </div>
     <div>
      La pièce commence comme le film d’Ingmar Bergman, <span style="font-style:italic">Persona</span> (2) : une chambre d’hôpital, ici qu'on aperçoit à travers un voile. L’espace est confiné, voire étouffant. Il est occupé par deux femmes, l’infirmière et la malade. On apprend par une sorte de narrateur omniscient (situé hors scène) que cette dernière est cantatrice, mais qu’elle a perdu sa voix. Elle restera muette tout le temps de la pièce. Au-delà de sa difficulté, cette particularité physique confère au rôle une dimension singulière : il repose entièrement sur le corps de l’artiste. Jeu superbement mené par la comédienne Croate Lucija šerbedžija. L’expression dramatique qu’elle arrive à dégager (par le regard notamment) crée une tension, que le spectateur éprouvera jusqu'à la fin.        <br />
              <br />
       Mais cette tension ne pourrait aussi bien fonctionner sans la présence de Ksenija Marinković dans le rôle de l’infirmière perverse. Le personnage qu’elle façonne est complexe et les interprétations multiples. La relation qu’elle entretient avec la malade ambiguë. Toutes deux agissent sur scène en véritable couple scénique, dont l’une ne pourrait exister sans l’autre. Leur jeu est généreux et ces comédiennes (renommées en leur pays) offrent un beau moment de théâtre malgré la barrière de la langue. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6055726-9035310.jpg?v=1384729063" alt="Berutti ou la figure de Protée" title="Berutti ou la figure de Protée" />
     </div>
     <div>
      Reste l'auteur-narrateur, celui qui joue le troisième rôle. Situé en dehors de l'espace scénique, il est une sorte de démiurge qui raconte et commente les actions des deux femmes. Interprété par le comédien Frano Mašković, son fort accent croate crée une distance supplémentaire, presque un détachement. Nécessaire ici. Concernant son rôle, les interprétations peuvent être multiples. Il serait ce créateur qui se laisse dépasser par son œuvre qu’il tente pourtant en vain de contrôler. Et, apparemment, la tentation serait forte d’en changer le point de vue et de se piquer au jeu des personnages en devenant soi-même acteur du drame. Mais toutes ses tentatives avortent. Le créateur se laisse dépasser par son fantasme, qui finit par le manipuler.        <br />
              <br />
       Et pour le spectateur devenu voyeur, la pièce est jusqu’au bout oppressante. Car dans ce jeu de regardant-regardé, il ne peut tout à fait tirer le voile sur ces deux femmes et leurs intentions. Mais ne sont-elles que l’émanation de ce démiurge ? Un quatrième personnage, invisible cette fois, n’intervient-il pas ? Qui peut encore prendre le contrôle ? Dans l’équation, il ne reste que le metteur en scène qui réussit (sur le papier (3) comme à la scène) à surmonter auteur et narrateur. Le tour est génial et l’hommage à Bergman sublimé.         <br />
              <br />
       Au milieu de cette aventure qui dure tout juste une heure, le spectateur ne vaut pas mieux que cette pauvre cantatrice. Pris entre rêve et réalité, il est &quot;bringue balloté&quot;, tel un funambule, sur la frontière invisible et si fragile du quatrième mur.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Zagrebač Kazalište Mladih (Zagreb Youth Theatre) pourrait être l’équivalent du 104 à Paris, un centre culturel et artistique majeur situé en plein centre de la capitale croate.        <br />
       (2) Film sorti en 1966 qui raconte l’étrange relation (troublante) qui unit une infirmière et sa malade. Cette dernière est comédienne, elle a perdu sa voix sur scène, en plein milieu d’une tirade.        <br />
       (3) Jean-Claude Berutti a fait de cette œuvre une version scénique plus développée et a complexifié les relations entre les personnages, notamment entre l'écrivain et les deux femmes.</span>        <br />
        
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les femmes de Bergman"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6055726-9035312.jpg?v=1384729064" alt="Berutti ou la figure de Protée" title="Berutti ou la figure de Protée" />
     </div>
     <div>
      Texte : Nikolaï Roudkovski.       <br />
       Traduction du russe : Larissa Guillemet et Virginie Symaniec.        <br />
       Adaptation, mise en scène : Jean-Claude Berutti.        <br />
       Avec : Ksenija Marinković, Lucija šerbedžija et Frano Mašković.        <br />
       Scénographie et costumes : Rudy Sabounghi.        <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       Du 14 au 16 novembre 2013.        <br />
       Théâtre des Salins, salle du bout de la nuit, Martigues.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-des-salins.fr" target="_blank">&gt;&gt; theatre-des-salins.fr</a>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Ce spectacle sera joué à nouveau à Zagreb en croate et en français cette saison.        <br />
       Les partenaires de cette création &quot;à part&quot; préparent une tournée française pour la saison prochaine. Nous vous tiendrons informés. </span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Berutti-ou-la-figure-de-Protee_a1009.html</link>
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   <title>S Druge Strane… l’humour et la solitude au quotidien</title>
   <pubDate>Mon, 17 Dec 2012 09:10:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidine Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "S Druge Strane", signifiant en français "de l’autre côté", est une œuvre écrite par deux auteurs croates qui mêle quotidienneté et tragique dans les univers noirs et timorés des personnages. Dans une mise en scène simple avec un décor presque nu, les auteurs réussissent à créer un univers à la fois subtil d’humour et étouffant de solitude.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5027112-7506296.jpg?v=1355732633" alt="S Druge Strane… l’humour et la solitude au quotidien" title="S Druge Strane… l’humour et la solitude au quotidien" />
     </div>
     <div>
      Ils sont quatre, deux hommes et deux femmes, assis sur un canapé un peu &quot;vintage&quot;. Cela démarre comme une discussion banale, très anodine avec quelques propos dits et lancés à tour de rôle par les personnages.        <br />
              <br />
       Le jeu est très naturel, timbré d’aucun artifice. Tout est basé sur les rapports biaisés, bancals entre les personnages. Chacun est comme un miroir déformant de l’autre, miroir qui regarde, qui fixe mais de façon froide et distante.       <br />
              <br />
       Il n’y a aucune homogénéité dans les histoires racontées. D’ailleurs, celles-ci sont bousculées par le narrateur ou par ses protagonistes. Seul un fil rouge, marqué au fer de l’incompréhension et d’une solitude étouffante, relie les histoires de chaque personnage, des histoires de rencontres avortées, de mort, des histoires souvent banales mais si importantes pour celui qui raconte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5027112-7506297.jpg?v=1355732633" alt="S Druge Strane… l’humour et la solitude au quotidien" title="S Druge Strane… l’humour et la solitude au quotidien" />
     </div>
     <div>
      C’est la solitude qui habite les personnages. Une solitude qui abîme, bouscule, ratatine. Les paroles des personnages sont lancées, proférées mais avec peu d’écho et d’attention alentour. Ils sont quatre mais seuls. Toujours seuls.        <br />
              <br />
       La mise en scène joue sur les ruptures de jeu qui apparaissent en pointillé dans les gestes, les déplacements ou les intonations de voix. Les jeux des acteurs s’emboitent les uns aux autres. Ils se coupent, s’entendent sans s’écouter, ils s’évitent, ils gueulent, ils braillent, ils parlent. Bref, ils se comprennent à peine.        <br />
              <br />
       Le comique est très présent. Dans les gestes, les intonations, les situations. Dans les rapports entre les personnages. Dans la mise en scène aussi avec des mises en situation où le canapé tient lieu parfois de champs de bataille. Et puis ce sont aussi des comiques de situation qui donnent un caractère décalé à la pièce. Boire de l’eau équivaut à amener un évier. Manger, c’est un réfrigérateur qui apparaît.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5027112-7506301.jpg?v=1355732634" alt="S Druge Strane… l’humour et la solitude au quotidien" title="S Druge Strane… l’humour et la solitude au quotidien" />
     </div>
     <div>
      On veut casser la télé mais on ne le fait pas. On veut casser cette foutue chaise mais… non ! À quoi bon ? Si cette chaise est là, c’est qu’elle devait y être. Comme tous ces événements sans consistance qui débarquent dans leur vie. Et qu’ils souhaiteraient casser ou effacer mais sur lesquels ils butent. Comme ce café… il veut du café le monsieur ou pas ? Cette question lancinante, récurrente intervient à plusieurs reprises comme pour arrêter une autre histoire racontée ailleurs par un autre. Comme deux flots de paroles qui se percutent sans se rencontrer, comme une écume des mots qui meurt sur le rocher du silence.       <br />
              <br />
       C’est très bien joué, bien mené avec une mise en scène simple, directe et limpide.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"S Druge Strane (De l’autre côté)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5027112-7506304.jpg?v=1355732634" alt="S Druge Strane… l’humour et la solitude au quotidien" title="S Druge Strane… l’humour et la solitude au quotidien" />
     </div>
     <div>
      Texte : Nataša Rajković et Bobo Jelčić.       <br />
       Spectacle en croate surtitré en français.       <br />
       Avec : Nikša Butijer, Jadranka Ðokić, Ksenija Marinkovic, Krešimir Mikić.       <br />
       Création lumières : Jason Organ.       <br />
       Création costumes : Libby Mc Donnell.       <br />
       Surtitrage, traduction du croate en français : Gérard Adam.       <br />
       Adaptation : Delila Dizdarevic-Barthien.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       Coréalisation La Colline - théâtre national, Festival d’Automne à Paris, dans le cadre de &quot;Croatie, la voici&quot; (Festival croate en France).       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 13 décembre au 20 décembre 2012.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       Théâtre de la Colline, Grand théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="http://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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