<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-05-14T00:46:21+02:00</dc:date>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-88656186</guid>
   <title>"Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création</title>
   <pubDate>Mon, 19 May 2025 16:54:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Fauvel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pour la première fois mise en scène par le dramaturge lui-même, cette pièce de jeunesse, écrite en français à l'âge de 23 ans, alors que son auteur est exilé au Québec, voit aujourd'hui le jour en libanais. Les thèmes récurrents des pièces à venir sont déjà là : la famille, la guerre civile libanaise, la douleur de l'exil, la nostalgie d'un monde perdu… Une pièce qui annonce avec brio les suivantes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88656186-62766211.jpg?v=1747666766" alt=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" title=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" />
     </div>
     <div>
      Une grande pièce en bois clair, vide et impersonnelle. Une mère et son fils se disputent. Il y est question de repas, de salade et de pommes de terre. La salade finit par valser sur le parquet. Le duo a le sang chaud et la verve, méditerranéenne. À leurs cris s'ajoutent le bruit des bombes et la voix monocorde et détachée de Nelly, la fille aînée – narcoleptique, apprendrons-nous plus tard – qui ne cesse de répéter toujours la même phrase : <span style="font-style:italic">&quot;Dimanche prochain, on monte à Berdawné&quot;</span> et dont l'idée fixe consiste à vouloir se rendre dans cette bourgade manger du knefé. Son entourage ne s'en étonne guère et abonde calmement dans le sens de la malade.       <br />
              <br />
       Dans cette atmosphère étrange, la voisine Souhaila vient offrir son aide à grand renfort de marmites. Car une noce se prépare, celle de la somnolente Nelly, et les invités sont attendus.  Alors que l'autre fils, Walter, s'éternise chez le coiffeur et que le père, Néyif, est parti à la boucherie chercher le gigot, Nazha (la mère), Neel (le fils) et la voisine s'affairent à préparer le repas de noces. Les deux ménagères papotent avec entrain sous le bruit des bombes. La boucherie ayant été bombardée, le père revient avec un mouton vivant qu'il va falloir tuer sur place.       <br />
              <br />
       Insolite, mi-tragique, mi-comique, la pièce oscille entre l'absurde et le burlesque, Ionesco et Almodovar. Le summum est atteint lorsque nous découvrons que la noce ne comprend pas de fiancé. Mais, malgré l'absence de fiancé – une broutille qui ne manquera pas de se résoudre au dernier moment, semble penser la famille –, malgré l'orage, les obus, les coupures d'électricité menaçant la cuisson du gigot et les balles des francs-tireurs qui obligent à ramper sous les fenêtres, les préparatifs vont bon train, dans une atmosphère volubile.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88656186-62766212.jpg?v=1747666790" alt=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" title=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" />
     </div>
     <div>
      Puis, changement de décor, et un paysage enneigé nous propulse au Québec, des années plus tard, alors que retentit la chanson de Starmania &quot;Le monde est stone&quot;. Jean, un jeune écrivain en herbe, téléphone à son père de Montréal et, dans une émouvante mise en abyme, le double de l'auteur reprend le récit en cours…       <br />
              <br />
       Cette pièce de jeunesse, écrite en 1991, la deuxième après &quot;Willy Protagoras enfermé dans les toilettes&quot;, contient déjà l'essence des thématiques développées par Wajdi Mouawad dans ses pièces ultérieures : la famille, déployée amplement dans son cycle domestique – &quot;Seuls&quot; (2008), &quot;Sœurs&quot; (2014) et &quot;Mère&quot; (2021) –, et la guerre civile libanaise, présente dans la majorité de ses pièces, à commencer par celles du &quot;Sang des promesses&quot; –  &quot;Littoral&quot; (1997), &quot;Incendies&quot; (2003), &quot;Forêts&quot; (2006) et &quot;Ciels&quot; (2009) –, pour se terminer en apothéose avec &quot;Racine carrée du verbe être&quot; (2022) où l'auteur joue plus que jamais avec maestria de l'enchevêtrement des lieux et des temporalités.       <br />
              <br />
       Car, comme chacun sait, Wajdi Mouawad, né au Liban en 1968, a dû fuir la guerre civile libanaise (1975-1990) à l'âge de huit ans, et émigrer avec sa famille en France, puis au Québec, et la guerre, avec la blessure générée par son déracinement, imprègne une grande partie de son œuvre. Concernant l'histoire du Liban et les différents événements survenus dans ces trois dernières décennies, l'auteur déclare : <span style="font-style:italic">&quot;(…) nous sommes les jouets du destin, mais nous portons en nous, à travers notre expression artistique, la responsabilité de la mémoire&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88656186-62766213.jpg?v=1747666810" alt=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" title=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" />
     </div>
     <div>
      Depuis sa création au début des années quatre-vingt-dix à sa publication en 2011, le texte de &quot;Journée de noces chez les Cromagnons&quot; a évolué au cours des ans et donné lieu à différentes versions. Aujourd'hui, Wajdi Mouawad l'a de nouveau remanié, y ajoutant notamment le personnage de Jean, son double écrivain. Il a aussi choisi de faire jouer la pièce en libanais, par des acteurs libanais, d'en confier la traduction à Odette Makhlouf, une des actrices de &quot;Mère&quot; – puisque lui-même n'écrit plus dans sa langue maternelle –, et d'en assurer, pour la première fois, la mise en scène.       <br />
              <br />
       La pièce embrasse de nombreux registres, avec de savoureux personnages, hauts en couleur et totalement décalés. <span style="font-style:italic">&quot;Je contemple l'horreur avec amusement&quot;, &quot;La guerre est si belle&quot;</span>, profère Nelly qui raconte des horreurs avec pureté et poésie. Car il y a aussi beaucoup de pureté et de poésie dans ce spectacle. D'abord, à travers la très jolie scénographie d'Emmanuel Clolus, la neige qui tombe, les projections vidéo de paysages enneigés et les chaudes lumières de Laurent Matignon, ou encore ce grand tissu blanc tour à tour drap de lit, nappe de banquet ou linceul. Nelly, la belle endormie que <span style="font-style:italic">&quot;seul un étranger saura réveiller&quot;</span>, semble, quant à elle, tout droit sortie de &quot;Underground&quot;, le film d'Emir Kusturica.       <br />
              <br />
       En jupon blanc ou en robe de mariée, coiffée d'un voile transparent, cette belle au bois dormant hors du temps, traverse l'espace tel un fantôme qui planerait au-dessus des tragédies du monde, insufflant charme et légèreté au récit. Les moments de chant sont également de pures merveilles. Saluons, pour finir, l'éblouissante distribution qui porte ce spectacle : Aïda Sabra (la mère), Fadi Abi Samra (le père), Bernadette Houdeib (la voisine), Aly Harkous (le fils), Layal Ghossain (Nelly) et Jean Destrem (l'écrivain). À voir !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Journée de noces chez les Cromagnons"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88656186-62766214.jpg?v=1747666837" alt=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" title=""Journée de noces chez les Cromagnons", un retour aux sources pour Wajdi Mouawad qui ainsi boucle la boucle et clôt en beauté 30 ans de création" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en libanais surtitré en français.       <br />
       Texte : Wajdi Mouawad.       <br />
       Traduction en libanais : Odette Makhlouf.       <br />
       Mise en scène : Wajdi Mouawad.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Cyril Anrep.Avec : Fadi Abi Samra, Jean Destrem, Layal Ghossain, Aly Harkous, Bernadette Houdeib, Aïda Sabra.       <br />
       Dramaturgie et conception du surtitrage : Charlotte Farcet.       <br />
       Scénographie : Emmanuel Clolus.       <br />
       Musique originale : Nadim Mishlawi.       <br />
       Lumières : Laurent Matignon.       <br />
       Son : Annabelle Maillard.       <br />
       Costumes : Isabelle Flosi.       <br />
       Maquillage et coiffures : Cécile Kretschmar.       <br />
       Vidéo : Stéphanie Jasmin.       <br />
       Durée : 2 h.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 avril au 22 juin 2025.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       La Colline Théâtre National, Grand Théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.        <br />
       <a class="link" href="https://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/88656186-62766211.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Journee-de-noces-chez-les-Cromagnons--un-retour-aux-sources-pour-Wajdi-Mouawad-qui-ainsi-boucle-la-boucle-et-clot-en_a4218.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-81841478</guid>
   <title>•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"</title>
   <pubDate>Mon, 29 Jul 2024 07:46:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Un spectacle mis en jeu par Alain Timar n'est pas un spectacle… c'est une œuvre d'art. On connaissait le goût de l'homme de théâtre, artiste peintre, plasticien, pour l'Asie et la Corée tout particulièrement. Sa mise en scène et scénographie en 2010 du "Rhinocéros" d'Eugène Ionesco, ou encore en 2016 de "Tous contre Tous" d'Arthur Adamov, interprétés l'un et l'autre en coréen par une troupe de Coréens, nous avaient saisis par leur force attractive. Ainsi de ce "Roméo et Juliette" revisité, où la vie, l'amour, la mort, transcendés par l'esthétique épurée d'Alain Timar et servis par des interprètes au summum de leur art, magnétisent.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81841478-58872070.jpg?v=1722193990" alt="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" title="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" />
     </div>
     <div>
      L'expression &quot;être sous le charme&quot; retrouve son sens étymologique dans cette nouvelle proposition hautement artistique, projetant dans une époque futuriste deux des plus célèbres personnages nés de l'imaginaire flamboyant du maître de Stratford-upon-Avon…. À plus de quatre cents années de distance (la première représentation date de 1597), immergés dans une scénographie aussi minimaliste qu'éclatante des couleurs inspirées par la tradition du &quot;Pays du matin calme&quot;, nous redécouvrons Juliette et Roméo, éternellement vivants, prêts à rejouer devant nous le jeu cruel de l'amour et de la mort.       <br />
              <br />
       Un plateau tendu d'un jaune soleil levant, peuplé de danseurs acteurs parés de couleurs resplendissantes, bleu pour les hommes, rouge pour les femmes, tant, en cet âge futuriste, les sexes ne se mélangent pas… Alignés en bordure du tatami théâtral, de part et d'autre d'un musicien jouant en live, les protagonistes parés de leurs costumes design haute-couture s'apprêtent à entrer en jeu pour rejouer le combat qui oppose depuis des siècles et des siècles deux familles de Vérone, Les Capulet et les Montaigu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81841478-58872078.jpg?v=1722194016" alt="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" title="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" />
     </div>
     <div>
      En ouverture, une chorégraphie somptueuse à la facture très contemporaine voit s'opposer frontalement la rangée des hommes, les Montaigu de Roméo, à celle des femmes, Les Capulet de Juliette. Des noms d'oiseau fusent de part et d'autres, contrastant avec la tenue des corps engagés dans des battles réglés au millimètre, et inscrivant ainsi délibérément l'intrigue dans une proximité vivante. Dans le même dessein, l'emploi de mots crus sera repris par la suite.       <br />
              <br />
       Des rivalités chorales orchestrées chorégraphiquement dans des joutes rendues encore plus captivantes par la vêture des protagonistes les magnifiant, aux solos du couple maudit touché par la grâce du coup de foudre, tout est prétexte à livrer de saisissants tableaux picturaux propres à refléter l'intensité de ce qui se joue. Quant au chœur qui se forme selon les aléas de l'action, il est fidèle à sa fonction, offrir une caisse de résonance aux mouvements de l'âme pour les réfléchir tel un miroir bienveillant.       <br />
              <br />
       Des tourments de Roméo pour Rosaline qu'il oubliera vite, à la ferveur qui s'empare de lui à la vue de Juliette, les élans du plus célèbre des Montaigu se heurtant à la famille des Capulet ayant destiné leur fille, la belle Juliette, à l'un de leur clan, tout sera l'objet d'un traitement dramaturgique entièrement inscrit dans une mise en jeu lumineuse où chaque détail est pensé comme la touche d'un peintre. D'ailleurs, selon une confidence, Alain Timar aurait pris le soin de réaliser auparavant, pour plusieurs scènes, des aquarelles…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81841478-58872097.jpg?v=1722194137" alt="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" title="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" />
     </div>
     <div>
      Les amants jouent du malheur propre aux héros romantiques, le fatum semblant depuis leur naissance les poursuivre… Pourquoi sont-ils nés dans deux familles hostiles de Vérone ? Pourquoi, en voulant protéger son fidèle ami, Roméo le tue-t-il malencontreusement avant de passer par le fil de l'épée Tybalt, son agresseur, un Capulet cousin de Juliette, ce qui signe son arrêt de mort. Et le Chœur de renchérir : &quot;Roméo l'a tué ! Roméo a tué Tybalt… Il doit mourir&quot;. Finalement, l'exil sera sa peine. Mais avant de s'éloigner, jurant à Juliette qu'ils se retrouveraient, le metteur en scène les fait se rencontrer une dernière fois – elle au sol, lui penché au-dessus d'elle – dans une scène brûlante, où le baiser échangé renvoie à celui dit de &quot;L'hôtel de ville&quot; de Robert Doisneau, les couleurs charnelles en plus.       <br />
              <br />
       Un destin qui s'acharne… Comme les histoires d'amour finissent mal en général, et là en particulier, le stratagème inventé pour que Juliette, prétendument empoisonnée, puisse échapper à l'union avec le Capulet que sa famille lui impose – <span style="font-style:italic">&quot;La mort a couché avec Juliette juste avant son mariage&quot;</span> – se retournera finalement contre les amants.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81841478-58872099.jpg?v=1722194398" alt="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" title="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" />
     </div>
     <div>
      Et ce, jusqu'à l'ultime scène où Capulet et Montaigu, assis en tailleur autour du tatami théâtral – et nous avec eux comme dans une mise en abyme précédant la descente au tombeau –, s'apprêtent à assister à l'épiphanie posthume (saisissante là encore de beauté sculpturale), avant de se lever pour disparaitre un à un dans les coulisses de l'histoire.       <br />
              <br />
       La puissance de cette forme théâtrale réside sans nul doute dans sa représentation plastique que l'on doit à l'œil à nul autre pareil de son metteur en scène et dans son interprétation par une troupe coréenne rompue aux arts de la scène. Si bien que cette pièce faisant partie du patrimoine de l'humanité, ayant inspiré des générations de metteurs en scène, se redécouvre parée de couleurs nouvelles propres à nous &quot;ravir&quot;. C'est là, dans cet effet de surprise, lié au vacillement de la conscience confrontée à la beauté plastique ouvrant vers tous les possibles, que se joue notre &quot;ravissement&quot; (au sens où l'entendait Marguerite Duras dans &quot;Le Ravissement de Lol V. Stein&quot;).       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 12 juillet 2024 dans la Salle du Chapitre du Théâtre des Halles d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Roméo et Juliette"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81841478-58874951.jpg?v=1722237270" alt="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" title="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en coréen surtitré en français.       <br />
       Texte, William Shakespeare.       <br />
       Adaptation, traduction : Alain Timár.       <br />
       Mise en scène, scénographie : Alain Timár.       <br />
       Dramaturgie, mise en scène associée, traduction coréenne : Junho Choe.       <br />
       Avec : Jaeha Hwang, Hyun Jang, Minwoo Jeong, Junhyeong Ji, Yuran Jwa, Sewon Kim, Yebin Lee, Taewoong Mun, Seoyeong Na, Chaewon Park, Sanghun Park, Habin Song, Hyunbin Song, Naeun Yang.       <br />
       Musique sur scène : Youngsuk Choi.       <br />
       Costumes : Jinhee Lee.       <br />
       Maquillage : Dongmin Lee.       <br />
       Chorégraphie : Hyuk Kwon.       <br />
       Lumière, vidéo : Yein Kim.       <br />
       Décor : Seojeong Lim.       <br />
       Régie : Soyeon Choi, Seon Kim, Yoojung Kim, Junmin Lee        <br />
       Par l'Université nationale des Arts de Corée (K'ARTS - Korea National University of Arts, Seoul).       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <b>A été représenté du 4 au 21 juillet 2024.</b>       <br />
       Tous les jours à 21 h 30. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Halles, Salle du Chapitre, rue du Roi René, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 32 76 24 51.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81841478-58874975.jpg?v=1722237311" alt="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" title="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81841478-58874978.jpg?v=1722237343" alt="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" title="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81841478-58872070.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Romeo-et-Juliette-Entre-traditions-et-futurisme-l-insoupconnable-beaute-d-une-re-presentation_a4020.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-42420542</guid>
   <title>"Dunsinane" Comme une possible désagrégation de nos utopies politiques pour un monde "meilleur"</title>
   <pubDate>Mon, 03 Feb 2020 14:21:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Y a-t-il un "après Macbeth"… après que le tyran se soit réfugié dans la forteresse de Dunsinane ? Une suite de la tragédie de Shakespeare est-elle possible ? David Greig, auteur écossais contemporain, l'a imaginée et Baptiste Guiton a mis en scène le résultat et en donne une mise en lumière spectaculaire et réussie où sont éclairés certains maux de notre société et où sont posés des questionnements très actuels, sur les influences claniques, sur l'ingérence d'un pays sur un autre, sur l'insoumission et sur l'effondrement du patriarcat.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42420542-35373671.jpg?v=1580737251" alt=""Dunsinane" Comme une possible désagrégation de nos utopies politiques pour un monde "meilleur"" title=""Dunsinane" Comme une possible désagrégation de nos utopies politiques pour un monde "meilleur"" />
     </div>
     <div>
      Macbeth est mort mais Malcolm, être veule et débauché, est là pour lui succéder. La reine sorcière, prisonnière, fait montre d'une ensorcelante résistance et d'à propos stratégiques. Les jeunes troupes anglaises sont aux portes du château. Siward, leur chef, à l'allure guerrière mais aux interrogations contradictoires poursuit une quête singulière, en vertu d'honnêteté, associant l'application de la volonté royale, la préservation de ses juvéniles soldats et une résolution &quot;démocratique&quot; par la réconciliation des clans... Mais aujourd'hui comme hier, les pratiques politiques, la nécessité du pouvoir, le désir de contraindre les peuples sont devenus d'étranges perversions.       <br />
              <br />
       Sortant de la tragédie shakespearienne, David Greig dépeint l'absurdité de la guerre, d'un hypothétique maintien de l'ordre dans un pays occupé, de l'imposition d'une démocratie dans des pays qui n'en veulent pas (l'actualité du Moyen Orient frappe ici à la porte). Il ajoute un humour moderne, presque burlesque, dans des réunions claniques caricaturales que l'on pourrait voir tout droit sorties de confrontations tribales en terre d'Émirats ou libanaises… sans oublier, un positionnement quelque peu plus actuel (vs Shakespeare 1606) de l'insoumission féminine, de celle émanant de femmes qui se lèvent et échappent enfin à la domination masculine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42420542-35373685.jpg?v=1580737285" alt=""Dunsinane" Comme une possible désagrégation de nos utopies politiques pour un monde "meilleur"" title=""Dunsinane" Comme une possible désagrégation de nos utopies politiques pour un monde "meilleur"" />
     </div>
     <div>
      Et Baptiste Guiton s'empare de ces propositions revendicatrices (à tout le moins objets de nos souhaits), dans une cohérence de travail avérée (cf. ses précédentes créations dont &quot;Après la fin&quot;*), pour convier le public à &quot;questionner notre société sur l'égalité entre les femmes et les hommes, sur l'éthique et la morale, les rapports de domination, les bouleversements sociaux, la démocratie&quot;… Mais aussi sur les armées composées de gosses ignorants, sur les exactions perpétrées dans des conflits sans justification réelle si ce n'est une domination despotique, et son insupportable permanence d'une suprématie mâle !       <br />
              <br />
       Sa mise en scène joue entre une expression dramatique forte, composée de séquences où renaissent les effets de chœur, de foule ou de confrontations duales, et un jeu plus provocateur, plus ludique… et comique, donnant la dérision, la distanciation nécessaire à des situations monstrueuses ou grotesques. Dans ce séquençage, la création sonore et musicale amène aussi une perception plus importante de l'intelligible et du sensoriel. Complément essentiel, le décor procure également un apport visuel sensible, architecturant d'une certaine manière la narration.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42420542-35373690.jpg?v=1580737316" alt=""Dunsinane" Comme une possible désagrégation de nos utopies politiques pour un monde "meilleur"" title=""Dunsinane" Comme une possible désagrégation de nos utopies politiques pour un monde "meilleur"" />
     </div>
     <div>
      Élément central de celui-ci, la forteresse, squelettique armature de fer et d'acier (réalisation du talentueux Quentin Lugnier), dont seules les lourdes portes métalliques semblent pouvoir offrir une résistance au vent du Nord, glacial et glaçant, et à la jeunesse soldatesque impatiente, est posée sur un ingénieux dispositif circulaire de rails, proposant ainsi au public, alternativement, sa face extérieure ou intérieure, voire une vue de trois quarts, où peuvent se dévoiler des cages grillagées.       <br />
              <br />
       Ce château refuge, perché sur la colline de Dunsinane, baigne dans une ambiance sombre, limite sidérurgique, où s'immiscent parfois d'inquiétantes brumes, en nuances de gris et de brun. Mais les jeux de lumière, monochromes, tranchées - tons bleu, vert, jaune ou rouge sanguinaire -, apportent différentes alternatives, déplaçant le tragique sur un terrain plus léger. Baptiste Guiton a ici fait clairement le choix de naviguer entre la noirceur dramatique et sanguinaire, aux allants contemporains, et l'étrange clarté des ruptures, respirations, générées, amplifiées, par les répliques, les séquences plus comiques émanant du texte de David Greig.       <br />
              <br />
       En confirmation de tout cela, le jeu des comédiens est souple, intense et tout en fluidité, vivacité. Que ce soit Gabriel Dufay (Siward), Vincent Portal (Macduff), Pierre Germain (Egham), Luca Fiorello (l'Enfant soldat), Clara Simpson (Gruach, la reine), Tiphaine Rabaud-Fournier (la fille des poules), Tommy Luminet (Malcolm) - et nous pourrions tous les nommer -, ils sont au diapason, créant chacun leur personnage avec conviction et un enthousiasme qui enflamme le plateau. Et la présence sur scène, en supplément de distribution, des élèves de seconde année d'Arts en Scène nous confirme, si besoin était, que Baptiste Guidon est véritablement un homme passionné de troupe, de compagnie.       <br />
              <br />
       <b>* &gt;&gt; Lire</b> <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Apres-la-fin-L-homme-peut-etre-un-predateur-pour-la-femme_a2343.html" target="_blank">&quot;Après la fin&quot;</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dunsinane"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42420542-35373699.jpg?v=1580737347" alt=""Dunsinane" Comme une possible désagrégation de nos utopies politiques pour un monde "meilleur"" title=""Dunsinane" Comme une possible désagrégation de nos utopies politiques pour un monde "meilleur"" />
     </div>
     <div>
      Résidence de création.       <br />
       Texte : David Greig.       <br />
       Le texte est édité aux PUM (Presses Universitaires du Midi).       <br />
       Traduction : Pascale Drouet.       <br />
       Mise en scène : Baptiste Guiton.       <br />
       Stagiaire assistant à la mise en scène : Sylvain Macia.       <br />
       Avec : Logan De Carvalho, Gabriel Dufay, Luca Fiorello, Pierre Germain, Tommy Luminet, Vincent Portal, Tiphaine Rabaud Fournier, Clara Simpson.       <br />
       Et les élèves comédiens de seconde année d'Arts en Scène : Clément Bigot, William Burnod, Tom Da Sylva, Ludovic Payen, Léo-Paul Zaffran.       <br />
       Scénographie : Quentin Lugnier.       <br />
       Lumières : Sébastien Marc.       <br />
       Création sonore : Sébastien Quencez.       <br />
       Costumes : Aude Desigaux.       <br />
       Régie générale et régie son : Cédric Chaumeron.       <br />
       Production L'Exalté - Cie Baptiste Guiton.       <br />
       Durée : 2 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42420542-35373704.jpg?v=1580737370" alt=""Dunsinane" Comme une possible désagrégation de nos utopies politiques pour un monde "meilleur"" title=""Dunsinane" Comme une possible désagrégation de nos utopies politiques pour un monde "meilleur"" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 23 janvier au 8 février 2020.</span>       <br />
       Mardi, mercredi et vendredi à 20 h 30, jeudi à 20 h, samedi à 18 h 30, dimanche à 16 h.       <br />
       TNP Villeurbanne, Petit théâtre, salle Jean-Bouise, Villeurbanne (69), 04 78 03 30 00.       <br />
       <a class="link" href="https://www.tnp-villeurbanne.com/" target="_blank">&gt;&gt; tnp-villeurbanne.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/42420542-35373671.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Dunsinane-Comme-une-possible-desagregation-de-nos-utopies-politiques-pour-un-monde-meilleur_a2651.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
