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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>La rentrée attendue de l'Orchestre de Paris</title>
   <pubDate>Wed, 16 Sep 2020 06:47:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Concerts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'Orchestre de Paris effectuait sa rentrée en invitant la cheffe américaine Marin Alsop et la pianiste géorgienne Khatia Buniatishvili à la Philharmonie de Paris.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49820822-38632339.jpg?v=1600153604" alt="La rentrée attendue de l'Orchestre de Paris" title="La rentrée attendue de l'Orchestre de Paris" />
     </div>
     <div>
      Exit les &quot;Chichester Palms&quot; pour chœur mixte et orchestre de Léonard Bernstein, le programme du concert de rentrée de l'Orchestre de Paris a été légèrement revu à la baisse afin de répondre aux exigences des décrets concernant la situation sanitaire actuelle. Demeuraient au programme le Concerto pour piano numéro un de Beethoven et la cinquième symphonie de Chostakovitch, pour une soirée sans entracte et avec distanciation physique sur la scène comme en salle.       <br />
              <br />
       L'orchestre de Paris, visiblement heureux de jouer, accueillait pour la deuxième année consécutive une femme pour le diriger. La cheffe Marin Alsop de passage à Paris, puisqu'elle est membre du jury du concours &quot;la Maestra&quot; organisé actuellement à la Philharmonie de Paris, était la candidate idéale. Petite mais énergique, Marin Alsop cultive manifestement une vraie entente avec l'orchestre. Son entrée sur scène avec la sculpturale Khatia Buniatishvili en robe longue scintillante a manifestement plu au public. On sait à quel point la pianiste géorgienne est populaire après ses nombreux passages télévisuels - n'en déplaise à certains esprits chagrins ou jaloux, n'hésitant pas à lui reprocher une tendance au narcissisme et à l'épate - un jugement, de fait nullement confirmé lors de ce concert.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49820822-38632346.jpg?v=1600153714" alt="La rentrée attendue de l'Orchestre de Paris" title="La rentrée attendue de l'Orchestre de Paris" />
     </div>
     <div>
      Pour ce premier concerto pour piano de Beethoven composé fin 1795 ou en 1796, où s'entend encore la double influence d'un Haydn et d'un Mozart, le jeu de Khatia Buniatishvili est d'une sensualité radieuse dans l'Allegro con brio - mais aussi subtil dans les délicates arabesques qui ornent les deux thèmes énoncés par l'orchestre. Son interprétation du Largo en la bémol mineur n'est certes pas le plus bouleversant qu'on puisse entendre, mais là encore délicatesse extrême et toucher souple sont notables, témoignant d'un beau contrôle sur la matière sonore. Le Rondo final, vite engagé, est aussi brillant que virtuose.       <br />
              <br />
       Après un bref entracte de dix minutes, place à la cinquième symphonie de Chostakovitch. Donnant une occasion certaine de faire briller l'orchestre et ses solistes virtuoses, la cinquième symphonie opus 47 composée en 1937, en pleine terreur stalinienne, est une réponse du compositeur à &quot;de justes critiques&quot;, celles violemment formulées dans la Pravda pendant l'affaire &quot;Lady Macbeth de Minsk&quot; - un opéra qui avait fortement déplu à Staline. Susceptible d'être envoyé au goulag comme n'importe quel citoyen soviétique à cette période, Chostakovitch écrit : <span style="font-style:italic">&quot;Je me suis efforcé à ce que l'auditeur soviétique ressente dans ma musique un effort en direction de l'intelligibilité et de la simplicité&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49820822-38632432.jpg?v=1600154947" alt="La rentrée attendue de l'Orchestre de Paris" title="La rentrée attendue de l'Orchestre de Paris" />
     </div>
     <div>
      À l'écoute de cette fresque de trois quarts d'heure, son langage paraît pourtant à peine moins novateur que celui de la symphonie numéro 4, dormant au fond d'un tiroir depuis 1936 pour éviter les problèmes avec les autorités. Marin Alsop ne nous offre pas l'interprétation du siècle mais elle parvient à susciter un discours qui ne démérite pas : la tension émotionnelle surgit parfois comme la puissance des éclats. Cette angoisse qu'on aurait aimer parfois plus douloureuse fait place dans l'Allegretto à la gaieté et à la verve, pour réapparaître dans le troisième mouvement du Largo. Le finale, tout en puissante vitalité nous entraîne irrésistiblement dans un maelström énergique et vers une apothéose sonore éminemment ironique.       <br />
              <br />
       Si on peut déplorer que la version offerte par la cheffe américaine ne soit pas toujours des plus prenantes, les contrastes sont sèchement marqués, les cordes tranchantes comme espérées, les bois vifs, entre autres. L'ensemble ne manque certainement pas de force. Les musiciens de l'orchestre font merveille comme toujours. Dans les solos, le premier violon Roland Daugareil, remarquable, est tour à tour primesautier ou bouleversant dans ses interventions. On notera aussi celles de la clarinette de Pascal Moraguès, celles du hautbois d'Alexandre Gattet. Sans oublier tous les autres musiciens et pupitres (harmonie, percussions) qu'on ne peut nommer in extenso et qui sont chaleureusement (en toute justice) salués par un public chauffé à blanc. Une ouverture de saison réussie, qui console et divertit comme il se doit en cette période si difficile.        <br />
              <br />
       Concert entendu le 9 septembre 2020.       <br />
       <b>Disponible à l'écoute sur le site de la Philharmonie de Paris.</b>       <br />
              <br />
       <b>Programme de la saison 2020/2021 :</b>       <br />
       <a class="link" href="http://www.orchestredeparis.com/fr/accueil" target="_blank">&gt;&gt; orchestredeparis.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-rentree-attendue-de-l-Orchestre-de-Paris_a2786.html</link>
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   <title>Nice Classic Live - Académie internationale d'Été de Nice</title>
   <pubDate>Sat, 18 Jul 2020 08:49:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Du 30 juillet au 15 août 2020, la troisième édition du Nice Classic Live consacrée aux répertoires classique et jazz sous la direction artistique de Marie-Josèphe Jude se tiendra dans le Jardin des Arènes de Cimiez.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/48266087-37941234.jpg?v=1595056148" alt="Nice Classic Live - Académie internationale d'Été de Nice" title="Nice Classic Live - Académie internationale d'Été de Nice" />
     </div>
     <div>
      Le concert d'ouverture du 30 juillet &quot;Métamorphoses&quot;, en écho à l'exposition au musée Matisse, propose un concert de pianos avec les &quot;Métamorphosis&quot; de Philippe Glass, puis la transcription pour deux pianos et huit mains des neuf symphonies de Beethoven. On y applaudira Claire Désert, Valentina Igoshina, Marie-Josèphe Jude, Michel Béroff, Florent Boffard. À 21 h 30 un concert de jazz sera  donné par Pierre Bertrand et la Caja Negra Sextet.       <br />
              <br />
       Le jour suivant, Beethoven sera encore à l'honneur avec Olivier Charlier et Marc Coppey ainsi que les pianos de Michel Béroff et Emmanuel Strosser et, à 21 h 30, Jean-Philippe Collard et Patrick Pouvre d'Arvor offriront un concert lecture &quot;L'âme de Chopin&quot;. Beaucoup d'autres compositeurs encore, jusqu'au 15 août. Citons Poulenc Tchaikovsky, Barber, Stravinsky, Éric Satie Mozart, Purcell, Ravel, Gershwin et beaucoup d'autres pour le plaisir de réentendre de la musique vivante en live avec les meilleurs artistes du moment.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/48266087-37941237.jpg?v=1595056191" alt="Nice Classic Live - Académie internationale d'Été de Nice" title="Nice Classic Live - Académie internationale d'Été de Nice" />
     </div>
     <div>
      Le 7 août à 21 h 30, l'Amérique du Sud, son tango, sa bossa nova ne seront pas oubliés, non plus qu'en clôture, le 15 août, une soirée &quot;A tribute to Radio Head&quot; par la jeune génération du Conservatoire National Supérieur de Musique de Danse de Paris. Des concerts des étudiants de l'Académie internationale seront offerts sur la chaîne YouTube du Nice Classic Live. L'événement sera aussi la présence au Nice Classic Live de la soprano Karine Deshayes avec sa complice Delphine Haidan au piano, venant rendre hommage à Mady Mesplé disparue il y a quelques semaines. Une programmation riche comme on le voit &quot;À l'ombre de Matisse&quot; : trois week-ends sur dix soirées thématiques en plein air.       <br />
              <br />
       <b>Festival Nice Classic Live.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 30 juillet au 15 août 2020.</span>       <br />
       184, Avenue des Arènes de Cimiez, Nice (06).       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('concert@aien.fr')" >concert@aien.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://niceclassiclive.com/fr" target="_blank">&gt;&gt; niceclassiclive.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Nice-Classic-Live-Academie-internationale-d-Ete-de-Nice_a2757.html</link>
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   <title>Lydia Jardon, infatigable défricheuse du piano</title>
   <pubDate>Thu, 14 May 2020 07:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[CédéDévédé]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Lydia Jardon nous offre un nouvel enregistrement de rares sonates de Nikolaï Miaskovsky gravées pour son label AR RE-SE.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/46084797-36956797.jpg?v=1589436950" alt="Lydia Jardon, infatigable défricheuse du piano" title="Lydia Jardon, infatigable défricheuse du piano" />
     </div>
     <div>
      On connaît encore assez peu le compositeur Nicolaï Miaskovsky né en 1880 dans la Russie tsariste et mort en 1950 en URSS. Son parcours est à nul autre pareil. Destiné à une carrière d'ingénieur militaire comme son père dans l'armée du tsar - il est d'ailleurs diplômé de l'Académie militaire de Moscou -, Miaskovsky poursuit parallèlement des études en tant que musicien amateur, avec Glière entre autres. Entré au conservatoire de Saint-Pétersbourg après avoir démissionné de l'armée comme étudiant, Miaskovsky deviendra, à 40 ans, en 1921 professeur au conservatoire de Moscou. Compositeur prolifique de 27 symphonies, ami de Prokofiev et contemporain de Chostakovitch - connaissant les mêmes hauts et bas dans ses relations avec le régime -, il a aussi composé neuf sonates entre 1906 et 1949.        <br />
              <br />
       Si Miaskovsky n'atteint jamais au génie d'un Chostakovitch, son œuvre demeure très attachante. Emporté en 1950 par un cancer de l'estomac - celui des mélancoliques et des angoissés ? -, Miaskovsky a connu les mêmes affres que ses collègues soviétiques. Mourant trois ans avant Staline (et Prokofiev), il ne connaîtra jamais la période plus heureuse - ou à peu près - de la déstalinisation. C'est la sonate et en particulier la dernière ici gravée, la numéro neuf opus 84, qui cernera au mieux pour nous la citadelle intérieure que sut se construire Miaskovsky dans l'horreur du siècle.       <br />
              <br />
       Ce parcours ne pouvait que rencontrer l'artiste inclassable qu'est Lydia Jardon. On sait qu'elle a créé le label AR RE-SE consacré à des compositrices ou des compositeurs oubliés ou méconnus. Elle a donc déjà enregistré dans un précédent CD trois sonates de Miaskovsky, les numéros deux, trois et quatre. Ce cycle se poursuit aujourd'hui avec la première, la cinquième et la dernière sonate, la neuvième. Elle explore ainsi les deux extrémités de la carrière de compositeur de Miaskovsky. La sonate numéro un opus six composée entre 1907 et 1909 est celle d'un étudiant de conservatoire - un vieil étudiant pour tout dire. Un bon élève qui sait ici se souvenir de l'écriture de la fugue chez Bach mais aussi de ses devanciers russes. Lydia Jardon en restitue à merveille ce qu'elle appelle sa &quot;densité mystique&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/46084797-36956811.jpg?v=1589437084" alt="Lydia Jardon, infatigable défricheuse du piano" title="Lydia Jardon, infatigable défricheuse du piano" />
     </div>
     <div>
      C'est en artisan et en femme passionnée, qui nous a habitués aux tempêtes émotionnelles dans un jeu pourtant très maîtrisé, qu'elle s'attaque ici avec amour à une œuvre méditée et travaillée selon son propre aveu depuis des années. Les phrases sinueuses et la fine architecture de l'écriture riche d'une ambiguïté tonale et parfois de dissonances sont restituées ici avec lyrisme. La sonate numéro cinq opus 64 numéro un composée pendant la même période montre un compositeur à l'identité peut-être plus affirmée. L'œuvre semble se libérer, offrant une plus large palette de couleurs et de sentiments.       <br />
              <br />
       Le jeu impressionniste encore, les martèlements d'accords toujours, le geste large concluant l'Allegro Energico et l'œuvre, les envolées crescendo et decrescendo du Largo Expressivo, la joie pure du Vivo, ne sont pas seulement le refuge de l'intime, n'hésitant pas à communiquer à l'auditeur les états changeants du cœur et de l'esprit. Toujours sur le fil, au cœur même de ce brasier, Lydia Jardon nous emporte dans sa quête absolue. Une quête absolue dont la sincérité nous touche comme toujours avec cette pianiste au jeu vif-argent. Une quête qui trouve dans la neuvième sonate son accomplissement.       <br />
              <br />
       En 1949, l'inspiration du compositeur stoïcien frappe par sa beauté et son élévation. Avec un jeu subtil, toujours aérien, d'une plasticité vraiment admirable, Lydia Jardon rend toute justice à ce testament qui fait retour au langage tonal, venant conclure un enregistrement qu'on pourrait appeler les mémoires d'une âme. Une œuvre écrite et vécue comme un lieu inexpugnable, un ordre - une construction qui protège du désordre de l'Histoire et nous pouvons être reconnaissants à la pianiste de nous la léguer.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/46084797-36956822.jpg?v=1589437195" alt="Lydia Jardon, infatigable défricheuse du piano" title="Lydia Jardon, infatigable défricheuse du piano" />
     </div>
     <div>
      <b>● Lydia Jardon &quot;Miaskovsky, Sonates pour piano n° 1, 5 et 9&quot;.</b>       <br />
       Label et distribution : AR RE-SE.       <br />
       Sortie : 15 mai 2020.       <br />
       <a class="link" href="http://www.arre-se.com/" target="_blank">&gt;&gt; arre-se.com</a>       <br />
       <a class="link" href="http://www.lydiajardon.com/" target="_blank">&gt;&gt; lydiajardon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/46084797-36956822.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>Clément Mao-Takacs, un chef charismatique</title>
   <pubDate>Thu, 12 Mar 2020 08:59:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Concerts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Avec un très beau CD sorti en septembre 2019 présentant un panorama des œuvres de 1994 à 2012 combinant production acoustique et source électronique de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho, Clément Mao-Takacs, à la tête de l'Oslo Philharmonic Orchestra, s'affirme comme un des chefs les plus en vue de la jeune scène française.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43546468-35899481.jpg?v=1584054203" alt="Clément Mao-Takacs, un chef charismatique" title="Clément Mao-Takacs, un chef charismatique" />
     </div>
     <div>
      Rencontre avec un jeune homme brillant, passionné, très soucieux d'accompagner, grâce à son art, les évolutions de la société.       <br />
              <br />
       <b>Christine Ducq - Vous semblez désormais être un des chefs attitrés de Kaija Saariaho. Comment vous êtes-vous rencontrés ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Clément Mao-Takacs -</b> Je suis amoureux de sa musique depuis mes années d'études au Conservatoire ! Et même avant, lorsque j'ai découvert son opéra &quot;L'Amour de loin&quot; et ses premières œuvres : un vrai coup de foudre ! J'ai écrit divers articles et mémoires sur son œuvre, puis je l'ai rencontrée et interviewée. En 2006 j'ai assisté à la création de son oratorio &quot;La Passion de Simone&quot; à Vienne - autre coup de foudre. En 2013, avec le metteur en scène Aleksi Barrière*, nous avons voulu le monter et Kaija Saariaho a accepté d'en écrire une version de chambre pour dix-huit instruments qui a été créée par Secession Orchestra. C'est un spectacle qui tourne toujours et que nous avons déjà donné treize fois - et je compte bien l'enregistrer un jour prochain !        <br />
              <br />
       Kaija Saariaho a, je crois, apprécié ma façon de travailler son œuvre et de l'interpréter en y consacrant autant de temps et d'énergie que pour Bach, Wagner ou Debussy ; elle m'a fait confiance et j'ai même l'honneur d'être dédicataire de la version de chambre de &quot;Quatre Instants&quot;. Nous travaillons beaucoup ensemble désormais et sommes devenus amis. Je participe d'ailleurs à la création de son nouvel opéra - en assistant Susanna Mälkki à Aix-en-Provence et Amsterdam, puis en le dirigeant à Helsinki puis à San Francisco. C'est tellement merveilleux de fréquenter des compositeurs vivants : je peux dialoguer avec eux, leur poser des questions sur les partitions quand j'ai un doute -, ce qu'on aimerait parfois faire avec Mozart, Mahler ou Ravel…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43546468-35902368.jpg?v=1584054236" alt="Clément Mao-Takacs, un chef charismatique" title="Clément Mao-Takacs, un chef charismatique" />
     </div>
     <div>
      <b>Pourrait-on affirmer que vous êtes comme elle un grand amateur de poésie ? Entre nombreux autres arts peut-être…</b>       <br />
              <br />
       <b>C. M.-T. -</b> C'est vrai, je lis beaucoup - mais pas que de la poésie ! Je suis en admiration devant les hommes de vastes connaissances, comme le Zénon créé par Marguerite Yourcenar ou Leonardo da Vinci. Quand on lit la lettre de ce dernier à Ludovico Sforza dans laquelle il énumère tout ce qu'il sait faire, la peinture arrive en dernier lieu, presque comme un post-scriptum… Or, à notre époque, on s'étonne qu'un chef puisse être un pianiste, un compositeur, un lecteur passionné, qu'il puisse visiter des expositions, échanger avec d'autres artistes et penseurs, s'intéresser à la cuisine, écrire des essais... Pourtant, ces différents centres d'intérêt se nourrissent mutuellement et enrichissent la pensée ; c'est simplement une manière de s'exprimer dans différentes langues, de passer de l'une à l'autre, et d'éprouver les proximités et les divergences… Même si la musique et la direction d'orchestre en particulier demeurent mon espace d'expression naturel et préféré !       <br />
              <br />
       <b>Rédigez-vous souvent les livrets de vos programmes, tel celui (très érudit) de votre concert d'ouverture de la saison musicale du Musée du Louvre en septembre 2019 ?</b>       <br />
              <br />
       <b>C. M.-T. -</b> Pas systématiquement, mais il m'arrive assez souvent de le faire. J'aime les programmes qui sortent de l'ordinaire et je me réjouis de les expliciter : cela fait aussi partie de mon travail de &quot;passeur&quot;. Ceci explique pourquoi j'aime diriger aussi dans de petites salles, non soumises à l'impératif économique du &quot;mass entertainment&quot;, où nous pouvons de surcroît avoir une autre relation avec le public - comme la rencontre à la fin du concert pour discuter, ce qui est toujours un moment d'échange(s) très fort.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43546468-35902379.jpg?v=1584054269" alt="Clément Mao-Takacs, un chef charismatique" title="Clément Mao-Takacs, un chef charismatique" />
     </div>
     <div>
      <b>Combien de musiciens pour le Secession Orchestra ?</b>       <br />
              <br />
       <b>C. M.-T. -</b> Nous formons un &quot;pool&quot; (comme disait Boulez) de quarante-cinq musiciens mais notre formation peut présenter jusqu'à quatre-vingt-dix instrumentistes pour une symphonie de Tchaïkovsky par exemple. Nous jouons aussi en formation plus réduite (orchestre de chambre). Notre format le plus courant se situe aujourd'hui autour de quarante à cinquante musiciens, ce qui nous permet de mettre en avant notre travail sur la clarté des plans sonores, la lisibilité des lignes musicales - particulièrement perceptibles dans des salles moyennes comme l'Auditorium du Louvre, où nous donnerons un second concert en mars 2020 (une soirée appelée &quot;Novecento&quot; dédiée à Puccini, Macagni, Respighi et Dallapiccolla pour la &quot;Saison Italienne&quot; du musée) avec la soprano Marie-Laure Garnier.        <br />
              <br />
       Les éléments les plus importants de notre travail sont l'exigence (nous prenons le temps de creuser notre interprétation) et la qualité de l'écoute entre les musiciens, entre les différents pupitres. Un orchestre doit développer la même écoute que celle de membres d'un quatuor à cordes, y compris - surtout ! - dans les passages les plus denses et complexes.       <br />
              <br />
       <b>Secession Orchestra, c'est un orchestre pour notre temps ?</b>       <br />
              <br />
       <b>C. M.-T. -</b> Oui. Pour nous, un concert est un spectacle vivant, en prise directe avec la société dans laquelle nous vivons et œuvrons. Il peut et doit être l'occasion d'une réflexion collective sur le monde qui nous entoure. Humblement, à notre mesure, à chacun de nos concerts, nous essayons d'accompagner l'évolution de cette société - qu'il s'agisse de questions touchant au féminisme (de la visibilité des femmes aux violences qui sont commises à leur encontre en passant par la parité), de représentation de la diversité, de transmission aux jeunes générations, de désertification culturelle, de l'accompagnement de fin de vie, des publics en situation de handicap… C'est aussi pour cela que j'ai créé Secession Orchestra : un orchestre qui relit le passé pour le rendre présent, qui relie le passé et le présent, et dont chaque manifestation artistique est l'occasion d'un partage humain, quel que soit le lieu où nous nous produisons.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43546468-35902391.jpg?v=1584054309" alt="Clément Mao-Takacs, un chef charismatique" title="Clément Mao-Takacs, un chef charismatique" />
     </div>
     <div>
      <b>Vous avez créé deux festivals. Où en sont-ils ?</b>       <br />
              <br />
       <b>C. M.-T. -</b> Le festival &quot;Intervalles&quot; se déploie à Paris et en Île-de-France (notamment dans l'Essonne où se dessine d'ailleurs une résidence de Secession Orchestra pour les années à venir). &quot;Terraqué&quot; est ancré en Bretagne, à Carnac (Morbihan). En 2020, ce sera leur quatrième édition. En plus de la présence de Secession Orchestra, y viennent, depuis la première édition, de nombreux instrumentistes, comédiens(nes), artistes lyriques (Marie-Laure Garnier, Romain Dayez, Edwin Fardini, Irina de Baghy, Fiona McGown, Yu Shao, Marion Lebègue, Axelle Fanyo, Marianne Seleskovitch, etc.) qui sont devenus au fil du temps pour certains d'entre eux des amis(es). C'est toute une nouvelle génération qui pense différemment la &quot;carrière&quot;, davantage autour de projets qui nous tiennent à cœur et dans une collaboration étendue sur le long terme - une sorte de famille d'artistes.       <br />
              <br />
       Ces deux festivals sont aussi deux belles histoires avec des publics très mélangés - qui va de gens qui ne connaissent pas la musique à des mélomanes très exigeants -, et surtout d'une fidélité qui réchauffe le cœur. À Carnac, nous sommes complets tous les soirs durant une dizaine de jours et le public qui n'a pu entrer reste sur les parvis de l'église pour nous écouter du dehors ! Ce succès va d'ailleurs nous conduire à la construction d'un théâtre lyrique pour accueillir tout au long de l'année ce public de passionnés de musique classique et contemporaine : une autre aventure qui s'annonce palpitante !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Clément Mao-Takacs a créé et codirige, avec le metteur en scène Aleksi Barrière, la compagnie de théâtre musical et d'opéra de chambre &quot;La Chambre aux Échos&quot;.</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Secession Orchestra est en résidence à la Fondation Singer-Polignac et au Petit Palais ; il est soutenu dans son développement et ses projets par la DRAC Île-de-France et par la Caisse des Dépôts, son mécène principal.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">18 mars 2020 à 20 h</span>       <br />
       <b>&quot;Novecento&quot;</b>, dans la série des &quot;Concerts du Soir&quot;.       <br />
       Marie-Laure Garnier, soprano.       <br />
       Secession Orchestra,       <br />
       Clément Mao-Takacs, direction.       <br />
       Auditorium du Musée Louvre, Paris 1er.       <br />
       Programme : Respighi, Rota, Dallapiccola, Puccini, Mascagni, Tosti, etc.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">2 avril 2020 à 20 h 30.</span>       <br />
       <b>&quot;Mort et Transfiguration&quot;</b>       <br />
       Marion Lebègue, mezzo-soprano.       <br />
       Axelle Fanyo, soprano.       <br />
       Secession Orchestra,       <br />
       Clément Mao-Takacs, direction.       <br />
       Collège des Bernardins       <br />
       Programme : Richard Wagner, Richard Strauss, Gustav Mahler.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">12 et 13 avril 2020.</span>       <br />
       <b>&quot;La Passion de Simone&quot;</b> (Saariaho/Maalouf).       <br />
       La Chambre aux échos et Avanti! Chamber Orchestra.       <br />
       Aleksi Barrière, direction scénique.       <br />
       Clément Mao-Takacs, direction musicale.       <br />
       Musiikkitalo (Maison de la Musique), Helsinki (Finlande).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>● &quot;Kaija Saariaho&quot;.</b>       <br />
       Graal Théâtre - Circle Map - Neiges - Vers toi qui es si loin.       <br />
       Peter Herresthal, violon.       <br />
       Oslo Philharmonic Orchestra.       <br />
       Clément Mao-Takacs.       <br />
       Label : Bis Records.       <br />
       Distribution : Outhere Music.       <br />
       Sortie : septembre 2019.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://secessionorchestra.com/" target="_blank">&gt;&gt; secessionorchestra.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/43546468-35899481.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Clement-Mao-Takacs-un-chef-charismatique_a2683.html</link>
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   <title>Irrésistible Manon !</title>
   <pubDate>Mon, 09 Mar 2020 06:53:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'Opéra de Paris présente une nouvelle production de la "Manon" de Massenet. Avec une distribution de chanteurs remarquables et dans la mise en scène de Vincent Huguet, cette œuvre un peu datée nous charme malgré une fosse décevante.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43460790-35855523.jpg?v=1583698665" alt="Irrésistible Manon !" title="Irrésistible Manon !" />
     </div>
     <div>
      Des vingt-cinq opéras de Massenet, on ne joue guère plus que &quot;Werther&quot; et &quot;Manon&quot;. Avec raison. Si l'opéra romantique trouve un de ses plus beaux crépuscules (un &quot;coucher de soleil&quot; si l'on veut) dans les dernières années du XIXe siècle avec &quot;Werther&quot;, &quot;Manon&quot;, opéra comique adapté du roman (ici édulcoré) de l'Abbé Prévost paru en 1731, se révèle plutôt éloigné de notre goût moderne. Les caractères, sous la plume des librettistes Meilhac et Gille, s'y révèlent vraiment factices (pour ne pas dire vieillots) ; dans leurs bouches, les mots et les rimes presque impossibles (car souvent ridicules). À savoir, Manon, l'archétype de la jeune fille innocente mais encline à la corruption ; Des Grieux, le jeune amoureux parfait, fringant et trahi et l'agent du destin, Lescaut (de frère dans le roman devenu cousin, cela piquait moins le Bourgeois sous la Troisième République) plus bonimenteur et roué que méchant.       <br />
              <br />
       Quand le goût du XVIIIe siècle réclamait un genre de personnages sensibles et pathétiques tels que les crée l'Abbé Prévost, celui des spectateurs de l'Opéra Comique en 1884 se trouvait nettement dégradé en sensiblerie mièvre et moralisme petit-bourgeois. Succès public énorme à la création, &quot;Manon&quot; déçut la critique, nettement plus réservée. L'œuvre a cependant toujours ses thuriféraires, séduits par les bulles joyeuses des premiers actes. En effet, qui ne pourrait adhérer à ce programme &quot;Profitons bien de la jeunesse&quot; ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43460790-35855531.jpg?v=1583698808" alt="Irrésistible Manon !" title="Irrésistible Manon !" />
     </div>
     <div>
      Pourtant, certains airs ne s'extraient guère de cette sentimentalité factice, de même que les situations peinent à s'extirper du plus médiocre des marivaudages - même si, nolens volens, la partition réserve de beaux moments dramatiques dans les trois derniers actes. Et de la vraie poésie en quelques endroits. Heureusement Vincent Huguet trouve la parade en transposant l'intrigue dans les Années dites folles et recentre son attention sur les personnages et leurs relations dans un esprit très comédie musicale.       <br />
              <br />
       Et ça marche, le parfum vieillot se fait moins entêtant. Manon, selon lui, est une jeune fille moderne, passionnée, avide de vivre, hédoniste jusqu'au vertige, éprise de l'amour. Elle ne peut que suivre &quot;tous les chemins&quot; et surtout le sien, comme elle le chante. Comme elle a le sens de la fête, elle fait des rencontres. Elle croise ainsi Joséphine Baker qui l'entraînera dans sa Revue Nègre dans la folie du Paris des années vingt. Mais elle paiera cher cette liberté de garçonne et sera fusillée comme Mata Hari, danseuse aussi, sans doute innocente de ce dont on l'accuse. Des Grieux se jette quant à lui dans sa passion pour Manon comme on se jette dans le vide. Que faire de mieux dans cet entre-deux-guerres plein de menaces ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43460790-35855595.jpg?v=1583698851" alt="Irrésistible Manon !" title="Irrésistible Manon !" />
     </div>
     <div>
      Dans les élégants décors Art Déco d'Aurélie Mestre (dès le lever de rideau on songe aux dessins qui paraissaient dans &quot;L'Illustration&quot;, magazine paru entre 1843 et 1945) mis en valeur par les lumières de Bertrand Couderc, le metteur en scène rend attachant et même proche ce couple improbable. Les scènes comiques sont soignées, comme les numéros de danse des trois jeunes comédiennes (les excellentes Alix Le Saux, Cassandre Berthon, Jeanne Ireland) censées accompagner Guillot de Morfontaine (le talentueux Rodolphe Briand) qui se révèlent hilarants dès l'acte un. Le duo de chanteurs choisis pour les incarner ne contribue pas peu à cette modernisation de l'opéra, comme l'avait (supérieurement) réussi Simon Stone à Garnier avec ce même duo dans sa &quot;Traviata&quot;.       <br />
              <br />
       On retrouve donc Pretty Yende et Benjamin Bernheim, des interprètes jeunes, solaires et fougueux, dont l'investissement fait quasiment oublier le caractère démodé de leurs personnages. La soprano sud-africaine à la voix opulente, à la diction soignée, réussit sa prise de rôle, aussi à l'aise dans les vocalises que fluide et expressive dans ses moyens vocaux. Elle nous emporte avec la sûreté d'un instinct de scène incomparable. Avec sa voix veloutée au timbre brillant, chaude et suave, homogène dans tous les registres, Benjamin Bernheim est un émouvant chevalier, capable des plus beaux élans comme des nuances les plus subtiles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43460790-35855600.jpg?v=1583698902" alt="Irrésistible Manon !" title="Irrésistible Manon !" />
     </div>
     <div>
      L'autre atout sûr de la soirée est le Lescaut de Ludovic Tézier. Avec sa récitation parfaite étudiée tel un comédien et grâce à la flexibilité d'une belle voix dotée d'un timbre aux tonalités ombrées, son personnage échappe au stéréotype du cynique. Il ne cabotine pas, trouvant ainsi sa place dans la vision de Vincent Huguet. Les autres chanteurs ne déméritent pas. Citons particulièrement le Brétigny percutant de Pierre Doyen.       <br />
              <br />
       Dommage que la direction de Dan Ettinger ne rende pas davantage justice à la musicalité délicate du mélodiste plein de raffinements qu'est Massenet. Lui manque peut-être l'intelligence de cette musique française avec sa transparence de couleurs sans pareil. De la fosse, le courant sonore emporte tout sur son passage et couvre trop souvent dans les premiers actes la voix des interprètes. Heureusement la baguette du chef israélien se fait un peu plus subtile après l'entracte. Sa version dure quand même trois heures. Avec deux entractes de 25 minutes, c'est un brin longuet. Les chœurs de l'opéra de Paris sont, quant à eux, toujours au rendez-vous.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43460790-35855618.jpg?v=1583698960" alt="Irrésistible Manon !" title="Irrésistible Manon !" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 29 février au 10 avril 2020.</span>       <br />
       Au cinéma le 17 mars 2020 à 19 h 30 dans les cinémas UGC.       <br />
       En direct sur France Musique le samedi 2 mai 2020 à 20 h.       <br />
              <br />
       Opéra national de Paris.       <br />
       Place de la Bastille, Paris 12e.       <br />
       Tél. : 08 92 89 90 90.       <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Manon&quot; (1884).</b>       <br />
       Opéra comique en cinq actes.       <br />
       Musique de Jules Massenet (1842–1912).       <br />
       Livret de Meilhac et Gille.       <br />
       En langue française surtitrée en français et en anglais.       <br />
       Durée : 3 h 50 avec deux entractes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Irresistible-Manon-_a2679.html</link>
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