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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-09T22:40:01+02:00</dc:date>
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   <title>Le Louët ou l’apologie d’une mise en scène "monstre"</title>
   <pubDate>Tue, 05 Mar 2013 11:14:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Enfin Jérémie Le Louët applaudi à sa juste valeur. Enfin ! Nous l’avions suffisamment déploré lors de sa précédente création ("Salomé", d’Oscar Wilde), pourtant superbe. Il revient cette saison avec un "Richard III" de Shakespeare dont il se risque à reprendre entièrement la traduction et à effectuer les coupes historiques. Osé, certes, mais… réussi ! Aujourd’hui à Châtillon ; hier au Théâtre 13 ; demain en tournée. À quand sur une grande scène nationale ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5288977-7892710.jpg?v=1362509937" alt="Le Louët ou l’apologie d’une mise en scène "monstre"" title="Le Louët ou l’apologie d’une mise en scène "monstre"" />
     </div>
     <div>
      Pourquoi aller applaudir ce <span style="font-style:italic">Richard III</span> ? Déjà, parce qu’avoir retrouvé récemment son cadavre sous un parking en fait un sujet d’actualité (cela ne pouvait pas mieux tomber !). Ensuite, parce que la version qu’en donne Jérémie Le Louët est peut-être la plus proche de cette pièce historique de Shakespeare. Totalement amoral, Richard est prêt à tout pour arriver au trône. Il nous dresse le portrait d’un tyran sanguinaire, en ce sens plus proche d’un Heiner Müller dans son absence de dichotomie entre bien et mal. La force de son personnage est donc là. Tant dans la façon dont Le Louët interprète le rôle-titre que dans ses partis pris de mis en scène.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5288977-7892711.jpg?v=1362509998" alt="Le Louët ou l’apologie d’une mise en scène "monstre"" title="Le Louët ou l’apologie d’une mise en scène "monstre"" />
     </div>
     <div>
      Il met en avant les failles psychiques de son personnage plutôt que ses difformités. Ainsi, de façon subtile, la claudication apparente de Richard se déplace. Elle devient mentale. Cela déroute. Y compris sa diction. C’est ce qui fait d’ailleurs la particularité de Le Louët, une bonne décennie de travail et de recherche pour un phrasé qui tord le cou et dépoussière le rythme parfois redondant et ronflant du débit classique.        <br />
              <br />
       Des mots soufflés, des mots expirés, parfois chuchotés ou susurrés. Pour des mots noirs et sanguinaires. Incarnation du mal absolu, au suprême degré, mais des mots incandescents, inconsistants aussi, dans la bouche d’un roi dont la &quot;conscience a mille langues&quot;. Ils se répandent donc, ces mots, sur une fumée rouge, verte ou noire. Aussi évanescents que sa conscience. Voici &quot;un homme qui a employé tous les moyens pour arriver au trône et qui a massacré tous ces moyens&quot;. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5288977-7892721.jpg?v=1362509999" alt="Le Louët ou l’apologie d’une mise en scène "monstre"" title="Le Louët ou l’apologie d’une mise en scène "monstre"" />
     </div>
     <div>
      La mise en lumière de Thomas Chrétien est à l’image de ce &quot;monstre&quot;. L’éclairage unique (Comme dans le <span style="font-style:italic">Horla</span> ou les &quot;petites formes&quot; du metteur en scène, il se sert d’une lampe portative pour mettre en avant la folie du personnage) et le choix limité de couleurs (le rouge et le noir, ne sont pas sans rappeler <span style="font-style:italic">Salomé</span>), n’ont rien de très surprenant qui connaît les mises en scène de Le Louët. En revanche, la nouveauté est dans la manière dont on a saturé ici les contrastes. La scène est plongée dans la pénombre ou éclaboussée d’une vive lumière, dont les spectateurs font les frais. Ce jeu détonne et permet d’épaissir un peu plus la noirceur et la monstruosité du personnage.        <br />
              <br />
       Il en est de même pour la scénographie de Blandine Vieillot, simple (en apparence), mais efficace. Deux hautes structures métalliques, amovibles et détachables dominent la scène. Elles rehaussent le personnage et sa folie du pouvoir. Et ses lignes géométriques ne font que surligner un peu plus le mal dans lequel est plongé le roi Richard.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Quant aux autres comédiens, loin d’être dans l’ombre d’un Le Louët, ils ont tous leurs moments d’éclat, bien qu’ils se débattent comme des pantins dans les griffes du protagoniste. Avec son micro, des comédiens en permanence sur scène, cette pièce est aussi jouée comme une comédie de pouvoir (&quot;une simulation magistrale&quot;), dont le jeu est souvent dévoyé. N’est-ce pas le roi qui demande à Lady Anne (superbement jouée par Noémie Guedj) : &quot;Pourquoi cette scène d'exaltation ? Pour faire un acte de tragédie, répond-elle&quot;. Réplique qui donne donc la mesure de cette mise en abyme permanente.                    <br />
              <br />
       Voici encore une belle leçon de théâtre offerte par ce brillant metteur en scène et sa troupe. Nous avons déjà hâte de les retrouver la saison prochaine avec leur nouvelle création au Théâtre de Châtillon, <span style="font-style:italic">Affreux, bêtes et pédants</span>, née d’un projet d’écriture collective. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Richard III"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5288977-7892816.jpg?v=1362510168" alt="Le Louët ou l’apologie d’une mise en scène "monstre"" title="Le Louët ou l’apologie d’une mise en scène "monstre"" />
     </div>
     <div>
      De Shakespeare.       <br />
       Mise en scène et adaptation : Jérémie Le Louët.       <br />
       Scénographie : Blandine Vieillot.       <br />
       Lumière : Thomas Chrétien.       <br />
       Son : Simon Denis.       <br />
       Costumes : Minaly.        <br />
       Avec : Julien Buchy, Anthony Courret, Jonathan Frajenberg, Noémie Guedj, Jérémie Le Louët, David Maison, Dominique Massat, Stéphane Mercoyrol.       <br />
       Compagnie des Dramaticules.       <br />
       Durée : 2 h 20.       <br />
              <br />
       Création du 13 novembre au 23 décembre 2012 au Théâtre 13 / Seine à Paris.       <br />
       22 et 23 février au Théâtre de Châtillon.       <br />
       <span class="fluo_jaune">12 mars 2013 : Théâtre, Chartres (28).       <br />
       21 mars 2013 : Théâtre Jacques Cœur, Lattes (34).</span>       <br />
       <a class="link" href="http://www.dramaticules.fr" target="_blank">&gt;&gt; dramaticules.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Sébastien Daucé et l’ensemble "Correspondances" à Royaumont : "O Suavis melodia"</title>
   <pubDate>Fri, 07 Sep 2012 10:56:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Concerts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le premier concert nocturne de la saison musicale de Royaumont a enchanté les yeux et les oreilles de l’auditoire grâce à son cadre magique - l’Abbaye royale sous les étoiles - et à l’Ensemble "Correspondances" fondé en 2009 par Sébastien Daucé qui le dirige.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4701832-7023461.jpg?v=1347016774" alt="Sébastien Daucé et l’ensemble "Correspondances" à Royaumont : "O Suavis melodia"" title="Sébastien Daucé et l’ensemble "Correspondances" à Royaumont : "O Suavis melodia"" />
     </div>
     <div>
      Cet ensemble est composé de vingt membres, spécialistes du répertoire de musique religieuse français du XVIIe siècle, dont Marc-Antoine Charpentier et Boesset. Reconnu et choyé par la critique, &quot;Correspondances&quot; a déjà gravé de nombreux CD. C’est donc tout naturellement que le programme de samedi dernier présentait un oratorio de Marc-Antoine Charpentier - mais si, vous connaissez ! Le &quot;Te Deum&quot; qui ouvre les Eurovisions, c’est lui ! Cet oratorio est une histoire sacrée : &quot;L’Histoire de Sainte Cécile, Vierge et Martyre&quot;, dont le pitch tient en quelques mots (Il était une fois une jeune romaine qui préféra être brûlée vive plutôt que renoncer au christianisme - Quelle idée… !).        <br />
              <br />
       M.-A. Charpentier, génie baroque du Grand Siècle, a été grandement inspiré par des maîtres italiens durant son séjour d’étude à Rome : c’est ce qu’a démontré la totalité de la programmation de ce fort instructif concert. Nous avons pu ainsi découvrir des œuvres de Giamberti, Foggia et Melani, éclairant cet héritage romain. Pour le plus grand plaisir du public, à qui ces noms ne seront plus inconnus.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4701832-7023496.jpg?v=1347016775" alt="Sébastien Daucé et l’ensemble "Correspondances" à Royaumont : "O Suavis melodia"" title="Sébastien Daucé et l’ensemble "Correspondances" à Royaumont : "O Suavis melodia"" />
     </div>
     <div>
      Qu’est-ce qu’un oratorio, me demanderez-vous ? Il descend en droite ligne du grand motet. C’est une véritable œuvre lyrique dramatique - proche de l’opéra - mais représentée sans mise en scène, sans costumes, sans décors. Et c’est M.-A. Charpentier qui introduit le genre en France, tout imprégné du contexte de la Contre-Réforme. &quot;L’Histoire de Sainte-Cécile&quot; est un bon exemple de l’originalité du musicien français, apte à contrecarrer la tyrannie de Lully sur la musique officielle. Quand ce dernier se brouille avec Molière, puis meurt, Charpentier peut enfin entreprendre à la cour de Louis XIV une collaboration avec notre dramaturge national - pour les comédies-ballets par exemple !       <br />
              <br />
       Alors ce voyage romain, qu’apporte-t-il à l’esprit français ? Avec la Contre-Réforme, il faut - dans tous les arts - à force de splendeur  (voire de bling-bling !) empêcher la fuite des âmes en Protestandie. Du coup, les artistes ne ménagent pas leurs efforts pour charmer, surprendre, attacher. Dans les œuvres des maîtres italiens et de Marc-Antoine Charpentier, ce qui frappe c’est la suavité, la sensualité des voix et de l’accompagnement musical, mêlées à l’éloquence et à la spiritualité la plus haute. Ce serait, si vous voulez, comparable à la &quot;Sainte-Thérèse&quot; en extase - très sexe ? - du Bernin.       <br />
              <br />
       Les œuvres défendues par Sébastien Daucé et son ensemble brillent donc de mille feux de par leurs écritures très dramatiques, les ornements des voix, parfois en double chœur (pour l’oratorio entre autres). Un prodige de la polychoralité en ses harmonies subtiles, ses contrastes qui ravissent les cœurs. Un concert spirituel donc et un vrai théâtre de la grâce, un cadeau que nous ont fait ces jeunes artistes - ils ont trente ans en moyenne - avec les voix angéliques (dessus, haute-contre) répondant aux timbres plus graves, s’y mêlant à l’unisson, et s’en échappant. Toutes avec un admirable phrasé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4701832-7024076.jpg?v=1347017160" alt="Sébastien Daucé et l’ensemble "Correspondances" à Royaumont : "O Suavis melodia"" title="Sébastien Daucé et l’ensemble "Correspondances" à Royaumont : "O Suavis melodia"" />
     </div>
     <div>
      Jetée hors du temps et de l’espace, je me suis prise à rêver : ces voix sublimes ont-elles réveillé les ombres de ces moines qui écoutaient peut-être cette même musique, plusieurs siècles auparavant ? Les spectateurs ont connu cette même extase, d’autant plus que les concerts sont donnés dans le réfectoire desdits moines, beau comme la nef d’une cathédrale. Je salue ici le prodigieux travail, la complicité, la quasi-perfection technique de ces jeunes gens (chanteurs et musiciens sur instruments anciens : à voir !), familiers de ce répertoire de musique religieuse : ce &quot;Motet pour Madeleine&quot; de Charpentier, ces &quot;Litanies a 9&quot; d’Alessandro Melani. Œuvre exhumée par l’Ensemble (en résidence à Royaumont) avec l’aide d’une musicologue.        <br />
              <br />
       Bref, ne ratez pas la rediffusion de ce concert sur le site de la radio France Musique (francemusique.com) le 3 octobre 2012 à 20 h.       <br />
              <br />
       <b>Ensemble &quot;Correspondances&quot;.</b>       <br />
       Direction : Sébastien Daucé.       <br />
              <br />
       Avec :        <br />
       Juliette Perret, Caroline Bardot, Violaine le Chenadec : dessus.       <br />
       Lucile Richardot, Marie Pouchelon : bas-dessus.       <br />
       Stephen Collardelle : haute-contre.       <br />
       Davy Cornillot : taille.       <br />
       Etienne Bazola, Geoffroy Heurard : basse-taille.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4701832-7024129.jpg?v=1347017789" alt="Sébastien Daucé et l’ensemble "Correspondances" à Royaumont : "O Suavis melodia"" title="Sébastien Daucé et l’ensemble "Correspondances" à Royaumont : "O Suavis melodia"" />
     </div>
     <div>
      Alice Julien Laferrière, Béatrice Linon, Louis Creac’h, Kate Goodebehere : violons.       <br />
       Lucile Perret, Matthieu Bertaud : flûtes.       <br />
       Diego Salamanca : théorbe.       <br />
       Julien Hainsworth : basse de violon.       <br />
       Laurent Dublanchet, Myriam Rignol, Pau Marcot : viole.       <br />
       Sébastien Daucé : clavecin, orgue.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Programme :</span>       <br />
       (Concert entendu le samedi 1er septembre 2012)       <br />
       Francesco Foggia, &quot;Salve Regina&quot;.       <br />
       Giuseppe Giamberti, &quot;Similabo eum&quot;.       <br />
       F. Foggia, &quot;O quam Clemens&quot;.       <br />
       G. Giamberti, &quot;Veni electa mea&quot;.       <br />
       Marc-Antoine Charpentier, &quot;Famem meam qui replebit&quot;, &quot;Motet pour Madeleine&quot; H343, &quot;Caecilia Virgo et Martyr&quot; H397.       <br />
       Alessandro Melani, &quot;Litanies a 9&quot;.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.royaumont.com" target="_blank">&gt;&gt; Renseignements, programme : royaumont.com</a>       <br />
               <br />
       <a class="link" href="http://www.ensemblecorrespondances.com" target="_blank">&gt;&gt; Tournée, concerts : ensemblecorrespondances.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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