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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>"Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée</title>
   <pubDate>Fri, 17 Oct 2025 10:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Sous la forme d'un témoignage monologue dramatique, "Moi Jacob, l'esclave d'Agbodrafo Wood Home" de Jacques Bruyas raconte l'histoire de Jacob, un jeune homme du XVIIIe siècle, originaire du Togo, en Afrique de l'Ouest, rescapé d'un village réduit en esclavage. Wood est le propriétaire anglais de ce village appelé "Wood Home", un lieu historique réel et l'un des points de transit de la traite négrière sur la Côte des Esclaves. C'est un commerçant négrier dont on ignore précisément si l'auteur lui attribue des vérités historiques… un certain John Henry Wood ayant effectivement existé.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91777525-64429522.jpg?v=1760515864" alt=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" title=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" />
     </div>
     <div>
      Peu importe, à vrai dire, car l'adaptation de la pièce par Fernand Prince se concentre exclusivement sur le récit de Jacob, esclave survivant devenu comptable du nombre de victimes de l'entreprise de Wood. <span style="font-style:italic">&quot;Comment ai-je pu échapper à cette invitation de la mort ?&quot;,</span> se demande celui-ci, en s'interrogeant sur le fait d'avoir survécu, alors que tant d'autres ont péri, jetés dans le puits, entassés sur les bateaux, ou emportés par les flots.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;J'ai voulu représenter ce texte au théâtre parce qu'il m'est apparu nécessaire et évident, et que son pouvoir de résonance est grand, au-delà du carcan théâtral (…). J'y invite le public à un devoir de mémoire, et l'encourage à une forme de résistance et à un combat contre l'exploitation de l'homme par ses semblables. Il est temps d'aborder cette monstruosité avec sérénité et d'interpeller les peuples en devenir sur les méfaits d'une colonisation abusive&quot;,</span> précise Fernand Prince.       <br />
              <br />
       Adapter ce monologue de Jacques Bruyas sur les planches et parvenir à en faire ressentir l'horreur que fut celle de l'esclavage, et de façon plus &quot;indirecte&quot; de la colonisation, n'a pas dû être chose simple ! Mais c'était sans compter sur la détermination et l'ambition toute créative de Fernand Prince qui a opté pour un seul monologue, alors que le texte original donne à entendre d'autres perspectives. Adapter, c'est choisir…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91777525-64429566.jpg?v=1760515896" alt=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" title=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" />
     </div>
     <div>
      Sur le petit plateau du Théo Théâtre, au sol, une grande toile wax aux couleurs chaudes, un livre discrètement posé et le corps du comédien – vision très intense dès le départ – qui, dès les premiers instants, incarne avec force et émotions palpables tous ces millions d'esclaves que la Terre a pu porter. Puis s'ensuit une adaptation immersive et sensorielle à travers laquelle le comédien endosse en priorité le rôle d'un passeur de mémoire. À bien y regarder, il y adopte aussi celui d'un griot-messager en portant haut et fort les mots de maux passés, pourtant encore bien présents dans certaines consciences consciencieuses ! À la manière d'un Oxmo Puccino, par exemple, ou d'un Souleyman Diamanka, même si leurs motifs d'écriture sont autres.       <br />
              <br />
       Son jeu, à la fois sobre et intense, est ponctué par des bruitages récurrents et autres notes de musique savamment agencés par Mossy Amidi Fard, présent sur le plateau, mais dissimulé par un voile, comme pour mieux privilégier la parole. À ce titre, elle est intense, cette parole, peut-être un peu trop, comme si le comédien cherchait encore tout ce qu'il a envie de nous dire, dans un foisonnement d'envies et de désirs. Une parole un peu trop &quot;éclatée&quot; à nos yeux et qui demanderait à être resserrée autour du motif de base. De ce fait, la dramaturgie en souffre un peu, elle aussi.       <br />
              <br />
       Fernand Prince ne ménage pas ses intentions de transmission, mais les différentes évocations que le comédien a choisi d'endosser perdent le public par moments. Certes, ce jeudi 9 octobre, c'était la première, et gageons, aussi, que le phrasé un peu trop monocorde, manquant d'amplitude à divers moments, sauront être peaufinés !       <br />
              <br />
       En revanche, des éléments du théâtre africain comme les tambours, la danse ou encore le silence sacré des anciens donnent à cette adaptation une portée quasi cérémonielle du plus bel effet. Le comédien devenant ainsi un archétype de la mémoire des opprimés(es) et le public un réceptacle de la mémoire commune.       <br />
              <br />
       L'incarnation de Fernand Prince est telle, qu'à certains moments, il semble ancré dans une forme d'improvisation toute maîtrisée, mais que nous ne parvenons pas à véritablement expliquer… Serait-ce son adaptabilité aux réactions du public, gage d'un savoir-faire remarquable, ou alors d'une maîtrise très professionnelle de ses émotions ? Interrogation qui soulève tout l'art de l'investissement du comédien, et la subtile frontière entre sa fusion et sa distance. Débat ici hors sujet.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91777525-64429585.jpg?v=1760515926" alt=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" title=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" />
     </div>
     <div>
      Qui est Jacob dans son expérience de la douleur ? Qui est Fernand Prince dans sa conscience artistique du &quot;dire&quot; ? Qui est Jacques Bruyas dans son approche quasi biologique à l'esclavage ? Comment recevoir ou entendre tous les témoignages des anciens esclaves encore en vie sous les plumes de Pascal Galodé, Serge Bilié ou Daniel Sainte-Rose ?       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Les vieillards ont parlé la langue du silence&quot;</span>, est-il dit à un moment du spectacle. Gageons que Fernand Prince, à l'occasion de cette nouvelle création 2025 de ce seul en scène, saura ne pas la perpétuer, cette langue du silence, mais qu'il saura largement ouvrir les portes du Théo Théâtre, pendant dix représentations essentielles, pour dire, dire, encore et encore !       <br />
              <br />
       La petite scène de ce lieu un peu dissimulé qu'est le &quot;Théo&quot; risque de générer en vous des espaces de réflexions inévitables, pour le plus grand bien universel de la mémoire et de la transmission. <span style="font-style:italic">&quot;La conséquence majeure de la méconnaissance de l'histoire de l'esclavage est de fait le racisme flagrant ou pernicieux qui perdure de nos jours à travers le monde&quot;,</span> commente le comédien.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Moi, Jacob, le dernier des esclaves"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91777525-64429653.jpg?v=1760526224" alt=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" title=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jacques Bruyas.       <br />
       Mise en scène : Fernand Prince.       <br />
       Collaboration artistique : Bénédicte Rivière.       <br />
       Avec : Fernand Prince.       <br />
       Scénographie : Fernand Prince et Marion Leduc.       <br />
       Chorégraphie : David Kouakou Konan.       <br />
       Musicien : MossyAmidi Fard.       <br />
       Création lumières : Thomas Liégeard.       <br />
       Compagnie Ideal Nova.       <br />
       À partir de 11 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 octobre au 18 décembre 2025.</span>       <br />
       Jeudi à 21 h 15.       <br />
       Théo Théâtre, 20, rue Théodore Deck, Paris 15e.       <br />
       Réservations : 01 45 54 00 16.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theotheatre.com/billetterie#detail-1112" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theotheatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; theotheatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"</title>
   <pubDate>Wed, 23 Jul 2025 09:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2025]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Quand Gaby revient dans son pays natal mis à mal, après une longue absence liée à son exil en France, il éprouve le grand bonheur de retrouver sa mère qu'il croyait morte. Celle qu'il a quittée quand il était encore un enfant n'est plus la même. Mutique et profondément choquée par ce qu'elle a vécu, elle semble s'être retirée du monde… C'est cette histoire fictive, à résonances tout à la fois personnelles et historiques, que le romancier musicien Gaël Faye raconte dans son roman éponyme. Frédéric Fisbach et Dida Nibagwire, elle-même rwandaise, l'adaptent pour la porter au plateau en confiant à des comédien(ne)s rwandais(es) le soin de l'interprétation.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90078251-63586348.jpg?v=1753259687" alt="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" title="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" />
     </div>
     <div>
      Comme dans un songe d'une nuit d'été, trois musiciens prennent place sereinement sous le majestueux platane du Cloître des Célestins. Au son mélodieux de la guitare et de l'inanga, cet instrument traditionnel que l'on disait accompagner au Burundi le sommeil du roi tant sa sonorité est douce, un chant s'élève dans un nuage douillet. Son charme, rehaussé par les tissus colorés, opère d'emblée…       <br />
              <br />
       Que nous font entendre ces paroles en Kinyarwanda surtitré en français ? Elles nous racontent le retour au Rwanda de Gaby, découvrant sa mère absente dans sa tête… Le &quot;spectacle&quot; sera l'occasion de (re)mettre en scène, comme le ferait un flash-back au cinéma, l'histoire de cette famille disséminée par le drame génocidaire ayant abouti au massacre programmé de plus de huit cent mille Tutsis.       <br />
              <br />
       Hutus et Tutsis, deux classes sociales et… un même peuple, partageant la même langue, la même religion, la même culture. Alors pourquoi cet affrontement délétère ? Le père français de Gaby (sa mère rwandaise s'est exilée au Burundi voisin pour essayer d'échapper au génocide) tente tant bien que mal d'expliquer à l'enfant de dix ans qu'il était, que Hutus et Tutsis… n'ont pas le même nez, les seconds étant dotés d'un nez fin et d'une corpulence plus élancée. Une raison pour être exterminés ? L'enfant ne comprend pas, nous non plus… sauf à considérer que les intérêts des anciens colonisateurs (dont la France) étaient de fermer les yeux en 1994 sur ces massacres présentés comme une guerre ethnique dont l'Occident n'a pas à se mêler, les Hutus au pouvoir permettant cyniquement de continuer à faire… des affaires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90078251-63586349.jpg?v=1753259722" alt="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" title="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" />
     </div>
     <div>
      Dans un florilège de danses expressives, de chants envoûtants et de séquences parlées projetées vers les gradins, les scènes échappées d'un passé dont elles étaient prisonnières vont prendre vie pour, comme dans un kaléidoscope, recomposer les heurs et malheurs de cette famille disloquée… <span style="font-style:italic">&quot;Tu te souviens maman, tu as quitté le Rwanda à la lueur des flammes… Tu y avais rencontré papa, un Français tombé sous ton charme. On vivait heureux, Ana, ma sœur, et vous deux. Et puis vous vous êtes séparés, papa et toi. Et les problèmes ont surgi avec les coupeurs de tête…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Si aucune épreuve vécue n'est éludée, si la mort est toujours là au second plan (et comment pourrait-il en être autrement ?), le ton reste résolument du côté de la vie… Ainsi de la cérémonie de la circoncision des garçons donnant lieu à un morceau de choix où domine, avec la lame de rasoir et l'eau salée pour désinfecter, jusqu'à l'enterrement des bouts de zizi sous le bananier, le plaisir festif d'un rite intégrateur faisant lien entre les membres d'une même communauté… Chants mélodieux, mélopées, cercle chorégraphié pour fêter les onze ans de Gaby… Bonheur partagé interrompu par la nouvelle du Président tué et du pays à feu et à sang…       <br />
              <br />
       Surtout ne pas douter de la beauté du monde, même sous un ciel tortionnaire… Les interprètes, se tenant par l'épaule en une ligne continue, s'avancent vers l'avant-scène, faisant bloc face aux gradins, prêts à affronter droit dans les yeux les horreurs à venir… Les Tutsis assimilés à des cafards à exterminer… Les machettes planquées partout à Kigali, n'attendant que leur heure pour être utilisées… Même chose au Burundi voisin… Les miliciens fouillant les maisons des Tutsis… Et les paroles de Gaby trouant alors l'obscurité : &quot;Tu te sentais impuissante maman, rongée de l'intérieur&quot;… Ce sera pourtant elle la mère, à qui reviendra au final la parole, qui dira le carnage des corps retrouvés décomposés, qui dira Jeanne disparue et Pacifique (son mari au nom prédestiné) qui en voulant la défendre, elle et sa famille, retrouvé fusillé par les Hutus, les siens, pour traîtrise… il avait voulu sauver des Tutsis.       <br />
              <br />
       On sort bouleversé de cette traversée poétique d'un drame mis en jeu au travers d'une fiction propre à redonner la parole – comme ici à la mère – aux victimes du génocide. La puissance de cette forme esthétiquement très belle (cf. les musiques et chants envoûtants dessinant à eux seuls des paysages sonores, cf. la chorégraphie du tableau final où les interprètes en pleine lumière balaient devant eux les marques du trauma collectif pour ouvrir une nouvelle ère) tient &quot;essentiellement&quot; à l'authenticité des interprétations singulières confiées à des Rwandais, chacun devenant acteur de sa propre histoire. Une histoire chorale secouée, comme un organisme vivant, par les soubresauts de la grande Histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90078251-63586390.jpg?v=1753259764" alt="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" title="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" />
     </div>
     <div>
      Et si on peut ressentir parfois l'impression fugitive de perdre un peu de compréhension lors de parties parlées dans la langue d'origine, très vite, on l'oublie pour être littéralement happés par la force de conviction des corps en mouvement, corps se faisant les haut-parleurs sensibles des émotions &quot;porteuses de sens&quot;.       <br />
              <br />
       … Troublés, les actrices et acteurs rwandais l'étaient encore plus que d'ordinaire ce soir-là, s'effondrant en sanglots dans les coulisses juste après être venus saluer, la vérité de leur je(u) leur étant revenue comme un boomerang imparable.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le lundi 21 juillet 2025, au Cloître des Célestins à Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Gahugu Gato (Petit Pays)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90078251-63586397.jpg?v=1753259896" alt="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" title="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" />
     </div>
     <div>
      Création en juin 2024 à Kigali (Rwanda).       <br />
       D'après le roman &quot;Petit Pays&quot; de Gaël Faye publié aux Éditions Grasset en 2016.       <br />
       Spectacle en kinyarwanda et français surtitré en français et anglais.       <br />
       Traduction : Emmanuel Munyarukumbunzi basée sur l'adaptation française de Samuel Gallet.       <br />
       Mise en scène : Frédéric Fisbach et Dida Nibagwire, avec la complicité de Gaël Faye.       <br />
       Avec : Frédéric Fisbach, Olivier Hakizimana, Léon Mandali, Carine Maniraguha, Philipe Mirasano, Natacha Muziramakenga, Dida Nibagwire, Norbert Regero, Michael Sengazi et Jean-Patient Akayezu (inanga, flûte et chant), Kaya Byinshii (chant), Samuel Kamanzi (guitare et chant).       <br />
       Lumière : Eloé Level.       <br />
       Costumes : Asantii, House of Tayo, Moshions.       <br />
       Surtitrage : Patience Umutoni.       <br />
       Régie générale : Eloé Level.       <br />
       Régie son : Foucault de Malet.       <br />
       Traduction des surtitres en français : Samuel Gallet.       <br />
       Traduction des surtitres en anglais : Natacha Muziramakenga.       <br />
       Durée : 1 h 45.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90078251-63586398.jpg?v=1753259923" alt="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" title="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2025•</strong></span>       <br />
       <b>A été représenté les 17 et 18, 20, 21 et 22 juillet 2025.</b>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cloître des Célestins, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       18 au 20 mai 2026 : MIXT - Terrain d'arts en Loire-Atlantique, Nantes (44).       <br />
       2027 (en cours) : Théâtre National Wallonie-Bruxelles, Bruxelles (Belgique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/90078251-63586348.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2025-Gahugu-Gato-Petit-Pays-Retour-au-pays-le-Rwanda-et-son-peuple-dechire-Hutus-et-Tutsis-nez-a-nez_a4328.html</link>
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   <title>"Crépuscule" et "Trottoir"… deux chorégraphies inspirées, un accueil  partagé…</title>
   <pubDate>Mon, 19 Oct 2020 07:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La danse contemporaine multiplie les tentatives pour questionner le monde comme il va… ou comme il ne va pas. Loin d'une approche lisse confortant l'ordre établi, elle convoque sur le plateau les ressources des arts plastiques, de la vidéo, du théâtre, s'inspire d'écrits à teneur philosophique pour créer une dramaturgie singulière. Les corps en mouvement - ou en non-mouvement - deviennent alors "les porte-parole" de ces interrogations existentielles. Ainsi il en va de "Crépuscule" et "Trottoir", présentés dans une même soirée du FAB.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50718454-39079181.jpg?v=1603089531" alt=""Crépuscule" et "Trottoir"… deux chorégraphies inspirées, un accueil  partagé…" title=""Crépuscule" et "Trottoir"… deux chorégraphies inspirées, un accueil  partagé…" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Crépuscule&quot;</b>, de la Compagnie Auguste-Bienvenue, renvoie par son titre au &quot;Crépuscule des Dieux&quot; de Wagner, sauf que les Dieux ici ont changé de nature… Bienvenue Bazié et Auguste Ouédraogo s'emploient depuis l'an 2000 à promouvoir leur art chorégraphié tant au Burkina Faso, dont ils sont originaires, qu'en France où ils se sont établis. Leur curiosité les amène à questionner, au travers de corps &quot;grandeur nature&quot;, les thèses développées par l'historien Yuval Noah Harari sur le devenir de l'Homo Sapiens. Que deviendrait l'humanité (la nôtre) soumise au diktat des nouvelles technologies ?       <br />
              <br />
       Des lettres géantes en mouvement, &quot;IN GOD WE TRUST&quot;, surplombent en les écrasant de leur magnificence les cinq danseurs du plateau. Une danseuse, bras au ciel, semble tendre les mains en direction de ce Dieu numérique, objet de toutes les dévotions contemporaines, pendant que trois autres danseurs l'observent attentivement. Le cinquième entre alors en lice, un écran en guise de tête. Des chiffres projetés en vidéo déferlent, transformant les &quot;humains&quot; en panneaux d'affichage.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50718454-39079194.jpg?v=1603089577" alt=""Crépuscule" et "Trottoir"… deux chorégraphies inspirées, un accueil  partagé…" title=""Crépuscule" et "Trottoir"… deux chorégraphies inspirées, un accueil  partagé…" />
     </div>
     <div>
      La musique s'emballe, se fait stridente, enjoignant l'homme à la tête d'écran de battre en retraite tandis que ses coreligionnaires tentent, non sans une belle énergie, de résister en exécutant des gestes heurtés. Comme si leur corps avait à souffrir du nouveau démiurge voulant prendre possession d'eux, ils se débattent en accomplissant des gestes répétitifs, saccadés, autant de mécaniques qui trahissent leur défaite à venir.       <br />
              <br />
       Mettant en abyme la gestuelle des danseurs, une vidéo projette en live des cercles lumineux concentriques qui finissent par déborder, comme des tsunamis irrépressibles, sur les premières rangées de spectateurs les incluant ainsi dans le désastre à l'œuvre. Engloutis par ce déluge numérique, les danseurs se débattent dans l'arène plongée dans un silence assourdissant annonçant l'estocade… Avant qu'un autre final soit proposé où l'humanité, loupiote à la main, tenterait de percer l'obscurité des âges farouches à la recherche d'une nouvelle aube.       <br />
              <br />
       Le propos inspiré par des préoccupations contemporaines développées par un penseur best-seller, l'esthétique irréprochable de la scénographie, tout comme l'engagement physique au-dessus de tout soupçon de danseurs aguerris, ne peuvent laisser indifférents. Pourtant - et même si une part du public a adhéré au &quot;spectacle&quot; - on peut rester partagé par cette démonstration appliquée, laissant au final trop peu de place à la fantasmagorie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50718454-39079370.jpg?v=1603090807" alt=""Crépuscule" et "Trottoir"… deux chorégraphies inspirées, un accueil  partagé…" title=""Crépuscule" et "Trottoir"… deux chorégraphies inspirées, un accueil  partagé…" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Trottoir&quot;</b>, du Brésilien Volmir Cordeiro, impose une chorégraphie puisant son inspiration dans le processus libérateur filmé naguère par Jean Rouch dans &quot;Les Maîtres Fous&quot;. Une sarabande masquée et colorée déboule sur le plateau traversé par l'énergie débridée de ceux et celles qui, empruntant le lieu de &quot;passage&quot; du trottoir, vont jouer à l'envi - afin de les mieux déjouer - les assignations héritées conduisant aux oppressions &quot;en tous genres&quot;.       <br />
              <br />
       Si l'ethnographe s'était attaché à filmer, caméra à l'épaule, des rites d'exorcisme pratiqués par les immigrés nigériens dans un &quot;ciné-transe&quot; propre à rendre palpable l'oppression vécue au travers des figures de la colonisation, le chorégraphe contemporain crée des tableaux vivants de danseurs livrant combat à corps déployé pour recouvrer leur identité confisquée.       <br />
              <br />
       Dans une sorte de Carnaval improvisé, visages d'abord recouverts de collants écrasant les traits (comme &quot;dés-identifiés&quot;, tant leur être assujetti à une place assignée a perdu toute singularité propre), habits bariolés de couleurs vives portant la révolte qui couve en eux, ils vont s'étayer les uns les autres pour faire la nique aux oppresseurs de tous poils.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50718454-39079385.jpg?v=1603090838" alt=""Crépuscule" et "Trottoir"… deux chorégraphies inspirées, un accueil  partagé…" title=""Crépuscule" et "Trottoir"… deux chorégraphies inspirées, un accueil  partagé…" />
     </div>
     <div>
      Dans un premier tableau, on les découvre agglutinés sur le bord de scène, masse informe qui va s'ébrouer pour laisser émerger des jeux de rôle en chaîne. Singeant le jeu social dicté par un Big Brother omniprésent, les dépossédés d'eux-mêmes vont s'adonner à des rituels sans queue ni tête, répliques de la condition qui leur est réservée et qu'ils répètent à satiété.       <br />
              <br />
       Il faudra la voix de l'une d'eux pour que le déclic de la révolte s'enclenche. <span style="font-style:italic">&quot;Ce n'est pas plus papa, le pape ou le juge qui me feront la loi. Biologie n'est pas destin, mon corps est à moi&quot;.</span> Se délivrant alors mutuellement du couvercle/couvre-chef - casque, casquette, képi, etc. - qui pèse sur leur tête, l'interchangeant, ils prennent acte du pouvoir qu'est le leur : choisir son rôle sans se le laisser imposer par quelle qu'instance que ce soit.       <br />
              <br />
       Frénétiquement, ils se lancent dans des figures libératrices, arrachant les masques qui les étouffaient, piétinant les reliques de leur asservissement. Encouragés par les commentaires libertaires proférés par la voix au micro - <span style="font-style:italic">&quot;Rien n'est interdit&quot;</span> - ils réduisent en lambeaux les anciennes pelures pendant que d'autres bravent fièrement les interdits. Autant d'actes de rébellion les dépouillant du prêt-à-porter sociétal afin que la métamorphose libératrice advienne. Une version de l'&quot;Ecce Homo&quot; nietzschéen, comment on devient ce que l'on est…        <br />
       Oui, certes… Alors pourquoi ce délire carnavalesque aux vertus rédemptrices nous laisse-t-il en marge, &quot;spectateurs&quot; de cette fête orgiaque plus qu'invités à la partager ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Crépuscule"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50718454-39079415.jpg?v=1603090985" alt=""Crépuscule" et "Trottoir"… deux chorégraphies inspirées, un accueil  partagé…" title=""Crépuscule" et "Trottoir"… deux chorégraphies inspirées, un accueil  partagé…" />
     </div>
     <div>
      Compagnie Auguste-Bienvenue.       <br />
       Conception et chorégraphie : Bienvenue Bazié et Auguste Ouédraogo.       <br />
       Avec : Jessica Yactine, Louise Soulié, Ousseni Dabaré, Bienvenue Bazié, Auguste Ouédraogo.       <br />
       Création lumière : Fabrice Barbotin.       <br />
       Vidéo mapping : Jérémie Samoyault.       <br />
       Composition musicale : Khalil Hentati (AKA Epi).       <br />
       Création costumes : Vincent Dupeyron.       <br />
              <br />
       <b>Présentés les 8 et 9 octobre 2020 au Carré-Colonnes, Saint-Médard-en-Jalles (33), dans le cadre du FAB (2 au 17 octobre 2020).</b>       <br />
              <br />
       <b>Autre date</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">8 mars 2021 :</span> L'Avant-Scène, Festival Mars &quot;Planète Danse&quot;, Cognac (16).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Trottoir"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50718454-39079421.jpg?v=1603091034" alt=""Crépuscule" et "Trottoir"… deux chorégraphies inspirées, un accueil  partagé…" title=""Crépuscule" et "Trottoir"… deux chorégraphies inspirées, un accueil  partagé…" />
     </div>
     <div>
      Chorégraphie : Volmir Cordeiro.       <br />
       Avec : Volmir Cordeiro, Martin Gil, Isabela Fernandes Santana, Marcela Santander Corvalán, Anne Sanogo, Washington Timbó.       <br />
       Création lumière : Abigail Fowler.       <br />
       Création son : Arnaud de la Celle.       <br />
       Conception costumes : Volmir Cordeiro.       <br />
       Réalisation costumes : Vinca Alonso et Volmir Cordeiro avec la participation des danseurs.       <br />
       Textes extraits de &quot;Poems from Guantanamo&quot;, &quot;The Detainees Speak&quot; de Marc Falloff ; &quot;Un appartement sur Uranus&quot; de Paul B. Preciado ; &quot;Traité du Tout Monde&quot; d'Édouard Glissant ; &quot;Le Verbe&quot;, extrait du &quot;Chant de la Carpe&quot; de Ghérasim Luca ; extraits de &quot;Prendre Corps&quot; de Ghérasim Luca ; &quot;You Don't know Me&quot; de Caetano Veloso ; &quot;L'une chante, l'autre pas&quot; d'Agnès Varda.       <br />
              <br />
       Présenté le 9 octobre 2020 à La Manufacture CDCN de Bordeaux, dans le cadre du FAB (2 au 17 octobre 2020).       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">9 décembre 2020 :</span> Théâtre de la Vignette et ICI, CCN de Montpellier (34).       <br />
       31 mars et 1er avril 2021 : Kaaitheater, Charleroi Danse, Festival Legs, Bruxelles (Belgique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/50718454-39079181.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"The Hidden Force"… Comme une force de la déraison</title>
   <pubDate>Tue, 09 Apr 2019 08:11:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Ivo Van Hove reprend l'œuvre de Louis Couperus, écrite après une visite effectuée dans les Indes orientales néerlandaise (actuelle Indonésie) en 1900, dans une mise en scène qui allie vision politique et théâtrale portée par la musique et quelques chorégraphies.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/32500219-30282994.jpg?v=1554791431" alt=""The Hidden Force"… Comme une force de la déraison" title=""The Hidden Force"… Comme une force de la déraison" />
     </div>
     <div>
      La lumière éclaire une scénographie imposante avec son parquet de bois ocre. Une dissymétrie, que l'on retrouve dans les relations entre personnages, porte celle-ci. Sa petite table côté jardin, presque esseulée et son endroit silencieux. Son rayon d'instruments à percussion et à cordes côté cour et au centre, une pluie qui tombe par intermittence symbolisant à la fois un intérieur et un extérieur autant géographique que psychologique. Tout se joue et tout est exposé dans ce pré carré. Les décisions, les comportements, les colères, les conflits et les infidélités au centre. Côté jardin, les entrées, côté cour, les sorties.       <br />
               <br />
       Une musique, avec des percussions et un piano, suit scène à scène, pas à pas, une histoire avec ses protagonistes au travers de leurs rapports autant domestiques que politiques. L'un est le reflet de l'autre.       <br />
              <br />
       On se dénude, on s'approche à s'accrocher, dans le cas d'un fils à sa mère. L'inceste est présent, non nommé même si les rumeurs vont bon train et ne laisse aucun doute, ou si peu, pour le spectateur. Le fils est possessif avec sa mère jusqu'à l'agressivité. Cette dernière a abandonné son mari, Otto van Oudjick, dans son rôle de gouverneur d'Indes orientales néerlandaises (actuelle Indonésie) pour aller voler vers des amours interdites avec l'amoureux de sa fille. Le propos est aussi politique sur le rôle des colonies et de leur effondrement… que Louis Couperus (1863-1923) avait anticipé au tournant du XXe siècle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/32500219-30283007.jpg?v=1554791464" alt=""The Hidden Force"… Comme une force de la déraison" title=""The Hidden Force"… Comme une force de la déraison" />
     </div>
     <div>
      Tout se lie derrière la mise à l'index d'une famille incarnant l'autorité coloniale, avec l'ordre qui est frappé du désordre, et ce, dans son propre giron familial et intime. Aussi aveugle aux drames domestiques, qui se jouent à tous ses étages, qu'aux coutumes locales. Chaque personnage a son lot de névroses. Le réel rattrape la réalité jusqu'au sang qui coule dans la douche. Jusqu'à cette pierre qui tape aux carreaux de leur fenêtre ou une violence externe qui ensanglante la fille.       <br />
              <br />
       La maison est frappée dans son symbole. À l'image de la mère, dans ses travers névrotiques, qui n'assume ni son rôle maternel ni celui d'épouse. À l'image du père aussi qui a perdu l'autorité sur son fils, l'amour et la fidélité de sa femme, le pouvoir qu'il lui échappe et ne tient que par la domination qu'il exerce sur sa fille qui le fuit. Le temple n'a plus de totem.       <br />
              <br />
       C'est superbe de douleur, de ruptures, de soumission. Il n'y a pas d'amour. Tout n'est qu'infidélité et désordre, magnifié par un ordre colonial qui vit ses derniers instants. La maison brûle, les propriétaires le savent mais restent. Les sentiments sont exacerbés sans être caricaturaux. Le plateau est caisse de résonance d'un intime qui se fait extime. Les ressorts de la passion incestueuse et morbide, d'un désordre politique et domestique s'étalent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/32500219-30283012.jpg?v=1554791496" alt=""The Hidden Force"… Comme une force de la déraison" title=""The Hidden Force"… Comme une force de la déraison" />
     </div>
     <div>
      On rompt brutalement, on s'aime de façon expéditive mais on se consume à petit feu. L'amour est sans écho. Il fait figure de fugitif. C'est le symbole vivant d'une décrépitude qui n'est qu'assujettissement. Le maître d'un bref instant est esclave dans un autre mais long, beaucoup plus long. Tout échoue. C'est le transgressif qui s'étreint dans ses soubresauts.       <br />
              <br />
       Le chant est une pause à la pièce, presque un air de quiétude dans ce tumulte. Des chorégraphies viennent aussi casser à dessein le rythme en y apportant soit du recueillement, soit de l'énergie combative. Les personnages sont à la fois proches et lointains dans leur distance scénique, reflet de leurs rapports, âcres, violents, possessifs. Les relations sont mêlées. Rien n'est clair ou plutôt tout est chargé. Ce sont des relations de &quot;couple&quot;. Les dialogues sont souvent à deux avec une troisième personne, physiquement ou &quot;moralement&quot; présente, et qui fausse l'équilibre. La passion, la colère et le désespoir s'y mêlent.       <br />
              <br />
       Les voix portent au loin. On s'interpelle, on se supplie. Et il y a ce temps fort avec ce cri, au moment d'une supplication, qui perce le silence assourdissant de l'ordre sous une pluie tombante. Superbe. La mise en scène est forte dans le rendu des émotions, par le biais des voix, et Ivo van Hove rend un hommage, ô combien mérité, à Louis Couperus, l'un des plus grands auteurs néerlandais, dont il estime qu'il reste très actuel et injustement méconnu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"The Hidden Force"</b></div>
     <div>
      Texte : Louis Couperus.       <br />
       Mise en scène : Ivo van Hove.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Gilles Groot.       <br />
       Avec : Bart Bijnens (Si-Oudijck), Mingus Dagelet (Addy de Luce), Jip van Den Dool (Théo van Oudijck), Barry Emond (Soenario, Régent van Ngadjiwa), Eva Heijnen (Doddy van Oudijck), Halina Reijn (Léonie van Oudijck), Maria Kraakman (Eva Eldersma), Chris Nietvelt (De Raden-Ajou Pangeran), Massimo Pesik (serviteur), Dewi Reijs (Oerip), Michael Schnörr (serviteur), Gijs Scholten van Aschat (Otto van Oudijck), Leon Voorberg (Frans van Helderen).       <br />
       Adaptation, dramaturgie : Peter Van Kraaij.       <br />
       Scénographie, lumières : Jan Versweyveld.       <br />
       Musique : Harry De Wit.       <br />
       Chorégraphie : Koen Augustijnen.       <br />
       Costumes : An D'Huys.       <br />
       Internationaal Theater Amsterdam.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 11 avril 2019.</span>       <br />
       Dans le cadre de la programmation hors les murs du Théâtre de la Ville.       <br />
       Tous les jours à 20 h, relâche le 7 et 8 avril.       <br />
       Grande Halle Paris Villette, Paris 19e, 01 40 03 75 75.       <br />
       <a class="link" href="https://lavillette.com/programmation/1" target="_blank">&gt;&gt; lavillette.com</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/32500219-30282994.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/The-Hidden-Force-Comme-une-force-de-la-deraison_a2377.html</link>
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